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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 10:37
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Femmes musulmanes, certaines avec foulard et faisant grève

A propos de la décision du NPA-Vaucluse de présenter une candidate portant le foulard : « Si les partis considèrent que les quartiers ne doivent plus être des déserts politiques, ce débat va se poser »
8 février 2010

Vincent Tiberj est chercheur à Sciences-Po et au Centre d’études européennes, spécialiste de l’extrême gauche et de l’immigration. Il revient sur les raisons qui ont amené le NPA a présenter une candidate voilée.




La présentation d’une candidate voilée, est-ce un « coup » politique du NPA ?


Non. Cela tient à une tradition de la LCR et du NPA qui essaient de coller à une forme de représentativité sociale à la différence des autres partis. Déjà en 2002, aux législatives, c’était à l’extrême gauche qu’on trouvait le plus de femmes, le plus de jeunes, et le plus de profils sociaux différents. Cette candidate, femme, jeune et qui revendique son islam est symptomatique car elle est l’antithèse du profil classique de l’homme blanc, de catégorie sociale supérieure, de 50 ans.


Pourquoi cette candidature choque-t-elle autant ?


Parce qu’il y a une certaine illusion de ce que doit être un parti trotskiste ! C’est l’image du bon vieux cadre ouvriériste pour qui seule la question sociale compte, symbolisé par LO. Le NPA, c’est un vrai syncrétisme des gauches post-matérialiste et mouvementiste, avec des références comme l’écologie, le droit à la différence et la défense des sans-papiers.


On ne peut pas comprendre ce qui s’y passe si on ne se souvient pas qu’Olivier Besancenot a milité pour le devoir de mémoire de la colonisation au lendemain des émeutes de banlieues en 2005. A la différence des autres partis, le NPA a fait de son intervention dans les quartiers une priorité. Ce sont autant de signes qui montrent, qu’au NPA, la diversité culturelle et religieuse n’est pas une nouveauté.


Cette spécificité induit-elle une approche différente de la laïcité et du féminisme ?


Oui et c’est pour cette raison qu’un certain nombre de militants sont choqués. Il y a au NPA comme dans le reste de la société, plusieurs conceptions de la laïcité qui s’affrontent :


- la vision classique d’une vieille laïcité de gauche où la religion est un ennemi qu’il faut combattre et pour qui une telle candidature est inenvisageable ;

- la laïcité classiquement républicaine séparant la sphère privée et la sphère publique pour qui cette candidate a le droit d’être croyante mais ne peut pas apparaître voilée ;

- et enfin une laïcité multiculturelle qui considère qu’à partir du moment où il y a un certain nombre d’idées partagées, qu’on soit juif, musulman ou chrétien, ne choque pas. Pour eux, le voile n’est pas forcément un signe d’oppression mais un choix.


Cette différence de conception touche aussi le féminisme. Les militantes qui montent au créneau sont celles qui se sont battues, dans les années 1970, contre toutes les formes de dominations masculines, notamment religieuses. Pour elles, le voile est perçu comme une imposition par les hommes. Ce sont des situations qui existent, mais cela ne semble pas être le cas de cette candidate qui affirme que le voile est un choix personnel.


Est-ce que l’arrivée de femmes voilées en politique ne va pas concerner d’autres partis ?


Ce phénomène a déjà touché le PS qui a une conseillère municipale voilée à Creil (Oise) et le PCF à Echirolles (Isère). A partir du moment où les partis considèrent que les quartiers ne doivent plus être des déserts politiques mais des endroits où il faut avoir des candidats, ce débat va se poser.

Les musulmans représentent une minorité qui vont vouloir aussi s’insérer dans un parti. Il ne faut pas s’arrêter aux préjugés : selon nos études, les musulmans sont autant sinon plus attachés à la laïcité que les catholiques !


Propos recueillis par Sylvia Zappi



* Article paru dans le Monde, édition du 09.02.10. LE MONDE | 08.02.10 | 14h03 • Mis à jour le 08.02.10 | 14h19.

* Vincent Tiberj est chercheur à Sciences-Po et au Centre d’études européennes, spécialiste de l’extrême gauche et de l’immigration.

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 10:30


Politique lundi 08 février 2010

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Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso veut relancer le processus d'autorisation de la culture de deux OGM controversés très vite après la prise de fonction de sa nouvelle équipe la semaine prochaine, ont assuré plusieurs sources européennes. « L'autorisation de la culture du maïs MON 810 et de la pomme de terre Amflora est une de ses priorités », a confié une source au sein de l'exécutif bruxellois sous couvert de l'anonymat.


« Il veut aller vite pour se débarrasser de ce problème qui lui a pourri son premier mandat », a confirmé un responsable européen. Monsanto attend le renouvellement de l'autorisation pour la culture du maïs MON 810, seul OGM cultivé à ce jour dans l'UE, et BASF bataille pour sa pomme de terre.


Intérêts financiers énormes


D'énormes intérêts financiers sont en jeu. BASF estime entre 30 et 40 millions d'euros par an les revenus dégagés par Amflora, si sa culture est autorisée. « Barroso ne raisonne qu'en termes de marchés et de relations commerciales », a souligné le responsable européen.

« Il se fonde sur les avis scientifiques qui disent que ces OGM ne présentent pas de risques pour la santé, mais ne se préoccupe pas des possibles conséquences à long terme sur l'environnement », a déploré la source au sein de la Commission.


La France est contre


Le départ de Stavros Dimas, commissaire à l'Environnement opposé à la culture des OGM, facilite la tâche à M. Barroso. Mais il doit tenir compte des réticences des Etats. Six pays, dont la France et l'Allemagne, ont interdit la culture du MON 810 et onze Etats ont demandé à pouvoir interdire toutes les cultures d'OGM.


M. Barroso a subi un revers politique l'an dernier lorsque 22 pays ont voté contre sa demande de faire lever les interdictions, et les gouvernements européens sont aujourd'hui très réticents à autoriser les produits OGM en raison de l'opposition de leur opinion, inquiète de leur possible toxicité. « Nous attendons de voir comment il compte s'y prendre », a commenté un diplomate.

 

José Manuel Barroso déterminé à relancer la culture d’OGM en Europe

La récente polémique dans laquelle est actuellement embarquée M. Barroso (voir article précédent qui révélait l'affaire) ne l'empêche pas pour autant de s'agiter, notamment sur le sujet des OGM. Car tel semble être actuellement le cas pour le chef de la Commission de Bruxelles qui, avant même l'entrée en scène de sa nouvelle équipe la semaine prochaine, est déjà prêt à relancer en coulisses le processus d'autorisation de culture de deux semences transgéniques. « L'autorisation de la culture du maïs MON810 et de la pomme de terre Amflora est une de ses priorités » confie une source anonyme que l'AFP a interrogée au sein de l'exécutif bruxellois. « Nous nous y opposerons » annonce avec fermeté le ministre italien de l'agriculture Luca Zaia. Officiellement, la Commission Européenne précise par la voix de sa porte-parole que rien n'est déjà arrêté quant aux plans de Bruxelles dans ce dossier au combien délicat : « (...) le programme de travail est encore en cours d'élaboration », indique Pia Ahrenkilde-Hansen, à un peu plus d'une semaine de la toute première réunion (prévue le 17 février) de la nouvelle Commission qui d'ailleurs doit être investie aujourd'hui. Et pourtant, compte tenu des levées de boucliers et autres « mutineries » de certains pays ces deux dernières années face à José Manuel Barroso, on voit mal comment les débats pourraient se dérouler sans méfiance ni hostilité de part et d'autre : le bras de fer musclé pourrait donc bien reprendre comme avant l'annonce de la candidature du Portugais à sa propre réélection...

