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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 18:42
Centrale du Bugey (Ain)

Le NPA, en tant qu'adhérent du réseau « Sortir du Nucléaire » qui regroupe 841 organisations, appelle à une mobilisation importante le samedi 3 octobre à Colmar.


La France, pays le plus nucléarisé du monde, continue la politique de l'impasse, ratant ainsi sa conversion aux énergies nouvelles, qui permettrait de répondre aux enjeux énergétiques et climatiques, tout en créant  des milliers d’emplois. Le nucléaire et ses déchets n'ont rien d'une énergie propre : leur dangerosité menace l'avenir de l'humanité.


La centrale nucléaire de Fessenheim est la plus vieille de France. Elle va être mise à l'arrêt pour sa troisième visite décennale. Elle ne doit pas être prolongée ! Avec l’accumulation de nombreux incidents, qui sont quatre fois plus nombreux que la moyenne des centrales, elle fait courir à ses salariés et à la population des risques très importants.


La privatisation d'EDF et la recherche de la rentabilité pour cette entreprise conduisent par ailleurs à une dégradation des conditions de travail des salariés du nucléaire et à leur mise en danger croissante. 


Pour combattre le changement climatique et sortir du nucléaire sans faire payer ni les usagers ni les salariés du secteur de l’energie la seule solution est de réquisitionner les entreprises comme TOTAL, Areva, EDF, GDF-Suez...


La réquisition de ces entreprises et de leurs bénéfices (plus de 20 milliards d’euros en 2009) :

  • peut permettre une politique publique d'économies d'énergie, de décentralisation de la production et le développement volontariste des énergies renouvelables ;

  • peut permettre aux salariés de ce secteur une reconversion qui garantisse l’emploi, les salaires et le maintien des collectifs de travail;

  • peut permettre à chaque usagers une  facture d’électricité ou de gaz qui diminuen.

Le NPA dénonce par ailleurs les conditions imposées par la Préfecture d'Alsace à  quelques jours de la manifestation. Cette décision d'interdire le départ depuis la place Rapp, prise sous de faux prétexte sécuritaires, vis à cacher l’ampleur de la mobilisation pour la fermeture de la centrale de Fessenheim, qui représente bien la vraie menace dans la région. 


Cette décision fait suite également aux nombreuses remises en cause des droits démocratiques élémentaires dans les entreprises du nucléaire comme par exemple la remise en cause du droit de grève à EDF en juin dernier ( réquisitions des grévistes sur les centrales nucléaires de Cattenom, Cruas, Dampierre, Bugey et Paluel) et cache en réalité la volonté d’interdire toutes expressions qui fragilisent ou remettent en cause le nucléaire.


Rien ne justifie cette interdiction qui s’assimile à une atteinte à la liberté d’expression et de manifestation. La Préfecture doit prendre ses responsabilités et permettre que ce rassemblement festif se déroule dans les conditions prévues.


Ensemble nous demandons la fermeture et le démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim afin de protéger les salariés, la population et  nous assurer un avenir préservé
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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 17:12

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 08:54
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Le dimanche 27 septembre, des milliers de personnes sont attendues à Hillion, dans les Côtes-d’Armor, pour manifester contre les algues vertes, qui infestent les plages de la commune. Nous avons rencontré André Ollivro, porte-parole de l’association « Halte aux marées vertes ».

 

 

Tu as été le premier président – fondateur – de l’association « Halte aux marées vertes »...


En 2001, nous nous sommes dit qu’il fallait agir, créer une mobilisation populaire au travers de nombreuses initiatives de type théâtre de rue... Pour faire un diagnostic, nous avons rencontré toutes les structures qui s’occupent de l’eau, et nous avons constaté que tous savaient déjà ! La prolifération des algues vertes provient à 95 % des excédents de nitrates issus de l’élevage intensif, constat qui ressort d’un colloque des pollutions, dès 1999, confirmé depuis par Ifremer1.


Nous avons alors déposé un recours contre le préfet au tribunal administratif, car les lois sur l’eau n’étaient pas respectées. Avec plusieurs autres associations qui se battent contre le même fléau (à Douarnenez, dans le Trégor...), nous avons pointé et chiffré les dommages : la perte d’image, la privation de l’espace ludique, le repli des personnes vers d’autres rivages, les dommages sanitaires et leurs coûts sociaux... Et nous avons gagné ! L’État est désigné en 2007 comme responsable, car la potabilité n’est pas garantie.  
Le taux de 50 milligrammes de nitrates par litre est dépassé (alors que l’Europe préconise de ne pas dépasser 25 mg). Mieux encore, le jugement précise que pour en finir avec les algues vertes, il faudra revenir à des taux encore nettement plus bas, de l’ordre de 10 à 15 mg...


Nous avons même gagné définitivement, car l’État renonce à faire appel. Après ce qui s’est passé cet été, il leur était difficile de faire autrement ! Un cheval est mort – et le cavalier a eu chaud – sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, dans le Trégor, ce qui a provoqué la visite de Fillon sur le site. Tout le monde reconnaît maintenant le danger des algues vertes, que nous dénonçons depuis si longtemps !


En décomposition, elles dégagent des émanations de gaz extrêmement toxiques (DMS et H2S2, connu pour son odeur d’œuf pourri). L’affaire tourne au drame avec le décès cet été, dans des conditions suspectes, d’un conducteur de camion préposé à l’enlèvement des algues sur les plages.


Quelle est la réaction des pouvoirs publics ?


On nous a envoyé Fillon le 20 juillet... et le 21, le préfet des Côtes-d’Armor permettait l’implantation d’un poulailler industriel de 80 000 têtes, avec autorisation d’épandage sur le bassin versant, notamment à Hillion !


Quelle est la responsabilité de l’élevage industriel ?


Il est inconcevable de continuer de mettre sur les champs les déchets de l’élevage industriel, qui provoquent d’énormes excédents de nitrates, à l’origine des algues vertes. Mais en plus, avec tout ce que l’on donne aux animaux dans ces exploitations, antibiotiques, aliments, on retrouve sur la terre de nombreux composants chimiques toxiques, des métaux lourds... Les grands groupes agroalimentaires, les coopératives agricoles, l’industrie chimique, tous ensemble, portent la responsabilité de ces pollutions, avec l’aval de la FNSEA. C’est tout ce système qui ne vise qu’à faire du fric sur le dos des éleveurs, des consommateurs et des citoyens.


Quelles sont les solutions ?


Il faut faire baisser radicalement les taux de nitrates, contrôler la qualité de l’eau, faire réinstaller sur les cours d’eau les capteurs qui ont été supprimés. Il faut « remettre les cochons sur la paille et les vaches sur l’herbe » !

Il faut développer une agriculture paysanne, aider les productions bio et durables, produites et commercialisées  localement, inciter à la reconversion, interdire les épandages sur les bassins versants. On doit aussi s’occuper de la collecte et du traitement des déchets de l’élevage, créer des stations de raffinage, qui, au bout du compte, ne génèrent que du compost sain. Pour maîtriser la qualité de l’eau, il faut municipaliser les abords des captages, préempter les terres des bassins versants : on sait le faire pour préserver les sources d’eau minérale ! Pour tout cela, il faut une vraie volonté politique...


