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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 08:23
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Interview : Bernd Gehrke fut militant de l’opposition de gauche dans l’ex-RDA depuis les années 1970. En 1989, il fut parmi les cofondateurs de la Ligue verte et de l’Initiative de la gauche unie. Il est l’auteur de nombreuses publications sur l’opposition et les luttes pour les libertés démocratiques dans l’ex-RDA.


Peux-tu rappeler ces journées où le Mur fut abattu?


BERND GEHRKE: La chute du Mur, le 9 novembre 1989, fut le résultat d’un mouvement de masse spontané et démocratique, exprimé dans d’impressionnantes manifestations qui grandissaient à un rythme stupéfiant. Ce mouvement a forcé à démissionner non seulement Honecker, le tout-puissant secrétaire général du parti stalinien SED, mais aussi le Politburo et le gouvernement.


Le 9 octobre, les 70 000 manifestants à Leipzig firent une découverte sensationnelle : malgré les préparatifs à une guerre civile, le pouvoir n’avait pas utilisé la force. Honecker voulait lancer les chars, mais il a été débarqué par la majorité du Politburo qui essayait de sauver son pouvoir par une « politique de dialogue ».


Ce fut mission impossible : 400 000 manifestants à Leipzig, 500 000 à Berlin Est, des manifestations en province. Tous les jours, des dignitaires tombaient dans une allégresse croissante. Alors, la chute du Mur, ce fut l’apogée, la folie. Personne n’arrivait à y croire.


Comment ce mouvement en est-il arrivé à exiger le démantèlement de la police politique Stasi?


BERND GEHRKE: La révolution démocratique a eu plusieurs phases. En été, il y a eu la fuite à l’Ouest de 10 000 jeunes par la Hongrie, qui a ouvert sa frontière avec l’Autriche. Septembre fut marqué par l’apparition ouverte d’organisations de l’opposition. En octobre, les ouvriers, jusque-là passifs, se sont joints au mouvement. Les manifestations exigeaient la légalisation des partis d’opposition et le respect de la constitution, aboutissant à la démission du gouvernement, du Politburo, et à l’ouverture du Mur.


La vieille clique dirigeante pensait calmer les gens et les faire rentrer chez eux. Mais les anciennes institutions étaient toujours là, et on a commencé à exiger leur dissolution. Les structures du parti et ses milices dans les entreprises ont été dissoutes. Le conflit autour de la Stasi a éclipsé les autres.


Le gouvernement « réformateur » de Modrow l’a dissoute, mais la population s’était rendu compte qu’on brûlait des documents à la hâte. Des manifestations ont eu lieu partout, avec occupation des immeubles de la Stasi, puis l’assaut du siège central à Berlin Est, le 15 janvier. Des comités citoyens démocratiques se sont constitués partout pour surveiller la dissolution.


Qu’est devenu le parti communiste?


BERND GEHRKE: Des 2,5 millions d’adhérents en août 1989, le SED n’en comptait plus que 
200 000 six mois plus tard. Un conseil provisoire s’est formé autour de Gregor Gysi et a convoqué un congrès extraordinaire. La tentative de certains rénovateurs démocratiques de dissoudre le SED, de détruire le vieil appareil et de repartir avec une organisation nouvelle a hélas échoué.


Le SED a été transformé en Parti du socialisme démocratique (PDS), surtout pour sauver les biens du parti. S’ensuivirent des scandales concernant ces biens et les liens omniprésents avec la Stasi. Après un tel « renouveau » les anciens oppositionnels de gauche ne pouvaient pas rejoindre ce parti ; aussi parce que les petits groupes de l’opposition de gauche se sont malheureusement désintégrés avec la disparition de la RDA.


L’effondrement de la dictature à l’Est et la réunification du pays furent une avancée démocratique pour les travailleurs allemands; mais sur le plan économique et social, ce fut la restauration du capitalisme à l’Est. Comment la gauche allemande voit cette contradiction?


BERND GEHRKE: Ce n’est pas l’opinion de la gauche allemande. Les avis sont partagés, à l’image de la gauche, très hétérogène. Cela va de certains groupes qui dès le début étaient pour l’unité de l’Allemagne, jusqu’aux staliniens pour qui ce fut une contre-révolution téléguidée par l’Occident et qui a liquidé le « socialisme réellement existant ». Seule une minorité de la gauche, en dehors du SPD, a bien accueilli la réunification de 1990.


Pour certains, la disparition de la RDA fut un recul. Mais peut-on construire le socialisme au travers d’une dictature policière, et dans un pays occupé par une armée étrangère?


BERND GEHRKE: Seule une partie de la gauche pose cette question. La majorité voit l’occupation et la division de l’Allemagne comme une juste punition pour le fascisme et la guerre.


Ton affirmation disant que l’unité allemande fut un progrès pour la classe ouvrière est complètement déconnectée de certains problèmes politiques et sociaux importants.


Je pense que nous devrions faire une distinction entre, d’une part, la chute, nécessaire et légitime, de la dictature stalinienne et l’unité de l’Allemagne « en soi », et, d’autre part, la forme concrète que cette unité a prise sous un régime conservateur et réactionnaire.


C’est vrai que l’unité allemande en 1990 fut le résultat de la volonté des travailleurs est-allemands. Mais ces derniers ont suivi aussi le slogan de la CDU : arrêt des expérimentations sociales, progressistes, et retour au capitalisme allemand éprouvé.


Cela allait de pair avec la défaite de toute la gauche allemande, de l’Est comme de l’Ouest. Les résultats furent catastrophiques : une désindustrialisation, unique dans l’histoire, d’un pays industriel s’est opérée en 3-4 ans ; 1,7 million de personnes ont quitté l’Allemagne de l’Est depuis 1989.


Il faut discuter non seulement de la restauration du système économique capitaliste en soi, mais aussi de la victoire du néolibéralisme à tous les niveaux de la société et de la reconstruction réactionnaire de l’Allemagne. Les travailleurs est-allemands ne sont donc jamais arrivés là où ils voulaient en venir en 1990, à ce « capitalisme prospère » de l’Allemagne de l’Ouest. En croyant aveuglément dans la politique libérale de privatisation à l’Est, les travailleurs y ont contribué considérablement. Cela dit, tous les mouvements sociaux importants en Allemagne depuis 1991 sont généralement venus de l’Est ; mais c’étaient des luttes défensives.


