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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 09:41

Urgence climatique, justice sociale - Copenhague décembre 2009 (appel unitaire)

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Nous sommes à la croisée des chemins. Issu de l’activité humaine, dans le cadre d’un modèle de production agricole et industriel que les sociétés industrialisées ont mis en place et qui se répand sur l’ensemble de la planète, le réchauffement climatique met en danger les moyens d’existence et les vies de milliards d’êtres humains, et menace d’extinction des millions d'espèces.


D'ores et déjà, des populations entières sont affectées, en particulier les femmes, les peuples indigènes, les paysan-ne-s et, de façon générale, les plus défavorisés.


Face à cette crise écologique et sociale, mouvements sociaux, organisations écologistes, politiques et scientifiques du monde entier appellent à une action urgente et radicale.


Du 7 au 12 décembre prochains, la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique se tiendra à Copenhague.


Elle doit déterminer les objectifs et les solutions à mettre en œuvre à l’échelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012. 


Selon les climatologues, il faudrait que les pays industrialisés, premiers responsables de l’émission des gaz à effet de serre (GES), réduisent leurs émissions de 25 à 40 % d’ici à 2020 et de 80 à 95 % d’ici à 2050 (par rapport à 1990). Faire diminuer les émissions dans ces proportions est impératif pour limiter à 2°C la hausse des températures par rapport au niveau de l’ère préindustrielle.


Au-delà, l’emballement climatique se produirait. Il ne serait plus possible de maintenir une température vivable sur terre.


Les politiques actuelles sont dans l’impasse


Jusqu’ici, les mesures mises en œuvre et prévues par les différents États sont tout à fait insuffisantes. Les mesures que préconise notamment l’Union Européenne, qui n’envisage de réduire ses émissions que de 20 % en 2020, sont très en deçà des enjeux.


Et alors que leurs émissions de GES par habitant sont les premières au monde, la proposition des Etats-Unis (réduction de 5 % des émissions sur la même période) est, quant à elle, une véritable provocation vis-à-vis des autres Nations.


Les solutions proposées actuellement ne sont pas crédibles. Car elles reposent essentiellement sur les mécanismes de marché alors que la crise économique et financière a, une fois encore, montré leur incapacité à se substituer à l’action publique et collective.


La politique du « marché pilote » international de droits à polluer est clairement défaillante et les projets de l’Union européenne et des Etats-Unis en la matière relèvent du mirage idéologique.


Les fausses solutions sont également technologiques. Le nucléaire, outre qu'il s'agit d'une technologie porteuse de risques majeurs, ne peut être en aucun cas la solution : même un développement ambitieux du parc nucléaire ne réduirait les émissions de gaz à effet de serre que de façon très marginale.


Les agrocarburants industriels quant à eux posent de nombreux problèmes environnementaux et aggravent la crise alimentaire sans contribuer à la baisse des émissions.


Des mesures véritablement alternatives sont nécessaires


Les objectifs de réduction des émissions de GES à atteindre ne peuvent l’être que par l’adoption, par les collectivités, les pays et les ensembles régionaux, de mesures radicales et alternatives :


- Démocratisation de l’économie, qui doit être orientée vers la satisfaction des besoins sociaux et le respect des contraintes écologiques, et non par le profit à tout prix, par les diktats de la société de consommation et du productivisme ; cela implique le soutien aux circuits courts, à l’économie sociale et solidaire, au secteur coopératif ;

- Réorientation des investissements (notamment de recherche) vers les énergies renouvelables, la cogénération, l’efficacité énergétique et les projets écologiquement soutenables ; valorisation de la sobriété énergétique ;

- Reconnaissance et protection des biens publics mondiaux tels que l’énergie, le climat, les forêts, la terre et l’eau ; arrêt de la déforestation, protection des forêts primaires et des océans, et, de façon générale, défense de la biodiversité sauvage et cultivée ;

- Relocalisation des activités économiques, rapprochement des lieux de vie et de travail, maîtrise de l’urbanisation, développement des transports collectifs, limitation du transport aérien ; taxation juste et progressive, au niveau national et international, de l’énergie et des transports les plus polluants ;

- Retour à la régulation du commerce international, garantissant notamment la souveraineté alimentaire et le développement massif de l’agriculture paysanne, au Nord comme au Sud ;

- Promotion d’un modèle alimentaire alternatif au modèle des pays industrialisés (majoritairement à base de protéines animales) afin de pouvoir diminuer les surfaces cultivées pour l’alimentation animale, donc réduire les émissions de GES du secteur agricole ;

- Rénovation massive des bâtiments et promotion de la construction écologique.


La Justice climatique et sociale doit être au centre des politiques mises en œuvre


Les responsabilités historiques des pays du Nord et du mode de développement productiviste dans cette crise globale doivent être reconnues. La justice et l’équité exigent que soit réparée la dette écologique du Nord, a minima par l’annulation des dettes du Tiers-Monde.


Les transferts technologiques respectueux de l’environnement et des sociétés au Sud doivent être financés et l’aide publique au développement augmentée, sans que cela exonère le Nord de ses propres objectifs de réduction des émissions. Les réfugiés climatiques doivent être reconnus et accueillis.


Au sein de chaque pays, des mesures d’accompagnement et de justice sociale sont indispensables afin que chacun puisse faire face aux changements à opérer, en ayant la certitude que les efforts seront partagés par tou-te-s.


Il faut garantir un accès juste et équitable aux biens et services essentiels tels que l’énergie, qui ne doivent pas être laissés au marché mais faire l’objet d’une réappropriation par la société.


Une autre répartition des richesses doit permettre une transition solidaire vers des économies écologiques, au Nord comme au Sud. Le droit au travail pour tous est au cœur de cette répartition. C’est pourquoi un emploi décent permettant un revenu digne doit être garanti à chacun-e.


Les revenus financiers et du patrimoine doivent être lourdement taxés afin de dégager les moyens nécessaires à la transformation des économies.

La gestion des financements doit être démocratique et garantir la participation des populations locales.


Les sommes colossales investies dans le sauvetage du système bancaire montrent que les moyens financiers existent. Les mesures à prendre doivent être débattues démocratiquement et faire l’objet de politiques publiques audacieuses, passant outre les intérêts des grands lobbies – notamment des hydrocarbures, et définissant une production industrielle axée sur les besoins et non sur le profit ainsi qu'une répartition plus juste des richesses naturelles et produites.


En France, nous appelons les associations de défense de l’environnement, syndicats, associations de solidarité internationale, organisations politiques, collectivités locales, et plus généralement tous les citoyen-ne-s à rejoindre la mobilisation internationale et à organiser des initiatives communes pour peser sur les décisions du sommet de Copenhague de décembre 2009.