 

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Barroso ou la stricte application de la libre-concurrence


Car pour M. Barroso, ce qui compte avant tout c'est que les règles de la libre-concurrence soient totalement appliquées quoi qu'il arrive, OGM ou pas OGM. « Barroso ne raisonne qu'en termes de marchés et de relations commerciales », souligne la source de l'AFP, toujours sous couvert d'anonymat. « Il se fonde sur les avis scientifiques qui disent que ces OGM ne présentent pas de risques pour la santé, mais ne se préoccupe pas des possibles conséquences à long terme sur l'environnement » déplore ce responsable au sein de la Commission.


En effet, les études qui alertent de dangers sanitaires et environnementaux potentiels sont systématiquement ignorées par la Commission. De nombreuses associations écologistes, relayées par des politiques, dénoncent régulièrement sa «confiance aveugle » dans les expertises de l'AESA, l'autorité chargée d'évaluer les risques sanitaires liés aux applications des plantes transgéniques, et qui a ce jour, n'a délivré que des avis positifs. Ainsi, suite au départ de l'ancien commissaire à l'Environnement, le Grec Stavros Dimas, décrit par les analystes comme étant opposé à la culture des OGM, le président de la Commission Européenne semble ne pas être disposé à subir les mêmes déboires qui ont émaillés son premier mandat.


Et afin de mieux gérer ce dossier, il compte notamment mettre à contribution le Maltais John Dalli, futur commissaire à la Santé et à la Protection des Consommateurs, ainsi que le prochain commissaire à l'Agriculture, le Roumain Dacian Ciolos, qui l'épaulerons dans sa tentative de reprise en main du sujet. A l'occasion de leurs auditions par les députés européens début janvier, John Dalli a souligné l'importance de « l'indépendance » des experts scientifiques et des agences en charge du dossier. Il a également promis de se pencher sur la question de l'étiquetage des produits utilisant des OGM. Quant à Dacian Ciolos, il a estimé que « l'avis des scientifiques » était « très important » (...) Mais il faut aussi voir si les producteurs arrivent à convaincre les consommateurs ». Quoi qu'il en soit, M. Barroso « veut aller plus vite pour se débarrasser de ce problème qui lui a pourri son premier mandat », précise le responsable européen dont l'AFP a recueilli les propos sur les intentions du Président de la Commission de Bruxelles.


OGM : plusieurs pays se dressent contre les choix de Barroso


Il est vrai que jusqu'à présent pour José Manuel Barroso, le dossier des OGM s'apparente au petit caillou coincé dans la chaussure ou si vous voulez, au sparadrap qui empoisonne l'existence du célèbre Capitaine Haddock : ça enquiquine, ça colle, provoquant ainsi des gesticulations désordonnées pour le faire partir, jusqu'au moment où l'on se rend compte que le petit caillou ou le sparadrap est toujours-là: impossible de s'en débarrasser... Lors des 24 derniers mois de son premier mandat, celui qui a fait des pieds et des mains pour être reconduit à la tête de la Commission Européenne s'est vu attaqué par une fronde de pays dont l'opinion publique est majoritairement hostile aux produits alimentaires issus du génie génétique.


Ainsi, dès lors que ses velléités d'ouvrir davantage l'Union Européenne à la culture des plantes génétiquement modifiées se sont exprimées au grand jour, il s'est pris les foudres répétées de certains Etats membres, et notamment de la France. En 2009, il a subi un revers politique sérieux lorsque 22 pays ont rejeté sa demande de faire lever les interdictions de culture de plantes transgéniques. Aujourd'hui, six pays (l'Allemagne, la France, la Grèce, l'Autriche, la Hongrie ainsi que le Luxembourg) interdisent toujours la culture du MON810 qui reste le seul OGM autorisé à la culture sur le sol de l'Union (108.000 hectares actuellement). Aussi, onze Etats (Autriche, Bulgarie, Chypre, Grèce, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Pays-Bas et Slovénie) réclament par ailleurs le droit d'interdire de leur propre chef toute culture génétiquement modifiée sur leur territoire.


Le gouvernement bulgare vient même d'entamer une procédure d'amendement de sa loi sur les OGM pour interdire ce type de culture sur son sol pour une durée de cinq ans, sans demander l'avis de Bruxelles. De son côté, la France, qui a notifiée à la Commission la clause de sauvegarde pour imposer un moratoire sur la culture du MON810 en février 2008, n'a pas signé cette demande mais la soutient « si elle consiste à refuser la culture » précisait Chantal Jouanno en juin dernier à Luxembourg. Car cette nationalisation des autorisations « comporte des ambiguïtés » indiquait la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, en marge d'une réunion avec ses homologues de l'UE.


« Nous la soutenons si cela ne dérape pas. Or la subsidiarité peut être à double sens », car selon Mme Jouanno elle « signifie que chaque pays puisse choisir ce qui se fait sur son territoire. Si cela consiste à refuser les cultures, nous disons oui. Mais si cela permet d'alléger les procédures pour faciliter les cultures, nous disons non », poursuivait-elle. Et les craintes exprimées par Chantal Jouanno semblent justifiées car aujourd'hui, des Etats européens (Autriche et Pays-Bas en tête) font des propositions pour accélérer la procédure d'autorisation ou non des OGM. Elles sont actuellement étudiées par la Commission Européenne.


Mais compte tenu du clivage qui oppose les deux camps, il y a un risque de créer un marché à double niveau au sein de l'Union, si effectivement les Etats membres sont autorisés à faire comme bon leur semble, en la matière. Ainsi, selon Garlich von Essen, de l'association européenne pour la protection des cultures (qui rassemble un groupe d'industriels européens), cette situation « pourrait constituer un mauvais précédent pour les politiques du marché intérieur ». Et il ajoute : « Soudainement, on a des produits qui sont considérés comme sûrs dans toute l'Union Européenne, tout en étant interdits dans certains pays (...) sans aucun autre protocole que des considération politiques ». Quoi qu'il en soit, un tel scenario pourrait être envisagé après seulement un très long processus dans lequel le Parlement Européen aura son mot à dire. Mais à ce jour, le blocage semble le scenario le plus probable dans les prochains mois, puisque les doutes sur l'innocuité des OGM alimentaires ne sont toujours pas levés, et les avis scientifiques divergent régulièrement sur cette question.


MON810 / Amflora : des enjeux stratégiques et financiers considérables


Pour l'Américain Monsanto, qui a conçu le maïs MON810 et qui a récemment lancé avec la société Dow le SmartStax (une technologie génétique déjà appliquée à un maïs qui compte pas moins de huit transgènes...), l'enjeu est de taille et les semaines à venir pourraient être déterminantes. Car suite à l'obtention de son autorisation de culture sur le sol de l'UE il y a dix ans, il doit faire l'objet d'une réévaluation.


Ainsi, si l'AESA donne un avis positif et renouvelle pour dix ans l'autorisation de mise sur le marché du MON810, la France ne pourra plus invoquer la clause de sauvegarde. En effet, selon son article 1, celle-ci n'est valide que « jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la demande de remise sur le marché ». En décembre 2009 en France, le Comité économique, éthique et social du Haut conseil des biotechnologies (HCB), dont le rôle est d'éclairer le gouvernement sur ces questions, estimait (par 14 voix contre 11) que sa culture présentait plus d'inconvénients que d'avantages. Mais quelques semaines plus tard, son Comité scientifique indiquait qu'il était sans dangers, en réponse aux conclusions d'une étude menée par l'équipe du Pr. Gilles-Eric Séralini, de l'Université de Caen, publiée en fin d'année 2009.


L'avis indique que cette étude « n'apporte aucun élément scientifique recevable susceptible d'imputer aux trois OGM ré-analysés une quelconque toxicité hématologique, hépatique ou rénale ». Pourtant, les données brutes des essais qui ont ensuite été utilisées pour homologuer trois maïs OGM de Monsanto indiquent des faits inquiétants, selon les scientifiques qui les ont analysées pendant plusieurs années. Ils concluent à la dangerosité des trois maïs testés : l'un est résistant à un herbicide (NK603), les deux autres produisent une protéine insecticide (MON810 et MON863). Tous les trois sont présents dans les produits alimentaires consommés en Europe, et selon l'étude, les rats nourris à ces plantes pendant 90 jours montrent notamment des dysfonctionnements au niveau des reins et du foie, les organes qui généralement réagissent à une intoxication alimentaire chimique.