Il faut des débats approfondis pour déterminer le caractère du processus historique de 1989 à 1991. L’unité allemande a été fondée en grande partie sur une alliance entre les travailleurs est-allemands et la bourgeoisie ouest-allemande.


La réunification avait donc un caractère réactionnaire, et non pas progressiste, comme celle réalisée par Bismarck en 1871. Bismarck conduisit une « révolution par en haut ». Les travailleurs en RDA ont brisé leur révolution et réalisé une « restauration par en bas ». Cela n’a pas conduit au retour d’une dictature comme celle du SED, mais à la liquidation des restes de la « révolution stalinienne par en haut » en 1945-1948 (par exemple la nationalisation des usines) et des structures révolutionnaires naissantes d’une « république rouge-verte » en 1989.


La réunification a signifié un arrêt de la révolution démocratique en RDA, avec ses perspectives progressistes (même si elles n’étaient pas socialistes) d’émancipation démocratique, sociale et écologique de toute l’Allemagne.


L’alternative, c’était une unification sur pied d’égalité de la « démocratie civile » en RDA, radicalement démocratique et sociale, avec la République fédérale. Jusqu’en décembre 1989, la grande majorité des Allemands de l’Est restaient attachés à une RDA démocratiquement transformée. La Table ronde entre l’opposition et le pouvoir voulait réaliser de nombreuses revendications avancées par les syndicats et la gauche de l’Allemagne de l’Ouest, dans la perspective d’une future unité allemande.


Les discussions sur une « troisième voie » en 1989-90 gardent leur valeur, tout comme les idées de démocratisation du Printemps de Prague en 1968 ou le programme de Solidarnosc en 1981, en tant qu’alternatives au néolibéralisme et au capitalisme. Hélas, la majorité de la gauche allemande ne comprend pas quels trésors peuvent renfermer de telles alternatives. Je constate avec plaisir que les jeunes étudient le Capital de Marx dans les universités allemandes, et qu’on voit le retour des débats sur les alternatives 
socialistes.


Propos recueillis par Roman Debski.


Août 1961 - Construction du «mur de la honte» par le régime de la RDA. Raison : l’exode massif vers l’Ouest, quand les déplacements à Berlin étaient encore libres (plus de 3,5 millions d’Allemands quittent la RDA entre 1945 et 1961).


C’est une large bande de terrain de plus de 
0 kilomètres, enfermée entre deux murs, avec barbelés, miradors, alarmes, pièges et chemins de ronde, surveillée par des milliers de soldats et mille chiens de combat.


On estime à plusieurs centaines (de 200 à 1 000 selon les sources) le nombre de tués, de 1961 à 1989, en tentant de fuir Berlin-Est, par les sinistres Vopos (garde-frontières est-allemands). Le nombre d’emprisonnés pour tentative de « désertion » avoisinerait les 100 000. Des anciens dirigeants de la RDA ont été condamnés en 1997 et 2004 pour avoir donné l’ordre de tirer sur les fugitifs.

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 09:59
28 septembre 2009



« Traitez avec les services de renseignement pakistanais ( ISI ) et avec l’armée pakistanaise et recrutez ces moudjahidines. C’est un argument très intéressant… ce n’était pas un mauvais calcul pour en finir avec l’URSS mais prenons garde à ce que nous semons…parce que c’est nous qui récolterons. » Hillary Clinton


Une fois de plus, le Pakistan est devenu le point de mire de l’attention mondiale. Chaque jour, nous sommes informés d’attentats suicides ou d’opérations militaires, avec leur cortège de morts, de blessés ou de populations déplacées.


Dernièrement, les écoles ont dû fermer pendant plus d’une semaine. Même les enfants parlent de la mort et des attentats suicides.


Avec plus de 125 points de contrôles policiers, Islamabad est devenue une véritable forteresse. Lahore et d’autres villes subissent le même sort : il y a des barrages de police partout. Après chaque attaque terroriste, les autorités prennent des mesures de haute sécurité et érigent des barrages supplémentaires. L’ironie de l’histoire, c’est que, récemment encore, les autorités et les médias, décrivaient ces terroristes comme des moudjahidines luttant pour le monde islamique.


Sous la forte pression du gouvernement Obama, le gouvernement pakistanais a lancé une série d’opérations dans diverses parties du pays qui ont mené à une vague de morts jamais atteinte jusque là condamnant, en outre, des centaines de milliers de personnes à quitter leurs domiciles pour trouver un abri provisoire.


Repoussés hors des frontières de l’Afghanistan après le 11 novembre, des fanatiques religieux de diverses nationalités ont trouvé refuge au Pakistan, avec 2 objectifs en tête : rendre le Pakistan plus islamique, et donner une leçon au gouvernement à cause de ses bonnes relations avec l’impérialisme américain.


Mais c’est le peuple qui en paie le prix. Les fanatiques religieux sont les fascistes d’aujourd’hui. Ils croient en l’élimination de leurs opposants politiques. Bien qu’ils puissent passer pour des anti-impérialistes, ils ne représentent pas une force progressiste. En fait, ils sont une force d’extrême droite qui veut remonter le temps.

La religion d’Etat

Le Pakistan s’appelle aussi République islamique pakistanaise .La religion est liée à l’Etat. La constitution et le pouvoir judiciaire sont harcelés par une démagogie islamique. La plupart des programmes éducatifs sont imprégnés d’idéologie islamique, et même les justifications scientifiques essaient, d’une certaine façon, de trouver leurs sources dans la religion.


La religion est devenue une façon de vivre. Tous les dons faits aux œuvres charitables finissent dans les coffres des institutions religieuses. La vie sans religion est inimaginable. Bien que la seule raison d’être d’un état pakistanais ait été la nécessité d’un territoire pour les musulmans, il aurait dû être un état séculier pour les musulmans.


Quand l’Etat fut fondé, en1947, la population n’était pas fondamentaliste. Mais, avec le temps, le Pakistan a adopté une idéologie islamique qui offre aujourd’hui aux fanatiques un terrain plus favorable pour réaliser leur rêve d’un pays islamique.


A la fin des années 70, avec l’invasion soviétique de l’Afghanistan, Washington décida qu’il était nécessaire de développer une force d’opposition indigène. Pour combattre le « communisme » en Afghanistan, Washington a travaillé en étroite relation avec le dictateur militaire, le général Zia Ul Haq, avec les services secrets pakistanais et avec les services de renseignement internes (ISI).


