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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 10:15

13 octobre 2009 - Le Télégramme



Par la voix des urnes ou celle, magnanime, d'un PS qui, dans l'euphorie d'une éventuelle victoire aux élections de mars prochain, lui ferait un peu de place, le NPA veut siéger au prochain conseil régional. Louis Le Pape, délégué finistérien, fait le point sur cette réflexion «collective».

Le NPA est-il en mesure de constituer des listes autonomes aux prochaines régionales?
Ce n'est pas le but immédiat. Au préalable, nous voulons rencontrer tous les partis à gauche de la gauche dans l'éventualité d'une liste unitaire se retrouvant dans un programme anticapitaliste. Des discussions sont en cours au niveau national avec le PCF et le Parti de gauche de Mélenchon.

Quelle sera la position au deuxième tour?


Le mode de scrutin rendant difficile la qualification par les urnes, nous allons soumettre aux militants l'idée d'une fusion technique avec les listes de gauche sociale-libérale. Pour que nos électeurs soient représentés à la Région. Mais hors de question de faire partie de l'exécutif et d'une majorité de gestion. Si nous ne sommes pas d'accord avec une proposition, nous voterons contre. Nous sommes, par exemple, opposés à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou au versement de subventions aux lycées privés.

Le NPA breton suivra la ligne politique et le programme convenus au niveau national, mais comment vous positionnez-vous sur des problématiques de la Région, comme celle des algues vertes?


Selon nous, il n'y a pas de particularisme breton*. La pêche et l'agriculture représentent des secteurs plus importants qu'ailleurs mais, comme partout en France, la Bretagne est touchée de plein fouet par la crise sociale, économique et écologique. Et qui l'a apportée? Le capitalisme. Les algues vertes et les problèmes du lait sont liés à une agriculture productiviste. Pour sortir les producteurs de cet engrenage, amorçons le retour à l'agriculture de proximité, bio, paysanne.

  • Propos recueillis par Yann Le Gall
*  A cette réunion il a tout de même été évoqué la réunification et la langue bretonne. ( Note du blogueur)
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 09:49
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 09:30


Pendant que Dominique Straus Kahn (futur président socialiste de la République ?) parlait à Ankara...






Source: The Times (Londres)

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 08:58


 

Quand il ne reste que la dérision:


« Jean Sarkozy va remplacer Didier Lombard à la tête d’Orange Stressée »,

« Jean Sarkozy candidat à l’académie française »

 « Jean Sarkozy rachète @rue89 »

« Jean Sarkozy choisi pour le buste de la nouvelle Marianne »

 « Barack Obama annonce qu’il va quitter sa femme pour Jean Sarkozy »

 

Ce week-end, le site de l’Epad n’a pas échappé au mouvement. La rubrique Petites Annonces a affiché une fausse offre d’emploi pour la présidence de l’Epad demandant notamment aux candidats : « Diplômé du Baccalauréat, vous ne disposez d’aucune expérience professionnelle » et « Votre éthique personnelle correspond à la devise de l’EPGD : “Aux âmes bien nées, la valeur n’est pas une nécessité” ».

 

Explications du président sur TF1
Lolo Ferrari : bonsoir Mr le Président!

Sarko: Bonsoir Lolo!

Lolo Ferrari : Pourquoi le choix de votre fils pour gérer l'EPAD.

Sarko: écoutez mam Ferrari, (haussement d'épaules désordonnées), je cherchais quelqu'un de conpétant, mon fils me dit, tiens papa, je me ferai bien d"EPAD ce soir, c'est un enfant doué, et sachez mam Ferrari, beaucoup plus que moi à son age, le même de l'age de moi..

alors j'dis ok..vas-y mon grand.. fonce, nike les tous!

Lolo Ferrari : beaucoup à gauche comme à droite crient au Népotisme.

Sarko: (épaules virevoltantes), bave apparente, écoutez Lolo, on va pas népoter longtemps comme ça, chuis président, j'ai été élu par le peuple, j'vais pas vous mentir, j'fais c'que je voeux...j'les emmerde tous, font chier...une autre question dans la salle..hein, hum..ouais hein! ben hein bon heinnnnnnnnnnnnnnnnnn!
(Tout çà vient de Libération)



» French banana republic

Nicolas Sarkozy's banana république

(The Times Londres)

 

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 08:30




Déchets, le cauchemar du nucléaire.


