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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 13:45



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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:23



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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:21
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Les propos récents des dirigeants de l'État font système. Hortefeux à propos des musulmans : « C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ». Sarkozy évoquant le résultat du référendum suisse sur la construction de minarets : « c'était l'illustration que les gens, en Suisse comme en France, ne veulent pas que leur pays change, qu'il soit dénaturé.


Ils veulent garder leur identité ». Nadine Morano, lors d'un débat sur l'identité nationale, indiquant ce qu'elle attend « du jeune musulman » : « qu'il ne parle pas verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers ».


Frédéric Lefebvre, apportant son soutien à Besson pour l’expulsion d’Afghans : «Alors que de nombreux pays du monde, dont la France, sont engagés en Afghanistan, qui pourrait comprendre que des afghans dans la force de l’âge n’assument pas leur devoir ? ».


Chasse aux sans-papiers, stigmatisation des immigrés, islamophobie : l'offensive raciste du gouvernement fait partie intégrante de ses réponses politiques à la crise actuelle. Elle tente de désigner des boucs émissaires pour que les véritables responsables puissent maintenir leur domination. Le débat sur « l'identité nationale et la fierté d'être français » est un outil pour mener cette politique.


La gauche sociale et politique doit contrer cette offensive. Les grèves actuelles de plus de 6000 salariés sans papiers s'inscrivent dans ce bras de fer. Elles méritent tout notre soutien et appellent à construire un mouvement de tous les salariés pour l'égalité et l'amélioration de nos droits.


Cela exige de régulariser tous les sans-papiers. Cela exige aussi de supprimer le Ministère de l'immigration et de l'identité nationale qui « a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité » selon les termes d'un appel lancé par des chercheurs de l'EHESS.


Le NPA soutient cet appel et la perspective de préparer des initiatives le 4 février, jour de la remise du rapport de synthèse du « grand débat sur l’identité nationale ». Nous y affirmerons massivement notre camp, celui de l'antiracisme et de la justice sociale.

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:19
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La lutte des travailleurs sans-papiers est exemplaire, parce qu’elle met en avant la question de la précarité et de la nécessité de lutter contre la mise en concurrence des salariés.

La grève des travailleurs sans papiers dure depuisplus de dix semaines. Elle touche environ 6000 travailleurs, dont environ 400 travailleuses dans l’aide à la personne,et concerne 2100 entreprises dont certaines en province. Elle est animée par une alliance d’organisations syndicales et d’associations antiracistes, ce qui est assez rare, et les deux forces syndicales les plus engagées et amenées à travailler ensemble sont la CGT et Solidaires, ce qui est encore plus rare.


Le gouvernement joue le pourrissement et l’épuisement des grévistes, puisque la circulaire Besson, lancée pour désamorcer le mouvement, est établie pour limiter son recul à un millier de régularisations. Il poursuit le harcèlement répressif,comme le 15 décembre à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où la police a évacué 60 travailleurs qui occupaient l’agence Randstadt.


Dans un courrier à Xavier Darcos mi-décembre, les syndicats et organisations considèrent la proposition du gouvernement comme «remarquablement vide et floue. Elle laisse une très large marge d’interprétation aux préfectures, dont l’arbitraire avait précisément été à l’origine de l’interpellation du premier Ministre...L’essentiel de nos revendications restent insatisfaites». Les grèves et les occupations vont donc se poursuivre pendant les fêtes de fin d’année. Mais le problème des perspectives se pose inévitablement.

 

En effet, cette lutte ne peut être séparée de la situation politique. Elle met en cause directement la politique du gouvernement, qui a décidé de mener une campagne raciste de grande ampleur. Le débat sur l’identité nationale n’a qu’un but: «diviser pour mieux régner», faire des immigrés et des musulmans des boucs-émissaires alors que le gouvernement et les patrons font payer la crise à tous les travailleurs, français et immigrés. Pour l’instant, la direction de la CGT refuse de faire le lien: «On n'a pas envie d'un débat idéologique. Ces travailleurs bossent ici, il faut qu'ils restent ici», a résumé Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT.


Pour nous, au contraire, la lutte des sans-papiers est une lutte sociale et politique, qui concerne tous les travailleurs, immigrés et français. Pour l’instant, le gouvernement n’a pas encore gagné la bataille de l’opinion. La lutte des sans-papiers reste populaire.


Mais ils ne pourront pas gagner seuls, l’enjeu est trop important pour le gouvernement, qui ne veut pas apparaître comme régularisant massivement les sans-papiers, alors que son discours ne fait que reprendre celui du FN. Au contraire, notre soutien à la lutte des sans-papiers est un point d’appui pour combattre l’offensive raciste sur l’identité nationale, il faut donc mener une lutte sociale et idéologique !


En région parisienne comme en province, il faut multiplier les comités de soutien aux sans-papiers. Nous disposons d’outils pour cela. Le NPA a pris l’initiative de convoquer une réunion unitaire des partis et mouvements politiques de gauche pour une déclaration commune et pour un tract unitaire1, instrument précieux pour que, dans toute la France, naissent des comités de soutien impliquant un large front unique. Des initiatives publiques partout sont souhaitables.