Il y a des douzaines d’ouvrages qui expliquent la montée des talibans et des moudjahidines sous le contrôle direct des Américains, mais le ISI n’avait aucune raison de renoncer au financement américain après le retrait soviétique en 1987.


Si les Américains n’étaient plus intéressés par cette guérilla, le ISI trouvait utile les jihads dans son conflit avec l’Inde à propos du Cachemire. De plus, il y a de nombreux partis politiques religieux au Pakistan. Jamaati Islami et Jamiat Ulmai Islam, les partis politiques sunnites et wahabites sont tous pour une révolution islamique. Ils ont aussi donné leur soutien politique aux fanatiques religieux des talibans et d’al Quaida.

Hillary Clinton a reconnu le rôle joué par les Américains.

Même Hillary Clinton, la secrétaire des affaires étrangères, a reconnu la responsabilité de Washington dans la montée du fanatisme religieux.


Voici sa déclaration à un sous comité du Congrès américain le 23 avril 2009, dans laquelle elle admet que, effectivement, les Américains sont à l’origine de la situation actuelle désastreuse de l’Afghanistan : c’était le président Reagan, en accord avec le Congrès dirigé par les démocrates qui a dit :


« Vous savez que c’est une sacrée bonne idée… Traitez avec les services de renseignement pakistanais (isi) et avec l’armée pakistanaise et recrutez ces mujahidins. C’est un argument très intéressant…ce n’était pas un mauvais calcul d’en finir avec l’URSS mais prenons garde à ce que nous semons…parce que c’est nous qui récolterons. »


Cependant, ce ne sont pas seulement les Américains qui ont récolté ce qu’ils ont semé. Plusieurs gouvernements pakistanais ont été prêts à faire ce que voulaient les Américains par pure avidité financière. Depuis 1978, les divers gouvernements ont tous été de proches alliés des USA . Cela représente 20 années de dictatures militaires sous Zia (1977-1988) et sous le général Musharaf (1999-2008). Ces gouvernements ont rendu possible aux fanatiques religieux l’ouverture d’établissements d’éducation religieuse qui ont modifié la culture religieuse du pays.

La tactique des madrasas

Une des principales tactiques utilisées par les fanatiques religieux pour amener le jihad à la jeunesse pakistanaise été d’ouvrir des écoles religieuses (madrasas) qui ont proliféré sous la dictature du général Zia Ul Haq. A présent, il y a des écoles religieuses dans tout le Pakistan.

Presque la moitié des 15 ooo madrasas enregistrées se trouve dans le Punjab .


Des experts estiment même qu’il y en a davantage : quand l’état a tenté d’en établir le nombre en 2005, 1/5e de celles installées en province ont refusé de s’enregistrer. 


Les madrasas ont eu beaucoup de succès chez les travailleurs parce qu’elles offraient une éducation gratuite avec un enseignement religieux. En fait, c’est la défaillance de l’état à trouver les ressources nécessaires pour une éducation publique gratuite qui a ouvert la voie au succès des madrasas.


Le Pakistan est l’un des pays qui a le plus d’analphabètes au monde. Le gouvernement consacre moins de 3% de son budget à l’éducation. C’est seulement plus ou moins la moitié des Pakistanais qui peuvent lire et écrire, loin derrière des pays qui ont proportionnellement le même revenu par habitant, comme le Vietnam.

 


Selon l’UNESCO, 1 enfant pakistanais sur 3 en âge scolaire ne peut accéder à l’éducation, et parmi ceux qui le peuvent, un tiers abandonne au niveau du 5e degré. L’accès de l’école pour les filles est l’un des plus bas au monde, derrière l’Ethiopie et le Yémen.


Même si les madrasas ne représentent que 7% des écoles primaires, leur influence est renforcée par les lacunes de l’éducation publique et par l’esprit religieux qui anime les populations des campagnes dans lesquelles vivent les 2/3 de la population. Ces madrasas sont les vrais germes du fondementalisme religieux. Les plus ou moins 15 ooo établissements religieux enregistrés dans le pays comptent plus de 1,5 millions d’étudiants et plus de 55 ooo enseignants.


Avant 2002, en accord avec le ministère des affaires religieuses, les madrasas enregistrées ne dépassaient pas le nombre de 6000. Après le 11 septembre, les fanatiques religieux qui quittèrent l’Afghanistan arrivèrent au Pakistan et avec l’aide des 2 gouvernements provinciaux des alliances religieuses le MMa, la province de la frontière du nord-ouest et le Baluchistan, furent capables d’augmenter rapidement le nombre de madrasas.


En 2007, il y avait plus de 13ooo établissements enregistrés dans le pays.A cette époque, le général Musharaf était le partenaire de ce qui s’appelait « alliance contre le terrorisme ».Il manipulait à la fois les fanatiques et l’impérialisme.


En mars 2009, le nombre des madrasas était de 15725.

La montée du fanatisme religieux

Le partenariat entre les fanatiques religieux, les Américains et les services de renseignement pakistanais continue sans problème jusqu’au 11septembre. Puis tout le scénario capote. Les moudjahidines sont alors qualifiés de terroristes et l’Amérique veut une solution militaire à la montée du fondamentalisme religieux.


Cette montée n’est pas seulement le résultat des actions des services de renseignement pakistanais et américains, mais c’est aussi à cause de l’échec des gouvernements civils ou militaires qui n’ont pas pu résoudre les problèmes fondamentaux de la classe ouvrière et de ses alliés.


Les gouvernements successifs ont été incapables de mettre un terme à l’emprise du féodalisme, à la nature de grand exploiteur des capitalistes pakistanais, au traitement humiliant des ouvriers et des paysans, à la répression des minorités et à l’exploitation des ressources naturelles.


La classe dirigeante a lamentablement échoué à faire valoir des règles démocratiques. C’est pourquoi, aussi longtemps qu’un gouvernement civil est vaincu par une dictature militaire, la grande majorité des masses populaires ne peut résister à une dictature.


Les tribunaux religieux


Face aux fanatiques, l’actuel gouvernement civil du Parti du Peuples du Pakistan est ambigu. Dans la vallée de Swat, il a fait des concessions majeures aux fanatiques en établissant des cours de justice islamiques alors que les forces religieuses avaient subi une défaite électorale lors des élections générales de 2008 passant de plus de 15% six ans plus tôt à moins de 3%.