Un film évènement, une enquête coup de poing de 98 mn.

Voir des extraits vidéos et plus d'infos sur ce reportage en cliquant sur :

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Dechets--le-cauchemar-du-nucleaire/2766888.html

La face cachée du nucléaire et son déficit démocratique à travers son point faible : les déchets radioactifs.

En pleine prise de conscience des menaces de réchauffement climatique, les industriels et certains politiques nous présentent l’énergie nucléaire comme la solution d’avenir, une énergie propre, maîtrisée, sans impact sur l’environnement et la santé. Parfois même, une énergie qui s’inscrit dans le « développement durable ».


Mais l’énergie nucléaire est-elle aussi propre qu’on nous le dit ?

Rediffusion le jeudi 15 octobre 2009 à 9 h 55 sur ARTE
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 15:21


Le conflit Palestine Israël dans les médias,
des images et des mots.

avec Denis Sieffert,
directeur de la rédaction de l’hedomadaire Politis
mercredi 14 octobre - Faculté Victor Segalen
18h - amphi 3
entrée libre

Ces cours publics ont été élaborés
en étroite collaboration avec
l’Association France Palestine
Solidarité et avec le soutien de
l’Union juive pour la paix

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 13:54


Cars ami,
Chers amis,


Fau plus balança, fau plus bataia, fau plus esita ... ! (
Regardas lou doucumen estaca)
Auvergnas, daufinen, gascoun, lengadoucian, limousin, prouvençau ... Devèn ana à Carcassouno lou 24 d’óutobre manifesta pèr nosto lengo, pèr i’assegura un aveni dins sa diversita, "chasco varieta estènt l'espressioun pleno e entiero de la lengo qu'eisisto qu'au travès de si coumpausanto".

Nous an di que li lengo regiounalo soun un patrimòni, alor anen à Carcassouno demanda de dre e de mejan pèr apara aquéu patrimòni e assegura sa trasmessioun i generacioun que vènon.
Devèn èstre noumbrous, noumbrous mai-que-mai, pèr moustra au gouvèr que sian testard e que se countentan pas que de proumesso ...!
Anen O, pèr la lengo d’O !

Poudès veni emé li drapèu que voulès, emé li pancarto e bandeirolo que voulès, l’impourtant sara de moustra que sian NOUMBROUS e determina fàci à-n-un gouvèr que nous óublido e nous mespreso !

Sabès pas trop coume faire pèr ana à Carcassouno, demandas-me li rensignamen ... Pode peréu vous manda l’aficho pèr internet ...



Chers amis,

Il ne faut plus balancer, il ne faut plus bricoler, il ne faut plus hésiter ...!
Auvergnats, daufinois, gascons, languedociens, limousins, provençaux ... Nous devons aller à Carcassonne le 24 octobre manifester pour notre langue, pour lui assurer un avenir dans sa diversité,
"chaque variété étant l’expression pleine et entière de la langue qui n’existe qu’à travers ses composantes".

On nous a dit que les langues régionales sont un patrimoine, alors allons à Carcassonne demander des droits et des moyens pour défendre ce patrimoine et assurer sa transmission aux générations futures.
Nous devons être nombreux, extrêmement nombreux, pour montrer au gouvernement que nous sommes têtus et que nous ne nous contentons pas que de promesses ...!
Anen O, pèr la lengo d’O ...!

Vous pouvez venir avec les drapeaux que vous voulez, avec les pancartes et banderoles que vous voulez, l’important sera de montrer que nous sommes NOMBREUX et déterminés face ? un gouvernement qui nous oublie et nous méprise !

Vous ne savez pas trop comment faire pour vous rendre à Carcassonne, demandez-moi les renseignements ... Je peux aussi vous envoyer l’affiche par internet.