Et la mobilisation ?


On s’attend à quelque chose d’important le 27 septembre. Le rapport de forces a changé, l’écho médiatique suscité par les évènements de l’été, l’approche des élections, tout cela provoque comme un vent de panique chez les « autorités ». Reste à installer un mouvement durable qui bouleverse les choses sur le fond. 

 

* Titre de l’ouvrage d’André Ollivro, Éditions du Temps, 17€.

1. Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer

2. H2S : sulfure d’hydrogène ; DMS : sulfure de diméthyle

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 08:52
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L’anxiété est un marché, et une politique. La grippe, après les étrangers ou les jeunes de banlieue, permet au gouvernement tous les dérapages, qui révèlent au fond ses désirs secrets : le marché libre et un État fort.

Dans ses cartons, il prévoit une gestion de la grippe confiée au Ministère de l’intérieur, la suspension programmée du Code du travail au profit d’une flexibilité généralisée et nos libertés mises en sommeil à coup d’ordonnances dénoncées par le Syndicat de la magistrature.


En revanche, il ne prévoit pas de débat public sur la gravité de la pandémie et les moyens sanitaires d’y faire face, mais des milliards d'euros ont déjà dépensés pour une vaccination de masse, avec des  vaccins mal testés, et du Tamiflu qui soigne surtout les cours de l’action Roche. Les pays du Sud, eux, attendent toujours les vaccins et les traitements pour les millions de morts du sida ou du paludisme.


Le tout sous les regards d’une presse à sensation qui veut vendre du papier.
Du côté du mouvement ouvrier, il n'est pas nécessaire d'adhérer à la théorie du complot (les labos qui lâcheraient les virus pour vendre des vaccins) pour comprendre les intérêts des capitalistes. Il ne faut pas penser que tout cela n'est que poudre aux yeux, cela nous détournerait des vraies questions. Car si la grippe A est bien loin de la mortalité de la grippe aviaire, elle est aussi très contagieuse, et pose les questions du droit à la santé, des urgences sociales face à la pandémie et de sa naissance dans le ventre des usines à porc de l’agrocapitalisme.


Le gouvernement en fait trop ? Il fait surtout mal ! Le mouvement social doit porter ses propres exigences sociales, écologiques, sanitaires… donc politiques, en lien avec une expertise indépendante. 
 
Le vaccin malade du profit ?


Face à la grippe saisonnière, une vaccination non obligatoire et ciblée sur les personnes âgées et fragilisées a fait la preuve de son efficacité. La revue médicale indépendante Prescrire, qui tire souvent à boulets rouge sur les labos, nous apprend que ce vaccin, s’il est peu efficace sur la fièvre et les courbatures, réduit de 50% les complications et de 80% la mortalité. Mais face à la grippe A, avant tout débat sur la stratégie de vaccination, le gouvernement français a décidé d’une vaccination de masse et d’urgence, n’hésitant pas à payer le vaccin quatre fois son prix, pour un total d'un milliard d’euros, pour vacciner en deux doses 45 millions de français.


Les capacités de production sont limitées pour ne pas confronter « les industriels à un risque économique et financier non négligeable », comme l’a expliqué le Pdg de Sanofi. Alors, pour produire vite et beaucoup, gouvernement et labos rajoutent des adjuvants dans le vaccin, comme le thiomersal et le squalène. Les tests des vaccins sont réduits au minimum. Les labos se souvenant qu’en 1976, la vaccination de masse, décidée aux USA, avait favorisé l’apparition de paralysies ascendantes (Guillain barré), ont obtenu que les éventuels accidents de vaccination soient pris en charge par l’Office national pour les aléas thérapeutiques. Privatisation des profits et socialisation des pertes !


Or, le thiomersal, composé à 40% d’éthylmercure, est mis en cause pour sa toxicité neurologique, notamment chez les enfants et les femmes enceintes. L’OMS, l’Agence européenne pour l’évaluation des médicaments et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé ont demandé le retrait du thiomersal des vaccins pour enfants. Il est alors retiré des vaccins anti-grippe. Mais l’agence européenne a changé d’avis, sous la pression des lobbies. Le squalène est, lui, accusé d’être responsable d’une hépatite auto-immune sur 101 enfants d’un essai clinique espagnol, en 2007. Il favorise l’apparition de polyarthrite rhumatoïde chez les rats de laboratoire. D’ores et déjà, pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge, ces choix sont inadmissibles.


Pourquoi prendre ce risque pour la santé, alors que la mortalité de la grippe A semble peu supérieure à celle de la grippe saisonnière dans la population générale ? Pourquoi abandonner la vaccination ciblée? Pour l’espoir – illusoire – de garder la France au travail et garantir les profits ?  Au-delà de la liberté de vaccination pour chacun, du consentement éclairé qui ne peut se faire avec les deux minutes par personne de la vaccination à la chaîne proposée par le gouvernement, nous exigeons la sortie de vaccins sans adjuvants et un débat public sur la balance bénéfice-risque de la stratégie de vaccination.


Alors que les crédits de recherche pour un vaccin contre le sida et le paludisme sont, depuis des années, de vraies urgences sanitaires mondiales, les labos privés de la vaccination concentrent leurs recherches sur des vaccins au bénéfice sanitaire incertain (comme le gardasil…), mais aux profits assurés. Comme le dit la mission d’information parlementaire sur la grippe aviaire : « Dans une économie de marché, il est difficile de demander à des industriels d’engager des investissements dont la rentabilité est douteuse ». Décidément, la vaccination est une chose beaucoup trop importante pour être laissée aux intérêts des labos ou de l’État. 
 
Le droit du travail victime de la grippe


Sarkozy et Darcos l’ont rêvé. La grippe l’a fait. Sous prétexte d’urgence pandémique, la circulaire de la Direction générale du travail du 3 juillet 2009 prévoit d’augmenter le volume horaire « par décision unilatérale de l’employeur », précisant que « le refus du salarié, sauf s’il est protégé, constitue une faute pouvant justifier le licenciement ». « Allongement de la durée quotidienne de travail au-delà de la limite de dix heures  (…) dépassement de la durée maximale hebdomadaire de travail effectif de 48 heures (…) limitation du droit de retrait », suppression du contingentement des heures supplémentaires, tout est fait pour la continuité des profits, alors que quasiment rien n’est dit sur la santé des salariés. Les instances du personnel ne seront d’ailleurs que consultées.


Les plans de continuité d’activité privilégient les sources de profit, les grands comptes, la continuité de l’État et la flexibilité. Nos priorités sont l’information et la sécurité de tous les personnels (les intérimaires et les sous-traitants sont parfois « les oubliés » des masques et de l’information), du public, des installations et le service au public.