Mais, alors que les masses ont rejeté les forces religieuses, le régime actuel a opté pour une négociation avec elles au lieu de déclencher une mobilisation de masse pour en finir avec le fanatisme religieux. Cela a encouragé les fanatiques à aller plus loin : ils ont exigé l’instauration de la Charia dans la province de Malakaland, ce qui a été accepté et paraphé sous forme d’accord.


Cela a représenté une incitation pour les fondamentalistes religieux à s’attaquer à d’autres provinces et a fait croire qu’ils n’étaient désormais plus très loin d’Islamabad.


Pris de panique, le régime, avec l’appui total des Américains s’est lancé dans une vaste opération militaire en juin de cette année dans la région de Malakaland dont le résultat est de plus de 5000 tués et de plus de trois millions et demi de déplacés.


Le gouvernement actuel revendique la victoire militaire et demande aux déplacés de rentrer chez eux. Sauf que, plus d’une victoire militaire, il s’agit d’une retraite stratégique des fanatiques qui, à l’image des Talibans afghans en 2001, ont ainsi sauvé leur infrastructure militaire de manière à pouvoir refaire surface plus tard.


Et, en octobre, un mois à peine après la célébration de cette « victoire militaire », les fanatiques s’attaquaient en effet au grand quartier général militaire ainsi qu’à une série de centres de formation de la police dans différentes zones du pays. Ce mois d’octobre a été particulièrement sanglant avec beaucoup de victimes des deux côtés.


Prétendant que c’était la seule option possible, beaucoup de progressistes ont soutenu les actions militaires contre les fanatiques religieux. Mais aucune solution militaire ne peut éliminer les fondamentalistes religieux. C’a été le cas en Afghanistan et il en sera ainsi au Pakistan. L’option militaire ne peut que les pousser à agir ailleurs.


Les fondamentalistes religieux ont employé la tactique du terrorisme urbain. On ne peut pas éliminer un terrorisme urbain en envahissant des régions considérées comme étant sous leur contrôle.

Les actions militaires dans la région de Malakand et maintenant dans le Wazirestan ont poussé les fanatiques vers d’autres régions du Pakistan.

L’échec des stratégies à court et long-terme

La solution militaire a été présentée comme une étape vers l’éradication finale du fondamentalisme. Elle fait écho à la vieille philosophie stalinienne consistant à séparer les revendications immédiates de l’objectif final pour se contenter de l’immédiatement réalisable.


Dans certains cercles pourtant, on reconnaît que l’action militaire doit être suivie de réformes profondes et de mesures de développement. Sauf que cela n’est souvent que déclamations pour plaire à l’impérialisme américain.

Mais, il n’y a pas de séparation entre le court et le long terme. Si on veut combattre les fanatiques religieux, il faut séparer la religion et l’état. La question de la nature de l’Etat pakistanais doit être posée car la religion ne peut pas être la base d’une nation.


Deux conceptions de l’Etat pakistanais se sont affrontées durant les années soixante et septante et se sont soldées par la naissance d’un nouvel Etat, le Bangladesh. C’est sur des lignes de fracture similaires qu’une crise majeure éclate aujourd’hui au Baloutchistan où un mouvement indépendantiste prend de l’ampleur.

Un programme complet

Il faut un programme concret pour combattre le fondamentalisme religieux. Il doit combiner la lutte contre les attaques suicides et la limitation des activités des forces fascistes dans leurs bastions avec un plan d’action global dans les domaines économique, politique et social. Ceci devrait inclure la nationalisation des madrasas et le recyclage des professeurs. Il devrait inclure une augmentation immédiate des salaires des ouvriers du privé et du secteur public d’au moins à 12.000 roupies par mois [un peu moins de 98 euros - ndt].


Toutes les lois discriminatoires doivent disparaître et tous les citoyens du Pakistan doivent bénéficier d’un statut d’égalité alors que de nombreuses lois actuelles réduisent les membres des minorités religieuses au statut de citoyens de seconde catégorie.


Le gouvernement devrait s’investir massivement dans la lutte contre le fondamentalisme en assurant son soutien, en particulier dans les bastions des religieux, aux structures de la société civile pour qu’elles puissent fonctionner. Il faut que tous les droits syndicaux soient rétablis, dans le secteur public comme dans le privé, avec pleine liberté d’expression et de rassemblement.


Le gouvernement civil actuel cherche des solutions militaires, mais la plupart des lois discriminatoires restent en vigueur, y compris celles contre le blasphème. Le gouvernement n’a aucun plan pour éliminer ces lois discriminatoires promulguées sous les dictatures militaires. C’est aux organisations de la société civile d’exiger que le gouvernement abolisse les lois discriminatoires et rétablisse les droits.


Les fondamentalistes religieux s’organisent sur une base internationale. C’est aussi sur ce plan qu’il faut organiser le combat contre elles.

La guerre américaine contre le terrorisme alimente le fondamentalisme. Elle est comprise comme une guerre contre les musulmans. L’occupation impérialiste de l’Irak et de l’Afghanistan apporte de l‘eau au moulin des fanatiques : elle sert de justification à leurs actions terroristes.

Il faut mettre un terme à l’occupation

La campagne pour la fin de l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan et le refus du fanatisme doivent être la base d’une action internationale des forces progressistes.


La campagne contre le fondamentalisme religieux doit être partie prenante du combat altermondialiste car il faut refuser aussi bien l’occupation que le fondamentalisme religieux. On ne peut pas soutenir l’un contre l’autre.

Le combat entre fondamentalistes et impérialistes est un combat entre taureaux. Les peuples n’ont rien à y gagner si ce n’est d’en être écrasé. Il faut ouvrir un autre espace de lutte, des chemins alternatifs.


* Paru en traduction française dans Gauche anticapitaliste. Traduit de l’anglais par Christine Bürer :


http://www.gauche-anticapitaliste.c...


* Farooq Tariq est porte parole du Labour Party Pakistan (LPP).

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 09:38

PARIS, 5 nov 2009 (AFP) -


Le NPA d'Olivier Besancenot tient ce week-end son Conseil politique national, nouvelle étape de la construction d'une éventuelle alliance avec le PCF et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon aux régionales, au coeur d'un mois décisif pour "l'autre gauche".


