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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 09:51

dimanche 23 août 2009

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Une prise de position dans le dossier consacré "au grand retour de Marx"....


Il y a 25 ans, Marx était traité comme un chien crevé dans le meilleur des mondes libéraux possibles. Son spectre souriant est aujourd'hui de retour. Son actualité est tout simplement celle du capital mondialisé.

A l'époque de la mondialisation victorienne, « l'énorme entassement de marchandises » en était encore à ses débuts. Marx ne s'est pas contenté d'explorer la grande pyramide. Sa critique de l'économie politique visait à en percer le secret, à en déchiffrer les hiéroglyphes, à en démonter la logique.


Pour dépasser ses propres limites, le capital est contraint d'élargir sans cesse le cercle de son accumulation et d'accélérer le cycle de ses rotations. Faisant marchandise de tout, il dévore l'espace et endiable le temps.

La crise de la mondialisation capitaliste révèle la tendance triplement destructrice du capital, de la nature, de la société, de l'humain.


En réduisant toute richesse à du temps de travail cristallisé, la loi de la valeur prétend quantifier l'inquantifiable et attribuer à toute chose une valeur monétaire, comme si le temps long de l'écologie était réductible aux instantanés des fluctuations boursières.


Là où les économistes vulgaires assistent bouche bée au spectacle de la crise, Marx saisit à l'état naissant les contradictions mortifères d'une société schizophrène où « l'argent crie son désir », tout comme « le cerf brame sa soif d'eau fraîche ».


La vitalité des études marxistes, souvent méconnues en France faute de traduction, démontre la fécondité actuelle de son oeuvre. Dès 1993, Derrida mettait cependant en garde contre la tentation de «jouer Marx contre le marxisme afin de neutraliser ou d'assourdir l'impératif politique dans l'exégèse tranquille d'une oeuvre classée ». Le pire serait en effet d'en faire un auteur académiquement correct ou un vulgaire intellectuel de gauche. Marx est un penseur du conflit et de la lutte.


Pour sauver cet esprit subversif de la redoutable «attalisation» qui le menace, est-il besoin de rappeler que la critique du capital a pour corollaire le communisme ?


L'héritage de Marx pose donc la question de savoir si le mot «communisme» a été compromis par son usage étatique et bureaucratique au point d'être devenu imprononçable. Et de déterminer surtout de quoi - utopie critique, mouvement d'émancipation, hypothèse stratégique –le communisme peut être aujourd'hui le nom.

Daniel Bensaïd, membre du NPA, professeur de philosophie à Paris- VIII Vincennes.

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 16:41

PS-MoDem-Verts :



Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, a estimé dimanche que "les grandes manoeuvres" avaient commencé entre le PS, Europe-Ecologie et le MoDem, après l'idée lancée samedi d'un rassemblement "écologique, socialiste et démocratique" en vue de 2012.

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, a estimé dimanche que "les grandes manoeuvres" avaient commencé entre le PS, Europe-Ecologie et le MoDem, après l'idée lancée samedi d'un rassemblement "écologique, socialiste et démocratique" en vue de 2012.

Vincent Peillon (PS) a salué samedi à Marseille le "commencement" du rassemblement "écologique, socialiste et démocratique" en vue de 2012, en réunissant aux "premiers ateliers d'été" de son courant L'espoir à gauche Marielle de Sarnez (MoDem), Daniel Cohn-Bendit (Europe-Ecologie) et le communiste Robert Hue.

"Les grandes manoeuvres commencent, il y une espèce d'union de centre gauche qui va commencer à voir le jour entre d'un côté ce qui sortira du PS, les Verts d'Europe-Ecologie et le MoDem, plus ce qu'ils pourront grappiller dans la gauche radicale", a déclaré M. Besancenot à des journalistes, au premier jour de la première université d'été du NPA qui se tient à Port-Leucate (Aude) jusqu'à mercredi.

Pour le leader du NPA qui arborait un T-shirt "repos le dimanche", avec le mot "travail" barré, il est donc "l'heure de faire un rassemblement anticapitaliste et donner d'autres propositions face à ça".

Désormais, "en terme de polarisation, le choix est clair maintenant, il va falloir choisir", a-t-il lancé, répondant à une question sur la position du PCF dans le jeu des alliances pour les régionales.

L'idée de cette "coalition de centre gauche" justifie la stratégie d'"indépendance totale" par rapport au PS, selon lui. "Quand on parle d'indépendance vis-à-vis du PS, ce n'est pas qu'une indépendance de circonstances par rapport aux régions, c'est plus que ça", a-t-il expliqué.

Si le rassemblement PS-Verts-MoDem "voit le jour, ce sera la fin d'une conception du mouvement ouvrier tel qu'on l'a connu pendant plus d'un siècle", a-t-il conclu.

 

Le Point (AFP)

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 14:30

 

 

 

 

Lundi 24 Août 2009

Olivier Besancenot sera l'invité du 19/20 sur FR3 (à partir de 19h30)

 

 

 

 

Lundi 24 Août 2009

Olivier Besancenot sera l'invité politique de France Info à 18h15.

 

 

 

 

Lundi 24 Août 2009

Pierre-François Grond (Comité Exécutif du NPA) sera l'invité de Sud Radio à 8h30

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 08:48

vendredi 21 août 2009

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Crédit Photo: Photothèque Rouge/JMB

PARIS, 21 août 2009 (AFP) - Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, tire un "bilan positif" des premiers mois d'existence de son parti qui tient sa première Université d'été à Port-Leucate (Aude) de dimanche à mercredi, et souligne le "besoin d'unité sociale et politique" face au gouvernement.


Q : Quel bilan tirez-vous du NPA six mois après sa fondation?

R : C'est un bilan positif, on n'a pas à rougir. On a eu un congrès de fondation (6-8 février) quelques jours après la première grande journée de grève (29 janvier) où on était des millions dans la rue. Six mois après, la droite est vainqueur des européennes. Pour la manifestation de juin, il n'y avait pas grand monde dans la rue et c'était prévisible.


Ce n'est donc plus tout à fait le même contexte, il faut l'analyser. Il y a en tout cas une gauche anticapitaliste qui existe bel et bien, qui est présente dans les luttes sociales et dans les élections même si on a été plus touché que d'autres par l'abstention et qu'on n'a pas d'élus européens. 5%, ce n'est pas une entrée fracassante mais ça prouve qu'on est là et bien là.


Q : Le NPA va-t-il s'associer à d'autres partis pour les régionales?

R : On discute avec tout le monde, on a rencontré la Fédération, les Alternatifs, Lutte ouvrière, le PCF, le Parti de gauche, des militants d'associations de quartiers. Pour la gauche radicale, il ne s'agit pas de rajouter du dénigrement à l'émiettement.


On propose d'assumer l'indépendance totale du PS sur le long terme, pas simplement avoir des accords de circonstance pour des exécutifs régionaux, mais assumer une rupture avec l'union de centre gauche qui semble se profiler avec les discussions PS, Verts et MoDem. Jean-Luc Mélenchon semble parler d'autonomie, d'indépendance vis-à-vis du PS. Mais on n'a pas les mêmes réponses entre le PCF et Mélenchon (associés pour les européennes, ndlr).


Q : Comment voyez-vous la rentrée sociale alors que la CGT a refusé votre invitation à Port-Leucate?

R : On n'est pas des astrologues. Elle peut être chaude ou froide. Mais il ne faut pas tomber dans le panneau de se tromper d'adversaire. On ne fait pas campagne contre la CGT à la rentrée mais contre le patronat et la droite.

On a besoin d'unité sociale et politique. Il faut s'en donner les moyens et discuter franchement, y compris avec les organisations syndicales.


On va leur retendre la main et je suis persuadé que la CGT acceptera de discuter. Pas mal de militants CGT ne comprendraient pas que leur confédération qui participe régulièrement à l'Université d'été du Medef ait décliné l'invitation du NPA. C'est un peu disproportionné.

Propos recueillis par Julie DUCOURAU

 

Première Université d'été du NPA entre "résistance" et voeu d'"unité" à gauche (Par Julie Ducourau)


PARIS, 21 août 2009 (AFP) - Six mois après sa fondation, le Nouveau parti anticapitaliste qui n'a obtenu qu'un score en demi-teinte aux européennes, tient sa première Université d'été de dimanche à mercredi à Port-Leucate (Aude), sous le signe de la "résistance" et de l'"unité" face au gouvernement.


