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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 10:09

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L’affaire Proglio révèle à quel point les frontières déjà bien minces entre l’État et les grands groupes privés sont en train de disparaître complètement.


Lors de son show télévisé de lundi, Sarkozy n’a pas laissé paraître le moindre trouble sur l’affaire Proglio. « Pendant quelques mois, a-t-il affirmé, il sera président non exécutif de Veolia [...] et lorsque la transition sera faite, il se consacrera à 100 % à ses fonctions ». On ne pouvait manifester plus grande indifférence à l’émotion suscitée par le double salaire d’Henri Proglio (1,6 million d’euros d’EDF et 450 000 de Veolia) et sa double casquette de PDG de ces deux groupes, à la tête de 500 000 salariés.


Peu de temps auparavant, Proglio, nommé fin novembre à la tête d’EDF tout en gardant ses fonctions à Veolia, a renoncé aux 450 000 euros. Il gardera néanmoins une retraite chapeau de Veolia de 13,1 millions d’euros et cinq plans de stock-options dont la valeur n’a pas été révélée.


Pour prendre la tête d’EDF, Proglio avait posé comme condition d’avoir un salaire équivalent à celui qu’il touchait comme PDG de Veolia. À l’époque, fin novembre 2009, François Fillon avait trouvé cela « tout à fait normal ». Quant à la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, elle a justifié la semaine dernière à l’Assemblée nationale le double salaire, sous les huées d’une partie du PS et même de la droite : « Le président d’EDF n’est pas payé plus que quand il était patron de Veolia.


Il faut se rendre à la réalité : il y a un marché, des concurrents, un monde qui a changé ! »


Le gouvernement a donc reculé sans reculer. Proglio reste à la tête et d’EDF et de Veolia, de même que Mestrallet est à la tête du groupe GDF-Suez, avec un salaire de plus de 3 millions d’euros. Veolia est issu de Vivendi Environnement, venant lui-même de la Générale des Eaux, tout comme Suez. Vivendi et Suez ont été les grands bénéficiaires de juteux marchés publics que l’État et les collectivités locales leur ont offerts dans les années 1980-1990, générant au passage nombre d’affaires de corruption qui ont mis en cause le personnel politique.


Les voici maintenant mariés d’une façon ou d’une autre avec les deux plus gros opérateurs, anciennement publics, de l’énergie.

Même si l’État en est encore actionnaire à près de 85 %, EDF, comme en son temps France Télécom, s’est développé à l’international comme n’importe quel groupe du privé. Il a racheté dernièrement, sous la présidence de Gardonneix, British Energy, pour 15,7 milliards d’euros, et la moitié des activités nucléaires du groupe américain Constellation, pour 4,5 milliards d’euros.

D’autres manœuvres sont en préparation, pour renforcer la « force de frappe » du groupe, sa compétitivité et sa rentabilité à l’échelle internationale. Toutes choses qu’EDF s’apprête à faire payer à ses anciens usagers devenus « clients » par une augmentation de ses tarifs de l’ordre de 25 % sur les cinq années à venir, comme l’a annoncé le journal les Échos.

Galia Trépère
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 09:54
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Les associations rennaises se mobilisent !

jeudi 28 janvier 2010, par rennes info


La pression exercée par les lobbys d’extrême-droite n’a pas fait reculer la Ville de Rennes et le Conseil régional de Bretagne dans leur soutien au film "Le baiser de la lune" de Sébastien Watel et son équipe. Mais qu’en est-il du soutien de l’Inspection académique d’Ille-et-Vilaine ?


A Rennes, comme ailleurs en France, tous les jours des personnes sont victimes d’homophobie et de lesbophobie, c’est-à-dire de discriminations liées à leur orientation sexuelle réelle ou supposée homosexuelle. Rejet, insultes, coups, violences, meurtres : les discriminations homophobes et lesbophobes se déclinent sous de nombreuses formes et se produisent aussi bien dans la famille, que dans la rue, au travail, ou encore à l’école. Elles blessent, meurtrissent, tuent.


A Rennes, comme ailleurs en France les initiatives de lutte contre l’homophobie et la lesbophobie sont nombreuses et de qualité. Parmi ces initiatives le projet de film "Le baiser de la lune" de Sébastien Watel a été pris pour cible par des lobbys ultra-conservateurs.


En effet, ce film d’animation destiné aux élèves de CM1-CM2 afin de leur permettre d’aborder les relations amoureuses entre personnes de même sexe a fait l’objet de deux pétitions intitulées pour l’une « Halte aux incitations homosexuelles dans les écoles primaires ! » et pour l’autre « Halte à la propagande en faveur de l’homosexualité au sein de l’école » adressées à différentes institutions partenaires du projet.


Nous, associations de lutte contre le sexisme, l’homophobie et la lesbophobie, soutenons le projet de film "Le baiser de la lune" contre cette mobilisation qui semble d’un autre âge et dont la manière de considérer l’éducation à la citoyenneté et à la tolérance comme du prosélytisme est tout à fait réactionnaire.


Rappelons que l’homosexualité est dépénalisée en France depuis 1981 et qu’aujourd’hui ce n’est plus l’homosexualité qui est un fléau social, mais bien l’homophobie. C’est au quotidien que nous la combattons, notamment en discutant avec des jeunes, pour faire tomber les préjugés et soutenir les jeunes victimes que nous rencontrons.


L’Education nationale a émis des directives officielles concernant la lutte contre l’homophobie dans les établissements scolaires.


Nous avons demandé à être reçu-e-s à l’Inspection Académique dans les meilleurs délais afin d’avoir des explications sur le retrait ou la poursuite de son soutien à Sébastien Watel et son projet de film.


L’écoute dont semble disposer les ultra-conservateurs impose une vigilance constante et une réactivité immédiate de toutes les actrices et tous les acteurs de la vie citoyenne et militante dans le but de parvenir un jour à l’éradication de l’homophobie et à une réelle égalité des droits.


Association et Compagnie de Théâtre de l’Opprimé Rennaises (ACTOR), AIDES, Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes, Commune vision, David et Jonathan, Femmes Entre Elles, Gay&Lesbian Sports, Les Enfants d’Arc-en-Ciel - l’asso, Mix-Cité Rennes

Lesbophobie, victoire en demi-teinte.