Les discussions "unitaires", initiées le 28 septembre par le NPA, paraissaient pourtant vouées à l'échec en début de semaine dernière.


Le 27 octobre, Olivier Besancenot avait semblé balayer toute perspective d'unité avec le PCF en l'accusant de "refuser" sa main tendue "pour privilégier des accords avec les socialistes".


Le lendemain, à l'issue d'une quatrième réunion avec les autres formations de la gauche radicale, le NPA changeait de ton, accueillant de façon "plutôt positive" la proposition d'union du Front de gauche, constitué autour du PCF, du Parti de gauche (PG) et de Gauche unitaire (GU).


"Comprenne qui pourra", lance l'ex-NPA Christian Picquet (GU) qui demande à son ancien parti de "se prononcer clairement", lui signifiant que "la stratégie du cavalier seul est une impasse". Aux européennes de juin, le Front (6%) avait devancé le NPA, parti en solo (4,9%).


"L'affaire n'est pas pliée", "je suis persuadé que ça va marcher", renchérit un Mélenchon toujours optimiste, mercredi à Mediapart.


Lors du Conseil national qui se tient samedi et dimanche à Clichy, "des amendements sur les questions qui fâchent, notamment les exécutifs régionaux, seront proposés au texte du Front de gauche", explique à l'AFP Olivier Besancenot, qui refuse les accords de gestion avec le PS.


Selon cette offre du Front, les listes de premier tour seront "différentes de celles présentées par le PS et Europe-Ecologie" et "s'engageront sans ambiguïté" au deuxième tour "en fusionnant avec les autres listes de gauche et écologique", à l'exclusion du MoDem.


Il s'agira "si les conditions en sont créées", de travailler à la mise en oeuvre de "projets de transformation sociale réelle", "jusque dans les exécutifs régionaux".


"La position majoritaire du Comité exécutif du NPA, c'est de rester disponible pour un accord unitaire", a fait valoir M. Besancenot : "il faut lui laisser une dernière chance" et "qu'on puisse y voir plus clair entre l'offre nationale du PCF qui ne nous va pas et celle du Front de gauche". Une nouvelle réunion unitaire pour aborder la question est prévue mardi.


"Il n'y a pas de position figée" au NPA, assure le postier de Neuilly.
"Les militants ne comprennent pas où va la direction", déplore de son côté Yann Cochin, du courant minoritaire Convergences et Alternative.
Alors que certains au NPA souhaitent durcir un peu plus le ton, il veut encore croire possible l'union avec le Front de gauche et regrette "des crispations sectaires".


Les militants du parti anticapitaliste seront consultés sur la question fin novembre.


Après des conférences régionales réunissant élus et militants les 7 et 14 novembre, les adhérents du PCF se prononceront, eux, du 19 au 21 novembre sur la stratégie d'autonomie de la direction vis-à-vis du PS au premier tour.


Dans un parti qui compte 185 conseillers régionaux, les communistes pourraient alors décider, dans plusieurs régions, de former des listes avec les socialistes dès le premier tour, ce qui devrait irriter le NPA.

Par Julie DUCOURAU.

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 09:33
Communiqué du NPA.

A son insu et sans autorisation, Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste se retrouve sur le site du débat sur l'identité nationale, organisé par le ministère de l'immigration, au travers de propos tenus sur France Info le 27 octobre dernier.


En conséquence, nous exigeons du ministère qu'il retire de la rubrique «ils s'expriment» la référence à Olivier Besancenot et à ses propos tenus sur France Info.


Ce procédé indigne est révélateur de la politique de M. Besson, serviteur zélé de N. Sarkozy, qui ne recule devant aucun moyen pour donner l'illusion d'un consensus sur un débat qui a pour fonction de rabattre vers l'UMP les électeurs qui seraient tentés de voter pour le Front national aux prochaines élections régionales.


Après les propos à caractère de raciste de B. Hortefeux, l'expulsion vers l'Afghanistan de trois refugiés qui avaient fui leur pays en guerre, la chasse aux sans-papiers qui perdurent, l'offensive idéologique d'E. Besson vise à faire diversion par rapport aux conséquences de la crise sociale qui voient le chômage frapper de plus en plus le monde du travail, la précarité exploser, les droits sociaux rayés de la carte.


Pour ce qui nous concerne, notre identité , nos valeurs sont celles de la solidarité internationale; nous sommes du côté des exploités et des opprimés qui quotidiennement luttent contre le gouvernement Sarkozy-Fillon et le Medef à l'image des grèves actuelles de travailleurs sans-papiers pour exiger leur régularisation.

 

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 09:28
(par Jérémie Cravatte, www.cadtm.org)

Deux semaines après la mobilisation globale pour la Terre Mère et contre la marchandisation de la vie et à un mois du sommet de Copenhague (Danemark), il peut être intéressant de revenir sur un des volets principaux du futur régime «post-Kyoto» que représente REDD (Réduction des Émission dues à la Déforestation et à la Dégradation des sols).


Le programme REDD a pour but déclaré de protéger les poumons verts de la Terre (Amazonie, forêt du Bassin du Congo et forêt indonésienne) via la diminution de déforestation et des projets de reforestation. Initiatives que des groupes écologistes et des populations dépendantes des forêts ont proposées depuis bien longtemps.


La manière dont ces projets sont élaborés et mis en place ne permet malheureusement pas de se réjouir de cette nouvelle «solution» aux changements climatiques


REDD et REDD+


La déforestation et la dégradation des sols représentent près d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre. Pour rappel, l’objectif du protocole de Kyoto était de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 5,2% d’ici 2012 (par rapport aux émissions de 1990).


Aujourd’hui, les pays industrialisés s’accordent pour vouloir limiter le réchauffement climatique à 2° C (par rapport à l’ère préindustrielle), ce qui – selon le GIEC|1| – nécessiterait de réduire les émissions de 40% d’ici 2020 et de 80% d’ici 2050 (toujours par rapport à 1990). Mis à part le fait qu’on puisse douter d’un tel engagement à la clôture de la COP-15 de la CCNUCC|2|, on doit se questionner sur les mesures prises pour diminuer les effets du changement climatique.


Kyoto prévoyait déjà dans ses mécanismes dits de flexibilité (Mécanismes de Développement Propre etc.) la possibilité pour un pays industrialisé de gagner des «crédits carbones» - des droits à polluer - en montant des projets au Sud (agrocarburants, barrages hydrauliques, plantations forestières etc.).