L'enjeu de l'Université d'été du NPA est "double", explique à l'AFP Olivier Besancenot, porte-parole. "D'abord, un appel au mouvement ouvrier, au mouvement social et à la gauche, à entrer en résistance contre le gouvernement et être en mesure de bloquer sa politique actuelle sur la réforme de trop, le plan de licenciement de trop", selon lui. Il ne faut "pas tomber dans le piège de la division mais être le plus unitaire possible face à la droite et Nicolas Sarkozy", assure-t-il.


Le deuxième enjeu est "plus interne", il s'agit "d'ouvrir l'acte II du processus du NPA", c'est-à-dire "essayer de s'adapter au nouveau contexte dans lequel on est", d'après le postier de Neuilly. "Au moment de notre congrès de fondation, on était dans un phase ascendante de mobilisation sociale. Depuis le mois de juin, on est plus dans une période de reflux", constate-t-il.


Telle devrait être la teneur du discours que doit prononcer M. Besancenot dimanche soir, temps fort de ces quatre journées centrées sur "un monde en crise" où se succèderont forums, ateliers et "travaux pratiques" (écriture de tracts, slam, salsa antisexiste, etc...).


Un débat avec les syndicats est également prévu, mais la CGT a décliné l'invitation du NPA lui reprochant de "prétendre donner des leçons aux responsables syndicaux". En mars, François Chérèque l'avait qualifié de "rapace". Finalement, seuls Gérard Aschieri (FSU) et Annick Coupé (Solidaires) seront présents.


Fondé en février dernier sur les bases de la Ligue communiste révolutionnaire créée en 1969, le NPA qui revendique environ 9.000 adhérents (3.200 à la LCR), aurait par ailleurs subi des pertes sèches dans ses rangs après les européennes, selon certains médias. "Ces informations sont infondées", assure M. Besancenot qui souligne que le "système de remise de cartes aux adhérents est en cours" et que les résultats seront donnés "en toute transparence" à l'automne. Et de se féliciter de l'affluence record à Port-Leucate où 1.500 personnes sont attendues (1.000 en 2008 pour la LCR).


Il n'empêche que le NPA n'a pas réussi son premier test électoral. Avec 4,9% des voix et aucun élu au Parlement européen, il s'est fait distancer par le Front de gauche PCF-Parti de gauche (6%, 4 eurodéputés) qu'il avait refusé de rejoindre. "Un résultat satisfaisant", dit-on au NPA où un courant "Convergences et alternative" s'était cependant constitué mi-mai pour l'unité "dans les luttes et les élections". Mais d'après le politologue Gérard Grunberg, le NPA "a raté son départ".


Pour les régionales de mars 2010, les premières discussions unitaires ont commencé. Olivier Besancenot et l'ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) se sont déjà prononcés pour des listes de gauche "indépendantes" du PS au premier tour. Une table ronde avec les partis de la gauche de la gauche a lieu lundi à Port-Leucate.


Mais les décisions finales des partis ne seront connues qu'à l'automne. M. Grunberg n'est "pas sûr que Mélenchon s'alliera avec les trotskistes" et juge "déraisonnable" de la part du NPA d'"exclure les socialistes de l'union de la gauche". Olivier Besancenot n'a d'ailleurs pas reçu la lettre de Martine Aubry (PS) sur la "maison commune" envoyée en juillet aux chefs des partis de gauche (Verts, PCF, Parti de gauche, PRG et MRC).

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 08:46
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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 08:38

 Rapport du 17 août 2009 (par Jérome Duval )

vendredi 21 août 2009

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Crédit Photo: CADTM (Comité pour l'abolition de la dette du tiers monde)

"Ils ont peur de nous car nous n'avons pas peur"

L’Etat semble au bord de la faillite : le secteur de la construction subit ici comme ailleurs l’impact de la crise. L’investissement privé dans ce secteur a chuté de 28 % sur le premier semestre 2009. Malgré la baisse sur le marché international, les combustibles ont augmentés dès ce matin entre 1,30 % et 7,37 %. Le diésel utilisé pour le transport subit une augmentation de 2,57 %. Le « LPG domestique » ( ?) utilisé pour la cuisson des aliments quand à lui augmente de 7,37 %. Le gouvernement qui subit un déficit fiscal important semble chercher des liquidités.

 

Aujourd’hui, lundi 17 août, environs 16.000 taxis (ils sont très nombreux au Honduras) se sont mis en grève pour réclamer un bon 2009 que le gouvernement ne paye pas. La ville était encore plus paralysé que d’habitude. On annonce une grève encore plus importante (camions, taxis, bus) pour mercredi et/ou jeudi. Les pompiers de San Pedro Sula réclament des salaires de retard…La situation des finances de San Perdo Sula parait mal en point et la municipalité n’arrive plus à payer tous les salaires de ses employés, on parle de dette salariale. Micheletti dit que c’est Zelaya qui s’est enfuit avec les sous, évidement.


Elvin Santos (Parti libéral) qui représente l’oligarchie putschiste, entre en campagne électorale pour l’élection contestée du 29 novembre 2009. Selon le TSE (Tribunal Suprême Electoral) le système électoral se « modernise » pour obtenir les résultats plus rapidement (35 % des résultats en 2 heures pour donner la tendance), avec plus de « transparence »…

Les profs se mobilisent et subissent des pressions pour ne pas participer aux mobilisations. Ils décident de reprendre les cours pour 3 jours avant de redescendre dans la rue à partir de jeudi 20 août.


La dictature négocie avec Washington :

La délégation des 3 représentants de Micheletti arrivent aujourd’hui à Washington pour un nouveau round de négociation. Micheletti estime très positif la rencontre de cette délégation la semaine dernière avec Insulza de l’OEA. « Ils sont (la délégation de ces représentants du gouvernement putschiste) très content, ils ont été écouté par différents secteurs, ils se sont réunis avec M. Insulza (de l’OEA) (…) et vont retourner aux E.U… » dit Micheletti. « La délégation de négociation m’a informé qu’elle avait été écouté par divers secteurs, de là nous pourrions définir les réunions comme positives et satisfaisantes pour notre gouvernement. » poursuit-il. La Tribune, quotidien putschiste, 17 août 09.


La mission de l’OEA viendra pour poursuivre les travaux des accords de San José et négocier ce qui n’est pas négociable : La constituante et l’impunité.

Telesur quitte le pays demain, je ne suis pas arrivé à les voir aujourd’hui et espère qu’une autre équipe viendra les remplacer. Beaucoup de médias internationaux sont déjà partis depuis longtemps et il ne reste plus que quelques médias alternatifs. Or l’actualité est très riche et il est regrettable que les médias internationaux ne rendent plus compte de la situation de l’intérieur.


La CIDH est bien arrivé aujourd’hui et commence ses travaux.

Zelaya prévoit de revenir au Honduras depuis le Nicaragua accompagné de plusieurs personnalités.


Aujourd’hui, je me suis penché sur la constitution du pays en vigueur depuis 1982 et j’ai eu de nouveaux contacts avec la population en résistance. Un étudiant en journalisme m’a expliqué la situation des médias et je poursuis un article sur les médias. Hier soir j’ai vu un jeune de la rue se faire embarqué par la Police, je ne sais trop pourquoi mais il a du passé un sale moment : ils le tabassaient déjà dans leur pick up. Le procès des 3 personnes suspectées d’avoir brûlé un bus lors de la manif a été reporté grâce à l’action du Front des avocats pour mieux préparer la défense. La presse parle de 3 nouveaux assassinats de présidents d’association de voisins (presidente de patronato) qui jouent un rôle social importants dans les quartiers défavorisés.


Le Karaoké est très populaire ici. Ce programme commence par une image de la statue de la liberté portant un micro ds la main. Heureusement le seul journal papier qui rend compte de la réalité du coup d’Etat vient de paraitre...ouf ! Bon c’est un mensuel, il faudra attendre un mois avant d’avoir des infos de fond sur support papier.

