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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:53

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Le sommet international de Copenhague qui se tiendra en décembre prochain sera d’une importance capitale quant à l’avenir de la lutte contre les dérèglements climatiques et leurs conséquences sur les populations du globe. La dernière phase de discussion qui s’est déroulée à Bangkok montre les blocages opérés par les principaux pollueurs de la planète.

 

Alors que le dernier rapport des Nations unies analyse une aggravation des dérèglements supérieure à celle diagnostiquée par le Groupe international d’études sur le climat (Giec) et qu’un récent rapport britannique montre que la température globale pourrait augmenter de 4°C d’ici 2060, les grandes puissances font tout pour ne pas être contraintes à opérer les changements nécessaires.

Ainsi, l’alliance entre les États-Unis et l’Union européenne vise à ficeler un accord sans objectifs contraignants, paré uniquement de belles promesses. D’un côté, ces puissances se fixent des objectifs inférieurs aux plus basses recommandations du Giec (l’Union européenne, par exemple), ou refusent tout engagement, comme les États-Unis, la Russie, le Canada ou la Nouvelle-Zélande. De l’autre côté, les grands pays en développement se disent prêts à s’engager sur des objectifs précis.

De fait, il s’agit là de revenir sur un des principes positifs du protocole de Kyoto, celui de la « responsabilité commune mais différenciée » qui enjoignait aux pays industriels de baisser leurs émissions de gaz à effet de serre en priorité, avant ceux du Sud.

Désormais, il s’agit pour les pays industriels d’imposer un accord impliquant à parts égales tous les États, sans tenir compte ni de leur responsabilité historiques ni des niveaux différents de richesses. Laisser le destin du monde dans les mains des industriels, des multinationales et des gouvernements à leur service ne pourra engendrer que de nouvelles catastrophes.

Qui va payer ?

Au-delà des engagements chiffrés et des moyens pour y parvenir, l’opposition se cristallise entre grandes puissances et pays les plus pauvres, dans lesquels les populations seront les premières menacées, sur la question des financements des fonds d’adaptation nécessaires aux pays pauvres, pour faire face au dérèglement climatique. Là encore, les pays industrialisés refusent d’acquitter leur dette. L’Union européenne propose par exemple que les financements de tels fonds proviennent pour 40 % de l’argent tirés des marchés du carbone, et que le restant des budgets soit à la charge à même hauteur des pays développés et des pays du Sud.

Autrement dit, les États, quelle que soit leur responsabilité, devront payer la même chose, et surtout la majeure partie de ces fonds reviendra à des mécanismes non seulement inefficaces mais qui de surcroît sont un nouvel outil pour l’impérialisme et permettent aux pays industrialisés de se défausser sur ceux du Sud. Les peuples de ces pays sont ainsi doublement piégés : par l’argent qu’ils devront verser et par la délocalisation des réductions de gaz à effet de serre qui seront à leur charge.

Les propositions des pays africains s’orientent vers une autre logique, puisqu’ils proposent de prélever 5 % du PIB des pays développés pour alimenter les fonds d’adaptation.

De plus, les puissances impérialistes souhaitent que ce soient les institutions à leur service et dans lesquelles elles sont majoritaires qui gèrent ces fonds, en particulier la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Quand on connaît les plans d’ajustements structurels imposés par de telles institutions, on ne peut que refuser fermement une telle perspective.

Droits des peuples ou droit du plus fort ?

Ne soyons pas naïfs sur les velléités de nombreux gouvernements du Sud de lutter radicalement contre les changements climatiques. Cependant, il est certain que l’unité des pays industrialisés est une arme de guerre contre leurs peuples et qu’ils ne peuvent accepter passivement ce qu’on veut leur imposer.

Mais désormais, c’est d’abord sur l’alliance des peuples, des indigènes, des mouvements sociaux et environnementaux qu’il faut s’appuyer, en toute indépendance vis-à-vis des États. Une manifestation a eu lieu à Bangkok le 5 octobre qui a rassemblé les populations thaïes menacées par de gros projets industriels (barrages, centrales…), la coalition Climate Justice Now, le réseau Via Campesina et des délégations internationales.

Il est urgent de donner le plus d’ampleur possible à ce type de mouvements pour dénoncer les premiers responsables et pour défendre un plan d’urgence de sauvetage du climat à l’échelle internationale.

Vincent Gay



Copenhague : un sommet sans hauteur
L’urgence du passage à l'action

Les rapports scientifiques se succèdent et confirment qu’au-delà d’une élévation de 2°C de la température moyenne du globe par rapport à l’ère pré-industrielle, les bouleversements, tant pour les populations que pour la biodiversité, seront 
désastreux.

Face à un risque comme n’en a jamais connu l’humanité, le Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat) estime que, pour éviter une élévation de température supérieure à 2°C, les pays développés devront réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% d’ici 2020, et de 
80 à 95% d’ici 2050, par rapport à leurs émissions de 1990.

Les émissions mondiales devront être passées par un pic avant 2015. Après cette date elles devront impérativement décroître. Au niveau mondial, les émissions de gaz à effet de serre devront être réduites de 50 à 85% d’ici 2050, par rapport à leur niveau de 1990.

Face à ces nécessités impérieuses, l’action concrète est des plus urgentes. Les réponses que donneront les négociateurs internationaux devront être radicales et remettre profondément en cause les moyens jusqu’ici prescrits pour répondre aux 
érèglements climatiques.

Cependant, il y a fort à craindre que ces 
égociations se déroulent dans la droite ligne 
libérale, impérialiste et techniciste) des conférences précédentes.

Une prise de conscience sélective

La situation internationale a évolué depuis le protocole de Kyoto: prise de conscience croissante dans toutes les opinions internationales, consensus scientifique quant à l’urgence, changement de majorité en Australie et surtout aux États-Unis, pression croissante des pays les plus pauvres…

Cependant, nous pouvons d’ores et déjà affirmer que cela ne pèsera pas lourd face aux velléités des dirigeants de prendre le moins d’engagements chiffrés et vérifiables possibles.

Plusieurs éléments sont à surveiller de très près:

1) les engagements chiffrés:

De nombreux États prennent actuellement des engagements qui ne sont pas à la hauteur des préconisations les plus modestes. Ainsi, l’Union européenne, qui veut jouer le rôle de leader en matière de climat, ne s’est engagée à réduire ses émissions que de 20% en 2020 par rapport à 1990 alors que le Giec préconise une réduction de 25 à 40%.

2) la date de référence quant aux réductions affichées:

Certains pays, comme les États-Unis, affichent des engagements qui peuvent paraître ambitieux, mais ils prennent comme référence les émissions de 2005 et non celles de 1990 (beaucoup plus 
aibles).

