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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 09:08


Gérard Jodar, syndicaliste, président de l'USTKE, l'Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités de Nouvelle-Calédonie, restera en prison. Ainsi en a décidé le juge d'application des peines de Nouméa, suite à une demande d'aménagement de la peine de trois mois de prison.

Cette condamnation à de la prison ferme avait été infligée en juin dernier, suite à un conflit avec la société de transports en commun, Carsud, en avril 2008. Le motif de la condamnation avait été une prétendue « provocation à attroupement armé ». Le syndicaliste a été également privé de droits civiques pendant trois ans.

Mais ce n'est pas la seule poursuite que les autorités judiciaires ont lancée contre Gérard Jodar, en tant que militant syndical. Pendant la grève qui a touché la compagnie aérienne Aircal, sur l'aérodrome de Nouméa, plusieurs syndicalistes s'étaient réfugiés le 28 juin dernier dans deux avions dont les portes étaient ouvertes, pour se protéger d'une charge policière. 28 syndicalistes ont alors été poursuivis pour « entrave à la circulation d'un aéronef » ! Six syndicalistes ont été condamnés à de la prison ferme, dont Gérard Jodar à un an de prison.

À juste titre, Gérard Jodar parle d'acharnement de l'État contre lui et contre son syndicat, le deuxième de l'île. Il exige du gouvernement français le respect intégral des dispositions de l'accord de Nouméa de 1998, accord qui devait conduire à une vraie décolonisation. Lui et son syndicat dénoncent le sort de la population kanake pauvre, face au pouvoir qui défend systématiquement le patronat local.

le 25 août prochain, les condamnations concernant l'affaire de l'aérodrome de Nouméa viennent en appel devant le tribunal. Pour soutenir les syndicalistes emprisonnés, une journée de mobilisation est organisée en Nouvelle-Calédonie samedi 22 août.
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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 09:04


Trois semaines après la rupture des discussions sur la négociation d'un « pacte social » face à la crise, entre le gouvernement socialiste de Zapatero, l'organisation patronale CEOE (le Medef d'Espagne) et les syndicats majoritaires CCOO (Commissions Ouvrières) et UGT, le gouvernement vient d'annoncer, comme il l'avait promis, des mesures sociales d'urgence concernant les chômeurs en fin de droits, ainsi qu'un projet concernant les « travailleurs autonomes » obligés de fermer boutique.

Dans ce pays, le chômage touche près de 20 % de la population active et le nombre de chômeurs qui ont épuisé tous leurs droits à une allocation ne cesse d'augmenter. La plupart n'ont même plus l'espoir de trouver un emploi, même précaire. Le gouvernement a décidé de leur accorder une aide mensuelle de 420 euros pendant six mois. Cela peut permettre de survivre à celui qui habite la campagne ou de petites villes, s'il n'y a rien à payer pour se loger et si la famille est là pour faire face aux dépenses incontournables. Mais pour tous ceux qui vivent dans les villes, c'est une misère.

Quant aux travailleurs autonomes, ce sont souvent d'anciens chômeurs qui ont ouvert un petit commerce ou se sont mis à leur compte ; et depuis des mois les faillites se multiplient parce que le pouvoir d'achat des classes populaires a diminué. Le gouvernement propose que ces « autonomes » puissent, d'ici 2010, bénéficier d'une allocation chômage allant de 583 à 1 383 euros pendant six mois. 340 000 personnes seraient concernées à condition qu'elles aient préalablement cotisé pour le chômage. Mais là encore les modalités concrètes ne sont pas claires et cette mesure n'est qu'un palliatif..

Pour répondre aux critiques des associations et syndicats concernant le fait que ces deux avantages ne soient concédés que pour une durée de six mois, le gouvernement affirme qu'ils pourraient être prolongés si, à l'échelle du pays, le taux de chômage dépassait les 17 %, taux rendant ainsi excusable le fait que le bénéficiaire de ces allocations ne trouve pas d'emploi...

Espagne - Un patronat avide et un gouvernement à son service

Lorsque le 24 juillet José Luis Zapatero, le chef du gouvernement socialiste espagnol, a annoncé qu'il rompait le « dialogue social » qui réunissait autour d'une même table les dirigeants du CEOE (le Medef d'Espagne), ceux des syndicats majoritaires, Commissions Ouvrières et UGT, et ceux du gouvernement, José Luis Zapatero a sans doute fait un bras d'honneur mérité aux représentants du patronat, mais rien de plus qu'un geste symbolique..

Cela fait des mois maintenant que les représentants du patronat ne cessent de mettre en avant, avec la plus grande intransigeance, des exigences provocantes qu'ils ont réitérées lors des réunions visant à établir un « dialogue » bien improbable. L'une de leurs revendications visait en effet à réduire de 5 % les cotisations sociales versées par le patronat, ce qui signifiait un cadeau de 15 milliards. Le gouvernement proposait pour sa part un cadeau plus modeste, mais un cadeau quand même, puisqu'il était prêt à une réduction de 1 %. Mais pour le patronat il n'était pas question de reconsidérer sa position.

L'autre pierre d'achoppement concernait la énième réforme du droit du travail en Espagne, et visait à diminuer encore le montant légal des indemnités de licenciement pour les travailleurs embauchés en fixe : elles auraient été de 20 jours payés par année de travail. Le patronat, qui a des plans de licenciements dans ses tiroirs, n'hésitait pas à affirmer que la reprise d'une politique de création d'emplois dépendait de cette réforme...

La rupture de ces négociations a été une réponse de pure forme du gouvernement, dont les syndicats se sont dits solidaires. Mais elle ne peut faire oublier que, depuis des mois, le gouvernement ne cesse de céder aux exigences des industriels et des banquiers. En effet, depuis le début de la crise, Zapatero a mis 150 milliards à disposition du système financier pour lui sauver la mise. Il a multiplié les aides au secteur automobile. Plus de 9 milliards ont été mis sur la table par le biais de l'aide à la vente de voitures ou à l'aide au crédit pas cher. Mais le patronat en veut plus. Et ce que le gouvernement donne depuis des mois à ceux qui dirigent l'économie, il le fait payer aux classes populaires par le biais des bas salaires, du chômage et des économies sur les services publics.