 

Le coup d’Etat au Honduras marque un renforcement de la diplomatie guerrière en Amérique latine ( par Jérome Duval, www.cadtm.org)

vendredi 21 août 2009

A travers la crise politique au Honduras, la politique étrangère envers l’Amérique latine |1| de l’administration Obama se révèle au grand jour. Alors que son prédécesseur, embourbé en Irak ne parvenait plus à maintenir un sous-continent en ébullition, la nouvelle administration Obama parvient à détourner momentanément l’opinion publique de la guerre en Irak et en Afghanistan tout en réaffirmant sa présence en Amérique latine. Les Etats-Unis n’en peuvent plus de contempler la vague progressiste de gouvernements de gauche déferler sur le continent sans rien faire, d’autant que celle-ci se rapproche dangereusement, jusqu’en Amérique centrale : Le Nicaragua a élu le sandiniste Daniel Ortega au premier tour de l’élection de 2006 et le Salvador vient d’élire Mauricio Funes du FLMN (Frente Farabundo Marti para la Liberacion Nacional) en mars 2009 qui a aussitôt renoué ses relations diplomatiques avec Cuba. |2| Comment, dans ce contexte, laisser Manuel Zelaya, président du Honduras, adhérer à l’ALBA et rejoindre ainsi les pays qui tentent de satisfaire les besoins humains fondamentaux pour tou-te-s avant les intérêts d’une minorité ?


Déploiement de forces américaines :

Comme convenu dans le programme politique pré-électoral de Rafael Correa, la base américaine de Manta sur le territoire équatorien n’est pas renouvelée et prend fin en 2009. Pour contrebalancer cette perte, Washington, réplique en se déployant sur sept bases militaires en territoire colombien (Palanquero, Malambo, Apiai, Tres Esquinas, Puerto Leguizamo, Villavicencio et Hacienda Larendia) |3| La Colombie, allié stratégique des Etats-Unis fait office “de porte avion” militaire.


Un mois seulement après le coup d’Etat militaire du Honduras, ce déploiement de force ouvre une crise diplomatique à l’échelle du continent. Le président colombien parle d’un « accord de coopération contre le narcotrafic, le terrorisme et d’autres délits » qui laisse augurer du pire. On craint une accélération de la course aux armements en Amérique latine, alors que « l’argent que des pays comme le Chili, le Brésil et le Venezuela dépensent pour l’importation d’armes, sert à remplacer un équipement obsolète ». (...) « Ils modernisent leurs armements qui datent pour la plupart d’il y a plus de 20 ans, certains même du temps de la guerre froide. » explique Carina Solmirano, l’une des chercheuses de l’Institut international de recherche pour la paix à Stockholm. |4| En réponse à ce déploiement de force américano-colombien, les gouvernements progressistes opposés à Washington sont incités à entrer dans la course à l’armement. Les autres suivront sans aucun doute la surenchère...


Afin de désamorcer cette véritable bombe à retardement, Alvaro Uribe, président colombien d’extrême droite, ultra conservateur et puissant allié des Etats-Unis, réalise une tournée express dans 7 pays (Bolivie, Pérou, Brésil, Chili, Uruguay, Paraguay, Argentine) sans pour autant calmer cette nouvelle crise diplomatique. Hormis le Pérou, autre soutien indéfectible de la Colombie et de Washington, les autres voisins d’Alvaro Uribe envoient des mises en garde plus ou moins virulentes et l’Argentine propose, depuis le sommet de l’Unasur, un sommet extraordinaire sur la question. Déjà, fin juillet, Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des affaires étrangères, après une rencontre avec son homologue brésilien Celso Amorim, lui-même préoccupé par cet accord militaire, avait prié les Etats-Unis « d’éviter une militarisation » de l’Amérique latine. La pression diplomatique aidant, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega a soutenu officiellement la Colombie dans son « acte souverain », rectifiant les dires de son ministre tout en confirmant l’alignement de l’Espagne avec les États Unis. Mais de quelle souveraineté parlent-ils lorsqu’en plus d’être un prétexte pour livrer une guerre politique impérialiste, la guerre que mènent les Etats-Unis contre la drogue se fait à l’extérieur de ses frontières pour d’autres motifs, allant jusqu´à violer l’espace aérien de l’Equateur pour le bombarder (un campement des FARC en territoire équatorien fut bombardé en mars 2008 par l’armée colombienne appuyée par les Etats-Unis, tuant 17 guérilleros dont Raoul Reyes). Le peuple colombien fatigué par tant de violence se prononcerait-il pour cette militarisation si seulement il avait l’occasion de s’exprimer ?


L’Espagne, a assuré Maria Teresa Fernandez de la Vega lors d’une conférence de presse, « sera toujours aux côtés des Colombiens dans la lutte pour l’éradication de la violence ». Sans peur de l’absurde, elle insiste : « Nous travaillerons toujours à la recherche d’accords, pour que les conflits se résolvent, pour que les tensions disparaissent... », un comble quand il s’agit d’établir de nouvelles bases militaires américaines. |5| Hugo Chavez, quant à lui, parle de « vents de guerre [qui] commencent à souffler » sur la région et assure qu’il est « évident que l’ordre [du coup d’Etat au Honduras] fut donné depuis la base américaine de Palmerola », située au Honduras et d’où partaient les offensives contre le Nicaragua sandiniste. |6| Avant le coup d’Etat, Manuel Zelaya, reprenant un rapport de la Aeronáutica Civil, avait déclaré qu’il transformerait cette base militaire en aéroport international civil afin de soulager l’aéroport de Tegucigalpa, considéré comme un aéroport dangereux. |7|On comprend tout de suite mieux l’empressement américain devant la possible perte de deux bases militaires.


Les relations diplomatiques avec le Honduras se poursuivent

Après les grandes déclarations condamnant le coup d’Etat, on se rend bien compte que les relations diplomatiques se poursuivent, la dictature du Honduras est malgré tout reconnue. L’Union européenne appuie des élections anticipées organisées par le régime putschiste, tandis que l’ALBA et l’Unasur s’engagent à ne pas reconnaître un gouvernement qui sortirait vainqueur de ces élections.


Certains partis et candidats parlent déjà de se retirer. Le Pérou conserve son ambassadeur en poste au Honduras : « C’est inexplicable qu’il n’ait pas adopté cette décision [de retirer immédiatement son ambassadeur à Tegucigalpa] jusqu’à maintenant » soutient l’ex ministre des relations extérieures du Pérou, Manuel Rodríguez. |8| Carmen Ortez Williams, ambassadeur du Honduras à Buenos Aires a été relevé de ses fonctions jeudi 13 août et à partir de maintenant, « la relation diplomatique entre l’Argentine et le Honduras se réalisera à travers l’ambassade du Honduras aux Etats-Unis. », explique Patricia Rodas, ministre des affaires étrangères en exil du gouvernement Zelaya. Les relations ne seront donc pas rompues pour autant. |9| L’OEA, qui a suspendu le Honduras début juillet juste après que le Honduras se soit lui-même retiré, viendra vraisemblablement en mission à Tegucigalpa pour tenter de trouver une sortie de crise via les accords de San José. Les trois représentants de Micheletti qui faisaient partie de la négociation au Costa Rica, Vilma Morales, Mauricio Villeda et Arturo Corrales, se rendent à Washington (leurs visas diplomatiques n’ont pas été annulés) pour négocier la composition de la mission de l’OEA, avoir des entrevues avec des membres du Congrès, des fonctionnaires du Département d’Etat américain et des médias. |10|


On est non seulement en droit de se demander dans quelle mesure on peut négocier avec des putschistes qui violent la constitution, mais on ne peut par ailleurs accepter une amnistie politique incluse dans les accords de San José |11| Les responsables de violations continues des droits de l’homme telles que les assassinats, détentions arbitraires, disparitions et tortures, ne peuvent jouir d’une amnistie et doivent être jugés par des tribunaux adéquats. Le CADTM réaffirme son soutien inconditionnel à la lutte du peuple hondurien pour le retour de la démocratie, le rétablissement du processus d’Assemblée constituante et le jugement des responsables de violation des droits humains

Alors qu’une nouvelle répression a eu lieu le 14 août à Cholona, blessant de nombreux manifestants dont deux journalistes, le CADTM salue le remarquable travail réalisé par le Front de Résistance des avocats contre le coup d’Etat pour traduire en justice les auteurs des actes barbares constatés sur la population.