Cette campagne doit s'articuler avec l'appel large pour la «suppression du ministère de l'immigration et de l'identité nationale». Il s'agit de dénoncer la véritable nature de ce ministère, qui n'est que celui des rafles, des expulsions, des charters, du racisme, de l'islamophobie et de la honte. À nous, anticapitalistes, antiracistes, et internationalistes, de montrer que l'immigration n'est pas un problème, que la seule véritable solution est la régularisation de tous les sans-papiers. Face à l'Europe forteresse de Besson et compagnie, nous opposons la liberté de circuler pour tous. Il ne s'agit que d'appliquer aux personnes ce que le capitalisme fait pour les marchandises...


Il n'y a pas un moment à perdre. Cette épreuve de forces pour la régularisation des travailleurs sans papiers engagée contre le gouvernement concerne tous les travailleurs. De son issue dépendront beaucoup de batailles futures, et pas seulement sur l’immigration…


Emmanuel Siegelmann et Antoine Boulangé


1. Appel des organisations de gauche (NPA, PCF, Verts, PG, LO, PCOF, AL, FASE, GU) disponible sur le site du NPA.

Infos – pétition: http://www.travailleurssanspapiers.org

Soutien financier: Chèque à l'ordre de «Solidarité sans-papiers» à envoyer à :CGT service comptabilité, 263 rue de Paris, 93100 Montreuil

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:13


Ci-dessous un article éditorial de Daniel Bensaïd pour "ContreTemps"


Les récentes élections allemandes et portugaises ont confirmé l'émergence, dans plusieurs pays d'Europe, d'une nouvelle gauche radicale.


En Allemagne, Die Linke a obtenu 11,9 % des suffrages et 76 députés au Bundestag.


Au Portugal, le Bloc de gauche a atteint 9,85 % et doublé sa représentation parlementaire avec 16 députés.


Cette nouvelle gauche a émergé vers la fin des années 1990 avec le renouveau des mouvements sociaux et l'essor du mouvement alter-mondialiste. La nouveauté réside dans sa percée électorale qui ne se limite pas à un ou deux pays mais dessine une tendance européenne (illustrée entre autres par l'Alliance rouge et verte au Danemark, Syriza en Grèce, ou le NPA en France), encore fragile et inégale, en fonction notamment de systèmes électoraux différents.


Ainsi, le NPA et le Front de Gauche ont en France un potentiel cumulé d'environ, 12 % mais aucun élu parlementaire du fait d'un système uninominal à deux tours qui exclut toute représentation proportionnelle et favorise le «vote utile» comme moindre mal.


Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène, à commencer par l'effondrement ou le recul des partis, sociaux-démocrates ou communistes, qui ont structuré depuis un demi-siècle la gauche traditionnelle. Les partis communistes qui s'étaient identifiés au «camp socialiste» et à l'Union soviétique ont disparu ou ont vu leur base sociale fondre, à l'exception relative de la Grèce et du Portugal.


Quant à la social-démocratie, en accompagnant ou en impulsant les politiques libérales dans le cadre des traités européens, elle a activement contribué au démantèlement de l'Etat social dont elle tirait sa légitimité. Sous prétexte de « rénovation », de «troisième voie» ou de « nouveau centre », elle s'est ainsi métamorphosée en formation de centre gauche à l'instar du Parti démocrate italien.


Au fur et à mesure que ses liens avec l'électorat populaire s'affaiblissaient, son intégration aux milieux d'affaires se renforçait. Le passage de Schroder au conseil d'administration de Gazprom, ou la promotion de deux« socialistes» français (Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy) à la tête du FMI et de l'OMC symbolisent cette transformation des hauts dirigeants socialistes en hommes de confiance du grand capital. Championne de «l'économie sociale de marché» et du compromis social, la social-démocratie allemande en a payé le prix, enregistrant, lors des élections du 27 septembre, une perte de dix millions d'électeurs en dix ans.


Alors que cette gauche du centre se distingue de moins en moins de la droite du centre, une nouvelle génération a grandi après la chute du mur de Berlin, et qui n'aura connu que les guerres chaudes impériales, les crises écologiques et sociales, le chômage et la précarité.


Une minorité active de ces jeunes reprend goût à la lutte et à la politique, mais elle reste méfiante envers les jeux électoraux et les compromissions institutionnelles. Refusant un monde immonde sans parvenr à concevoir« l'autre monde» nécessaire, cette radicalité peut prendre des directions diamétralement opposées: celle d'une alternative clairement anticapitaliste, ou bien celle d'un populisme nationaliste et xénophobe (Front national en France, National Front en GrandeBretagne), voire celle d'un nouveau nihilisme.


Il est néanmoins encourageant de constater que l'électorat de Die Linke comme celui d'Olivier Besancenot à l'élection présidentielle de 2007 se caractérisent par une composante jeune, précaire, et populaire proportionnellement supérieure à celle des autres partis.


La nouvelle gauche ne constitue pas pour autant un courant homogène rassemblé autour d'un projet stratégique commun. Elle s'inscrit plutôt dans un champ de forces polarisé d'un côté par la résistance et les mouvements sociaux, de l'autre par la tentation de la respectabilité institutionnelle. La question des alliances parlementaires et gouvernementales est déjà, pour elle, une véritable épreuve de vérité.