Le tribunal correctionnel d’Évry a rendu le 19 janvier dernier un jugement reconnaissant la culpabilité de trois mineurs pour injures et agression physique « en raison de l’orientation sexuelle ». Cette décision est une victoire pour Priscilla et Cynthia qui ont subi la lesbophobie dans leur quartier pendant des mois, jusqu’en juillet 2009, où elles ont été l’objet d’une agression.


Mais cette victoire est en demi-teinte, car la répression ne peut être la solution. Au même moment, le ministère de l’Éducation nationale, sous la pression d’associations homophobes, retirait son logo – et donc son soutien – d’un film d’animation qui doit être projeté aux élèves de CM1et CM2 et dont l’objectif est d’aborder les relations amoureuses entre personnes du même sexe. Tant que l’école ne présentera les relations amoureuses qu’hétérosexuelles, l’homophobie continuera de sévir.

 

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 09:43
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jeudi 28 janvier 2010 (12h18)

Putain, ils nous abandonnent tous…


Howard Zinn, l’homme lumières


de Martine Laval


Howard Zinn est décèdé ce 27 janvier. Il avait 87 ans. Son cœur lui a fait faux bond, lui qui, pourtant, en avait tant.


Howard Zinn a traversé leXXe siècle d’un cœur joyeux, sans cesse animé par une foi en l’homme, en l’humanité. Il a été de toutes les guerres, de tous les combats contre la haine, l’injustice. Contre le nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale. Contre la guerre du Vietnam. Pour les droits civiques, l’égalité entre Noirs et Blancs.


Howard Zinn était un intellectuel non pas enragé, ni même engagé – deux mots qui ont aujourd’hui bêtement perdu de leur sens –, mais éclairé. Le petit prolo de New York est devenu historien par conviction, pour transmettre la vie des hommes, rétablir des vérités.


J’ai eu le plaisir – et le privilège – de rencontrer ce grand Monsieur, dans son bureau de profeseur émérite de l’universite de Boston, en octobre 2008. J’ai eu droit à une leçon d’humilité, de passion, d’amitié. Regard coquin et sourire chaleureux. Toujours émerveillé.


Zinn, à cette époque, sillonnait les Etats-Unis, donnait des conférences contre les guerres du gouvernement Bush, contre la bêtise, le mensonge. Et voyait dans la candidature d’Obama, non pas une grande révolution, mais un signe de changement, de petit espoir...


Marxiste, anarchiste au fond de l’âme, Howard Zinn ne se revendiquait d’aucun dogme. Il était du côté de l’intelligence, de l’homme. Il nous laisse une œuvre riche, essais, pièces de théâtre, etc., qui fourmille de révélations, de convictions, avec toujours cet humour léger, revigorant.

A nous de nous en saisir pour ne pas finir idiot.
A tous (sauf les bandits & cie), et à Howard Zinn, amitiés.


http://www.telerama.fr/livre/howard-zinn-l-homme-lumieres,52079.php



De : karkov
jeudi 28 janvier 2010
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 09:34




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Le Nouveau Parti Anticapitaliste sera présent dans toutes les régions aux élections de mars 2010 avec les têtes de liste suivantes :


Yvan Zimmermann en Alsace

Philippe Poutou en Aquitaine

Alain Laffont en Auvergne

Christine Coulon en Basse-Normandie

Laurence de Bouard en Bretagne

Michel Lasserre dans le Centre

Anthony Smith en Champagne-Ardennes

Laurence Lyonnais en Franche-Comté

Christine Poupin en Haute-Normandie

Olivier Besancenot en Ile-de-France

Jean-Noël Bouet en Lorraine

Myriam Martin en Midi-Pyrénées

Pascale Montel dans le Nord-Pas-de-Calais

Sylvain Desbureaux en Picardie

Pierre Godard en PACA

Myriam Combet en Rhône-Alpes


En Auvergne, le NPA fera campagne avec les Alterékolos et le Mouvement des Objecteurs de Croissance (MOC).


En PACA, les Alternatifs feront campagne avec le NPA.


En Basse-Normandie, le NPA fera campagne avec le Parti de Gauche.


En Champagne-Ardennes, le NPA fera campagne avec le Parti de Gauche et les Alternatifs.


En Bretagne, le NPA fera campagne avec les Objecteurs de Croissance et l’association « Militer pour la gauche » qui regroupe d’anciens et actuels militants du Parti de Gauche.


Languedoc -Roussillon, Limousin, le NPA sera sur une liste avec le Front de gauche et d’autres organisations


En Pays de Loire, le NPA fera campagne avec le Parti de Gauche, 2 fédérations du PCF sur les 5 que comptent la région, et d’autres organisations.


Poitou-Charentes et Bourgogne : en attente des dernières négociations.


Une conférence de presse avec Olivier Besancenot et les têtes de listes régionales aura lieu le

dimanche 31 janvier, à 15h, 27 rue Taine.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 09:28
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F
idèle a sa tactique, le gouvernement a lancé une campagne de désinformation et de démoralisation sur la question des retraites avant « les négociations » avec les « partenaires sociaux » qui doivent s’ouvrir avant l’été 2010.



Les prévisions pour le régime d’assurance vieillesse seraient inquiétantes : 8,2 milliards d’euros de déficit cette année, 30 milliards en 2011, 58 milliards à l’horizon 2013. Sondages à l’appui, il s’agit de préparer l’opinion publique au pire. 76 % des Français inquiets sur le montant de leur retraite, mais une majorité attachée au système de répartition et voulant le préserver. L’âge moyen auquel ils pensent partir est de près de 62 ans, mais une majorité préférerait cotiser davantage pour partir plus tôt.

Ce désarroi, perceptible parmi les salariés, est renforcé par les déclarations de certains « responsables » politiques et syndicaux. Pour Martine Aubry, secrétaire nationale du Parti socialiste, « on doit aller très certainement, on va aller très certainement, vers 61 ans ou 62 ans ».