Notes

|1| Amérique latine est une expression contestable : elle se réfère à Amerigo Vespucci, navigateur italien alors qu’il faudrait ressusciter le terme « Abya Yala », « terre dans sa pleine maturité », choisi par les peuples originaires pour désigner le continent.

|2| Pays (re)passés à gauche depuis 2000, chacun à des niveaux très différents : Venezuela, Chili, Argentine, Brésil, Bolivie, Uruguay, Équateur, Nicaragua, Paraguay, Salvador. Le cas du Honduras est particulier puisque son président, Manuel Zelaya est un « social démocrate » qui, avant son expulsion du pays par le coup d’Etat a tenté d’effectuer un virage à gauche (forte hausse du salaire minimum par décret, adhésion à l’ALBA, volonté de mettre en place une Assemblée constituante…)

|3| Bases américaines dans la région en 2009 : Guantanamo, Cuba ; Roosevelt Roads et Fort Buchanan, Puerto Rico ; Soto Cano à Palmerola, Honduras d’où partaient les offensives contre le Nicaragua sandiniste ; Comalapa, El Salvador : Curazao et Aruba se sont ajoutés avec le Plan Colombia ; Valle de Huallaga, Pérou ; Tres Esquinas, Puerto Leguizamo, Villavicencio et Hacienda Larendia, Colombie. Manta en Equateur sera remplacé par Palanquero, Malambo et Apiai. Source : La crisis de Honduras en el marco del nuevo Sistema Internacional de Defensa, Elsa M. Bruzzone et José Luis Garcia, 05/08/2009.

|4| http://www.rfi.fr/actufr/articles/1...

|5| "Siempre trabajaremos para buscar acuerdos, para ayudar a que los conflictos se resuelvan, para que las tensiones desaparezcan y para que todos trabajemos en los objetivos que tenemos delante más importantes", http://www.rtve.es/noticias/2009080...

|6| http://es.noticias.yahoo.com/9/2009...

|7| http://www.radiolaprimerisima.com/a...

|8| http://www.telesurtv.net/noticias/s...

|9| http://www.telesurtv.net/noticias/s...

|10| El Heraldo, vendredi 14 août 2009. El Heraldo est un des quotidiens les plus lus au Honduras. Il soutient le coup d’Etat comme tous les autres ; seul le mensuel El Libertador informe sur la répression et l’oligarchie putschiste.

|11| Les Accords de San José sont issus des négociations orchestrées par le président du Costa Rica, Oscar Arias, et supervisées par les Etats-Unis. Ces accords impliquent entre autres un gouvernement de « réconciliation et d’union nationale » comprenant différents représentants de divers partis politiques en attendant les prochaines élections présidentielles ; une amnistie générale pour les délits politiques en relation avec ce conflit et l’interdiction de toute consultation populaire appelant à une assemblée constituante. http://www.opalc.org/index.php?opti....

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 11:55

Solidaires "Contre la privatisation de la Poste"

Les syndicats "SUD" font partie de la fédé "Solidaires"
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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 09:31
Vendredi 21 Août 2009

Olivier Besancenot sera l'invité de "l'interview politique"


à 8h20...

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 09:14



Le Pacte germano-soviétique a été un coup de tonnerre dans un ciel qui n’était pas serein. Certes, un dictateur régnait dans chaque pays mais l’un se présentait comme un bâtisseur du « socialisme réel » et avait le soutien de nombreux travailleurs dans le monde alors que l’autre représentait le fascisme au pouvoir.

Carte annexée au Traité du 28 septembre, cosignée par Staline et Ribbentrop.

Carte annexée au Traité du 28 septembre, cosignée par Staline et Ribbentrop.

Ayant lu le texte du Pacte et surtout ses annexes « secrètes » (lire ici les documents ), il importe de se replacer dans l’époque et de voir comment de telles ignominies ont pu être couchées sur le papier sans que le monde ne s’en indigne. Certes les annexes étaient secrètes mais le Pacte ne l’était pas et son application fut rapide. Certes il y eu de vigoureuses protestations mais provenant d’une Gauche très isolée.

« Lâche soulagement » des « Démocrates »

Voyons d’abord ce qui s’est passé de notable entre janvier 1933, date de l’arrivée tout à fait légale de Hitler au pouvoir, et août 1939, quand fut signé le pacte.


Le 28 octobre 1922 Mussolini avait organisé la marche sur Rome qui lui permit de prendre la direction du pays. Il jouera un grand rôle pour établir des négociations entre nazis et puissances occidentales. Après de longues discussions, un Pacte à Quatre est signé le 15 juillet 1933 (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie) : ce fut le Traité de Rome qui promettait la paix entre les 4 signataires pendant dix ans.


Le 2 mai 1935 c’est entre la France et l’Union Soviétique qu’est signé un traité prévoyant un « secours mutuel en cas d’agression par une tierce puissance ».

Le 7 mars 1936 Hitler envahit la Rhénanie, ce qui ne fait réagir ni la France ni la Grande-Bretagne, puis, avec Mussolini, il soutiendra vigoureusement Franco pendant la guerre d’Espagne.

Une rencontre intéressante eut lieu en novembre 1937 entre Hitler et le ministre des Affaires étrangères anglais, Lord Halifax, à Berchtesgaden (résidence du Führer), pour parvenir à un nouvel accord à quatre, excluant toujours l’Union soviétique. Lord Halifax y déclare que les cercles dirigeants britanniques sont « pénétrés de l’idée que le Führer a réalisé beaucoup et pas seulement pour l’Allemagne, car en détruisant dans son pays le communisme, il lui a barré le chemin de l’Europe occidentale et que pour cette raison l’Allemagne peut être, à bon droit, considérée comme le bastion de l’Occident contre le bolchevisme ».


En mars 1938 c’était l’Anschluss, c’est-à-dire l’annexion de l’Autriche par les nazis bénéficiant du silence des gouvernements français et anglais. La même année c’est au tour de la Tchécoslovaquie d’être menacée. Elle conserve de solides liens avec la France et comporte de nombreuses minorités nationales : les Tchèques et les Slovaques ne représentent que 50 % de la population. C’est en 1918 que l’État tchécoslovaque a été proclamé. La minorité allemande (3 millions sur 15 millions d’habitants) constitue une majorité dans la région des Sudètes. Hitler annonce qu’il désire l’annexer, ce qui équivaut à une déclaration de guerre à la France.


C’est alors que sur proposition de Mussolini, il va organiser une conférence de la dernière chance à Munich en septembre 1938. C’est la surprise (et la consternation) générale : les quatre représentants (Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler) signent un accord sur le dos de la Tchécoslovaquie qui n’a pas été invitée (l’URSS non plus). Il prévoit que les Tchèques évacueront le territoire des Sudètes avant le 10 octobre 1938 et que les troupes allemandes l’occuperont progressivement. La majorité des hommes politiques français se révèlent « munichois ».


Le leader du parti socialiste, Léon Blum, se targue d’un « lâche soulagement » et écrit dans Le Populaire : « La guerre est écartée, le fléau s’éloigne. La vie est redevenue naturelle. On peut reprendre son travail et retrouver son sommeil. On peut jouir de la beauté d’un soleil d’automne ». Quant à Georges Bidault, qui représente la démocratie chrétienne, il déclare : « Il semble vraiment qu’après cette rencontre des Quatre, le recours à la guerre devienne une impossibilité ». En France, seul le Parti Communiste proteste et ses 73 députés (plus 2 isolés) sont les seuls à ne pas voter pour la politique de Daladier.


D’avril à juin 1939 plusieurs projets sont présentés par les Soviétiques aux Anglo-Français prévoyant une assistance mutuelle en cas d’agression. Finalement une délégation militaire arrive le 10 août à Leningrad : elle est dirigée par des officiers qui n’ont aucun pouvoir de négociation sur le plan politique. Les Russes demandent que la Pologne laisse passer l’Armée Rouge chez elle afin qu’elle puisse affronter les forces du Reich. Il est demandé aux Alliés de faire pression sur la Pologne mais finalement celle-ci refuse d’autoriser les troupes soviétiques à entrer en Pologne, ou en Roumanie, en cas de nécessité.