Lou Baile
Jan-Marc Courbet

FELIBRIGE - Lou Baile - Jan-Marc Courbet - "la Respelido" - camin de la rèino - 84500 Bollène - Tel : 04 90 30 41 39 - http://www.felibrige.org



La manifestation de Carcassonne sera sans aucun doute sympathique et colorée, mais elle sera revendicative avant tout.


1-) La situation dans laquelle est maintenue la langue d’oc est inacceptable.


                Elle est scandaleuse au regard des déclarations et promesses qui ont    été faites mais aussi au regard de la constitution telle qu’elle a été modifiée en juillet 2008.

Si ça continue la reconnaissance des langues dites régionales comme patrimoine de la France risque de déboucher sur un enterrement.

Un patrimoine linguistique cela s’entretient par une politique linguistique ambitieuse qui a pour but de faire en sorte que la langue soit plus parlée, plus écrite, plus utile dans les relations sociales.


3) Que font les collectivités ?


Certaines régions font un peu, certains départements et certaines communes aussi ; mais ce n’est pas suffisant. Nous ne voulons plus de lignes budgétaires misérables. Nous voulons une politique linguistique ambitieuse

Quant aux collectivités qui ne font rien elles participent par leur passivité à la destruction de la langue d’Oc qui est le bien commun de tous ceux qui vivent dans les pays d’Oc.


4) Le service de public de radio et de télévision


réduit chaque année la place accordée à la langue d’oc. C’est le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui le constate. La radio publique Radio France réduit la place de la langue parlée et même celle des chansons en lengo nostro.

Nous voulons une radio et une télévision en langue d’oc financée par des fonds publics. Nous payons une redevance : elle doit servir à tous.


5) L’enseignement de l’occitan-langue d’oc est sinistré.

Dans les collèges et les lycées tout d’abord, rares sont les endroits où l’offre est vraiment organisée.

L’enseignement de notre langue est systématiquement dévalorisé. La mort de l’enseignement de la langue d’oc serait-elle programmée. ?

La mise en place de classes bilingues dans l’enseignement public est trop compliquée et ne tient pas assez compte de la demande des parents. Il y a trop de niveaux administratifs qui ont un pouvoir de blocage

l’information donnée aux parents est largement insuffisante pour ne pas dire souvent inexistante

Pour les écoles Calandreta qui enseignent par immersion, chaque jour nous amène des exemples de difficultés qui entravent leur développement.


6) Nous sommes à six mois des élections régionales.


Les candidats doivent s’engager sur la mise en place d’une politique interrégionale en faveur de la langue d’oc en relations avec les institutions qui représentent les gascons du Val d’Aran et les provençaux de la Région Piemont en Italie


7) En défendant notre langue avec toutes ses variantes, nous défendons la diversité linguistique et culturelle, notre démarche s’inscrit dans le refus de l’uniformisation, de la globalisation ; dans la volonté de promouvoir une façon de vivre originale, une civilisation.

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 13:39
Communiqué du NPA.
Contre les propos homophobes du nouveau président de l'assemblée des Nations Unies, Abdussalam Treki.

 

Le nouveau Président a déclaré  “n’être personnellement pas en faveur” de la Déclaration de dépénalisation universelle de l’homosexualité signée par 66 pays et lue par le représentant Argentin, le 18 décembre 2008.

 Il a ajouté que « la Déclaration n’était pas acceptable pour la majorité du monde et que certains pays l’ont autorisée pensant faire preuve d’une sorte de démocratie ».

La protection et la défense des droits des personnes LGBTI ne relèverait donc pas des Droits de l’Homme et du respect des libertés individuelles ?

 Environ 80 pays à travers le monde punissent l’homosexualité par des lois homophobes soutenues par l’état, et cinq d’entre eux condamnent des personnes à des peines de mort pour « actes homosexuels » !

Mais visiblement l’Assemblée de l’ONU a comme Président un individu pour qui les déportations, les travaux forcés, les pendaisons, les lynchages, les lapidations et les exécutions ne sont pas des problèmes relevant de la protection et de la défense des personnes LGBTI.

Par ce biais, Ali Absussalam Treki remet en cause le respect des engagements universels pour un arrêt des persécutions des personnes LGBTI !