3) l’extension des mécanismes de flexibilité:

Le protocole de Kyoto introduisait la possibilité des mécanismes d’échanges marchands de droits à polluer et de soutien à des projets non polluants dans les pays en développement, afin d’exonérer les industries du Nord de leurs responsabilités; mais ces mécanismes restaient limités. Le risque est grand de les voir devenir la norme et non 
l’exception.

4) la priorité accordée aux solutions technologiques:

Les tenants du «capitalisme vert» ou du «new deal écologique» veulent donner la priorité aux nouvelles technologies (des agrocarburants, voiture et charbon «propres»…) autant de chimères qui pourront donner lieu à des profits bien réels mais qui ne peuvent être des solutions face aux dérèglements climatiques.

Une mobilisation plus que jamais nécessaire

Si nous ne voulons pas que le cynisme des puissants de ce monde n’entraîne de profonds déséquilibres climatiques, touchant en premier lieu les plus pauvres, il sera nécessaire d’imposer aux dirigeants des engagements ambitieux. Pour cela, une large mobilisation est nécessaire. Au sein de ce mouvement, nous avons pour tâche de favoriser la constitution d’un courant anticapitaliste et antilibéral qui s’oppose résolument aux solutions proposées par les dirigeants des grandes puissances. Ce mouvement devrait alors promouvoir des solutions en rupture avec le système et qui mettraient au premier plan la nécessité d’une réponse aux besoins sociaux des populations par des moyens démocratiquement décidés et prenant en compte les contraintes environnementales.

Damien Joliton

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:47
Communiqué du NPA.

La majorité de droite a voté cette nuit au Sénat le changement de statut de la Poste. Celui-ci ouvre la voie à la privatisation du service public postal contrairement aux mensonges véhiculés p arl'UMP. Cette même majorité avait, quelques jours auparavant, refusé la motion référendaire malgré le succès de la votation citoyenne qui a regroupé 2,3 millions d'électeurs.

Le gouvernement répond ainsi par le mépris à la campagne unitaire organisé par le comité national.


C'est dorénavant à la rue de parler.


Le 28, une manifestation nationale décentralisée doit permettre aux salariés et aux usagers de la Poste de continuer à construire un mouvement populaire d'ensemble et prolongé.


Le 24 novembre, les postiers des différentes secteurs - distribution, colis, banque postale - prendront part à l'action par une grève nationale prolongée.

L'unité de toute la gauche, sociale, syndicale et politique, a été la clé du succès de la votation citoyenne.


Elle doit l'être pour imposer un bras de fer victorieux, vis-à-vis du gouvernement, contre le changement de statut du service public postal qui doit être voté à l'Assemblé nationale à partir du 14 décembre.

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:42
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Le Conseil politique national (direction nationale) qui s’est tenu les 7 et 8 novembre à Clichy a principalement débattu de la position du NPA pour les régionales.

Il
a eu lieu à Clichy en banlieue parisienne, réunissant 140 membres de la direction du NPA, environ. Il a essentiellement porté sur la prochaine campagne des élections régionales, avec également à l’ordre du jour une réunion non mixte des camarades femmes et un débat sur l’impérialisme et l’internationalisme.


Concernant les élections régionales, il fallait à la fois débattre du bilan de la politique unitaire offensive menée par le NPA depuis le lendemain des élections européennes et des modalités de sa poursuite. Pour la suite, le cadre de la discussion était donné par une résolution proposée par une majorité de membres du Comité exécutif et des propositions d’amendements à la proposition unitaire faite par le Front de gauche à la réunion du 28 octobre.


Des débats, sont ressorties cinq positions apportant chacune leur éclairage sur notre position politique, la manière de poursuivre ou au contraire d’arrêter le cadre des discussions unitaires, sur le contenu de notre campagne et la consultation des militant-e-s.


Notons d’abord les points qui font accord pour toutes et tous, et notamment la conviction que la participation aux majorités de gestion était inenvisageable pour les militants du NPA pour des raisons de fond. D’autre part, une grande majorité des membres du CPN ont exprimé la volonté de ne pas rompre le cadre unitaire mis en place à l’initiative du NPA.


Il n’y a pas de « fin de non-recevoir », malgré les affirmations du PCF, mais un désaccord maintenu. Difficile ensuite de résumer chaque position. Notons simplement que la discussion s’est centrée sur le lien entre les alliances et le programme et qu’une majorité du CPN s’est prononcée à nouveau pour ne pas participer aux exécutifs dominés par le Parti socialiste et Europe écologie, réaffirmant notre volonté de ne pas appliquer des politiques d’aménagement du libéralisme qui échouent à porter les revendications de tout le monde du travail. Cela signifie parvenir à faire porter la discussion sur les contenus. D’autres amendements au texte du Front de gauche ont été adoptés.


C’est sur ce mandat (les amendements, leur interprétation politique et la consultation) qu’une délégation du NPA se rendra à la réunion du 10 novembre. L’ensemble des positions qui se sont dégagées au CPN pourront ensuite être affinées et formulées dans le cadre de la consultation interne au NPA.


Car le CPN a également décidé de consulter les militant-e-s, comme prévu précédemment, en reculant la période des assemblées générales locales à la semaine du 30 novembre au 6 décembre, pour prendre en compte la réunion du cadre unitaire et estimer la manière dont les discussions vont pouvoir se poursuivre, aux niveaux national et régional.


Ce CPN a aussi été l’occasion pour les camarades femmes de se retrouver pour une réunion non mixte. Il s’agit d’un droit permanent des militantes, inscrit dans les statuts. Son exercice au CPN fait suite à une prise de conscience collective des camarades qui ont suivi le stage de formation à Tôtes, à la fin du mois d’octobre.


Nous constatons en effet que nous sommes nombreuses à éprouver des difficultés et à douter de notre légitimité. Grâce à la parité, les instances du parti comportent beaucoup de femmes, ce qui est très positif, mais notre fonctionnement n’aide pas toujours les militantes à trouver leur place. Celles-ci doivent donc se donner les moyens de discuter ensemble de ces problèmes afin de ne pas être renvoyées à des difficultés individuelles et pour être en mesure d’instaurer un rapport de forces collectif permettant aux femmes de militer à égalité avec les hommes. Rappelons que le NPA, qui doit tendre à représenter la société telle qu’elle est, ne compte qu’un tiers de militantes.


Enfin, comme à chaque CPN, un grand débat a permis aux camarades d’appréhender un des domaines d’intervention du NPA qui constitue aussi un des fondements de son identité. Nous avons ce week-end abordé la situation politique internationale, les liens et les contradictions entre sphères économique et politique.


Quelle place pour le NPA dans les luttes contre l’impérialisme et la militarisation ? Il nous faut réfléchir dès aujourd’hui à notre implication dans le processus de construction d’une nouvelle Internationale réunissant les organisations anticapitalistes du monde.