Et puis le petit geste de Zapatero ne l'empêchera pas de céder demain devant la pressions des banquiers et du grand patronat qui reviendront à la charge, « dialogue social » ou pas. Quant aux protestations des syndicats, elles restent aussi très mesurées. Pendant les six derniers mois où se négociaient (comme cela se passe tous les deux ans) les accords d'entreprise des grandes entreprises, les dirigeants syndicaux n'ont pas appelé les travailleurs à mener des luttes pour défendre leurs droits, leurs salaires, et s'opposer aux plans de réductions d'effectifs. Maintenant les négociations concerneront les entreprises moins importantes, qui pèsent moins dans l'économie. Mais il faut espérer que, accords signés ou pas, les travailleurs des petites et des grandes entreprises n'accepteront pas les sacrifices que très ouvertement le patronat va s'efforcer de leur imposer.

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 19:11

mercredi 19 août 2009

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Complet ! La première université d'été du NPA qui se déroulera à Port Leucate du dimanche 23 au mercredi 26 août est déjà un succès en terme de participation.


Au point qu'il a fallu chercher des solutions d'hébergement supplémentaires à proximité du village vacances Les Carrats qui accueillera militant-e-s et sympathisant-e-s du NPA.

Une réponse nette à la petite campagne médiatique de juin qui voulait à toute force donner à voir un NPA dans la mouise perdant des milliers (!) de membres.


Cette initiative sonnera la rentrée politique du NPA. Une rentrée politique que nous espérons chaude, car les raisons de se révolter sont plus importantes après cet été meurtrier marqué notamment par de nouvelles attaques contre les retraites ou le repos du dimanche et par des vagues de licenciements qui se poursuivent. Ce sera l'occasion de faire le point sur la crise économique que le gouvernement veut à toute force voir derrière lui et sur nos réponses à cette crise. Le lien entre crise économique et crise écologique sera aussi l'objet de débats ainsi que la question du réchauffement climatique dans la perspective de la mobilisation à l'occasion du sommet de Copenhague à la fin de l'année.


Un meeting public, dimanche soir, permettra de développer notre analyse de la situation en cette rentrée, de développer nos réponses, de donner la parole à des représentants de secteur en lutte.


Au menu également, la tenue de deux débats pluralistes. L'un consacré aux mobilisations dans lequel nous avons convié les responsables des principales organisations syndicales.


Cet été, la presse s'est fait l'écho du refus de la direction de la CGT d'y participer invoquant notamment l'hostilité à son égard dont nous aurions fait preuve au cours des mobilisations de ces derniers mois et du fait que nous ne respecterions pas les "prérogatives des syndicats par rapport aux partis politiques". Nous avons répondu à la CGT que nous souhaitions sa présence au-delà de nos divergences. Il n'est pas trop tard pour envoyer un représentant à Port Leucate. En effet, c'est bien un débat fraternel et pluraliste que nous voulons et il serait incompréhensible que la CGT, s'en détourne alors qu'elle ne rechigne à débattre avec personne à l'accoutumée, en répondant par exemeple à l'invitation d'autres partis comme le PS ou le PCF et même... à celles du Medef !


Les divergences invoquées méritent d'être clarifiées et débattues. Nous pensons pour notre part que si les syndicats et les partis n'ont pas la même fonction, il n'y a pas de barrière hermétique entre les deux, comme l'a montré le LKP en Guadeloupe. C'est même peut être la clé du succès... Partisans d'une opposition radicale au patronat et au gouvernement, nous avons nous aussi des propositions à faire en terme de rythme et de forme de mobilisation. Et c'est un débat d'une actualité... brûlante !


Le second débat pluraliste permettra d'échanger avec des représentants du PCF, du Parti de Gauche, de la Fédérationdes Alternatifs, des Alterekolos, des Objecteurs de Croissances (d'autres mouvements n'ont pas donné suite à notre invitation) sur les convergences possibles entre nos courants politiques, sur les terrain des mobilisations et sur celui des élections.


En présence d'invités venus de nombreux pays, l'Université d'été sera aussi l'occasion de faire le point sur l'actualité de l'anticapitalisme à l'échelle internationale.


Impossible ici de faire le point sur les nombreux sujets qui seront aussi abordés, mais vous pouvez vous reporter au programme complet dans la rubrique « université d'été » du site.


Si vous n'êtes pas inscrits, c'est trop tard, mais pas de crise de nerfs !: vous pourrez suivre l'actualité de l'université d'été sur le site npa2009.org. Nous mettrons au fur et à mesure en ligne textes et vidéos pour vous faire partager un peu ce moment...

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 13:20


Les 8 & 9 août 2009, à l'initiative du NPA de Crozon s'est tenue la "Fête Changer le Monde" à Argol. Plusieurs centaines de personnes s'y sont retrouvées.

Dans une très bonne ambiance se sont succédés des groupes musicaux de qualité: chant, rock , folk, accordéon diatonique...



Louis Le Pape, de Pont l'Abbé, membre du CPN (Comité Politique National du NPA) pour le NPA du Finistère, a fait un intervention politique à la tribune en début de fête, les discussions se sont poursuivies aux tables de presse, au stands ou à la buvette...



Plusieurs associations, que nous remercions pour leur participation, ont tenu des stands durant toute la fête: l'Association France Palestine Solidarité, Le Planning Familial, le Réseau sortir du nucléaire, mais aussi les faucheurs d'OGM et un groupe de soutien aux sans papiers.

Les camarades de Crozon avaient prévu un dispositif impressionnant tant au niveau de la restauration, de qualité!, que de la sonorisation.
A milieu d'un été plutôt gris, le Finistère a de plus connu pour ces 2 journées un ensoleillement ostentatoire.



A la table de presse du NPA, un "Espace André Fichaut" rendait hommage à notre camarade, militant ouvrier et révolutionnaire, qui nous a quitté en début d'été.



Plus de 200 euros de journaux, brochures et livres ont été vendus.
Pour une première en presqu'île de Crozon, cette fête est donc une réussite.

André (du NPA Brest) 06 42 17 95 56

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 09:56







Ministère des Affaires Populaires



Hip-hop-chanson-rap-alternatif

Flow d’prolo, accordéon, violon, machines électro-hip hop et pas de chichis ni fioritures, le MAP c’est de l’artisanal bien de chez nous et bien basané. Fils d’immigrés algériens, enfants du plat pays  et citoyens du monde, les 5 saltimbanques ch’timis révolutionnaires du MAP composent, avec leurs cultures, leurs racines et leurs réalités au pays du vin, du boursin, des discriminations raciales et des injustices sociales, en occupant le terrain avec militantisme, impertinence et musicalité.

