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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 11:57
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Durant ces deux dernières semaines, la Turquie a été une nouvelle fois ensanglantée en raison de l’absence de règlement de la «question kurde».


Il ne s’agit malheureusement pas d’une première dans l’histoire récente de ce pays. Cependant, les récents événements sont un révélateur dramatique des relations politiques réelles en Turquie.


Ces événements sont avant tout notables en raison de la violence de cette «flambée» en comparaison avec la dernière période de relative accalmie. Ainsi on peut dénombrer 11 morts en 15 jours: à Istanbul des cocktails Molotov lancés par des jeunes militants kurdes lors d’émeutes urbaines causèrent la mort d’une passagère d’un bus public pris pour cible, un étudiant kurde manifestant a été tué (très vraisemblablement) par la police à Diyarbakır (principale ville du Kurdistan turc), dans la petite commune kurde de Bulanık (est du pays) un commerçant kurde tira sur des jeunes manifestants kurdes et causa 2 morts , une attaque armée d’un groupe lié au PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan, organisation armée kurde) a causé la mort de 7 soldats dans la province de Tokat (centre).

 

Les émeutes ont commencé avec la revendication de meilleures conditions de détention pour le leader détenu du PKK, Abdullah Öcalan, et ont continué avec la décision de la cour constitutionnelle turque d’interdire le DTP pour ses relations avec le PKK à l’issue d’un procès entamé il y a deux ans.

 

Une telle séquence ne peut être comprise que par rapport au projet «d’ouverture démocratique» du gouvernement visant la population kurde. Conscient du coût, dans tous les sens du terme, de plus en plus élevé du statu quo de la «question kurde» et alarmé par l’échec de son parti dans les zones kurdes du sud-est aux élections locales de 2008, le premier ministre Recep Erdoğan a été contraint de prendre cette initiative sans réel projet de démocratisation approfondie du pays tout en essayant de retirer seul les bénéfices escomptés d’une telle opération.


Cette «ouverture» a donc été initiée sans prendre sérieusement pour interlocuteur la seule véritable force politique kurde: le PKK dirigé par Abdullah Öcalan. En effet, les partis kurdes n’ont pas de légitimité propre ou de réelle autonomie politique. Les jeunes émeutiers dans les rues sont avant tout des soutiens d’Öcalan.


Or, justement celui-ci soucieux de ne pas être mis sur la touche a cherché et, semble-t-il, réussi à faire la démonstrationde son rôle incontournable. Il s’agit du véritable enjeu des émeutes urbaines s’en prenant non seulement à la police ou à des symboles de l’Etat mais également des civils de passage ou à des commerces (y compris dans des communes kurdes) ainsi que de l’attaque de Tokat, une région non-kurde ne faisant pas l’objet d’affrontements et dont les victimes n’étaient que des jeunes appelés «de base» faisant leur service militaire.


Cette démonstration a été confortée, si nécessaire, par l’épilogue de la fermeture du DTP. Si ce parti a été immédiatement «remplacé» par un parti tenu en réserve pour cette éventualité, le BDP (Parti de la Paix et de la Démocratie), le sens de cette décision et l’interdiction d’activité politique pour ses deux co-présidents avaient dans un premier temps poussé la vingtaine de députés kurdes a annoncé leur démission du parlement.


Or, finalement, ces députés ont renoncé à boycotter le Parlement, l'ex-co-président du DTP, Ahmet Türk, ayant clairement exprimé que ce revirement était ordonné par Abdullah Öcalan confirmant ainsi l'absence de "volonté" politique propre du DTP-BDP et répondant ainsi aux pressions diverses (particulièrement celui du patronat et du petit commerce kurde).


Les institutions turques et le PKK attisent une ethnicisation de la politique (avec un clivage turc/kurde) plus forte que jamais. D’une part, le racisme anti-kurde, l’oppression spécifique que subit ce peuple (malgré des évolutions récentes) ne peuvent être ignorés mais, d’autre part, les attaques de civils ou d’appelés faisant leur service militaire qui n’opèrent pas dans des zones de peuplement kurde endeuillent des familles du peuple et les rendent particulièrement réceptifs au discours nationaliste turc lourdement exploité par l’opposition parlementaire (extrême-droite et kémaliste).