 

Quant à BASF, il vient d'obtenir l'autorisation de commercialisation de son premier OGM au Brésil à partir de 2011. Il s'agit d'un soja résistant aux herbicides. Pour sa pomme de terre Amflora, qui attend depuis 14 ans une autorisation de culture en Europe, les enjeux financiers sont considérables. Selon le groupe agro-chimique Allemand, son autorisation pourrait générer jusqu'à 40 millions d'euros de revenus par an. Ce légume transgénique n'est pas destiné à la consommation mais à la production industrielle de fécule de pomme de terre, utilisée dans l'industrie du papier, du textile et des adhésifs. Les craintes concernant Amflora viennent notamment du fait que cette pomme de terre contient un gène marqueur de résistance à un antibiotique appelé kanamycine.


Pour ses défenseurs, cela ne pose pas de problèmes dans la mesure où cet antibiotique n'a pas d'importance médicale, que le transfert de la résistance des plantes OGM à des bactéries est fortement improbable, que le gène concerné est déjà largement présent dans l'environnement et chez la plupart des bactéries intestinales, et qu'enfin la résistance à la kanamycine est omniprésente dans la nature. Mais pour ses détracteurs, des versions mutées de la kanamycine peuvent conférer la résistance à un autre antibiotique très utilisé en médecine (amikacine, utilisé notamment en cas d'infections broncho-pulmonaires et de méningites). Un problème non-négligeable quand on sait que les bactéries résistantes aux antibiotiques ne cessent de proliférer.

 

« Wait and see... » serait donc l'expression appropriée, puisque José Manuel Barroso reste pour le moment silencieux sur ces sujets. Il ne s'est d'ailleurs pas encore expliqué sur le cas de Suzy Renckens, l'ancienne coordinatrice du Panel OGM de l'AESA, qui s'est retrouvée en 2008 à un poste stratégique au sein du groupe suisse Syngenta, l'un des principaux concurrents de Monsanto, quelques semaines seulement après avoir quitté son poste de fonctionnaire européen...

 

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 10:03


Alain BADIOU
photo : Tokujin Yoshioka Installation @ Maison Hermes Japan

(Le Monde, édition du 22 février 2004)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


1. D’aimables républicaines et républicains arguèrent un jour qu’il fallait une loi pour interdire tout foulard sur les cheveux des filles. A l’école d’abord, ailleurs ensuite, partout si possible. Que dis-je, une loi ? Une Loi ! Le président de la République était un politicien aussi limité qu’insubmersible. Totalitairement élu par 82 % des électeurs, dont tous les socialistes, gens parmi lesquels se recrutaient nombre des aimables républicain(e)s en question, il opina du bonnet : une loi, oui, une Loi contre le petit millier de jeunes filles qui mettent le susdit foulard sur leurs cheveux. Les pelées, les galeuses ! Des musulmanes, en plus ! C’est ainsi qu’une fois de plus, dans la ligne de la capitulation de Sedan, de Pétain, de la guerre d’Algérie, des fourberies de Mitterrand, des lois scélérates contre les ouvriers sans papiers, la France étonna le monde. Après les tragédies, la farce.


2. Oui, la France a enfin trouvé un problème à sa mesure : le foulard sur la tête de quelques filles. On peut le dire, la décadence de ce pays est stoppée. L’invasion musulmane, de longtemps diagnostiquée par Le Pen, aujourd’hui confirmée par des intellectuels indubitables, a trouvé à qui parler. La bataille de Poitiers n’était que de la petite bière, Charles Martel, un second couteau. Chirac, les socialistes, les féministes et les intellectuels des Lumières atteints d’islamophobie gagneront la bataille du foulard. De Poitiers au foulard, la conséquence est bonne, et le progrès considérable.


3. A cause grandiose, arguments de type nouveau. Par exemple : le foulard doit être proscrit, qui fait signe du pouvoir des mâles (le père, le grand frère) sur ces jeunes filles ou femmes. On exclura donc celles qui s’obstinent à le porter. En somme : ces filles ou femmes sont opprimées. Donc, elles seront punies. Un peu comme si on disait : "Cette femme a été violée, qu’on l’emprisonne". Le foulard est si important qu’il mérite une logique aux axiomes renouvelés.


4. Ou, au contraire : ce sont elles qui veulent librement le porter, ce maudit foulard, les rebelles, les coquines ! Donc, elles seront punies. Attendez : ce n’est pas le signe d’une oppression par les mâles ? Le père et le grand frère n’y sont pour rien ? D’où vient qu’il faut l’interdire, alors, ce foulard ? C’est qu’il est ostentatoirement religieux. Ces coquines "ostentent" leur croyance. Au piquet, na !


5. Ou c’est le père et le grand frère, et féministement le foulard doit être arraché. Ou c’est la fille elle-même selon sa croyance, et "laïcisement" il doit être arraché. Il n’y a pas de bon foulard. Tête nue ! Partout ! Que tout le monde, comme on disait autrefois - même les pas-musulmanes le disaient - sorte "en cheveux".


6. Notez bien que le père et le grand frère de la fille au foulard ne sont pas de simples comparses parentaux. On l’insinue souvent, parfois on le déclare : le père est un ouvrier abruti, un pauvre type directement "venu du bled" et commis aux chaînes de Renault. Un archaïque. Mais stupide. Le grand frère deale le shit. Un moderne. Mais corrompu. Banlieues patibulaires. Classes dangereuses.


7. La religion musulmane ajoute aux tares des autres religions celle-ci, gravissime : elle est, dans ce pays, la religion des pauvres.


8. Imaginons le proviseur d’un lycée, suivi d’une escouade d’inspecteurs armés de centimètres, de ciseaux, de livres de jurisprudence : on va vérifier aux portes de l’établissement si les foulards, kippas et autres couvre-chefs sont "ostentatoires". Ce foulard grand comme un timbre poste perché sur un chignon ? Cette kippa comme une pièce de deux euros ? Louche, très louche. Le minuscule pourrait bien être l’ostentation du majuscule. Mais, que vois-je ? Gare ! Un chapeau haut de forme ! Hélas ! Mallarmé, interrogé sur le chapeau haut de forme, l’a dit : "Qui a mis rien de pareil ne peut l’ôter. Le monde finirait, pas le chapeau." Ostentation d’éternité.


9. La laïcité. Un principe inoxydable ! Le lycée d’il y a trois ou quatre décennies : interdiction de mélanger les sexes dans la même classe, pantalon décommandé aux filles, catéchisme, aumôniers. La communion solennelle, avec les gars en brassard blanc et les mignonnes sous le voile de tulle. Un vrai voile, pas un foulard. Et vous voudriez que je tienne pour criminel ce foulard ? Ce signe d’un décalage, d’un remuement, d’un enchevêtrement temporel ? Qu’il faille exclure ces demoiselles qui mêlent agréablement hier et aujourd’hui ? Allez, laissez faire la broyeuse capitaliste. Quels que soient les allers et retours, les repentirs, les venues ouvrières du lointain, elle saura substituer aux dieux morts des religions le gras Moloch de la marchandise.


10. Au demeurant, n’est-ce pas la vraie religion massive, celle du commerce ? Auprès de laquelle les musulmans convaincus font figure de minorité ascétique ? N’est-ce pas le signe ostentatoire de cette religion dégradante que ce que nous pouvons lire sur les pantalons, les baskets, les tee-shirts : Nike, Chevignon, Lacoste,... N’est-il pas plus mesquin encore d’être à l’école la femme sandwich d’un trust que la fidèle d’un Dieu ? Pour frapper au cœur de la cible, voir grand, nous savons ce qu’il faut : une loi contre les marques. Au travail, Chirac. Interdisons sans faiblir les signes ostentatoires du Capital.