Avec un rap teinté de chanson et de musique orientale le MAP réinvente un bal populaire plus militant et plus contestataire sans en oublier la dimension festive.



Leur devise: « Révolte et Espoir » (découverte du printemps de bourges 2006)

Leur nouvel album « Les Bronzés font du ch’ti », plus contestataire, plus militant plus insolent et encore plus politiquement incorrect le MAP est de retour avec une nouvelle galette qui risque de faire beaucoup de bruit en 2009.

Avec des mélodies qui vous feront voyager de Lille à Ramallah en passant par Alger, des refrains scandés qui vous plongeront en plein cœur d’une manif pour la régularisation des sans papiers, des cris de colère, des messages d’espoir et d’amour « Les Bronzés font du ch’ti » est un album qui résonne comme un appel à la révolte, à l’insurrection et à  la désobéissance mais surtout à la SOLIDARITE

 


 


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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 08:51






Libération Politiques 17/08/2009 à 06h51

Interview de Gérard Jodar

Condamné fin juin à un an de prison ferme, le syndicaliste Gérard Jodar a vu sa demande d'aménagement de peine rejetée. Il évoque pour «Libération» sa détention et la situation du peuple kanak.


Recueilli par MATHIEU ECOIFFIER


C'est un véritable document que publie Libération : un entretien avec Gérard Jodar, président du syndicat indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, l'USTKE (Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités). Condamné à un an de prison ferme, fin juin, pour entrave à la circulation d'un avion, il est l'un des très rares syndicalistes à être emprisonnés en France – le juge d'application des peines du tribunal de grande instance de Nouméa vient d'ailleurs, ce lundi, de rejeter la demande d'aménagement de peine formulée par les avocats du président de l'USTKE.


Gérard Jodar explique les conditions de sa détention ainsi que la situation sur le Caillou. Ses proches lui ont fait parvenir les questions que nous lui avons posées par écrit.


D'abord, comment allez-vous ?

Je vais très bien car je suis soutenu par beaucoup de militants, par un collectif et par ma famille. Je suis au Camp Est, seule prison du pays, et cette expérience est très enrichissante. Les constats que je fais sont terribles. D'abord, 97 % des détenus sont des jeunes Kanaks. La prison, prévue pour 190 détenus, en compte 417. Nous sommes cinq ou six dans les cellules crasseuses de 11 m2. Nous avons droit à une demi-heure de promenade le matin et l'après-midi dans une petite cour. Il n'y a aucune structure de formation en interne pour permettre la réinsertion de tous ces jeunes détenus. Nous n'avons droit qu'à deux visites d'une demi-heure par semaine. La nourriture est loin de correspondre aux besoins et aux normes. Quand je pense que la France est le pays des droits de l'homme… Bravo ! Il faut qu'une mission parlementaire vienne faire un constat et atteste de ce que je dis. Du côté du personnel pénitentiaire, les choses ne sont pas mieux : sous-effectifs, mauvaises conditions de travail, les gardiens sont découragés. Nous sommes toujours dans une colonie et pas très loin de l'époque du bagne.


Que vous reproche-t-on ?

Nous sommes victimes de l'acharnement de l'Etat au travers de l'action des forces de l'ordre et du parquet de Nouméa. Cela fait deux fois depuis début 2008 que nous sommes chargés par plusieurs centaines de policiers et gardes mobiles, alors que nos mobilisations, dans le cadre de grèves générales licites, étaient pacifiques. Dans le dernier conflit, celui d'Aircal [une compagnie aérienne locale, ndlr], lors de l'assaut violent des forces de l'ordre, nous avons été contraints de nous réfugier à vingt-huit dans deux avions dont les portes étaient ouvertes pour nous protéger et attendre la fin des affrontements. Nous sommes tous passés devant le tribunal, et pour des faits strictement identiques, les condamnations vont de l'amende à douze mois ferme pour le responsable de notre fédération BTP et moi-même, en passant par la prison avec sursis. Ces décisions sont totalement discriminatoires, voire surréalistes. Il n'y a eu aucune instruction malgré la requête de nos avocats, et ce fut un procès exclusivement à charge.


En vous maintenant en détention, ne fait-on pas de vous un symbole de la résistance aux autorités et au patronat calédoniens ?

Etre un symbole ne fait pas partie de mes ambitions. Je veux être et rester avant tout un militant qui se bat pour plus de justice sociale, pour une juste et effective répartition des richesses, pour le rééquilibrage en faveur du peuple kanak, pour la construction d'un pays multiculturel dans le cadre d'une communauté de destin. Malheureusement, ici, il vaut mieux tenir un discours politicien que faire preuve de sincérité et d'honnêteté intellectuelle. Le patronat, en grande partie, n'aime pas l'USTKE car notre syndicat n'hésite pas à se mobiliser et dénonce la répartition aberrante des richesses. Un quart de la population est en dessous du seuil de pauvreté et une autre partie de cette population vit dans l'opulence et le luxe.


Pour le haut-commissaire de la République, Yves Dassonville, «Aircal est un prétexte. Ce qui est fondamentalement recherché par l'USTKE, c'est de créer de la tension». Que pensez-vous de cette affirmation ?

Dans notre pays, il faut que certains arrêtent de fantasmer. Depuis la prison, j'ai entendu tout et n'importe quoi sur ce conflit. Si, comme nous l'avions souhaité, les négociations avaient débuté dès le départ de la grève, et non plusieurs mois après, le conflit aurait été réglé de suite, et rien de ce qui s'est produit n'aurait eu lieu. Mais comme je vous l'ai dit, il ne faut jamais occulter le fait que nous sommes un syndicat indépendantiste et que l'Etat, le patronat et la droite locale ne rêvent que d'une chose, voir l'USTKE disparaître. Là encore, il faut qu'ils arrêtent tous de fantasmer.


José Bové accuse Yves Dassonville «de jeter de l'huile sur le feu». Partagez-vous cette analyse ? Pensez-vous qu'il doive rester en fonction ?

En trente ans, je n'ai jamais vu un haut-commissaire donner des instructions aussi brutales et tenir un discours aussi radical sous prétexte de maintenir l'ordre public. Nous ne sommes pas dans un pays de voyous, comme il se plaît à nous traiter. Il n'a pas su tenir compte de la culture du pays et c'est grave. Il est effectivement préférable qu'il soit muté ailleurs et que quelqu'un de plus diplomate prenne sa place.


Alors que le conflit s'envenime, on constate une mobilisation des jeunes aux côtés de l'USTKE. Comment expliquez-vous ce front commun ?