Ainsi, sans aucun cas nier la légitimité des revendications kurdes ni atténuer les exactions de l’Etat turc, il est impossible d’ignorer l’actuelle responsabilité de la direction du PKK cherchant à ne pas être mis hors jeu mais sans élaborer une alternative crédible ni avoir une politique de véritable rapprochement avec ce qui reste du mouvement ouvrier turc. La gauche, ultra-fragmentée, est incapable de répondre aux redoutables défis d’une telle situation.


Alors que les émeutes des jeunes kurdes continuaient, des ouvriers ayant perdus leurs emplois à la suite de privatisations manifestaient avec des drapeaux turcs tandis que les cheminots des grandes villes participaient à une grève très suivie. A aucun moment une jonction entre ces deux mouvements ne fut même envisagée, un résumé de l’impasse dans laquelle est engagée la Turquie…

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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 11:55
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On pensait à tort que le résultat obtenu en 2005 par Evo Morales lors des élections de 2005, avec 53,7%, constituerait un record à jamais gravé dans l’histoire de la démocratie bolivienne.


Voilà que celui-là même que la majorité des médias occidentaux accusaient de conduire une « politique populiste » ayant pour effet de « diviser le pays », a récidivé avec plus de force encore, au terme des élections générales réalisées le 6 décembre dernier, en atteignant cette fois 63%.


Loin d’avoir souffert de « l’usure du pouvoir » après quatre années de mandat, le chef d’État bolivien dispose désormais de la majorité au sein de la nouvelle Assemblée Législative Plurinationale, à la Chambre des Députés comme au Sénat – cette dernière jusqu’alors aux mains de la droite.


Surtout, l’hégémonie du Mouvement vers le Socialisme (MAS) paraît ne plus avoir de limites : s’il était encore de rigueur, il y a quelques semaines encore, de décrire la Bolivie comme un pays « fracturé », en permanence « au bord de la guerre civile » entre l’Occident andin et l’Orient amazonien, la percée réalisée par le parti de Morales dans des régions qui lui sont traditionnellement hostiles lui permet d'obtenir la majorité absolue dans les départements de Tarija et Chuquisaca, et d’atteindre des résultats allant au-delà des 40%, à Santa Cruz notamment.


La victoire du MAS et de Morales, de fait, ne surprend que par son ampleur, tant ce succès était pronostiqué par tous les analystes politiques. L'opposition elle-même était divisée entre l'ex-préfet de Cochabamba Manfred Reyes Villa, un ancien militaire autrefois lié au parti du dictateur Hugo Banzer, et Samuel Doria Medina, un riche entrepreneur qui assuma les fonctions de ministre de l'Économie à la fin des années 1980, alors que la Bolivie achevait sa conversion au néolibéralisme.


De campagne, il n’y en eut pas vraiment. À cela, une cause toute politique : le vide programmatique d'une droite aujourd'hui cantonnée dans la dénonciation d’un supposé « totalitarisme du MAS », tout en s’engageant à conserver la politique de redistribution des richesses entamée par le gouvernement Morales.


Mais aussi une cause somme toute plus banale : une désorganisation chronique de formations politiques qui ressemblent de moins en moins à des partis et de plus en plus à des fédérations hétéroclites de mécontents, dont les militants semblent peu disposés à engager de fortes sommes dans une bataille vue comme perdue d'avance.


Ce que confirmeront les chiffres, Reyes Villa obtenant finalement, avec 27%, un score un peu plus élevé que ce qu’indiquaient les sondages, et Doria Medina, avec 6%, voyant son groupe parlementaire réduit à néant.


Le résultat atteint par le MAS place désormais Morales face à une série de défis, résumée en une formule répétée à plusieurs reprises par le président bolivien : « Au cours de ces quatre dernières années, j'ai apprisà gouverner. Maintenant, je veux faire fructifier cette expérience pour gouverner le pays pour les cinq années à venir ».


Face à une majorité si écrasante, reste à s’interroger sur la direction que prendra le « processus de changement » bolivien qui, pour l’heure, paraît enserré dans un horizon strictement « modernisateur ».


Le programme présenté par le MAS, qui mêle nationalisme et productivisme, en est une illustration pertinente : modernisation économique, avec le « grand saut industriel » illustré par l’exploitation du lithium, du gaz et du fer ; administrative avec une nouvelle gestion publique, et une décentralisation poussée via les autonomies départementales et indigènes ; et étatique, avec une reconstruction des services publics.