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, emboîte en souhaitant un débat « sans tabou »sur la question, espérant un « consensus national ». Pour lui, « les éléments de la réforme de 2003 ne sont plus contestés et la France n’a pas besoin d’un conflit sur ce sujet », jugeant au passage que« c’est une bonne chose que le PS pose les vraies questions... Pourvu que ça dure ».

Il souhaite que tous les sujets soient abordés : l’âge de départ à la retraite, la pénibilité du travail, l’emploi des seniors et la durée de cotisation. Pour lui, la borne de 60 ans est « déjà dépassée » car, dans les faits, la liquidation intervient en moyenne à 61 ans. Elle doit toutefois rester une « référence » pour les salariés ayant commencé à travailler jeune. Autre tabou à lever : les retraites dans la fonction publique. « Il ne faut pas recommencer ce mauvais scénario » de la réforme Balladur de 1993 qui avait modifié les règles pour les salariés du privé et laissé inchangées celles des fonctionnaires. La CFDT milite pour « un rapprochement » des règles « progressivement ».

De son côté, le secrétaire général de la CGC estime indispensable d’augmenter le nombre d’années de cotisations et de reculer l’âge légal de départ. Si FO, la CFTC et la CGT affirment leur volonté de défendre le système de retraites par répartition et refusent tout allongement du temps de cotisations et le recul de l’âge légal de départ, beaucoup d’ambiguïtés peuvent se cacher derrière la « maison commune des retraites » et surtout le refus de réaffirmer le retour aux 37,5 annuités de cotisation.

Le Medef s’engouffre dans la brèche, affirmant que le sujet est beaucoup plus consensuel que l’on croit et qu’il faut s’attaquer au système par répartition. Il s’agit de mettre en place un système par capitalisation ou par points permettant aux salariés les plus aisés de mettre leur pension à un niveau acceptable, en confiant leurs cotisations aux banques. La grande masse des salariés devenant des retraités pauvres, ils rejoignent ainsi les « économiquement pauvres » de l’après-guerre.

Pourtant, les moyens de financement existent : de la suppression de toutes les exonérations de cotisations patronales à l’augmentation de ces mêmes cotisations, en puisant dans les faramineux profits réalisés par les entreprises, même dans la dernière année de « crise ». Refusons l’allongement de la durée de cotisation, qui n’est qu’un moyen de baisser le montant des retraites. Maintenons le droit à la retraite à 60 ans ou après 37,5 annuités de cotisation, avec 75 % du salaire et un revenu minimum de 1 500 euros net. Refusons d’augmenter le temps de travail des « seniors ».

Pour gagner, il faudra bien briser le tabou du consensus national et du diagnostic partagé qui ont sapé les mobilisations de 2003 et 2007. La bataille sur les retraites doit emprunter la voie de la mobilisation pour le« non » au référendum sur le Traité sur la Constitution européenne ou celle du CPE, en nous souvenant que c’est la mobilisation des jeunes, à la base, qui a imposé l’unité aux confédérations et fait reculer le gouvernement.

Robert Pelletier
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 09:15
Propos recueillis par Benito Perez, Le Courrier (Suisse)

Piero GLEIJESES
On peut appartenir à ce qu’on appelle le tiers-monde et être un pilier de la coopération internationale. Piero Gleijeses, professeur de politique étrangère américaine, est catégorique. A Cuba, la solidarité internationale est « intrinsèque » à l’expérience révolutionnaire.


Invité samedi dernier par l’université de Genève, le chercheur italien de la Johns Hopkins University (Baltimore-Washington) a évoqué le rôle de la petite île des Caraïbes dans la décolonisation de l’Afrique. Au-delà des contingences de la Guerre froide, toile de fond de son ouvrage Conflicting Missions : Havana, Washington and Africa, 1959-1976, qui lui valut le Prix Robert Ferrell (1), le Pr Gleijeses relève le sincère engagement internationaliste des leaders cubains. Une mission qui, aujourd’hui, a remplacé la kalachnikov par le stéthoscope.

Les partisans de la Révolution cubaine disent que sans l’intervention de La Havane en Afrique, l’apartheid ne serait pas tombé. N’est-ce pas exagéré ?


Piero Gleijeses : Nelson Mandela ne dit pas autre chose ! Ce que Cuba a fait a été décisif pour sauver l’Angola, puis permettre l’indépendance de la Namibie [en 1990, ndlr]. Le lien avec la chute de l’apartheid [entre 1990 et 1994, ndlr] est, lui, indirect. D’autres facteurs ont été plus importants en Afrique du Sud. Mais il est vrai que la défaite militaire des Sud-Africains en Namibie a eu un énorme impact sur les Noirs d’Afrique du Sud. Il ne faut pas sous-estimer l’élément psychologique dans un processus colonial. La victoire de la SWAPO (guérilla namibienne, ndlr) et des Cubains a remis en cause l’idée de la supériorité blanche. Avant la Namibie, certaines sources liaient déjà le soulèvement populaire de Soweto, en 1976 à l’échec des Portugais et des Sud-Africains en Angola.


Plus largement, quel rôle peut-on attribuer à la solidarité cubaine avec les mouvements de libération africains dans la décolonisation ?


Cela dépend des pays et des époques. La première intervention date de 1961, lorsqu’un bateau cubain débarque à Casablanca chargé d’armes pour le FLN algérien et repart avec des blessés et des orphelins. [Ahmed] Ben Bella (leader indépendantiste et premier président algérien, ndlr) estimera l’aide suffisamment significative pour se rendre à La Havane remercier les Cubains dès après sa première intervention à New York devant l’ONU...


D’autres interventions, comme celle mal préparée du Che au Congo-Léopoldville seront moins réussies. Certaines seront, au contraire, décisives, en Guinée-Bissau ou au Congo-Brazzaville. En tout quelque 350 000 soldats cubains fouleront le sol africain sur trois décennies. Plus de deux mille y laisseront la vie. Au-delà de l’aspect militaire, la solidarité cubaine a aussi eu un impact très positif dans ses dimensions techniques, éducatives et matérielles.