Mobilisons-nous maintenant pour le climat et la justice sociale


Premiers Signataires :

Action Consommation, A.C.! Agir ensemble contre le chômage, Aitec - IPAM, Amis de la Terre, Attac, Bizi !, Confédération Paysanne, Ecorev', Fac Verte, FSU, Fondation Copernic, LDH, Mouvement de la Paix, MRJC, Réseau Féministe « Ruptures », Réseau Sortir du nucléaire, Solidaires, Vélorution Paris Île-de-France, Zone d'Ecologie Populaire


Soutenu par :

Alter Ekolo, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Les Alternatifs, Les Verts, Parti de Gauche, NPA

 

"Les défis de Copenhague pour le climat" (par Ricardo Petrella, Libération du 29 juillet)

Le devenir de l’humanité et de la vie sur la planète va se jouer à la conférence des Nations unies à Copenhague (du 7 au 18 décembre), dans le cadre de la convention mondiale sur le changement climatique. Sur trois fronts, en particulier.


En premier lieu, sur la question de savoir si les pays riches du monde sont disposés à suivre les recommandations du Groupe intergouvernemental d’étude sur le climat (Giec), mis en place en 1992 par tous les Etats des Nations unies et qui constitue le plus grand exercice scientifique de prospective et d’évaluation sur le climat réalisé au monde jusqu’à présent.


Selon les travaux du Giec, l’humanité doit impérativement, d’ici à 2100, maintenir en dessous de deux degrés la hausse de la température de l’atmosphère terrestre, si elle veut éviter des catastrophes planétaires.


A cette fin, le Giec estime qu’il est indispensable que le monde diminue d’ici 2050 de 60 % les émissions de CO2 par rapport au volume des émissions de 1990 (80 % pour les pays riches et 20 % pour les autres).


Quant aux objectifs relatifs à une date plus rapprochée (2012 est devenue 2020), seulement quelques pays de l’UE (l’Allemagne surtout, la France…) continuent à déclarer qu’ils sont prêts à diminuer de 20 % leurs émissions par rapport à 1990.


Mais le 12 juin dernier, à Bonn, lors d’une réunion préparatoire de la conférence de Copenhague, le Japon a affirmé qu’il ne prévoit pas de diminuer ses émissions de plus de 8 %.


De leur côté, les Etats-Unis de la nouvelle administration Obama ont déclaré non seulement ne pas envisager une réduction de plus de 4 %, mais ne pas vouloir demander à la Chine de prendre des engagements quantifiés précis.


Un geste diplomatique qui en dit long sur l’espoir des Etats-Unis de ne pas devoir non plus se soumettre à des obligations chiffrées. Or, à Bonn, des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud ont répété, non sans raison, que, tant que les pays industrialisés n’auront pas souscrit à la fourchette haute (- 40 % en 2020 par rapport à 1990) des réductions d’émissions préconisées par le Giec, ils ne signeront pas le futur traité et refuseront des objectifs de baisses de leurs propres émissions. Le défi est clair.


La responsabilité d’un tournant historique en faveur de la vie revient principalement aux pays les plus riches qui, depuis plus de cent ans, sont les plus gros consommateurs et gaspilleurs des ressources de la planète.


Le second front concerne les réticences croissantes de la part des dirigeants du monde à accepter de nouvelles régulations politiques publiques mondiales dans l’intérêt de l’humanité.


Loin de conduire aux grands changements dont on parle tant, les trois crises mondiales actuelles (la pauvreté de 3 milliards d’êtres humains, la crise économique et financière et la crise environnementale) ne provoquent aucun réel changement du système qui est à l’origine de ces crises. Ainsi, les préparatifs de Copenhague mettent-ils en lumière deux tendances préoccupantes.


Sur le plan de la coopération internationale, d’abord, on constate une forte régression. S’abritant derrière l’alibi des nombreuses difficultés qui empêcheraient de réaliser des accords mondiaux efficaces, chaque pays, les plus puissants en premiers, pense à sa propre sécurité économique, environnementale et énergétique, et à sortir de la crise dans les meilleures conditions pour lui-même, en particulier pour les groupes sociaux les plus avantagés.


Deuxième tendance : tous les dirigeants semblent désormais convaincus, au nord comme au sud, que la solution à la «crise mondiale» passe par la relance de la croissance de l’économie de marché, mais de couleur verte (voiture verte, énergie verte, maison verte…).


Nul ne saurait contester l’importance et l’urgence de «mettre au vert» nos économies. Colorer de vert le système économique sans modifier les principes et les modalités de fonctionnement qui sont à l’origine de la crise ne suffira pas. Avons-nous vraiment besoin de centaines de millions de voitures en plus dans vingt ans, même vertes ?


Dans quelles villes circuleront-elles ? Des millions d’habitations supplémentaires à énergie passive et active, à New York, Paris, Francfort, Osaka, Dubaï, Los Angeles… ne résoudront rien pour les milliards de personnes pauvres, sans eau potable ni services sanitaires, sans habitation décente, sans accès à la santé ni à l’éducation de base.


L’agence des Nations unies ONU-Habitat prévoit 2,4 milliards de personnes habitant des bidonvilles en 2030 par rapport au milliard actuel.

Le gouvernement danois a jugé opportun d’organiser à Copenhague (du 24 au 26 mai) un World Business Summit dans le but de s’assurer le soutien des entreprises et de la finance au succès de la conférence de décembre.


Les participants ont approuvé une déclaration «The Copenhague Call» dont les propositions sont toutes centrées sur la priorité à donner aux innovations technologiques.


Aucune référence n’est faite à des engagements précis de la part des entreprises concernant la réduction de leur consommation d’énergie et de leurs émissions de gaz à effet serre.


Le premier ministre danois a publiquement exprimé son soutien à ces propositions. Dans ces conditions, quelles chances pour d’éventuelles propositions contraires aux orientations et aux intérêts du monde des affaires ?


Enfin, troisième front, et pas des moins importants, celui de l’eau (et de la paix) dans le monde. D’après les travaux du Giec, les conséquences les plus graves du changement climatique concerneront l’eau.


A cause de la fonte des glaciers et des calottes polaires, l’eau douce deviendra toujours plus rare. En 2050, 60 % de la population mondiale risquent d’habiter dans des régions à forte pénurie d’eau.


Les travaux du Giec démontrent que les conflits entre pays et, à l’intérieur de ceux-ci, entre les différentes régions, se multiplieront autour de la propriété et des usages de l’eau. L’«or bleu» sera l’une des principales causes de guerres du XXIe siècle.


A l’heure actuelle, de façon assez paradoxale, l’eau ne figure pas à l’agenda des négociations de Copenhague. Seule y figure la question énergétique, le problème numéro un mondial uniquement pour les pays riches.


L’énergie post-pétrole a «vampirisé» les négociations sur le changement climatique. Il n’est pas possible de négocier l’avenir de l’humanité uniquement à partir de l’énergie sans prendre l’eau en compte (et donc l’alimentation, la santé…). Certains pays proposeraient que l’eau fasse partie de l’agenda pour le nouveau traité mondial. Il en va de la paix dans le monde et de la vie.


Par RICCARDO PETRELLA président de l’Institut européen de recherche sur la politique de l’eau (Ierpe), Bruxelles.

 

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 09:38


Après l'annonce de la mise en place de la taxe carbone dès 2010, le NPA dénonce cette fausse bonne idée qui constitue un nouveau piège pour la population, sans pour autant permettre d'amorcer une véritable réduction des émissions de CO2 efficace et urgente face au réchauffement climatique.