Myriam Duboz - Ingrid Hayes

 


 

Régionales: net désaccord entre NPA et Front de gauche, nouvelle réunion en vue

PARIS, 10 nov 2009 (AFP) - Le NPA et le Front de gauche (PCF-Parti de gauche-Gauche unitaire), en net désaccord sur la question de la participation aux exécutifs régionaux, ont proposé mardi une nouvelle réunion, chacun sur des bases différentes, concernant une hypothétique alliance aux régionales.


Après une rencontre de plus de trois heures trente au siège du Parti de gauche, en présence de Jean-Luc Mélenchon - parti avant la fin -, Olivier Besancenot (NPA) qui souhaite "discuter de 3 ou 4 éléments-clefs programmatiques", a proposé "une nouvelle réunion de travail", vendredi ou lundi, sur la base du texte du Front de gauche amendé par le Conseil politique national du NPA ce week-end.


Selon cette version amendée, la participation aux exécutifs "ne sera pas possible dans le cadre d'exécutifs qui seraient dominés par le PS et/ou Europe-Ecologie qui mènent des politiques d'adaptation au libéralisme", une
proposition inacceptable pour le PCF.


Du 30 novembre au 6 décembre, les militants du NPA "trancheront, ils leur faut un maximum de billes pour savoir si les conditions sont réunies pour faire cet accord", a ajouté M. Besancenot, déplorant "la petite musique" de la réunion de mardi soir sur l'air "tout sauf l'amendement du NPA".


"Nous, on invite à une réunion de ceux qui sont d'accord sur la base stratégique", c'est-à-dire un premier tour des régionales en autonomie du PS avant de rejoindre socialistes et écologistes pour participer à des majorités
de gestion, a expliqué Francis Parny, représentant le PCF à de cette réunion.


"On ne peut pas accepter l'idée de ne pas aller dès le départ dans des majorités avec le PS et Europe-Ecologie", a renchérit Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche qui ne veut "pas de réunion sur la base
de l'amendement du NPA".


"Le NPA doit faire un geste", a-t-il fait valoir, soulignant qu'il est "très difficile de se séparer les uns des autres" après des semaines de discussions et alors qu'on est "tout prêt d'un accord".


Même si "la porte n'est jamais fermée", "on ne peut pas obliger un âne à boire quand il n'a pas soif", a résumé M. Parny, en direction du NPA.

 

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:36
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Chris Harman, un des dirigeants du Socialist Worker Party britannique, est mort brutalement d’une crise cardiaque, dans la nuit du 6 au 7 novembre, alors qu’il participait à une conférence au Caire. Chris Harman avait rejoint Socialist Review Group qui devint International Socialists puis le SWP, en 1961, à l’âge de 19 ans.


Son engagement politique a débuté par la lutte contre la guerre du Vietnam. Après des études à la London School of Economics, il décida de s’engager à plein temps dans la construction d’une alternative révolutionnaire.


Son apport théorique au marxisme est considérable. En 1974, il publie Bureaucracy and Revolution in Eastern Europe1, qui est un complément indispensable à la théorie de Tony Cliff sur la nature capitaliste d’État de l’URSS et des pays de l’Est. Il avait d’ailleurs polémiqué avec Ernest Mandel sur ce sujet dans les années 1960. Chris Harman a souvent écrit sur l’économie et encore récemment sur la crise actuelle. Son but était de rendre la théorie marxiste de l’économie accessible à tous.


Ainsi, son livre Economics of the Madhouse explique comment cette théorie s’applique également au monde contemporain.
Le mois dernier, il débattait encore avec Michel Husson à propos de la baisse tendancielle du taux de profit. Mais ses contributions couvraient des sujets bien plus larges.


Dans les années 1970, il écrivait sur l’origine de l’oppression des femmes, exposant les faiblesses mais aussi la force de la théorie d’Engels dans l’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État. Dans les années 1980, The Fire Last Time : 1968 and After revenait sur les révoltes
de 1968 en Europe.


The Lost Revolution traite des révolutions allemandes de 1918 et 1923. Il a également publié, en 1999, People’s history of the world qui est un de ses ouvrages les plus importants sur la théorie marxiste de l’histoire. Chris Harman a participé activement à la construction de son parti, le SWP, dont il dirigea l’hebdomadaire jusqu’en 2004, avant de s’occuper de la revue trimestrielle International Socialism.


Internationaliste, il n’hésitait pas à voyager pour contribuer aux débats de la gauche anticapitaliste et révolutionnaire. Il a ainsi participé aux rassemblements de la gauche anticapitaliste européenne et plusieurs fois à l’Université d’été de la LCR. Il était enthousiasmé par la contruction du NPA, et en août dernier, il intervenait dans le forum sur la gauche anticapitaliste européenne, durant l’Université d’été à Port-Leucate.


Le décès de Chris Harman à la veille de ses 67 ans est non seulement un choc, mais c’est également une lourde perte pour tous ceux qui sont engagés dans le combat pour mettre à bas le système capitaliste. Le NPA s’associe à la peine de Talat, la compagne de Chris, de ses enfants et des camarades du SWP.


Avec Chris Harman, les révolutionnaires et les anticapitalistes viennent de perdre un contributeur majeur au marxisme vivant.


François Coustal, Dominique Angelini

1. Les livres de Chris Harman n’ont quasiment pas été traduits en français, mais certains de ses textes sont disponibles sur www.marxists.org et www.swp.org.uk

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:34
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Pour fêter sa première année d’existence le NPA fait appel à vos bourses.
Crise et récession n’auront pas raison de notre objectif : récolter 200 000 euros avant le 31 décembre 2009.


Pourquoi une souscription ? Pour que notre parti vive !


Cette première année a été riche en événements et donc en dépenses : congrès de fondation, campagne électorale européenne, contre-sommet de Strasbourg, campagne contre la privatisation de la poste, sommet de Copenhague, solidarité avec les mouvements de travailleurs sans papiers. Ajoutons à cela l’activité quotidienne des plus de 500 comités locaux du NPA : tracts, affiches, meetings, manifestations, diffusion de Tout est à nous !
Notre parti vit principalement des cotisations de ses adhérents et des dons qu’il reçoit. Assurer notre indépendance financière est pour nous un impératif.
Souscrire, ce n’est pas adhérer au NPA, c’est aider, participer, contribuer financièrement à l’existence d’un parti qui refuse de se soumettre à l’ordre existant, au capitalisme. C’est également permettre le pluralisme dans le paysage politique.