 
Pendant ce temps le gouvernement français reste silencieux … 

C’est pourtant à la veille de la Journée internationale contre l'homophobie que Rama Yade a lancé un appel en faveur de la dépénalisation universelle de l'homosexualité !

Quant aux représentants des pays des membres de l’ONU qui ont signé la déclaration du 18 décembre 2008, ils n’ont pas encore jugé nécessaire de demander à Absussalam Treki de s’expliquer publiquement…

C'est l'homophobie qui est un crime, pas l'homosexualité ! Luttons pour les droits et la reconnaissance des LGBTI.
Le 12 octobre 2009.
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 13:34
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Les politiques de restructuration et de « modernisation » engagées dans les entreprises depuis plusieurs décennies ont pour seuls buts de fragiliser le salariat et détruire les statuts des travailleurs.


Il s’agit aussi d’atomiser les collectifs de travail et d’individualiser les salariés afin qu’ils produisent toujours plus, pour des profits toujours plus importants..

Si vingt-quatre salariés de France Télécom se sont suicidés en un an et demi, ce n’est pas pour suivre une mode, contrairement aux propos scandaleux du PDG Didier Lombard.


Les contraintes de l’organisation du travail génèrent de la souffrance et ont des conséquences très lourdes sur la santé. Le mouvement de flexibilisation, d’individualisation et d’intensification du travail dégrade l’état de santé global des salariés, tant au niveau physique que psychologique, et touche aujourd’hui l’ensemble des catégories et notamment les cadres, soumis à une course aux résultats et à des rythmes de travail qui s’affolent.


On constate, chez France Télécom comme ailleurs, le développement de certaines pathologies (troubles du sommeil, tensions musclulaires, anxiété, irritabilité...) et du recours aux antidépresseurs ou anxiolytiques ou encore l’apparition ou l’accentuation de certains comportements addictifs.


Dans une enquête réalisée début 2009 par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), 41 % des salariès se déclarent stressés et parmi eux, 98 % attribuent au moins en partie l’origine de ce stress à leurs conditions de travail. Selon l’étude, plus l’organisation du travail est complexe, plus elle engendre le stress.


Mais les troubles dont souffrent les salariés ne sont pas que psychologiques et les discours qui prétendent que les conditions de travail tendraient à s’améliorer ne sont que mensonges éhontés. Dans l’industrie, le bâtiment et les transports, le taux d’accidents du travail reste à un niveau très élevé.


En 2008, la Caisse nationale d’assurance maladie a dénombré plus de 700 000 accidents avec arrêt de travail, 44 000 incapacités de travail permanente et 569 décès. Le secteur du BTP représente 8 % du salariat déclaré, mais 18 % des accidents avec arrêts de travail et 29 % des accidents mortels.


Les salariés du bâtiment cumulent des conditions de travail très pénibles (contraintes physiques, organisationnelles) et des contrats très précaires (intérim, travail dissimulé…). Dans l’industrie, les travailleurs sont fréquemment exposés à des agents chimiques, les cancers professionnels sont en constante augmentation et le nombre de salariés déclarés inaptes pour des raisons professionnelles reste extrêmement préoccupant.


Le mal-être au travail peut prendre des formes hétérogènes selon le secteur d’activité et le poste occupé, mais son origine est bien l’organisation capitaliste du travail, fortement destructrice pour la santé et l’équilibre des travailleurs : surcharge et mauvaises conditions de travail combinées à une précarité galopante qui déséquilibre encore plus le rapport de forces entre le patronat et les salariés, hiérarchie omniprésente et méthodes de management brutales et aliénantes.


Ne soyons pas dupes. La classe dirigeante fait mine de se soucier de ce qu’elle appelle pudiquement un malaise social… La multiplication « des observatoires du stress » dans des entreprises du secteur bancaire ou encore chez… France Télécom, qui l’a mis en place depuis juin 2007, pourrait prêter à rire dans d’autres circonstances.


Alors que le numéro 2 de France Télécom a été débarqué pour calmer le jeu, nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes, salariés du privé ou du public, pour faire reculer les projets destructeurs pour notre santé et notre avenir. La lutte pour de meilleures conditions de travail n’est pas simplement légitime, c’est une question de survie.