Cette augmentation des prélèvements fiscaux sur les consommations de pétrole, de gaz et de charbon, sera répercutée sur l’achat de carburant et de différents biens et services, et ponctionnera un peu plus les usagers sans permettre pour autant de changer fondamentalement les modes de consommation.


Dans le même temps, le choix d'exonérer l'électricité, produite par l'industrie nucléaire réputée (à tort) ne pas produire de gaz à effet de serre, l'exonération de certaines entreprises disposant de quotas gratuits sur le marché des droits à polluer européen, ainsi que le prix volontairement bas de la tonne de CO2 permettront aux entreprises de conserver leurs modes de production polluante.


Alors que le gouvernement multiplie les cadeaux aux entreprises (suppression de la taxe professionnelle, exonération des heures supplémentaires…etc), la taxe carbone est une nouvelle façon de faire payer aux salariés la facture de son irresponsabilité tout en préservant les profits des plus gros pollueurs.


Cette taxe n'est qu'un emplâtre qui masque la nécessité d'un véritable contrôle de ce que nous produisons et des modes de productions, la nécessaire recherche de la sobriété énergétique, la reconversion énergétique sans nucléaire, un plan de rénovation massif de l'habitat et la réorientation de nos modes de transport en développant des transports en commun gratuits.


Il n'y a rien de bon à attendre socialement et écologiquement de cette taxe carbone.


Le NPA appelle les personnes, associations, syndicats et organisations qui partagent cette position à se retrouver pour un front commun d’opposition et de propositions alternatives qui répondent enfin aux enjeux cruciaux en cette période.

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 15:39


La situation est désespérée, mais tout espoir n’est pas perdu si nous nous convertissons à la religion écologique : tel est en résumé le message diffusé par « Home ».


En une heure et demi d’images et de commentaires, le film d’Yann-Arthus Bertrand ne parvient pas à identifier la cause précise des dégradations environnementales. En fait, l’idée implicite est que cette crise est le résultat de la nature humaine, plus exactement des vices de notre espèce.

D’entrée de jeu, le commentaire affirme qu’Homo sapiens a dilapidé « l’héritage de quatre milliards d’années » d’histoire naturelle.


La crise écologique apparaît ainsi comme le juste châtiment de l’enfant trop gâté. Plus loin, le rôle clé de l’exploitation des combustibles fossiles est assez correctement mis en évidence, mais les raisons pour lesquelles la Révolution industrielle y a eu recours, et surtout les raisons pour lesquelles ces combustibles demeurent la source d’énergie par excellence du capitalisme, sont passées sous silence.


Pour « Home », l’exploitation frénétique des ressources n’est pas le produit de la course au (sur)profit : elle découle de la fâcheuse tendance du genre humain à vouloir travailler moins pour jouir plus de l’existence, qui entraîne prolifération de l’espèce et destruction des richesses naturelles.


Logiquement, « Home » reprend à son compte la fable de l’écocide, inventée par l’auteur à succès Jared Diamond. Diamond prétend que les Polynésiens, pour ériger des statues arrogantes, auraient ravagé l’écosystème de l’île de Pâques au point de faire sombrer leur civilisation dans la barbarie.


Cette théorie n’a plus guère de crédit parmi les spécialistes : certains soulignent que la civilisation pascuane a succombé sous les coups de boutoir des raids esclavagistes, d’autres précisent que les forêts de l’île n’ont pas été détruites par les habitants mais par les rats. Malgré tout, la fable a la vie dure.


Pour une raison idéologique : extrapoler de l’île à la planète permet de gommer les différences fondamentales entre les crises écologiques d’hier et d’aujourd’hui. Donc d’escamoter la responsabilité spécifique du capitalisme, alors que c’est précisément ce système productiviste qui nous menace. A cet égard, le commentaire de « Home » sonne comme un aveu : « (la théorie de l’écocide) n’est qu’une théorie parmi d’autres, mais c’est celle qui nous intéresse », dit Yann-Arthus Bertrand. Autant dire que ce film n’est qu’un morceau de propagande.


Propagande pour quoi, pour qui ? Pour le capitalisme ? En définitive, oui. Envoûté par les images, chaviré par l’énumération des catastrophes, le spectateur angoissé pousse un « ouf » de soulagement en apprenant à la fin que nos responsables prennent la mesure du défi.


Du Danemark à la Nouvelle Zélande, du Gabon aux Etats-Unis, du Costa Rica à l’Autriche, gouvernements et entreprises seraient de plus en plus nombreux à adopter les mesures qui s’imposent. Financé par le groupe capitaliste PPR (Conforama, Yves Saint-Laurent, GUCCI, FNAC,etc...) de François-Henri Pinault, le film se met lui-même en scène comme la manifestation exemplaire de cette prise de conscience des élites… qui montrent la voie à suivre.


(Achetez Gucci, mettez-y le prix, c’est bon pour la planète).

Mais gare au simplisme. L’emballage idéologique de l’opération mérite qu’on s’y attarde. « La Terre est un miracle, la vie reste un mystère » : l’une et l’autre sont souillées par les péchés capitaux, notamment la paresse, l’envie et la luxure.


Dès lors, le sort de la planète ne passe plus par des changements sociaux, structurels, mais par un examen de conscience – « acceptons de faire les comptes de tout ce dont nous sommes les seuls responsables » - débouchant sur une conversion individuelle à l’écologie : « Nous avons tous le pouvoir de changer », « Chacun peut agir, du plus pauvre au plus riche ».


A croire le film, il suffirait que nous (toujours « nous ») devenions des « consommateurs responsables » soucieux de « commerce équitable », pour que commence « une nouvelle aventure humaine fondée sur l’intelligence, la mesure et le partage ». Comme si le capitalisme connaissait d’autre intelligence que celle du profit, d’autre mesure que la démesure de la production, d’autre partage que celui que les exploités lui imposent par la lutte !

 

L’écologie de « Home » est une idéologie du consensus et du châtiment, aux relents religieux. Elle cadre dans une vaste offensive capitaliste visant à utiliser la menace environnementale comme levier pour restructurer le capital aux frais du monde du travail, tout en semant le désarroi au sein de celui-ci. Face à cette écologie de la soumission, une autre écologie est nécessaire. Une écologie de la révolte, où l’éthique féconde l’action collective en vue de la transformation sociale. Une écologie anticapitaliste. C’est le sens de notre combat écosocialiste.

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 15:36

« Si on veut être écologiste, il faut arrêter d’être benêt : leur souci ce n’est pas plus le climat que les inégalités et la misère » (par Laurence Lyonnais, commission écologie du NPA)

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Intervention de la Commission nationale écologie du NPA présenté par Laurence Lyonnais au meeting Université d’été à Port Leucate le 23 août 2009.


La semaine dernière, les négociations internationales de Bonn pour un nouveau traité sur le climat après celui de Kyoto se sont interrompues sur une impasse. Les 180 pays réunis à cette occasion doivent encore se retrouver au cours des prochains mois pour tenter de finaliser un accord lors de la conférence des Nations Unies pour le climat qui se déroulera à Copenhague du 7 au 18 décembre.