Pour autant, si la victoire de Morales est évidemment accueillie comme un triomphe populaire, il n’en demeure pas moins que l’ampleur de ce succès laisse pointer bon nombre de dangers (bureaucratisation, cooptation des mouvements sociaux, émergence d’une « droite endogène » bolivienne, etc.).


Des risques qui, pour l’heure, n’entachent pas l’aura dont bénéficie le président bolivien, qui reste plus que jamais le dépositaire des espoirs des secteurs les plus humbles de la population.

De La Paz, Hervé Do Alto

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 09:38


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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 09:37
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 20:29
Quelle ne fût pas notre surprise ce matin sur le marché du Braden, alors que nous distribuions des tracts depuis 40 minutes et que nous faisions le point avec la population, très réceptive d'ailleurs, de voir arriver... la police !
Les agents, très courtois au demeurant, nous ont laissé 10 minutes pour replier bagages car, semble t'il, nous n'avions pas le droit de distribuer de tracts sur la voie publique.
Nous ne pensions pas que notre main tendue vers la municipalité serait saisie par des hommes en uniformes bleus !
Un bel exemple de démocratie participative !

Dans le peu de temps qui nous a été imparti, nous avons pu discuter avec beaucoup de citoyens. la quasi totalité nous a montré son soutien !
C'est très encourageant pour nous de voir la population du quartier avec nous pour maintenir l'école maternelle publique du Petit Parc ouverte.
Comme nous, ils ne comprennent pas pourquoi M.Poignant et Mme Cariou ne s'ouvrent pas au dialogue, alors que rien ne presse et que nous avons des pistes à explorer ensemble.
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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 10:18
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Les routiers salariés viennent d’obtenir entre 2,9 et 4 % d’augmentation et une hausse de 3 % de leurs frais de déplacement.


Ils avaient lancé un appel à la grève pour le 13 décembre menaçant de bloquer les plateformes de la grande distribution à dix jours de Noël.


73 % des Français trouvaient cette grève justifiée et Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports, s’est empressé d’organiser les négociations.


Certes, ce qu’ont obtenu les chauffeurs routiers est bien loin du compte en particulier pour ceux d’entre eux qui ne gagnent même pas le Smic. Mais leur succès est bien symptomatique de la crainte du patronat et du gouvernement de voir la contestation salariale faire tache d’huile.


Le mécontentement monte de partout. Les salariés des banques ont commencé à exprimer leurs exigences. Dans la restauration, les travailleurs se sentent floués alors que les patrons empochent l’essentiel des bénéfices liés à la baisse de la TVA.


Et la combativité des travailleurs de la ligne A du RER qui exigent une prime face à la dégradation de leurs conditions de travail pourrait être contagieuse.


Le patronat comptait sur la pression exercée par la montée du chômage et de la précarité pour imposer le gel des salaires, voire leur recul.

Mais les discours sur la « fin de la crise », la reprise des profits des banques et des gros actionnaires, l’explosion des bonus des traders rendent intolérable la dégradation des conditions de vie et de travail que subissent le salariés.


Durant cette année 2009, les licenciements massifs et le chômage dominaient les esprits, laissant les mains libres aux patrons pour s’attaquer aux salaires, aux primes diverses. Le recul du pouvoir d’achat est aujourd’hui tel qu’il devient insupportable pour la majorité des salariés alors que 8 millions d’entre eux, dont 80 % sont des femmes, gagnent tout juste un peu plus de 900 euros pour survivre.


Les sacrifices que l’État et les patrons leur imposent n’ont d’autre but que de satisfaire l’avidité des classes dominantes.


L’injustice est trop flagrante, le mensonge trop évident.
Ce n’est plus possible !


Yvan Lemaitre

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 10:16

Vidéo : Copenhague : Demand Climate Justice

Une video (3'30") dans la manifestation à Copenhague le 12 décembre avec interviews e.a. de José Bové (Europe Ecologie), Céline Caudron (LCR), Charles (NPA), Marisa Matias (groupe GUE au parlement européen), Korea Federation for Environmental Movement.



samedi 19 décembre 2009
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L’arrivée à Copenhague des chefs d’Etat aux dernières heures du sommet de Copenhague n’y aura rien changé.


Le sommet international consacré aux changements climatiques aura été un échec de bout en bout, puisqu’aucun des objectifs qu’on pouvait attendre pour éviter que la hausse de la température ne dépasse 2°C n’a été atteint.


