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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 12:36

1 octobre 2009 Le Télégramme

L'association «Marche mondiale des femmes.22» organise, samedi, à Mûr-de-Bretagne, une marche bretonne, en préambule à la prochaine marche mondiale qui aura lieu en octobre 2010 en république démocratique du Congo.


Ce mouvement défend la cause des femmes dans la société occidentale d'une part (droits au travail, dans la familleetc.) et dans le monde, où la pauvreté et l'oppression pèsent souvent très lourd sur la population féminine.


Les Costarmoricaines ont invité une dizaine de militantes d'autres pays, venues tout spécialement en Bretagne pour la circonstance. Le Niger, l'Algérie, la Pologne, l'Ukraine et la Belgique seront notamment représentés.


Tout au long de cette semaine, ces militantes vont visiter des lieux où les femmes sont particulièrement écoutées, ou actives: espace écoute des femmes Adaléa, crèche, centre social, centre de planification familiale, etc., et aussi table d'hôtes gérée par une association de femmes.

Samedi à 15h

Samedi, à partir de 13h30, au village Vacanciel de Mûr-de-Bretagne, au bord du lac de Guerlédan, des stands associatifs et un forum sur l'autonomie économique des femmes seront représentés.


À 15h, départ d'une marche d'une heure environ jusqu'à la mairie de Mûr. La soirée festive ne déparera pas dans le programme, puisqu'elle sera animée par l'inénarrable Claude Michel, dont les chansons pleines d'humour sur la vie quotidienne des femmes... et de leurs compagnons font mouche à tous les coups. (C'est malheureusement complet !).

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 12:26
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La proclamation de la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949 à Pékin, a constitué l’un des événements majeurs du XXe siècle.


Si la révolution avait échoué en 1937-1945, face aux forces d’occupation japonaises, le cours de la guerre mondiale en Orient en aurait peut-être été modifié. Si, en 1945-1947, elle avait échoué face aux armées contre-révolutionnaires du Guomindang, le pays serait probablement passé sous la coupe de l’impérialisme étatsunien.


La face du monde en aurait été changée.


La victoire de la révolution chinoise a fait du plus grand pays du monde (par la population) un acteur indépendant dans l’arène internationale. Ce n’est pas rien ! Mais elle a aussi, et à plus d’une reprise, posé des questions nouvelles aux marxistes par ses succès et ses échecs (tous deux retentissants) – et ce, du fait, notamment, de sa longévité.


Le bouillonnement révolutionnaire a commencé dès 1919 avec le Mouvement du 4 Mai et ne s’est terminé que cinquante ans plus tard dans le chaos de la Révolution culturelle. Par-delà ses hauts et ses bas, c’est l’un des processus révolutionnaires les plus longs du monde, avec la révolution vietnamienne. Il enchaîne des cycles successifs qui, chacun, offre son lot de surprises.


L’Octobre russe de 1917 avait déjà été une surprise pour la plupart des marxistes qui pensaient que la révolution mondiale ne pouvait débuter qu’en Europe occidentale. La victoire des bolcheviks a ouvert un cycle de luttes révolutionnaires qui s’est rapidement manifesté en Chine, soulevant des questions encore plus saisissantes pour l’époque : la modernisation d’un pays du « tiers-monde » (le terme est anachronique) peut-elle prendre des voies non capitalistes ? Comment le marxisme, issu de la pensée occidentale, peut-il être intégré à une culture orientale ?


Après la défaite, en Occident, de la révolution allemande (1923), le cycle révolutionnaire ouvert par l’Octobre russe se clôt en Orient avec, en 1927, l’écrasement de la Seconde Révolution chinoise (la première datant de 1911). Vu la responsabilité de Moscou dans la définition des orientations du Parti communiste chinois (PCC), cet échec sanglant a pour la première fois posé une question cruciale : quelles seraient les conséquences pour le mouvement communiste international de la bureaucratisation, de la stalinisation de l’Etat soviétique ? Elles s’annoncent très graves…


Une décennie plus tard en Extrême-Orient, l’invasion japonaise en Chine (1937) annonce la Seconde Guerre mondiale – de même qu’en Europe la Guerre civile espagnole. Elle inaugure un troisième cycle de luttes. Le courant dominant du mouvement communiste chinois est alors le maoïsme – encore une nouveauté.


La résistance à l’occupation nippone est l’occasion d’enrichir l’expérience militante en de nombreux domaines, d’une conception très politique de la guerre populaire jusqu’à l’organisation directe de la paysannerie par un parti communiste (ce que les marxistes russes n’avaient pas fait avant 1917). La défaite japonaise de 1945 laisse le champ libre à la guerre civile entre le PCC et le Guomindang.


Puis l’Octobre chinois de 1949 ouvre, comme hier l’Octobre russe, un cycle international de luttes révolutionnaires qui ne s’achève qu’en 1975 avec la victoire vietnamienne, la libération des colonies portugaises et la chute de la dictature Salazar. Il engage aussi l’impérialisme dans la guerre de Corée (1950-1953) puis dans la guerre d’Indochine (1965-1975), aux frontières chinoises. Washington déploie un système contre-révolutionnaire mondial sans précédent.