Je voudrais avant tout dénoncer les propos du haut-commissaire qui a déclaré que l'USTKE enrôlait et armait la jeunesse afin de l'utiliser contre l'Etat et déstabiliser le pays. Encore une déclaration qui illustre bien sa méconnaissance de la réalité. Je voudrais aussi dire que je condamne le saccage et le pillage des commerces ou d'installations publiques. J'ai la chance de fréquenter beaucoup de jeunes : ils ne croient plus à la politique d'aujourd'hui, n'ont plus confiance dans les institutions et n'ont aucun débouché professionnel. Lorsqu'on n'a plus d'espoir dans l'avenir, voire plus d'avenir, eh bien on réagit par réflexe ! On voit des syndicalistes se faire taper dessus par les forces de l'ordre, on entend des discours radicaux tenus à leur encontre, qu'est-ce que se disent alors les jeunes ? Battons-nous à leurs côtés, peut-être que cela créera une prise de conscience qui pourrait apporter un changement des comportements en notre faveur. La jeunesse est l'avenir du pays, ne pas la prendre en compte, c'est ruiner tous les espoirs de vivre un jour dans un pays où chacun aura sa place.


Qu'attendez-vous aujourd'hui du gouvernement et de Marie-Luce Penchard, la secrétaire d'Etat à l'Outre-Mer ?

Le gouvernement français se doit de respecter intégralement les dispositions de l'accord de Nouméa de 1998. Ces accords doivent conduire à une vraie décolonisation, et il est donc fondamental que la sincérité prévale dans cette démarche. Si le peuple kanak et les citoyens du pays se sentent trahis, leurs réactions seront fortes. Marie-Luce Penchard est venue pour la première fois chez nous et elle n'a pas pris la mesure des choses. Elle est restée dans le superficiel aux côtés de ses collègues de la droite locale. C'est dommage.


Le Medef local accuse votre organisation de prendre en otage l'économie calédonienne…

Le Medef local, qui vient d'ailleurs de se diviser, n'a qu'une démarche, celle d'accentuer les profits pour une minorité sous l'habillage du développement économique. De nombreux patrons gagnent beaucoup d'argent chez nous mais placent cet argent ailleurs. Le Medef local est fondamentalement anti-indépendantiste et n'arrête pas de nous dire qu'ici, c'est la France. Alors pourquoi le salaire minimum est-il plus bas chez nous, pourquoi les avantages sociaux sont-ils inférieurs ? Lorsqu'on pose la question à certains patrons, ils nous répondent : "Estimez-vous heureux qu'on vous donne du travail !"


Quels sont les liens entre l'USTKE, la CGT et le NPA d'Olivier Besancenot ?

Des liens forts, fraternels, qui doivent renforcer notre détermination à faire changer les choses. Lors de la dernière campagne électorale, nous avons choisi pour slogan "Un autre monde est en marche" parce que nous avons la chance d'être des hommes de terrain et que les constats que nous faisons jour après jour sont écœurants. L'argent se concentre sur une minorité alors qu'une majorité vit de plus en plus mal. La plupart des discours politiques sont trompeurs, et dans un petit pays comme le nôtre, ils sont téléguidés par le patronat.


Qu'est-ce qui a changé depuis les accords de Matignon de 1988 ?

L'USTKE a été la seule organisation syndicale à avoir signé les accords Matignon-Oudinot par la plume de son président fondateur, Louis Kotra Uregei. Ces accords ont été dans un premier temps un "cessez-le-feu" qui mettait un terme aux événements de 1984-1988. Ces accords, suivis par ceux de Nouméa, doivent, pour nous, conduire à la reconquête de la souveraineté. Cette souveraineté devrait nous permettre de gérer notre pays en toute responsabilité.


Choisir notre système de développement social, économique, de santé, d'enseignement. Décider de nos relations internationales. Les accords doivent donc s'inscrire dans cette démarche afin que nous construisions ensemble ce pays multiculturel pour lequel nous nous battons. Mais avec un préalable très important, celui de restituer au peuple kanak sa place légitime de peuple autochtone, seul peuple colonisé, au centre du nouveau pays.


Malheureusement, beaucoup trop de gens encore font croire que l'indépendance, c'est la pauvreté, l'anarchie, l'exclusion de ceux qui ne veulent qu'une chose, que surtout rien ne change, car ils vivent richement et égoïstement. Il faut aussi dire que les donneurs de leçon n'arrêtent pas de parler de démocratie et de liberté dans un pays où il n'y a qu'une chaîne de télévision, appartenant à l'Etat, un seul quotidien et cinq stations de radio.


Dans ces conditions, comment pouvez-vous imaginer qu'il y ait une réelle liberté de parole ? Alors bien évidemment, les responsables politiques de droite en profitent pour diffuser un discours systématiquement basé sur "heureusement que nous sommes français, sinon !!!" J'ai déjà demandé des débats publics portant sur notre approche de l'indépendance avec des élus de droite sur le plateau télé de RFO ou sur les ondes radio. Pour l'instant, on nous rétorque que personne ne veut s'abaisser à dialoguer avec nous sur ce thème. Je voudrais aussi dire que nous sommes indépendantistes mais pas antifrançais, et cet amalgame, encore trop utilisé, est indigne.


Les récents troubles sont-ils dus à la grosse vague d'immigration métropolitaine que la Nouvelle-Calédonie connaît depuis dix ans ?

Effectivement, depuis que la paix civile est revenue dans le pays, nous assistons à une vague de plus en plus importante d'immigration en provenance de France. Le peuple kanak et ceux qui ont été reconnus comme victimes de l'histoire vont devenir minoritaires si rien n'est fait. Nous avons demandé qu'un texte soit voté pour protéger l'emploi en faveur de cette population. Un texte a bien été préparé, mais il ne répond pas assez fortement à nos aspirations. Quand on connaît la crise économique que traverse la France et la facilité avec laquelle ceux qui débarquent arrivent à trouver du travail au détriment de ceux qui sont citoyens du pays, on ne peut qu'être choqué. Vous savez, dans les tribus ou les quartiers populaires et les squats de Nouméa, la capitale est appelée "Ville Blanche" parce qu'il n'y a plus que des Européens. Il faut stopper cette immigration qui n'a comme but que la mer, le soleil et le fric.


Comment voyez-vous la situation dans le pays ?