11. Qu’on m’éclaire. La rationalité républicaine et féministe de ce qu’on montre du corps et de ce qu’on ne montre pas, en différents lieux et à différentes époques, c’est quoi ? Que je sache, encore de nos jours, et pas seulement dans les écoles, on ne montre pas le bout des seins ni les poils du pubis, ni la verge. Devrais-je me fâcher de ce que ces morceaux soient "dérobés aux regards" ? Soupçonner les maris, les amants, les grands frères ? Il y a peu dans nos campagnes, encore de nos jours en Sicile et ailleurs, les veuves portent fichus noirs, bas sombres, mantilles. Il n’y a pas besoin pour cela d’être la veuve d’un terroriste islamique.


12. Curieuse, la rage réservée par tant de dames féministes aux quelques filles à foulard, au point de supplier le pauvre président Chirac, le soviétique aux 82 %, de sévir au nom de la Loi, alors que le corps féminin prostitué est partout, la pornographie la plus humiliante universellement vendue, les conseils d’exposition sexuelle des corps prodigués à longueur de page dans les magazines pour adolescentes.


13. Une seule explication : une fille doit montrer ce qu’elle a à vendre. Elle doit exposer sa marchandise. Elle doit indiquer que désormais la circulation des femmes obéit au modèle généralisé, et non pas à l’échange restreint. Foin des pères et grands frères barbus ! Vive le marché planétaire ! Le modèle, c’est le top modèle.


14. On croyait avoir compris qu’un droit féminin intangible est de ne se déshabiller que devant celui (ou celle) qu’on a choisi (e) pour ce faire. Mais non. Il est impératif d’esquisser le déshabillage à tout instant. Qui garde à couvert ce qu’il met sur le marché n’est pas un marchand loyal.


15. On soutiendra ceci, qui est assez curieux : la loi sur le foulard est une loi capitaliste pure. Elle ordonne que la féminité soit exposée. Autrement dit, que la circulation sous paradigme marchand du corps féminin soit obligatoire. Elle interdit en la matière - et chez les adolescentes, plaque sensible de l’univers subjectif entier - toute réserve.


16. On dit un peu partout que le "voile" est l’intolérable symbole du contrôle de la sexualité féminine. Parce que vous imaginez qu’elle n’est pas contrôlée, de nos jours, dans nos sociétés, la sexualité féminine ? Cette naïveté aurait bien faire rire Foucault. Jamais on n’a pris soin de la sexualité féminine avec autant de minutie, autant de conseils savants, autant de discriminations assénées entre son bon et son mauvais usage, La jouissance est devenue une obligation sinistre. L’exposition universelle des morceaux supposés excitants, un devoir plus rigide que l’impératif moral de Kant.


Au demeurant, entre le "Jouissez, femmes !" de nos gazettes et l’impératif "Ne jouissez pas !" de nos arrière-grands-mères, Lacan a de longue date établi l’isomorphie. Le contrôle commercial est plus constant, plus sûr, plus massif que n’a jamais pu l’être le contrôle patriarcal. La circulation prostitutionnelle généralisée est plus rapide et plus fiable que les difficultueux enfermements familiaux, dont la mise à mal, entre la comédie grecque et Molière, a fait rire pendant des siècles.


17. La maman et la putain. On fait dans certains pays des lois réactionnaire pour la maman et contre la putain, dans d’autres, des lois progressistes pour la putain et contre la maman. C’est cependant l’alternative qu’il faudrait récuser.


18. Non pas toutefois par le "ni... ni...", qui ne fait jamais que perpétuer en terrain neutre (au centre, comme Bayrou ?) ce qu’il prétend contester. "Ni maman ni putain", cela est tristounet. Comme "ni pute ni soumise", lequel est au demeurant absurde : une "pute" n’est-elle pas généralement soumise, oh combien ? On les appelait, autrefois, des respectueuses. Des soumises publiques, en somme. Quant aux "soumises", elles ne sont peut-être que des putains privées.


19. On y revient toujours : l’ennemi de la pensée, aujourd’hui, c’est la propriété, le commerce, des choses comme des âmes, et non la foi. On dira bien plutôt que c’est la foi (politique) qui manque le plus. La "montée des intégrismes" n’est que le miroir dans lequel les Occidentaux repus considèrent avec effroi les effets de la dévastation des consciences à laquelle ils président. Et singulièrement la ruine de la pensée politique, qu’ils tentent partout d’organiser, tantôt sous couvert de démocratie insignifiante, tantôt à grand renfort de parachutistes humanitaires. Dans ces conditions, la laïcité, qui se prétend au service des savoirs, n’est qu’une règle scolaire de respect de la concurrence, de dressage aux normes "occidentales" et d’hostilité à toute conviction. C’est l’école du consommateur cool, du commerce soft, du libre propriétaire et du votant désabusé.


20. On ne s’extasiera jamais assez sur la trajectoire de ce féminisme singulier qui, parti pour que les femmes soient libres, soutient aujourd’hui que cette "liberté" est si obligatoire qu’elle exige qu’on exclue des filles (et pas un seul garçon !) du seul fait de leur apparat vestimentaire.


21. Tout le jargon sociétal sur les "communautés" et le combat aussi métaphysique que furieux entre "la République" et "les communautarismes", tout cela est une foutaise. Qu’on laisse les gens vivre comme ils veulent, ou ils peuvent, manger ce qu’ils ont l’habitude de manger, porter des turbans, des robes, des voiles, des minijupes ou des claquettes, se prosterner à toute heure devant des dieux fatigués, se photographier les uns les autres avec force courbettes ou parler des jargons pittoresques. Ce genre de "différences" n’ayant pas la moindre portée universelle, ni elles n’entravent la pensée, ni elles ne la soutiennent. Il n’y a donc aucune raison, ni de les respecter, ni de les vilipender. Que "l’Autre", - comme disent après Levinas les amateurs de théologie discrète et de morale portative - vive quelque peu autrement, voilà une constatation qui ne mange pas de pain.


22. Quant au fait que les animaux humains se regroupent par provenance, c’est une conséquence naturelle et inévitable des conditions le plus souvent misérables de leur arrivée. Il n’y a que le cousin, ou le compatriote de village, qui peut, volens nolens, vous accueillir au foyer de St Ouen l’Aumône. Que le chinois aille là où il y a déjà des Chinois, il faut être obtus pour s’en formaliser.


23. Le seul problème concernant ces "différences culturelles" et ces "communautés" n’est certes pas leur existence sociale, d’habitat, de travail, de famille ou d’école. C’est que leurs noms sont vains là où ce dont il est question est une vérité, qu’elle soit d’art, de science, d’amour ou, surtout, de politique. Que ma vie d’animal humain soit pétrie de particularités, c’est la loi des choses. Que les catégories de cette particularité se prétendent universelles, se prenant ainsi au sérieux du Sujet, voilà qui est régulièrement désastreux. Ce qui importe est la séparation des prédicats. Je peux faire des mathématiques en culotte de cheval jaune et je peux militer pour une politique soustraite à la "démocratie" électorale avec une chevelure de Rasta. Ni le théorème n’est jaune (ou non-jaune), ni le mot d’ordre qui nous rassemble n’a de tresses. Non plus d’ailleurs qu’il n’a d’absence de tresses.


24. Que l’école soit, dit-on, fort menacée par une particularité aussi insignifiante que le foulard de quelques filles amène à soupçonner que ce n’est jamais de vérité qu’il y est question. Mais d’opinions, basses et conservatrices. N’a-t-on pas vu des politiciens et des intellectuels affirmer que l’école est d’abord là pour "former des citoyens" ? Sombre programme. De nos jours, le "citoyen" est un petit jouisseur amer, cramponné à un système politique dont tout semblant de vérité est forclos.