Cependant, le maoïsme n’est pas la réplique du bolchevisme et la République populaire n’est la copie conforme de l’Etat soviétique ni dans sa version originelle ni dans sa caricature stalinienne. Une vraie révolution est en cours, avec un bouleversement radical de la structure de classe du pays. Le statut des femmes, des paysans, des ouvriers change. Mais le PCC garde un strict monopole du pouvoir politique.


Le sort de la RPC se joue en trois crises, de plus en plus intenses : les Cent Fleurs (1957), le Grand Bond en avant (1959) et la mal nommée Révolution culturelle (1966-1968) qui désintègre un temps le Parti communiste. Au bout de ces années tumultueuses, c’est la bureaucratie qui l’emporte, consolidant son pouvoir, alors que l’élan révolutionnaire s’épuise. Sur le plan international, les conflits interbureaucratiques (URRS-Chine) prennent un tour d’une très grande violence.


A partir des années 1980, le PCC engage la transition capitaliste, en alliance avec le capital chinois transnational établi à Taiwan et en bien d’autres contrées. On assiste à un bouleversement à rebours de la structure de classe : ce qui avait été noué après 1949 est systématiquement défait. La contre-révolution bourgeoisie succède à la contre-révolution bureaucratique. La nouvelle bourgeoisie chinoise peut remercier Mao : c’est parce que la révolution chinoise a préservé le pays de la domination impérialiste qu’elle peut aujourd’hui occuper la place internationale qui est la sienne.


En 90 ans (1919-2009), la Chine en révolution et contre-révolution n’a cessé de nous confronter au neuf, à l’imprévu. Les 50 premières années, elle a contribué à enrichir la pensée stratégique, la réflexion sur les possibilités et les difficultés des combats d’émancipation, la compréhension des sociétés de transition. Ces trente dernières années, elle nourrit surtout l’analyse des voies de la reconstruction capitaliste ! En attendant qu’elle nous offre à nouveau des leçons révolutionnaires dans un avenir que l’on espère pas trop lointain…


Pierre Rousset, article écrit pour Diagonal (periódico quincenal de actualidad crítica) nº 109 / Del 1 al 14 de octubre de 2009).
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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 12:23
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Interview de Joe Higgins, député européen du Socialist Party et principal animateur de la campagne pour le « non » de gauche au traité de Lisbonne. Les Irlandaids sont appelés à revoter (résultats vendredi) sur le traité de Lisbonne après leur "non" de l'an dernier (par 53,5% en juin 2008)...


Dans quelle situation politique et sociale se passe la campagne du référendum sur le traité de Lisbonne ?


Il se situe dans un contexte de crise économique sans précédent. D'après les prévisions, l'économie irlandaise se sera contractée de 9% d'ici à la fin de l'année 2010, ce qui représente la plus grande chute du monde occidental. L'année dernière, le chômage a plus que doublé pour dépasser 10%.

L’attitude du gouvernement de droite Fianna Fáil / Verts a été de couper dans les salaires des travailleurs du public et dans les services publics eux-mêmes, d'introduire de nouvelles taxes et de renflouer les banques à hauteur de 54 milliards d'euros avec l'argent des contribuables.


Le gouvernement est aujourd'hui à 19% d'opinions favorables dans les sondages. Il y a eu des manifestations contre la politique du gouvernement mais les dirigeants syndicaux ont joué un rôle très négatif. Ils restreignent le mouvement, proposent des « négociations » et parlent de « partager la douleur » même si la classe ouvrière ne porte aucune responsabilité dans la crise. Le Socialist Party, qui est vu comme jouant un rôle dirigeant du côté du « non » souligne que la politique qui a causé la crise est celle défendue par le traité de Lisbonne.


Sur quels axes et quels points fondamentaux se passe la campagne pour le « non » ?


Le principal point d'attaque du Socialist Party – et d'autres forces progressistes et de gauche qui s'opposent au traité – concerne les attaques sur les droits des travailleurs, avec des juges hauts placés de la Cour européenne de justice (Laval, Viking, Ruffert, Luxembourg), qui ont tous servi à minimiser les niveaux de salaire définis en convention collective, et même casser localement des lois qui protègent les travailleurs.


D'autres questions importantes liées à Lisbonne comprennent aussi une militarisation accrue, avec l'Agence de défense européenne (ADE) qui obtient un statut officiel dans le traité. L'ADE est notamment chargée d’aider le commerce d'armes européen et agit comme un marchand d’armes sur la scène mondiale. Le traité de Lisbonne pourra aussi donner l'autorisation à des groupes de pays membres de l'UE de s'allier pour lancer des campagnes militaires au nom de toute l'UE, Irlande comprise. Il y a une opposition énorme en Irlande face à la notion d'alliances militaires et il y a eu des mobilisations significatives contre la guerre en Irak.


Quelles sont les forces qui appellent à voter « oui » et sur quels arguments ?


Tout l'establishment politique appelle pour le « oui » et ils ignorent complètement le contenu du traité lui-même. Ils utilisent une campagne de peur et d'intimidation pour appeler au « oui ». Ils disent que la crise (qu'ils ont causée) sera pire et que l'Irlande sera isolée du reste de l'Europe. Ils ne mentionnent pas le fait que le même traité en essence a été rejeté par les classes ouvrières française et néerlandaise et que le commissaire européen irlandais, Charlie McCreevy, a reconnu que si le reste de l'Europe avait la possibilité de voter par référendum, 95% le rejetteraient (ce qui est probablement une exagération !).