Nous voulons le contrôle ouvrier sur toutes les décisions, pour faire entendre nos exigences (CHSCT, CTP…).
Decathlon, par exemple, veut élargir les horaires d’ouverture et ouvrir le samedi et le dimanche « pour diluer » les contacts et maintenir ses profits. A l’opposé, en cas de pic pandémique, nous sommes pour la fermeture de magasin, assortie de l’exigence du paiement à 100% des salariés, ce qui libérera, d’ailleurs, des personnes pour garder les enfants, en cas de fermeture d’écoles. La circulaire du travail prévoit que cela soit pris sur « les congés annuels, congés au titre de la RTT et congés épargnés sur le CET ».

La grippe, ce n’est pas des vacances. Si fermeture il y a, elle doit être prise en charge à 100% par l’employeur, avec la suppression du délai de carence de trois jours sur les indemnités, en cas d’arrêt-maladie. 
 
Urgence grippale contre la loi Bachelot


Aujourd’hui la grippe A n’est guère plus dangereuse que la grippe saisonnière. Mais elle est très contagieuse, et pourrait toucher 15 à 30% de la population.

Elle va révéler les fragilités d’un système de santé et de solidarité qui combine les difficultés d’accès aux soins pour les plus pauvres (dépassements d’honoraires, refus de CMU, 30% des patients retardant leurs consultations), l'isolement pour les personnes âgées ou les Sdf, les inégalités géographiques et l'austérité pour tous. Cela se ressentira dans les hôpitaux, déjà débordés par une simple grippe saisonnière. Le Tamiflu n’y changera rien. Les milliards d’euros dépensés pour constituer les stocks exigés par l’Oms ne serviront qu’à grossir les profits de Roche, tant cet anti-viral semble peu efficace.


Contre la loi Bachelot, la fermeture de lits, d’hôpitaux de proximité, les plans de retour à l’équilibre des CHU qui prévoient 30000 suppressions de postes et la concurrence avec le privé, l’urgence grippale nous invite à accorder toute sa place à un service public de santé solidaire, pour les jours de grippe comme pour les autres.


A l’hôpital public, les plans blancs vont reporter tout ce qui concerne l'hospitalisation programmée, pour consacrer toutes les ressources aux complications de la grippe. Le privé et ses dépassements d’honoraires sont en embuscade, pour capter cette médecine rentable.


Urgence sanitaire ! Tous les lits privés ET publics doivent être utilisés, réquisitionnés, avec interdiction des dépassements d’honoraires. Il faut aussi remettre en avant la question de la gratuité (les masques sont bien gratuits…), le tiers payant généralisé, le refus des tickets modérateurs, des forfaits hospitaliers, pour affirmer le caractère universel du même droit à la santé pour tous.


Alors que débute l’épisode grippal, le déremboursement du paracétamol et la fermeture du service des maladies infectieuses de l'hôpital St Joseph, à Paris, illustrent jusqu’à l’absurde que le gouvernement fait passer la course à la rentabilité de la santé avant le droit à la santé pour tous.

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 08:33
« L’intérêt de l’histoire, c’est d’éclairer le présent »
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L’Armée du crime retrace le parcours des FTP-MOI, groupe de résistants lors de la Seconde guerre mondiale dirigé par Missak Manouchian.


Guédiguian nous livre un film où les personnages résistants sont obligés de faire face à certaines contradictions : comment résoudre les conflits qui se jouent entre les notions d’éthique, de morale et d’engagement lorsqu’il s’agit de résister à la barbarie nazie et à la collaboration française ? Le film revisite une période importante du mouvement ouvrier tout en interrogeant notre présent à travers des questions toujours actuelles comme l’importance de l’internationalisme, les diverses formes que peuvent prendre la résistance et les liens entre l’intime et le politique. 

 

 

Interview de Robert Guediguian à propos de son dernier film : L’armée du crime.


TEAN : Le cinéma s’intéresse à la Seconde Guerre Mondiale en ce moment. Pourtant, si nous prenons des films comme Inglorious Bastard et le votre, les partis pris sont très différents. Pouvez-vous nous expliquer quel était le votre ?


R.G. : Il me semble que la gauche a perdu pas mal de choses : elle a perdu ses buts, beaucoup de ses théories, de ses pratiques. Toute la gauche. Mais elle a aussi perdu quelque chose qui compte au moins autant : elle a perdu sa légende, sa chanson je pourrais presque dire. Dans la légende on peut considérer qu’un des grands moments de l’histoire, c’est l’histoire du groupe Manouchian. C’est un des très grands moments de l’histoire du mouvement ouvrier et elle est maintenant dans l’histoire avec un grand H.


Aujourd’hui, c’est une histoire universelle, mais il faut toujours se rappeler qu’elle a été écrite par le mouvement ouvrier. Là, je ne fais pas de distinction. Quand je parle du mouvement ouvrier, je parle aussi de la gauche. Je crois qu’en ce moment, si l’on veut faire exister à nouveau une gauche radicale, on a intérêt à travailler la théorie bien sûr, nos pratiques, mais aussi nos légendes.


Je dis ça parce que j’ai grandi avec cette histoire, ces personnages-là, les vingt trois et les autres. Je les ai connus très tôt, je les ai admirés, j’ai rêvé de leur ressembler. J’ai envie de dire que j’essaie toujours de leur ressembler mais dans des circonstances extrêmement différentes.


Aujourd’hui, ça signifie avoir quoiqu’il arrive, dans n’importe quelles circonstances, un certain nombre de principes auxquels je ne dérogerai jamais. C’est vrai que leur engagement, à ce moment-là, prend une tournure autant morale que politique (c’est encore un autre débat mais je ne conçois pas la morale sans politique et la politique sans morale).


Quand je dis morale, c’est une morale qui va par-dessus tout et évidement jusqu’à la désobéissance et que par principe moral on peut désobéir à son parti, à l’Etat, etc. D’ailleurs, ce qui est beau, c’est qu’ils ont tous fait des gestes individuels d’abord et ensuite tous ensemble ils ont constitué un groupe. Ils ont tous fait des gestes personnels comme s’il n’y avait pas de frontière entre la vie privée et la vie publique, entre la vie intime et la vie politique.


Donc leur exemple, de la même manière qu’il m’a aidé à me construire, je pense qu’il peut aider des gens à se construire aujourd’hui. Et si des gens voient ce film ils peuvent en sortir avec le sentiment qu’il y a des choses contre lesquelles il faudrait agir, qu’il y aura toujours des choses à refuser. En fait résister c’est vivre.


Par rapport à Tarantino et son film, je pense que la question qui se pose est : peut-on jouer avec tout ? Car au fond, Tarantino ne fait que s’amuser. Je ne sais pas ce qu’il pense des Noirs, je ne sais pas ce qu’il pense de la Seconde Guerre Mondiale, je ne sais pas ce qu’il pense de la bande dessinée ! Je ne sais pas ce qu’il pense en général ! Je sais que c’est un joueur extrêmement habille, extrêmement financé aujourd’hui et qui fait un travail qui a le succès qu’il a. C’est du très haut niveau, mais il joue, on ne sait pas ce qu’il pense. 