Christel Luce

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 13:27

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Entretien avec Samia Mesaoudi de l'association "Au nom de la mémoire"

 

 

Comment est née votre association ?


L’association est née d’une volonté d’un certain nombre de gens issus de l’immigration face à l’absence de prise en charge de l’immigration. Avant 1981, les immigrés n’avaient pas le droit d’exister dans ce pays. C’est une loi de 1981 du gouvernement  Mitterrand qui autorise une vie associative.


A partir de là, dans toute la France, de tous les horizons de l’immigration, toutes les communautés immigrées vont décider de prendre à la fois leur devenir associatif, culturel, social, politique en main, et d’avoir une expression à part entière. Ne pas être assisté, ne pas être accompagné par les réseaux de solidarité avec l’immigration…


C’est l’immigration qui se prend en charge. On a donc créé cette association en 1981. Mais au départ, on n’avait pas de revendication, d’interrogation spécifique autour de l’histoire. On avait une envie d’exister, en tant que citoyens. Au départ, les revendications étaient plus sur les luttes sociales « français-immigrés », sur les droits de vote des immigrés, contre les discriminations, les injustices, la marginalisation…


Tout ce qui était la relégation de l’immigration était une préoccupation pour nous. On n’était pas dans un projet de construction de quoi que ce soit. On était dans les collectifs antiracistes, on rejoignait toutes les manifestations, tous les événements qui allaient avoir comme valeur l’égalité français-immigrés.


Vous avez fait partie de la « Marche pour l’égalité » ?


Entre 1981 et 1983, il y a vraiment une réelle volonté de construire un mouvement qui va s’appeler le « Mouvement Beur ». J’ai fait partie de la fondation de Radio Beur et de l’association « Au nom de la mémoire » (ANM). Les choses sont liées parce qu’à Beur FM, on se fait l’écho de toute la vie associative de l’immigration. Pas que beur d’ailleurs, ni que maghrébine : il y a tout un tas d’associations qui sont venues, et qui viennent encore à la radio : associations autour de revendications citoyennes, de revendications sociales d’égalité, etc.


En 1983, je fais partie de la « Marche des Beurs ». J’ai marché dans cette France raciste. Il y avait une initiative qui était portée par un curé de Lyon, Christian Delorme, et nous, à la radio, on se faisait l’écho de cette traversée antiraciste. Evidemment on n’était pas Europe 1, on ne faisait pas 3 minutes par jour. On avait « délégué » trois journalistes pour aller marcher, et j’en faisais partie.


Tous les jours, on faisait des informations à la radio pour parler de la situation des marcheur-euse-s, à chaque étape, de tout ce qui était porté par cette marche et cette lutte qui allait aboutir à Paris à un véritable raz-de-marée antiraciste. C’était magnifique : il y avait près d’une centaine de milliers de personnes à Paris à l’arrivée de la marche. Quand j’y pense, on n’y croyait pas…En fait c’était porteur aussi d’espoir de faire reculer ce racisme qui s’était affiché dans toutes les villes de France, au travers d’une campagne de l’extrême-droite pendant les élections municipales notamment.


En avançant dans ce combat antiraciste, on a commencé à travailler au sein d’ANM sur des outils. On se dit qu’il ne faut pas que manifester, il faut écrire, produire, filmer toutes ces initiatives, tout ce qu’on est en train de mener comme histoire. Et on va commencer à s’intéresser à notre histoire.


On est fils et filles d’immigré-e-s, il est important de construire quelque chose autour de cette double appartenance. Se construire de manière individuelle et dans l’espace collectif, c’est reconnaître son passé, c’est-à-dire un passé colonial, une immigration de nos parents. Nos parents sont nés pour la plupart dans l’immigration algérienne en France.


Ils quittaient l’Algérie, mais l’Algérie était française. Ils sont arrivés en France dans les années 20. Nous sommes nés dans ce pays, de parents dits français de par la colonie, mais en réalité qui aspiraient déjà à être dans un pays indépendant.