Rifondazione Comunista, qui apparaissait, hier encore, comme le fleuron de cette nouvelle gauche européenne, s'est suicidé en participant au gouvernement Prodi sans empêcher pour autant le retour de Berlusconi. Bien au-delà des tactiques électorales, ces choix sont révélateurs d'une orientation bien résumée par Oskar Lafontaine: « Faire pression pour restaurer l'Etat social.» Il ne s'agit donc pas de construire patiemment une alternative anticapitaliste, mais de «faire pression» sur la social-démocratie pour la sauver de ses démons centristes et la ramenerà une politique réformiste classique dans le cadre.de l'ordre établi.


Quant à «restaurer l'Etat social », il faudrait pour cela commencer par rompre avec le pacte de stabilité et le traité de Lisbonne, reconstruire des services publics européens, soumettre la banque centrale européenne à des instances élues; bref, faire exactement le contraire de ce que les gouvernements de gauche ont fait depuis vingt ans et continuent à faire quand ils sont au pouvoir. La modération de la social-démocratie face à la crise économique et sa déclaration commune lors des dernières élections européennes indiquent que sa soumission aux impératifs du marché n'est guère réversible.


Inversement, au lendemain des élections portugaises, le député coordinateur du Bloc de gauche, Francisco Louça, a rejeté l'appel des sirènes gouvernementales, déclarant clairement que sa formation serait« dans l'opposition » contre les privatisations annoncées, contre le démantèlement des services publics, contre le nouveau code du travail, donc dans l'opposition au gouvernement Socrates.


Ce choix est également au coeur des divergences entre le NPA d'Olivier Besancenot, qui refuse toute alliance avec le Parti socialiste dans les exécutifs, et le Parti communiste français clairement engagé dans une perspective de reconstitution de la «gauche plurielle », dont le gouvernement a conduit au désastre de 2002 avec Le Pen au deuxième tour de l'élection présidentielle.


Ces deux options traversent sans doute la plupart des partis de la nouvelle gauche, et notamment Die Linke dès lors que sa coalition avec le SPD, déjà très contestée dans la municipalité de Berlin, pourrait se généraliser ainsi que semble l'annoncer l'alliance nouée dernièrement dans le land de Brandebourg.


Se dessine ainsi le choix stratégique auquel la nouvelle gauche va se trouver confrontée. Ou bien se contenter d'un rôle de contrepoids ou de pression sur la gauche traditionnelle en privilégiant le champ institutionnel; ou bien, privilégier les luttes et les mouvements sociaux pour construire patiemment une nouvelle représentation politique des exploités et des opprimés.
Cela n'exclut nullement la recherche de l'unité d'action la plus large avec la gauche traditionnelle contre les privatisations et les délocalisations, pour les services publics et la protection sociale, pour les libertés démocratiques et la solidarité avec les travailleurs immigrés et sans-papiers.


Mais cela exige une rigoureuse indépendance par rapport à une gauche qui gère loyalement les affaires du capital au risque de dégoûter de la politique les nouvelles forces émergentes.


La crise sociale et écologique n'en est qu'à ses débuts. Par delà de possibles reprises ou embellies, le chômage et la précarité continueront à des niveaux très élevés et les effets du changement climatique à s'aggraver. Il ne s'agit pas, en effet, d'une crise comme le capitalisme en a connu périodiquement, mais d'une crise de la démesure d'un système qui prétend quantifier l'inquantifiable et donner une commune mesure à l'incommensurable.


Il est donc probable que nous ne sommes qu'au début d'un séisme dont le paysage politique, de recompositions en redéfinitions, sortira d'ici quelques années bouleversé.


C'est à cela qu'il faut se préparer en refusant de sacrifier l'émergence d'une alternative à moyen terme à des opérations politiciennes et à des gains immédiats hypothétiques qui se traduisent par d'amères désillusions.


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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:11

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Le sommet de Copenhague n'aura, comme on s'y attendait, rien apporté de concret pour sauver la planète. Mais les dirigeants du monde n'auront même pas réussi à faire croire que tel était leur objectif.

À l’issue d’un suspens insoutenable, largement mis en scène par les gouvernements et les médias aux ordres, le sommet de Copenhague, censé être le sommet de la dernière chance pour les équilibres climatiques, aura finalement accouché d’une souris, selon l’expression consacrée.


Or cette souris n’est pas verte, mais bien noire, noire comme le pétrole qui devrait tranquillement continuer de couler à flots pendant que les grandes puissances continueront à tergiverser et à défendre les intérêts de leurs industries.


Que ce soit du coté des États-Unis ou de l’Union européenne, l’objectif premier des dirigeants semble n’avoir pas été le sauvetage du climat, mais bien la recherche d’un bouc-émissaire, en l’occurrence la Chine. Que n’a-t-on pas entendu sur les responsabilités du premier émetteur de gaz à effet de serre dans le blocage des négociations?


C’était oublier un peu vite le refus des États-Unis, confirmé à Copenhague, de prendre un minimum d’engagements correspondant aux projections du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec). C’était oublier aussi la tiédeur, pour ne pas dire plus, des négociateurs européens qui se sont retranchés derrière l’immobilisme des uns et des autres, pour ne prendre aucune initiative ambitieuse.