Les partisans du « oui » ont l'attitude typique de ne pas discuter des arguments du Socialist Party et de la gauche qui appellent au « non ». Au lien de ça, ils ce concentrent sur l'extrême-droite et les éléments ultra religieux qui appellent aussi à voter « non », mais avec des arguments complètement hors de propos ,comme l'avortement.


De manière scandaleuse, la plupart des dirigeants syndicaux appellent à voter « oui » en disant que la Charte des droits fondamentaux obtiendra un statut officiel, ce qui améliorera la situation des droits des travailleurs. Il y a eu beaucoup de débats à ce propos dans le mouvement ouvrier.


Les arguments peuvent paraître compliqués mais ce que nous essayons d'expliquer, c'est que si la Charte mentionne le droit de rejoindre un syndicat et le droit de négocier collectivement, ces droits sont limités par l'article 52 qui donne priorité aux droits des patrons et à leurs profits. Dernièrement en Irlande, il y a eu des luttes industrielles de premier plan à Coca-Cola, MTL Docks, Thomas Cook, Carrols Joinery, où des décrets de la Cour suprême ont pu permettre aux patrons d'éviter des grèves et occupations. La situation à laquelle ces travailleurs et les autres font face dans leurs combats pour défendre leurs emplois, salaires et conditions de travail ne s'améliorera pas d'un pouce sous Lisbonne.


Les partisans du « oui » dépensent probablement dix fois plus que ceux du « non » dans cette campagne. Les règles de diffusion ont été changées afin que les débats radio ne donnent pas le même temps aux deux côtés, et la droite obtient donc la plupart du temps pour elle. 90% des journaux soutiennent le « oui ».


Ces facteurs rendent plus probable un vote « oui » pour cette fois. Mais si c'est le cas, l'autorité de la gauche et des forces comme le Socialist Party apparaîtra renforcée lorsque les gens réaliseront la réalité de ce traité quand il sera utilisé par l'UE et les différents gouvernements pour aggraver leurs attaques sur les travailleurs et les services publics, augmenter la capacité militaire de l'UE, etc.


Les partisans du « oui » disent que nous n'avons pas d'alternative et que nous sommes « anti-Europe » ; mais notre matériel sur le référendum explique notre alternative : nous sommes en faveur d'une Europe socialiste où les vastes ressources du continent sont contrôlées démocratiquement par le peuple d'Europe et utilisées pour satisfaire nos besoins.

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 12:22


La lutte contre les 204 licenciements - la totalité des effectifs de production - programmés par la direction du groupe italien Merloni, propriétaire de Chaffoteaux, se poursuit depuis treize semaines. Entamée le 18 juin à l'annonce du plan de suppressions d'emplois, elle a pris la forme d'un blocage des stocks de produits finis, et aucune chaudière ni aucun chauffe-eau ne sont sortis de l'usine depuis trois mois.

Chaffoteaux, qui a compté jusqu'à 2 200 salariés au début des années 1980, a vu ses effectifs fondre au fil des plans dits « sociaux » et de la succession des patrons prédateurs, pour être réduits à 250 aujourd'hui, dont une grosse centaine se mobilisent vraiment lors des assemblées générales et des actions.

Pendant les vacances, il avait été décidé de mettre l'usine « sous surveillance », afin de ne pas permettre l'enlèvement du stock que les travailleurs considèrent à juste titre comme un « trésor de guerre » leur appartenant. Nous nous étions alors relayés par groupes de 20 à 40 tous les jours pour contrôler les portes d'accès et veiller à ce que la direction ne tente pas un coup de force pour récupérer machines et marchandises.

Au retour des vacances, il a été décidé de poursuivre le blocage de l'usine, mais sans faire la grève totale. L'assemblée générale du 17 août avait même décidé la reprise du travail mais avec maintien de piquets aux entrées. C'est donc sous la forme de débrayages d'une heure par équipe et par jour que ces piquets s'organisent depuis.

Bien que la direction du groupe ne nous livre presque plus de pièces et que la plupart des lignes de montage soient arrêtées, les patrons ont tout de même répliqué en envoyant un huissier afin de constater que le directeur ne pouvait plus tenir son poste. Nous avions en effet décidé que le directeur du site n'avait plus sa place dans l'usine et qu'il pouvait très bien rester à l'extérieur. L'occupation de l'usine se fait autour « d'ateliers » divers que les travailleurs animent, où chacun s'évertue à transmettre ce que les hasards des parcours professionnels nous ont fait connaître, de la soudure à l'informatique en passant par la coiffure !

Tout cela ne nous fait pas oublier que nous sommes en lutte contre un groupe qui dégage des bénéfices, et qui veut quand même licencier. La procédure dite économique se poursuit et le groupe Merloni maintient l'intégralité de son plan de licenciements.