Donc, ils se battent en France pour l’indépendance de l’Algérie. Mon père était un militant de la fédération de France du FLN. Et régulièrement, il va porter cette histoire de la guerre de Libération, dans la transmission qu’il va nous faire, à nous ses enfants. Le lot pour beaucoup d’entre nous, les militant-e-s issu-e-s de l’immigration, c’est qu’on porte aussi cette histoire de nos parents.


C’était important pour nous d’évoquer le 17 octobre 1961. Quand il y a eu la « Marche des Beurs », elle a commencé un 17 octobre à Marseille. Nous, à Paris, on a aussi symboliquement rappelé qu’on marchait contre le racisme, mais qu’on marchait aussi contre une loi discriminante, la loi qu’appliquait Papon pour les Algériens.


Nous étions sur le canal Saint-Martin pour symboliquement jeter des fleurs à la mémoire des Algériens qui ont été jetés dans la Seine le 17 octobre 1961. Parce que la Seine a charrié des corps, du pont Saint-Michel jusque dans les canaux de Paris et de la région parisienne, au lendemain de la manifestation. C’était la première visibilité de cette jeunesse issue de l’immigration qui allait marquer son territoire à Paris, dans l’engagement autour de ce passé colonial.


Comment s’est effectué votre travail associatif ?


On n’a eu de cesse, chaque année, de poursuivre sur cette thématique, travailler sur cette mémoire coloniale. On n’est pas revanchard du passé. On se dit que ce 17 octobre 1961 est dans la mémoire des Algériens et des Français. Elle est enfouie, elle n’est pas un oubli, elle existe. A Beur FM, chaque 17 octobre, je donne rendez-vous, avec les auditeurs qui ont manifesté.


Les souvenirs reviennent. Ils n’ont pas oublié, ces Algériens qui sont au téléphone chaque année. Le travail qui nous semble intéressant à faire est un travail de transmission citoyenne. Il faut avoir une reconnaissance ici en France. On travaille pour que cette reconnaissance soit juste, au sens vrai du terme, c’est-à-dire qu’elle ne soit pas anecdotique ou symbolique, etc.


C’est bien les symboles, ça fait avancer le schmilblick, mais ce n’est pas suffisant. On a une plus grande exigence que ça. On s’est dit qu’il fallait des outils pour ça. Donc on a décidé de travailler ces témoignages, on a publié un livre, fait un film et une exposition en 1991.


De 1983 à 1991, chaque année, des rendez-vous sur le pont Saint-Michel, avec d’autres associations (la LDH, le MRAP, l’Amicale des Algériens en France, …), des citoyen-ne-s. L’important pour nous est cette visibilité, cette connaissance du 17 octobre 1961, pour qu’il n’y ait plus de confusion avec la manifestation de Charonne qui arrive plus tard, mais qu’il y ait une réelle reconnaissance.


 En 1991, on est au 30ème anniversaire du 17 octobre 61. Là il faut vraiment taper du poing sur la table en disant : « ça suffit ». Ca fait trente qu’on ne sait pas ce qui s’est passé, que les citoyens lambdas ne savent pas qu’il s’est passé, sur le pavé parisien et dans cette Seine, un drame, un crime d’Etat.


Cela ne nous satisfait pas de dire que c’était la guerre, etc. On a décidé de reprendre des interviews d’Algériens qui manifestaient. Et là, on a travaillé avec un historien. On a avancé dans cette idée de faire un travail citoyen, de livrer à tou-e-s, cette histoire du 17 octobre 61 au travers d’un film, d’une exposition, d’un livre.


C’est pour cela qu’on va dans un centre social, on va dans un café, on va à la bibliothèque de quartier de Saint-Denis, on est allé à Bobigny, on est allé dans des tas d’endroits depuis 91. Le film, « Le silence du fleuve », c’était le premier documentaire en Franc sur la question du 17 octobre 61. Il est au rendez-vous chaque année sur Paris Première, sur TV5, et depuis sur des tas de télés.


On a travaillé sur cette question-là parce qu’elle nous semblait essentielle pour comprendre l’histoire de la guerre de Libération, à Paris précisément, mais aussi au niveau national, de la reconnaissance des Algériens immigrés qui étaient sur le sol français et qui étaient, avec des indépendantistes Français épris d’indépendance et de la fin de la guerre d’Algérie.