25. Ne serait-on pas préoccupé, en haut et bas lieu, de ce que nombre de filles d’origine algérienne, marocaine, tunisienne, le chignon bien serré, la mine austère, acharnées au travail, composent, avec quelques Chinois non moins vissés à l’univers familial, de redoutables têtes de classe ? De nos jours, il y faut pas mal d’abnégation. Et il se pourrait que la Loi du soviétique Chirac aboutisse à l’exclusion tapageuse de quelques excellentes élèves.


26. "Jouir sans entraves", cette ânerie soixante-huitarde, n’a jamais fait tourner à haut régime le moteur des savoirs. Une certaine dose d’ascétisme volontaire, on en connaît la raison profonde depuis Freud, n’est pas étrangère au voisinage de l’enseignement et d’au moins quelques rudes fragments de vérités effectives. De sorte qu’un foulard, après tout, peut servir. Là où désormais le patriotisme, cet alcool fort des apprentissages, fait entièrement défaut, tout idéalisme, même de pacotille, est le bienvenu. Pour qui du moins suppose que l’école est autre chose que la "formation" du citoyen-consommateur.


27. En vérité, la Loi foulardière n’exprime qu’une chose : la peur. Les Occidentaux en général, les Français en particulier, ne sont plus qu’un tas frissonnant de peureux. De quoi ont-ils peur ? Des barbares, comme toujours. Ceux de l’intérieur, les "jeunes des banlieues" ; ceux de l’extérieur, les "terroristes islamistes". Pourquoi ont-ils peur ? Parce qu’ils sont coupables, mais se disent innocents. Coupables d’avoir, à partir des années 1980, renié et tenté d’anéantir toute politique d’émancipation, toute raison révolutionnaire, toute affirmation vraie d’autre chose que ce qu’il y a. Coupables de se cramponner à leurs misérables privilèges. Coupables de n’être plus que de vieux enfants qui jouent avec ce qu’ils achètent. Eh oui, "dans une longue enfance on les a fait vieillir". Aussi ont-ils peur de tout ce qui est un peu moins vieux qu’eux. Par exemple, une demoiselle entêtée.


28. Mais surtout, Occidentaux en général et Français en particulier ont peur de la mort. Ils n’imaginent même plus qu’une Idée puisse valoir qu’on prenne pour elle quelques risques. "Zéro mort", c’est leur plus important désir. Or, ils voient partout dans le monde des millions de gens qui n’ont aucune raison, eux, d’avoir peur de la mort. Et, parmi eux, beaucoup, presque chaque jour, meurent au nom d’une Idée. Cela est pour le "civilisé" la source d’une intime terreur.


29. Et je sais bien que les Idées pour lesquelles on accepte aujourd’hui de mourir ne valent en général pas cher. Convaincu que tous les dieux ont de longue date déclaré forfait, je me désole de ce que de jeunes hommes, de jeunes femmes, déchiquettent leurs corps dans d’affreux massacres sous la funèbre invocation de ce qui depuis longtemps n’est plus. Je sais en outre qu’ils sont instrumentés, ces "martyrs" redoutables, par des comploteurs peu discernables de ceux qu’ils prétendent abattre. On ne redira jamais assez que Ben Laden est une créature des services américains. Je n’ai pas la naïveté de croire à la pureté, ni à la grandeur, ni même à une quelconque efficacité, de ces tueries suicidaires.


30. Mais je dis que ce prix atroce est d’abord payé à la destruction minutieuse de toute rationalité politique par les dominants d’Occident, entreprise que n’ont rendue aussi largement praticable que l’abondance, notamment en France, des complicités intellectuelles et populaires. Vous vouliez avec acharnement liquider jusqu’au souvenir de l’Idée de révolution ? Déraciner tout usage, même allégorique, du mot "ouvrier" ? Ne vous plaignez pas du résultat. Serrez les dents, et tuez les pauvres. Ou faites-les tuer par vos amis américains.


31. On a les guerres qu’on mérite. Dans ce monde transi par la peur, les gros bandits bombardent sans pitié des pays exsangues. Les bandits intermédiaires pratiquent l’assassinat ciblé de ceux qui les gênent. Les tout petits bandits font des lois contre les foulards.


32. On dira que c’est moins grave. Certes. C’est moins grave. Devant feu le Tribunal de l’Histoire, nous obtiendrons les circonstances atténuantes : "Spécialiste des coiffures, il n’a joué dans l’affaire qu’un petit rôle".


Alain Badiou
philosophe, écrivain et professeur à l’école normale supérieure.


texte trouvé ici http://pagesperso-orange.fr/felina/doc/laic/badiou.htm

Une analyse du débat qu'a provoqué la candidature Ilham sur la liste NPA en Rhône Alpes. Analyse intéressante parce qu'elle inscrit ce "débat" dans le combat que mènent les capitalismes pour diviser les opprimés dans leur ensemble.


Car leur peur n'est pas le voile mais de voir les jeunes des cités se politiser et prendre la place qui leur revient de droit dans la politique de la cité.

Ilham est jeune, issue de l'immigration et porte un foulard tout en défendant l'ensemble des victimes des ravages du capitalisme.


C'est en celà qu'elle fait peur... Peur qu'elle ne soit le symbole que le peuple dans ses différences et en les acceptants peut s'unir contre son véritable adversaire : La bourgoisie !

Nous devons rester uni face à cette attaque qui au travers de Hilam est une attaque contre l'ensemble de prolétaires.

Soutien total et inconditionnel à Ilham Moussaid !

Carland




Par Copas
 à propos du
 communiqué du comité Exécutif
du NPA du 8 février...

Le CE du NPA n’a pas compris le sens de la grande attaque des médias et des appareils contre ce parti et sa militante.

C’est extrêmement grave de ne pas relever et comprendre le sens de l’attaque qui dépasse la question de la laïcité.


  La laïcité n’est pas le sujet de cette affaire !


Le sujet vient que la bourgeoisie manœuvre de façon de plus en plus déterminée pour désigner un bouc émissaire dans la grande crise que nous vivons.

Des vagues d’agressions sociales se font par la bourgeoisie , de plus en plus rapprochées et les maneuvres pour désigner des boucs émissaires sont de plus en plus intenses.

La droite (avec quelques bruns de gauche) travaille le sujet à coups redoublés et accélère le pas maintenant.

Des reconduites àla frontière en grande démonstrations, rafles, débat sur l’identité nationale, terrorisme, loi sur la burqa, il ne se passe pas de jour sans que les médias bourgeois cherchent à illustrer le thème de la dangerosité de l’Islam, ou les immigrés, etc, sur tous les tons possibles sans risquer de procès .

Tout est mis en place pour désigner à la vindicte une communauté qui représente ce que représentaient les juifs lors de la dernière grande crise.

La bourgeoisie est donc prète à tous les dérapages.

Parallèlement à la désignation d’un bouc émissaire, les musulmans et tous ceux dont les ancêtres sont venus de pays à dominante musulmane, la bourgeoisie ne souhaite pas que l’alternative réelle à son système apparaisse, construite sur l’anticapitalisme.

Et précisément l’anticapitalisme n’a cessé de progressé ces dernières années, les réactions redeviennent de plus en plus vives dans la classe populaire après avoir marqué un passage à vide pendant 6-7 mois.

les nouvelles attaques et vagues de chômage pointent le bout de leur nez.

Et c’est justement le deuxième point qui explique la hargne de la bourgeoisie et de la gauche malpropre qui gère pour les patrons :

Ilham revendique d’être anticapitaliste.

L’un , la minorité visible (ah si elle s’était normalisée en enlevant le fichu ....) qu’on souhaite transformer en bouc émissaire

l’autre , le parti le plus visiblement anti-capitaliste (ce qui ne signifie rien de la justesse de la ligne de ce parti)


C’est bien la conjugaison des deux qui a fait le haut le coeur de ceux qui votent à tour de bras des subventions aux écoles catholiques privées, se font voir à génuflexer, à se signer publiquement, etc...