Faire vivre notre presse


Ce journal, né il y a un peu plus de six mois, doit continuer à vivre. La situation de la presse est aujourd’hui difficile, elle l’est peut-être encore plus pour un hebdomadaire militant comme celui que vous tenez entre vos mains. Se faire chaque semaine l’écho des luttes et des résistances en France et dans le monde, se faire l’écho des débats et des idées qui agitent la gauche anticapitaliste, est aujourd’hui indispensable.

Être présents dans les luttes


L’année 2010 s’annonce d’ores et déjà chargée. Sarkozy et le Medef comptent intensifier leurs attaques : Sécurité sociale, réforme des lycées, privatisation de la poste, expulsion des sans-papiers, politique répressive... la liste des attaques est longue et demande une riposte à la hauteur.
Nous sommes toujours plus sollicités pour intensifier la diffusion
de notre projet de société, de nos alternatives et des moyens de résister à cette politique antisociale. Cela demande encore plus de moyens financiers.

Plusieurs moyens de souscrire :


Tous les dons seront les bienvenus, petits comme gros, pourvu que le chèque soit bien libellé à « NPA souscription » et signé, bien sûr. Un carton résumant notre démarche est en cours d’impression et sera envoyé dans tous les comités pour diffusion.


Par ailleurs, le NPA s’empare des nouvelles technologies et vous pourrez donner également par le biais de notre site npa2009.org  où un onglet souscription devrait apparaître d’ici quelques jours.


Futures donatrices, futurs donateurs, rapprochez-vous donc des militants de vos villes ou de vos entreprises ou faites parvenir vos soutiens à : NPA souscription, 2 rue Richard Lenoir, 93100 Montreuil.


Nous ne doutons pas de votre solidarité, nous allons y arriver.
Grâce à votre aide. D’avance merci à toutes et tous.

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 09:27
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Il y a 20 ans, la chute du Mur de Berlin, puis l’effondrement des dictatures staliniennes dans les pays de l’Est, marquaient le début d’un basculement du monde qui, loin des promesses mensongères de la propagande anticommuniste, a débouché sur les crises et les guerres de la mondialisation capitaliste.

Les manifestations de masse qui précédèrent ou accompagnèrent ces événements, la liesse qu’ils suscitèrent, accréditèrent l’idée qu’il s’agissait de révolutions pour la liberté. En réalité, la disparition de ces régimes résultait fondamentalement des choix des dirigeants de la bureaucratie soviétique engagée depuis quatre ans dans un processus qui allait conduire à la restauration du capitalisme en URSS.


À la fois étape et prélude de la mondialisation capitaliste, les événements de la fin 1989 étaient le signal de la fin de la période ouverte par la révolution russe et la grande vague révolutionnaire qui avait ébranlé le monde capitaliste après la Première Guerre mondiale.


La reconfiguration du monde qui a commencé à s’opérer à ce moment-là est caractérisée essentiellement par la pénétration des trusts et de leurs États dans les parties de la planète qui leur échappaient jusqu’alors, ouvrant une nouvelle période d’expansion de la domination capitaliste.


C’est une démonstration à rebours de la force qu’avaient donné à la révolution russe l’initiative des masses, l’expropriation qu’elles firent des classes dirigeantes, leur conscience de mener un combat international. Cette force fut d’abord étouffée par la violence de la réaction bourgeoise qui écrasa, avec l’aide des partis sociaux-démocrates, les autres révolutions ouvrières au lendemain de la Première Guerre mondiale. Nulle part, la classe ouvrière ne put l’emporter ailleurs qu’en Russie.


Livrée à elle-même et à l’arriération du pays, la révolution russe fut étouffée par une bureaucratie dont l’existence s’explique essentiellement par la faiblesse de la classe ouvrière, seule à même de faire vivre une véritable démocratie, dans un pays dont 80 % de la population était paysanne.


Mais même après qu’elle eut réduit les masses ouvrières et paysannes au silence, au début des années 1930, la bureaucratie n’osa pas opérer une restauration du système capitaliste. C’est dans le cadre des rapports de propriété hérités de la révolution qu’elle fut contrainte d’exercer son pouvoir et ses privilèges.


Voilà, à grands traits, les événements qui avaient configuré le monde et dont 1989 a annoncé la fin. La première grande vague de révolutions ouvrières prétendant au renversement de la bourgeoisie à l’échelle internationale, issue du développement du mouvement ouvrier à la fin du xixe siècle, avait pu être jugulée sans que l’impérialisme réussisse pour autant à rétablir sa domination sur l’ensemble de la planète.


Les prétendues « démocraties populaires » étaient l’une des manifestations du rôle réactionnaire que jouèrent Staline et la bureaucratie à l’échelle internationale. Les révoltes ou les révolutions ouvrières qui éclatèrent dans ces pays, en particulier au moment et juste après la mort de Staline, en Allemagne de l’Est en 1953, en Pologne et en Hongrie en 1956, en Tchécoslovaquie en 1968 et, à plusieurs reprises en Pologne, indiquent à quel point ces régimes étaient des régimes anti-ouvriers.


Mais le triomphe de la mondialisation capitaliste, loin d’avoir surmonté les contradictions du système, n’a fait que les porter à un degré d’acuité extrême, en particulier la contradiction entre la socialisation de la production, de la distribution, et la propriété privée capitaliste, détenue par une minorité toujours plus infime de la population.


Ce triomphe prépare un nouveau cycle de révolutions dans lesquelles la classe ouvrière, dont le renforcement à l’échelle mondiale a connu un développement extraordinaire, est appelée à jouer pleinement son rôle émancipateur et démocratique.


Que l’on pense aux conditions dans lesquelles s’est déroulée la première grande vague de révolutions ouvrières de l’histoire, l’état d’arriération des pays même les plus modernes de cette époque, comme l’Allemagne, dont le film "Le Ruban blanc" peut donner une idée. Quoi d’étonnant que, dans ces conditions, se soient imposés le règne de la bureaucratie et le culte de l’État ?
C’était, à l’aube du xxe siècle, une gageure, de la même façon que le combat, deux générations plus tôt, des communards parisiens, dont Marx disait qu’ils « étaient montés à l’assaut du ciel ».


Aujourd’hui, forte de centaines de millions de femmes et d’hommes qui sont au cœur des secteurs clés de toute l’économie mondiale, qui possèdent un niveau de culture considérable par rapport à ce qu’il était au début du xxe siècle, la classe des salariés est potentiellement en mesure de contrôler la marche de toute l’économie et d’en assurer l’appropriation collective, sociale par son auto-organisation.


Les progrès qu’ont constitué soviets en Russie, conseils d’usine en Allemagne, comités dans l’Espagne de 1936, sont appelés à connaître un développement qui fera apparaître ces premières formes d’auto-organisation comme les balbutiements de la démocratie des grandes révolutions à venir.