Quelque 50 000 coopérants cubains ont apporté leurs compétences au continent. Et 40 000 Africains ont pu étudier et se former à Cuba ! C’est une très belle histoire, un cas unique dans l’histoire. Aucun pays – même pas la Suède – n’a exprimé un tel internationalisme. Il n’y a pas d’exemple d’une coopération internationale similaire, ni de la part des pays du bloc de l’Est ni des occidentaux. On cite le cas des volontaires américains des Peace Corps (2). Mais ce sont des jeunes gens de 20 ans. Cuba a mis à disposition ses professionnels, ses spécialistes. C’est très différent.


Qu’en reste-t-il aujourd’hui en Afrique ?


Une grande reconnaissance envers Cuba, en tous cas de la part de certains pays comme la Namibie. D’autres préfèrent oublier, en partie parce que les Etats-Unis ont gagné la Guerre froide et qu’il ne fait pas bon avoir une relation avec Cuba. En Afrique du Sud, la jeunesse méconnaît complètement la lutte de libération nationale. Une histoire qui, de plus, est réécrite, déformée de façon scandaleuse...


Vous avez étudié les archives cubaines. Quelles raisons ont amené ce petit Etat à intervenir – militairement et humanitairement – à l’étranger, notamment en Afrique ?


Plutôt que les sources cubaines – qu’on pourrait accuser d’être partiales – dans mon livre, j’ai utilisé les documents déclassifiés de la CIA. Ceux-ci évoquent, en premier lieu, une volonté d’autodéfense de la jeune révolution. Durant les années 1960, Washington refusait d’accepter tout modus vivendi avec La Havane.


« Les Yankees nous harcelaient, alors nous sommes partis les affronter sur les chemins du monde », m’a dit un jour [Léonard] Dreke, No 2 du Che au Congo. Pour Cuba, c’était donc une façon de rompre son isolement. Mais les documents américains mettent en avant une seconde raison : l’engagement internationaliste de Fidel Castro et des leaders cubains. Ils estimaient être investis d’une mission contre le sous-développement et l’oppression.


Le contexte change à partir du milieu des années 1970. Au moment où Cuba envoie 36 000 soldats en Angola pour stopper l’avancée des troupes sud-africaines, on ne peut plus parler d’autodéfense, car les Etats-Unis – sous l’impulsion d’Henry Kissinger – sont désormais disposés à discuter.


Dans ses mémoires, l’ancien secrétaire d’Etat américain écrit qu’à l’époque, il avait pensé que les Cubains agissaient sur commande de l’Union soviétique. Or, on apprît par la suite que La Havane avait mis Moscou devant le fait accompli. Au risque d’une crise avec son allié. Pour Kissinger, une telle attitude, qui allait contre les intérêts nationaux de Cuba, contre la Realpolitik, ne pouvait répondre qu’à un élan idéaliste de Castro, qu’il qualifie de révolutionnaire le plus sincère.


Je pense que Kissinger a vu juste. Fidel Castro a qualifié un jour la lutte contre l’apartheid de « plus belle cause de l’Humanité ». Or, il savait qu’une victoire de l’Afrique du Sud en Angola aurait renforcé l’emprise de ce régime sur les peuples d’Afrique méridionale.


Pourquoi Cuba est-elle davantage intervenue en Afrique qu’ailleurs ?


La priorité des Cubains était l’Amérique latine. Mais agir dans ce que les Etats-Unis considéraient comme leur « arrière-cour » était beaucoup plus difficile. Quant à l’Asie, si les Cubains admiraient beaucoup la lutte de libération des Vietnamiens, ceux-ci ne voulaient pas de combattants étrangers. L’Afrique a servi de terrain de substitution.


(2) Les Corps de la paix sont un programme humanitaire créé par John Kennedy qui a mobilisé 180 000 volontaires en quatre décennies.

« L’aide aux mouvements de libération a toujours été gratuite »

Les interventions cubaines n’ont-elles pas eu aussi des motivations économiques. Certains parlent de rétributions des coopérants cubains, de mercenariat...


Non. L’aide apportée aux mouvements de libération a toujours été totalement gratuite, et même parfois pour des Etats comme par exemple en Angola jusqu’en 1978. Pour La Havane, les coûts ont été infiniment plus importants que les maigres rétributions reçues pour ses soldats ou ses coopérants civils. Au niveau commercial non plus, cela n’a rien rapporté à Cuba.


Il y a eu toutefois des cas de trafics orchestrés par des officiels cubains, comme l’affaire Arnaldo Ochoa, ce héros de l’indépendance angolaise, condamné à mort en 1989.


En additionnant l’ensemble des reproches de corruption et de marché noir qui pesaient sur lui, Ochoa aurait coûté environ 150 000 dollars sur dix-huit mois à l’Etat angolais. C’est grave, bien sûr, mais ce n’est rien par rapport à ce que la coopération coûtait à Cuba.


On dit aussi que les premières interventions à l’étranger après la Révolution ont permis à Fidel Castro de se débarrasser de ses camarades guérilleros qui pouvaient lui faire de l’ombre.


C’est complètement idiot ! Au fil de mes voyages, j’en ai interviewé beaucoup de ces compagnons d’armes : je peux vous dire que ce sont les plus fidèles d’entre les fidèles à Castro ! Pourquoi s’en priver dès lors ? Simplement, car il s’agit d’une tâche primordiale et délicate. Fidel Castro la confie donc à la fine fleur de la Révolution.


Y a-t-il eu des réactions de rejet à l’égard des Cubains ?


Oui. Dans le cas angolais, par exemple, certains estimaient qu’ils ne s’étaient pas libérés de la tutelle portugaise, pour recevoir des leçons des Cubains. En outre, ceux qui rêvaient d’ascension sociale vivaient mal l’austérité de la coopération cubaine. Ils auraient préféré travailler avec des Occidentaux ! Mais c’était là des réactions minoritaires.

Internationalisme bien vivant

Vous affirmez que l’engagement militaire cubain auprès des mouvements de libération était autonome de la volonté soviétique. Il s’est pourtant arrêté avec la chute du Mur.


Il est clair que sans l’appui économique de l’Union soviétique, un petit Etat comme Cuba ne pouvait maintenir de telles opérations. Le matériel employé, notamment, était soviétique.


Quel était sentiment des Cubains vis-à-vis de la politique internationaliste de leur gouvernement ?


