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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 10:06













Jean-Pierre PETIT-GRAS
illustration : Maiz Azul, westerngraphics.com


Tandis que le blé, le riz et les autres céréales existaient déjà à l’état sauvage, et n’ont fait que bénéficier d’améliorations successives, la plupart des historiens de l’agriculture estiment que le maïs a été entièrement créé par l’homme, à partir d’une plante à la fois proche et fort éloignée : le téosinte.


Les découvertes archéologiques les plus récentes concernent des épis de maïs (Zea mays) retrouvés dans les vallées centrales de l’Oaxaca, au Mexique, datés vers 7000 ans avant notre ère. On peut aisément imaginer le patient et probablement passionnant « travail » de sélection mené par les hommes et les femmes (1) de cette région du monde, et qui a dû précéder cette apparition pendant des siècles, voire des millénaires.


Résultant de ce labeur et des soins apportés depuis à leur invention, plusieurs dizaines de races et des milliers de variétés locales, adaptées à des conditions extrêmement variées de sols et de climats, ont apporté aux communautés amérindiennes, du nord au sud, le renforcement de leur autosuffisance alimentaire. On ne saurait donc s’étonner d’entendre des indigènes dire aujourd’hui que sans le maïs, leur civilisation aurait depuis longtemps disparu.


Pourtant, loin de revendiquer un quelconque droit d’auteur sur la plante, les indiens des Amériques ont fait exactement l’inverse, dans tous leurs mythes et légendes. Le Popol Vuh, livre sacré des mayas Quiché, nous rapporte que les dieux, après avoir tenté de créer les premiers hommes avec de la glaise (rapidement dissoute sous les averses tropicales), puis avec du bois (beaucoup plus résistant, mais pas vraiment idéal sur le plan de la sensibilité ou de l’intelligence), ont fini par pétrir les ancêtres des quiché dans une pâte faite de trois variétés de maïs. Les inventeurs du maïs se disent donc issus de celui-ci. Cette belle inversion laisse apparaître dans toute son ampleur la mesquinerie des entreprises agro-alimentaires, tentant, elles, de déposer des brevets sur la vie.


Là où ils disposent de terres en quantité suffisante, les indiens du Mexique (et d’ailleurs) continuent d’y vivre, et de démontrer leurs étonnantes capacités à cultiver pour nourrir convenablement leurs familles, les malades et les vieux des villages. La milpa, le champ de maïs, est au centre de la vie indígena. Il y pousse également, en étroite association, des haricots (qui profitent de la tige de la céréale et enrichissent le sol en azote), des calebasses (dont les larges feuilles rampantes retiennent l’évaporation de l’eau et ralentissent la croissance des herbes adventices), des tomates et des physalis, ainsi que tout une foule de plantes aromatiques.


Les préparations à base de maïs sont aussi variées que savoureuses et nutritives. Bouilli dans une eau additionnée de chaux (la nixtamalisation, celle-ci permettant d’améliorer la disponibilité des vitamines, notamment PP, et d’éliminer le risque de pellagre), écrasé ensuite sur une pierre ou moulu, il permet de fabriquer les célèbres tortillas, mais aussi le pozol (fermenté 24 heures dans une feuille de bananier, puis consommé dissout dans de l’eau), l’atole, les tamales... et les innombrables spécialités que possède l’art culinaire mexicain (tacos, enchiladas, chilaquiles, pozole, sopes, totopos, nachos, etc).


Pour les mayas, par exemple, le maïs possède une âme (ch’ulel). Des récits racontent aux enfants que si l’on oublie de ramasser quelques épis de maïs, et qu’on les abandonne dans un coin du champ, ceux se mettent à pleurer, rappelant le paysan à son devoir. Dans les langues du Chiapas (tsotsil, tseltal) le verbe manger (ve’el, we’el) s’applique au maïs, le seul aliment capable de restaurer, de reconstituer l’individu. Pour la viande, les haricots, les fruits, on emploiera d’autres verbes. Car on est déjà dans une sorte de grignotage...


Mais pour nourrir les villes, ces monstres engendrés par la déraison d’un développement devenu incontrôlable, les belles histoires indiennes ne suffisent pas. Au contraire. D’autres mythes, ceux du progrès et d’une humanité tournée vers un futur radieux, urbain, technologique et soumis au « règne machinal », se font entendre bien plus fort.


Ils exigent que l’on en finisse avec ces individus arriérés qui ne produisent quasiment rien pour le marché, occupent des terres que l’on verrait bien plus utiles à la production, disons, de bio-carburants, et refusent de devenir la main d’oeuvre compétitive et pas chère du tout dont les entreprises ont grand besoin, dans ce contexte de crise.


Jusque dans les années 1970-80, le Mexique était auto-suffisant en maïs (celui-ci constitue, on l’a vu, l’essentiel du bol alimentaire de la plus grande partie de la population). Des politiques gouvernementales désastreuses ont précarisé la situation des petits et moyens producteurs, qui fournissaient les villes.


De hauts dirigeants (2) possèdent, il est vrai, des intérêts dans les trusts de l’agroalimentaire. En 1994, l’entrée du pays dans le TLC (Traité de Libre Commerce, appelé également ALENA, ou NAFTA), avec les USA et le Canada, a entraîné la suppression des barrières douanières avec ces pays, dont l’agriculture fortement subventionnée, mécanisée, s’appuie sur des arrosages intensifs, des intrants chimiques en quantité massive, des semences hybrides à haut rendement à l’hectare.


Le TLC a précipité la crise des producteurs traditionnels, tandis qu’il a renforcé les secteurs de l’agro-industrie tournés vers l’exportation. La désertification des campagnes s’est accrue, augmentant au passage le poids de la dépendance des villes sur le plan alimentaire. Aujourd’hui, le Mexique doit importer le quart de sa consommation de maïs.