« Amitié soviéto-allemande »

Staline est de plus en plus persuadé que les Occidentaux veulent orienter vers l’Est les ambitions de Hitler et la façon dont on a laissé tomber les Tchèques à Munich ne fait que confirmer ses craintes. Il ne lui reste plus qu’à s’entendre avec le Führer dont les troupes avaient envahi le 15 mars 1939 ce qui restait de la Tchécoslovaquie (Bohême, Moravie). Mais contrairement à ce qu’ont raconté par la suite divers « défenseurs » (pas forcément communistes) de l’URSS, il croyait vraiment à la durabilité du Pacte qui n’était pas pour lui un procédé temporaire pour retarder une agression nazie obligatoire. Khrouchtchev a insisté sur ce point au XXe Congrès du PCUS et a rappelé qu’averti en avril 1941 par de nombreuses dépêches de Churchill des préparatifs militaires nazis, il n’y a aucunement cru et n’a rien fait pour préparer l’URSS à l’agression.


Le 23 août 1939 c’était la signature du Pacte germano-soviétique par Molotov et Ribbentrop. Hitler n’a plus la crainte de devoir combattre sur deux fronts et le 1er septembre il attaque la Pologne, ce que Staline fera 17 jours plus tard. Soviétiques et Allemands se rencontreront sur la rivière Bug qui réalisera la nouvelle frontière entre les deux pays. Cela devait déclencher la deuxième guerre mondiale car la France et la Grande-Bretagne, alliées à la Pologne, se virent obligées de déclarer la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939. Plus du tiers de l’ancienne Pologne est annexé à l’URSS, le reste à l’Allemagne. Staline en profite pour attaquer aussi la Finlande, annexer les pays baltes et envahir la Roumanie ! Tout cela fut couché sur le papier fin septembre 1939, quand Staline fit venir à Moscou Joachim von Ribbentrop. Un communiqué commun fut signé ainsi que trois protocoles secrets qui :

— réglaient le partage de la Pologne ;

— délimitaient la nouvelle frontière germano-soviétique ;

— plaçaient les trois pays baltes dans la zone d’influence soviétique.


Les 28 et 29 septembre un traité d’amitié soviéto-allemande a été signé à Moscou (1). Il définissait les lignes de partage des frontières en Pologne ainsi que des « zones d’influence » dans les pays baltes et les méthodes communes de lutte contre la « conspiration independantiste » de la population polonaise. Dans la foulée, plusieurs conférences communes entre les polices politiques nazies et soviétiques (Gestapo et NKVD) ont eu lieu (2).

Staline appliqua avec soin les obligations du Pacte. Il ne se contenta pas de livrer à Hitler du pétrole, du fer, du charbon et du blé, il lui livra également près d’un millier de communistes allemands et autrichiens (dont de nombreux Juifs) qui s’étaient réfugiés sur la terre soviétique. Parmi eux la veuve de Heinz Neumann, membre du Bureau Politique du PC allemand et du Komintern (IIIe Internationale). Lui est arrêté en 1937 et disparaît, Margaret Buber-Neumann est jugée pour « déviationnisme », déportée à Karaganda puis livrée en 1940 à la Gestapo qui l’enferme au camp de Ravensbrück. Après la guerre, son témoignage au procès opposant en 1949 l’ancien déporté du goulag Victor Kravchenko au journal communiste « Les lettres françaises » fit pas mal de bruit. Elle a écrit plusieurs livres passionnants (3).


Massacres et déportations

Sur les territoires que l’URSS et l’Allemagne nazie se partagèrent en septembre 1939 la terreur régna. Celle des nazis est bien connue. Celle des staliniens fut longtemps occultée par le rôle jouée par l’URSS (après l’agression nazie du 22 juin 1941) dans l’écrasement de l’État hitlérien. Les soldats polonais — qui sauf exception ne se sont pas défendus contre l’armée soviétique occupant la partie orientale de la Pologne à partir du 17 septembre 1939 — ont été considérés comme prisonniers de guerre et placés dans des camps puis en grande partie assassinés en avril-mai 1940 (4).


Quelques semaines après l’invasion de l’URSS par la Wehrmacht, il y eut une découverte qui fit pas mal de bruit et suscita une polémique devant durer une cinquantaine d’années : en août 1941 les nazis découvrirent dans la forêt de Katyn (près de Smolensk) un charnier contenant plus de 4 000 cadavres d’officiers polonais. Ils en trouvèrent ailleurs de bien plus importants et la nouvelle fut annoncée le 13 avril 1943 par Radio-Berlin qui mit les Soviétiques en accusation. Ceux-ci nièrent tout et en attribuèrent la responsabilité aux troupes allemandes lors de leur avance en 1941. Les hitlériens déclenchèrent alors une campagne antisémite carabinée prétendant que Katyn correspondait à un « massacre juif ». Ce n’est qu’en 1990 que Gorbatchev finit par reconnaître la responsabilité du NKVD dans la tuerie et présenta les excuses officielles au peuple polonais. En 1993 Boris Eltsine remit aux Polonais les ordres écrits d’exécution en provenance du Bureau politique du PCUS (5).


Le reste de la population polonaise et juive de la Biélorussie et de l’Ukraine occidentale n’a pas échappé à la terreur stalinienne. Dès octobre 1939 environ 55 000 réfugiés de Pologne centrale, en majorité des Juifs qui avaient fui l’armée allemande, ont commencé à être « déplacés » vers l’Est de ces deux républiques soviétiques. Le 5 décembre 1939 le gouvernement soviétique avait pris la décision de déporter les citoyens polonais des territoires occupés vers la Sibérie et le Kazakhstan (6).


Le pacte germano-soviétique permit également à Staline l’invasion de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie en juin 1940 puis leur annexion formelle à l’URSS en août de la même année. La population de ces trois pays fut également massivement réprimée : entre juin 1940 et juin 1941, en application de l’instruction secrète d’Ivan Serov (7), plusieurs dizaines de milliers de Lituaniens, Lettons et Estoniens ont été déportés (8).


Le PCF et le pacte germano-sovétique

Ayant relaté les évènements les plus notables survenus avant et après la signature du Pacte, il est très important de préciser comment ce dernier a été reçu, et notamment par les communistes français. Deux jours après sa signature, l’Humanité était interdite. Un mois plus tard, le 26 septembre, c’était au tour du Parti communiste d’être interdit ainsi que nombre d’organisations contrôlées par lui.


Sa dure ligne antifasciste allait se modifier à l’automne 1939. Certes l’antinazisme subsistait chez beaucoup de militants mais la direction fit un virage complet. Dans un long communiqué du 25 août le PC approuve le Pacte mais rappelle que l’ennemi est toujours le nazisme. Le même jour le groupe parlementaire communiste vote à l’unanimité une résolution nettement antifasciste : « Si Hitler malgré tout déclenche la guerre, alors qu’il sache bien qu’il trouvera devant lui le peuple de France uni, les communistes au premier rang, pour défendre la sécurité du pays, la liberté et l’indépendance des peuples ».


Peu de temps après c’est le grand virage. La guerre « anti-hitlérienne » devient « impérialiste ». Dans le numéro clandestin du deuxième semestre 1939 et janvier 1940 des Cahiers du bolchevisme (9) il y a une interview gratinée de Thorez. Le titre en est « Maurice Thorez nous dit … », et la dernière ligne mentionne « Quelque part en France — le 20 octobre 1939 ». Or on sait maintenant que Thorez n’y était plus : il avait quitté l’armée le 4 octobre pour passer en Belgique. Bien entendu c’était à la demande de l’Internationale Communiste dont une délégation était sur place. Le 9 novembre il était à Moscou. Cette interview met en évidence le revirement complet du secrétaire général qui jusque-là s’était vigoureusement opposé aux fascistes. Maintenant la guerre est devenue « impérialiste » :

« Que penses-tu de la guerre que font faire au peuple de France les ennemis du communisme ?


« La réaction, les hommes du 6 février, leur homme de confiance ! Daladier et les chefs traîtres du Parti Socialiste SFIO sont furieux parce que nous dénonçons les buts impérialistes de la guerre qu’ils imposent au peuple français. Tous ces messieurs ont le front de recouvrir leur politique criminelle du manteau de l’anti-hitlérisme dans l’espoir de tromper les travailleurs, mais entre eux ils n’hésitent pas à dire que le but qu’ils voudraient atteindre, c’est la destruction du pays du socialisme, l’URSS, et l’anéantissement de l’immense espoir qu’il représente pour les prolétaires du monde entier ».

