Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 16:51

Billet n° 6 Jérusalem, le 4 août 2009 : le projet sioniste et le nettoyage ethnique de Jérusalem 

jeudi 6 août 2009

Lucien 183.jpg


Dimanche 2 août. Ce matin vers 5h, à Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem Est, sept familles ont été expulsées de leurs maisons par les autorités israéliennes.


Les militants du NPA avaient rencontré ces familles quelques jours avant (voir bulletin de la mission n 1) et passé une nuit auprès d'elles. Une fois la porte enfoncée sans sommation, les policiers ont brutalement sorti hommes, femmes et enfants, molestant certains habitants et ne laissant pas le temps aux femmes de se couvrir de leurs hijab pour ajouter l’humiliation aux violences. Les autorités israéliennes ont expulsé ces familles au prétexte qu’elles ne pouvaient justifier d’un titre de propriété pour ces maisons qu’elles occupaient pourtant depuis les années 1950 ! En fin d’après-midi, sous le regard impuissant des familles et la présence d’une poignée de manifestants internationaux, des familles de colons prenaient possession des lieux. Voilà la réalité crue de la mise en œuvre de la politique sioniste.


Rappelons rapidement qu’en 1967, Israël ne contrôlait aucune terre à Jérusalem Est, aujourd’hui 200 000 colons juifs israéliens occupent la partie palestinienne de la ville en dépit des résolutions internationales et autres accords de paix. L’israélisation de Jérusalem répond à la volonté de faire de la ville la capitale « une et indivisible d’Israël ». Cette politique s’articule en plusieurs axes. Le plus visible reste bien sûr le soi-disant « mur de sécurité » qui a sorti des quartiers arabes des frontières de la ville (125 000 Palestiniens), mais les retraits de carte de résidents (environ 1 000 chaque année), les destructions de maisons (880 depuis 1994) et la non-délivrance de permis de construire pour les Palestiniens sont les adjuvants efficaces de cette politique de nettoyage ethnique. Israël poursuit patiemment sa guerre démographique et géostratégique pour le contrôle complet de la ville. Si les Palestiniens gagnent la bataille démographique avec des taux de natalité largement supérieur, les Israéliens gagnent en revanche la guerre géostratégique. Le projet de conquête de la grande cité de David - cité mythique puisque jusqu’à la fin du 19ème siècle la ville ne faisait qu’un kilomètre carré- progresse chaque jour un peu plus, loin des feux médiatiques, redessinant ainsi complètement les contours de la ville sainte.


La colonisation sioniste est un projet  total, prenant de multiples formes. L’archéologie et le tourisme sont deux vecteurs parmi d’autres de l’accomplissement de la grande capitale d’Israël. La société des fouilles archéologiques israélienne s’active chaque jour dans la vieille ville et ses alentours pour mettre en exergue le riche patrimoine de la cité millénaire…lorsqu’il contribue à justifier la présence juive, à construire une continuité historique. Près de la porte de Damas, contrairement aux règles de l’UNESCO,  un centre de police et une salle des fêtes ont été construit sur une fouille archéologique de la période romaine. Un peu plus loin, les ossements d’un cimetière abbasside ont été déplacés et enterrés on ne sait où, sans qu’aucune publication n’ait été faite sur cette découverte majeure. Il est donc très difficile aujourd’hui de différencier l’archéologue du colon, cela n’a rien d’étonnant lorsque l’on sait que les principaux financements de la société des fouilles archéologiques israélienne proviennent d’associations de colons. Le tourisme lui aussi s’inscrit dans l’accomplissement de la Jérusalem israélienne. Chaque année, 6 millions de touristes s’invitent dans les murs de la vieille ville dont 2,5 millions d’internationaux. Cette manne touristique entraîne bien évidemment la construction d’hôtels, de restaurants (il y a 30 Mc Do à Jérusalem) et autres infrastructures d’accueil entraînant une pression foncière sur les populations les plus défavorisées…les populations palestiniennes.


Le nettoyage ethnique continue à Jérusalem et les sept familles de Sheikh Jarrah, si elles ne sont qu’une goutte d’eau dans le flot des expulsions, sont des victimes sur lesquelles nous avons pu mettre un visage loin de l’abstraction des chiffres qui masque la cruauté de la politique sioniste. Aujourd’hui, ces familles n’ont plus de toit, n’ont plus de terre.

Partager cet article
Repost0
7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 16:49

Déclaration d'Olivier Besancenot.

mardi 4 août 2009

USTKE.JPG


Depuis une semaine, l'USTKE a lancé un mot d'ordre de grève générale. Cette organisation syndicale réclame avec insistance que le protocole d'accord mettant fin à un conflit motivé par le licenciement abusif d'une employée de la compagnie aérienne Aircal, soit enfin signé par la compagnie pour pouvoir rentrer en application.