Aucun accord contraignant les puissances industrielles à diminuer fortement leurs réductions de gaz à effet de serre n’a été établi. Le blocage persistant des Etats-Unis a pu s’appuyer sur l’absence de volonté de l’Union Européenne, chacun des deux puissances préférant stigmatiser la Chine, qui de son coté a continuellement renvoyé la balle vers les Etats-Unis.


Le débat sur les financements pour l’aide à l’adaptation des pays pauvres, les premiers menacés par les dérèglements climatiques, n’a pas non plus abouti à des propositions satisfaisantes, puisque si des engagements, au demeurant modestes, sont pris jusqu’à 2012, aucun plan de financement à long terme n’est envisagé, ce qui rend impossible toute planification de la lutte contre le réchauffement dans les pays du Sud.


En l’absence d’accord international, une déclaration politique renvoie à plupart des choix qui sont pourtant à opérer dès maintenant. Et on ne voit pas ce qui dans six mois ou un an aura changé.


On estime déjà qu’au vu des propositions faites à Copenhague, la température devrait monter d’au moins 3 °C avant la fin du siècle. Les grands vainqueurs de ce sommet sont finalement les multinationales et les lobbys industriels, qui vont pouvoir continuer à polluer et à émettre des gaz à effet de serre, tout en profitant de l’aubaine créée par la finance carbone et les marchés de droits à polluer.


La proposition d’Evo Morales d’un tribunal de justice climatique pour juger ceux qui détruisent la Terre Mère s’en trouve d’autant plus légitimée. L’espoir est à chercher ailleurs. En effet, malgré une répression permanente des forces de l’ordre danoises, les mouvements sociaux et environnementaux n’ont pas cessé de manifester leur colère et leurs exigences, résumées dans les slogans « Changeons le système, pas le climat ! » et « Reprenons le pouvoir ! ».


L’immense manifestation internationale du 12 décembre et les actions qui ont suivi ont donné naissance à un mouvement global pour l’urgence climatique et la justice sociale.


Dans les semaines et les mois à venir, le NPA s’emploiera à renforcer et à construire un tel mouvement.


N’attendons pas des capitalistes qu’ils résolvent un problème qu’ils ont eux-mêmes créé, l’alternative énergétique est indissociable d’un projet anticapitaliste et antiproductiviste.

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 10:02



On savait que le sommet des Nations Unies à Copenhague ne déboucherait pas sur un nouveau traité international mais sur une simple déclaration d’intention – une de plus.


Mais le texte adopté au terme de la rencontre est pire que tout ce qu’on pouvait imaginer : pas d’objectifs chiffrés de réduction des émissions, pas d’année de référence pour les mesurer, pas d’échéance, pas de date !


Le texte comporte une vague promesse de cent milliards de dollars par an pour l’adaptation dans les pays en développement, mais les formules utilisées et divers commentaires font craindre des prêts administrés par les grandes institutions financières plutôt que de vraies réparations payées par les responsables du gâchis.


L’incohérence du document est totale. Les chefs d’Etat et de gouvernement reconnaissent que « le changement climatique constitue un des plus grands défis de notre époque » mais, à l’issue de la quinzième conférence de ce type, ils sont toujours incapables de prendre la moindre mesure concrète pour y faire face.


Ils admettent – c’est une première ! - la nécessité de rester « au-dessous de 2°C » de hausse de la température, donc la nécessité de « réductions drastiques » (deep cuts) des émissions « conformément au quatrième rapport du GIEC », mais sont incapables d’endosser les conclusions chiffrées par les climatologues: au moins 40% de réduction en 2020 et 95% de réduction en 2050 dans les pays développés. Ils soulignent avec emphase leur « forte volonté politique » de « collaborer à la réalisation de cet objectif » (moins de 2°C de hausse de la température), mais n’ont rien d’autre à proposer qu’une auberge espagnole où chaque pays, d’ici le 1er février 2010, communiquera aux autres ce qu’il compte faire.

 


Piégés par l’hyper-médiatisation qu’ils ont eux-mêmes orchestrée, les grands de ce monde se sont retrouvés sous les feux de la rampe, sans rien d’autre à montrer que leurs rivalités sordides.