TEAN : Vous avez pris certaines libertés avec les faits. Comment et à quelles conditions peut-on le faire ?


R.G. : J’ai pris une certaine liberté mais en prenant un soin maniaque à ce qu’il n’y ait aucun contresens ni aucune contrevérité. Par exemple, la rouquine, la copine de Marcel Rayman, elle faisait aussi un petit peu de marché noir à ce moment-là, et elle s’était fait arrêter pour ça.


Ça, je ne le dis pas. Pour autant c’est vrai que ses parents ont été déportés dans la rafle et que l’inspecteur Pujol lui a fait miroiter des nouvelles de ses parents contre des informations sur le groupe Manouchian. En enlevant le fait qu’elle avait fait des trucs un peu frauduleux pour le marché noir, je la rends un peu plus sympathique. Ce sont des petites choses comme ça. Une autre chose : Krazuki a été arrêté sept ou huit mois avant la première vague d’arrestation. Pour la fluidité du film il est évident que je n’allais pas faire trois actes d’arrestation. J’ai donc fait à la fin l’arrestation de tout le monde. 


TEAN : Votre film résonne avec le temps présent, avec ce qui pourrait être une pratique militante aujourd’hui. Définiriez-vous votre film comme un film militant ou un film engagé ? Votre film est-il fait dans l’intérêt d’une forme d’engagement ? 


R.G. : Oui. Tout film qui traite d’un sujet historique ou même de l’histoire en général, doit montrer que l’intérêt de l’histoire est d’éclairer le présent. Si l’histoire nous passionne c’est éventuellement pour en tirer quelques enseignements pour aujourd’hui : faire un film historique, c’est pour parler d’aujourd’hui.


Je voulais faire l’armée de la lumière, je voulais travailler la foi qu’avaient ces gens là. Ce qui de l’intérieur les animait, les illuminait, je préférais travailler cela plutôt que le détail, le factuel, l’historique, la reconstitution. Au fond cela m’importe peu. Je dirai que j’ai fait ce film presque uniquement pour parler d’aujourd’hui.


La reconstitution, il faut bien s’en occuper : il faut chercher des camions, des voitures d’époque, des décors, dépenser beaucoup d’argent pour cela… Il faut bien le faire mais il ne faut pas s’en préoccuper. Je crois que c’est vrai de tous les films historiques. Si demain je fais un film qui se situe au Moyen-âge ce sera pour parler d’aujourd’hui.


Pour qualifier mon film, je préfère engagé que militant. Militant ça veut dire engagé au service de quelque chose de très précis. C’est par exemple si je faisais un film pour la prochaine campagne d’Olivier aux régionales du NPA.

Pour mon film, je préfère dire engagé. Pour moi, le cinéma est toujours engagé. On appelle le cinéma engagé ceux qui disent qu’ils sont engagés, alors que l’autre cinéma est tout aussi engagé sans le dire. 


TEAN : Au sens idéologique du terme ?


R.G. : Bien sur. A partir du moment où tu mets une camera dans la rue et que tu montres des hommes et des femmes soit dessous, dessus, sur les cotés, leurs bagnoles, leurs fringues, c’est avoir un point de vue sur eux. Ou tu dis que tu n’as pas de point de vue mais ça veut dire que tu acceptes le monde tel qu’il est ou tu dis « j’ai ce point de vue là et c’est ce point de vue là que je voulais proposer au public ». Je dis bien « proposer » d’ailleurs, je discute. Donc, le cinéma est toujours engagé. Mais celui qu’on appelle engagé c’est celui qui se dit lui-même engagé. Et moi je me dis moi-même engagé.

 

TEAN : Alors pourquoi ce film-là dans la période actuelle ?  


R.G. : C’est une réflexion sur la question de la morale et de l’engagement. Je pense que ce film nous dit qu’il n’y a pas de réussite individuelle mais seulement des réussites collectives. On ne peut être heureux si l’ensemble de la planète ne l’est pas. Après, pourquoi j’ai fait ce film aujourd’hui, c’est une autre question. Les films viennent comme ça. Pourquoi un sujet passe devant tous les autres, devient urgent à tel point qu’on se met à penser qu’à ça ?


TEAN : Ce film paraissait plutôt « évident » pour vous…


R.G. : C’est peut-être pour ça que je n’y pensais pas. C’est aussi un film lourd dans sa mise en place, dans son financement, dans le respect qu’il fallait avoir vis-à-vis d’une histoire vraie. Il y a vingt ans je n’aurai pas osé le faire.

A chaque fois qu’on se dit qu’on va travailler sur un sujet il sort au niveau mondial dix films sur le même sujet.


On est les produits de notre époque. En ce moment, il sort deux livres et une bande dessinée sur le groupe et sur Missak. Et il y a les films sur l’apocalypse à la télé, le film de Tarantino… On s’imagine qu’on est le seul à travailler sur une affaire et non ! Ça veut dire que c’est peut-être nécessaire pour notre époque de parler de ça. Je sais pas si c’est inconscient, mais je vis ici et maintenant, donc forcement, ce que je fais a à voir avec ce qui ce passe en ce moment. Je crois que c’est aussi comme ça que les sujets arrivent .

 

TEAN: A propos de votre film, vous citez beaucoup la notion d’« hypothèse communiste » d’Alain Badiou. 


R.G. : Oui ! Je me réjouis du succès de Badiou. Je le connais depuis longtemps, j’ai suivi de très près tous ses débats avec Althusser, Rancière, Balibar dans les années soixante-dix… Qu’ils aient du succès aujourd’hui, c’est quelque chose dont je me réjouis. Mais c’est aussi évident que ce sera long, pour plein de raisons. Aujourd’hui encore, toutes les télévisions du monde continuent de dire que la Corée du nord est un pays communiste. Le communisme c’est la Corée du nord !? Avant que le mot communisme recouvre une pureté originelle il y en a pour un moment. C’est ce que dit Badiou. 


TEAN : On peut faire le rapprochement entre l’armée du crime et Land of freedom de Ken Loach. Bien entendu parce qu’on se situe cinq-six ans après la guerre d’Espagne et qu’elle est présente dans tous les esprits. Il y a notamment deux aspects qui nous ont davantage marqués. Le premier est à propos de l’internationalisme des luttes. Ce sont deux moments de l’histoire du mouvement ouvrier où les luttes sont internationales. Quel sens ça a aujourd’hui de mettre cela en avant ? 


R.G. : Je crois que c’est très important parce que comme les combats de classes ont un peu perdu leurs objectifs, on assiste à des replis identitaires. Ce sont des oppositions que je trouve ridicules et qui me peinent, car on aurait intérêt à redésigner ensemble notre ennemi commun. Les FTP-MOI sont une leçon d’internationalisme. Il n’y a rien qui me réjouisse plus que ces choses là.