Galia Trépère

 

Historique par Roman Debski

Afin de donner un éclairage historique plus vaste au dossier sur l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin, nous avons décidé de consacrer la totalité de la section Repères à une chronologie fouillée, commentée, des principaux événements qui ont jalonné la période depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Mur et sa destruction sont ainsi mis en perspective dans leur contexte historique. Pour faciliter la lecture, la chronologie a été divisée en trois périodes, correspondant aux principales phases de ce processus très complexe.


1. 1945-1956 «Socialisme» stalinien dans une Europe divisée

Conférences de Yalta et Potsdam (1945)


Staline, Churchill et Roosevelt s’entendent sur l’organisation de l’Europe d’après-guerre. L’URSS est à l’apogée de son prestige international depuis la victoire de Stalingrad (février 1943), sa contre-offensive, la libération des pays de l’Est et la prise de Berlin (mai 1945). L’armée soviétique occupe les parties centrale et orientale de l’Europe ; les armées américaines et alliées, depuis le débarquement en Normandie (juin 1944), les parties ouest et sud. Les lignes de front détermineront le futur tracé du Rideau de fer qui, de 1947 à 1989, séparera les « deux blocs ». Berlin est partagé entre 4 secteurs : américain, britannique, français et soviétique. La ville est située dans la partie Est de l’Allemagne, occupée par l’armée soviétique.


En libérateurs, mais avec méfiance


C’est ainsi que les armées soviétiques sont accueillies dans les pays de l’Est, à cause de l’oppression nationale tsariste et stalinienne et de la terreur de Staline. Des partis communistes locaux, inféodés au Kremlin, prennent le pouvoir ; jusqu’en 1948, avec des partis bourgeois, paysans et sociaux-démocrates, suivant les accords de Yalta, puis en instaurant la dictature du parti unique. L’exception : la Yougoslavie, qui s’est libérée seule, menant une guerre de partisans qui a débouché sur une révolution avec construction d’un système de conseils d’autogestion.


Reconstruction et révolution sociale (1945-1952)


La reconstruction des pays de l’Est dévastés s’accompagne de réformes démocratiques (en dehors de la Tchécoslovaquie, il s’agissaient de pays arriérés, mi-capitalistes mi-féodaux), puis de transformations 
anticapitalistes dans les rapports de propriété : expropriation des hobereaux, réforme agraire avec distribution des terres aux paysans, création de coopératives et de fermes collectives ; nationalisation de l’industrie, des banques et de presque toute l’économie, planification, monopole étatique du commerce extérieur, protection contre les appétits du capital des pays les plus développés. Il s’ensuivra une industrialisation accélérée, avec résorption du chômage, construction massive de logements, systèmes publics gratuits de santé, de protection sociale et d’éducation, etc.


Mais ce début de révolution socialiste sera mené par des moyens militaires et dictatoriaux, la planification sera bureaucratique, sans participation démocratique des travailleurs, entraînant une immense gabegie, des pénuries et une crise économique chronique, aggravée par l’autarcie qui isole ces économies par rapport aux pays les plus développées.

 


Situations pré-révolutionnaires (1944-1947)


Yalta ne prévoyait pas les guerres de partisans et les guerres civiles en Yougoslavie et en Grèce ; pas plus que les crises pré-révolutionnaires en France et en Italie. Les staliniens Thorez et Togliatti ont réussi à canaliser cette crise par le soutien de la bourgeoisie (le gouvernement De Gaulle comptera des ministres communistes). L’impérialisme américain redoute sérieusement un effondrement économique de l’Europe et des révolutions, et lance la politique de « refoulement », militaire et économique, de l’URSS.


Bombe atomique sur Hiroshima (août 1945)


Les USA affirment leur suprématie militaire sur l’URSS, qui fera exploser sa bombe A en 1949. Pendant plus de 40 ans, les deux 
superpuissances s’affronteront dans une folle course aux armements, source de profits juteux pour les capitalistes, mais ruineuse pour l’économie soviétique. Plus tard, la course à la conquête de l’espace aura les mêmes 
effets et accélérera l’asphyxie économique de l’URSS.


Plan Marshall (1947-1952)


« Plan de reconstruction européenne », lancé par les USA. 13 milliards de dollars (1,2 % du PNB américain de l’époque, l’équivalent de 
174 milliards en 2008) sont injectés dans les économies de 17 pays de l’Ouest, en premier lieu l’Allemagne (source de son « miracle économique »), et la France. Staline refuse et oblige la Pologne et la Tchécoslovaquie, qui ont accepté, de faire de même.


Début de la guerre froide (1947)


Mise en place des dictatures, avec des petits Staline locaux. L’élan populaire suscité par la libération, la reconstruction et les transformations sociales est vite frustré. élections truquées, liquidation des partis, imposition d’un parti unique et de son « rôle dirigeant » dans tous les domaines, instauration d’un système de terreur « contre les ennemis du socialisme ». En URSS même, Staline se déchaîne de nouveau, avec procès truqués et les camps remplis de prisonniers politiques.


Deux blocs (1948-1949)


Partage de Berlin en deux. Blocus par l’armée soviétique, et pont aérien des ex-alliés pour approvisionner Berlin-Ouest. Proclamation de la République fédérale d’Allemagne (RFA), avec Bonn comme capitale et de la République démocratique allemande (RDA), avec comme capitale Berlin-Est. Fondation de deux blocs militaires, l’Otan et le Pacte de Varsovie, et de deux zones économiques, l’OCDE (puis la CEE et l’UE), et le Comecon.


Révolution chinoise (1949)

Une des plus grandes révolutions du XXe siècle, accomplie en partie contre la volonté de Staline, mais avec à sa tête un autre type de direction bureaucratique, celle de Mao.


Mort de Staline (mars 1953)

Début d’un « dégel ». Brèches dans l’édifice du stalinisme, dans lesquelles vont rapidement s’engouffrer les classes populaires.


Soulèvement en RDA (juin 1953)


Grèves et manifestations des ouvriers de Berlin Est contre la spirale des cadences et la baisse des salaires. Ils réclament la baisse de prix, la démission du gouvernement et des élections libres. L’armée soviétique instaure l’état de siège, avec tribunaux d’exception et exécutions. Grève générale dans d’autres villes industrielles. 42 ouvriers sont condamnés à mort et 25 000 emprisonnés.