Si toutes les compétences régaliennes sont bien transférées avant le référendum de 2014, si les discours de la peur cessent, si la volonté de construire un pays prospère dans le cadre d'une réelle communauté de destin par le rééquilibrage est effectivement mise en œuvre, tous les espoirs sont permis. Dans le cas contraire, faute d'émancipation par la réparation des dommages dus à la colonisation, l'espoir sera alors vain.

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 08:46

 

 

Comment vivre ensemble sur un même territoire ? C’est bien l’objet de la politique ! A ce titre, le comité NPA de Lannion est bien dans son rôle de dénoncer la propagation des algues vertes sur les côtes.


Depuis 1971 le problème a été posé plus d’une fois et il a fallu la mort d’un cheval pour relancer les prises de conscience. Mais la réaction de l’Etat, on l’attendra longtemps. Parce qu’il ne faut pas se voiler la face : tout ce qui favorise le système capitaliste (grosses entreprises agroalimentaires et industrielles) sera soigneusement accompagné par l’Etat. Tant qu’il ne sera pas mis un coup d’arrêt à l’agriculture intensive, le problème des algues vertes se posera longtemps encore.


Les structures étatiques et celles de l’Europe libérale en particulier, subventionnent l’agriculture intensive. Elles multiplient les directives étouffantes dont seules les grandes exploitations agro-industrielles profitent. Le soi-disant « capitalisme vert » que certains prônent reproduit déjà cette logique au profit des grands groupes, des lobbys phytosanitaires et agrochimiques (pesticides, OGM) !


Une autre politique agricole est possible et nécessaire pour préserver l’emploi et la ressource naturelle.

Que propose le NPA dans l’immédiat?


- Arrêt de l’élevage intensif hors sol

- Arrêt de vente de produits chimiques pour le traitement des parcelles et des élevages

- Arrêt de toutes les productions polluantes (industrielles et agricoles)

- Le NPA défend l’urgence à soutenir massivement des exploitations à dimension humaine et écologique, en coopératives, autogérées, avec un statut valorisé pour les « petits » paysans et les ouvriers agricoles.


Une autre agriculture est possible parce que nos vies valent plus que leurs profits.

Note du NPA: Rappelons nous les menaces de mort contre Gérard Borvon, des Verts! Il y a du pognon en jeu!

Algues vertes. André Ollivro pris pour cible

18 août 2009 Le Télégramme


Hier matin, André Ollivro, le porte-parole de l'association Halte aux marées vertes a retrouvé des roundballers de paille, déposés la nuit précédente, devant sa maison. La semaine passée, c'était un courrier anonyme: un avis d'obsèques.

Il préfère en sourire: «Il y a quelque temps, quelqu'un avait déversé du fumier devant chez moi. Et le fumier ça m'intéresse pour mes cultures. Mais là, des roundballers de paille...». Hier matin, alors qu'il se trouvait dans son cabanon de la plage de La Granville, André Ollivro a été alerté par l'un de ses voisins, Alain Le Mouel, que trois grosses bottes de paille avaient été déposées devant sa maison, à Morieux. Selon ce voisin, les faits se seraient produits vers 2h du matin. Même si le militant écologique, porte-parole de l'association Halte aux marées vertes, refuse de dramatiser l'affaire, difficile de ne pas penser à une manoeuvre d'intimidation. D'autant plus qu'au début du mois, c'est un courrier anonyme qui est arrivé dans sa boîte aux lettres. «C'était une page d'avis d'obsèques», relate André Ollivro. «Je l'ai déposée à La Poste pour essayer de savoir d'où elle venait. Apparemment de pas très loin». Au sein de l'association, qui se bat contre la prolifération des algues vertes sur les plages, il n'est pas le seul visé. Il y a huit jours, un autre militant a retrouvé ses sacs d'engrais percés.

«L'intelligence paysanne doit reprendre le dessus»

«Après la médiatisation faite autour du décès d'un cheval sur une plage à Saint-Michel-en-Grève, je ne suis pas étonné de retrouver ça devant chez moi», continue le retraité d'EDF-GDF qui montre du doigt les défenseurs de l'agriculture intensive: «Ils sont acculés. Ils savent qu'ils font des dégâts sanitaires. Maintenant, il ne faut pas que ça dégénère. L'intelligence paysanne doit reprendre le dessus». Pour se prémunir contre toute action future, André Ollivro s'est rendu à la gendarmerie, hier après-midi. Les militaires ont enlevé les roundballers et le militant écologiste décidera demain, avec eux, quelles suites judiciaires donner à l'affaire. En attendant, il a rendez-vous cet après-midi avec des journalistes de la BBC pour parler, encore et toujours, des algues vertes.

 

Écologie. André Ollivro, «le coriace»

17 août 2009 - Ler Télégramme


Si l'État français a décidé d'analyser la toxicité des algues vertes, il y est sans doute pour quelque chose. Inoxydable opposant à la centrale de Ploufragan, inlassable pourfendeur des algues «tueuses», André Ollivro, 63 ans, est l'une des figures de l'écologie dans les Côtes-d'Armor. Ses positions lui ont valu l'envoi de menaces de mort. Cette nuit, des bottes de pailles ont aussi été déposées devant son domicile.

Écolo, il l'est devenu sur le tard. Élu communiste pendant des années en région parisienne, André Ollivro aura attendu la retraite et son retour dans les Côtes-d'Armor pour passer du rouge au vert. La petite histoire raconte que c'est un après-midi de 2000, lors d'une manifestation sur la «mal-bouffe» à Saint-Brieuc que la conversion s'est faite, après avoir entendu un discours d'André Pochon, l'une des figures bretonne de l'agriculture durable. Depuis cette date, Ollivro «le coriace», comme il lui arrive de signer ses courriels, ne se ménage pas pour alerter la population sur les dangers des algues«tueuses», fruits de «l'agriculture intensive» et dénoncer «l'inertie» de l'État.

Retour à la fac à presque 60 ans

Depuis son terrain, situé sur les hauteurs de la plage de La Granville, à Hillion, l'ancien ingénieur d'EDF-GDF a eu tout loisir d'observer leur prolifération. «Quand j'ai monté mon cabanon ici, en 1968, les premières algues vertes faisaient leur apparition». Quatre décennies plus tard, le ballet des camions ramassant les algues se déroule, tous les matins, sous ses fenêtres. En 2001, lorsqu'il fonde avec d'autres l'association Halte aux marées vertes, l'ancien gazier trouve rapidement un angle d'attaque: puisqu'à ses yeux, la France ne respecte pas les directives de Bruxelles sur les nitrates, il faut la traduire en justice.