Il y a quelques semaines, un camp action climat a réuni des milliers de militant(e)s sur le site du projet démentiel d’aéroport à Notre Dame des Landes, près de Nantes. C’était une première en France. Les militantEs du NPA étaient présents et ont participé aux nombreux débats.


Le climat et l’urgence de le défendre semblent prendre de plus en plus de place dans l’actualité. C’est que la situation est grave : l’humanité est en passe de vivre la plus importante mutation de son environnement de son histoire. Et le risque existe que le dérèglement climatique soit trop brutal pour que l’action humaine ait le temps de le corriger. Nous avons deux générations pour agir.


Mais qu’est ce que ça signifie pour nous, pour les travailleurs-ses, les classes populaires ici et dans le monde entier. Le changement climatique a déjà des conséquences dramatiques. Les premières victimes sont et seront à l’avenir les populations déjà les plus vulnérables et les pays les plus pauvres : les catastrophes naturelles, les crises alimentaires vont se multiplier, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ».


Dans un monde de crises, la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère et la souffrance humaine vont devenir encore davantage le quotidien pour des milliards de personnes.


La réalité des modifications climatiques accélérées, et en particulier de la hausse générale des températures n’est plus à démontrer. Y a peut être plus que Claude Allègre qui a encore des doutes, mais c’est un cas désespéré... Ce n’est pas un événement hypothétique, c’est un phénomène qui est en cours.


Et même les dirigeants de ce monde sont en train de le comprendre. Mais avec quelles réponses... Aux Etats Unis, Barack Obama effectue un virage par rapport à l’administration Bush et mise sur une relance « verte » de la croissance de son pays.


Une loi est même en cours de discussion pour faire adopter un langage « simple » pour parler aux gens qui sont forcément limités, des énergies renouvelables et de la sauvegarde de la planète. En France, avec Sarkozy et sa vaste fumisterie du Grenelle de l’Environnement, on a droit à des mesurettes au mieux inefficaces mais au pire et le plus souvent tout à fait injustes, comme avec la taxe carbone.


Les ménages paient déjà plus de la moitié des taxes sur l’énergie alors qu’ils émettent 20% des gaz à effet de serre, bref, les plus pauvres paieront la facture tandis que les plus riches – les plus pollueurs, bénéficieront de remises d’impôts. Il est aussi question que la taxe carbone compense la suppression de la Taxe Professionnelle... C’est n’importe quoi.


Il en va de même partout où les capitalistes nous parlent d’environnement et font mine de s’intéresser à l’avenir de la planète. Au sein de l’Union Européenne, c’est un véritable marché des droits à polluer qui s’est mis en place, accentuant encore la domination et la dévastation des Pays du Sud. Ils ont inventé de nouvelles opportunités de business pour le secteur privé afin que celui-ci puisse continuer à faire d’énormes profits au détriment de la planète.


De la même façon, les solutions débattues au niveau des Nations Unies continuent d’autoriser les grands consommateurs d’énergie à polluer sans impunité à partir du moment où ils payent... En fait, le protocole de Kyoto et les mécanismes de marché qu’il met en place n’ont pas réussi à réduire les émissions de gaz à effet de serre ni même à ralentir les changements du climat.


D’après le Groupe International d’Experts pour le Climat, afin d’avoir une chance que le changement climatique ne dépasse pas +2°C en 2100, il faudrait que les pays industrialisés réduisent leurs émissions de 25% à 40% d’ici 2020 et que les émissions mondiales atteignent leur maximum d’ici 2015. Nous sommes à peine à la moitié de l’effort nécessaire de la part des pays industrialisés pour être dans les clous. Et les objectifs fixés par les USA et le Japon et aussi par l’Union Européenne sont en deça des mesures qui seraient nécessaires pour la majorité de la population. Et pourtant, quelques degrés suffisent à provoquer à l’échelle de la planète un changement radical de régime climatique. Et même si nous arrêtions les émissions de gaz à effet de serre immédiatement, les changements climatiques continueraient pendant plusieurs dizaines d’années.


Mais alors, qu’est ce qu’ils font les Grands de ce monde ? Si rien ne bouge vraiment c’est qu’ils ne le veulent pas. Si on veut être écologiste, il faut arrêter d’être benêt. Et bien se dire que leur souci ce n’est pas plus le climat que les inégalités et la misère. Leur souci, c’est le fric et tout est bon pour en faire.


Tous les milieux économiques sont convaincus que ce qu’ils appellent le développement durable (et qui a bien peu à voir avec une véritable écologie) ça peut être une formidable source de profits, et ils vont essayer de nous en faire bouffer à toutes les sauces, avec si possible au passage, une dose de culpabilité et d’individualisme.


Mais surtout, sans pouvoir résoudre véritablement les problèmes majeurs, historiques et inédits auxquels l’humanité se trouve confrontée. Le marché et la loi du profit sont strictement incapables de répondre au défi du changement climatique. Cette planète c’est la seule que nous avons, et ils sont en train de la détruire.


Contrairement à ce que certains écologistes sûrement bien intentionnés prétendent ce n’est pas « l’activité humaine » en tant que telle qui est responsable des mutations climatiques en cours : c’est un système dont le développement et les dégâts se sont accélérés sans commune mesure ces 60 dernières années.


Ce système, il vise à exploiter les deux seules sources de toutes richesses : la terre et les travailleurs. Ce système détruit nos vies et notre environnement, en organisant la concurrence généralisée, en légalisant la privatisation des biens communs, en recherchant le maximum de profits à court terme avec des crises de surproduction à la clé, en faisant régner la société de consommation en lieu et place de la solidarité et de la démocratie, en affamant au Sud et en gavant de malbouffe au Nord...


Le capitalisme ne produit pas pour répondre à nos besoins vitaux mais pour enrichir une minorité toujours plus riche et plus avide. La crise écologique et la crise sociale sont les deux facettes de cette même réalité.

Ils poussent l’indécence jusqu’à faire du business avec une catastrophe environnementale. Ce n’est pas le premier de leur méfait et ce n’est pas le dernier. Et il ne tient qu’à nous de les arrêter.


- Il n’y aura pas d’issue pour le climat et donc pour les peuples sans sortir du capitalisme.

- Il ne peut y avoir de solution écologique durable sans instaurer le partage des richesses. Il faudrait au minimum que ceux qui se glorifient aujourd’hui d’être tout repeints en vert en soit convaincus. Une solution écologique et sociale durable passe par l’unité des classes ouvrières et populaires ici et dans le monde. Solidaires des Indiens chassés par la déforestation, solidaire des paysans spoliés de leurs terres, solidaires des salariéEs du nucléaire et de la chimie frappés par les cancers, solidaires et en lutte aux côtés des ouvriers de l’automobile sacrifiés au prétexte de la crise actuelle et qui sont l’élément « moteur » d’une réappropriation sociale et sans compensations des profits du capital pour changer de mode de production et de transports. Voilà quelles sont nos causes, en tant qu’anticapitalistes, écologistes, internationalistes et révolutionnaires.