2. 1956-1968 Révolutions ouvrières et tentatives de réformer les partis communistes

XXe congrès du PCUS (février 1956)


Dans un rapport historique, Krouchtchev dénonce les crimes de Staline. L’onde de choc est énorme. Son souffle entraînera tous les PC dans une crise profonde. Krouchtchev attribue ces crimes au « culte de la personnalité » de Staline et à des « erreurs », essayant ainsi de sauver la dictature du parti. Il tente un rapprochement avec l’impérialisme, lançant la « coexistence pacifique » et les premières réformes introduisant des éléments d’économie de marché. Par là, il confirme l’asphyxie d’une économie autarcique et l’indigence d’une planification bureaucratique. La pression de l’impérialisme et les révoltes ouvrières qui approchent montrent les limites de la « socialisation de la misère », d’un « socialisme » confiné à un seul pays ou à un groupe de pays beaucoup moins développés que les pays impérialistes.


Révolution canalisée en Pologne (juin-octobre 1956)


Les ouvriers des usines Cegielski à Poznan (locomotives et moteurs de navires, 15 000 salariés) manifestent contre les cadences et les bas salaires, aux cris de « liberté, pain et justice ». Le parti, soi-disant « déstalinisé », lance les chars. Il y a 54 morts, 300 blessés, des centaines d’arrestations. Le pays entre en ébullition, le parti se déchire entre « staliniens » et « réformateurs », la presse devient libre, des conseils ouvriers se créent à l’initiative des ouvriers communistes des usines d’automobiles Zeran. On dénonce une « dictature sur le prolétariat » et les privilèges exorbitants de la bureaucratie, cette « bourgeoisie rouge »


. On réclame des réformes, la dissolution de la police politique, des élections libres, un socialisme démocratique, le retrait des 
troupes du Kremlin, l’indépendance nationale. Gomulka, emprisonné sur ordre de Staline en 1947, revient au pouvoir en « sauveur ». L’armée russe est à 2 km de Varsovie, l’armée polonaise est mobilisée, les conseils ouvriers gardent les usines et demandent des armes. La guerre est évitée de justesse. Menacé en Hongrie, Krouchtchev cède, Gomulka l’ayant convaincu qu’il réussirait à canaliser la révolution. Il détruit les conseils ouvriers et les autres conquêtes de l’Octobre polonais. En 1964, un programme de révolution anti-
bureaucratique sera lancé par Kuron et Modzelewski, jeunes marxistes oppositionnels, mais la répression sera plus forte.


Révolution écrasée en Hongrie (octobre-novembre 1956)


Manifestations monstres à Budapest contre le dictateur local Rakosi, puis en solidarité avec la Pologne. Mots d’ordre : élections libres, pluralisme des partis, évacuation des troupes du Kremlin, réforme du système économique. Toute la population descend dans la rue. Le monument de Staline est renversé, l’immeuble de la radio occupé. Les blindés soviétiques interviennent. L’armée hongroise fraternise avec le peuple et distribue les armes aux insurgés. Le PC stalinien en débâcle offre le pouvoir à Imre Nagy, communiste réformateur très populaire, mais qui sera vite dépassé. Partout le pouvoir passe aux mains des conseils ouvriers et des comités révolutionnaires, qui soutiennent Imre Nagy.


Krouchtchev retire ses troupes démoralisées, les soldats russes fraternisant à leur tour avec la population. Suivront dix journées d’euphorie et de liberté. Les conseils ouvriers insurgés affermissent leurs comités révolutionnaires. La jeunesse s’organise. Des partis politiques apparaissent. Les jeunes intellectuels marxistes du Cercle Petöfi donnent le ton. Sous la pression des communistes qui dirigent l’insurrection, Imre Nagy proclame la sortie du Pacte de Varsovie, l’indépendance et la neutralité de la Hongrie, et demande, en vain, la protection de l’ONU. Le 4 novembre, la deuxième intervention du Kremlin, avec des troupes fraîches, est massive et brutale. Imre Nagy est renversé et assassiné. Le Conseil ouvrier central du Grand-Budapest, représentant les principales usines, organiser la résistance armée et agit comme un second pouvoir. Mais la révolution est écrasée dans le sang.


Coexistence et confrontation (années 1960)


Développement d’une coopération commerciale entre Moscou et Washington, mais la course aux armements est exacerbée, avec d’immenses quantités d’armes, ogives et missiles stockés par l’Otan et le Pacte de Varsovie. Crise de missiles de Cuba (1961) : Krouchtchev, qui soutient Cuba, est obligé de démanteler ses rampes de lancement. Crise de Berlin (1961), construction du Mur séparant Berlin-Est de Berlin-Ouest. Le soutien (limité) que le Kremlin apporte aux mouvements de libération nationale et aux « partis frères » dans le monde n’est pas désintéressé, mais guidé exclusivement par ses intérêts étroits, comme monnaie d’échange et moyen de pression dans ses tractations diplomatiques pour desserrer l’étau de l’impérialisme.


Printemps de Prague et invasion (1968)


Tentative, par la nouvelle équipe de Dubcek, de réformer le PC tchécoslovaque et construire un « socialisme à visage humain ». Les travailleurs s’approprient les nouvelles libertés de parole, de la presse, de manifestation et d’organisation. Des conseils ouvriers se forment dans les entreprises, demandant des réformes économiques rapides. Le 21 août, cinq armées du Pacte de Varsovie envahissent le pays. Brejnev met en place un gouvernement fantoche. S’ensuivent dix années de « normalisation », avec purges massives, dans le cadre de la nouvelle doctrine de Brejnev de « souveraineté limitée ». Les PC occidentaux en plein désarroi vivent leur deuxième grande crise et hémorragie de militants, après celle de 1956.

 


Révoltes ouvrières et opposition politique (années 1970)


Les grèves insurrectionnelles dans les chantiers navals de Gdansk et de Szczecin contre une hausse des prix de 30 % font tomber Gomulka, le « sauveur » de 1956. Les ouvriers brûlent les immeubles du Parti. Les chars et les hélicoptères de combat tirent, faisant des centaines de morts et des milliers de blessés. Développement d’une opposition de gauche et d’autres courants démocratiques en URSS, férocement persécutés dans les camps et hôpitaux psychiatriques. Des courants d’opposition se développent en Tchécoslovaquie (Charte 77) et en Pologne (Comité de défense des ouvriers, KOR), de même que des courants indépendantistes et révolutionnaires.


3. 1980-1990 Révolution ouvrière ou restauration capitaliste?

Révolution de Solidarnosc (1980-1981)


Les grèves d’occupation à Gdansk et dans tout le pays, à partir d’août 1980, font tomber Gierek, le « sauveur » de 1970. Elles imposent – chose impensable à l’époque - un syndicat libre, Solidarnosc, 10 millions d’adhérents (un quart de la population). La révolution ouvrière se développera pendant seize mois, freinée par une église influente qui pousse à un accord avec le pouvoir. La démocratie ouvrière est totale, structurée par les Comités inter-entreprises de grève (MKS), composés des délégués d’usines élus par des assemblées générales, et qui deviendront l’ossature du syndicat. Un million de membres du parti (la moitié, sans les retraités) le rejoigne.