Alors, les représentants de 26 grands pays ont viré les ONG, écarté les petits Etats et pondu en catastrophe un texte dont le but principal est de faire croire qu’il y a un pilote politique dans l’avion. Mais il n’y a pas de pilote. Ou plutôt, le seul pilote est automatique : c’est la course au profit des groupes capitalistes lancés dans la guerre de concurrence pour les marchés mondiaux.


Le candidat Obama et l’Union Européenne avaient juré leurs grands dieux que les entreprises devraient payer leurs droits d’émissions. Bernique : en fin de compte, la plupart d’entre elles les ont reçu gratuitement et font du profit avec, en les revendant et en les facturant au consommateur ! Tout le reste est à l’avenant. Touche pas au grisbi, telle est la consigne.


Ce soi-disant accord sue l’impuissance par tous les pores. Rester au-dessous de 2°C, cela ne se décrète pas. Pour peu que ce soit encore possible, il y a des conditions drastiques à remplir. Elles impliquent en définitive de consommer moins d’énergie, donc de transformer et de transporter moins de matière.


Il faut produire moins pour la demande solvable et satisfaire en même temps les besoins humains, notamment dans les pays pauvres. Comment faire ? C’est la question clé.


Elle n’est pas si difficile à résoudre. On pourrait supprimer la production d’armes, abolir les dépenses de publicité, renoncer à quantité de fabrications, d’activités et de transports inutiles. Mais cela irait à l’encontre du productivisme capitaliste, de la course au profit qui nécessite la croissance. Sacrilège !


Tabou ! Résultat des courses ? Alors que les émissions mondiales doivent diminuer de 80% au moins d’ici 2050, alors que les pays développés sont responsables de plus de 70% du réchauffement, la seule mesure concrète épinglée dans l’accord est l’arrêt de la déforestation… qui ne concerne que le Sud et représente 17% des émissions.


Avancée écologique ? Que nenni ! « Protéger » les forêts tropicales (en chassant les populations qui y vivent !) est pour les pollueurs le moyen le moins cher d’acheter le droit de continuer à produire (des armes, de la publicité, etc) et à polluer … donc de continuer à détruire les forêts par le réchauffement. C’est ainsi que la loi du profit pourrit tout ce qu’elle touche et transforme tout en son contraire.

Prise de conscience

Heureusement, face à la déroute au sommet, Copenhague est une magnifique victoire à la base. La manifestation internationale du samedi 12 décembre a rassemblé quelque 100.000 personnes. Le seul précédent de mobilisation aussi massive sur cette thématique est celui des cortèges qui ont regroupé 200.000 citoyens australiens dans plusieurs villes simultanément, en novembre 2007.


Mais il s’agissait d’une mobilisation nationale et l’Australie subit de plein fouet les impacts du réchauffement : ce n’est (encore) pas le cas des pays européens d’où sont venus la plupart des manifestants qui, en dépit d’une répression policière féroce, ont investi la capitale nordique au cri de « Planet first, people first ».


Face à l’incapacité totale des gouvernements, face aux lobbies économiques qui empêchent de prendre les mesures pour stabiliser le climat dans la justice sociale, de plus en plus d’habitants de la planète comprennent que les catastrophes annoncées par les spécialistes ne pourront être évitées qu’en changeant radicalement de politique.


Copenhague symbolise cette prise de conscience. Elle s’exprime par la participation d’acteurs sociaux qui, il y a peu encore, se tenaient à l’écart des questions écologiques, voire les envisageaient avec méfiance : organisations de femmes, mouvements paysans, syndicats, associations de solidarité Nord-Sud, mouvement de la paix, groupements altermondialistes, etc.


Un rôle clé est joué par les peuples indigènes qui, en luttant contre la destruction des forêts (dans un rapport de forces digne de David affrontant Goliath !), symbolisent à la fois la résistance à la dictature du profit et la possibilité d’une autre relation entre l’humanité et la nature. Or, ces forces ont en commun de miser davantage sur l’action collective que sur le lobbying, cher aux grandes associations environnementales.


Leur entrée en scène déplace radicalement le centre de gravité. Désormais, la lutte pour un traité international écologiquement efficace et socialement juste se jouera dans la rue - plus dans les couloirs des sommets - et ce sera une bataille sociale - plus un débat entre experts.