Résultat, une déclaration politique vide de contenu, qui renvoie à plus tard – mais quand? – les nécessaires décisions. Par contre, du point de vue des États dominants, une chose est claire: on a assez donné la parole aux pays pauvres, qui n’ont aucun poids dans les rapports de forces internationaux.


Retour aux vraies valeurs de la démocratie à la sauce capitaliste: le G20, ou d’autres instances encore plus restreintes, doivent à l’avenir désormais régler le sort du climat; cette petite musique risque de se faire entendre de plus en plus, à l’image de la façon dont on été menées les négociations à Copenhague, en dehors de toute transparence et de l’intégration de tous les États concernés.


Pourtant, si on laisse faire les grandes puissances, c’est à un réchauffement compris entre 3,2 et 4,9°C qu’il faut s’attendre à la fin du siècle. Les seules «décisions»prises à Copenhague touchent à la lutte contre la déforestation – ce qui, une nouvelle fois, renvoie la tâche de lutter contre les dérèglements climatiques aux pays du Sud –, et aux aides accordées à ces mêmes pays pour lutter contre les effets du dérèglement.


Mais si les quelques milliards distribués dans les trois prochaines années peuvent sembler une grosse somme – loin de ce qui est nécessaire en réalité –, on peut avoir beaucoup d’inquiétude sur un plan de financement inscrit dans la durée, tant du point de vue de l’origine de ces fonds (ne s’agira-t-il pas d’un simple transfert des fonds destinés à l’aide au développement?) que des institutions chargées de leur gestion. Banque mondiale et Fonds monétaire international sont en effet toujours sur la brèche pour administrer cette manne financière.


L’absence d’accord contraignant est-il finalement une si mauvaise nouvelle? L’issue des négociations montre aujourd’hui, y compris aux commentateurs les moins critiques, l’ampleur des blocages dus aux grandes puissances. Si le débat doit se poursuivre sur la responsabilité des uns et des autres, on doit rappeler que la reconnaissance de la dette écologique implique d’abord de dénoncer les vieilles puissances industrielles, responsables historiques de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre, et pourvoyeuses d’un modèle de développement destructeur, imposé au reste de la planète.


Vincent Gay

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:09

Par Agnès Rousseaux (21 décembre 2009)In Basta !


La catastrophe de Bhopal, en Inde, c’était en décembre 1984 : plusieurs milliers de morts, un demi million de personnes empoisonnées par une fuite de produits toxiques dans une usine de pesticides. Le PDG de l’entreprise court toujours, après un quart de siècle de procédures, de compromissions et de complicités locales. Les habitants, eux, continuent de mourir. L’écrivain indien Indra Sinha raconte leur histoire dans un roman, « Cette nuit-là ».


 

© Greenpeace/Raghu Rai


C’est l’histoire de la plus grande catastrophe industrielle au monde : 20 000 morts, plus de 500 000 personnes empoisonnées suite à une fuite de produits toxiques d’une usine de pesticides à Bhopal, en décembre 1984. 25 ans plus tard, le site de l’usine indienne n’a toujours pas été décontaminé. Les responsables vivent aux États-Unis, sans être inquiétés par la justice. Cette histoire, Indra Sinha, a voulu en faire un roman (« Cette nuit-là », éditions Albin Michel).


Publicitaire, né en Inde et vivant en Grande-Bretagne, il a laissé tomber la pub il y a quelques années pour se consacrer à Bhopal et ses habitants. Il a réuni des fonds pour construire et faire fonctionner un hôpital qui vient en aide aux victimes de la catastrophe industrielle. Aujourd’hui, il ne mâche pas ses mots pour accuser l’entreprise états-unienne Union Carbide Corporation (rachetée en 2001 par Dow Chemical) qui est à l’origine du drame, mais aussi le gouvernement indien, prêt à toutes les compromissions pour ne pas faire fuir les investisseurs étrangers.


Une catastrophe prévisible


Quand on relit les faits, 25 ans après, les responsabilités de la multinationale américaine et les négligences sautent aux yeux. En 1978, Union Carbide Corporation (UCC) construit une usine à Bhopal pour accompagner la « révolution verte » de l’Inde et produire deux pesticides, le Temik et le Sevin. 5000 tonnes par an, à base d’isocyanate de méthyle (MIC), dérivé du phosgène - ou « gaz moutarde »- utilisé comme arme chimique lors de la première guerre mondiale (son inhalation provoque des œdèmes pulmonaires).


« La plupart des ingénieurs disent qu’on ne doit pas stocker le MIC, sauf si cela est absolument nécessaire. Il est volatile même sous sa forme liquide, il peut exploser au contact de lui-même , explique Indra Sinha. Il faut le garder réfrigéré à 0°C et en très petite quantité. » Mais à Bhopal, UCC ne s’embarrasse pas de toutes ces précautions, « on stocke des quantités de MIC dans un tank grand comme une locomotive ».

Très vite, malgré les économies faites sur la prévention des risques, l’usine devient déficitaire. La direction veut la démanteler et la vendre. Elle diminue les frais de fonctionnement. La moitié des salariés sont licenciés. L’équipe des réparateurs passe de 8 à 2 personnes. La formation de sécurité est réduite de 6 mois à 2 semaines. Les instructions sont en anglais, une langue que ne parlent pas la plupart des salariés...