Le protocole négocié sous l’égide de la direction du travail entre les avocats de la compagnie et les représentant du syndicat aurait mit fin au conflit.

Le président du conseil d’administration de cette compagnie, Mr Nidoish Naisseline, en mettant son veto à la signature de l’accord par la direction d’Aircal porte l'entière responsabilité de la réouverture d'un conflit social.


De plus, la justice a eu la main lourde puisqu'elle a cru bon de condamner le président de l'USTKE, Gérard Jodar, et cinq autres dirigeants syndicaux de 1 an à 3 mois de prison ferme pour entrave à la circulation d'un aéronef alors qu'ils essayaient de se protéger des violences de la police.


Ni Madame Marie-Luce Penchard, secrétaire d'état à l'Outre-mer, ni Monsieur Kouchner, ministre des Affaires étrangères, lors de leur passage en Kanaky, n'ont pris des initiatives pour trouver une solution au conflit.


Ce nouveau conflit se déroule dans un climat social dégradé par l'amplification des inégalités sociales et du chômage galopant pour les jeunes kanaks et wallisiens. Nombre d’entre eux se sont joints aux manifestations et barrages organisés par l'USTKE.


Le Haut-Commissaire, en poste actuellement à Nouméa, ne cesse de jeter de l'huile sur le feu et pratique l'escalade de la répression policière, alimentant ainsi un climat de violence et une répression accrue. Ainsi, onze syndicalistes ont été arrêtés le 4 août suite aux manifestations et barrages du lundi 3 août.


L'intervention de la gendarmerie, et surtout du GIPN à chaque conflit social, l'arrestation de syndicalistes, jugés et condamnés, la stigmatisation de l'USTKE renforcent le statut colonial de Kanaky ! Aussi, j'apporte, ainsi que le NPA, mon soutien total à l'USTKE.


Les revendications qu'ils portent doivent être satisfaites :

- la signature et la mise en application du protocole d'accord suite au conflit à Aircal par la compagnie,

- la libération immédiate de Gérard Jodar et des dirigeants syndicaux emprisonnés pour qu’ils puissent préparer sereinement leur procès en appel du 25 août,

- l’abandon des poursuites judiciaires contre les actions syndicales,

- l’arrêt des violences policières injustifiées à l’occasion des rassemblements citoyens comme ce fut le cas le 31 juillet contre les militants du Collectif pour la défense des droits et des libertés et la libération des syndicalistes emprisonnés.

Le 4 août 2009.

Partager cet article
Repost0
7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 16:46

mardi 4 août 2009

Affiche Argol couleur version définitive.jpg


A l’occasion du Festival du bout du monde, à Crozon (Finistère), le NPA organise la fête "Changer le Monde !", à proximité, à Argol, les 8 et 9 août.


Les camarades NPA de la presqu'île de Crozon organisent une grande fête du NPA, au parc des jeux bretons, à Argol. La fête Changer le Monde ! sera l'occasion de faire connaître le parti, permettre des discussions politiques et vivre un moment festif. Les bénéfices de cette fête serviront à construire un local pour le comité NPA de Crozon. Les militants ont travaillé durement ces dernières semaines, afin de proposer un programme joyeux de qualité.


Une intervention politique du NPA est envisagée en début de chaque journée.

Le 8 août, à partir de 15 heures, plusieurs concerts auront lieu, avec en tête d'affiche : Chloé, The Blackstarliners, Beuhn & the Dunkies, Pierre Nesta, Posto Beach.

Le 9 août, à partir de 16 heures, des musiciens et des chanteurs participeront à un apéro-folk et un fest deiz. Parmi eux : Trio Guillet, Son-ar-Winojenn, ou encore les chanteurs d’Huelgoat.


Des stands seront montés pour accueillir plusieurs associations, comme l'association France-Palestine Solidarité (AFPS), le réseau Sortir du nucléaire et le Mouvement français pour le planning familial  (MFPF).


Pour les repas, le lieu pourra accueillir au moins 200 personnes, avec au menu, entre autres, du cochon grillé.

En hommage à André Fichaut, figure emblématique du parti, qui nous a quittés au mois de juin, un espace lui sera consacré, avec, notamment, la présentation de son livre « Sur le pont, souvenir d'un ouvrier trotskyste breton ».


Une table de presse du NPA sera animée, les différents comités NPA pourront y apporter de la documentation, et participer à de nombreux débats.