C’est un syndicat, et à la fois, un réseau dense d’autogestion des entreprises, un mouvement pour les libertés démocratiques et un mouvement pour l’indépendance nationale. Son Ier congrès, en automne 1981, prend l’allure d’un parlement, avec plus de 1 000 délégués élus dans les premières élections démocratiques depuis la guerre. Il lancera le célèbre « Appel aux ouvriers des pays de l’Est et de tous les peuples de l’URSS », ainsi que le programme d’une République autogérée basée sur les conseils de travailleurs. Brejnev s’apprête à envahir la Pologne, mais hésite, car il est déjà embourbé dans une sale guerre en Afghanistan. C’est le général « patriote » Jaruzelski qui s’en charge, le 13 décembre 1981 : un putsch militaire et une répression massive réussissent à briser Solidarnosc, hélas pris au dépourvu, et à le repousser dans la clandestinité.


État de siège et avance du néolibéralisme (1982-1989)


C’est la junte de Jaruzelski qui introduit les premières autorisations au capital étranger pour constituer des sociétés privées, tout en s’attaquant aux conseils d’autogestion dans les entreprises. En 1988, en même temps que Solidarnosc clandestin reprend des forces et que des grèves recommencent, Jaruzelski promulgue les premières lois qui serviront de base juridique aux privatisations massives après 1989. Sachant les jours de leur parti comptés, les « communistes » se lancent massivement dans les business. à l’ombre des chars, profitant de la désorganisation de Solidarnosc dans la clandestinité, et avec l’aide de la diplomatie de Reagan, les généraux staliniens et l’église, ensemble, réussissent à convaincre la direction de Solidarnosc d’abandonner le programme de République autogéré et de créer un gouvernement commun, dont le programme serait la restauration du capitalisme. Ce seront « Les accords de la table ronde » en 1989.


Perestroïka et marche vers la restauration


En URSS, Gorbatchev lance la perestroïka (reconstruction) au milieu d’une crise économique explosive, aggravée par la guerre (perdue) en Afghanistan. Un fort vent de démocratisation permet à une population exténuée et aspirant à des changements profonds, de respirer. Constatant que plus rien ne marche dans l’économie, laquelle ne peut plus supporter le terrible fardeau de la compétition militaire et spatiale avec l’impérialisme (« guerre des étoiles »), Gorbatchev entame un rapprochement décisif avec Reagan et l’impérialisme. Une nouvelle preuve de l’échec du « socialisme dans un seul pays ». L’évolution des bureaucraties de l’URSS et des pays de l’Est vers la restauration est favorisée et accélérée par l’offensive néolibérale du reaganisme et du thatchérisme dans les pays de l’Ouest.


L’écroulement imminent des dictatures à l’Est accentue les efforts de l’impérialisme vers la reconquête des immenses marchés perdus après 1917 et 1945. Les « communistes » de ces pays lui auront grandement facilité la tâche, en faisant assimiler dans l’esprit des peuples le socialisme à des dictatures totalitaires et aux magasins vides, et en faisant ainsi renaître des illusions dans les bienfaits du capitalisme. Les libertés démocratiques arrachées par les classes populaires avec l’effondrement des dictatures - conquêtes essentielles - n’auront pourtant pas suffi pour empêcher la privatisation de leurs entreprises.


L’effondrement (1989-1991)


Mars 1989 - La Lithuanie, la Lettonie et l’Estonie quittent l’URSS et proclament leur souveraineté.

Mai - Manifestations de masse en Hongrie, qui ouvre le rideau de fer sur sa frontière avec l’Autriche ; exode des Allemands de l’Est.

Juin-septembre - élections semi-démocratiques en Pologne, victoire de Solidarnosc, pacte avec Jaruzelski (le PC se sabordera). 4 novembre : destruction du Mur de Berlin.

Décembre - la révolution populaire en Roumanie renverse le dictateur Ceausescu, qui sera exécuté ; la Révolution de velours renverse la dictature en Tchécoslovaquie ; manifestations de masse en Bulgarie.

Avril-juin 1990- élections libres en Hongrie, Slovénie, Croatie, Roumanie, Tchécoslovaquie, Bulgarie.

Octobre: réunification de l’Allemagne.

Juin-juillet 1991 - dissolution du Pacte de Varsovie et du Comecon. La Russie, où Eltsine succède à Gorbatchev, proclame sa souveraineté. Août-décembre - l’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Ukraine et les autres républiques quittent aussi l’URSS, qui cesse d’exister.

 

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 09:32

vendredi 6 novembre 2009 (15h16)
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de Lapin Bleu


Coup de tonnerre (de Brest), le 27 octobre : le tribunal d’instance (de Brest, oui) a remis en question la réforme de la représentativité syndicale votée en août 2008.


Il s’est appuyé pour cela sur la convention européenne des droits de l’homme, nous apprennent Les Echos. Le ministre du Travail Xavier Darcos a annoncé son intention de se pourvoir en Cassation.


La loi de 2008 portant réforme de la représentativité syndicale visait à redonner de la légitimité au système syndical actuel, hérité d’un schéma dépassé des rapports de force syndicaux (les organisations plus jeunes étant exclues du champ des « syndicats représentatifs »).

La négociation de la réforme a aussi été pour le gouvernement, dans les deux premières années du mandat Sarkozy, un outil idéal de pression sur des syndicats tentés par l’organisation d’une grève générale contre les multiples « réformes » engagées.

« Favoriser les monopoles, réduire le nombre de syndicats »

Fer de lance de la réforme, la simplification de la mesure de la représentativité prévoyait l’obligation d’au moins 10% des suffrages pour disposer d’un délégué syndical. Ce dispositif a été jugé « contraire au principe de liberté syndicale » et constitutif « d’une ingérence dans le fonctionnement syndical ».


L’article 11 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales interdit en effet « toute restriction autre que celles nécessaires à la sécurité nationale, à la sûreté publique ou à la protection des droits et des libertés d’autrui ».


L’article 6 de la Charte sociale européenne dispose « qu’en vue d’assurer l’exercice effectif du droit de négociation collective, les parties s’engagent à promouvoir l’institution de procédures de négociation volontaire ».

Un accord sur mesure pour la CGC jugé « discriminatoire »

Telle qu’appliquée, la réforme de la représentativité entraîne selon le tribunal le risque à terme « d’empêcher tout syndicat de s’implanter dans une entreprise où il n’intervenait pas précédemment, en favorisant ainsi les situations acquises voire les monopoles » ainsi que celui de « réduire progressivement le nombre des organisations syndicales contrairement aux dispositions internationales susvisées qui tendent au contraire à favoriser la liberté d’expression ».


Des conséquences lourdes de sens pour une réforme qui avait toujours été présentée comme conçue pour renforcer le syndicalisme.