« En 1982, un audit montre les dangers de cette usine, notamment concernant l’unité de fabrication du MIC. Dans d’autres usines d’Union Carbide, aux États-Unis, des travaux ont été effectués. Mais ici, à Bhopal, malgré les nombreux incidents, rien n’est fait. » L’alarme est éteinte pour éviter de déranger en permanence les voisins. En cas de problème aucun plan d’évacuation n’est prévu pour les habitants.


« Un mémo d’Union Carbide Corporation souligne que 1,25 millions de dollars ont été économisés, mais qu’il sera sans doute difficile de faire plus », ajoute Indra Sinha. Pour économiser 37 dollars supplémentaires par jour, la direction prend la décision d’arrêter la réfrigération du tank contenant le MIC... Un journaliste de Bhopal, Raj Keswani, écrit une lettre au premier ministre du Madhya Pradesh pour lui demander de réagir avant que Bhopal « ne se transforme en chambre à gaz d’Hitler ». Quelques semaines avant la catastrophe, il écrit un article intitulé « Nous allons tous être anéantis ».

 



Déni de l’entreprise et compromissions du gouvernement indien


Le 3 décembre, un peu avant minuit, se produit le désastre : une fuite toxique d’une cinquantaine de tonnes d’isocyanate de méthyle et autres produits réactifs. Des milliers de personnes sont tuées ou blessées. La réaction de Union Carbide ? « Ils ont juste fermé la porte et sont partis », commente Indra Sinha. Aujourd’hui encore, Dow Chemical comme l’UCC avant elle, refuse toujours de communiquer la composition exacte des gaz qui se sont échappés en invoquant le sacro-saint « secret industriel ».


Une attitude qui n’aide pas les médecins qui s’occupent des nombreuses victimes.

Sans ces éléments, difficile en effet de savoir quelle est la cause exacte des cancers qui se multiplient chaque année ou des mutations génétiques, et comment envisager les meilleurs traitements... Est-ce l’inhalation des gaz ? L’eau contaminée ?


La réponse est d’autant plus difficile qu’en 1994, le Conseil de recherche médical indien (ICRM) a arrêté ses recherches, sans être autorisé à publier toutes ses études. Selon le Dr Ganesh, de l’hôpital Nehru de Bhopal, 53% des victimes du gaz souffriraient de dérèglement chromosomique. Aujourd’hui encore, l’eau contient des métaux lourds - zinc, plomb ou mercure, jusqu’à six millions de fois la normale. Les nappes phréatiques sont gorgées de pesticides, drainés par les pluies de mousson depuis 25 ans. Ces poisons attaquent les corps, la peau, les organes, et même les foetus. Ils se transmettent aussi par le lait maternel.


Une situation que nie le gouvernement régional du Madhya Pradesh. « A part quelques fuites de kérosène, tout est propre. Allez frotter la terre contre votre bouche, votre visage, et si jamais il vous arrive quoi que ce soit, alors prévenez-moi », a récemment déclaré, sans aucune vergogne ni respect des victimes, Babular Gaur, ministre chargé des victimes de Bhopal. Celui-ci avait même proposé, pour les 25 ans de la catastrophe, d’organiser des « portes ouvertes » de l’usine, afin de démontrer l’innocuité du site.


Le ministre indien de l’Environnement, Jairam Ramesh, a raconté à des journalistes qu’il avait pris dans ses mains des déchets et qu’il n’était pas tombé malade. Une remarque « aussi cynique que s’il avait touché une cigarette et dit "regardez, je n’ai pas attrapé le cancer" », soupire Indra Sinha. Le don “amical" que Dow Chemical a versé au BJP, le parti politique (droite nationaliste) dont fait partie Babular Gaur, explique pour une large partie l’aveuglement des responsables politiques.


Le prix d’une vie


Pour cette catastrophe, Union Carbide Corporation a versé 470 millions de dollars d’indemnités (sans aucune obligation de réhabilitation du site). 570 000 habitants ont touché en moyenne 500 dollars de compensation, pour toute leur vie [1]. « L’équivalent de 7 centimes par jour, à peine le prix d’une tasse thé... », s’indigne Indra Sinha. « L’assurance de l’entreprise a pris en charge la plus grande partie. Union Carbide n’a mis que 25 millions de dollars de sa poche ».


En comparaison, pour la catastrophe d’AZF en France, qui a fait 30 morts, Total a déboursé environ 2 milliards d’euros pour indemniser victimes et sinistrés. Mais une vie de Bhopal pèse bien moins lourd qu’une vie française. Précisons que Dow possède une usine de pesticides en France, à Drusenheim en Alsace (voir la carte des usines de pesticides implantées en France métropolitaine, à la fin d’article).


En 1989, l’État indien, qui représentait les victimes, a accepté une somme six fois moins importante que celle initialement demandée. Une décision qui a dégagé l’UCC de toute responsabilité civile ou pénale. Deux ans plus tard, des survivants de la catastrophe ont déposé une requête demandant la réouverture du dossier. La Cour suprême indienne a alors relancé les poursuites contre l’entreprise.


Le rachat en 2001 de l’UCC par Dow Chemical a permis de faire disparaître l’entité juridique responsable de la catastrophe.