L'entrée de la fête s'élèvera à 5 euros par jour, par personne. Un partenariat avec l’association « Vieux métiers d’Argol » permettra, à bas prix, de visiter leur musée, situé à proximité de la fête.


Pour éviter aux participants de devoir prendre la route le samedi soir, des possibilités de camping à proximité ont été négociées avec la mairie et un fléchage de la fête a été prévu dans les environs.


Cette fête se veut un rendez-vous populaire et les camarades de Crozon y attendent beaucoup de monde. En cette période où de nombreux adhérents et amis du NPA peuvent être en Bretagne, c'est l'occasion de venir faire la fête à Argol, les 8 et 9 août 2009 !

Le NPA de la presqu'île de Crozon

Partager cet article
Repost0
6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 07:35




Ne ratez surtout pas, si vous lisez l'anglais, le débat en bas des videos sur You Tube.
Partager cet article
Repost0
4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 08:23
Jérôme DUVAL
photo : ah, si tu t’étais appelé "Goldman Sachs"...





« La situation actuelle de l’insécurité alimentaire mondiale ne peut pas nous laisser indifférents », affirmait Jacques Diouf, directeur général de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), le 19 juin 2009 lors de la présentation du dernier rapport sur la faim dans le monde (1).

« Indifférent », dit-il… Mais de quoi parle-t-on déjà ? De la brève en bas de page dans le journal ? Certes l’indifférence tue, mais qui sont les indifférents au juste ? Ceux qui donnent aux mendiants en bas de chez eux sachant qu’ils ne changeront rien au fond du problème, ceux qui ne donnent pas car trop préoccupés par leurs propres survies, les avares fortunés, ou bien ceux qui, malgré les beaux discours, encouragent cet assassinat massif programmé en toute connaissance de cause par des politiques néolibérales ?


Le nombre d’affamés sur terre ne cesse d’augmenter depuis le milieu des années 1990. Selon les nouvelles estimations publiées par la FAO, la faim dans le monde bat un nouveau record historique en 2009 : l’humanité compte désormais 1 milliard 20 millions de personnes victimes de la faim, soit une personne sur six, principalement au Sud.


En un an, ce sont plus de 100 millions de personnes supplémentaires qui sont venus grossir le rang de celles en état de sous-alimentation chronique. Sur tous les continents, la famine se répand, le tableau est déjà monstrueux, odieux, insupportable et la FAO annonce une augmentation de 11% pour l’année 2009. S’il fallait une donnée pour prouver l’échec du capitalisme néolibéral mondialisé, en voilà une qui résume tant !


Alors que nous produisons suffisamment de nourriture pour nourrir l’humanité entière, les peuples crèvent de faim. Quelle en est la logique hormis celle du profit avant l’homme ? Celle de la loi du plus fort dénuée de morale au service du commerce ? L’important est de rembourser les créanciers, exporter et enrichir les multinationales de l’agrobusiness, le reste n’est qu’anecdotique. Même l’aide alimentaire gérée par le PAM (Programme alimentaire mondial) est ambigüe : quand elle ne sert pas à écouler les stocks en surplus, elle en arrive à proposer des aliments transgéniques à des pays du Sud qui y sont réfractaires afin d’accroître les profits de cette agro-industrie. (2)


Le G8 (3) s’est empressé d’inclure le sujet à son ordre du jour, mais comment ce G8 peut-il agir pour des politiques réellement émancipatrices en matière de souveraineté alimentaire alors qu’il est au service des grands créanciers et des sociétés multinationales ? Renoncera-t-il aux politiques qu’il a lui-même fait mettre en œuvre par le FMI et la Banque mondiale, engendrant pauvreté et famine ? Il n’avait pas daigné agir lors des émeutes de la faim au début 2008 (4).


En plus d’être illégitime, le G8 est incapable d’éradiquer la misère et la faim, tout autant que le FMI et la Banque mondiale. Agissant de concert, ce trio infernal accompagné de l’OMC n’a fait qu’aggraver la misère humaine du plus grand nombre tout en augmentant les profits de quelques-uns. Et pour couronner le tout, il sauve la mise aux responsables de la crise financière en cours. Voilà pourquoi nous devons instaurer un Tribunal compétent en la matière, faire un audit des effets de leurs politiques sur les populations et juger les responsables pour crime contre l’humanité.


Les politiques d’ajustement mises en œuvre par ces mêmes institutions sont en effet responsables de la scandaleuse augmentation de la faim : l’agriculture intensive principalement dédiée à l’exportation pour permettre le remboursement de la dette est imposée au détriment d’une agriculture familiale génératrice de sécurité alimentaire.