Cela implique de contester ce système tous ensemble, pied à pied, et aussi bien du point de vue social que du point de vue écologique. Cela veut dire nous donner les moyens collectifs de le renverser, en défendant un projet de société global, un projet révolutionnaire, appuyé sur des revendications transitoires comme par exemple :


- la défense des emplois, l’interdiction des licenciements et l’instauration de contrôle ouvrier et des populations sur les industries, en revendiquant la propriété des usines et des profits


- l’investissement et le développement de centaines de milliers d’emplois dans les domaines de la construction de logements accessibles, à faible consommation d’énergie ; dans le domaine des énergies renouvelables et des économies d’énergie, des services publics des transports...etc, sous le contrôle des travailleurs et de la population,


- des revendications internationales, pour l’aide active aux peuples à décider de leur destin, à contrôler leurs ressources, leurs terres et leur système de production.


Ces mesures doivent être débattues démocratiquement et faire l’objet de politiques audacieuses, défiant les intérêts des grands lobbies, notamment ceux de la route et des hydrocarbures, et de tous ceux qui profitent ou se moquent de la poursuite des gaspillages et des hausses de prix qui en résultent. Elles doivent également écarter les fausses solutions comme la fuite en avant dans le nucléaire ou le développement des OGM et des agro-carburants.


Nos réponses anticapitalistes sont les plus efficaces climatiquement et socialement. Allier nos propositions dans un cadre global, c’est démontrer et diffuser largement la nécessité d’un projet de renversement du capitalisme.

Le contre sommet de Copenhague est une occasion de faire nôtre la mobilisation pour le climat, de lui donner toute sa nécessaire et puissante dimension anticapitaliste. En marge du sommet officiel du 7 au 18 décembre, il y aura un forum pour le climat avec des ateliers, des débats, puis la manifestation internationale du 12 décembre.


Nous appelons à une mobilisation large, à nous emparer de cette actualité pour créer des collectifs partout, animer des débats, et rendre visible notre détermination, à partir des préoccupations des classes populaires et sans attendre de miracles de la réunion des Grands de ce monde.


L’enjeu, c’est le développement d’un vaste mouvement mondial sur le changement climatique, unitaire mais indépendant des gouvernements et des multinationales. Les anticapitalistes doivent être à la pointe de sa mise en place, mais ils doivent aussi être son aile marchante.


Le climat est entre nos mains, c’est à nous de nous organiser, partout, localement et aussi dans la mesure du possible par des déplacements collectifs à Copenhague. Cette mobilisation doit être une étape dans notre projet écologiste et socialiste, un projet qui unit les intérêts des travailleurs et ceux du climat, un projet qui est le seul à même d’en finir vraiment avec le capitalisme et l’exploitation et de donner au monde l’espoir d’échapper à la barbarie.

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 09:24

 

 

Des capitulations à la tragédie


Le 11 septembre 1973, le coup d’État du général Pinochet mettait fin dans le sang au gouvernement d’Unité populaire au Chili et à une situation de double pouvoir.


 

Le 11 septembre 1973, Salvador Allende, président socialiste, est assassiné, des dizaines de milliers de militants sont emprisonnés, torturés, assassinés. La terreur s’abat sur tout le Chili, avec d’autant plus de sauvagerie qu’il s’agissait, pour les militaires et les classes dominantes, d’éradiquer une révolution.


Car le Chili des années 1970-1973 a bien vécu une situation révolutionnaire, marquée par une irruption exceptionnelle du mouvement de masse sur la scène sociale et politique.


C’est peut-être l’expérience révolutionnaire des années 1970 la plus avancée, en termes de combativité, de conscience et d’organisation, dans un pays qui mêlait à l’époque les traits de la dépendance vis-à-vis de l’impérialisme américain et ceux d’un mouvement ouvrier « classique », avec des partis et des syndicats de masse.


L’expérience chilienne résulte d’une alliance exceptionnelle de toutes les classes populaires contre l’oligarchie terrienne et financière, subordonnée aux intérêts de l’impérialisme américain. Elle sera surtout marquée par une mobilisation de la classe ouvrière, polarisant tout le champ social.


La victoire électorale de Salvador Allende et du gouvernement de l’Unité populaire, le 4 septembre 1970, ouvre une nouvelle période historique. Résultant d’une montée des mouvements de masse, dès les années 1966-1967, cette victoire électorale des partis ouvriers provoque une accentuation sans précédent des contradictions de classes, qui se dénouera, malheureusement, par le coup d’État de Pinochet.


L’Unité populaire, sous la direction de Salvador Allende, était composée de plusieurs formations de gauche. Le Parti socialiste chilien était d’un type particulier, à l’époque dirigé par des tendances de gauche et se réclamant d’une politique de « front des travailleurs ». Le Parti communiste, un des plus staliniens d’Amérique latine, incarnait au gouvernement la pointe avancée d’une politique légaliste vis-à-vis des institutions et des forces armées chiliennes. L’Unité populaire comprenait enfin deux autres partis, d’origine chrétienne, le Mouvement d’action populaire unifié (Mapu) et la Gauche chrétienne.


Dualité de pouvoirs

Mais au-delà de la politique de la direction de ces partis, l’Unité populaire disposait d’une base sociale populaire majoritaire, qui allait polariser la société chilienne. Après quelques premières hésitations de secteurs de la Démocratie chrétienne, l’ensemble des forces bourgeoises vont se déchaîner contre le nouveau pouvoir, et surtout contre le processus de mobilisation et d’organisation des travailleurs.


Considérant le gouvernement d’Unité populaire comme « leur » gouvernement, les ouvriers et les paysans vont progressivement vouloir contrôler et gérer leurs entreprises, occuper leurs terres, bref, prendre en charge la marche de l’économie et de la société.


Les ouvriers exigent l’extension du champ des nationalisations et leur contrôle. Les paysans s’engagent dans un mouvement d’occupation des terres. Ce processus d’auto-organisation s’approfondit alors que la droite et le patronat multiplient les sabotages, dans l’administration, dans les transports, dans l’approvisionnement des classes populaires.


Des juntes d’approvisionnements (JAP), des coordinations de « commandos communaux » dans les villes et villages, des coordinations de syndicats de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT) formant des « cordons industriels » se développent. Les affrontements de classes débouchent sur un processus de dualité de pouvoirs, entre les travailleurs et leurs organisations d’un côté, la droite et le patronat de l’autre.


Dans cette confrontation, la politique des directions de l’Unité populaire, surtout celle du PC, consiste à freiner le mouvement, à s’y opposer parfois, pour le canaliser dans un cadre constitutionnel, celui d’une légalité dictée par les classes dominantes et l’armée.


Les militaires au gouvernement

Dès octobre 1972, Allende va ainsi intégrer des militaires au sein de son gouvernement. Il y appelle même Pinochet, le nommant, deux mois avant le coup d’État, responsable des relations entre la CUT et les forces armées ! Le secrétaire général du PC chilien, Luis Corvalan, déclare en octobre 1972 que « le cabinet au sein duquel sont représentées les trois branches des forces armées constitue une digue contre la sédition ».