On sait, par ailleurs, que les prix de la tortilla ont flambé, suite à la spéculation et la concurrence de la production de biocarburants. Pendant 10 ans, un moratoire avait empêché la culture de maïs transgénique. Même si l’on avait déjà observé des cas de contamination (notamment dans l’Etat de l’Oaxaca, berceau historique du maïs), le maïs OGM n’était jusqu’à ces derniers temps présent que dans la farine industrielle (la fameuse Maseca).


La levée du moratoire, décrétée par le gouvernement de Felipe Calderón, suscite de vigoureuses réactions dans tout le pays. Les associations, les manifestations se multiplient. Une campagne (Sin maíz no hay país, Sans maïs pas de pays) a sillonné le Mexique. La chercheuse Silvia Ribeiro n’hésite pas à parler de maïcide (3).


Mais Monsanto, le « libre-commerce » et tout un système économique et social reposant sur la diminution constante du nombre de paysans, sur l’urbanisation et l’aliénation massive de la population, auront le dernier mot.


L’objectif, ne l’oublions pas, est bel et bien l’appropriation et l’exploitation par une poignée de multinationales de l’ensemble des semences utilisées sur la planète. Les OGM, au-delà des quelques dégâts collatéraux sur la microfaune et la flore, sur la biodiversité et, peut-être, sur la santé humaine, sont la voie royale pour y parvenir.


Sur le terrain, c’est à dire sur leurs terres et territoires, les seuls qui mèneront la résistance jusqu’au bout seront très probablement des paysans indigènes4. Que ce soit les zapatistes tsotsil, tseltal, ch’ol, tojolabal ou zoque de l’EZLN au Chiapas, des zapotecos ou des mixtecos de l’Oaxaca, des p’urépecha ou des nahuas au Michoacán, il s’agit pour ces hommes et ces femmes de défendre ce dont ils sont faits. Ou leur création, comme l’on préfère : le Santo Maíz.


Jean-Pierre Petit-Gras


1 Le rôle des femmes dans la sélection des semences, dans les sociétés traditionnelles, est bien connu. Au Mexique, cette tâche est toujours l’occasion de fêtes et de réjouissances.

2 La famille de Salinas de Gortari, par exemple, est liée au trust Gruma (Maseca), qui contrôle la fabrication de farine de maïs et de tortillas industrielles.


3 Silvia Ribeiro anime un groupe de recherche intitulé ECT. Lire en français www.legrandsoir.info/Mexique-mais-et-infamies-par-Silvia-Ribeiro

4 Au Chiapas, les zapatistes poursuivent la construction de leur autonomie, dans un contexte de guerre « de basse intensité »de plus en plus aigu. Ailleurs, dans l’Oaxaca, au Guerrero ou au Michoacán le processus de récupération des terres et de l’autonomie rencontre lui aussi la répression, les assassinats et une militarisation croissante.


URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Mexique-Maiz-santo-ou-Monsanto.html
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 09:59

- Si la pénurie n'est pas pour cet hiver, ce sera pour les suivants
- Depuis 5 ans, c'est l'électricité allemande qui sauve la France
- C'est l'échec de l'option française "nucléaire + chauffage électrique"

Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle l'opinion publique française à prendre acte de la faillite de l'option nucléaire française qui, outre les graves problèmes de déchets radioactifs ou de vulnérabilité des réacteurs nucléaires comme l'EPR, va aboutir à une véritable pénurie de courant en France. En effet, les coupures d'électricité en France sont inévitables, que ce soit dès cet hiver (si les températures sont basses) ou les années suivantes. La situation va d'ailleurs s'aggraver inexorablement du fait de trois phénomènes dont les conséquences se cumulent :

1) Le vieillissement et l'usure prématurée des réacteurs nucléaires français
Les réacteurs nucléaires français atteignent l'un après l'autres 30 ans de fonctionnement, c'est-à-dire leur durée de vie prévue à l'origine (1). Certes, EDF entend continuer à faire fonctionner ces réacteurs, mais ils vont être de plus en plus souvent en panne (sans parler du risque d'un accident grave). De plus, les réacteurs nucléaires français sont bien plus usés que des réacteurs du même âge dans d'autres pays car la prédominance du nucléaire dans la production électrique française (80%) obliger EDF à utiliser les réacteurs "en suivi de réseau" (c'est-à-dire en suivant les variations de consommation dans la journée et sur l'année), ce qui les use prématurément. (2)

2) L'augmentation continue du nombre de chauffages électriques

Alors que les réacteurs nucléaires français vont être de plus en plus souvent arrêtés, la consommation d'électricité ne cesse d'augmenter, en particulier en hiver du fait de la politique insensée de développement du chauffage électrique, imposée par l'Etat et EDF pour "justifier" le nucléaire : actuellement et depuis des années, 80% des nouveaux bâtiments sont chauffés à l'électricité (3). Il en résulte que, chaque hiver, les consommations d'électricité battent des records et dépassent très largement les capacités nationales de production. A quoi bon avoir 58 réacteurs nucléaires si c'est pour devoir importer massivement de l'électricité ? Notons aussi, si nécessaire, que la construction de réacteurs nucléaires supplémentaires ne répond en rien au problème : utiliser des réacteurs seulement l'hiver, et les laisser arrêtés le reste de l'année, ruinerait EDF en peu de temps.

3) La réduction des périodes permettant la maintenance des réacteurs
Traditionnellement, c'est en été que EDF programmait prioritairement les opérations de maintenance dans les centrales nucléaires, du fait le la consommation modérée d'électricité en cette période. Mais les canicules 2003 et 2006 ont totalement remis en cause cette pratique : non seulement la consommation d'électricité a été importante du fait de l'essor des climatiseurs, mais il a aussi fallu faire fonctionner à bas régime ou même arrêter les réacteurs disponibles, du fait de la difficulté voire l'impossibilité de les refroidir correctement.
Du coup, désormais, c'est seulement au printemps et en automne que EDF peut programmer la majorité des opérations de maintenance (4), ce qui implique une grande vulnérabilité : si des évènements imprévus (incidents, grèves, etc) viennent perturber les prévisions et décaler les opérations de maintenance, EDF se retrouve rapidement avec trop de réacteurs arrêtés en hiver ou en été.