Persuadé que le salut ne passera que par la mobilisation citoyenne et par l'application des règlements européens, il décide alors, à presque 60 ans, de s'inscrire à la faculté de droit de Saint-Brieuc, pour «comprendre les arcanes judiciaires». Troisans plus tard, quatre associations déposent plainte contre l'État. Et le 25octobre 2007, le tribunal administratif de Rennes leur donne raison(L'État a, depuis, fait appel de cette décision,NDLR).

L'État réagit

L'été dernier, lorsque deux chiens meurent sur la plage de La Granville, après avoir inhalé l'hydrogène sulfuré émanant des algues en putréfaction, Ollivro s'active encore. L'ancien «adolescent renfermé» rameute les médias, organise des rassemblements et interpelle préfet et élus. Pour un résultat mitigé. Mais fin juillet, lorsqu'un cheval succombe à son tour sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (22), les algues vertes se retrouvent partout à la une de l'actualité. Et cette fois, l'État français intervient et décide, la semaine passée, de lancer des analyses sur leur toxicité.

«Il ne se décourage pas malgré les coups reçus»

«On a besoin de vrais militants comme André. C'est quelqu'un qui va jusqu'au bout, souligne AndréPochon. Il est volontaire, tenace et têtu». Seulement, au sein du microcosme écolo, même si personne ne remet en cause son efficacité, certains militants reprochent à «l'électron libre» Ollivro ses emportements. On l'accuse également de se confondre parfois avec sa cause. «C'est quelqu'un d'entier et de passionné. Porté par ses convictions», corrige un membre du Collectif urgence réchauffement climatique 22. «C'est toujours pareil, dès qu'un militant en fait beaucoup, cela crée des jalousies, ajoute André Pochon. Moi, je suis plein d'admiration pour les gens comme lui qui ne décourage pas malgré les coups reçus».

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 08:40

lundi 17 août 2009

Agrexcoalition.jpg


Une mission civile composée de membres de la Cimade, de la CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien), du CMF (Collectif des Musulmans de France) et du NPA s’est rendue en Palestine fin juillet pour enquêter sur la société israélienne Agrexco.


Les 4 organisations prenant part à cette mission sont toutes membres de la "Coalition contre Agrexco", qui s’est formée pour s’opposer à l’implantation d’Agrexco dans le port de Sète (34), projet lancé par le sioniste convaincu Georges Frêche, président du Languedoc Roussillon, et voté par le Conseil Régional (majorité PS-PC).


Depuis la création de cette coalition à la fin du mois de mai, plus de 80 organisations l’ont rejointe : partis politiques, syndicats, associations de défense du peuple palestinien, association pour les droits de l’homme…


Le 25 juin, une journée de mobilisation était organisée, avec des marches partant de Nîmes (60km de Montpellier) et de La Paillade (quartier populaire de Montpellier) qui ont rejoint le cortège de la manifestation de plus de 1000 personnes devant le Conseil Régional. Le mot d’ordre : pour le respect du droit du peuple palestinien et la sauvegarde des emplois agricoles régionaux, non à Agrexco !


Agrexco est une société dont le capital est détenu à 50% par l’Etat d’Israël, et qui exporte fruits, légumes et fleurs, produits en parti dans les colonies israéliennes en Cisjordanie et de la bande de Gaza. Tous ces produits arrivent sur nos marchés avec un label "made in Israël", sans qu’il y ait moyen de faire la différence entre production des colonies, de Palestine ou d’Israël. Agrexco commercialise notamment les marques Carmel, Biotop et Ecofresh.


Au cours de cette mission nous avons rencontré des organisations palestiniennes et israéliennes (comité BDS palestinien, syndicats, associations anticolonialistes…), ainsi que le ministre palestinien de l’agriculture, pour recueillir leur opinion et leurs témoignages sur les pratiques d’Agrexco.


Toutes ont été claires. Cette société, par l’exploitation des paysans palestiniens, par la commercialisation de produits issus des terres et de l’eau volés aux palestiniens, participe activement à la politique de colonisation et de domination d’Israël.


En nous rendant dans la vallée du Jourdain, principale zone agricole de Cisjordanie, entièrement contrôlée par Israël, nous avons pu voir la réalité de la colonisation et discuter avec des paysans palestiniens. Quasiment toutes les terres appartiennent désormais aux colons.


La main d’œuvre palestinienne est utilisée dans les plantations dans des conditions exécrables : salaires minimes, pas de protection sociale ou maladie, accidents sont fréquents…


Et pour ceux qui viennent d’autres régions de Cisjordanie pour travailler ici, les habitants de la région refusant de plus en plus de se vendre à ceux qui ont volé leurs terres, des logements des plus sommaires, ressemblant à des box à chevaux, leur sont gracieusement mis à disposition, et un petit poste de santé pour des milliers de personnes.

 

La peur se lit sur les visages des travailleurs que nous tentons d’interroger à la sortie des plantations de palmiers dattiers. Ils n’ont pas le droit de nous parler, ils craignent pour leur travail, leur famille, si jamais un colon les aperçoit…


Une partie de la production agricole palestinienne est également achetée par les compagnies israéliennes pour être mêlée aux produits des colonies ou d’Israël et exportée. Dans bien des cas, les paysans palestiniens sont escroqués, et ils ne sont pas payés pour leur production, et c’est de toute façon les Israéliens qui fixent les prix, évidemment très bas.


Aujourd’hui, les Palestiniens n’ont pas beaucoup d’autre choix que de passer par Agrexco (ou autre entreprise du même genre) pour vendre leur production, au risque de la voir pourrir au prochain check sur la route de Ramallah ou de Naplouse.


Leur message est unanime et très clair : nous devons les aider, par le boycott, à faire pression sur Israël pour qu’exploitation et colonisation stoppent, pour qu’ils retrouvent le contrôle de leurs ressources, leur liberté de circuler et de vendre leurs produits pour eux.


Avec les élections régionales françaises approchant, cette « affaire Agrexco » va prendre encore plus d’ampleur. Il faut maintenir la pression sur les élus pour que le Conseil Régional revienne sur son vote et ne se rende pas coupable de sponsoring de l’occupation de la Palestine.


Le 10 octobre est prévu comme journée nationale de mobilisation pour le boycott d’Israël et, à Montpellier, se tiendront "6h pour la Palestine : contre Agrexco et pour l’emplois. Des militants de différent pays où se mène cette lutte (Ecosse, Belgique, Palestine…) participeront aux ateliers de débat et au meeting.