Il m’est difficile de répondre, car je n’ai pas étudié cela en profondeur. En ce qui concerne les volontaires, les documents de la CIA font mention de jeunes révolutionnaires cubains qui croient dans l’internationalisme. Plus largement, j’ai l’impression qu’il y a une grande fierté dans la population, mais aussi un peu d’amertume.


Durant la période dite « spéciale » vers 1991-1994, très dure économiquement, de nombreux Cubains se plaignaient de l’ingratitude des peuples qu’ils avaient aidés et qui reniaient Cuba au moment où le pays plongeait dans une grave crise économique. Dans la première édition de mon livre, j’en avais conclu que le temps de l’internationalisme cubain était révolu. A ma grande surprise, j’ai dû rectifier dans la seconde édition !


Comment a-t-il évolué ?


Il est devenu uniquement humanitaire et surtout médical. Cuba envoie des équipes aux pays qui les sollicitent. Ce n’est plus gratuit, comme par le passé, mais se fait sur la base d’un échange. Toutefois le médecin cubain demeure beaucoup moins cher qu’un Occidental pour une prestation de grande qualité.


Parallèlement, Cuba continue d’offrir des bourses à des étrangers qui viennent se former à Cuba. L’Ecole latino-américaine de médecine1, près de La Havane, constitue un pari très intéressant. Cuba y accueille des étudiants pauvres – qui ne pourraient étudier dans leur pays – et les forme à une médecine différente, avec une perspective sociale, destinée à son tour à soigner les plus démunis. Rentrés dans leur pays, tous ne suivront pas ce chemin. Mais le pari est là.


Peut-on dire que cette nouvelle étape de la coopération cubaine renoue avec l’un de ses buts initiaux : la défense de la Révolution cubaine...


C’est une bonne question... En effet, les Cubains ont compris la nécessité de renouer des liens internationaux. Mais je pense qu’elle exprime surtout cet esprit internationaliste intrinsèque à l’expérience cubaine.


Elle n’est toutefois pas toujours bien reçue...


En effet, notamment par les médecins locaux établis qui la perçoivent comme une concurrence. Le Collège des médecins du Honduras a même refusé de reconnaître le diplôme attribué à Cuba, tout en sachant que cette formation est bien meilleure que la leur. L’Espagne en a profité pour importer certains de ces diplomés. Il y a une lettre poignante d’une femme qui raconte qu’elle part contre son gré, car elle est empêchée de travailler pour son peuple !

(1) Fondée en 1999, l’ELAM forme chaque année quelque 1500 médecins généralistes. Ses plus de 7000 étudiants actuels proviennent d’une vingtaine de pays latino-américains et de quatre Etats d’Afrique.

PROPOS RECUEILLIS PAR BPZ


http://www.lecourrier.ch/index.php?...

http://www.lecourrier.ch/index.php?...

http://www.lecourrier.ch/index.php?...


EN COMPLEMENT


Autres articles de Piero GLEIJESES
http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/s...

Cuba a l’immense mérite d’incarner depuis un demi-siècle une résistance opiniâtre à la toute puissance de l’empire américain Par Gilles Bachelier (Membre de la direction du Comité Valmy, Gilles Bachelier est gaulliste de gauche.)
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article183

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Aucun-pays-n-a-ete-plus-internationaliste-que-Cuba.html
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 09:09

Tom ELEY
L’administration Obama a pris des mesures extraordinaires pour empêcher les Haïtiens désespérés d’entrer aux Etats-Unis depuis que le tremblement de terre du 12 janvier a dévasté la nation caribéenne, tuant environ 200.000 personnes, faisant au moins 1,5 million de sans-abris et faisant 1 million d’enfants orphelins. L’effort pour empêcher les Haïtiens d’entrer au pays — incluant les blessés
qui recherchent un traitement médical — illustre que la priorité de l’intervention menée par les Etats-Unis n’est pas de sauver es vies, mais d’établir un contrôle militaire sur la population.

Cinq navires de la garde côtière américaine ont rejoint des navires de la marine américaine déployés sur les côtes haïtiennes — pas pour livrer de la nourriture, de l’eau ou des médicaments aux malades et aux mourants, mais pour arrêter les Haïtiens qui pourraient tenter de s’échapper. Le commandant de la garde côtière, Chris O’Neil, a dit au New York Times que tous ceux qui tentent de fuir Haïti seraient capturés et retournés, mais que, jusqu’à maintenant, son unité n’a pas été témoin d’une tentative. « Rien, zéro, a dit O’Neil, et pas d’indice qui nous montre que quelqu’un est en train de faire des préparations pour faire une telle tentative. »


Les responsables américains ont dit qu’il y a peu de preuve que les Haïtiens quittent les Etats-Unis, mais « ils s’inquiètent que dans les prochaines semaines, les conditions de vie qui iront en se dégradant en Haïti pourraient encourager un exode. » Le fait que les responsables américains planifient des « conditions qui iront en se dégradant » en Haïti lors des « prochaines semaines » — au-delà de la situation désespérée qui règne là-bas maintenant — est une admission flagrante que Washington n’a pas l’intention de rendre les secours disponibles au plus grand nombre, encore moins de rebâtir Haïti.


L’administration Obama fait aussi des plans pour incarcérer les Haïtiens qui pourraient risquer le dangereux voyage en mer jusqu’aux Etats-Unis, qui, à chaque année, coûte la vie de centaines de personnes. Des responsables ont dit au Times qu’ils « ébauchent des plans pour ramasser tout bateau qui transporte des immigrants illégaux et les envoyer à Guantanamo Bay » — la base militaire américaine à Cuba qui est célèbre pour ses abus de « terroristes suspectés ».


Le département de la sécurité intérieure a annoncé qu’il allait vider des espaces dans sa prison de déportés du sud de la Floride, le Krome Service Processing Center, au cas où un flot d’Haïtiens arriverait.


Le porte-parole du département d’Etat américain, Noel Clay, a annoncé que les Etats-Unis n’assoupliraient pas leurs conditions pour l’obtention d’un visa pour les Haïtiens. La politique stricte de visa s’étend aux 1 million d’orphelins qui sont estimés provenir du tremblement de terre — 10 pour cent de la population haïtienne. Le secrétaire du département de la sécurité intérieure, Janet Napolitano, a dit lundi que les Etats-Unis prendront une poignée d’orphelins sur « parole d’honneur humanitaire ».