Conséquences

L'option imposée en France, "centrales nucléaires + chauffages électriques", se traduit par des importations d'électricité de plus en plus fortes, par la production de déchets radioactifs ET de fortes émissions de co2, et par une dépendance énergétique plus élevée que jamais.

- Depuis 5 ans, c'est l'Allemagne qui est exportatrice d'électricité vers la France

On entend souvent dire "L'Allemagne sort du nucléaire… mais en achetant l'électricité nucléaire française". C'est totalement faux. Depuis 2004, c'est bien l'Allemagne qui est exportatrice nette d'électricité vers la France : 8,7 TWh en 2004, puis 9,7 TWh en 2005, puis 5,6 TWh en 2006, et 8,2 TWh en 2007, et carrément 12,6 TWh en 2008 (5), c'est-à-dire environ la production annuelle de deux réacteurs nucléaires. Il est d'ores et déjà avéré que, pour 2009, les importations depuis l'Allemagne seront encore plus élevées.
C'est donc bien le pays qui sort du nucléaire qui, tous les hivers, sauve le pays du nucléaire. Mais l'augmentation insensée de la consommation électrique française fait que, à brève échéance, l'Allemagne ne pourra plus sauver la France nucléaire, qui va donc être frappée par des pénuries, et ce peut-être dès cet hiver si les températures sont basses.

- La France produit des déchets radioactifs ET émet beaucoup de co2

Il est de bon ton de critiquer les centrales allemandes au charbon, "fortement émettrices de co2", mais le fait est que ce sont elles qui, tous les hivers, alimentent une bonne partie des chauffages électriques français. Il serait d'ailleurs parfaitement logique d'attribuer à la France les émissions allemandes de co2 correspondant à l'alimentation des chauffages électriques français.
Il faut prendre acte de ce que l'option imposée en France, "centrales nucléaires + chauffages électriques", se traduit par la production de déchets radioactifs ET par de fortes émissions de co2. Ces données sont reconnues par un document récent du Réseau de transport de l'électricité (RTE) et de l'ADEME (6). C'est un échec total.

- La France est de plus en plus dépendante sur le plan énergétique

En 2008, la France a certes gagné 2 milliards d'euros en exportant de l'électricité, mais elle a surtout dépensé 61 milliards pour importer du pétrole et du gaz (7). C'est la preuve que, même poussé à son maximum, le nucléaire n'empêche pas la dépendance aux énergies fossiles. Il est donc faux de prétendre, comme on l'entend trop souvent dire, que "le nucléaire donne à la France son indépendance énergétique".
Qui plus est, la France exporte de l'électricité lorsque les prix sont bas et elle en importe (massivement) lorsque les prix sont très élevés, en particulier en hiver. Au vu de l'augmentation des importations françaises en hiver, il est clair que, sous peu, la France dépensera plus d'argent en achetant de l'électricité qu'elle n'en gagnera en en vendant.

Conclusion
Il est grand temps que les citoyens français prennent connaissance de la réalité des données, qui est exactement inverse des idées reçues entretenues dans l'opinion par les publicités d'EDF et d'Areva et par les discours des dirigeants politiques.
Non, la France n'a aucune indépendance énergétique.
Non, ce n'est pas l'Allemagne qui est dépendant de l'électricité française, c'est l'inverse.
Oui, la France est menacée par une véritable pénurie d'électricité.
Oui, la France est à la fois productrice de déchets radioactifs ET fortement émettrice de co2.
La solution passe par une remise en cause urgente de la consommation démesurée d'électricité en France, en particulier par une remise en cause de l'option du chauffage électrique, et par une politique ambitieuse d'économies d'énergie et de développement des énergies renouvelables.


Références
(1) Le quotidien Le Monde du 15 mai 2003 a rappelé que "les décrets d'autorisation ne précisaient pas la durée de vie des centrales" mais que "les dossiers d'autorisation présentés par EDF avançaient une durée d'exploitation de trente ans".

(2) Dans un courrier adressé à EDF le 17 février 2003, l'Autorité de sûreté nucléaire écrivait "EDF a souhaité faire fonctionner certains réacteurs en base, d'autres se trouvant donc davantage soumis au suivi de réseau ; certains aléas techniques, notamment les problèmes de dégradation du combustible sur des réacteurs de 1300 MW, ou des problèmes d'ordre neutronique, ont amené d'autres réacteurs à ne pouvoir fonctionner en suivi de réseau, ce qui a pu encore davantage concentrer ce mode de fonctionnement sur certains réacteurs. Je vous demande de m'indiquer l'analyse que vous faites de l'impact de ce fonctionnement du parc sur la sûreté des centrales, et en particulier sur les réacteurs assurant l'ajustement de la production à la demande."

(3) EDF a signé le 28 mai 2001 avec MISA ( premier constructeur de maisons individuelles avec 10 marques dont Maisons Phénix, Maisons Familiales, Maisons Mamet), un accord pour imposer le chauffage électrique dans 80% des nouvelles habitations.

(3 bis) "Près de 30% des logements étaient équipés de chauffage électrique en 2006, contre environ 2% trente ans plus tôt. Et la tendance s'accentue, la majorité des nouvelles habitations étant chauffées à l'aide de convecteurs." (AFP, 31 octobre 2009)

(4) "Le changement le plus notable depuis 2003 concerne sans doute les arrêts des différentes tranches nucléaires. Désormais, EDF s'efforce en effet d'en programmer le moins possible pendant les mois d'été" (Les Echos, 5 juillet 2006)

(5) http://www.rte-france.com/htm/fr/mediatheque/telecharge/statistiques_annuelles_2008.pdf

(6) http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/CO2-Chauffage-electrique-RTE-Ademe.pdf

(7) http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/statisti/pdf/facture-2008.pdf
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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 09:55
EPR.jpg

On connaissait les énormes problèmes rencontrés par Areva sur ces chantiers en Finlande et à Flamanville (Manche) : béton fissuré, soudures défectueuses.