Et c’est là la bourgeoisie qui s’affole et hurle, avec quelques salauds utiles et lâches à gauche.

Les deux cibles de la bourgeoisie étaient ensemble dans le collimateur , c’est l’addition des deux qui fait la réaction violente .

Il y a eu des candidates de listes du PS et d’union de la gauche sous direction PC , même élu et ça n’a pas traumatisé ni la gauche ni l’appareil de la bourgeoisie.

Il faut donc reconnaitre qu’un autre élément rentrait en ligne de compte, et ce sont bien l’anticapitalisme et la minorité visible conjugués qui ont fait le spasme de la bourgeoisie, ses hurlements et ses appels à l’agression.


Et ça , ça n’a rien à voir avec le débat sur la laïcité, débat honorable et utile par ailleurs et qu’il faut mener.

Le CE NPA se trompe en y voyant un débat sur la laïcité, ou même sur l’islamophobie dégagée du contexte de classe.

C’est bien les deux qui font la violence de la réaction de la droite et de la gauche de gestion libérale.


Et c’est ça qu’il fallait débusquer en montant les paris dans le débat.

Lequel débat a passé maintenant les frontières.


Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article98116

 

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:57



L’effondrement des Bourses les 4 et 5 février derniers a montré que la crise entrait dans une nouvelle phase.

 L
’automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financière et, dans la foulée, sa transmission à l’économie réelle. Cependant, après une chute phénoménale en 2009 du PIB américain de – 2,4% (sans véritable précédent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptisé «sortie de crise».

Illusion: l’économie mondiale était en état de lévitation, touchant à peine le sol, portée à bouts de bras par un soutien public d’une extraordinaire ampleur. Laissant filer les déficits, se portant au secours des banques, mettant en œuvre des plans de soutien, les déficits publics ont atteint d’incroyables niveaux: 10 % du PIB aux Etats-Unis, 8% en France, plus de 12% au Royaume-Uni. Du coup, l’endettement public a crevé tous les plafonds, atteignant 85% du PIB aux Etats-Unis ou 76% en France.

 

Comme dans un match de rugby on se refile un ballon qui brûle les mains, ainsi a-t-on transformé le surendettement des ménages américains en surendettement des Etats. Quand un débiteur s’avère incapable de faire face aux échéances, il n’y a que deux façons de s’attaquer à la dette en suspens: la transférer ou l’annuler. Annuler les dettes aurait signifié entrer dans une crise financière, puis économique, de très grande ampleur; on a préféré, encore une fois, la fuite en avant, et la dette privée a été transformée en dette publique. Ainsi, le problème n’a pas été surmonté, mais seulement déguisé, et déplacé.


Le surendettement public est universel, mais il y a toujours des maillons faibles. Ceux-ci se nomment Grèce, Espagne, Portugal, Irlande. La Grèce (dont la dette publique devrait atteindre les 125% du PIB en 2010) a été placée de fait sous tutelle de la Commission européenne. Mais les autres pays ne sont pas en reste et les pourcentages correspondants prévus pour 2010 s’élèvent à 85% pour le Portugal, 83% pour l’Irlande (44% en 2008), 66% pour l’Espagne (40% en 2008).


Il était évident dès le départ que cette situation ne pouvait pas durer. Le privé (consommation des ménages, investissement des entreprises) devait prendre la relève du public, permettant à celui-ci de se retirer. Le grand problème est que le privé n’a toujours pas embrayé sur le public, et le grand changement est que commence à prévaloir dans l’establishment la crainte qu’il en soit encore ainsi pour de longs mois.


L’idée qu’en somme la crise est loin d’être terminée, et que nous ne sommes pas dans un schéma en V, ni même en W, mais sans doute plutôt en L. Or, les plans de redressement des finances publiques qui ont été présentés jusqu’ici sont tous basés sur l’hypothèse d’un redressement vigoureux de l’économie, qui permettrait de réduire les déficits plus par l’accroissement rapide des recettes fiscales que par la réduction drastique des dépenses publiques.


Si le redressement attendu n’est pas au rendez-vous, exit l’hypothèse d’une montée rapide des recettes fiscales et les gouvernements des pays qui sont dans le collimateur des investisseurs sont placés devant un dilemme redoutable. Soit ils poursuivent le soutien à l’économie, évitent son effondrement, mais entrent dans une spirale autoentretenue dont on ne voit pas la fin, car ils aggravent leurs déficits de telle sorte que ceux-ci sont de plus en plus coûteux à couvrir. Soit ils abandonnent le soutien à l’économie, retirant l’échafaudage public, mais ils risquent alors de précipiter l’économie dans les profondeurs, sans avoir pour autant la garantie d’une réduction du déficit public.


Ces pays sont tous membres de l’Union européenne, et on peut penser qu’ils auraient droit à un soutien de l’Union en tant que telle ou de certaines de ses composantes. Mais si les principales puissances économiques européennes décident d’aider ceux qui se débattent avec de l’eau jusqu’au cou, elles risquent d’être entraînées et de couler à leur tour, et ce d’autant plus qu’elles sont elles-mêmes très endettées. Si ces puissances ne le font pas et que les pays les plus directement menacés font défaut sur leur dette, elles savent que la crise sera relancée de façon spectaculaire et qu’elles sont les suivantes sur la liste.


«Les marchés» ne pensent pas, ne parlent pas, ils envoient des signaux, mais ceux-ci sont, en l’occurrence, assez clairs. «Les investisseurs» sont manifestement de plus en plus convaincus que les pays menacés ne pourront plus soutenir leurs économies très longtemps. Il faudra alors sortir de la situation «par le bas», c’est-à-dire rechercher le redressement des finances publiques surtout par la réduction des dépenses.


Inutile de se faire des illusions: après avoir volé, à fonds perdus, au secours des capitalistes, c’est aux travailleurs que ces gouvernements demanderont de faire des sacrifices, par augmentation des impôts ou destruction des services publics. L’effondrement des marchés qui vient d’avoir lieu peut alors facilement être interprété comme un sévère coup de semonce, un appel aux gouvernements sur la sellette de se mettre dans les plus brefs délais à l’ouvrage, de montrer qu’ils sont capables de s’attaquer à la masse de la population pour sauver une infime minorité. Aux travailleurs d’organiser la résistance, car cette crise est celle du capital, il n’est pas question d’en payer les pots cassés.


Isaac Johsua


Source : http://www.npa2009.org/node/16538
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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:51



1/ En même temps que le gouvernement approfondit sa politique antisociale, multiplie les expulsions de sans papiers, le pouvoir cible le NPA dans le cadre du débat sur l'identité nationale.

Le NPA est confronté à une campagne médiatico-politique autour d'une de ses 2000 candidat-e-s aux régionales, Ilham Moussaid, qui porte un foulard, quatrième de la liste NPA - Alternatifs du Vaucluse (PACA) dont la tête de liste départementale est Jacques Hauyé.

Contrairement à ce que certains ont laissé entendre, il ne s'agit en rien d'un « coup politique et médiatique » orchestré par la direction du NPA mais bien une décision prise dans le Vaucluse. Une minorité de membres du NPA de ce département s'y est opposée. La décision prise par les camarades du Vaucluse ne peut faire office de position pour l'ensemble du NPA, puisqu'il n'a pu en discuter avant à quelque niveau que ce soit.

2/ Notre camarade Ilham Moussaid est membre du NPA et, à ce titre, peut postuler à la candidature au même titre que les autres membres de notre parti. Une majorité de camarades du Vaucluse a décidé d'acter cette candidature. Quoi que l'on pense de cette décision, celle-ci est statutaire. Nous assurons la liste NPA-Alternatifs, l'ensemble des ses candidates et candidats, de notre solidarité dans ce moment difficile.