Aujourd’hui le chiffre d’affaires de Dow Chemical est de 39 milliards de dollars (en 2008). Son slogan : « Un monde en croissance apporte une responsabilité croissante [2] »... « L’entreprise essaye de redorer son image, en dépensant 3 ou 4 millions de dollars en publicité depuis 3 ans, autour du thème “l’élément humain” », explique Indra Sinha. Il suffit de lire le site internet de l’entreprise pour comprendre le décalage avec la réalité : « Chez Dow, nous croyons dans le pouvoir de “l’élément humain” pour changer le monde.


Nous accordons une grande importance à l’écoute de nos communautés et nous œuvrons pour être non seulement de “bons voisins” mais aussi une entreprise citoyenne. (...) à travers d’authentiques relations nous construisons des communautés meilleures, plus fortes et plus durables dans les lieux où nous sommes implantés. » [3]. Nous voilà rassuré ! D’autant que, si survenait un problème, le premier actionnaire de Dow serait sans doute là pour aider les victimes... puisqu’il s’agit de l’assureur Axa, qui détient 7% du capital.


Toutes les victimes de Bhopal ne sont pas encore nées


Dans la clinique Sambhavna, créée par Indra Sinha, 40 000 personnes ont été soignées gratuitement. « Leurs corps sont surchargés de produits toxiques. Ailleurs, on leur en donne encore davantage, ils sont sur-médicamentés. Tout en organisant des opérations chirurgicales si besoin, la clinique Sambhavna utilise des traitements à base d’allopathie mais aussi à base de plantes et de médecine ayurvédique, pour réduire les effets toxiques ». Le premier principe ? « Ne pas faire empirer les choses. Du fait de possibles interactions, tout produit chimique avalé, même une aspirine, peut avoir un effet désastreux. »


À Bhopal, aujourd’hui encore, plus de 100 000 personnes sont malades, souffrant de cancers, de problèmes respiratoires ou de malformations congénitales. Victimes du gaz, victimes de l’eau, ou de ce cocktail empoisonné. Des tonnes de déchets, des bacs éventrés s’amoncellent toujours sur le site. En mai 2004, une décision de la Cour suprême indienne a permis d’améliorer l’accès à une eau potable, par la mise en place de citernes. Mais celles-ci sont difficilement approvisionnées. Selon les ONG, il manquerait plus de 800 000 litres d’eau pour satisfaire les besoins des quartiers les plus concernés.


Les victimes demandent toujours, en vain, l’extradition de Warren Anderson, PDG d’Union Carbide Corporation en 1984. Il vivrait aujourd’hui près de New York. Dow Chemical cherche à implanter de nouvelles usines en Inde. Mais l’entreprise fait face à de nombreuses contestations de la part des habitants. Un centre de recherche de Dow a récemment été détruit par des militants indiens. Malgré les manifestations, les marches, les grèves de la faim, 25 ans après, le problème est loin d’être réglé. Dans les prochaines années naîtront encore de nouvelles victimes de la catastrophe industrielle de Bhopal.

Agnès Rousseaux


Notes :


[1] Avec pour critère, une espérance de vie restante de 30 ans et un revenu moyen par ménage de 800 roupies, soit 23 euros.

[2] « A growing world brings growing responsibility »

[3] « At Dow, we believe in the power of the Human Element to change the world. We place a high value on listening to our communities and strive not just to be a good neighbor, but a global corporate citizen. We understand that our promise is our most vital product and through authentic relationships we are building better, stronger, more sustainable communities in the places where we do business ». Source : http://www.dow.com/commitments/corp_cit.htm

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 11:06

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Leila nous a dit ici même que le monde arabe (maghrebin surtout), l’Afrique et le Tiers monde considéraient Sankara comme le che guevara de l’Afrique, ils meurent sinon la même année au moins tous deux en octobre, assassinés.


Parler de l’Afrique, de la résistance au changement de ce continent ,comme Sarkozy a osé le faire à Dakar, est une ignominie surtout venant de l’héritier direct des gouvernants français…


Chirac avait reconnu les crimes, c’est un des faits positifs que l’on retiendra de lui, mais notre petit président rabaisse une fois de plus notre pays au niveau de ceux qui ont pillé, torturé, assassiné…. parce que tout a été fait pour empêcher que ce continent se libère, pour le piller, pour assassiner ses dirigeants et installer des fantoches dociles.


Donc je me suis demandé, en attendant que leila nous traduise des articles en arabe sur Sankara et plus largement sur la manière dont sont vues les questions de libération, de développement de l’autre côté de la méditerranée, je vous propose cet article du CADTM, une organisation qui depuis de nombreuses années se bat pour l’abolition de la dette du Tiers Monde.


A l’occasion du vingtième anniversaire de son assassinat, le CADTM salue la mémoire de Thomas Sankara et sa volonté farouche de dire non à la dette

Arrivé au pouvoir par une « révolution démocratique et populaire » en août 1983 en Haute-Volta, qu’il rebaptise Burkina Faso (« pays des hommes intègres »), Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987. Le CADTM tient à commémorer le 20e anniversaire de sa mort tragique.