Mais l'annonce faite conjointement par les autorités de sûreté nucléaire (ASN) britannique, française et finlandaise, montre que la situation est pire que tout ce que l'on pouvait imaginer.


Les autorités de sûreté nucléaire (ASN) ont émis de sérieuses réserves sur le système de sûreté du réacteur de Flamanville. Ilest en effet particulièrement dangereux car il utilise du mox, un mélange d'uranium et de plutonium.


Le système de «contrôle-commande» de l'EPR, mis en cause par le rapport de l'ASN, est qualifiéd'«épine dorsale et de cerveau des réacteurs nucléaires».


La faille provient du fait que les systèmes automatiques censés prendre le relais des procédures classiques en cas de problème dépendent du même système que les procédures classiques. Ainsi, en cas de panne, le système de secours peut tomber lui aussi en panne, puisqu’il provient de la même architecture que le système classique.


Cette nouvelle très grave vient s'ajouter à une longue liste de dysfonctionnements dans cette entreprise en voie de privatisation qui accélère sa course au profit : déchets abandonnées en Russie, découverte de stock de plutonium à Cadarache, fuite de plus 300 kilos d’uranium au Tricastin, soutien au coup d'État au Niger (notre principal fournisseur d'uranium), etc.


Loin d'être une énergie propre, le nucléaire est au contraire une menace terrible pour l'humanité.Et en premier lieu pour les travailleurs des centrales, des entreprises de sous-traitance qui assurent l’essentiel de la maintenance et du nettoyage, le gros œuvre de construction des réacteurs, ainsi que les travailleurs des mines d’uranium qui fouillent les terre sans être informés des dangers qu’ils encourent.


Les sommes colossales – près de 5 milliards d'euros – investies dans le réacteur de Flamanville sont un énorme scandale car l'EPR est aussi inutile que dangereux. Il est donc urgent d'arrêter l'EPR et de lancer un plan d'économies d'énergie, en particulier d'isolation de l'habitat, et de développer véritablement les énergies renouvelables, plans dont les financements doivent être assurés par la taxation des profits des grandes entreprises énergétiques.


Qui paiera ladette de 2 milliards d'euros qu'Areva doit aux autorités finlandaises à cause de son chantier de réacteur EPR en Finlande ? Pourquoi construire un nouvel EPR alors que la France est déjà en surproduction d'électricité et que, pour le même investissement, on crée plus d'emplois et d'énergie avec les énergies renouvelables et les économies d’énergie qu'avec le nucléaire1? Areva et le gouvernement refusent de répondre à ces questions.


Face à l'inconscience et à l'irresponsabilité des dirigeants, le NPA appelle tous les citoyens à se mobiliser pour arrêter ce projet. Il est temps d'en finir avec la tartufferie duGrenelle de l'environnement, cautionné hélas par de nombreuses associations écologistes, et où il est impossible de parler du nucléaire. L’heure est de lancer une vaste mobilisation populaire afin de mettre un terme à ce projet désastreuxetd'enclencher une dynamique qui nous permettra de sortir de la folie du nucléaire.


Laurent Grouet


1.Voir l’étude «Un courant alternatif pour le Grand Ouest» publié par le réseau Sortir du nucléaire

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 09:50
RegionsDepts.jpg


Après le discours de Sarkozy du 20 octobre dernier à Saint-Dizier, le NPA soulignait les enjeux du projet gouvernemental de réforme territoriale :

«  Il s’agit avant tout de forcer les collectivités à se mouler strictement dans le cadre des politiques néolibérales comme celle de la RGPP1 :

 par la suppression de la taxe professionnelle, par la création des métropoles (qui capteront l’essentiel de la fiscalité au détriment des zones rurales), et par la suppression de la clause de compétence générale qui permet aux départements et régions d’intervenir dans tout domaine correspondant à des besoins sociaux insuffisamment pris en compte ou pas du tout par l’État.

Le second objectif est de permettre à la droite de reconquérir des positions au plan local par la modification des modes de scrutin.

Pour un gouvernement qui laisse filer l’endettement public au bénéfice des banques, des capitalistes et des rentiers, et qui supprime chaque année des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, il est insupportable de ne pas exercer un contrôle plus strict sur les collectivités locales qui réalisent 73 % de l’investissement public et, selon Sarkozy « continuent à créer plus d’emplois que l’État n’en supprime ».

 Ne nous y trompons pas c’est l’ensemble de la Fonction publique territoriale qui est visée : les fonctionnaires et le service public, voilà l’ennemi de ce gouvernement. »
La fronde au sein même de l’UMP, à propos de la taxe professionnelle et contre l’adoption de cette réforme avant celle des collectivités, ne fait que confirmer notre analyse.
Au-delà de ces péripéties, ces réformes sont lourdes de conséquences. Autant de raisons d’y regarder de plus près.

La clause de compétence, kesako ?

Derrière cette expression pas très claire, se cache un principe très simple : la possibilité pour les collectivités territoriales d’intervenir dans tout domaine correspondant à des besoins sociaux insuffisamment pris en compte ou pas du tout par l’État.

 Le projet prévoit de maintenir cette possibilité pour les communes et intercommunalités, mais de la supprimer pour les départements et les régions : « La région et le département exercent, en principe exclusivement, les compétences qui leur sont attribuées par la loi » (chapitre 3, art.13 du projet de loi). En précisant qu’une compétence attribuée à l’un ne peut l’être à l’autre.

L’argument central du gouvernement semble de bon sens. En effet, les collectivités interviennent en de nombreux domaines, avec d’énormes inconvénients : chevauchement des compétences, financements croisés compliqués et opaques, lourdeur administrative, gaspillage financier.