Tandis que le sommet officiel accouchait d’un chiffon de papier, la mobilisation sociale et le sommet alternatif ont jeté les bases politiques de l’action à mener à la base dans les prochains mois: « Change the system, not the climate », « Planet not profit », « bla bla bla Act Now », « Nature doesn’t compromise », « « Change the Politics, not the climate », « There is no PLANet B ».


En dépit de ses limites (concernant le rôle des Nations Unies, notamment) la déclaration du Klimaforum09 est un bon document, qui rejette le marché du carbone, le néocolonialisme climatique et la compensation (« offsetting ») des émissions par des plantations d’arbres, ou d’autres techniques bidon.


De plus en plus de gens le comprennent: la dégradation du climat n’est pas le fait de « l’activité humaine » en général mais bien d’un mode de production et de consommation insoutenable. Et ils en tirent la conclusion logique : le sauvetage du climat ne saurait découler seulement d’une modification des comportements individuels, il requiert au contraire des changements structurels profonds. Il s’agit de mettre en accusation la course au profit, car celle-ci entraîne fatalement la croissance exponentielle de la production, du gaspillage et du transport de matière, donc des émissions.

Le roi est nu

Catastrophe, l’échec du sommet ? Excellente nouvelle au contraire. Excellente nouvelle car il est temps que s’arrête ce chantage qui impose que, en échange de moins d’émissions, il faudrait plus de néolibéralisme, plus de marché.


Excellente nouvelle car le traité que les gouvernements pourraient conclure aujourd’hui serait écologiquement insuffisant, socialement criminel et technologiquement dangereux : il impliquerait une hausse de température entre 3,2 et 4,9°C, une montée du niveau des océans de 60cm à 2,9 mètres (au moins), et une fuite en avant dans des technologies d’apprenti-sorcier (nucléaire, agrocarburants, OGM et « charbon propre » avec stockage géologique de milliards de tonnes de CO2). Des centaines de millions de pauvres en seraient les principales victimes.


Excellente nouvelle car cet échec dissipe l’illusion que la « société civile mondiale » pourrait, par « la bonne gouvernance », en associant tous les « stakeholders », trouver un consensus climatique entre des intérêts sociaux antagoniques.


Il est grand temps de voir qu’il n’y a, pour sortir des combustibles fossiles, que deux logiques totalement opposées : celle d’une transition pilotée à l’aveugle par le profit et la concurrence, qui nous mène droit dans le mur; et celle d’une transition planifiée consciemment et démocratiquement en fonction des besoins sociaux et écologiques, indépendamment des coûts, donc en recourant au secteur public et en partageant les richesses. Cette voie alternative est la seule qui permette d’éviter la catastrophe.


Le roi est nu. Le système est incapable de répondre au gigantesque problème qu’il a créé autrement qu’en infligeant des dégâts irréparables à l’humanité et à la nature.


Pour l’éviter, l’heure est à la mobilisation la plus large. Nous sommes toutes et tous concerné(e)s. Le réchauffement de la planète est bien plus qu’une question « environnementale » : une énorme menace sociale, économique, humaine et écologique, qui nécessite objectivement une alternative écosocialiste.


Le fond de l’affaire: le capitalisme, en tant que système, a dépassé ses limites. Sa capacité de destruction sociale et écologique l’emporte clairement sur son potentiel de progrès.


Puisse ce constat aider à faire converger les combats en faveur d’une autre société. Les manifestants de Copenhague ont ouvert la voie. Ils nous invitent à les rejoindre dans l’action : « Act now. Planet, not profit. Nature doesn’t compromise ».


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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 09:59




Vendredi 11h00 du matin, gare du midi, c'est l'effervescence; des anglais cherchent des anglaises, une coordinatrice des amis de la terre France essaie de rassembler ses 400 militants tout droit descendus du Thalys, Oxfam croise le WWF, tandis que CSC et FGTB se lancent déjà des vannes rouges, vertes, bleues.


Ajoutez à cela 60 militants, libres de toute attache qui ont payés de leur poche pour aller manifester à Copenhague, la LCR dont les drapeaux "rouge et jaune" servent de repère dans la foule, les journalistes radio et télé qui interviewent à tout va et Climat et Justice Sociale qui essaie de gérer ce flux et de l'amener à monter dans le train qui part dans 20 minutes : voilà l'ambiance du départ du train pour Copenhague.