Dans le même numéro on trouve un texte de salut à Staline pour son soixantième anniversaire. Il comporte un certain nombre d’affirmations qui confirment bien le changement de ligne du Parti français à la demande de son mentor moscovite :

« Face à la politique de provocations des fauteurs de guerre impérialistes de Paris et de Londres qui veulent étendre la guerre à l’univers entier et se préparaient à utiliser la Finlande de la clique Mannerheim pour attaquer l’Union Soviétique, nous voyons se dresser la politique de paix du grand pays où a disparu à tout jamais l’exploitation de l’homme par l’homme ; aussi les communistes et les travailleurs français saluent-ils en Staline le grand homme d’État qui a su déjouer les plans criminels des gouvernements français et anglais qui au moment même où ils parlaient du “front de la paix” préparaient l’agression anti-soviétique et cherchaient à utiliser l’Allemagne hitlérienne comme troupe de choc dans cette agression ».


Si l’on parle avec des communistes qui ont vécu cette époque ou même si l’on se contente de passer en revue les numéros de l’Humanité clandestine, on est frappé par les changements de ligne du PCF : à partir de l’automne 1939 la guerre « anti-hitlérienne » devient « impérialiste » et en juin 1940 l’incroyable se produit : à l’heure où Molotov félicitait l’ambassadeur d’Allemagne à Moscou pour l’entrée des troupes allemandes à Paris, le PCF fit des démarches auprès des autorités d’occupation pour la parution légale de l’Humanité. C’est, bien sûr, à la demande de Staline et de Jacques Duclos (remplaçant Thorez) qui le nia jusqu’à la fin… Le membre du Comité central Maurice Tréand se présenta le 19 juin 1940 auprès des autorités nazies, accompagné par Denise Ginollin (future gérante du journal) et une interprète. Ils étaient porteurs des textes à imprimer. La police française les arrêta, car le PCF était dissous, et c’est sur ordre du chef de l’administration militaire allemande qu’ils furent libérés une semaine plus tard. Une nouvelle tentative fut alors confiée à Jean Catelas qui écrivit une lettre, contresignée par Maurice Tréand et remise aux autorités allemandes par l’avocat Robert Foissin. En raison de l’opposition de Vichy, la demande n’aboutit pas.

Au même moment, l’Humanité du 13 juillet 1940 publiait un article inhabituel sous le titre « Fraternité franco-allemande » : « Les conversations amicales entre travailleurs parisiens et soldats allemands se multiplient. Apprenons à nous connaître. Et quand on dit aux soldats allemands que les communistes ont été jetés en prison pour avoir défendu la paix, quand on leur dit qu’en 1923 les communistes se dressaient contre l’occupation de la Ruhr, on travaille pour la fraternité franco-allemande ».


Si la Gestapo reste dans l’expectative, Vichy emprisonne à tour de bras : 18 000 emprisonnés politiques, surtout communistes.

La direction du Parti décide alors de lancer un Appel au Peuple de France. Il est signé par Maurice Thorez et Jacques Duclos. Sa date a fait l’objet de beaucoup de controverses : il est daté du 10 juillet 1940 qui est le jour où Pétain reçoit à la Chambre les pleins pouvoirs contre l’avis de 80 opposants. Cet Appel, citant des ministres nommés plusieurs jours plus tard, date donc probablement de la deuxième quinzaine de juillet. D’après l’ancien dirigeant du PCF, Auguste Lecoeur, il a été rédigé par Duclos, sur un canevas de Thorez (alors en URSS) et diffusé début septembre. Quant au texte lui-même, il a été remanié au moins quatre fois. Le document original comprend plusieurs pages mais pas une ligne contre l’occupant nazi… Une phrase a été souvent citée et caractérise bien le tout : « Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves, et si, malgré la terreur, ce peuple a su, sous les formes les plus diverses, montrer sa réprobation de voir la France enchaînée au char de l’impérialisme britannique, il saura aussi signifier à la bande actuellement au pouvoir sa volonté d’être libre » (10).


Vacillations devant l’histoire

Il me paraît indispensable de rappeler quelques textes qui illustrent bien les vacillations de la direction communiste à cette époque :

● En 1964 est parue « l’Histoire du Parti communiste français – manuel », éditée « sous la direction de Jacques Duclos et François Billoux » (11). Il n’y a pas une ligne sur la demande de parution de l’Humanité auprès des autorités du IIIe Reich ;

● En 2004 c’est le tour du numéro du centenaire de l’Humanité. Au bas de la page consacrée à l’année 1939 on peut lire un petit paragraphe comportant ce passage : « En juin 1940, deux responsables du PCF négocient à l’ambassade d’Allemagne la reparution légale de l’Humanité, avec l’accord de Jacques Duclos. Il faut attendre le retour de Benoît Frachon à Paris, trois jours plus tard, pour que l’erreur soit réparée » (12). Il s’agit là d’un mensonge pur et simple. Est-il préférable au mensonge par omission précédent ?

● Prenons maintenant les Mémoires de Jacques Duclos (tome 3) paru en 1970 : « Dans ce climat, des camarades animés sans aucun doute de bonnes intentions et qui, par la suite, se battirent courageusement contre les occupants, pensèrent que la presse du Parti pourrait paraître légalement puisque aussi bien d’autres journaux étaient publiés. La direction du Parti désavoua ces démarches, et les auteurs reconnurent leur erreur » (13).

Quels étaient ces camarades « sans doute animés de bonnes intentions » ? Sûrement pas lui puisqu’il était le principal responsable de la direction qui « désavoua ces démarches ». Encore un mensonge !

● Si l’on prend le très gros (et très lourd) volume coédité par le Seuil et l’Humanité, traitant lui aussi du centenaire du journal, composé par Bernard Chambaz, membre d’une famille communiste que les « anciens » ont bien connue, on est frappé par les admirables photos et les réflexions originales pas toujours « dans la ligne ». Par exemple page 205 : « Paris est occupé par l’armée allemande, le gouvernement s’installe à Vichy et fait voter par les parlementaires la déchéance de la République. C’est dans cette situation que se pose la délicate question de la demande de reparution de l’Humanité, très longtemps niée après la guerre par le parti. En résumé, un avocat communiste — Foissin — transmet à un dirigeant du parti — Tréand — cette suggestion et propose d’établir un contact avec Otto Abetz à la Kommandantur. Les pourparlers s’engagent fin juin. Foissin, Tréand et Catelas — qui a remplacé Villon — se rendent dans le bureau d’Abetz. (…) Il est difficile d’imaginer qu’ils agissent sans le feu vert de la direction, probablement Duclos, et sans l’accord du Komintern » (14).


Lucidité critique

Si le Parti communiste a eu une attitude des plus critiquable sur le Pacte, en raison de sa volonté de demeurer fidèle à la ligne soviétique, il est intéressant de voir comment l’extrême gauche, et notamment Léon Trotski, se sont comportés. Il suffit de parcourir un ensemble de textes qu’il écrivit de 1937 à 1940 (date de son assassinat) et qui ont été publiés en Belgique par les « Éditions la taupe » en 1970, rassemblés et préfacés par Daniel Guérin, avec comme titre « Sur la deuxième guerre mondiale » (15). Il y rappelle :

● que depuis 1933 il a souvent annoncé « que Staline était à la recherche d’une entente avec Hitler » ;

● qu’il avait prédit « qu’en échange de la Pologne, Hitler donnera à Moscou toute liberté d’action dans les États baltes bordant l’Union soviétique » ;

● que « pour attaquer la Pologne et mener à bien la guerre contre l’Angleterre et la France, Hitler a besoin de la neutralité “bienveillante” de l’URSS et aussi des matières premières soviétiques. Les traités politiques et commerciaux assurent tout cela à Hitler » ;

● que « le pacte actuel a été conclu malgré l’existence d’une armée de plusieurs millions d’hommes, et l’objectif immédiat du pacte était de rendre plus facile à Hitler la destruction de la Pologne et son partage entre Berlin et Moscou ».