Les représentants des organisations syndicales CGT et FO ont été reçus au cabinet du ministre de l'Industrie les 15 et 16 septembre. Mais comme pour Molex, il leur a été dit que le gouvernement ne pouvait pas intervenir contre des patrons qui licencient. Personne ne se faisait d'illusion quant à l'attitude du ministère dont toutes les décisions, évidemment conformes à la politique de Sarkozy, sont favorables au patronat et aux classes riches.

Les membres du Comité central d'entreprise ayant donné lundi 28 septembre un avis négatif au volet économique, le contenu du plan social devrait être annoncé le mercredi 30. Les actions de blocage de l'usine continuent, et la lutte va devoir s'accentuer. Les travailleurs sont décidés à faire payer cher à la famille Merloni sa volonté de leur supprimer leurs moyens de subsistance.

La lutte isolée d'une entreprise aux effectifs modestes pour interdire les licenciements est évidemment très difficile en l'absence d'une mobilisation générale du monde du travail. De même la possibilité d'une reprise dans le cadre du « climapôle », dont la CGT s'est fait le champion avec l'aide des collectivités locales de gauche, semble bien aléatoire. Il n'y a pour autant aucune raison pour que nous acceptions d'être jetés sans autre forme de procès avec les maigres indemnisations légales. C'est pourquoi, en plus de diverses mesures de reclassement et de formation, nous réclamons une prime de licenciement de 100 000 euros. Personne ne veut rester sans solution et sans ressources, comme les travailleurs l'ont exprimé dans un cahier de revendications en circulation depuis le retour des congés.


Correspondant LO
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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 12:17



Chen Duxiu, un "trotskiste", premier secrétaire du PCC


 La victoire d'une révolution plus nationaliste que socialiste


Le 1er octobre 1949, les dirigeants du Parti Communiste Chinois (PCC) proclamaient la République populaire de Chine, avec Mao Tsé-toung comme président et Chou En-lai comme Premier ministre. La conquête des grandes villes par le PCC s'était étalée sur toute l'année 1949. En janvier celui-ci était entré dans Pékin, en avril à Nankin et le 15 octobre à Canton. Dans le premier gouvernement siégeaient des non-communistes et le PCC reçut le parrainage de la veuve du vieux leader nationaliste de la révolution bourgeoise avortée de 1911, Sun Yat-sen. La nouvelle Constitution adoptée en 1954 allait présenter la Chine comme « un État démocratique populaire conduit par la classe ouvrière et fondé sur l'alliance des ouvriers et des paysans ». Pourtant, le plus remarquable dans cette révolution fut que la classe ouvrière n'y joua quasiment aucun rôle, et en tout cas aucun rôle dirigeant.

Pourtant, en 1920-1927, la classe ouvrière chinoise, forte des trois millions de prolétaires que comptait le pays, pour une population de 400 millions d'habitants, s'était portée candidate à la direction de la société, créant les premiers syndicats, luttant pour les libertés démocratiques, dénonçant la mainmise des grandes puissances impérialistes, multipliant boycotts, grèves et insurrections.

Mais les travailleurs chinois tombèrent victimes de la politique de collaboration de classe avec le Kuomintang, le parti bourgeois de Tchang Kaï-chek, politique imposée par la direction stalinienne de l'Internationale Communiste à un jeune parti communiste inexpérimenté. Cette politique entraîna le massacre par les troupes de Tchang de dizaines de milliers d'ouvriers, syndicalistes et communistes. La majorité des militants rescapés du massacre, comme Mao, s'enfuirent dans les campagnes, où ils allaient reconstruire un parti qui conservait l'étiquette de « communiste » mais qui avait perdu tout contact avec la classe ouvrière des villes et s'appuyait sur la paysannerie.

Le Kuomintang, sorti vainqueur de cette confrontation, s'imposa aux seigneurs de la guerre qui jusqu'à présent se partageaient les régions de la Chine. Ce parti représentait les intérêts des grands propriétaires fonciers, de la bourgeoisie commerçante et financière. Celle-ci puisait une grande partie de sa prospérité en servant d'intermédiaire aux grandes puissances impérialistes. Tous avaient en commun de craindre l'irruption des masses pauvres sur la scène politique.

Le test de la guerre

L'invasion de la Mandchourie par le Japon en 1931, puis progressivement du reste de la Chine, allait révéler le degré de pourriture du régime de Tchang Kaï-chek et ouvrir la route du pouvoir au PCC.

Les membres du PCC réfugiés dans les campagnes y avaient créé une éphémère république dite « soviétique ». Mais, pour échapper à la répression des troupes du Kuomintang, ils avaient dû ensuite se réfugier dans les provinces montagneuses et désertiques du nord du pays. Ce fut la Longue Marche, qui mit en mouvement ce que Mao appelait ses « armées rouges », c'est-à-dire des armées paysannes encadrées par le PCC.