Pour enfoncer le clou, le tribunal a jugé « discriminatoire » un accord dérogatoire négocié pour la CGC, autorisant ce syndicat à demeurer représentatif avec un minimum de 10% des suffrages dans le seul collège des cadres.


Ce jugement divise les syndicats. FO s’en réjouit puisque c’est une de ses unités locales qui avait saisi le juge. CGT et CFDT sont plutôt mécontentes dans la mesure où la réforme sarkozyste était censée à terme renforcer leur poids. La CFDT compte également attaquer le jugement brestois, selon Le Figaro.


http://www.rue89.com/economie-terrier/2009/11/06/la-reforme-de-la-representativite-syndicale-cassee-par-la-justice

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 09:22


















Dans quel aveuglement, étions-nous. Et dans quelle erreur ! Naïvement nous pensions que les accidentés du travail étaient des victimes. Les victimes d’une guerre économique innommée, qui prend l’intérieur des entreprises, pour théâtre des opérations.


Des victimes de masse d’ailleurs : 720 150 accidents avec arrêt par an, 46 436 accidents avec incapacité permanente, 37 millions de journées d’indemnisation, 700 morts, 4500 mutilés. Des victimes mal indemnisées, qui perçoivent 80 % puis 60% seulement d’un salaire journalier assez faible, lié aux métiers d’exécution d’où proviennent la plupart des accidents du travail. Nous pensions les accidentés frappés par les franchises médicales, les déremboursements de soins. Nous savions irréparables, souvent, les conséquences sur leurs carrières.


Nous avions tort. Les accidentés du travail sont des privilégiés. Les députés UMP le rappellent justement qui, par voie législative, proposent d’imposer leurs indemnités jusqu’alors épargnées. Cela rapportera 150 millions d’euros. Pour les accidentés, pourquoi accepter ce « passe-droit » fiscal, jusqu’alors toléré ?


Pourquoi l’accepter, quand la France est déjà leader mondial des « niches fiscales ». En 2009, 464 dispositifs d’optimisation fiscale ont permis aux contribuables généralement les plus aisés d’économiser 70 milliards d’euros d’impôts ! Alors, autant mettre à contribution les accidentés du travail. N’est-ce pas la réponse appropriée ?


Ce « passe-droit », pourquoi leur était-il consenti ? Après tout, des passe-droits, n’y en-a-t-il pas assez ? Avec le bouclier fiscal, les baisses de l’impôt sur la fortune, les allègements des droits de mutation et de succession, le prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes, le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt immobilier…


Sur les 11 milliards d’euros par an de réduction d’impôt décidés par le gouvernement, 70 % profitent aux 20 % des foyers les plus aisés. Alors, oui, il était grand temps d’agir. Et urgent, vraiment, de récupérer 150 millions dans les poches des accidentés du travail.


Cet été, Christian a eu le bras broyé dans un chantier Fiscalement, il est devenu privilégié. Etait-ce plus longtemps tolérable ? Eric s’est fait amputer de plusieurs doigts par sa machine. Fiscalement, il est devenu privilégié. N’est-ce pas dérogatoire à l’égalité ? Michele, épuisée par la mobilité forcée, les objectifs intenables, les harcèlements perpétuels du « new management », s’est enfoncée dans la dépression. Yohann a chuté d’un échafaudage, il est paralysé. Fiscalement, ce sont des privilégiés. Cela pouvait-il durer ?


Certes, la Caisse nationale des accidents du travail et des maladies professionnelles est excédentaire du fait des sous évaluation qui reportent les frais sur la Caisse d’assurance maladie. Ne pas toucher aux indemnités des accidentés du travail était possible.


Aurait-ce été juste ? Les accidentés du travail n’ont, après tout, perdu que la santé, perdu qu’un membre, perdu qu’une vie passée au travail, généralement pour rien, perdu qu’un avenir, perdu que leurs revenus, perdu parfois une vie familiale. Grâce aux députés UMP, l’administration fiscale saura, elle, ne pas les perdre de vue.


Vestige, la République porte toujours, à son fronton, ce mot devenu vide de sens : « fraternité ! ». Mais si l’on veut fiscalement sauver les riches, il faut bien taxer les pauvres. Atomisés, ils ont le bon goût de se défendre rarement. Et des beaux quartiers, nul jamais ne les voit.


Les pauvres ne doivent-ils pas manifester quelque solidarité envers les plus fortunés, de moins en moins imposés ?


Les 150 millions d’euros ramassés là, sur les accidentés du travail, certainement serviront. Lors du récent rachat par BNP Paribas, avec six mois d’avance, des 5,1 milliards d’euros d’actions de préférence souscrites pendant la crise par l’Etat français, ce dernier n’a touché aucune plus-value. L’Etat a dû se contenter de 226 millions euros d’intérêts alors qu’il aurait pu, au regard de l’évolution du cours de BNP Paribas, encaisser 5,8 milliards d’euros.


Tout est dit. Comparons les volumes financiers. Comparons les populations ciblées, les clientèles exonérées.


LIRE : http://www.non-taxation-at.net


Nathalie Arthaud (porte parole de Lutte Ouvrière)
Olivier Besancenot (porte-parole du NPA)
Martine Billard (députée écologiste)
Gérard Filoche (inspecteur du travail, PS)
Benoit Hamon (porte-parole national du PS)
Pierre Laurent (coordinateur national du PCF)
Willy Pelletier (coordinateur général de la Fondation Copernic)
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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 09:08

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 20:33

 


L’on célèbre actuellement la chute du Mur de Berlin, il y a vingt ans, le 9 novembre 1989. Mais dans le même temps, la construction du Mur de Palestine se poursuit. Il est en fait un mur d’annexion qui permet aux Israéliens d’annexer 10 % de la Cisjordanie et d’importantes ressources en eau et qui rend la vie des Palestiniens encore plus difficile.


    Il y a vingt ans était adoptée par l’Onu la Convention relative aux droits de l’enfant, le 20 novembre 1989. Aujourd’hui la situation des enfants palestiniens se dégrade. Ils sont touchés par la sous-alimentation, notamment dans la bande de Gaza.


Les check-points et le Mur les empêchent d’aller à l’école ou de se faire soigner. Plusieurs centaines d’entre eux sont emprisonnés dans des conditions très difficiles. Plusieurs enfants ont récemment été tués dans la bande de Gaza par des tirs israéliens.


    Devant cette situation, le groupe de l’Association France-Palestine Solidarité du Pays de Cornouaille appelle à exprimer notre solidarité avec les Palestiniens, en participant au piquet de la solidarité avec le peuple palestinien,


le jeudi 12 novembre, à 18h, Rue Kereon à Quimper.

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