Dès l’entrée des militaires, des composantes du mouvement populaire s’opposent au gouvernement. Tout un secteur, emmené par le MIR – principale organisation de la gauche révolutionnaire, dont la IVe Internationale était solidaire – mais aussi par des courants de gauche au sein du PS, de la Gauche chrétienne, des syndicats et associations populaires, s’oppose à cette orientation réformiste, en luttant pied à pied contre les concessions, puis les capitulations, des directions de l’Unité populaire face aux forces armées.


Il dénonce toutes les politiques d’alliance avec la bourgeoisie et les militaires et stimule les processus d’auto-organisation, jouant un rôle clé dans le développement des « commandos communaux ».


En juillet 1972, le MIR a ainsi eu une responsabilité décisive dans la naissance de l’assemblée populaire de la ville de Concepción. « Tous à l’assemblée du peuple pour dénoncer le caractère contre-révolutionnaire du Parlement » : tel était l’axe d’un appel au front unique, signé par l’ensemble des organisations sociales et politiques de gauche, à l’exception du PC.


L’entrée des militaires au gouvernement, en octobre 1972, constitue un tournant majeur. Il aurait fallu, à partir de là, renforcer la bataille pour une alternative indépendante du gouvernement d’Unité populaire et faire en sorte qu’un des slogans du MIR, « Créer un pouvoir populaire », se généralise et se centralise.


Mais les illusions sur le gouvernement paralysent le mouvement de masse, y compris des secteurs importants de la gauche révolutionnaire. Le simple « gauchissement » de la politique de l’Unité populaire n’est pas à la hauteur des enjeux de la situation. Il aurait fallu pousser jusqu’au bout la logique de dualité de pouvoirs, étendre et centraliser les organismes de pouvoir populaire, et préparer les conditions d’un affrontement inévitable avec l’armée.


Le moment le plus favorable pour déployer cette politique aura sans doute été juin 1973, après l’échec du « tankazo », le premier coup d’État des militaires. Ayant raté leur coup, ces derniers étaient alors sur la défensive et le mouvement populaire reprenait l’offensive politique. Il y aura là un moment favorable. Même si rien ne permet, bien sûr, d’affirmer qu’une autre stratégie aurait évité la défaite. Ce qui est sûr, c’est que les directions réformistes majoritaires de l’époque portent une responsabilité majeure dans cette tragédie chilienne. 

François Sabado

 

 

Le 11 septembre de Marker, versant chilien

Exercices de mémoire en terres du Sud, autour du 11 septembre 2008. Partons d'un morceau de cinéma, parce que l'on n'a rien inventé de mieux pour repousser l'oubli. Et, puisque c'est terriblement la mode en cette année Waltz with Bashir, revenons sur un vrai-faux documentaire, mal connu, peu projeté, relégué en toute fin d'un DVD récent, sous les habits peu reluisants d'un énième bonus. Le film, que l'on qualifierait de culte si ça voulait encore dire quelque chose, a pour titre L'Ambassade (film retrouvé). Il est signé Chris Marker. Il fut tourné en 1975, deux ans après le coup d'Etat au Chili contre Salvador Allende, et la prise de pouvoir d'Augusto Pinochet. 22 minutes très serrées, pressées en toute fin du DVD événement du dernier printemps, l'édition chez Arte Vidéo du Fond de l'air est rouge, grande œuvre militante des années 60-70 [on en a déjà parlé ici].

 

 

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Le court s'ouvre sur un mensonge. De vieilles pellicules ont été trouvées dans une ambassade. Voix off (l'expression n'est pas la bonne, tant le film est très écrit, tant Marker y est beaucoup plus écrivain que cinéaste) : «Ceci n'est pas un film, ce sont des notes prises au jour le jour. En fait de commentaires, d'autres notes, écrites quand je ne filmais pas. (...) Mercredi, deux jours après le coup d'Etat, le premier groupe est arrivé, des militants de gauche pour la plupart». S'ensuit un huis clos d'une semaine ou presque, sans son direct, dans les salons et cuisines d'une ambassade, peut-être au Chili, peut-être pas, à vrai dire on n'en sait rien. A l'écran, une galerie de portraits de réfugiés politiques angoissés, pris dans le flot de l'Histoire mais privés de voix, squattant les lieux.

 

Ici, un avocat endormi à même le parquet ciré, parce qu'il a passé, nous explique la voix off (l'expression n'est toujours pas la bonne), la nuit à brûler les dossiers de ses clients - pour empêcher qu'ils ne tombent dans les mains des militaires. Là, Maria lit l'avenir de ses collègues dans le marc de café, pour passer le temps et se concentrer sur l'après - scène silencieuse et bouleversante, où le contre-jour assombrit un peu plus les visages fermés. Au fil de ce journal de bord intérieur, on pense toujours au dehors - le véritable contrechamp du film, qui tourne à l'obsession. A peine une scène, tournée depuis l'une des fenêtres du bâtiment, en plongée, nous informe de la violence du monde extérieur. Un militant court vers l'ambassade pour s'y réfugier. Abattu par les forces de police avant d'y être entré.

 

Allers-retours dedans dehors, avant après. «Comme dans toutes les prisons, on s'imagine parler d'ailleurs en parlant d'avant», dit le cinéaste de La jetée. La caméra enregistre et témoigne, au nom de l'impératif mémoriel. Elle choisit son camp aussi - du côté des luttes révolutionnaires forcément. Pour preuve, vers la fin de L'Ambassade, la voix pleine de colère avec laquelle Marker égrène les mesures dictées par le «nouveau pouvoir», et que la télévision, nous apprend-on, vient d'annoncer : interdiction de tous les partis politiques sans exception, appel à la délation prime à l'appui, nouvelle constitution, etc. Long silence, comme un gouffre.

 

 

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En apparence, L'Ambassade a tout du film mineur dans la dense filmo de Marker. Même pas signé pour de vrai. Pas un chat qui traîne, pas l'ombre d'un personnage fort, pas même le début d'une réflexion sur les techniques du cinéma. Pourtant, derrière la fausse simplicité du document brut retrouvé des années plus tard, Marker pose les bonnes questions - celles qui fâchent encore aujourd'hui. Comment raconter l'Histoire ? Comment reconstituer sans manipuler ? Peut-on échapper à des discours biaisés, faussés sur le passé ? A voir le dernier plan, magnifique, que l'on ne dévoilera surtout pas, Marker répond par un non catégorique et convaincant.



Le Fond de l'air est rouge

Le Fond de l'air est rouge

En 1975, sortait le film "Le fond de l'air est rouge " de Chris Marker


Chris Marker en son chef-d'œuvre


« Le film d’apprentissage de notre génération », c’est ainsi que Régis Debray voyait Le fond de l’air est rouge, de Chris Marker, lors de sa sortie en salles, en 1977. Quatre heures, réduites à trois par l’auteur, que diffuse Arte ce soir (ou plutôt cette nuit : 23 h). Debray citait Althusser, « Le temps pris sur l’action fait parfois gagner du temps à l’action », histoire d’affirmer que les heures prises pour voir le film « vous feront gagner un temps précieux pour demain ».