La politique s’applique à ceux qui avaient des papiers d’orphelins avant le tremblement de terre et qui devaient déjà être adoptés par des familles américaines. Lundi, environ 50 enfants haïtiens qui dont toutes les formalités pour leur adoption aux Etats-Unis avaient été remplies sont arrivés à Pittsburgh, à l’Hôpital pour enfant de la Pennsylvanie, après que leur orphelinat se soit effondré dans le tremblement de terre.


Le département d’État a même refusé d’octroyer des visas à des Haïtiens malades ou mourants pour qu’ils puissent être traités dans un hôpital d’urgence adjacent à l’aéroport de Miami. Le Dr William O’Neill, le doyen de la faculté de médecine de l’Université de Miami qui a créé l’hôpital, a affirmé que cette politique était « plus qu’absurde ». Le département d’Etat est dirigé par Hillary Clinton, qui, avec son mari l’ancien président américain Bill Clinton, prend la posture d’un ami des survivants au tremblement de terre en Haïti.

Les mesures prises pour empêcher les Haïtiens de chercher refuge aux Etats-Unis sont presque sadiques.


Alors que les Etats-Unis ont refusé de donner la permission d’atterrir à Port-au-Prince à de nombreux avions d’aide, tous les jours, un avion-cargo de l’armée de l’air américaine survole pendant des heures les zones sinistrées pour émettre le message suivant en créole : « Écoutez, ne tentez pas de quitter le pays par bateau. Si vous tentez de faire cela, vous ne ferez qu’empirer vos problèmes. Parce que, pour être honnête avec vous, si vous pensez que vous pourrez atteindre les Etats-Unis et que les portes vous seront ouvertes, ce ne sera pas le cas. Et vous serez interceptés sur la mer et retournés là d’où vous êtes partis. »


Le Miami Herald a rapporté mardi que les Etats-Unis avaient interdit tous les vols commerciaux en provenance d’Haïti non pas à cause des dommages à l’aéroport, mais parce qu’on ne pouvait pas déterminé si les passagers potentiels se trouvaient sur une liste d’interdiction de vol ou les faire passer par des détecteurs de métal. Spirit Airlines et American Airlines ont des vols cargos et amènent des travailleurs de l’aide humanitaire à Port-au-Prince depuis le lendemain du tremblement de terre, mais leurs avions reviennent toujours avec des « centaines de sièges vides ».


Une des rares exceptions à cet état de fait, lundi dernier quelques douzaines d’étudiants américains et le journaliste américain de Fox Geraldo Rivera ont obtenu l’autorisation de prendre l’avion du secrétariat d’Etat et sont revenus aux Etats-Unis sur un vol de Spirit.


Spirit et American ont dit qu’ils recevaient beaucoup de demandes pour des vols hors de Haïti et qu’ils perdaient de l’argent. « Les gens nous appellent continuellement » pour des vols hors de Haïti a dit la porte-parole de Spirit, Misty Pinson, au quotidien The Herald. « Nous sommes submergés. »

Le département d’Etat a exempté les vols nolisés privés provenant de Haïti des exigences « anti-terroristes ». Ces compagnies peuvent prendre des passagers qui louent des avions pour autant que 4000 $ l’heure ou qui peuvent payer 1000 $ pour un aller vers la Floride.


L’indifférence complète et la cruauté de l’embargo américain contre les Haïtiens venant aux Etats-Unis furent mises en relief par un reportage en direct diffusé mardi lors des nouvelles de la radio de CBS décrivant les milliers de résidents de Port-au-Prince remplissant les plages dans un effort désespéré pour embarquer dans des bateaux déjà surpeuplés.


Les efforts des Etats-Unis pour garder les réfugiés haïtiens hors du pays font contraste avec leurs efforts, menées par Bill Clinton, pour promouvoir le transfert des ateliers de misère de vêtements en Haïti. La pauvreté extrême en Haïti est le résultat de décennies de domination du capitalisme américain.

Les travailleurs américains doivent rejeter cette dernière tentative de victimisation des Haïtiens et demander qu’ils leur soient permis de s’installer aux Etats-Unis avec tous les droits.


Pendant ce temps, l’opération de secours — le soi-disant objectif de la présence militaire américaine — s’est avérée être une telle débâcle que même les médias ont été forcés d’admettre l’échec évident à livrer de la nourriture, de l’eau et des médicaments au peuple haïtien.


Très rapidement après le tremblement de terre, l’armée américaine a pris l’aéroport de Port-au-Prince et a pris le contrôle du port de la capitale de la ville, qui est largement détruit. Des flottilles navales et de la garde côtière ont été rapidement déployées dans les eaux d’Haïti. Des milliers de soldats ont été déployés.


Mais, non seulement l’armée américaine n’a pas fourni une aide significative aux Haïtiens lors de la dernière semaine, pendant laquelle des dizaines de milliers d’individus sont morts sous les immeubles effondrés ou par l’absence de nourriture, d’eau et de médicaments de base. Elle a, en fait, joué un rôle contre-productif, ordonnant à des douzaines de vols contenant de l’aide de rebrousser chemin. Ces vols provenaient des organisations de secours aux sinistrés et d’autres pays.


L’armée américaine a prétendu que les détournements d’avion sont le résultat de congestion à l’aéroport. Mais, 40 pour cent de tous les atterrissages ont été militaire — un de ces atterrissages étant l’avion Air Force Cargo qui a fait des vols en cercle à chaque jour au-dessus du pays afin d’avertir les Haïtiens de ne pas aller aux Etats-Unis.


La décision d’ordonner à des vols transportant des docteurs, des infirmières et des vivres de rebrousser chemin a sans doute eu comme conséquence des milliers de morts. Médecins sans frontières a dit que, pendant la fin de semaine, cinq de ses vols n’ont pas eu la permission d’atterrir à Haïti, mais furent plutôt détournés vers la République dominicaine. Benoit Leduc, le chef des opérations de l’organisation, a dit que les délais encourus ont coûté des « centaines de vies ». La Croix-Rouge a aussi dit que ses avions n’avaient pu atterrir pendant la fin de semaine.