Ces mécanismes ne devaient constituer que des compléments aux politiques nationales mais les pays du Nord les utilisent de plus en plus pour arriver à leurs objectifs chiffrés. Le mécanisme de paiement des évitements d’émissions dues à la déforestation et à la dégradation des sols a été institué lors de la COP-13, en 2007, à Bali|3|.


Depuis, lors des négociations internationales on a ajouté la séquestration carbone au volet REDD pour donner REDD+. En effet, il ne s’agit plus seulement de comptabiliser les émissions qui n’auront plus lieu grâce à l’arrêt de déforestations mais également de compter les quantités de CO2 que les forêts sont capables de capter…


Ce mécanisme est devenu très important pour le commerce de carbone et est censé faciliter les pays dits développés à atteindre leurs objectifs en aidant les pays dits en développement à se développer tout en sauvegardant leurs forêts.


Commerce de carbone forestier et populations indigènes


De nombreux programmes ont déjà été créés, tels que: le World Bank’s Forest Carbon Partnership Facility(FCPF); le Norway’s International Climate and Forests Initiative et bien sûr l’UN-REDD Programme. Les forêts peuvent donc devenir très attractives, le marché de carbone étant en pleine expansion.


Elles rapporteront de l’argent pour ne pas avoir été déforestées et pour être considérées comme des puits de carbone. Or, ce marché manque clairement de transparence. Beaucoup y dénoncent un lieu rêvé pour une nouvelle bulle spéculative.


Le manque de régulation et la fraude pouvant être d’autant plus importants dans ce secteur qu’ils sont habituels et que l’on ne sait toujours pas comment mesurer précisément les réductions d’émissions ou la captation carbone des forêts|4|. De plus, ces mesures dépendent d’une projection par définition incertaine puisqu’il s’agit du futur. Comment savoir qu’une plantation d’arbres ne subira pas un incendie par exemple?


Un autre sujet central dont on évite de parler, car il marque bien l’aspect temporaire de ce mécanisme, est la saturation des puits de carbone. En effet, tout arbre cesse d’absorber du carbone une fois sa croissance terminée et il en libère en se décomposant|5|…


Par ailleurs, au vu des efforts à fournir en termes de mitigation, ne pas diminuer nos émissions mais vouloir les compenser relève de l’ironie. Ce rapport à la crise écologique pose d’autant plus question lorsque l’on s’intéresse à la problématique indigène.


En effet, les critiques des mouvements indigènes par rapport aux solutions mises en avant en termes de lutte contre le changement climatique, dans ce cas par rapport à REDD+, sont nombreuses. Tout d’abord, le mécanisme REDD+ ne fait pas la différence entre une forêt primaire et une monoculture d’arbres (OGM à croissance rapide dans la plupart des cas|6|. La différence se situe pourtant dans l’existence ou non de biodiversité. Ici intervient évidement la question de la relation à la nature.


L’évaluation de la forêt exclusivement comme un bien commercial peut poser problème pour des communautés qui l’évaluent comme leur source de subsistance et le fondement de leur culture. Leur cosmovision liant souvent tous les êtres et les éléments, le rapport de l’homme à la nature n’est évidement pas de domination mais de filiation.


La rupture avec la terre a donc des conséquences sociales et culturelles fortes. Or, de part l’histoire, la spoliation foncière des territoires indigènes a toujours été «justifiée» (découvertes; développement national; exploitation des ressources naturelles etc.). REDD+ a déjà fait son lot de ravages en matière de droit indigène|7|.


La déclaration des Nations-Unies sur les droits des Peuples Indigènes qui prévoit leur «consentement averti, préalable et libre» ne doit pas seulement être citée par les projets REDD+ mais bel et bien respectée. Or ce n’est pas le cas et, sur le terrain, on oublie le rôle prépondérant des peuples indigènes pour le «développement durable» reconnu dans le droit international.


En effet, bien que ceux-ci fassent parties des premières victimes des effets du réchauffement climatique|8|, ils en sont les derniers responsables|9|.

Une étude du Forest peoples Programme|10| de 2007 a montré comment la participation prévue des populations indigènes était réduite à néant concernant le FCPF de la Banque Mondiale. 93% des répondants (d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie) – représentants indigènes – n’avaient jamais entendu parler de ces programmes.


Et, bien souvent, les intéressés se questionnent sur la pertinence du rôle de la Banque Mondiale pour la protection des forêts. En effet, elle a (et continue a) financé(r) des activités liées aux changements climatiques, à la déforestation ainsi qu’à l’atteinte aux droits des peuples indigènes. De son côté, elle prévoit que les consultations se feront via les gouvernements et s’engage à les «former à la politique de sauvegarde de la Banque Mondiale».


Or, il est évident que ceux-ci peuvent devenir encore plus réticents à reconnaître les droits des populations indigènes au vu du potentiel lucratif que vont constituer les forêts. Une protestation eut d’ailleurs lieu le 2 mai 2008 au sein du forum permanent sur les questions indigènes des Nations-Unies (UNPFII) car celui-ci avait choisit, malgré l’avis des peuples indigènes, de décrire le FCPF de la Banque Mondiale comme a good practice|11|.


Justice climatique


La Banque Mondiale, la FAO, le PNUD, Ban-Ki Moon ou encore le Prince Charles insistent sur le fait que la lutte contre le changement climatique ne pourra pas se faire sans les forêts… Ils ont raison, mais cette «lutte» ne sera pas réelle tant que nous ne remettrons pas notre modèle de société et son rapport à la nature en question.


Jusqu’à maintenant REDD+ est utilisé pour faire de l’argent, continuer à polluer et non pas, comme annoncé, pour limiter les changements climatiques et aider les populations du Sud.


Le débat qui devrait être basé sur la sortie du fossile par la diminution de la consommation d’énergie et le passage aux énergies renouvelables se tourne vers le marché. Nous passons donc d’un objectif de diminution des émissions du Nord à une augmentation de captation de celles-ci par le Sud…

Nous aurions certainement quelque chose à apprendre des civilisations vivant en harmonie depuis toujours avec leur environnement.