 

Dans un texte daté de… mai 2008 (inclus dans le DVD qui sortira le 24 avril chez Arte vidéo), Marker (qui aura 87 ans le 29 juillet), toujours en avance sur son temps, cite aussi Althusser, de retour du Portugal où il en avait pincé pour la Révolution des œillets : « Pour lui comme pour d’autres le fond de l’air était, serait toujours rouge. Et le rouge resterait toujours au fond. »

 
Conçu comme une fresque furieuse et réfléchie, prospective et nostalgique, grave et ironique, Le Fond de l’air est rouge« Cette génération avait enfin son 1917, elle était enfin contemporaine de quelque chose de considérable », à propos de la révolution culturelle en Chine) et le reflux (Malraux en avril 1969 : « Napoléon a écrit :Souvent, le général de Gaulle a fait des plans avec les rêves de la France endormie, parce qu’il a trouvé avec lui des Français qui ne voulaient pas dormir. »).

Dans les deux parties du film, « Les mains fragiles » puis « les mains coupées » défilent l’émergence et l’échec de la nouvelle gauche, de la gauche de la gauche, celle qui faisait dire à Régis Debray, barbu dans sa prison de Camiri, en 1970 : « La lutte révolutionnaire continuera. » L’autre barbu du film, sorte de pluviomètre enregistreur des rébellions, baromètre de l’esprit révolutionnaire, c’est Fidel Castro, qui fustige, allongé à même le sol tel un jeune Jupiter, « ceux qui s’instituent révolutionnaires ». Il semble faire écho à ce que proclamera Rudi (« le rouge ») Dutschke, avant d’être tiré comme un lapin en avril 1968 : « Il faut révolutionner les révolutionnaires ! » Mais Fidel va céder lui-même à la fossilisation, ce que suggère Chris Marker avec son allégorie des microphones que manipule, à chacun de ses discours, le Commandant, jusqu’au jour où il en trouve d’inamovibles, sur la Place Rouge. Voilà comment cale un homme et les espoirs qu’il a suscités, montre en quelques archives juxtaposées le démiurge Marker, qui dédie son film à tous les opérateurs de prises de vues et à tous ceux qui ont bougé pour contrer « des pouvoirs qui nous voudraient sans mémoire ».

Sorcier du coq à l’âne, le cinéaste fait mine d'offrir quelque « intermède comique » (Peyrefitte interrogé par Mourousi en mai 1968), mais tout son film fonctionne sur ce principe des surgissements inattendus, des télescopages qui font sens. Pourquoi l’image se met-elle à trembler, interroge un carton coupant la parole à Charles de Gaulle souhaitant une bonne année 1968 : des opérateurs témoignent alors ; pour l’un les tremblements arrivèrent boulevard Saint-Michel en mai, pour l’autre à Prague en août. « À Santiago du Chili, la caméra s’est mise toute seule au ralenti », raconte un troisième. Et les images suivent, illustrent, contredisent, arrachent des larmes, aiguisent la fureur…
charrie le flux ( "J’ai fait mes plans avec les rêves de mes soldats endormis."

 
Ami sourcilleux des révoltes logiques et illogiques, Chris Marker nous livre le fond de sa pensée (« Jamais un chat n’est du côté du pouvoir ») et les ressorts de son recul critique : « C’est sans doute votre fonction d’être les ratons laveurs de la révolution », fustige la douce voix rageuse de Simone Signoret, à propos de ceux qui justifieront toujours tout. Dans ce flot d’images, où le grotesque pompeux (Léon Zitrone décrivant les fêtes de Persépolis en octobre 1971) côtoie le sublime éthéré (la jeune fille tchèque qui commente l’immolation de Jan Palach en 1969 dans le film de Gérard Depardon), le collage kaléidoscopique de Marker maintient la révolte intacte et le désespoir au balcon.

L’auteur remarque, in fine : « On pourrait méditer sur le temps qui passe et en mesurer les changements avec un instrument très simple, en énumérant les mots qui n’avaient simplement aucun sens pour les gens des sixties : boat people, sida, thatchérisme, ayatollah, territoires occupés, perestroïka, cohabitation (…) Le rêve communiste a implosé. Le capitalisme a gagné une bataille, sinon la guerre. »

Alain Touraine et Jorge Semprun, beaux comme des dieux, solides comme des rocs dans Le Fond de l’air est rouge, sont désormais de vieux messieurs. Simone Signoret, Yves Montand, ou François Périer sont morts. Régis Debray s’est même rasé la moustache aujourd’hui. Et Chris Marker, à la fin de son texte daté du mois prochain, résume ainsi son film, en se mettant sur son trente-et-un(ième anniversaire) : « Il s’articule autour d’un thème précis : ce qui advient lorsqu’un parti, le PC, et une grand puissance, l’URSS, cessent d’incarner l’espoir révolutionnaire, ce qui naît à leur place, et comment se joue l’affrontement. L’un et l’autre on cessé d’être et ce qui reste comme chronique, c’est celle de l’interminable répétition d’une pièce qui n’a jamais été jouée. »

 

« Rien ne distingue les souvenirs des autres moments. Ce n'est que plus tard qu'ils se font reconnaître : à leurs cicatrices. » La Jetée (1962).




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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 09:18


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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 09:16


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A quelques mois de son congrès, la CGT fait sa rentrée, consciente des critiques sur les cause de l’échec du front syndical en juin.


Le 8 septembre, la CGT tenait son meeting de rentrée sous le titre :                « Construire une rentrée de luttes ». Si la CGT est au cœur de toutes les interrogations syndicales, c’est évidemment parce qu’elle tient une place stratégique, en particulier dans le front des huit organisations, qui avait suscité l’espoir avant de péricliter en mai-juin. Difficile de dire si le front va se reconstituer, même pour le 7 octobre, date de mobilisation internationale contre le travail précaire. Consciente des difficultés, la CGT semble avoir choisi d’agir sans attendre.


En réponse au besoin exprimé publiquement (New Fabris, Continental, etc.) de rassembler les luttes contre les licenciements, les fédérations de la chimie et de la métallurgie appellent à une manifestation le 17 septembre, devant la Bourse de Paris. Bernard Thibault annonce dans la foulée une « manifestation nationale à Paris » le 22 octobre, « pour l’avenir de l’emploi et des industries ». Sarkozy marche aussitôt sur ses plates-bandes en « reprenant » l’idée CGT d’états généraux de l’industrie avant fin 2009.


Pourquoi des dates d’action CGT ? Même si Bernard Thibault est souvent adepte de la méthode Coué (affirmant un prétendu embarras du pouvoir face au front syndical, alors que Sarkozy joue sur les contradictions stratégiques des uns et des autres), il est impossible de ne pas voir le malaise profond qui traverse la confédération à la veille de son congrès. Et ce n’est pas seulement à Continental que les questions se posent : ce n’est là que la partie ultra-médiatisée de l’iceberg.


Les interrogations sur la stratégie des luttes se sont multipliées. La CGT, elle-même, a demandé à ses structures de donner leur avis, ce qu’elles ont fait dans 30 contributions intéressantes. La synthèse qui en ressort est la nécessité de « ne pas repartir sur le rythme qui a amené à la démobilisation », de « donner de la visibilité à une rentrée offensive », et d’un « chiffrage des revendications ».