 Ces arguments ne sont pas faux, mais ils font l’impasse sur l’essentiel : par la coopération et la mutualisation des moyens financiers, des collectivités peuvent répondre à des besoins sociaux que chacune d’entre elles ne pourrait pas prendre en charge séparément : financement d’équipements culturels, actions sur le logement, dans le domaine du tourisme, aménagements routiers, etc. Et il faut ramener à sa juste mesure ce qui est en jeu : les régions et départements n’interviennent hors de leurs compétences obligatoires que pour 10 à 20 % de leur budget.
Enfin, la suppression de la clause de compétence serait dévastatrice pour les personnels : suppression de services entiers et donc de dizaines de milliers d’emplois1.

La création des métropoles

«  La métropole est un établissement public de coopération intercommunal regroupant plusieurs communes, qui forme un ensemble de plus de 450 000 habitants.» (chapitre 1, art L.5217-1). Alors quoi de neuf par rapport aux communautés urbaines ? Sans doute la volonté de jouer dans la cour des grandes métropoles européennes. À cette fin, les métropoles pourraient être dotées de compétences actuelles des régions et départements (politique de cohésion sociale, développement économique, éducation).

Le risque est évident : les métropoles, en intégrant de nouvelles communes et en élargissant leurs compétences, siphonneraient une part grandissante de la fiscalité au détriment des zones rurales et de toute politique de péréquation pour laquelle les départements peuvent jouer un rôle important.

Les conseillers territoriaux

«  Le conseil régional est composé des conseillers territoriaux qui siègent dans les conseils généraux des départements faisant partie de la région. » (chapitre 1, art. L.4131-1). Le mode de scrutin, qui entrera en application en 2014, fera l’objet d’une loi ultérieure. Mais il est évoqué un scrutin à un seul tour, avec une dose de proportionnelle (20 % maximum).

L’objectif est d’imposer une bipolarisation politique par le scrutin à un seul tour. Le reste n’est que fumée, en particulier la diminution du nombre des élus des départements et régions de 5 800 à 3 000, sous prétexte d’économies.
Si nous condamnons sans réserve le scrutin uninominal à un tour et une proportionnelle-croupion, la question de l’avenir des départements mérite débat.

Les conseils généraux sont les machines clientélistes les plus redoutables. Il suffit de voir les pressions sur les maires ayant donné une pré-signature pour Olivier Besancenot pour s’en convaincre. Ces pressions ne venaient pas du Sénat, de l’Assemblée nationale, du conseil municipal ou de la fédération du parti, mais en priorité du conseil général !

D’un autre côté, les conseils généraux jouent encore un rôle essentiel dans les services publics locaux, en particulier en zone rurale. S’ils disparaissent, quelles institutions vont poursuivre leurs missions de service public ? À supposer même que ces missions soient maintenues. La vraie question n’est donc pas ici la forme du pouvoir politique, mais le contenu des politiques publiques et les conditions de leur mise en œuvre. Il n’est pas certain que les populations les plus défavorisées aient à gagner à l’affaiblissement des conseils généraux qui, rappelons-le, jouent un rôle majeur dans le domaine de l’action sociale

Les chambres régionales des comptes

Les chambres régionales des comptes ont été instituées en mars 1982, en complément aux lois de décentralisation, comme contrepartie à la suppression de la tutelle a priori sur les actes des collectivités territoriales. Leur rôle, certes très insuffisant, a permis d’éviter ou de mettre en lumière certaines dérives de potentats locaux.

Le projet de réforme de cette institution prévoit de remplacer les 22 chambres actuelles (une par région) par une dizaine de chambres interrégionales absorbées par la Cour des comptes, mais avec un statut juridique inférieur.

 Pour le Syndicat des juridictions financières, ce projet est lié à «la réforme de la taxe professionnelle et à la réforme territoriale et nous y voyons la volonté du gouvernement de constituer un bloc cohérent pour maîtriser les comptes des collectivités locales. » Et d’ajouter : « la réforme palliera simplement l’incapacité de la Cour des comptes à exercer ses missions nouvelles, par le sacrifice du contrôle financier des collectivités locales, pourtant conçu comme un fondement du développement de la démocratie locale. »

Taxe professionnelle

La suppression de la TP devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2010. Cette réforme, découplée de la réforme des collectivités territoriales, lui est néanmoins intimement liée. La TP, dont le Medef réclame la suppression, serait remplacée par la cotisation économique territoriale (CET) qui comportera deux taxes : une cotisation locale d’activité, la plus faible, assise sur la valeur des locaux et perçue par les communes ; et une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, la plus importante, perçue par les régions et départements.

 L’objectif est de supprimer un « impôt imbécile » pour « favoriser la compétitivité et l’investissement des entreprises ». Refrain connu, et la ministre de l’Économie d’assurer que 95 à 98 % des entreprises seront gagnantes. On la croit sans peine, mais on croit deviner quels seront les perdants !

 Le gain pour les entreprises sera de 12 milliards en 2010, puis de 7 milliards. Quant aux « perdantes », elles pourront étaler les effets de la réforme sur cinq ans. La TP reste à ce jour la principale ressource des collectivités locales. Le manque à gagner risque d’être tel que le gouvernement s’est engagé à le compenser, par des dotations. Or, aucune garantie de perennité de ces dotations n’est donnée.

On comprend donc facilement l’émoi des sénateurs UMP regroupés autour de Raffarin, affirmant que « l’actuelle proposition n’est ni claire, ni juste, ni conforme à nos convictions d’élus enracinés », et « ne peut être votée en l’état.»

Pour le NPA, une réforme de la TP est indispensable, dans le cadre d’un changement radical de fiscalité, plus progressive et plus juste socialement. Elle devrait notamment intégrer dans la base d’imposition les actifs financiers des entreprises. Tout le contraire de la réforme Sarkozy.

Des chiffres

Les élus locaux : 1 880 conseillers régionaux (48,6 % de femmes), 4 037 conseillers généraux (12,4 % de femmes), 519 417 conseillers municipaux (35 % de femmes).
Les budgets : les dépenses s’élèvent en 2009
à 91,9 milliards d’euros pour les communes,
67,6 milliards pour les départements,
27,3 milliards pour les régions.
Personnels : 1 865 000 agents territoriaux dont
1,1 million pour les communes
(700 000 précaires, surtout dans les communes).