 


Dans le train tout le monde s'installe et les conversations commencent. En cuisine se mèlent les odeurs du four et les débats de la radio; La première émission commence gentiment avec une conversation amicale et consensuelle entre Brigitte Gloire d'Oxfam solidarité, Nicolas Nuffel du CNCD et moi-même pour Climat et Justice Sociale; tous trois sommes d'accord pour refuser un quelconque accord climatique dont les pauvres du sud ou du nord pourraient faire les frais.


Ensuite plusieurs sujets sont abordés, à la radio et en dehors: 12 heures de train c'est long, c'est lent et c'est plein de potentiel. Fini d'être pressés et de dire n'importe quoi pour avoir la main; cette fois on prend le temps de réfléchir, de parler et d'écouter la réalité des autres; entre syndicalistes, ONG du Sud ou du Nord, partis de gauche radicale, environnementalistes militants et individus conscients de l'urgence, on trouve plus de points communs que de divergences, et surtout un refus commun de la loi du profit qui ruine notre environnement et notre vie de tous les jours.


19h00, alors que ça s'agite en cuisine pour préparer les 600 repas bio-locaux-slow food, il n'y a pas que les fourneaux qui chauffent. Au micro de la Radio, face à Sarah Turine, la toute nouvelle Secrétaire fédérale d’Ecolo qui s'empêtre dans un non-sens, affirmant qu'il faut de la radicalité dans la pensée mais la capacité à passer des compromis dans l’exercice du pouvoir, le camarade Daniel Tanuro est sans appel : "On ne peut pas à la fois contester le système et participer à sa gestion". (voir à ce propos Défense du climat et budget bruxellois: Ecolo fait le grand écart)


Samedi 10h00 du matin. Après une nuitée spartiate (3h de sommeil sur le sol d'un gymnase, grand rassemblement à la pré-manifestation appelée par les amis de la terre.


Nous rejoignons nos copains du NPA et commençons à scander ensemble un petit "tout est à nous" pour se réchauffer tout en traversant les immenses avenues du centre de Copenhague. Nous rejoignons le coeur de la manif prévue à 13h00; sur place des milliers de personnes chantent, crient, dansent et débattent dans toutes les langues. Et les manifestants continuent à affluer de partout, sans arrêt, à tel point qu'à 14h00, transis de froids, nous nous demandons si la manif démarrera jamais.


Autour de nous, aucun panneau disant "nous voulons un bon traité", aucun slogan écologique pour le bien-être des ours polaires; au lieu de cela : "Stop the profit ! Climate justice now", "Nature doesn't compromise", pendant que des dizaines de faux bourgeois vantent le green washing et les merveilles du capitalisme vert. Les Tibetains, eux, passent sobrement avec des panneaux indiquant que la dégradation de leur pays à cause du réchauffement est un processus déjà entamé.


Plus de doute possible, les 100.000 personnes qui sont là ont bien compris ce qu'il en est et ce qu'ils sont venus réclamer, ce n'est pas une réforme de kyoto mais une toute autre politique. Et vu la détermination, on commence à sentir que cette autre politique elle est déjà en route, là, dans la rue, autour de nous, et qu'elle ne se fera pas en demandant poliment aux puissants de nous écouter.


La police aussi est au rendez-vous. Des centaines de robocops, organisés en peloton bloquent, comme un seul homme, les rues qui ne sont pas prévues dans la parcours de la manifestation. Ce n'est qu'une heure après les faits que la rumeur commence à se répendre dans le cortège; 900 militants ont été isolés et arrêtés par la police Danoise. Le lendemain, 13 étaient encore en prison.


Dimanche, c'est déjà l'heure de rentrer. Dans le train du retour, l'appel est lancé pour aller plus loin : Climat et Justice Sociale donne rendez vous le 31 janvier (voir lieu et heure sur www.climatetjusticesociale.be) pour agrandir le mouvement et continuer la lutte pour une politique socialement juste et climatiquement viable.


Afin de bien conclure le Week-end, un dernier petit débat sur radioxfam.org dans lequel la camarade Céline Caudron ré-explique calmement à la représentante ecolo Sarah Turine qu'il ne suffit pas de constater que le logement représente une des principales sources d'émission de CO2; au delà du constat il faut envisager une politique publique d'isolation des logements et prioritairement des foyers de ménages à bas revenus, sans se préoccuper de la demande solvable.