Chiffrage ? On n’en voit guère la trace dans les annonces faites pour la manifestation du 22 octobre. Pourquoi la confédération n’a-t-elle pas de revendications salariales chiffrées, en dehors du Smic ? Certaines de ses structures défendent l’exigence de 200 ou 300 euros : ce qui est possible régionalement serait-il impossible à l’échelon confédéral ? Les mêmes questions se posent en ce qui concerne la bataille pour l’emploi.


Le document du congrès confédéral s’efforce de montrer que la « sécurité professionnelle » commencerait à se concrétiser dans des accords que la CGT n’a même pas toujours signés (exemple : le contrat de travail). Mais la confédération fait silence sur l’obtention par les Continental de plusieurs années de maintien de salaire payé par le patron (et pas seulement une « prime »).


Même si la CGT reste un syndicat revendicatif, sa stratégie tend vers une  démarche sans objectifs clairs, doublée du refus obstiné de jouer un rôle dans une perspective politique alternative. La CGT reste aussi un syndicat de lutte dans ses « gènes ». Mais parviendra-t-elle à sortir du balancement entre le « rassemblement » du syndicalisme, sans dynamique d’affrontement avec le pouvoir, et la tentation d’agir seule, mais sans en avoir les moyens ? Un vieux débat qui ressurgit.

Dominique Mezzi

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 09:14


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La « main tendue » de François Bayrou à la gauche, le meeting de Marseille qui réunit de Robert Hue à Marielle de Sarnez, en passant par Vincent Peillon et Daniel Cohn-Bendit, difficile d’y échapper, les grandes manœuvres pour un rassemblement de la gauche institutionnelle et du centre-droit sont lancées.


Face à cette possible évolution du PS, déjà largement mise en œuvre lors des municipales de mars 2008, des réponses claires sont nécessaires, sur le contenu d’abord, sur les alliances ensuite.  
Ce n’est pas en organisant des ateliers communs avec le PS, comme le propose le PCF, qu’on combattra cette stratégie. Entre gauche de renoncement et gauche anticapitaliste, les programmes ne sont pas compatibles.

Au moment où Nicolas Sarkozy et l’UMP élargissent leur majorité à De Villiers et aux chasseurs, il faut offrir, plus que jamais, une véritable alternative politique à ce pays.


Il y a urgence, face à l’ampleur de la crise, la multiplication des plans de licenciements, l’attaque en règle contre les libertés publiques, d’une réponse politique anticapitaliste d’ensemble. Tout de suite et sans attendre les élections, il faut organiser la résistance et la contre-offensive. L’évolution positive du rapport de forces dépend d’abord des batailles qu’il faut mener, qu’il faut gagner cet automne.


Dans le cadre des élections régionales à venir, nous devons construire une gauche de rupture, une gauche de transformation sociale dans l’unité la plus large mais sur une orientation claire. Une orientation en rupture avec la politique de la droite mais aussi avec les politiques menées par les exécutifs des conseils régionaux sortants. Une orientation concrète visant à améliorer le sort de tous ceux qui souffrent et mettant en œuvre de réelles politiques écosocialistes dans les régions.


Dans les jours et les semaines qui viennent, le NPA poursuivra les discussions nécessaires et avancera des propositions pour créer les conditions d’un tel rassemblement.

Guillaume Liégard

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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 09:02

Communiqué du NPA.

«Il boit de la bière et mange du cochon » entend-on dans l'entourage de Brice Hortefeux à propos d'un jeune militant de l'UMP d'origine maghrébine, à l'occasion de la récente université d'été du parti présidentiel.


Et l'ex-ministre de l'immigration et de l'identité nationale de répondre en disant : « Il ne correspond pas du tout au prototype alors. Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a plusieurs qu'il y a des problèmes ».


Les pitoyables explications de son entourage ne tromperont personne sur le caractère écoeurant et nauséabond de ces propos dignes du Front national. Le NPA condamne ces propos racistes de l'actuel ministre de la sécurité, fer de lance de la politique contre les immigrés du gouvernement Sarkozy avec, par exemple, 29 000 expulsions de sans-papiers l'an dernier.


Après avoir mis à la retraite le préfet qui trouvait qu'il y avait trop de noirs parmi le personnel à Roissy, il devrait s'appliquer la même peine et quitter, dès maintenant, ses fonctions de ministre.

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 09:48


10 septembre 2009 Le Télégramme


Hier, pour faire reconnaître leurs droits, les quatorze salariés quimpérois d'ODE, sous-traitant d'ERDF et de GRDF, ont allumé un feu, à Brest, devant le siège de la société Atlan'tech. La direction n'a pas bronché.


Petit rappel des faits. ERDF et GRDF ont récemment soumis à appel d'offres le marché des relevés des compteurs d'électricité et de gaz dans le Sud-Finistère. Marché jusque-là détenu par la société ODE (Ouest contrôle des eaux) et, finalement, attribué, le 1erseptembre dernier à la société brestoise d'Atlan'tech. Malgré un jugement du conseil de prud'hommes, en date du 28août, dont elle a fait appel - appel qui n'est pas suspensif - devant la cour d'appel de Rennes, celle-ci a refusé d'intégrer les ex-ODE (dix salariés en CDI). Embauchant, à l'inverse, pour effectuer la même tâche, neuf personnes, par le biais de Pôle emploi.

Plus d'outil de travail

Sans nouvelle de la direction d'Atlan'tech, qu'ils sollicitent pourtant régulièrement, les douze, privés d'emploi, dans les faits mais pas juridiquement - il y a donc obligation à les payer à la fin du mois -, se présentent chaque matin devant le local où est entreposé le matériel indispensable à l'enregistrement des données relevéesen tournée: un terminal numérique informatique programmé par EDF.

«Petit problème», souligne MarcHébert, délégué départemental Force ouvrière (FO) «EDF, à qui ce local appartient, l'a vidé». «C'est dur, nous sommes dans le flou», témoigne Françoise. «La seule chose que nous voulons, c'est qu'on nous rende notre outil de travail».

Procédure pour le retrait de l'appel d'Atlan'tech

«Pour que soit retiré du rôle d'audience l'appel d'Atlan'tech, une procédure devant la première présidente de la cour d'appel de Rennes a été engagée. Au motif que la décision de justice des prud'hommes n'est pas exécutée et que, donc, il n'est pas possible de procéder à un appel.


Ce, pour obliger Atlan'tech, avant tout recours, à respecter la décision des prud'hommes et à réintégrer les salariés». Une procédure assez rare, convient Marc Hébert.


«Nous ne comprenons pas cette obstination à ne pas vouloir nous reprendre. Atlan'tech n'a pas grand-chose à y gagner». Quelle issue possible pour ce conflit?


«Comme d'ici à la fin du mois, Atlan'tech ne paiera pas les 50 € d'astreinte par salarié et par jour qu'elle doit, nous demandons le paiement des salaires à la fin du mois (entre 1.300€ et 1.500€ bruts), avec la liquidation d'astreinte, plus une astreinte pour le mois suivant. S'il le faut, nous saisirons le conseil de prud'hommes en référé».

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