Au terme de ce long et difficile périple de trois ans, qui renforça la coupure avec le prolétariat des villes, les dirigeants du PCC engagèrent les hostilités contre les troupes japonaises. Jusque-là, le PCC avait dénoncé le régime dictatorial et répressif du Kuomintang. Désormais, il entendait faire pression sur lui pour qu'il entre lui aussi en lutte contre le Japon. Car les banquiers et grands propriétaires, sur qui s'appuyait le Kuomintang, montraient peu d'empressement à se battre contre l'occupant japonais, préférant chercher un compromis avec lui et partager les fruits de l'exploitation des paysans,

En décembre 1936 Tchang Kaï-chek, qui se reposait dans une résidence proche de la ville de Xian, fut enlevé par un de ses généraux, qui entendait lui imposer ainsi de constituer un front uni avec le PCC contre les Japonais. Finalement une délégation de ce parti, conduite par Chou En-lai, vint négocier et libérer le dictateur. Les armées paysannes du PCC furent intégrées à l'armée de Tchang. L'accord satisfaisait également les puissances impérialistes rivales du Japon, qui voulaient freiner son expansion dans la région.

Dans les territoires sous son contrôle, le PCC, qui entendait attirer à lui les paysans pauvres, avait mis en avant un programme de réforme agraire. Devenu l'allié du parti des grands propriétaires fonciers, le PCC se mit à le limiter. Il n'était plus question que de s'en prendre aux propriétaires fonciers collaborant avec l'envahisseur japonais. Le PCC se plaçait désormais sur le même terrain que son concurrent Kuomintang, celui du nationalisme. La différence, par rapport aux milieux corrompus qui entouraient Tchang Kaï-chek, était que les militants du PCC allaient apparaître comme des nationalistes sincères, dont l'engagement contre les troupes japonaises était bien réel, attirant à eux tous ceux qui voulaient se battre contre l'occupant.

En 1945, au terme de huit ans de guerre, le Japon étant vaincu, les dirigeants du PCC espéraient, comme en Europe, trouver leur place dans un gouvernement d'union nationale, Mais Tchang refusa ce compromis, passant outre y compris aux pressions de Washington. Dopé par la supériorité matérielle apparente de son armée, équipée par les États-Unis, il lança à la fin de 1945 une offensive militaire contre le PCC.

L'énergie révolutionnaire des paysans permet au PCC de s'emparer du pouvoir

Le PCC savait que, pour vaincre, il avait besoin de l'appui des masses paysannes. Pour cela, il décida de ne plus freiner les revendications des paysans sur la terre. Cela libéra l'énergie révolutionnaire de la paysannerie. Des assemblées de village décidèrent du sort des seigneurs locaux, mettant ainsi un terme au féodalisme séculaire. La libération toucha aussi la condition des femmes en mettant fin aux mariages forcés ou à la coutume odieuse des pieds bandés.

À partir de 1947, le PCC prit l'avantage et chercha désormais à s'emparer des villes. Son programme radical de révolution agraire ayant réveillé l'opposition des possédants des villes, il le mit à nouveau en veilleuse, ce qui lui permit de rallier une partie des notables des villes, y compris des généraux de Tchang dont plusieurs changèrent de camp.

En 1948 et 1949, le PCC s'empara des grandes villes presque sans combat, tandis que le gouvernement de Tchang, rejeté y compris par une partie de sa base sociale, trouva refuge dans l'île de Formose (aujourd'hui Taïwan). Le PCC prit soin de ne pas briser l'ancien appareil d'État mais au contraire de trouver un compromis. Ainsi, des responsables encore associés au Kuomintang peu auparavant continuèrent de siéger dans les instances de l'armée, de la police, de la magistrature,

Cette troisième révolution chinoise (après celles de 1911 et de 1927) balaya les scories de l'ancien régime, mit fin aux rapports féodaux dans les campagnes, unifia la Chine et lui permit d'échapper, pour un temps, aux griffes de l'impérialisme. Tout cela constitua un réel progrès. Mais ce qui préoccupait les dirigeants du PCC n'était pas l'émancipation de l'ensemble de l'humanité du système capitaliste, c'était le développement de l'économie chinoise, dans le respect du droit de propriété. C'est pourquoi la « nouvelle démocratie » que prônait le PCC entendait représenter toutes les classes de la société, y compris la bourgeoisie industrielle. Et, dans ce cadre, la place assignée à la classe ouvrière était seulement de travailler le plus possible et à moindre coût. Il était bien question d'un « contrôle ouvrier », mais les ouvriers étaient seulement invités à faire des suggestions pour améliorer la production, le dernier mot restant aux chefs d'entreprise.

Par la suite, du fait du blocus économique imposé par les États-Unis dans le cadre de la Guerre froide, le régime fut amené à nationaliser l'économie, avec indemnisation des anciens propriétaires. Mais il ne s'agissait pas d'en finir avec le capitalisme, mais de se servir des moyens de l'État pour tenter de sortir l'économie chinoise de son sous-développement chronique. Et depuis maintenant un quart de siècle l'État chinois n'a d'ailleurs pas eu de mal à faire le choix inverse, réintégrant le monde impérialiste et favorisant le développement du grand capital privé. Ce sont encore la classe ouvrière et les paysans pauvres qui en payent le prix.

Pendant toute une période, la révolution chinoise de 1949 n'en allait pas moins être un exemple pour tous les nationalistes des pays du Tiers Monde, marquant le premier acte de la vague de luttes anticolonialistes qui allait secouer le monde pendant plus d'une décennie.


Jacques FONTENOY

Note: Les camarades de Lutte Ouvrière n'ont jamais vu de révolution "socialiste" même déformée par le stalinisme, à part l'Urss.
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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 12:11
Communiqué du NPA.