Dans un communiqué de presse mardi, Médecins sans frontière a dit que ses avions sont encore en train d’être retournés. Un avion-cargo transportant 12 tonnes d’équipements, de médicaments et d’équipements chirurgicaux a été retardé trois fois dans la nuit de dimanche, selon le communiqué.

Les centaines de vols militaires qui ont atterri n’ont fourni que peu d’aide. S’il y avait des preuves que les soldats américains fournissent de l’aide, c’est certain que les médias américains la télédiffuseraient de manière incessante. Des soldats ont dit qu’ils n’avaient toujours pas quitté leurs navires de guerre et leur base à l’aéroport. Ils « n’ont, pour la majeure partie, pas été une présence significative dans les rues, » comme le New York Times l’a dit de manière charitable.


Il y a eu une exception mardi matin, lorsque les médias ont diffusé des images d’hélicoptères de l’armée américaine atterrissant devant le palais national effondré, où des dizaines de milliers d’Haïtiens ont attendu pendant près d’une semaine en ne recevant pratiquement aucune aide. Les soldats ont distribué du matériel de secours, mais ils ont aussi semblé construire un centre de commande, situé symboliquement au même endroit que le siège du gouvernement haïtien.


L’ambassade américaine en Haïti prétend qu’elle n’a pas été en mesure de livrer le matériel nécessaire « pour des raisons de sécurité ». Il est donc sous-entendu que les vies des travailleurs humanitaires sont mises en danger par des Haïtiens « pilleurs ». En fait, il n’y a pas eu un seul cas rapporté de travailleurs humanitaires attaqués par des Haïtiens.


Comme le Wall Street Journal de mardi l’a noté, « Les responsables américains ont pointé du doigt les questions de sécurité pour le retard dans l’approvisionnement en aide. Mais, une équipe de docteurs cubains a été vue lundi en train de traiter des centaines de patients sans qu’il n’y ait de fusil ou de soldat visible. »


Même si de tels dangers existent, cela ne ferait que soulever la question de ce que l’armée américaine fait en Haïti si ses milliers de soldats ne sont pas en train d’amener l’aide humanitaire à la population ou de protéger ceux qui le font.


Étant donné les preuves de plus en plus grandes qu’elle entrave les opérations de sauvetage, l’armée américaine fut contrainte mardi de nier la nature évidente de sa mission en Haïti. « Il y a eu des reportages dans les actualités selon lesquels les Etats-Unis envahissent Haïti », a dit le colonel Kane de l’armée américaine. « Nous n’envahissons pas Haïti. C’est ridicule. Il s’agit d’aide humanitaire. »


Le colonel Kane a déclaré aux journalistes à l’aéroport de Port-au-Prince « qui en est venu à ressembler à une base militaire américaine, où des hélicoptères décollent et atterissent sans cesse », selon le New York Times. Ce qui reste du gouvernement haïtien doit se réunir dans un poste de police adjacent à l’aéroport.


La présence militaire internationale à Haïti, sous direction des Etats-Unis, continue à gagner en importance. Les soldats américains et internationaux ont maintenant l’autorité de réprimer la population en vertu d’un décret du gouvernement haïtien promulgué hier à la demande de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.


On s’attend à ce que les forces américaines en Haïti même et au large du pays atteignent 11.000 personnes au cours des prochains jours. Le Pentagone a dit que le 22e corps expéditionnaire de la marine arrivera bientôt à l’ouest de Port-au-Prince.


Les soldats canadiens, au nombre d’environ 2000, seront déployés dans les villes dévastées de Léogâne et de Jacmel, près de l’épicentre du tremblement de terre au sud-ouest de Port-au-Prince. Le Canada a envoyé deux navires de guerre auxquels se joindront bientôt des navires de l’Italie, de l’Espagne et du Venezuela.


Le Conseil de sécurité des Nations unies qui s’est réuni mardi dernier à New York a approuvé l’envoi de 3500 soldats et agents de police supplémentaires en Haïti. Avec ces nouvelles troupes, l’ONU aura 10.500 dans ce pays.

Alors que plus de soldats sont dépêchés sur les lieux, les efforts internationaux d’aide sont loin d’être suffisants pour satisfaire aux besoins de nourriture, d’eau et de soins.


Ces efforts jusqu’à présent ont résulté en ce que seulement « une petite fraction de l’aide promise a pu se rendre aux centaines de milliers de Haïtiens qui en ont désespérément besoin » selon une évaluation qu’a faite le Guardian de l’aide distribuée mardi dernier.


La recherche pour des survivants dans les décombres des immeubles qui se sont écroulés n’a sauvé que 90 personnes à ce jour selon les chiffres de l’ONU. L’espoir diminue, mais deux femmes ont été extirpées des décombres d’un immeuble de l’université mardi dernier et les équipes de sauvetage ont pu détecter des battements cardiaques au moyen d’équipements sophistiqués sous les décombres d’une banque.


Malgré le fait que des experts affirment que des victimes sont toujours en vie sous les ruines des villes d’Haïti, l’armée américaine a dit qu’il était de mettre un terme aux opérations de recherche et de sauvetage. « Nous nous attendons à passer très bientôt de la phase de recherche à une phase de reconstruction », a dit le général de la marine Daniel Allyn, l’adjoint au commandant des forces américaines en Haïti.


Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), une agence de l’ONU basée à Rome, seulement 250.000 rations alimentaires quotidiennes auraient été distribuées à ce jour, la moitié de ce nombre par l’armée américaine. Le PAM a réussi a distribué environ 50.000 rations lundi passé, environ la moitié du nombre prévu. Les Etats-Unis ont commencé mardi à parachuter de la nourriture et de l’eau. La première semaine de la crise, le Pentagone a refusé de considérer cette méthode de distribution en disant que cela finirait en émeutes.


Des journalistes ont rapporté des scènes d’horreur et de peur à Port-au-Prince. Des dizaines de milliers de Haïtiens quittent la capitale pour la campagne, soit à pied, soit en s’entassant dans des autobus et des bateaux. Des camions servant habituellement à la collecte des ordures viennent déposés des centaines de corps dans des fosses communes.