On travaille toujours avec Benjamin Stora. On a travaillé aussi avec lui sur un autre pan de l’histoire, avant la guerre d’Algérie, mais pendant la période coloniale : les massacres de Sétif, le 8 mai 45. Là aussi, un massacre colonial qui ne dit pas son nom.


Comment jugez-vous l’évolution du débat sur le sujet ?


Depuis 1991 on avance petit à petit dans ce cheminement de reconnaissance. En 2001, une plaque commémorative a été déposée sur le Pont-Michel et dans le marbre est gravé : « Ici sont morts des Algériens tués lors d’une manifestation pacifiste le 17 octobre 1961 par une répression sanglante ».


Nous étions en partie satisfaits seulement, parce que n’est pas nommé le responsable de cette répression sanglante et n’est pas nommé le plus haut responsable de l’Etat, qui était le responsable au-dessus de Papon c’est-à-dire De Gaulle. Mais bon, on a eu ça, comme dirait l’autre, et on le prend quand même.


Parce que c’est déjà ça, et ça marque au moins sur ce pont Saint-Michel à Paris la reconnaissance et la dignité des Algériens qui sont morts. Il y a de plus en plus de villes, après Paris, qui ont décidé d’apposer une plaque commémorative sur le 17 octobre 61, sur une rue, un passage, un centre social, une place…


Et ça, ce n’est pas banal, c’est même très important, fondamentalement, parce que ça veut dire qu’il y a une prise en compte politique. Tou-te-s les habitant-e-s d’Aubervilliers, de Bobigny, de Bagnolet et de Sarcelles ne peuvent pas échapper à cette date dans leur ville. Et ça, ça a du sens. Il y a un peu d’hésitation, on ne dit pas tout, peut-être, sur cette rue du 17 octobre 61, mais en tous cas, ça fait avancer le schmilblick.


Après la reconnaissance du mouvement citoyen et du mouvement politique, il y la reconnaissance dans les manuels scolaires, dans l’enseignement. On travaille avec des historiens, avec Benjamin[Stora], avec Olivier Le Cour Grandmaison, avec Gilles Manceron de la LDH.


C’était une demande pressante qu’on avait faite quand on a célébré les quarante ans du 17 octobre 61 : on voulait que soit inscrite dans les manuels scolaires cette date, qui n’existe quasiment pas. Le passé colonial n’est pas très présent dans les manuels scolaires. Ca avance un peu puisqu’il y a des livres, on en parle, il y a des documentaires destinés à la jeunesse où on parle de la guerre d’Algérie, dans l’immigration...


Mais cela reste encore un combat. L’information est parcellaire, il n’y a pas l’ouverture des archives, il n’y pas de travail qui peut être mené jusqu’au bout. Et puis, nous, on n’aura pas les informations. Pourtant, les archives devraient être à la portée du citoyen.


Sur le pont Saint-Michel, le 17 octobre, il y a beaucoup de militant-e-s, on se connaît tous, toujours là, fidèles. On se voit vieillir, on se voit changer. Mais c’est assez émouvant cette histoire, ces rendez-vous où tu te retrouves toujours avec des gens qui vont jusqu’au bout d’une cause. C’est très noble.


Chaque fois qu’on nous sollicite parler du 17 octobre le 17 octobre, on dit non car on est sur le pont Saint-Michel. Et mon père, quand il est en France (là il est reparti au bled), vient toujours sur le pont aussi. Avant 81, il allait tout le temps avec l’Amicale des Algériens. Il y avait un rassemblement, ils déposaient des fleurs.


Personne ne savait ce que c’était, mais les Algériens, eux, ils savaient. Un groupe savait pourquoi ils étaient là. Ils allaient au canal Saint-Denis, dans plein d’endroits où ils savaient qu’il y avait des gens qui avaient été tués, qui n’étaient pas revenus, qui n’étaient pas à l’usine le lendemain. Le lendemain, il fallait compter les absents. Et il y en avait, des absents.

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Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

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