Les propositions du NPA

Le NPA avance un certain nombre de propositions. Elles sont mises en débat dès à présent, en particulier pour enrichir notre plateforme pour les prochaines élections régionales.

- Maintien de la clause de compétence générale, c’est-à-dire libre administration des collectivités locales, aussi bien par l’impôt que par la possibilité d’intervenir dans tout domaine correspondant à des besoins sociaux.

- Proportionnelle intégrale à toutes les élections, contre le scrutin uninominal à un tour, contre les élections à deux degrés (intercommunalités).

- Maintien d’une taxe professionnelle réformée, dans le cadre d’une réforme radicale de la fiscalité.

- Défense des personnels des collectivités territoriales, contre les suppressions d’emplois induites par la réforme1.

- Maintien et renforcement du rôle des chambres régionales des comptes, renforcement des possibilités de contrôle de la population sur tous les actes des collectivités locales.

1. La question des personnels fera l’objet d’un prochain article dans Tout est à nous !

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 09:10











Esther VIVAS

Le modèle actuel de production agricole et d’élevage industriels contribue à aggraver la crise écologique globale et a un impact direct sur le processus du changement climatique. Bien que cela ne semble pas évident à première vue, l’agro-industrie est l’une des principales sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES).


C’est ce qui a été souligné par la la campagne « Ne mange pas le monde » dans le cadre des mobilisations à l’occasion de la réunion des Nations Unies à Barcelone sur le changement climatique, avant le sommet crucial de Copenhague (COP15) en décembre où doit être adopté un nouveau traité remplaçant celui de Kyoto.


D’après cette campagne, entre 44 et 57% des émissions de gaz à effet de serre sont provoquées par le modèle actuel de production, de distribution et de consommation alimentaires. Un chiffre obtenu en additionnant les émissions dues aux activités strictement agricoles (11 à 15%), à la déforestation (15 à 18%), à la manutention, au transport et au stockage des aliments (15 à 20%) et des résidus organiques (3 à 4%).


Il ne faut pas perdre de vue les éléments qui caractérisent ce système de production alimentaire : intensif, industriel, kilométrique, délocalisé et dépendant des énergies fossiles. Voyons cela en détail.


Intensif car il repose sur une sur-exploitation des sols et des ressources naturelles et libère ainsi des gaz à effet de serres des forêts, des champs de culture ou d’élevage.


En plaçant au dessus de tout la productivité au lieu de l’entretien, de la régénération ou de l’exploitation prudente de l’environnement, il rompt l’équilibre grâce auquel les sols capturent et stockent du carbone, contribuant ainsi à la stabilité climatique.


Industriel car il consiste en un modèle de production mécanisé, utilisant des agents chimiques, privilégiant la monoculture, etc. L’utilisation d’immenses tracteurs pour labourer la terre et récolter les aliments contribue à libérer plus de CO2. Les fertilisants chimiques utilisés dans l’agriculture et dans l’élevage modernes génèrent une quantité importante d’oxydes nitreux, une des principales sources d’émission de gaz à effet de serre.


De plus, la destruction par le feu des bois, des forêts et des jungles pour les convertir en terrains de pâture ou de monoculture affecte gravement la biodiversité et contribue également aux émissions massives de carbone.

Kilométrique et pétro-dépendant, car il s’agit d’une production de marchandises délocalisé qui est à la recherche de main d’oeuvre bon marché et de législations environnementales plus laxistes.


Les aliments que nous consommons parcourent des milliers de kilomètres avant d’atterrir dans nos assiettes, avec tout l’impact environnemental que cela implique. On estime qu’aujourd’hui la majeure partie des aliments voyagent en moyenne entre 2.500 et 4.000 kilomètres avant d’être consommés, soit 25% de plus qu’en 1980.


Nous sommes face à une situation totalement intenable où, par exemple, l’énergie consacrée à expédier des laitues d’Almeria vers les Pays-Bas est trois fois supérieure à celle utilisée pour les cultiver...


C’est d’autant plus absurde que nous consommons bien souvent des aliments qui proviennent de l’autre bout du monde alors qu’ils sont produits au niveau local.


L’élevage industriel est un autre secteur important d’émission de gaz à effet de serre et son développement s’est fait à coup de déforestations massives : 26% de la superficie terrestre est dédiée à l’élevage et 33% à la production d’aliments pour le bétail !


Les pourcentages d’émissions de GES de ce secteur représente 9% des émissions totales de CO2 (principalement par la déforestation), 37% des émissions de méthane (par la digestion des ruminants) et 65% des émissions d’oxyde nitreux.


Ce modèle d’alimentation kilométrique, tout comme le taux élevé d’utilisation d’agents agro-chimiques dérivés du pétrole, implique une forte dépendance envers les ressources fossiles. En conséquence, dans la mesure où le modèle de production agricole et d’élevage dépend fortement du pétrole, la crise alimentaire, la crise énergétique et la crise climatique sont étroitement liées.


Malgré tous ces sombres éléments, nous pouvons freiner le changement climatique et l’agriculture paysanne, locale et agro-écologique peut y contribuer de manière déterminante.


Il s’agit de rendre à la terre la matière organique qui lui est substituée, après que la « révolution verte » a épuisé les sols avec l’usage intensif de fertilisants chimiques, de pesticides, etc. Pour ce faire, il est nécessaire de développer les techniques agricoles soutenables qui peuvent augmenter graduellement la matière organique de la terre de 2% sur une période de 50 ans, restituant ainsi le pourcentage éliminé depuis les années ’60.


Il est nécessaire de soutenir un modèle de production diversifié, mêlant prairies, bois, champs de culture et d’élevage, qui intègre à nouveau la production animale dans la culture agricole, avec des arbres et des plantes sylvestres.