 

Après Gérard Mestrallet porté à la direction de GDF-Suez, c'est Henri Proglio qui vient d'être porté à la présidence d'EDF.


Ainsi, les PDG de Suez (ex-Lyonnaise des Eaux) et de Véolia (ex-Générale des Eaux), multinationales privées qui ont fait fortune sur le traitement et la commercialisation de l'eau, se sont emparées, avec le concours actif du gouvernement, du secteur public de l'énergie, tout en gardant leur rôle dirigeant dans leur entreprise d'origine.


En privatisant tous les services publics, en ouvrant à la concurrence des secteurs économiques clefs pour la satisfaction des besoins fondamentaux de tout être humain, le gouvernement introduit bien évidemment les méthodes de gestion et le fonctionnement du privé avec comme critère la rentabilité et non plus la satisfaction des besoins sociaux, avec les dégâts que l'on voit à France Télécom.


Pour le NPA, qui a dénoncé ce jeu de massacre consistant à livrer le public au privé, plus que jamais il faudra reconstruire un service public de l'énergie, incluant Total, sous le contrôle des salariés du secteur et des usagers.

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 12:09
Image Le 17 octobre pour les droits des femmes !

Plus de 90 organisations appellent à manifester avec le Collectif national pour les droits des femmes et Femmes solidaires le samedi 17 octobre à Paris. La manifestation partira à 14h30 de Bastille vers Opéra par les grands boulevards...

Cette grande initiative nationale participera de la reconquête du lien social et constituera une réponse de sortie de crise.

Elle se déclinera selon six thématiques (texte d'appel téléchargeable plus bas) : liberté de disposer de son corps au travers notamment d’un véritable accès à l’avortement et la contraception , autonomie financière au travers de vrais emplois, de vrais statuts, des salaires décents et du temps pour vivre, dignité avec le vote et l’application de la loi-cadre contre les violences faites aux femmes et avec la reconnaissance des droits des lesbiennes, égalité dans la vie politique, économique et sociale, laïcité avec aucune ingérence des intégrismes religieux dans nos vies ou contre nos droits, solidarité dans la lutte pour les droits des femmes du monde entier et l’égalité pour les femmes étrangères en France.

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 12:08
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Le chanteur Cali, visiblement ému, a dévoilé, samedi 26 septembre, la plaque inaugurale du ministère de la Régularisation de tous les sans-papiers, en présence de personnalités du monde syndical, politique et associatif, comme Annick Coupé de Solidaires, Alain Krivine, Karima Delli, eurodéputée verte et Clémentine Autain.

Ce lieu, occupé depuis le 17 juillet par des collectifs de sans-papiers, fait l'objet d'un référé dont le jugement en appel sera prononcé le 4 décembre. Une foule très dense de sans-papiers, militants et sympathisants a rejoint le site en manifestation. Beaucoup d'émotion et d'enthousiasme ont empreint cette journée symbolique et festive, ponctuée de concerts.

L'unité des sans-papiers, l'abrogation de la loi Ceseda, la lutte contre une politique d'immigration raciste et inhumaine ont été au coeur des différentes interventions. La violence et l'instrumentalisation des récents évènements de Calais étaient présents dans tous les esprits.

Le soutien à toutes formes d'action, tant l'obtention de vagues de régularisations que la lutte globale, a été le mot d'ordre de cette journée, dans la perspective de la manifestation unitaire du samedi 10 octobre qui partira du ministère de la Régularisation pour obtenir la régularisation de tous les sans-papiers, sans conditions (14 heures, 4 rue Baudelique, Paris 18e).

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 12:06
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Premier de cordée de la rentrée sociale 2009 du secteur public, la poste, son personnel, les syndicats et les usagers sont désormais à la croisée des chemins.

Le 22 septembre, les postiers donnent leurs voix !

La fin du printemps et l’été ont été marqués par des luttes dures et longues de salariés du secteur privé. Leur radicalité a parfois payé et et a eu des échos dans l'opinion. Ces luttes ont souvent été présentées par les médias comme des actions de voyous, alors que face à des patrons et des raquetteurs agissant sous l’œil bienveillant de l’État, l'action est la seule alternative.

 

 

Le 22 septembre, à l’appel des syndicats de La Poste, CGT, FO, CFTC, CFDT et SUD, le personnel s’est fortement mobilisé contre le projet gouvernemental de changement de statut qui conduit  tout droit à privatisation. Cette journée devrait inciter les postiers à amplifier le mouvement avec le soutien de la population.

Le 3 octobre : voter et faire voter contre la privatisation ! Et préparer la suite.

Le 3 octobre, à l’occasion de la votation citoyenne organisée sur tout le territoire par le Comité  national contre la privatisation de la poste, tous les usagers en âge de voter, et ce sans discrimination, pourront s’exprimer. Car l’avenir de la poste ne laisse personne indifférent. Nous devons nous mobiliser partout, dans les entreprises, les quartiers, les lieux de vie pour participer à cette consultation.