Je suis, comme je le dis avec humour, d’un peuple génocidé d’un coté et génocidaire de l’autre1. Disons que ça fait beaucoup ! J’adore quand un israélien boit un coup avec un palestinien. Et ce groupe-là, c’est la planète entière... Le film tire à boulet rouge sur la police française (qui le mérite bien) mais dans l’affiche, il faut rappeler qu’il y a aussi des français. Des brigades internationales, c’est magnifique.

 

TEAN : Le deuxième parallèle avec Land of freedom, c’est la scène du faux mariage arménien. Elle nous rappelle cette scène dans Land of freedom où ils discutent de continuer à accepter ou non les armes venant d’URSS. Est-ce qu’on continue d’accepter les ordres venant de Moscou ? Mais accepter les ordres, c’est avoir des armes et de l’argent... Etait-ce important de faire cette critique du stalinisme ?


R.G. : Je crois oui ! Je voulais être du coté de la lumière des personnages. Je ne voulais pas entrer forcément dans les polémiques. D’abord, on ne sait pas tout ce qui a pu se passer entre les communistes, les trotskistes, les marxistes, les staliniens, les italiens et les bulgares... Ce n’était pas le sujet central du film. Néanmoins, je devais bien citer des choses. Citer Petra par exemple, le dirigeant qui donne tous leurs noms à la fin. Bon, en réalité il s’appelait Davidovitch. J’ai changé les noms des méchants et j’ai gardé le nom des bons… Je tenais à en parler, parler des divergences qu’il y a eu, des querelles. 

 

TEAN : Votre film questionne les différentes formes que peut prendre l’engagement militant. Vos personnages montrent l’affrontement permanent qu’il existe entre  les notions d’éthique, de morale, de légalité et de violence. Loin d’être sacralisée, l’utilité de la violence, celle qui tue, est en permanence discutée. Mais qu’est ce que l’éthique ou encore la neutralité dans une telle période ? Quelle est l’actualité de ces questions-là ? 


R.G. : Ces questions, je crois qu’elles se posent tous les jours. La question de la violence populaire dans l’histoire en générale, n’a jamais été qu’une violence de légitime défense. Je n’ai pas d’exemple où des populations sont entrées en lutte armée alors qu’il ne se passait rien. En soit, j’ai toujours été de manière extrêmement claire et ferme opposé à la violence.


Je suis opposé à la lutte armée dans des circonstances certes, perverses, piégées, avec tous les défauts qu’elles ont de démocraties occidentales : Je suis très opposé aux brigades rouges, très opposé à la Bande à Baader. Lorsque les Basques étaient antifranquistes, j’étais d’accord avec eux, maintenant ce n’est plus le cas… Donc pour moi la violence doit être utilisée seulement en cas de légitime défense. Après il faudrait voir ce qu’on appelle légitime défense.


J’ai été tellement marqué par la résistance française en général et cette affaire-là en particulier que je trouve que certaines formes de violences armées sont presque des insultes à ce qu’ils ont fait eux. Quand j’entends un corse qui se met dans la situation du peuple palestinien, c’est un truc qui m’énerve ! C’est un mensonge !


Mais je suis allé en Palestine il n’y a pas longtemps et je dois dire que je suis d’accord avec les attentats ciblés mais pas avec les meurtres de civils. Je les comprends mais je ne les justifie pas. Là-dessus, j’insiste lourdement sur le comportement des résistants du film, bien sur qu’il y a eu des victimes innocentes, mais je pense que c’est la résistance la plus juste qu’il y ai eu. Je le montre : la vielle dame qui est écartée ou lorsqu’ils refusent de balancer une grenade dans un hôtel plein de jeunes prostituées. Ce sont des histoires vraies ! Ils sont repartis au péril de leur vie pour ne pas tuer ces filles-là.


Après, quand je parle de violence, je parle de violence avec mort d’homme, avec une lutte armée. Parce que si la violence c’est de poser des bombonnes de gaz et de menacer de faire tout sauter… Je suis d’accord ! C’est complètement illégal, mais je soutiens totalement ça ! Quand on en est à un tel niveau, qu’il y a autant de morts en France, je comprendrai aisément que demain après une réunion syndicale, ils s’énervent et balancent trois chaises et huit ordinateurs par la fenêtre ! Qu’est ce que j’en ai à foutre ? Les gens qui parlent de violence parce que l’autre se prend un œuf sur la tête, c’est une blague !


TEAN : Que l’on soit militant ou non, en voyant votre film, on se projette forcément. On se dit qu’il est possible de se trouver dans une telle situation, où l’engagement signifie faire des choix très importants…


R.G. : Je n’ai jamais pensé que notre occident à nous était garanti ad vitam aeternam de ne plus vivre ces guerres-là. Je ne suis pas persuadé que demain, par exemple, il n’y ai pas une nouvelle guerre franco-allemande. C’est évident que ça ne se profile pas mais, je ne sais pas si dans cinq siècles ça n’arrivera pas... En tout cas, il faut une vigilance permanente. C’est pour ça que je dis que résister c’est vivre.

Propos recueillis par Giulia Acqua et Marie Sonnette

Retour sur l’Affiche rouge
Aimer la vie à en mourir (par Jean Pierre Debourdeau)

Il y a 60 ans, 22 résistants étaient fusillés. Parmi eux, Missak Manouchian. Le plus jeune, Thomas Elek, avait 17 ans. La seule femme, Golda Bancic, fut décapitée en mai. Le colonel-président du « procès » affirmait alors : « La police française a fait preuve d’un grand dévouement. ».


Il faisait référence, en l’occurrence, à l’une des brigades spéciales des renseignements généraux qui les arrêta après de multiples attaques de convois militaires et de colonnes de troupes, hold-up, sabotages, attentats (entre autres contre le commandant du Grand Paris et le responsable du Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne.


Sur les 80 combattants des Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) actifs en région parisienne entre juin et novembre 1943 — auxquels appartenait le groupe —, huit seulement n’ont pas été arrêtés ou tués. Il ne restait alors, dans la région, déjà plus beaucoup d’autres FTP, suite à la répression et au départ au maquis des jeunes requis par le STO.


Il aura fallu du temps avant que cette épopée ne figure dans les manuels du secondaire ; comme celle de l’affiche des occupants — placardée à 15 000 exemplaires — dénonçant « l’armée du crime », baptisée bien plus tard « L’Affiche rouge », dans un poème d’Aragon chanté par Léo Ferré.


Le « procès » avait été monté pour alimenter la xénophobie et l’antisémitisme du régime de Vichy. La Résistance était ainsi le fait d’une « tourbe internationale » (Le Matin), de « terroristes judéo-communistes » (Paris-soir), « l’activité d’étrangers et de Juifs abusant de l’hospitalité française pour créer le désordre dans le pays qui les a recueillis », et dont « le but est l’avènement du bolchevisme international » [1].


Internationalistes effectivement, ces Arméniens, Espagnols, Italiens, Hongrois, Polonais, Roumains, dont les familles avaient été souvent exterminées, combattants antifascistes dans leur pays ou/et dans les Brigades internationales de la Révolution espagnole. Beaucoup étaient communistes, bien sûr. Et nombreux étaient Juifs...