Il faut promouvoir les circuits courts de commercialisation et la vente directe dans les marchés locaux. Avec de telles pratiques, on estime qu’il serait possible de capturer jusqu’à deux tiers de l’excédent actuel de CO2 dans l’atmosphère. Le mouvement paysan international Via Campesina a tout à fait raison quand il souligne que « l’agriculture paysanne peut refroidir la planète ».


En outre, il faut dénoncer les fausses solutions du capitalisme vert face au changement climatique, comme l’énergie nucléaire, les agro-combustibles etc, ainsi que dénoncer les lobbys patronaux qui ne cherchent qu’à tirer un maximum de profit du futur traité de Copenhague. Divers mouvements sociaux exigent la « justice climatique » en visant les mécanismes de marché incorporés dans le protocole de Kyoto et qui doivent être prolongés à Copenhague.


Une véritable justice climatique doit aller de pair avec la justice sociale, en liant étroitement la lutte contre la crise écologique globale avec le combat contre la crise capitaliste qui touche de vastes secteurs populaires, sur base d’une perspective anticapitaliste et écosocialiste.


Pour que le climat ne change pas, il faut changer le monde !


Esther Vivas


Esther Vivas est membre de d’Izquierda Anticapitalista-Revolta Global dans l’Etat espagnol et à été tête de liste aux dernières élections européennes.


Elle a publié en français « En campagne contre la dette » (Syllepse, 2008) et est coordinatrice des livres en espagnol « Supermarchés, non merci » ! et « Où va le commerce équitable » ? L’article que nous reproduisons ici est paru dans le quotidien espagnol Público et traduit de l’espagnol pour le site www.lcr-lagauche.be .


URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Une-autre-agriculture-pour-un-autre-climat.html
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 08:48






Vendredi, 13 Novembre 2009 10:38

COMMUNIQUE DE PRESSE DU NPA 35

Des personnes dorment dehors.


Nous le refusons.


Le NPA, au même titre que plusieurs partis politiques de gauche, d'associations, de syndicats regroupés dans le "Réseau Logement 35", se mobilise pour que soit reconnu et appliqué un droit fondamental : le droit au logement.


Lorsque ce droit, inscrit dans la constitution, n'est pas satisfait, on doit faire pression pour qu'il le soit.


Le NPA n'accepte pas que soit laisser à la rue des personnes, qu'il s'agisse de pauvres, de personnes sans-papiers, de chômeurs sans revenus, ou de demandeurs d'asile !


La loi précise que « Dans les villes où il existe une crise grave du logement, des mesures exceptionnelles et temporaires sont prises en vue de réaliser une meilleure répartition des locaux de manière que puisse être assurée l’installation de ceux qui, en raison de leur travail et de leur situation de famille doivent être pourvus de logement ».


Elle offre ainsi aux Maires et aux Préfets, un moyen d’action efficace pour remédier à cette situation.


Or la préfecture, garante de la politique d'immigration du gouvernement, a fait le choix de ne pas faire appliquer la loi. Un comble !

C'est alors vers la municipalité de Rennes que s'est tourné le "Réseau Logement 35", afin que des mesures concrètes soient prises pour que personne ne couche dehors, ni ici, ni ailleurs. Des logements existent à Rennes.


Des logements inoccupés, adaptés, chauffés. Et, sous le pretexte que la vitrine de la Ville avec ses 20 % de logements sociaux a atteint les quotas recquis, on s'est tiendrait là !


Cette municipalité n'aurait de leçon à recevoir de quiquonque, comme l'a déclaré M. Delaveau, au "Réseau logement 35", venu l'interpeller sur ce sujet lors du conseil municipal du 3 octobre dernier.

Si des moyens existent pour équiper les rues de caméras de surveillance ou pour financer un centre des congrès, ils doivent exister aussi pour loger des personnes.


Et si les moyens n'existent pas pour les deux, la priorité va vers le logement des personnes.


A quelle humanité a-t-on affaire ?


Lorsque le droit au logement est exigé, ce n'est pas une demande de charité qui est avancée, c'est bien la reconnaissance pour toutes et tous au droit élémentaire de vivre sous un toit, quelles que soient les saisons, quelles que soient les origines.

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 08:35
Communiqué du NPA.
Bouclier fiscal pour les riches, accidentés du travail taxés.

Un projet de loi visant à taxer les indemnités des accidentés du travail a été voté par les députés UMP ce vendredi 13 novembre.


Ce projet est purement scandaleux car il vise à taxer les salariés déjà pénalisés par un accident du travail.


A écouter Sarkozy et son gouvernement cette loi serait indispensable car il s'agirait d'une loi d'équité sociale, de "justice sociale".


Comment peut on aujourd'hui considérer les accidentés du travail comme des privilégiés alors que ces indemnités ne sont pas équivalentes à leur salaire initial et que souvent les conséquences d'un accident du travail sont irréversibles physiquement pour les salariés concernés.  


Alors que le gouvernement s'apprête à faire un nouveau cadeau de 12 milliards d'euros aux entreprises en supprimant la taxe professionnelle, qu’il continue à donner chaque année 32 milliards d'euros au patronat en exonération de cotisations sociales, qu’il subventionne à coup de milliards le patronat de l’automobile comme PSA alors même qu’il licencie , qu’il réduit les impôts des plus riches grâce au bouclier fiscal, taxer les victimes du travail montre une nouvelle fois tout le mépris de ce gouvernement vis-à-vis des classes populaires.


Par équité sociale, le NPA propose, entre autre, que le gouvernement, comme le préconise la Cour des comptes depuis 2007, taxe réellement les stocks options ce qui rapporterait environ 3 milliards d'euros.


Le NPA est partie prenante de la campagne unitaire initiée par la Fondation Copernic contre ce projet indécent et pour son retrait.

 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 08:32
Communiqué NPA 35.

Une trentaine de personnes sans hébergement, dont des femmes et des enfants, soutenue par le DAL 35, s'était mise à l'abri dans des anciens logements inhabités, appartenant à la ville de Rennes.