Nous n’avons que considérablement résumé les « prophéties » de Trotski et renvoyons le lecteur à la préface de Daniel Guérin qui en fait « pour le lecteur un rapide décompte » et en présente 23…

Nous terminerons avec ce que le dirigeant trotskiste français Pierre Frank analysa dans son ouvrage sur l’Histoire de l’Internationale Communiste (16). D’après lui le Pacte n’était pas pour Staline « une manœuvre diplomatique un peu douteuse, mais le point de départ d’une politique d’alliance entre deux États, comme son attitude ultérieure le démontra. D’où, de sa part, toute une série de prises de position et d’actions absolument injustifiables ». Il cite alors :

● l’entrée des troupes soviétiques en Pologne puis en Finlande ;

● la livraison à Hitler d’ « un certain nombre de réfugiés politiques allemands, des antinazis, y compris des communistes et des Juifs, qui avaient trouvé refuge en Union soviétique ou qui y avaient été invités »

● l’obligation pour l’Internationale Communiste et ses sections « de s’aligner sur cette alliance et de s’accommoder aux exigences du Kremlin, ce qui leur fit suivre pendant toute la durée du pacte une politique scandaleuse qui n’a jamais eu sa pareille dans l’histoire du mouvement ouvrier, et pour laquelle manquent des qualificatifs assez forts pour la stigmatiser ».

Ce pacte a été signé il y a exactement 70 ans. Beaucoup de jeunes n’en ont entendu parler que comme un phénomène historique comparable à beaucoup d’autres. Il a cependant eu de telles répercussions, notamment dans le mouvement ouvrier, qu’il est indispensable d’en prendre connaissance. ■

Jean-Michel Krivine, chirurgien retraité, est membre de la rédaction d’Inprecor.

Notes

1. L’annexe secrète de ce traité d’amitié stipulait entre autres : « Les deux parties ne toléreront sur leur territoires aucune agitation polonaise susceptible d’affecter le territoire de l’autre partie. Elles mettront fin à une telle agitation dès son origine et se renseigneront mutuellement sur les dispositions prises à cet effet. »

2. La première conférence Gestapo-NKVD, consacrée aux méthodes d’élimination de la « conspiration indépendantiste » polonaise a eu lieu à Brest-Litovsk le 27 septembre 1939. La seconde, dont la thématique a été élargie aux échanges des prisonniers de guerre et aux méthodes employées pour traiter la population polonaise, a eu lieu fin novembre 1939 à Przemysl. La troisième conférence s’est ouverte le 20 février 1940 à Zakopane. Son protocole final stipulait que la germanisation/russification de la population polonaise devait être achevée en 1975 (!). La délégation de la Gestapo y était dirigée par Adolf Eichmann (condamné à mort et exécuté en Israël en 1962 après un procès retentissant) et celle du NKVD par Fiodor Eichmans, l’ancien commandant des camps des Îles Solovetski, et par Rita Zimmerman, chef du camp pour enfants et commandante de la mine d’or de la Kolyma. En mars 1940 une conférence d’un niveau inférieur a eu lieu à Cracovie. Cf. http://en.wikipedia.org/wiki/Gestapo-NKVD_Conferences.

3. On lira avec intérêt : Margaret Buber-Neumann, Déportée en Sibérie : Prisonnière de Staline et de Hitler tome 1. tomes, Points Seuil, Paris 2004, prix 7,50 € ; Margaret Buber-Neumann, Déportée à Ravensbrück, Prisonnière de Staline et de Hitler, t. 2, Points Seuil, Paris 1995, prix 7,50 € ; Margaret Buber-Neumann, Milena, Seuil, Paris 1997, prix 7,50 €.

4. Entre le 3 avril et le 13 mai 1940, 4 404 prisonniers furent transportés du camp de Kozielsk, dans la forêt de Katyn, près de Smolensk, située à environ 50 kilomètres de la frontière biélorusse, où ils furent abattus d’une balle dans la nuque et ensevelis dans des fosses communes. Les 3 896 prisonniers du camp de Starobielsk furent assassinés dans les locaux du NKVD à Kharkov et les 6 287 hommes détenus au camp d’Ostaszkow ont été tués à Kalinine (aujourd’hui Tver). Les massacres ont donc concerné plus de 14 400 Polonais. Il faut ajouter à cela près de 7 800 membres de réseaux de résistance et fonctionnaires divers, non mobilisés dans l’armée, qui, au titre de la décision du 5 mars 1940, furent fusillés par les OSO (Conseil spécial de la Police) ; on en compte 3 400 en Ukraine et 3 880 en Biélorussie.

5. Le texte de la décision du BP PCUS du 5 mars 1940, annoté « ultrasecret » et signé par le secrétaire du Comité central, transmis aux autorités polonaises en 1993, stipule :

« I. Recommander au NKVD URSS

1) les affaires de 14 700 ex-officiers polonais, fonctionnaires de l’État, propriétaires terriens, policiers, agents de l’espionnage, gendarmes, colons et surveillants de prison qui se trouvent dans les camps de prisonniers de guerre,

2) ainsi que les affaires des arrêtés et se trouvant dans les prisons des circonscriptions occidentales d’Ukraine et de Biélorussie, au nombre de 11 000, membres de diverses organisations k-r [contre-révolutionnaires] d’espionnage et de diversion, des ex-propriétaires terriens, industriels, ex-officiers polonais, fonctionnaires de l’État et fugitifs — à examiner par voie spéciale en appliquant la peine capitale — fusiller.

II. Traiter les affaires sans convoquer les arrêtés et sans leur présenter les accusations, ni la décision de fin de l’instruction, ni l’acte d’accusation — sur le mode suivant :

a)concernant les personnes qui se trouvent dans les camps de prisonniers de guerre — sur la base de l’information soumise par l’Administration des prisonniers de guerre du NKVD URSS,

b) concernant les personnes arrêtées — sur la base des informations des actes présentés par le NKVD de la République socialiste ukrainienne et de la République socialiste biélorusse.

III. Confier l’examen des affaires et l’adoption de la résolution au trio de camarades composé de : Mierkoulov, Koboulov et Bachtakov (chef du Premier département spécial du NKVD URSS). » Une note ultra-secrète de L. Beria (commissaire des affaires intérieures) de mars 1940 adressée « au camarade Staline » stipulait la même chose et portait sur la première page les signatures manuscrites de Staline, Vorochilov, Molotov et Mikoyan ainsi qu’une annotation : « camarade Kalinine — pour, Kaganovitch — pour ».

6. Ces déportations ont eu lieu en quatre vagues. Le 10 février 1940 environ 140 000 personnes ont été déportées (70 % de Polonais et 30 % d’Ukrainiens et Biélorusses), les 13-14 avril 1940 environ 61 000 personnes (les femmes et les enfants constituaient 80 %), entre mai et juillet 1940 plus de 80 000 furent de nouveau déportées (dont 80 % étaient Juifs) et une quatrième vague (environ 85 000, déportées pour une période de 20 ans) a eu lieu en mai-juin 1941 — certains des transports de cette vague ont été surpris par l’agression nazie avant d’avoir pu quitter la Biélorussie et furent bombardés.

7. La traduction anglaise de cette instruction :

http://www.latvians.com/en/Reading/TheseNamesAccuse/ThNA-08-Appendix-1.php

8. Le nombre de personnes déportées vers le nord et l’est de l’URSS des trois pays baltes entre juillet 1940 et juin 1941 est estimé à plus de 131 000, dont environ 35 000 de Lituanie, 35 000 de Lettonie et 59 000 d’Estonie (d’autres chiffres mentionnent 54 000 exécutés, déportés et mobilisés dans l’armée).

9. Ce numéro des Cahiers du bolchevisme est devenu introuvable, sauf la réédition en 1951 par Dominique Wapler, accompagnée de commentaires d’A. Rossi.