« Vous étiez fait pour la lutte armée ? Je ne crois pas, j’étais normal. »  (interview de Raymond, ex-FTP-MOI, par Mosco).


Du côté de la résistance gaulliste, Radio Londres n’y fait allusion que deux mois après : il faut se méfier des fausses nouvelles allemandes, les résistants sont avant tout des fonctionnaires, de simples citoyens, des anciens de Verdun. Le Conseil national de la résistance (CNR) va d’ailleurs s’inquiéter de « l’activité des mouvements étrangers sur le territoire français », qui « doit s’interdire toute attitude susceptible de compromettre l’unité ».


Dans l’édition du Larousse en trois volumes de 1966, Missak Manouchian est absent. Et il faudra attendre le 40e anniversaire pour un hommage officiel, enfin, mais limité aux Arméniens. Le ministère des Anciens Combattants appose des croix sur les tombes de combattants juifs tout autant ignorés par les instances communautaires.

 

Pour le PCF, les actes sont plus facilement revendiqués que les personnes, ces résistants cosmopolites font tache dans le tricolore. De même qu’on passera longtemps sous silence le « travail allemand », dont le responsable était Arthur London et qui n’a pas été le monopole de ceux auquel il a valu l’épithète d’« hitléro-trotskystes ».


Officiellement, c’était « A chacun son boche ! » (titre de l’Huma en 1944). Tant pis si, sous l’uniforme, il y avait un travailleur, parfois un communiste... L’heure était au Front national (créé par le PCF comme organisation « large » des FTP, bientôt FTPF, avec un « F » comme Français, dont le journal s’appelait France d’abord !). « Il fallait pouvoir chanter La Marseillaise sans accent ! » [2].


André Marty, au bureau politique du PCF, parle à la Libération de « chasser tous les “ski” des directions du parti » [3]. A la tête de la MOI, il n’y avait plus que des Français. A Claude Lévy, qui écrit un livre sur son bataillon, Aragon, poète et éditeur, demande de « changer les noms. On ne peut tout de même pas laisser croire que la Résistance française a été faite par des étrangers ».


Le 1er mars 1944, d’ailleurs, l’Huma avait consacré 15 lignes à l’exécution du groupe, sans citer le nom d’un seul de ses membres. Il faudra attendre 1951 pour qu’un deuxième article, intitulé « Pages de gloire des 23 », sorte et pour que « le poète du BP », Aragon, écrive Manouchian, en ajoutant certes sa touche patriotarde aux derniers mots écrits par Missak à sa compagne, censurés de 1946 à 1965 de leurs allusions aux trahisons. Est-ce un hasard si, cette année-là, un Comité Manouchian, indépendamment du PCF, s’était mis en place et obtiendra une rue dans le XXe ?


Internationaliste donc trotkistes ?


Après la Libération, une partie des survivants sont repartis dans leur pays pour construire ce qu’ils pensaient être le socialisme. Beaucoup, comme les anciens des Brigades internationales ou des maquis, ont connu la répression stalinienne. Certains même ne quitteront un camp que pour un autre.


Le spectre d’une résistance dynamique, sociale, anticapitaliste, échappant aux accords de Yalta (imposés par les impérialismes vainqueurs), mais aussi celui du titisme — qui mènera à l’élimination politique du PCF, entre autres, de Guingouin (responsable des maquis du Limousin), puis de Marty et de Tillon (chefs des FTP) — est un angle d’éclairage pour comprendre l’interrogatoire d’Arthur London.


Ce dernier, premier responsable des FTP-MOI, interrogé à Prague en 1951 par ses procureurs staliniens, s’entend demander d’avouer que la MOI était une « section de la Quatrième Internationale trotskyste. »

 

Il est vrai que le mécanicien arménien Arben Dav’tian, bolchevik en Géorgie en 1917, garde rouge puis officier commissaire politique dans l’Armée rouge pendant la guerre civile, exclu ensuite puis déporté comme membre de l’Opposition de gauche, qui s’évade en Iran en 1934 sous le nom de Manoukian, rejoint ensuite, sous le pseudonyme de Tarov, le groupe russe qui travaillait à Paris avec le fils de Trotsky, avant d’être recruté pour son groupe, en 1942, par Manouchian qui n’ignore pas son passé. «  Il faut penser également à Manoukian qui meurt avec moi », écrit-il à sa belle-soeur, deux heures avant l’exécution.


En août 1943, une note de la section des cadres aurait avisé la direction du PCF que Manouchian était de tendance trotskyste. Confusion de noms ? Quoi qu’il en soit, ils étaient « des nôtres ».

Paru dans Rouge (hebdomadaire de la LCR) n° 2052 du 19 février 2004.

Notes

[1] Cité par le colonel-président du fameux « procès ».

[2] Comme le note ironiquement Maurice Rajsfus

[3] Lise London.

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 12:50

Chen Duxiu premier secrétaire général du PCC

Pour nous, il va de soi que la proclamation de la République populaire fut une grande avancée par rapport à la situation antérieure de la dictatue du Kuomintan, des seigneurs de la guerre, des grands propriétaires terriens, des guerres.
Ceci dit, cela n'alla pas sans graves répressions des nons staliniens: anarchistes, trotskistes, socialistes etc., l'ouverture de "camps de réeducation".

Il ne faut pas non plus oublier les falsifications de l'histoire, qui se poursuivent:

nous sommes matraqués de reportages sur le 60è anniversaire de la République populaire de Chine en 1949 qui confondent "naissance de la république" et naissance du parti communiste en 1921. Et comme c'est de tradition dans le journalisme réac depuis Staline, on reprend sans broncher la propagande officielle. Chez les plus anti-communistes, il est touchant de voir que le seul homme politique dont ils semblent connaître le nom est Mao qui aurait "fondé" le PCC!

Or même en Chine, les choses changent! L'histoire officielle se permet de réintégrer des gens effacés des photos et des manuels d'histoire. Voici ce que dit le site officiel : "Chine information" dans sa rubrique "personnalités:

"Li Dazhao, co-fondateur du Parti communiste chinois, avec Chen Duxiu, en 1921" , donc ce n'est pas Mao qui l'a fondé tout seul avec ses petits bras musclés !

Voici un article qui revient sur l'histoire :

link

et l'article de Wikipédia sur Chen Duxiu

Après la mort de son père, soldat en Mandchourie, peu après sa naissance, c’est au tour de son grand-père de se charger de son éducation pour l’orienter vers une carrière traditionnelle de fonctionnaire. Chen Duxiu par contre, opte pour une formation moderne et se rend à Hangzhou pour y suivre des cours à une école de construction navale, qui sont dispensés en langue française.


À cette époque, il commence également à se dédier à des activités sur le domaine politique et, suite à sa critique du gouvernement, se voit forcé de fuir au Japon. De retour en Chine en 1903, il accepte un poste d’enseignant supérieur à l’école supérieure de l'Anhui à Wuhu. Peu de temps plus tard son chemin le dirige de nouveau au Japon, puis de 19071910 finalement en France, afin d’y effectuer des études.