3/ Ilham porte un foulard (et pas une burqa comme on a pu l'entendre ou le lire). Elle n'y voit pas de contradiction avec les principes fondateurs dont la dimension féministe et laïque constitue une des clés de voûte et affirme son attachement à ces valeurs ainsi qu’à l’ensemble des principes fondateurs du NPA.

Le foulard est non seulement un symbole religieux visible mais il est également un instrument de soumission des femmes utilisé sous diverses formes et à diverses époques par les trois monothéismes même si Ilham ne le vit pas comme tel et elle n'est pas la seule dans la société.

4/ L'annonce de la candidature d'Ilham Moussaid a suscité de nombreuses réactions. Toutes ne sont pas de la même nature. Les critiques et désaccords formulés, à l'intérieur du NPA ou par des mouvements ou des militante-s du mouvement social et du mouvement féministe sont autant d'arguments qui alimentent la discussion et le débat va continuer.

En revanche, nous dénonçons le flot haineux et hypocrite provenant de l'extrême droite, de l'UMP, ou du PS voire du PG et du PCF. On les entend moins quand le Président de la République se jette dans les bras du pape, se signe de la croix en public en voyage officiel, ou quand Boutin brandit la Bible à l'Assemblée. Les partis institutionnels financent par millions les lycées privés confessionnels, notamment catholiques. Quant au PCF, il ferait mieux d'être plus prudent, lui qui, aux côtés du PS, a accepté sur ses listes une candidate qui portait le foulard pendant la campagne et continue de le porter au sein du conseil municipal d'Echirolles (38) où elle siège.

5/ Au sein du NPA, le CE confirme que le débat sur « religion et émancipations », prévu avant cette campagne politico médiatique, aura lieu. Le débat interne qui nous traverse est un débat public. La décision prise dans le Vaucluse ne crée aucune « jurisprudence » en la matière. Le congrès du NPA est souverain.

6/ L'heure est d'abord et avant tout à la campagne derrière les listes que nous présentons ou soutenons, une campagne pour faire entendre notre véritable spécificité, celle d'une gauche anticapitaliste, antiraciste, écologiste, internationaliste, féministe, qui a toujours été solidaire des femmes qui résistent à ceux qui veulent leur imposer le voile.

Adopté à l'unanimité des présent-e-s, moins une abstention, le 8 février 2010

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:49


Communiqué de presse - 2 fév 2010
 

Dans le contexte actuel du lancement de la campagne électorale des élections régionales de mars prochain, la Confédération paysanne réaffirme ses principes de non appartenance politique et qu’elle ne soutient aucune liste.


Tout adhérent de la Confédération paysanne associé à une liste ou candidat lui-même l’est à titre indépendant et personnel, il n’engage que lui-même et non le syndicat.


La Confédération paysanne a adressé un courrier à l’ensemble des candidats pour porter la parole du syndicat, et pour interpeller leur responsabilité dans l’évolution de l’agriculture française.


Le rôle des régions dans la dynamique de l’agriculture et des territoires est essentiel notamment pour promouvoir :

  • la relocalisation de l’économie,
  • des systèmes de production durables,
  • une politique d’aide à l'installation paysanne,
  • une politique foncière ambitieuse pour protéger et développer la production alimentaire,
  • et maintenir la biodiversité.

La Confédération paysanne soutient vivement l’appel « Alimentons les régions » à l’initiative de plusieurs organisations.

La Confédération paysanne reste vigilante pour que ses principes d’indépendance politique soient respectés. Cette indépendance est un gage de la lisibilité des combats de chacun et d’une meilleure efficacité collective.

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:47




Ça devait arriver : à force de financer à fonds perdus les banques et les industriels, tout en baissant les impôts des entreprises et des riches, les États s’endettent de plus en plus… jusqu’à ce que les spéculateurs, qu’ils ont pourtant enrichis, se mettent à douter de leurs possibilités de rembourser au point de les menacer de faillite. On nous répète sans cesse que la reprise montre le bout du nez, que la crise est derrière nous... Mais ceux qui gouvernent ont toujours la même réponse : nous faire payer leur crise !

C’est ce qui a commencé à se passer cette semaine avec la Grèce, ainsi que le Portugal et l’Espagne. Dans ces trois pays, les gouvernements ont annoncé des plans d’austérité brutaux afin de réduire les déficits qu’ils avaient eux-mêmes provoqués. Au menu, entre autres mesures : la retraite qui passe à 67 ans, la réduction de l’emploi et des services publics, le gel des salaires des fonctionnaires.

C’est aussi ce que Sarkozy nous prépare ici pour l’après élections régionales : les saignées dans la fonction publique, l'injuste taxe carbone, les plans de licenciements qui ont été à peines repoussés de quelques semaines, sans parler des nouvelles attaques annoncées sur les retraites.

Le PS et ses alliés, un « rempart » ?

Le PS, sur le contenu, ne nous propose pas de choses très différentes. Les premières déclarations de Martine Aubry sur les retraites en sont un exemple. Parce que la gauche traditionnelle s’est convertie au capitalisme, elle s’adapte au discours ambiant et finit par faire des politiques proches de la droite.

Dans les régions que la gauche gouverne presque toutes depuis 2004, elle a arrosé de subventions les groupes du CAC40, les lycées catholiques, les centres de formation d’apprentis contrôlés par le patronat, tout cela au détriment du service public. On est loin des contre-pouvoirs pour résister à la droite, comme ils nous l'avaient promis lors de l'élection précédente en 2004.

Avec le NPA, un vote de résistance

Dans les élections régionales du mois de mars, nous pourrons sanctionner les responsables de la situation actuelle, ceux qui expliquent que le capitalisme est notre seul avenir, qu’il faut se résigner à un système injuste, inégalitaire, discriminatoire, car c’est le seul possible.

Nous pouvons envoyer dans les conseils régionaux des élus anticapitalistes qui aideront à préparer les luttes et à les soutenir. Car pour changer vraiment les choses, il faudra une mobilisation large des salariés et de la population, un « tous ensemble » capable de s’affronter au gouvernement et au patronat.

Sarkozy et le Medef peaufinent aujourd’hui de nouvelles attaques contre le monde du travail.

Le 14 mars, le vote pour la liste "VraimenT A Gauche" présentée par le NPA , des militants du Parti de Gauche ,des Objecteurs de Croissance et menée par Laurence de Bouard sera un geste politique qui servira à organiser l’indispensable riposte.

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NPA QUIMPER - dans NPA
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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:39


Santé lundi 08 février 2010

Une quarantaine de personnes, agents hospitaliers, infirmiers et cadres manifestent devant les locaux de la direction de l’hôpital Gourmelen à Quimper.


Ce mouvement a été déclenché à l’appel d’une intersyndicale, Sud-santé, CGT et CFDT. Une délégation a été reçue. À l’origine du mécontentement : un transfert de tâches entre les agents et les infirmiers concernant le portage d’armoires à linge dans les services.


Les syndicats craignent que ce transfert ne se traduise par des suppressions d’emplois. Ils regrettent une détérioration du dialogue social au sein de l’établissement psychiatrique.

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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:07

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9 février 2010


Concilier culte et culture? Monseigneur LeVert, évêque de Quimper et Léon (29), semble éviter que la question ne se pose. Le pianiste Didier Squiban vient d'en faire les frais.


Les notes du piano de Didier Squiban ne s'élèveront pas sous les voûtes de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper. L'artiste aurait pu y jouer, le 6mars, dans le cadre d'une semaine-hommage à Frédéric Chopin. Mais c'est à Fouesnant qu'il se produira.

Vade retro! La musique du compositeur polonais est profane. Et Didier Squiban n'a pas non plus d'oeuvres sacrées à son actif. «Chopin est un artiste majeur mais la vocation première d'une église est d'être un lieu de prières et de louanges», a-t-il été répondu à l'association Amitiés France-Pologne, organisatrice du concert.