10. Auguste Lecoeur : « Le partisan » - L’actuel Flammarion - 1963

11. « Histoire du Parti communiste français – manuel ». Editions sociales - 1964

12. 1904-2004 - le numéro du centenaire de l’Humanité. Hors série – avril/mai/juin 2004

14. Jacques Duclos : « Mémoires » *** Première partie : 1940/1942

15. Bernard Chambaz : « l’Humanité 1904-2004 » -Seuil / l’Humanité

16. Léon Trotsky : « Sur la deuxième guerre mondiale ». Ed. la taupe – Bruxelles – 1970

17. Pierre Frank : « Histoire de l’Internationale communiste » - ed. la brèche – T 2 - 1978




Il y a 70 ans : la signature du pacte germano-soviétique (LO)

Le 23 août 1939, à Moscou, Ribbentrop et Molotov, les ministres des Affaires étrangères respectifs de l'Allemagne nazie et de l'URSS, signèrent un pacte de non-agression. Staline espérait ainsi contenir les ambitions de conquête d'Hitler vers l'est. Illusion de courte durée, puisque deux ans plus tard l'Allemagne nazie envahissait la Russie soviétique.

Pour défendre l'URSS menacée par l'expansionnisme de l'Allemagne nazie, Staline ne comptait pas sur la politique révolutionnaire qui avait été celle du jeune État soviétique, en 1917. Depuis la fin des années vingt, il avait tourné le dos à toute idée de révolution prolétarienne. À partir de 1934, il privilégia l'alliance, bien illusoire d'ailleurs, avec les États capitalistes comme la France (pacte Laval-Staline).

 Ce fut la politique « d'alliance des démocraties » et des « Fronts populaires » contre « les agresseurs fascistes ». En France, les dirigeants du Parti Communiste abandonnèrent toute idée de révolution sociale. Le PC devint nationaliste et même chauvin. Il se transforma en champion de la défense nationale. Pour lui, le conflit qui s'annonçait n'avait plus le caractère d'une guerre inter-impérialiste, mais celui d'un affrontement des « démocraties » contre le « fascisme ».

Face aux revendications de l'Allemagne nazie sur les Sudètes, en Tchécoslovaquie, Chamberlain pour la Grande-Bretagne et Daladier pour la France signèrent les accords de Munich, en 1938, avec Hitler et Mussolini. Ce fut une capitulation sans condition où ils donnèrent la Tchécoslovaquie en pâture à Hitler, espérant ainsi retarder la guerre. Chamberlain comme Daladier, représentants respectifs de leur bourgeoisie, laissaient ainsi les mains libres à Hitler pour son expansion à l'est et espéraient bien que celui-ci finisse par régler son compte à Staline. Tenu volontairement à l'écart de cette paix impérialiste par ses anciens alliés d'hier, Staline fit volte-face et signa un pacte avec Hitler.

Ce pacte scandalisa l'opinion bourgeoise et social-démocrate. En fait, il était dans la continuité de la politique menée par Staline depuis 1935, qui recherchait à échapper à la guerre grâce à une alliance avec un des deux camps impérialistes. Mais il incluait en outre des clauses secrètes prévoyant le partage de la Pologne entre l'Allemagne et la Russie, dont la mise en œuvre fin septembre désorienta encore plus les Partis Communistes et les dizaines de milliers de militants pour qui Hitler, fossoyeur de la classe ouvrière allemande, était l'ennemi mortel des travailleurs.

Un virage diplomatique à 180° de la bureaucratie stalinienne

Cettte politique démoralisa et désorienta les classes populaires, et les militants communistes de ces « prétendues démocraties », comme l'écrivait Trotsky. En France, l'annonce de ce pacte fit l'effet d'une bombe. Certains militants communistes refusèrent d'y croire. D'autres le justifièrent en parlant de manœuvre de Staline pour gagner du temps. De nombreux militants, écœurés, déchirèrent leur carte. Des députés donnèrent publiquement leur démission et prirent des distances avec leur ancien parti. Tout comme le firent à leur tour nombre d'intellectuels, compagnons de route du parti. Et comment pouvait-t-il en être autrement, après avoir expliqué depuis 1934, à des centaines de milliers de militants, que l'ennemi c'était le fascisme ? Staline vendait désormais du pétrole et du manganèse à Hitler, expliquant que le peuple allemand aimait son Führer et que l'Allemagne était victime du « bloc impérialiste » anglo-français !

En France, la répression s'abat sur le Parti Communiste

Le pacte isola la Russie sur le plan international. En France, le gouvernement accentua la répression contre le Parti Communiste, qui avait déjà commencé au lendemain des accords de Munich. Le 25 août 1939, les deux quotidiens du PC l'Humanité et Ce Soir furent interdits, tandis que les distributeurs de tracts et les colleurs d'affiches communistes étaient systématiquement arrêtés.

Le 2 septembre, la France déclara la guerre à l'Allemagne, qui avait envahi la Pologne la veille. Daladier demanda des crédits militaires supplémentaires et les députés communistes les votèrent ! Mais le gouvernement se fichait comme d'une guigne des actes de loyalisme du PCF qu'il qualifiait de « parti de l'étranger ». Lorsque la Russie envahit à son tour la Pologne, le 17 septembre, la chasse aux communistes fut ouverte.

Le 26 septembre, le Parti Communiste et toutes les organisations communistes, liées ou pas au PCF, furent dissoutes par décret-loi adopté en Conseil des ministres à l'unanimité. Le PCF n'avait plus d'existence légale et fut réduit à l'activité clandestine. Le 8 octobre, les premiers députés communistes furent arrêtés. Daladier autorisa l'internement administratif, le 18 novembre.

 Durant les neuf mois qui suivirent la signature du pacte, la police française opéra 15 000 perquisitions et arrêta plus de 5 500 militants communistes français et étrangers résidant en France. En avril 1940 le décret Sérol - du nom d'Albert Sérol, ministre de la Justice et député SFIO (socialiste) de la Loire, ancien ministre de Léon Blum - autorisait la peine de mort pour qui nuirait à la défense nationale. Ce décret visait essentiellement les militants communistes.

Cette répression brutale porta un coup d'arrêt à l'intégration du PCF au sein de la société bourgeoise, commencée quelques années plus tôt avec la politique du Front Populaire. Elle provoqua toutefois un réflexe de solidarité chez les militants communistes, y compris ceux écœurés par le pacte germano-soviétique. Le Parti Communiste entra alors dans une période difficile où, pour survivre dans la clandestinité, il dut affronter non seulement la répression de la police de Vichy, mais aussi celle de l'occupation allemande. Il connut de nouveau un succès à partir de 1942-1943, alors que l'URSS attaquée par l'Allemagne était redevenue alliée des impérialismes anglais et américain, puis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Mais sur la base d'une politique nationaliste « d'Union sacrée ».

Il n'était plus d'ailleurs la « section française » d'une Internationale Communiste que Staline avait dissoute en mai 1943 pour complaire à ses alliés anglo-américains, mais le Parti Communiste Français. Ce qu'il est resté.
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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 09:10


Le gouvernement voudrait profiter de la prochaine loi sur le financement de la Sécurité sociale pour réviser à la baisse les droits accordés aux mères de famille en matière de retraite, au nom de « l'égalité de traitement hommes-femmes en matière de prestations sociales ».

Jusqu'à présent, les femmes salariées du privé peuvent bénéficier d'une majoration de leur durée de cotisation. Cette mesure, qui leur permet de gagner jusqu'à deux annuités par enfant, est une petite compensation du fait que de nombreuses femmes qui se sont arrêtées de travailler pour élever leurs enfants ont des trous dans leur carrière professionnelle et n'ont, à 60 ans, pas le nombre requis d'annuités pour bénéficier d'une retraite à taux plein.

Si l'on ajoute à cela qu'elles sont plus souvent touchées par le travail à temps partiel, qu'elles gagnent en moyenne 27 % de moins qu'un homme, elles se retrouvent avec des pensions qui sont en moyenne de 40 % inférieures à celles des hommes, déjà pas bien élevées.

La logique voudrait que le gouvernement s'attache à réduire ces inégalités. Et bien, c'est tout le contraire qu'il prépare, en remettant en cause le système de bonification dont bénéficient les femmes. Et il a le culot de prétexter qu'un certain nombre de pères ont intenté des actions en justice pour discrimination, puisque la Sécurité sociale leur refuse les mêmes droits.

Les trimestres supplémentaires pour la retraite dont bénéficient les femmes ayant élevé des enfants ne sont pas un « privilège », mais une infime compensation permettant de rattraper un minimum de l'inégalité qu'elles subissent au travail, et donc pour leur retraite. Revenir là-dessus ne pourrait avoir qu'un effet : aggraver encore les conditions de retraite faites aux femmes, alors qu'elles sont déjà fortement pénalisées.
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