Lors du premier sommet mondial des peuples indigènes sur le changement climatique d’avril 2009, en Alaska, ceux-ci ont principalement proposés: la reconnaissance de la déclaration de l’ONU dans tout projet pouvant influer sur les PI; le devoir des pays développés de diminuer leurs émissions et de sortir des énergies fossiles; la reconnaissance et l’utilisation des savoirs traditionnels et des pratiques conservatrices des PI; la reconnaissance du rôle joué par les femmes et des discriminations dont elles sont victimes; la reconnaissance de la dette écologique du Nord envers le Sud; la pleine participation des PI dans l’organe de la CCNUCC; la création d’un fond d’aide publique au développement pour aider à l’adaptation aux changements climatiques; la restitution des terres aux PI ayant été expulsés; le rappel du besoin d’une action collective, publique comme privée, nationale comme mondiale, face au climat; la mise en place de la souveraineté alimentaire comme sortie de la crise climatiqueetc.


Mais le marché et la classe politique préfère jusqu’à maintenant nier leur droit à l’autodétermination pour faire vendre le capitalisme vert. Il est à espérer que les voix des peuples indigènes porteront lors du sommet de Copenhague et que nous serons nombreux à crier notre désaccord face à ce genre de solutions.


Le 4 novembre 2009.


Notes

|1| Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat.

|2| Convention-Cadre des Nations-Unies sur le Changement Climatique.

|3| Entre autre par l’action d’un groupe de pays du Sud, la Coalition of Rainforest Nation: http://www.rainforestcoalition.org/eng/

|4| Cela dépend du type de forêt, de la fertilité des sols, de la durée de la période sèche etc.

|5| Nous avons même vu les forêts européennes devenir émettrices de carbone durant les vagues de chaleur de l’été 2003.

|6| Perturbant souvent le cycle hydrologique et la composition des sols avec, entre autre, leur exigence en eau.)

|7| Le Groupe Thomas Sankara, par exemple, avait publié le témoignage de Sarwadi, paysan indonésien exproprié de ces terres pour un projet REDD.

|8| Sécheresses prolongées; disparition des nappes phréatiques, plantes et animaux; désertification; épidémies; baisse de la productivité agricole; migrations; inondationsetc.

|9| La diversité biologique préservée de leurs territoires ont, par exemple, bien servit l’industrie pharmaceutique.

|10| http://www.forestpeoples.org/

|11| Vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=UtOR...

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 09:24
climat-cinq244.jpg


La seule réponse du néolibéralisme à ceux qui s’inquiètent de sa capacité à détruire le monde, c’est que le marché nous sauvera de la faillite et la technologie de la technique.


Toujours plus vite vers l’abîme. Cette fuite en avant montre, s’il en était besoin, un véritable autisme technocratique.

On assure, depuis quarante ans, que la science trouvera une solution aux problèmes des déchets nucléaires. Il en est de même avec le réchauffement.


Pour esquiver une réduction massive des émissions de carbone et la fin d’un mode de production ravageur, pour nier la nécessité d’un changement radical de civilisation, le technocapitalisme propose des solutions financières et technologiques qui seraient autant de problèmes nouveaux.


Le nucléaire est donné pour une énergie « propre », alors que les déchets radioactifs sont une grave source de contamination et que cette technologie menace l’humanité tout entière par la prolifération d’armes et le risque d’accidents apocalyptiques.


Par ailleurs, l’uranium n’est pas inépuisable.
Les agrocarburants, solution miracle ces dernières années, ont eu pour principal effet d’augmenter l’utilisation de pesticides, le recours au « génie génétique », la déforestation, et, en remplissant les réservoirs des riches avec la nourriture des pauvres, la misère.


L’exploitation des sables bitumineux, actuellement en vogue, qui consiste à séparer certains sables des matières fossiles auxquels ils sont mêlés, met en œuvre des procédés complexes, qui polluent d’immenses quantités d’eau, consomment plus d’énergie qu’ils n’en produisent, et détruisent les territoires de populations indigènes.


Les « puits de carbone » ne sont que le nom idéologique des plantations d’arbres. Compenser seulement les immenses surfaces défrichées à chaque minute impliquerait de reboiser immédiatement toute la Terre, et pour un résultat douteux, car pendant sa croissance, un arbre rejette plus de carbone qu’il n’en absorbe.


La séquestration du carbone en sous-sol, qui ressemble furieusement à l’enfouissement des déchets nucléaires, aboutirait à creuser sous nos pieds un monde épouvantable. Et pour quel résultat, puisque les capacités de stockage resteront nécessairement limitées alors que la fringale de pétrole, elle, semble insatiable ?


Augmenter l’efficacité énergétique de la production électrique et industrielle, valoriser les déchets, contribuerait certainement à une réduction de la consommation, mais bien insuffisante, et à condition que la capacité du capitalisme d’exploiter ce potentiel ne soit pas limitée par la demande solvable.


Il convient d’ajouter à ces fausses solutions les trouvailles plus ou moins farfelues comme couvrir le ciel de miroirs pour renvoyer la chaleur vers l’univers, jeter de la limaille de fer dans les océans pour piéger le carbone, et celles que les Géo Trouvetout nous proposeront demain pour faire croire que la solution aux problèmes du monde est d’abord une affaire technique.


Pour le capitalisme productiviste, sauver le climat équivaut à la quadrature du cercle. La confiance insensée en un avenir technologique radieux dépasse l’illusion et s’apparente à une croyance. Pour éviter le pire scenario climatique, il appartient décidément à d’autres forces de proposer des solutions rationnelles, écologiquement efficaces et socialement justes.
Armand Farrachi

Un des enjeux du sommet de Copenhague est de populariser des alternatives aussi bien aux mécanismes marchands qu’à cette fuite en avant technologique.


Vous êtes intéressé-e-s pour participer au sommet alternatif et à la manifestation internationale à Copenhague le 12 décembre ?


Contactez-nous à


copenhague@npa2009.org

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 09:16
Ouest france du 5


Les cartes postales seront adressées au président de la République.


 

Le collectif quimpérois contre le changement de statut de la Poste relance son action.


Dès samedi, à proximité de la poste principale, il proposera aux passants de signer une pétition.


Il s’agit d’une carte postale qui sera par la suite adressée au président de la République, Nicolas Sarkozy.

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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 09:05
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 09:02
identité-quatre243.jpg


Dans le contexte de crise économique et politique actuelle, Sarkozy, relayé par son fidèle « caniche » Besson joue la carte du nationalisme et du racisme: « Il faut réaffirmer les valeurs de l’identité nationale et la fierté d’être français ».