 

Imprégné par les impressions de son séjour à l’étranger, Chen Duxiu s’adonne complètement à la politique, à partir de ce moment et, à cette fin, fonde un magazine d’orientation politique et littéraire sous le nom de Nouvelle Jeunesse en 1915, qui soutient un rejet du système de valeurs traditionnellement confucéennes, en faveur d’une nouvelle orientation vers celles de l'égalité et des Droits de l'homme, ainsi qu’un nationalisme censé servir à ces fins, promues par l’Occident, et qui est accueilli avec enthousiasme dans le cercle des jeunes intellectuels.


De nouveau chargé d’enseignement au supérieur en 1917, cette fois à l’université de Pékin, il lui est possible de poursuivre ses activités sous une nouvelle forme. Sous l’influence de la révolution en Russie, dans laquelle il perçoit des courants comparables à ceux de la société moderne en Chine, il étudie intensément les théories marxistes.


Pour son rôle dominant dans le cadre du Mouvement du 4 mai en 1919, il est détenu pour peu de temps. À sa sortie de prison, il s’engage d’abord au sein d’un groupe communiste pour participer à la fondation du Parti communiste de Chine en 1921 et en devenir le secrétaire général.


Alors que la fondation du parti se base sur le soutien du Komintern, celui-ci entre également en contact avec le parti nationaliste, le Kuomintang, de telle façon qu’en 1923, suivant les instructions du Komintern, les deux partis forment un Front unifié. Avec la mort de Lénine en 1924 et de Sun Yat-sen en 1925, la politique dans les deux pays est dominée par les querelles concernant leur succession.


En Union soviétiqueStaline représente une politique censée soutenir une révolution, atteignant toutes les classes, sous la commande du Kuomintang, Trotski, son principal concurrent, au contraire, se centre sur les forces révolutionnaires du Parti Communiste Chinois.


Dans ce cadre, la politique de Chen Duxiu, qui est axée sur le maintien d’une position distancée envers le Kuomintang, est attaquée et en 1927 il est obligé d’abandonner la direction du parti; deux ans plus tard, en 1929, il est exclu du parti ; c'est cette même année qu'il rallie l'Opposition de gauche dont le leader est Léon Trotsky. De 1932 à 1937, il sera détenu par le gouvernement nationaliste. En 1942, finalement, il meurt dans les environs de Chongqing.


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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 09:55
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La politique du gouvernement concernant l’accueil de la petite enfance dégrade les conditions d’accueil et privilégie les gardes  à domicile. 


Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy, évoquant les difficultés des parents à trouver une solution d’accueil pour leurs enfants, lançait l’idée d’un droit opposable à la garde d’enfant. Des discours remplacés aujourd’hui par une politique de restrictions.


En France, il manque entre 300000 à 800000 places d’accueil pour les jeunes enfants. Cette pénurie a des conséquences sur le travail des femmes.

75% d’entre elles, vivant en couple avec un enfant de moins de six ans, travaillent. Mais, avec trois enfants ou plus dont un de moins de six ans, elles ne sont plus que 40% à travailler. 27% des mères ayant un enfant de moins de six ans sont à temps partiel, 53% quand il y a trois enfants ou plus.


Lorsqu’ils ne favorisent pas le retour des femmes au foyer les choix politiques promeuvent de modes d’accueil individuels. Depuis 1994, avec l’allocation parentale d’éducation (APE) versée dès le deuxième enfant puis avec la prestation accueil jeune enfant (Paje), le taux d’activité des mères a chuté. Rareté et cherté des modes d’accueil ont souvent raison des calculs budgétaires des parents aux salaires modestes. La branche famille de la sécurité sociale a consacré, en 2007, cinq fois plus d’argent à l’accueil individuel qu’à l’accueil collectif (assistantes maternelles : 5,5 milliards, congé parental : 3,3 milliards, accueil collectif 1,8 milliards).


En juillet 2008, la députée UMP, Michèle Tabarot, a déposé un rapport contenant une série de propositions. En décembre 2008, dans le cadre de la loi de financement sur la Sécurité sociale, le gouvernement a fait passer de trois à quatre le nombre maximum d’enfants que peut garder une assistante maternelle à domicile. Voila comment on « augmente l’offre d’accueil » en dégradant sa qualité. Cela révèle aussi la priorité accordée au mode de garde individuel où les femmes sont les moins qualifiées (60 heures de formation), isolées à domicile, sans relations sociales professionnelles et dans une relation de gré à gré avec le parent employeur.


Jardins parkings


Pour l’accueil collectif, le maître mot du rapport Tabarot est la baisse des coûts par la déqualification des professionnelles – pour l’essentiel des femmes – et la déréglementation des normes d’encadrement. Une des premières mises en œuvre du rapport a été le lancement, en mai, de « jardins d’éveil » pour les 2 à 3 ans, financés par les collectivités locales ou les entreprises gestionnaires, la CAF et les familles. Dans ces structures, payantes pour les parents, la part des professionnelles moins qualifiés augmente (CAP petite enfance) et les normes se détériorent (douze enfants pour une salariée au lieu de huit aujourd’hui dans les crèches).


En 2000, plus de 35% des enfants de 2 à 3 ans étaient accueillis à l’école maternelle. Aujourd’hui, suite aux suppressions massives de postes d’enseignants, ils ne sont plus que 21% à bénéficier de cette école gratuite. L’Etat veut mettre fin à la scolarisation des 2 à 3 ans, transférer le coût de cet accueil vers les communes et les familles et déqualifier les professionnelles.

Mais, à terme, la volonté de la droite pourrait être de supprimer l’école maternelle, en transférant les enseignants en primaire et en les remplaçant par des non-enseignants. Les petite et moyenne sections de maternelle disparaîtraient et seule la grande section (à partir de cinq ans) subsisterait comme première année de primaire.


La droite veut faire passer les normes d’encadrement dans les crèches d’une professionnelle pour cinq enfants à une pour six (de une pour huit enfants à une pour neuf pour les enfants qui marchent ). Elle veut aussi faire passer l’inscription des enfants en surcapacité en crèche à 20% (10% actuellement).

Toutes ces mesures s’attaquent aux conditions de travail des professionnelles de la petite enfance et à la qualité de la prise en charge des jeunes enfants. L’accueil des jeunes enfants est un enjeu majeur de l’égalité entre femmes et hommes. Défendons le droit au travail des femmes, à un travail qualifié et bien rémunéré.


Défendons la création d’un service public national gratuit d’accueil des jeunes enfants avec des professionnelles qualifiés et reconnus, répondant à la demande des parents, sous des modes de garde diversifiés.


Défendons le droit garanti pour les parents demandeurs, d’une scolarisation de leurs enfants dès deux ans dans des conditions adaptées au sein de l’école maternelle (effectifs réduits, formation spécifique des enseignants).