Un succès en termes de participation serait une claque pour Sarkozy et son gouvernement. La galette serait complète, si dans la continuité, les confédérations prenaient en compte ce baromètre électoral pour proposer un mouvement social interprofessionnel public/privé au-delà des grèves de 24 heures. Les salariés s'étaient exprimés dans ce sens en participant massivement aux journées des 29 janvier et 19 mars. Ce n’est peut-être que partie remise. 

Les fausses raisons d’un changement de statut :

La poste a beaucoup communiqué sur sa dette et le besoin que représenterait un « investissement supplémentaire de 2,7 milliards » pour « moderniser » l’entreprise. C’est pourtant faire abstraction de la dette contractée par l’État envers la poste. Dans le cadre des missions de service public confiées à la poste pour 2007, l’État doit à la poste :

•415 millions pour la distribution de la presse,

•255 millions pour l’aménagement du territoire (la présence postale sur tout le territoire),

•88 millions pour l’accessibilité bancaire.

Chaque année, ce sont près de 800 millions d’euros qui sont laissés au passif de la poste. Aujourd’hui, avec les centaines de milliards que les différents gouvernements sont prêts à injecter dans les banques pour les banques, on voit bien que les 2,7 milliards sont dérisoires.

La logique de profits du système capitaliste est clairement mise à nue. Il s’agit de socialiser les pertes et de privatiser les profits. Et c’est vrai que la poste fait des profits :

579 millions d’euros en 2005, 789 millions d’euros en 2006, 943 millions d’euros en 2007, 529 millions en 2008.

 

 

Un autre argument largement diffusé : « il ne s’agit que d’une ouverture du capital ». Rien de nouveau sous le soleil, c’est la chansonnette favorite des gouvernements, qu’ils soient de gauche ou de droite, pour faire avaler la pilule de la privatisation. Pour France Télécom, l’État devait rester actionnaire à hauteur de 50 %. Aujourd’hui, la part de l’État est de 26 %.

Autre exemple, celui d’EDF-GDF. Le 6 avril 2004, Sarkozy – alors ministre des Finances – jurait la main sur le cœur : « On ne viendra pas à la privatisation. C’est clair, c’est simple et c’est net. Il n’y aura pas de privatisation d’EDF ou Gaz de France ». Ce qui est clair et net, c’est la séparation entre EDF et GDF, qui a elle-même fusionné avec Suez.

Enfin un dernier argument : « la Constitution nous protége de la privatisation ». Cela se saurait si la Constitution était faite par et pour les travailleurs. Sans faire un catalogue des droits qui y sont allégrement bafoués, prenons le droit au logement qui y est inscrit, cela n’empêche aucunement de se retrouver à la rue. La Constitution préfère, il est vrai, faire respecter le droit de propriété lui aussi inscrit dans le texte… 

Filialisation, réorganisation : la privatisation rampante du groupe La Poste 

À l'instar de Mao en 1958, le président de la poste, Bailly, a annoncé avec l'ouverture du capital et la transformation en société anonyme, « un grand pas en avant ». Et c’est vrai que la privatisation va changer beaucoup de choses.

Mais depuis de nombreuses années, il faut aussi mesurer à quel point les réorganisations ont été incessantes pour faire de la poste un groupe capable de s’imposer sur les marchés mondiaux à l’égal des grands trusts du privé. Avec près de 21 milliards d'euros de chiffre d'affaires, la poste se place d’ores et déjà dans le peloton de tête des prétendants au leadership mondial. Ses trois holdings regroupant près de vingt filiales (dites de « premier plan ») lui permettent de figurer parmi les principaux opérateurs européens. Directement implantée en Grande-Bretagne, en Irlande et en Pologne, le groupe se positionne en seconde place européenne sur le colis express. Assurances, placements immobiliers, courtages, partenariat divers (aux USA avec Fedex) promettent un avenir radieux aux futurs actionnaires qui peuvent déjà faire leur armes avec Néopost, une filiale cotée dans au CAC Next 20, l'antichambre du CAC 40.

Le grand projet qui se met en place depuis plus de vingt ans est donc bien éloigné  de ce que l'on pourrait attendre d'un service public. Près de la moitié des salariés de la poste sont déjà sous statut privé, et c’est aussi le cas de la presque totalité des filiales. Fallait-il aller encore plus loin ? Évidemment non. 

Des attaques incessantes contre le personnel 

Pour anticiper la privatisation de la poste, la direction cherche à la rentabiliser et attaque frontalement les droits des postiers.

Les « réorganisations » permanentes se traduisent systématiquement par des suppressions d’emploi (50 000 emplois en moins depuis 2002). Pour les presonnels, cela signifie une augmentation de la charge de travail, travailler plus pour gagner pareil, alors que les salaires des postiers « de base » sont déjà proches du Smic. Les salariés sont de plus en plus souvent remplacés par des machines, au point que des centres de tri entiers ferment pour laisser la place à des « Plateformes industrielles courrier ».

La pression du tout commercial s’intensifie : objectifs chiffrés de vente pour les guichetiers, revenus liés en partie à des commissions… les bureaux de poste se transforment en épicerie, où l'on vend de tout et n’importe quoi. Les guichetiers sont mis en concurrence ; on met en vente des timbres « Johnny » et on fait miroiter une promotion aux meilleurs vendeurs au détriment de leurs collègues.