Si cette bataille contre Agrexco est pour l’instant locale, elle doit vite devenir nationale voire même européenne !

Non à Agrexco ! Boycott Israël !

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 09:51
La revanche de la classe ouvrière.
La classe ouvrière est morte. La conscience de classe avec, c’est la Crise, il faut se serrer la ceinture, il faut être moderne et réaliste. Et voilà que 49 ouvriers de l’Innse, une entreprise métallurgique milanaise, nous donnent une leçon magistrale de ce que c’est la classe ouvrière italienne aujourd’hui. Une entreprise à démanteler et à brader, des syndicats prêts à tous les compromis, et des ouvriers qui disent non. Voilà comment Gianni Rinaldini le secrétaire national des métallos de la CGIL (la F.I.O.M.) explique cette lutte qui s’achève sur une victoire.

La classe ouvrière est morte. La conscience de classe avec, c’est la Crise, il faut se serrer la ceinture, il faut être moderne et réaliste. Et voilà que 49 ouvriers de l’Innse, une entreprise métallurgique milanaise, nous donnent une leçon magistrale de ce que c’est la classe ouvrière italienne aujourd’hui. Une entreprise à démanteler et à brader, des syndicats prêts à tous les compromis, et des ouvriers qui disent non. Voilà comment Gianni Rinaldini le secrétaire national des métallos de la CGIL (la F.I.O.M.) explique cette lutte qui s’achève sur une victoire. (1)

« Je me sens libéré d’une grande angoisse, serein, oui les ouvriers de l’Innse ont gagné [...] J’ai éprouvé la même émotion, le même enthousiasme que lors des 21 jours à la Fiat de Melfi. Cette fois-ci nous avons gagné à Milan et la ville en avait vraiment besoin. Ici l’industrie et le tissu social ont subi une dévastation sans pareil. C’est la première, fois depuis des années, qu’à Milan les travailleurs et le syndicat obtiennent une victoire si nette. [...] C’est une représentation en petit des raisons qui ont produit la crise globale. Il ya l’abandon d’une entreprise industrielle, cédée pour être mise à la casse à ceux qui veulent spéculer sur les machines. Les esprits les plus entreprenants jouent à la roulette de la finance et des affaires immobilières. Les bulles éclatent et après la cuite on s’aperçoit que l’industrie a encore des cartes à jouer. [..] Ces ouvriers ont résisté 15 mois, ils ont tenu grâce au rapport qu’ils ont, non pas avec le travail, mais avec leur travail. Ils ont très professionnels avec un très grand orgueil de métier [...] C’est vrai l’action éclatante a attiré l’attention mais cela n’explique pas tout […]. C’était une lutte de longue durée. L’action éclatante n’a été que la dernière action dictée par la rationalité et non pas par le désespoir : Si on laissait démonter les machines et les amener, pour eux c’était fini [...] Ils ont fait 3 mois d’autogestion gratis. Puis dès qu’ils arrivaient à se faufiler à l’intérieur de l’usine, ils faisaient de la manutention pour garder les machines en état. […] Sans les machines le nouveau propriétaire n’aurait pas acheté. »
Manuela Cartosio, de Il Manifesto demande à Gianni Rinaldini : « A l’Innse ont a vu une communauté à l’œuvre. Différente de celles qui se sont rassemblées pour « nettoyer le territoire des Roms et des migrants ». Rinaldini fait une mise au point : « Le mot communauté ne me plait pas. Il indique quelque chose qui exclut au lieu d’inclure. Je préfère parler d’expérience collective où l’on passait de moment d’euphories à des moments d’abattement. […] Le succès de l’Innse est un message d’espoir pour tous les travailleurs non seulement les métallos. Il dit que « la lutte paie » ce n’est pas une phrase toute faite. Cela nous donne des forces pour les défis de l’automne prochain, y compris pour le renouvellement du contrat national ».

A Milan, l’un des protagonistes de la lutte explique leurs rasions et les moments clé de celle-ci :

L’unité entre les ouvriers a été notre force.

Mariangela Maturi, il Manifesto 13 août 2009.

« Vincenzo Acerenza et ses collègues ne sont plus sur la grue. Ils ne sont plus au piquet de grève. Ils sont accueillis comme des héros. Courtisés par les journalistes, embrassés par les parents et par ceux qui pendant des mois leur ont apportés des sandwichs, du vin et un peu de soutient.

Vincenzo n’est plus un jeune homme, (qu’il ne nous en veuille pas) avec ses cheveux blancs, ses lunettes ronde et sa chemise rigoureusement bleue.

En somme a-t-il été plus difficile de monter ou de descendre de cette fameuse grue ?

Nous avons décidé d’y monté alors que nous entrions dans l’usine, sur le moment. Que faire une fois que nous étions dedans ? Ils auraient pu nous jeter dehors. Nous sommes montés sur le pont roulant. Après une semaine en descendant je n’y croyais pas ! Je n’y crois même pas maintenant, à vrai dire. Pour nous tous, la plus grande peur, à ne pas réussir à en dormir la nuit, était de pouvoir démontrer que ce n’est pas toujours le patron qui gagne. Je pensais à quel exemple nous aurions donné si nous avions échoué. Ils auraient gagné et nous aurions été obligés de l’admettre : « oui vous avez raison, il n’y à plus rien à faire ». Ce qui nous faisait le plus mal c’était quand même ceux qui nous soutenaient tout en nous disant : « il n’y à plus rien à faire ».

Mais c’est vous qui avez gagné. Des héros ?

Mais non ! Pas des héros ! Nous savions depuis longtemps que l’action finale ne pouvait être seulement qu’une occupation symbolique. La nuit où nous sommes entrés, la police en position était très nombreuse. Nous n’aurions pas pu passer, ils étaient bien plus forts que nous. Donc nous devions contourner le problème. Pour ne pas nous faire choper nous nous sommes écriés : « Hé ! Nous faisons un saut à la réunion de la bourse du travail ? » Et nous nous sommes éloignés à cinq, en catimini. Nous avons pris la voiture, et au lieu de partir nous avons contourné la zone, qui était très grande. Nous connaissons toutes les entrées latérales depuis trente ans que nous sommes à l’Innse. Nous avons traversé les champs, je te dis pas… au milieu des faisans, quelle scène ! Mais ainsi nous avons réussi à rentrer, puis nous sommes montés. Je ne te dis pas la tête d’un type de la digos (2) qui trois heures plus tôt m’avait dit « Eh les gars c’est fini ! » Cela dit nous sommes et nous restons des ouvriers, nous n’allons pas devenir des entrepreneurs. Nous retournerons travailler pour le patron pour 1300 euros par mois. Mais maintenant nous savons ce dont nous sommes capables !