Des mobilisations unitaires de salariés de la petite enfance, de parents et d’enseignants ont eu lieu ces derniers mois (pétition « pas de bébés à la consigne »). La manifestation pour les droits des femmes du 17 octobre doit être une nouvelle occasion de mobilisation. 

Guillaume

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 09:51
Oskar Lafontaine, responsable de Die Linke

 

La campagne électorale pour les élections législatives allemandes du 27 septembre est marquée par la question des coalitions gouvernementales.

 

Les élections régionales (Thuringe, Saxe et Sarre) et municipales (Rhénanie-Westphalie) du 30 août 2009 ont changé quelque peu le panorama politique allemand (lire Tout est à nous ! n°20).


Non seulement la gauche (Die Linke et le parti social-démocrate SPD) a connu des avancées, mais le SPD s’est déclaré ouvert à une coalition avec Die Linke dans la Sarre – donc pour la première fois dans une région de l'Allemagne de l'Ouest (Berlin, gouvernée depuis 2006 par une coalition SPD / Die Linke, est considérée comme une région d'Allemagne de l'Est). Ces résultats inquiètent beaucoup le patronat allemand.


En effet, en 2005, l'essor électoral de Die Linke avait empêché la droite de réaliser une coalition CDU / FPD (libéraux) et l’avait obligée à faire une « grande coalition » avec les sociaux-démocrates. Cela pourrait bien se reproduire aux élections législatives du 27 septembre.


La parlement allemand sera dorénavant composé durablement par cinq partis et, pour la première fois, le résultat électoral pourra permettre plusieurs coalitions  gouvernementales.


Les augures de la presse bourgeoise imaginent déjà une majorité SPD / Die Linke / Verts au prochain scrutin de 2013. Dans la social-démocratie, une nouvelle génération s'apprête à prendre le relais, se reconnaissant dans des personnages comme Andrea Nahles, Sigmar Gabriel et Klaus Wowereit, l’actuel chef de la coalition SPD / Die Linke de Berlin. Cette génération cherche la coopération avec Die Linke pour arrêter l'hémorragie électorale du SPD alors que les « vieux », qui dominent le SPD aujourd'hui, sont trop imprégnés d'anticommunisme.


Si les effets de la crise, qui vont s’aggraver, entraînent une résistance croissante dans les entreprises et parmi la jeunesse, il est possible que ces mouvements se répercutent sur la représentation politique. Toutefois il est clair que le grand capital s'opposera avec toutes ses forces à un gouvernement dont il ne ferait pas parti.


Encore faut-il gagner une telle majorité et ce sera difficile. Le SPD n'a progressé  qu'en Thuringe, ailleurs il stagne. Die Linke a fait un grand bond en  Sarre – où Oskar Lafontaine est plutôt identifié dans son pays à la bonne vieille social-démocratie qu'à une alternative de gauche au SPD. Die Linke a très peu progressé en Thuringe et fortement perdu en Saxe. Sauf dans la Sarre, Die Linke n'a pas attiré les abstentionnistes et son écho parmi les jeunes électeurs est plus que modeste. Le nouveau Parti pirate attire beaucoup plus les jeunes, tout comme les Verts, et même les libéraux du FDP.


Une radicalisation politique est en cours dans la société allemande, sur la droite (dont profitent les libéraux du FDP) comme sur la gauche. De plus en plus, une disposition à un changement radical apparaît dans les sondages. Malheureusement, pour la plupart, il n’y a pas d’idée précise sur le contenu de ce changement. Une tâche urgente de Die Linke devrait être de le préciser.

Angela Klein

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 09:48
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Dimanche 27 septembre ont lieu les élections législatives au Portugal. Nos camarades du Bloc de gauche ont mené activement campagne. Nous vous présentons l'introduction de leur plate forme électorale intitulée "Programme pour un gouvernement qui réponde à l'urgence de la crise sociale, une politique socialiste pour le Portugal" .


 

Quatre ans et demi de continuité dans la dévastation libérale


Durant quatre ans et demi, le gouvernement de Socrates a disposé de la majorité absolue : il avait tout le pouvoir et a utilisé tout le pouvoir. Les résultats ont été plus de privatisations, de dégradation des services publics et d’accentuation des injustices.


Cette année qui a vu la crise nouvelle aggraver l’ancienne, le Portugal a atteint des records historiques de chômage et d’exclusion, dans un pays pauvre où les inégalités sont les plus importantes d’Europe.


La majorité absolue a renforcé la protection des intérêts économiques et des rentes des classes dominantes, habituées à l’appui affectueux et privilégié de l’Etat. Elle a favorisé les avantages aux grandes fortunes, qui ont amassé des fonds publics, elle est restée silencieuse vis-à-vis des manigances.  Les scandales du BCP, du BPN et du BPP révèlent la face cachée de cette économie : 4 milliards d’euros disparus dans les casinos de la bourse, dans les commissions de corruption des paradis fiscaux, dans les comptes secrets et même dans une banque clandestine, dans les profits empochés par de vertigineux enrichissements personnels. La régulation libérale conduite par la Banque du Portugal et par les gouvernements successifs a fermé les yeux et c’est sa vraie nature.


La Portugal a traversé, durant ce mandat de pouvoir absolu du gouvernement Socrates, un très fort choc social. Ce choc a atteint en premier lieu les travailleurs et les travailleuses. Le régime de sécurité sociale a été réformé, avec comme objectif de réduire progressivement le système public de protection sociale transformé en un système d’assistance caritative, le montant futur des retraites a été diminué et l’âge de la retraite augmenté.


Le « Paquet Emploi » a été imposé ainsi que de nouvelles règles d’établissement de contrat individuel de recrutement dans la fonction publique, facilitant ainsi la précarisation de la vie et du travail et la prédominance du pouvoir patronal. Le résultat est plus d’un demi-million de chômeuses et de chômeurs supplémentaires en 2009, sans compter les ignorés ou les cachés des statistiques, avec la prédominance du chômage de longue durée, qui s’est étendu à des dizaines de milliers de jeunes.


Le capitalisme est toxique : la récession a démontré l’effondrement économique et social d’un régime qui se base sur des bas salaires, qui subventionne les entreprises, qui donne les pleins pouvoirs au capital financier et qui généralise la corruption.


Ce choc social a provoqué une catastrophe et a favorisé l’effondrement de l’économie, plongée dans la plus grave récession des 35 dernières années. Le modèle de développement libéral est devenu un marécage. Combattre ce marécage est l’objectif du Bloc de Gauche. Le programme de gouvernement qui est présenté ci-après démontre la viabilité d’une politique de gauche, dans le combat pour la justice sociale et une réponse socialiste à la crise.


Le Portugal européen du XXIème siècle, pays en retard et en manque de justice sociale, a besoin d’un nouveau cycle de réponses sociales et cela ne peut être créé que par la force transformatrice d’une politique socialiste de gauche. C’est l’objectif et la raison d’être du Bloc de Gauche.

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 13:19
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