 

Les peuples africains n’ont pas oublié celui qui incarne aujourd’hui encore la résistance la plus éclatante et la plus sincère à la logique imposée par le FMI et la Banque mondiale. Très vite, il a tenté d’instaurer une indépendance économique et de développer la production locale. C’est le « consommer burkinabè », pour lequel il n’a pas hésité à déclarer : « Regardez dans vos assiettes. Quand vous mangez les grains de mil, de maïs et de riz importés, c’est ça l’impérialisme. N’allez pas plus loin. » Il s’est attelé à la construction de services sociaux solides (santé, éducation, logement), a agi pour la libération de la femme et mené une grande réforme agraire de redistribution de la terre aux paysans.


Très populaire, il a milité avec acharnement pour la constitution, de la part des dirigeants africains, d’un front du refus de rembourser la dette, que le CADTM appelle également de ses vœux à l’échelle de tous les pays du Sud. Lors de son discours à Addis Abeba le 29 juillet 1987, Thomas Sankara avait lancé l’offensive : « La dette sous sa forme actuelle, est une reconquête savamment organisée de l’Afrique (…).


La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. ». Avant de mettre ses pairs au pied du mur : « Qui, ici, ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ?


Celui qui ne le souhaite pas peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la Banque mondiale payer. »

Mais il était parfaitement conscient des risques qu’il courait : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutien de tous, dont j’ai grand besoin, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer, nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement. »


Thomas Sankara n’a pas pu se rendre à la conférence suivante… En rupture totale avec la logique des grandes puissances, il est mort assassiné voici 20 ans et Blaise Compaoré l’a remplacé alors pour « rectifier la Révolution » et la mettre sur les rails du néolibéralisme.


En ce jour, le CADTM salue la mémoire de Thomas Sankara et veut placer au cœur du débat public ses thèmes de lutte qui sont restés terriblement d’actualité : front du refus de payer la dette, rupture avec le FMI et la Banque mondiale, production tournée vers la satisfaction des besoins nationaux (notamment la souveraineté alimentaire), indépendance politique et économique, garantie des droits humains fondamentaux.
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URL: http://www.cadtm.org


LANCEMENT DE L’APPEL : JUSTICE POUR THOMAS SANKARA, JUSTICE POUR L’AFRIQUE

Thomas Sankara aurait aujourd’hui 60 ans.


A cette occasion, nous vous informons du lancement d’un nouvel appel intitulé "Justice pour Sankara, Justice pour l’Afrique" relayé par une quinzaine d’associations dans différents pays.


Cette pétition est disponible en 5 langues. Les internautes sont invités à signer en ligne à l’adresse http://thomassankara.net/spip.php?article866, pour ce qui est de la version française.


L’appel est d’ores et déjà soutenus par le réseau CADTM, le réseau ATTAC Afrique, l’Etrange rencontre, le CEDETIM (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale), SURVIE, le collectif Afrique de Lille, le NPA (nouveau parti anticapitaliste) du syndicat SUD Solidaire, le syndicat des agents des douanes du Niger, le mouvement des sans voix du Burkina, le mouvement des africains en Italie, un certain nombre d’intellectuels italiens, journalistes, acteurs réalisateurs, les partis burkinabé UNIR /PS, FFS et PAI, des personnalités comme Jean Ziegler, Eric Toussaint, Fidel Toe, ancien ministre de Thomas Sankara...


D’autres soutiens devraient suivre, et nous vous informerons de la suite.

Adresse de contact : contactjusticepoursankara@gmail.com

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 12:03





Il y a moins d’un an, une nouvelle organisation voyait le jour : les Jeunes anticapitalistes (JAC). Leur objectif : lutter ensemble contre toutes les oppressions, en mêlant actions et réflexion. Ils sont étudiants, travailleurs, sans emploi ou lycéens. Réunis au départ sur base de leurs affinités avec la LCR, les JAC sont aujourd’hui présents à l’ULB. Tour de présentation.


La Gauche : Comment sont nés les JAC, et pourquoi ?


Gilles (24 ans) : Il y a un an, nous avons eu des discussions avec une quinzaine de potes militants d’où il ressortait que nous nous sentions proches des idées de la LCR et qu’on voulait créer une organisation de jeunes dans cet esprit. A partir de là s’est créé un noyau de huit personnes, avec lesquelles nous nous sommes revus régulièrement, parfois avec des copains de la LCR, pour aborder des questions théoriques sur le capitalisme ou la révolution par exemple. En février, ça a abouti à écrire une charte, à nous trouver un nom et à passer à l’action.


La Gauche : Pourquoi s’appeler les « Jeunes anticapitalistes » ?


Joël (25 ans): D’abord pour éviter la connotation péjorative de mots qui ne convenaient pas à tous parce qu’ils renvoyaient à l'expérience du stalinisme. Les mots ont leur importance, mais on peut très bien retrouver le contenu du mot « communisme » sans pour autant fétichiser ce mot. Le terme « anticapitaliste » renvoie aussi au NPA en France, une dynamique qui nous plaît beaucoup et exprime l'idée qu'on n'a pas de solution clé sur porte, que des questions restent ouvertes. On s’est dit que c’était important d’être autonomes d’un point de vue organisationnel, parce qu’en tant que jeunes on partage un vécu commun et qu'on doit se faire notre propre expérience militante.


Pauline F. (24 ans) : Ce qui est important, c’est la particule « anti » : on ne croit pas au mythes du capitalisme « vert », « à visage humain », « libertaire », etc. Pour changer les choses, il faut nécessairement s’attaquer aux racines du système : le capitalisme.