A cause du manque d’antibiotiques et d’autres médicaments, beaucoup d’amputations sont réalisées d’une façon sommaire, souvent sans morphine ou autre antidouleur, dont on manque partout. Des docteurs et des infirmières au comble du désespoir continuent à demander des anesthésiants, des scalpels et des scies pour amputer les membres écrasés, selon Associated Press. Un représentant de Médecins sans frontières a dit que les chirurgiens de son hôpital de première ligne à Cité Soleil ont été forcés d’acheter une scie au marché local pour pouvoir réaliser des amputations après qu’un autre de ses avions s’est vu refuser la permission par l’armée américaine d’atterrir à Port-au-Prince.


« C’était l’amputation ou la mort », a dit à NBC le Dr Nancy Snyderman, travaillant pour l’aide humanitaire. « Il y a beaucoup d’infections secondaires. C’est la principale cause de mort actuellement. »

« Dans un pays où il est si difficile de survivre en temps normal, cela devient presque impossible pour un amputé. Cela soulève immédiatement la question de ce qui viendra ensuite », a déclaré Snyderman. « On ne trouve pas de prothèses dans ce pays qui sera bientôt un pays d’orphelins et d’amputés. »


« J’ai vu des bébés dont le crâne était fendu comme un melon d’eau », a-t-elle continué. « Les médecins ne pouvaient rien faire que de leur bander la tête, les couvrir et les laisser mourir. »

L’indifférence de Washington devant ces horreurs est palpable. Après avoir vu des chirurgiens stérilisés leur équipement avec de la vodka, Bill Clinton, en tête des opérations de sauvetage, a déclaré « C’est incroyable ce que les Haïtiens peuvent accomplir. »


Avant la visite de Clinton, l’hôpital a été mis sous la protection de 100 parachutistes américains, a rapporté l’Agence France-Presse. Les parachutistes refoulaient les foules désespérées de Haïtiens aux portes de l’hôpital.


Tom Eley

http://www.wsws.org/francais/News/2010/jan2010/hait-j26.shtml

(Article original anglais paru le 20 janvier 2010)

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Washington-ferme-la-porte-aux-refugies-haitiens.html
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:48

29 janvier 2010


Christian Maguet, président de l'ADMR 29, pourrait bien faire mentir le dicton «Pas de nouvelle, bonne nouvelle». Il se trouvait, hier, dans les locaux de la fédération - placée sous procédure de sauvegarde -, à Plabennec, mais a refusé tout contact avec la presse, a indiqué Élie Bidet, directeur. Qu'y a-t-il donc à cacher de si grave?


Dans la matinée, le comité d'entreprise s'était une nouvelle fois inquiété de cette absence de communication. Il l'a fait savoir à son directeur. «Le personnel de la fédération est toujours sans information du bilan économique et social restitué par Me Robert, mardi. Ce bilan sera pourtant présenté à un groupe de présidents d'associations ce soir, à Châteaulin. Quelle est la légitimité d'une telle méthode? Encore une fois, ces choix, en termes de communication, s'inscrivent dans une démarche de cloisonnement et d'absence d'échanges, démarche totalement préjudiciable et contraire aux intérêts de notre réseau».

Réunion du comité d'entreprise jeudi

Benoit Cambon, secrétaire du comité d'entreprise, a également rappelé l'imminence d'un CE, programmé le jeudi 4février. «Avec la participation de Me Robert, administrateur judiciaire. MePeters, avocat du comité d'entreprise ainsi que l'inspection du travail y sont également conviés. Dans cette perspective, il est inconcevable que les élus ne soient informés du bilan-par simple transmission d'un écrit-que quelques jours avant cette réunion».

Débrayage et manif à Châteaulin

Et de rappeler quelques obligations inscrites dans le code du travail. «Compte tenu de la gravité de la situation, nul doute que le délai que M.Bidet impose est insuffisant et pourrait conduire à annuler la réunion du 4février ou à modifier fondamentalement son ordre du jour. De plus, il constituerait une violation de la Loi à laquelle nous donnerions immanquablement suite». À chaque jour son lot de pressions, vaines.


À Pleyben, où est née l'ADMR 29 voici 60 ans, on apprenait, hier aussi, la démission du président de l'association locale. Une de plus. C'est à moins de 10km de là, au Juvénat à Châteaulin, que, de 9h à 12h, ce matin, tous les salariés du réseau, appelés par la CFDT 29 à débrayer, sont conviés à manifester. L'annulation du conseil d'administration fédéral, qui devait s'y tenir, est confirmée.


Dans l'après-midi, ChristianMaguet, son président, a rendez-vous avec les élus du conseil général en charge du dossier. Ceux-ci ont fait savoir qu'ils souhaitaient attendre les conclusions du travail en cours et les propositions de l'administrateur avant de se positionner. Mais en parallèle de ces échanges, les services du conseil général seront sollicités sur l'analyse de ce dossier.

  • Karine Joncqueur
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:37

Communiqué du NPA:

A quelques semaines des élections régionales, Daniel Cohn-Bendit acte l'échec des listes d'Europe Ecologie à dépasser le PS et plonge dans les pires combinaisons politiciennes.

L'acte de vente est le suivant : pas de candidat Vert à la présidentielle en 2012 contre 50 députés négociés avec la direction du PS.


Des tractations bien éloignées des préoccupations de la population en pleine urgence sociale et climatique. Ces tractations en disent long sur l'indépendance réelle des listes d'Europe Ecologie vis- à-vis du parti dominant à gauche !

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:34
Communiqué du NPA
Une nouvelle fois Georges Frêche franchit toutes les bornes du supportable. Ses propos vis-à-vis de Laurent Fabius sont proprement inadmissibles.

Jusqu'à présent le parti socialiste a toujours absous les propos racistes de son potentat régional. Il semble qu'aujourd'hui la direction de ce parti semble se décider enfin, à se désolidariser de son représentant local, bien que Martine Aubry ait, il y a à peine une semaine, appelé à voter Frêche dans les colonnes du "Midi Libre".

Plus que jamais le NPA soutient la liste "A gauche Vraiment" qui est la seule à offrir une alternative politique globale dans cette région en indépendance totale vis-à-vis du PS.

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