Une approche publique, démocratique et cohérente du changement climatique sera la seule façon de résoudre et la crise climatique et la crise sociale. Sans cela et sans des mobilisations massives pour inverser la tendance, la capitalisme vert sera notre période de transition vers une société environnementalement intenable et socialement dramatique.


A écouter: les émissions du Train pour copenhague de Radio-Oxfam:


www.radioxfam.org


Plus d'infos sur Climat et Justice Sociale :

www.climatetjusticesociale.be
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 15:40
3505-1 précarité morlaix photo.jpg

La précarisation des emplois, sous la forme de contrats à durée limitée, de temps partiel imposé ou de stages, se généralise et touche principalement les jeunes.


Depuis des décennies, les gouvernements et le patronat, au nom de la lutte contre le chômage, ont développé et encouragé la création d’emplois précaires.


Avec plus de 2,8 millions de salariés en contrats à durée déterminée (CDD), intérimaires ou stagiaires, le taux d’emploi précaire en France a plus que doublé entre 1983 et 2008, passant de 5,4 % à 13 %. Il faut y ajouter les près de 5millions de salariés qui travaillent à temps partiel. L’État, premier employeur de France, n’est pas en reste avec, en 2007, un salarié sur trois en CDD dans le secteur public.


Si les chiffres globaux montrent qu’aujourd’hui la précarité concerne l’ensemble du salariat, ils ne rendent pas compte de son inégale répartition, frappant prioritairement les jeunes, les femmes et les travailleurs d’origine étrangère. Que dire alors quand on est les trois à la fois !


La crise ayant fait exploser le chômage, les plus vulnérables sont les premiers licenciés : les CDD et les intérimaires. En un an, de mars 2008 à mars 2009, le nombre d’intérimaires a diminué de 40 %.


Toutes les formes de contrats précaires doivent être interdites au profit du seul contrat de travail à durée indéterminée et à plein temps. L’intérim doit être supprimé. Toutes les officines privées – telles que Adecco, Manpower, Verdiobis (dorénavant Randstad) qui détiennent à trois 65 % du marché  – doivent être interdites.


Il faut instaurer un véritable service public de l’emploi.
En prenant en compte toutes les catégories de chômeurs – et pas seulement la catégorie A des demandeurs n’ayant pas travaillé pendant le mois en cours, comme le fait le gouvernement –, le nombre de chômeurs tourne autour de 5millions.


La mise en place du revenu de solidarité active (RSA) impose aux chômeurs d’accepter n’importe quel petit boulot très mal payé (au-delà de deux refus, le RSA est supprimé) et généralise le temps partiel.


S’il permet à certains de dépasser de justesse le seuil de pauvreté, le RSA encourage les patrons à sous-payer leurs salariés et à ne plus créer d’emplois stables.


Alors que les chômeurs sont dénigrés comme prétendument pas assez flexibles, le patronat licencie et utilise les emplois précaires pour tirer les salaires vers le bas. Chaque fois que les salariés ont accepté de baisser leurs salaires pour sauver leurs emplois, ils ont perdu sur les deux plans, comme l’a montré l’exemple de Continental.


Les jeunes sont les premières victimes de la crise et sont de plus en plus exclus du travail. En un an, le taux de chômage des 18-25 ans a augmenté de 35 %, pour atteindre 23,5 %, presque trois fois plus que les 25-49 ans. Plus de 400 000 jeunes de moins de 25 ans, sans emploi, se retrouvent aussi sans minimum social.


Face à cette situation désastreuse, le gouvernement propose la généralisation de la précarité, la dévalorisation des diplômes, le contrôle accru des employeurs sur la formation et les jeunes eux-mêmes. Le NPA refuse la « professionnalisation » dévalorisant les diplômes et revendique une allocation d’autonomie pour tous les jeunes de 16 à 25 ans à hauteur du Smic, pour permettre à tous de vivre et de se former librement.


La précarité est un système organisé pour permettre de réduire les acquis sociaux, les salaires et de renforcer le pouvoir patronal sur les salariés. Elle aggrave l’insécurité sociale et la pauvreté au lieu de les faire reculer.

Pour en finir avec la précarité et imposer le droit à l’emploi pour tous, il faut un mouvement d’ensemble national. Et au-delà, lutter pour une autre société qui interdise la confiscation par quelques-uns des richesses produites par le plus grand nombre. 


Sandra Demarcq

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