Gilles : Nous voulons contribuer à l’avènement d’un monde radicalement démocratique où ce sont les besoins sociaux et la valeur d’usage qui déterminent la production et pas le profit. Par rapport à la IVème internationale, nous participons aux écoles Jeunes à Amsterdam et au camp des jeunes anticapitalistes qui ont lieu chaque été, mais la plupart des JAC ne sont pas pour autant membres de la LCR.


La Gauche : Comment et pourquoi êtes-vous devenus membres des JAC ?


François (20 ans) : En tant que jeune, plutôt passif tant que je n’étais pas dans une organisation, je m’intéressais à l’altermondialisme. Quand je suis arrivé à l’ULB, en septembre, j'ai vu l’affiche des JAC et je me suis dit que ça me correspondait: je n’ai pas d'étiquette figée (communiste ou anarchiste) mais je suis anticapitaliste.


Kristofer (18 ans) : Je suis venu aux JAC grâce à François. Je n’avais jamais rencontré des gens qui pensaient comme nous que le capitalisme c’est un peu de la merde et qu’il faut changer le monde. Ca me plaît, j’ai l’occasion d’apporter ma pierre à l’édifice et de participer à ce changement.


Pauline B. (21 ans) : Ma raison d’être aux JAC? Pour apprendre et agir.

Joël : Pour changer le monde, il faut s’organiser. Je voulais créer un groupe ouvert où on se sent bien, et où on mène des actions coordonnées et réfléchies.


La Gauche : Quelles sont les luttes menées et à venir ?


Pauline B. : On lutte contre toutes les formes de discriminations et d’inégalité. Depuis sa création, on a participé au MDF (Mouvement pour les droits fondamentaux) qui se bat contre l’interdiction du foulard à l’école.

François : La lutte ça se passe tous les jours, et chaque membre des JAC fait ce qu’il peut là où il est.


Gilles : En mai, nous avons mené une campagne sur le droit au logement pour tous. Après une action médiatique (nous avions planté une tente sur la Rue Neuve), nous avons organisé un débat sur le sujet puis appelé à une manifestation. Depuis le mois de septembre, nous avons décidé d’organiser nos actions autour de trois axes : la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël), l’écosocialisme et l’emploi. On essaye de mêler débats et actions à long terme. Nous avons déjà participé à plusieurs actions BDS et à une manifestation pour l’emploi à Saint-Ghislain. Prochainement, plusieurs d’entre nous participeront au Contre-sommet de Copenhague et nous organisons le vendredi 19 novembre un meeting unitaire de la gauche radicale et des antiproductivistes à l'ULB: « Changement climatique et justice sociale : quelles perspectives avant Copenhague ? ». Ce n'est qu'un début...La lutte continue !


Contact : info@anticapitalisme.be Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.


Site internet: www.anticapitalisme.be

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 12:00


LAURENCE DE BOUARD, cadre infirmière à l’hôpital de Carhaix, conduira la liste soutenue par le NPA Bretagne, le parti de Gauche 22 et des militants des autres départements bretons du PG et les objecteurs de croissance de Bretagne (ADOC)


Les représentants de la liste unitaire, anticapitaliste et pour une écologie radicale, soutenue par le NPA Bretagne, le Parti de Gauche des Côtes d’Armor et des militants du Parti de Gauche des autres départements bretons, l'AdOC, des objecteurs de croissance réunis jeudi 17 décembre à Pontivy ont désigné la tête de liste régionale et les têtes de liste des sections départementales pour les élections régionales de mars 2010 en Bretagne.


Laurence de BOUARD, cadre infirmière à l’hôpital de Carhaix, tête de la liste du NPA aux élections européennes en juin 2009, conduira la liste au niveau Bretagne et dans le Finistère


Elle sera entourée :

-

Dans les Côtes d’Armor, par Xavier COURTAY , chef de file du Parti de Gauche 22

-

En Ille et Vilaine, par Françoise DUBU, tête de la liste de la LCR aux élections régionales en Bretagne de 2004, membre du NPA 35

-

Dans le Morbihan, par Jean-Marie ROBERT, objecteur de croissance et membre de la Coordination des opposants au projet d'aéroport à Notre Dame des Landes.


C’est une première étape. Cependant, les discussions unitaires étant encore ouvertes, la liste de nos candidates et candidats pourrait encore évoluer.


Notre liste portera dans cette campagne une politique en faveur du monde du travail, des salariés, des chômeurs, des précaires, pour le droit de chacun à vivre de son travail, comme les agriculteurs et les pêcheurs, contre l’accumulation des profits capitalistes qui contraint le plus grand nombre à vivre de plus en plus difficilement.


Elle proposera également une alternative écologiste radicale, pour promouvoir des choix politiques courageux face aux logiques de rentabilité et de productivité qui se mènent au détriment de notre environnement, de notre santé, de l’avenir de la planète.


Nous voulons porter un programme de rupture, décliné en mesures régionales, en lien avec les mouvements sociaux.


Nous appelons l’ensemble des partisans d’une gauche unitaire, anticapitaliste, antilibérale et militants de l’écologie radicale à nous rejoindre.

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