La répression revêt deux visages à la poste : les poursuites disciplinaires de plus en plus systématiques sous n'importe quel prétexte, visant particulièrement les agents non-alignés, âgés et à la santé fragile… Et le « pack huissiers-police-justice » contre les grèves. La direction ne lésine pas sur les moyens quand il s’agit de cogner sur les salariés. 

Ce que la privatisation va changer 

Si la privatisation passe, cela se traduira d’abord par une accélération de toutes les attaques en cours. Avec des éléments nouveaux et parfois décisifs comme les licenciements collectifs, et la possibilité d’aligner le régime des retraites sur le régime général, ce qui se traduirait par une hausse des cotisations et une baisse des pensions.

La qualité du service va baisser : avec des milliers de facteurs en moins, le courrier ne pourra pas être correctement distribué ? Les prix vont augmenter : envoyer une lettre à l’autre bout de la France ne coûte en réalité pas 56 centimes à la poste. Quand il faudra payer les services rendus au prix du marché, ce sera douloureux pour les usagers. D’autant plus que la concurrence n’a pas les vertus qu’on lui prête :  tôt ou tard des multinationales qui ne se gênent pas pour faire payer très cher leurs services, contrôleront du marché.

Pour l’instant, le monopole public permet à tout le monde d’être raccordé gratuitement au réseau postal. Qu’est-ce qui empêchera de faire payer ce service, à part les promesses de Sarkozy ? On imagine la fragilisation sociale que cela entraînerait pour les plus démunis de ne même plus avoir de droit garanti à recevoir du courrier… Sans parler des milliers de fermetures de bureaux de poste en zone rurale et dans les quartiers populaires. La privatisation signifie la transformation de la poste en machine à broyer les salariés à l’intérieur et à fabriquer de l’exclusion à l’extérieur. 

Dans les autres pays d’Europe 

Sur le plan européen, la privatisation des postes européennes a entraîné de lourdes conséquences aussi bien pour les usagers que pour les postiers.

Au Royaume Uni, la privatisation de la Royal Mail mise en œuvre par le «socialiste» Tony Blair en 1999 est un tel échec que l'entreprise doit être renationalisée en catastrophe avec une perte évaluée à 1,5 milliard de livres payée par le contribuable. Une réorganisation en 2006 a conduit à la fermeture de 2 500 bureaux et à des réductions massives d'emplois.

La Suède a transformé  sa poste en SARL en 1994, un tiers des emplois a été supprimé, les bureaux de postes sont passés de 2 000 à 500 et le prix du timbre bat tous les records avec une augmentation de 90 % du prix en dix ans !

Aux Pays-Bas, la poste a été transformée en SA en 1989 et a fusionné avec le groupe australien TNT en 1996. L'entreprise est connue pour avoir fait travailler les enfants dans le portage et la publicité non adressée. Elle envisage de supprimer un quart des emplois environ dans les années qui viennent. 70 % de la main-d'œuvre travaille à temps partiel et le pays compte deux à trois fois plus de points de vente que de vrais bureaux de postes.

La bataille pour un grand service public postal européen est donc plus que jamais à l'ordre du jour pour mettre à mal des privatisations qui vont bien au-delà de ce seul secteur et concernent aussi le rail, la santé ou l'éducation. 

Et demain ? Une poste vraiment au service du public ? 

C’est loin d’être le cas aujourd’hui et c’est d’ailleurs l’un des arguments de Sarkozy : ça ne va pas, il faut donc réformer. Mais des réformes pour quoi faire ?

Défendre les services publics aujourd’hui, de notre point de vue, ce n’est pas défendre l’existant, cela serait d’ailleurs mal compris par la population. D’abord parce qu’en régime capitaliste, les services publics ont toujours eu un rôle ambigu, en partie au service du public et en partie au service de l’économie capitaliste. Mais aussi parce que cela s’est aggravé avec la mise en œuvre des logiques libérales qui ont souvent profondément transformé le fonctionnement des services publics avant même que le changement de statut n’ait eu lieu.

La poste que nous voulons, c’est un réseau de distribution où le rôle social des facteurs et des factrices notamment auprès des personnes âgées ne deviendrait pas un service payant. C’est un réseau qui participerait activement aux politiques d’aménagement du territoire, notamment dans les campagnes, au lieu de contribuer à la désertification. C’est un service bancaire qui permettrait aux plus pauvres de disposer d’un compte, même s’ils n'ont pas grand-chose à mettre dessus, pour ne pas amplifier le processus d’exclusion. C’est un réseau d’agences qui mettrait au service de tous les moyens d’accéder facilement aux nouvelles technologies afin de réduire « fracture numérique ».

C’est aussi un réseau qui se construirait à l’échelle européenne, mais sans négliger la dimension locale et les problèmes d’environnement : la circulation du courrier devrait être à l’évidence entièrement repensée, en commençant par éviter le « tout camion » et les kilomètres inutiles sous prétexte de rationalisation.

Enfin un service public digne de ce nom, c’est une entreprise qui n’écrase pas ses salariés. La lutte contre la privatisation n’est évidemment pas déconnectée de toutes les revendications concrètes, immédiates, que les travailleurs portent dans les luttes même les plus modestes. C’est même entièrement lié.
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 12:36



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