Dans l'après-midi du vendredi du 6 novembre, la mairie les a fait expulser par les forces de "l'ordre".

En pleine trêve hivernale, la municipalité de Rennes, rejetant la responsabilité de cet hébergement sur la Préfecture, a fait de choix de garder des logements vides et de laisser dans ses rues, des femmes et des enfants !


Quand sous nos yeux, une personne est en train de se noyer et que nous avons une bouée à lui lancer, nous n'attendons pas l'arrivée d'hypothétiques secours.

Vendredi 6 novembre, la municipalité de Rennes s'est déshonorée. Les pouvoirs publics présents en Ille-et-Vilaine, qu'ils soient locaux ou nationaux, porteront la responsabilité des drames qui vont se jouer cet hiver dans nos rues.

Le NPA 35 condamne cette décision et demande un plan d'urgence pour mettre à l'abri avant les grands froids, toutes les personnes à la rue.


C'est ça aussi pour nous être de gauche !

 

 



A Rennes, Vivre en intelligence,

c’est avant tout protéger la paix des riches !




La rentrée commence fort cette année avec la mise en place par la ville de Rennes en collaboration avec la police nationale d'un nouveau plan sécuritaire.


Depuis mi septembre, une unité territoriale de quartier ( UTEQ)- la police de proximité de Sarkozy -composée de 20 personnes a pris position dans le centre. Elle est appuyée par une compagnie de sécurisation et par de nouvelles caméras de surveillance.


Pour le NPA cette nouvelle unité de police est la meilleure illustration de la politique gouvernementale : une politique de la matraque !


En banlieue parisienne où a été testé en premier ce type d'unité, l'exemple est éclairant.


Aux Tarterêts, à Cergy ou Villiers Le Bel, elle génère une multiplication des affrontement jeunes/police. En effet, les méthodes de l’UTEQ consistent avant tout à provoquer pour pouvoir mieux réprimer tout ceux et celles qui n'obéissent pas. Pour cela, des moyens leur ont été donné : tazer, nouveaux modèles de flashball et tenue de robocop.

A Rennes, l'UTEQ ( seule UTEQ de France située en centre ville) entre en parfaite adéquation avec la volonté municipale de faire du secteur St Anne la vitrine de Rennes vers l'extérieur en attirant dans son centre des congrès une clientèle d'affaire bien propre sur elle.


La voie est désormais libre pour passer le karcher !

Pour le NPA 35, la municipalité rennaise utilise l’argument sécuritaire en prétextant les faits divers de ces derniers mois pour accroître la présence policière. L’objectif réel est d'éloigner du centre-ville les classes populaires pour mieux les contrôler.


Pour le NPA 35, il faut dès maintenant combattre cette politique sécuritaire initiée par la mairie de Rennes qui n'hésite plus maintenant à expulser les mal logés et les sans papiers dans la droite ligne de la politique gouvernementale.

 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 08:29

La réunion unitaire afin de préparer les échéances électorales des régionales était attendue.


Quelques jours après son Conseil Politique National, le NPA a porté des amendements au texte commun proposé il y a une dizaine de jours par le Front de Gauche.


Ces amendements portent sur les questions suivantes : le programme, le profil national et l’indépendance vis-à-vis de l’orientation social-libérale qui domine le PS et Europe Ecologie.


Nous avons pu constater que, sans partager l’ensemble de nos propositions, nos amendements rejoignaient les préoccupations de beaucoup de composantes de cette réunion qui entendent débloquer la situation et non pas la figer.

A notre grande surprise, les forces constitutives du Front de Gauche se sont prononcées dans un sens de rupture et d’exclusive vis-à-vis du NPA. Elles ont refusé de poursuivre la discussion, en convoquant une nouvelle réunion, le 18 novembre, dont la base est la constatation d’un « désaccord stratégique avec le NPA ».


Le texte du Front de Gauche est à prendre ou à laisser, et celui-ci souhaite commencer sans attendre la campagne électorale.  Cette attitude inélégante n’est pas à la hauteur des enjeux.


Pourtant, plusieurs forces, dont le NPA, ont annoncé qu’ils devaient consulter leurs militants qui, seuls, pouvaient entériner la position de leur parti.

Nous regrettons cette situation.


Nous avons proposé une nouvelle réunion unitaire à partir de nos amendements, qui ne sont pas à prendre ou à laisser, et que nous sommes prêts à compléter d’autres éventuellement.


Cette réunion est ouverte à l’ensemble des forces qui se sont réunies depuis septembre et qui souhaitent offrir une véritable alternative à gauche. Elle aura lieu le 16 novembre et le NPA y fera de nouvelles propositions.

Enfin, des réunions se tiennent aussi dans les régions, preuves que le processus unitaire se poursuit et c'est positif.

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 08:24

À Brest, ils ont protesté contre le rassemblement de l'association « SOS tout-petits » hostile à l'avortement.

Une soixantaine de partisans de la loi Veil légalisant l'avortement ont manifesté hier en début d'après-midi à Brest.


Ils protestaient contre le rassemblement organisé à l'intérieur de l'église Saint-Louis par l'association « SOS tout-petits ».


Ils ont défilé autour de l'édifice en scandant des slogans tels que « Un enfant si je veux, quand je veux » ou « C'est la loi, c'est le droit, l'IVG est un droit ».


« SOS tout-petits » organisait hier dans un certain nombre de villes françaises un « rosaire pour la vie » destiné à rappeler son opposition à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) mais aussi à la contraception.


A Brest, une trentaine de personnes ont participé à la prière qui avait lieu dans une chapelle de l'église Saint-Louis.


Pour les pro-IVG, on assiste à une remise en cause de la loi Veil. « Le droit à l'avortement est menacé, estime une militante du Planning familial de Brest.


Il n'y a pas de volonté politique pour que les hôpitaux continuent à pratiquer les IVG. Les anti-IVG sont présents dans énormément de réseaux. »

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