Le bilan du gouvernement est catastrophique : 700 000 chômeurs de plus en un an, un gel généralisé des salaires, une précarité grandissante, on est loin du « travailler plus pour gagner plus », sans parler des scandales à répétition… À cinq mois des élections régionales, cette offensive politique vise à ressouder l’électorat qui pourrait s’emparer du vote FN pour protester de la pire des manières contre la politique actuelle.


Besson avoue ouvertement l’objectif politique de cette opération lorsqu’il dit : « Nous n’aurions jamais dû abandonner au Front national un certain nombre de valeurs qui font partie du patrimoine républicain ».


On croit rêver, car depuis des années Sarkozy récupère tous les thèmes racistes et sécuritaires du FN afin de phagocyter son électorat. Mais pour que cela marche, il lui faut aller toujours plus loin dans la surenchère. Cette politique n’est pas seulement électoraliste. Elle vise à entretenir les divisions au sein de la classe ouvrière. En faisant de l’immigration un problème, le gouvernement veut faire croire que les étrangers sont une menace, d’où la nécessité de « réaffirmer notre identité nationale ».


On trouve des boucs-émissaires qui « piquent le boulot des travailleurs français », on détourne la colère des vrais responsables, les capitalistes. Cet argument fut largement utilisé dans les années qui suivirent la grande crise de 1929, avec les conséquences tragiques que l’on connaît.


Sarkozy s’inscrit complètement dans la politique du « choc des civilisations » qui sert de couverture aux campagnes impérialistes en Orient. Lorsque Besson déclare : « il n’y a pas de débat : la burqa est inacceptable et contraire aux valeurs de l’identité nationale », il instrumentalise les quelques centaines de femmes concernées en les diabolisant, il les enferme chez elles alors qu’il faudrait au contraire leur permettre de se tourner vers l’extérieur, ce qui signifie des moyens pour des centres sociaux, des formations gratuites…


La défense de la laïcité, « valeur nationale », ne manque pas non plus de cynisme, alors que Sarkozy fraîchement élu déclarait en 2007 que « l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur », que le gouvernement ne cesse de multiplier les cadeaux à l’enseignement catholique sous contrat...


En fait, cette campagne de stigmatisation est la justification idéologique de la guerre meurtrière que la France mène actuellement en Afghanistan, c’est la préparation d’une éventuelle guerre contre l’Iran…


La gauche devrait dénoncer la manœuvre politique raciste qui ne mènera qu’à opposer les communautés entre elles : blancs contre noirs, occidentaux démocrates contre intégristes musulmans… Or c’est l’inverse ! Ségolène Royal déclare : « ilfaut reconquérir les symboles de la Nation… La Nation, à l’origine, c’est un concept de gauche » et Arnaud Montebourg : « Nous irons défendre les valeurs de la France éternelle ».


Pour nous, anticapitalistes, il faut refuser de défendre l’identité nationale. La nation n’est pas un concept de gauche ! C’est au nom de cette identité, de la mission « civilisatrice de la République française » que l’on a colonisé la moitié du monde de 1880 à 1914. C’est au nom de cette République que l’on a assassiné 35 000 Algériens le 8 mai 1945… Contrairement à Ségolène Royal, nous ne sommes pas fiers du drapeau « bleu-blanc-rouge ». Il est devenu le symbole de l’oppression et de l’exploitation.

 

C’est toujours derrière le drapeau de la nation qu’on a entraîné les peuples dans les guerres mondiales. Manouchian, dont tout le monde se réclame aujourd’hui, ne luttait pas contre les Allemands mais contre les nazis, son drapeau était rouge et non tricolore. Dès le xixe siècle, les premiers socialistes avaient montré que le nationalisme est l’un des pires obstacles pour abattre le capitalisme car il masque les véritables antagonismes, la lutte des classes. Il donne l’illusion que « Français », nous aurions des intérêts communs avec Pinault, Bouygues, Dassault…


Il est temps d’agir, en regroupant tous ceux qui veulent lutter contre le racisme, pour la régularisation des sans-papiers, contre l’Europe forteresse et impériale. De Bamako, de Caracas, de Gaza, de Kaboul, d’Alger, de New York… nous devons nous unir autour du drapeau de l’internationalisme, reprenant à notre compte la conclusion du Manifeste du Parti communiste, écrit il y a 160 ans, « Travailleurs de tous les pays, unissez-vous ».

Nous sommes internationalistes et fiers de l’être.
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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 08:57


Le montant total de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), perçue par les communes, était de 3 milliards d'euros en 2001, de 5,05 milliards en 2008 et il va encore augmenter en 2010. Ce serait, paraît-il, une des conséquences du Grenelle de l'environnement et le prix à payer pour que la somme des déchets produits par les ménages soit détruite ou recyclée sans risque écologique. 

Bien sûr, le fait de recycler les ordures plutôt que de les entasser dans des décharges est un progrès qui a un coût. Mais cela n'épuise pas la question. Encore faut-il savoir comment ce service public est organisé.

Le traitement des déchets, dont une moitié provient des ménages et des collectivités territoriales, l'autre des entreprises, a coûté près de treize milliards d'euros en 2007. Les deux tiers de la collecte, du tri et du traitement de ces déchets sont concédés à des entreprises privées, au premier rang desquelles Veolia et Suez, qui n'ont pas l'habitude de travailler pour rien.

C'est pourquoi bien des particuliers se disent, en séparant soigneusement leurs pelures de pommes d'avec leurs boîtes de sardines vides, que, sous prétexte d'écologie, ils travaillent gratuitement pour Veolia et Suez.

Et il n'y a pas que cela... Les dépenses de fonctionnement des entreprises traitant les déchets non industriels sont assurées à 70 % par les taxes versées par les ménages. Quant aux dépenses d'investissement, elles sont assurées à 70 % par les collectivités. Suez et Veolia n'ont donc quasiment que le mal de récolter les bénéfices de l'activité.

De plus, comme ces entreprises ne comptent que des amis au sein des pouvoirs publics, on peut prévoir que toute nouvelle contrainte écologique, justifiée on non, pèsera exclusivement sur la population et ne leur coûtera rien. Ou même leur rapportera un profit supplémentaire.
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