«Toujours le combat Église contre laïcité»


Le fait que Didier Squiban a enregistré son album «Porsguen» dans la chapelle Saint-Claude de Plougastel-Daoulas, en 1998, puis «Ballades» dans la chapelle Saint-Léger de Riec-sur-Bélon, en 2002, n'a pas été considéré comme une circonstance atténuante. L'artiste s'en amuse: «Heureusement que les chapelles sont encore ouvertes à la culture! Ça tombe bien, (...) car je préfère l'acoustique des chapelles. La cathédrale de Quimper, c'est toujours le combat Église contre laïcité. Les protestants sont plus ouverts que les catholiques sur ce sujet...».

Un incident survenu cet été, à la chapelle Saint-Pierre de Mahalon (29), dans le Cap-Sizun, n'est pas étranger à ce raidissement: le 14 juillet 2009, un couple de danseurs avait offert une prestation avant-gardiste, qui s'achevait par un nu intégral sur l'autel. La réaction n'a pas tardé.


Monseigneur Le Vert (injoignable hier), écrivait en septembre2009: «L'épithète de ?religieux?, associée à ce patrimoine, implique naturellement de prendre attentivement en compte son affectation première qui est cultuelle. Aussi harmonieuse que soit l'architecture d'un édifice, aussi admirable que puisse être son acoustique, une chapelle est d'abord un lieu de recueillement, de prière et de célébration liturgique». À moins qu'il n'y ait trouvé l'occasion qu'il attendait: «L'incident de Mahalon a précipité les choses. Depuis l'arrivée de Monseigneur Le Vert, il y a un durcissement de l'Église», estime ClaudeHermann, organisatrice du festival de musique médiévale «Purcell en Cornouaille».

Même sort pour Gershwin


Au printemps dernier, déjà, elle fut privée de cathédrale parce qu'elle programmait une oeuvre de Gershwin. Profane, encore!

  • Thierry Charpentier

1 réaction

  • yenamarre
    Laïcité.
    Il me semblait que depuis 1905 les églises appartenaient aux communes donc si je comprends bien ils sont d'accord pour recevoir notre pognon pour l'entretien mais rien en contrepartie. D'ailleurs on ne devrait même pas demander leur avis, point.
    Ajouté le 09 février 2010 à 08h08
Blogueur:

En effet, comment peut-on justifier que des membres de la hiérarchie d'une religion puissent refuser aux citoyens l'usage d'un immeuble appartenant à la collectivité? Et pas pour une messe noire, pour jouer du Chopin?
Parce qu'une fois une femme s'est montrée nue dans une chapelle à Mahalon? L'église catholique devrait nous expliquer en quoi la nudité offense leur créateur! Il ne les a pas créé en soutanes quand même? Moi, je trouve par contre qu'ils en font un max avec la nudité du cadavre de Jésus exhibé dans des tas de tableaux et statues avec un réalisme saississant. Cela oui c'est traumatisant, genre film d'horreur, et comme dit le philosophe Michel Onffray, cela montre la fascination des religions monothéistes pour la virilité et la mort et leur haine des femmes.
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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:01

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En France, la situation des personnes lesbiennes, gays ou bis a profondément changé  depuis que l'homosexualité n'est plus considérée comme un « fléau social » (c’était le cas légalement jusqu’en 1982).


Des droits ont été gagnés, même si le PaCS ne correspond pas à l’égalité des droits que nous réclamons. Mais de nombreux problèmes demeurent : si affirmer son orientation sexuelle ou son genre est à présent plus simple pour certain-e-s, beaucoup de gays,  de lesbiennes ou de trans continuent à vivre au quotidien dans le silence, les humiliations ou la violence.

  • Les chiffres très élevés du suicide parmi les jeunes LGBTI (13 fois plus que les jeunes hétéros) illustrent bien ces difficultés et les conséquences très concrètes de l’oppression.
  • Les discriminations au quotidien, ce sont également les brimades contre un-e salarié-e homosexuel-le sur son lieu de travail, le refus d’embauche d’une personne trans, le rejet par la famille, les agressions physiques ou verbales…
  • De manière spécifique, les personnes trans et intersexué-e-s sont toujours confronté-e-s à la violence du pouvoir médical qui s’arroge un droit de décision  irrévocable sur la manière de vivre son genre. Le refus d'autoriser le changement du sexe sur l'état-civil pour les trans, à moins d'avoir subi une chirurgie génitale, est l'instrument d'une vision rétrograde et binaire du genre, qui n'accepte les personnes trans que si elles sont stérilisées. Cette même logique, conduit à la négation des personnes intersexuées par leur mutilation pour rentrer dans la norme attendue.

La lutte contre les oppressions vécues par les personnes LGBTI est au cœur de notre combat plus  global pour l’émancipation humaine et contre le capitalisme.


Le NPA a donc un rôle à jouer, à la fois par son implication dans les luttes LGBTI (au sein des associations, collectifs, etc) au niveau local et national, mais également en tant que parti politique, en relayant dans notre programme les revendications issues de ces combats. Cet argumentaire est l’occasion de faire le point sur ce que nous pouvons défendre dans le cadre des prochaines élections régionales, en cohérence avec notre programme plus général. 


Quelles sont nos revendications pour les élections régionales ?


Notre programme peut se décliner sur deux domaines d’action :

  1. Les régions gèrent les lycées et la formation professionnelle.

Elles peuvent donc à ce titre s’impliquer la lutte contre toutes les discriminations racistes et sexistes, homophobes et transphobes. Nous défendons une plus grande implication des régions sur cette thématique, en lien avec les jeunes, les organisations syndicales et les enseignants, par la mise en œuvre de campagnes et d’actions spécifiques dans les établissements.

  • Cela implique le soutien et le développement des actions de sensibilisation menées par les associations locales. Trop souvent, les chefs d’établissements ont le dernier mot sur cette question : nous nous battons pour que tous les établissements soient ouverts aux interventions associatives ou publiques de lutte contre les discriminations.
 
  • Ce travail d’éducation et de formation nécessite d’interroger les représentations et les stéréotypes, d’informer les jeunes en questionnement leur identité, de mener des actions collectives au sein des établissements scolaires, et plus largement sur les lieux de travail et de vie. Il convient aussi de former les personnels éducatifs et de dégager les moyens pour le faire.

Plus largement, nous soutenons la création de structures d'accueil, d'écoute, d'assistance des victimes de LGBTI-phobie avec un financement public, incluant la participation des associations LGBTI.


Les régions doivent soutenir les mobilisations LGBTI, en finançant les projets et les structures associatives, en mettant à disposition leurs locaux et en soutenant leurs initiatives.


Enfin, dans le domaine de la lutte contre le VIH-sida, les régions doivent être des relais de campagnes de prévention non moralistes et assurer la mise à disposition de préservatifs dans tous les établissements.

  1. Les régions sont aussi un employeur

Elles ont une responsabilité particulière pour la mise en œuvre de politiques égalitaires et non discriminatoires à leur échelle. Si notre combat pour l’égalité des droits entre homos/hétéros et contre la transphobie nécessite une évolution des droits à l’échelle nationale, les régions ont un rôle à jouer dès maintenant.

  • A ce titre, les régions doivent garantir l’égalité de traitement pour tou-te-s les agents publics. Cela implique d’agir de manière non discriminatoire, en garantissant notamment les mêmes droits pour tous les couples.
  • Pour lutter contre les discriminations homophobes, lesbophobes et transphobes entre agent-e-s et vis-à-vis des usagèr-e-s, il faut sensibiliser et former les personnels de la région et mettre en place des dispositifs de médiation.
 

Ressources :

En terme de ressource pour se former ou avoir des éléments concrets sur la LGBTI-phobie : des associations nationales comme SOS Homophobie (http://www.sos-homophobie.org) ou le RAVAD (Réseau Aide aux Victimes d’Agressions et de Discriminations) mènent un travail juridique (soutien aux victimes : http://www.ravad.org ), de prévention et de recensement des discriminations et des violences contre les personnes LGBTI.

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