L’espériez vous cela il y a un an ?

Oui, mais c’était des mois terribles. D’abord nous avons essayés avec la production directe « regardez ce n’est pas difficile de mener une usine sans un patron ». Puis le magistrat a fait un choix à mi-chemin, ils ne nous a pas laissé continuer et à scellé l’usine. Cela a été pour nous un moment difficile et nous avons choisi de continuer la lutte. En décembre, l’Innse a été « restituée » à Genta qui pouvait ainsi la démanteler. Cela a été un autre moment dramatique. A un moment donné, après des mois de disputes, nous avons fait une réunion à la Préfecture avec toute les institutions, la Ormis (l’entreprise qui voulait racheter la Innse) et un fonctionnaire du ministère qui au lieu de résoudre les choses a dit à tous : « Que chacun dise ce qu’il veut ». Après une demi-heure l’acheteur est parti et la rencontre a sauté.

Absence des institutions ?

Oui seul la Province est intervenue, mais ce n’était que des belles paroles. Et les syndicats nous proposaient des compromis que nous ne voulions pas accepter. A la fin ça c’est passé comme il fallait : Nous, les ouvriers, avons pris toutes les décisions et le syndicat nous a suivi. Comme cela doit être. Après c’est nous qui avons tout choisi avec les risques que cela comporte, mais nous avons voulu tenter le tout pour le tout, jusqu’à la fin.

Choix gagnant.

Oui mais quel effort ! La fameuse « politique du travail » a échoué, quand dans la négociation on est passé à l’affrontement entre police et ouvrier. Et puis, excuse moi, si je me retrouve au sommet d’une grue à devoir faire mes besoins dans un sachet et à les jeter par-dessous, ou à demander à un collègue de tenir une bouteille d’eau pour rincer le champoing de ma tête à dix mètres de hauteur, je crois qu’on m’enlève aussi ma dignité. Nous nous sommes sentis seuls de nombreuses fois. Mais l’honnêteté profonde et la solidarité entre collègues a été notre force. Nous voulons le dire aussi aux autres ouvriers. Quand il y à un affrontement entre la volonté d’un patron et l’unité des ouvriers, la partie reste ouverte. »

Le caractère exemplaire et le retentissement de cette lutte vont bien au-delà d’un fait local mais représentent une mise en scène de la revanche et de la dignité retrouvée. Pour reprendre les mots de Roberto Gramiccia sur Liberazione d’aujourd’hui : « Les ouvriers de l’Innse nous fournissent un courageux exemple opposé au « ne pas faire ». Il se sont réappropriés la possibilité d’interférer avec leur propre destin. Ils l’on fait par une action qui, y compris sur le plan esthétique est une magnifique œuvre d’art conceptuelle. Les quatre hommes volants ont déjà gagné » (3) .

L.A.

EN COMPLEMENT
INNSE usine occupée à Milan ( Italie) - reportage vidéo
http://ozhonaaye.wordpress.com/2009...

(1) Interview de Gianni Rinaldini par Manuela Cartosio, Il Manifesto 13-8-09.

(2) Divisione investigazioni generali e operazioni speciali. C’est une division spéciale de la police.

(3) Roberto Gramiccia, Performance su gru, opera contemporanea, dans Liberazione 13-8-09.

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 09:48


jeudi 13 août 2009.par Philippe Ladame




Peut-on faire valoir le principe de précaution, au-delà des cas évidents ? Voilà la question à laquelle a répondu le Conseil d'Etat le 17 juillet 2009, en donnant raison à Eau et Rivières de Bretagne.


En septembre 2004, à la demande d'Eau & Rivières, le Tribunal Administratif de Rennes avait annulé le projet d'extension d'un important élevage porcin (près de 3000 places !) en Morbihan, à proximité du Blavet.


C'était le début d'un marathon judiciaire qui vient de connaître son épilogue le 17 juillet 2009.


En effet, plutôt que de désavouer le préfet du Morbihan qui avait cru bon d'autoriser cette extension, le ministère de l'écologie a, alors, décidé de faire appel du jugement du tribunal administratif !


Eau et Rivières doit alors se battre pendant de nombreux mois pour éviter que la Cour administrative d'appel de Nantes revienne sur la sage décision du TA de Rennes.


Le 28 février 2006, la Cour confirme le jugement de Rennes.


L'éleveur porcin décide alors de se pourvoir en cassation pour obtenir l'annulation de ces jugements.


Mais le Conseil d'État, dans son jugement du 17 juillet, s'y est refusé, donnant, une nouvelle fois, raison à Eau et Rivières (lire le texte de la décision).


On notera avec un intérêt particulier le quatrième considérant. En effet, le Conseil d'État y souligne que
le fait que les parcelles concernées n'appartiennent pas à un canton en excédent structurel d'azote lié aux élevages, au sens de la réglementation sur l'eau,
et le fait que la teneur en nitrates du cours d'eau situé en aval du site ne dépassait pas les seuils fixés par les dispositions réglementaires alors en vigueur
ne suffisent pas à empêcher les autorités administratives ou judiciaires d'interdire de telles extensions si elles le jugent pertinent pour la protection du territoire.


C'est probablement ce qui fait dire à l'association, dans un communiqué suite à la décision du Conseil d'État : « Cette nouvelle décision de justice sonne comme un sérieux rappel à l'ordre pour les préfets bretons. L'approche de prévention, règle cardinale en matière d'environnement, est bien applicable aux installations classées d'élevages agricoles. A l'heure où 55% de la surface agricole utile du pays (concernant 74 départements français, dont les 4 départements bretons en totalité) est classée en zone vulnérable aux nitrates malgré trois programmes successifs chargés de les combattre, le conseil d'État rappelle que les préfets doivent apprécier objectivement les dangers et inconvénients des opérations d'épandage de lisiers et autres déjections animales au regard des pollutions nitratées existantes, et refuser les projets présentant des risques importants de pollution supplémentaire, sans attendre que les normes européennes de qualité des eaux soient dépassées. La difficile restauration de la qualité des eaux nitratées (vingt ans de coûteux programmes infructueux en Bretagne) démontre, il est vrai, qu'il est plus facile de polluer… que de dépolluer. »
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