L’exode rural et la surpopulation des bidonvilles à la périphérie des mégapoles en sont la conséquence directe. La Banque mondiale promeut l’expansion des agro-carburants, réduisant ainsi la surface cultivée pour l’alimentation. Les pays membres de l’ONU se sont engagés, à travers les Objectifs du Millénaire pour le développement, à réduire de moitié la population souffrant de la faim entre 1990 et 2015. En juin 2008, les pays membres de la FAO avaient réaffirmé cette volonté. On ne se bat pas pour abolir la torture de la faim, on se contente de vouloir la réduire de moitié. Pourquoi ne pas en réclamer l’éradication totale ? Comment se contenter de ce timide objectif, qui plus est irréalisable dans un contexte capitaliste ? Encore une promesse qui ne sera pas tenue.


Jusqu’à quand allons-nous supporter ce crime contre l’humanité ? Un sixième de la population est quotidiennement menacé de disparition complète de la surface du globe. Combien d’hommes et de femmes faudra t-il sacrifier sur l’autel du profit pour mettre fin à cette logique capitaliste mortifère ?


La définition du mot génocide telle qu’elle est utilisée en droit international s’applique pour la destruction de groupes ethniques, politiques, « raciaux » ou religieux et non pour une classe sociale appauvrie et affamée. Pourquoi ? Élargissons la définition aux classes sociales, on est effectivement en droit d’appliquer le terme ’génocide’ pour un tel massacre. C’est un ’génocide de classe’ à grande échelle, et pas des moindres au regard des chiffres.


La terminologie fait débat et, comme le dit Sven Lindqvist (5), sans rien enlever à la particularité de l’Holocauste, elle doit aussi s’appliquer entre autre à « la traite des esclaves par les Européens qui a déplacé par la force quinze millions de noirs d’un continent à l’autre et qui en a tué peut être autant ». Il ajoute : « le pas entre massacre et génocide ne fut pas franchi avant que la tradition antisémite ne rencontre la tradition du génocide qui avait surgit durant l’expansion européenne en Amérique, en Australie, en Afrique et en Asie ». (6)


Le capitalisme engendre ce génocide de classe sociale au niveau mondial et tant qu’il demeurera, incapable de partager les richesses et de faire en sorte que chacun subvienne à ses besoins, nous serons là pour le combattre.


Jérôme Duval


Source : bulletin CADTM France, Nº 39, http://www.cadtm.org/spip.php?rubrique53

(1) Voir sur le site de la FAO : http://www.fao.org/news/story/fr/item/20690/icode/

(2) En 2002, alors que 13 millions de personnes sont menacée par la famine, les Etats-Unis proposent l’envoie de mais génétiquement modifié à 5 pays d’Afrique australe. Seule la Zambie refusera.

(3) Le G8 doit se tenir à L’Aquila, en Italie du 8 au 10 juillet 2009.

(4) Des émeutes dites de la faim ont eu lieu dans une trentaine de pays lors de l’augmentation fulgurante des prix des denrées alimentaire en 2008.

(5) Sven Lindqvist, Exterminer toutes ces brutes, L’Odyssée d’un homme au cœur de la nuit et les origines du génocide européen, Le Serpent à Plumes, 2002.

(6) Ibid. p.210

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Les-maux-de-la-faim.html
Partager cet article
Repost0
4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 08:15

Interview de Joe Higgins


Joe Higgins vient d’être élu député européen du Socialist Party (Parti socialiste, section irlandaise du Comité pour une Internationale ouvrière — CIO ou CWI, une organisation trotskiste internationale dont la section la plus connue est le SP de Grande-Bretagne, issu du courant Militant dans le Parti travailliste britannique. Ses membres français de l'ex-"Gauche révolutionnaire" sont au NPA ). Au cours des années 1980, il avait été à la direction du Parti travailliste irlandais au nom de la Tendance Militant, puis en a été exclu en 1989. En 1997 et de nouveau en 2002 il a été élu au Parlement de la République d’Irlande (Dáil), siège que le SP a perdu aux législatives de mai 2007.

Joe Higgins victorieux (DR)

Joe Higgins victorieux (DR)

L’élection au Parlement européen du dirigeant du Parti socialiste d’Irlande, Joe Higgins, témoigne de l’importance du « non de gauche » lors du référendum qui a rejeté le Traité de Lisbonne le 12 juin 2008. Avec 50 510 suffrages de première préférence (12,4 % des suffrages exprimés) dans la circonscription de Dublin, il s’agit d’une percée électorale significative, rendue possible aussi du fait que l’autre regroupement important de la gauche anticapitaliste irlandaise, People before profit alliance (PBPA, Alliance « Peuple avant le profit »), n’a pas présenté de candidature concurrentielle aux élections européennes.


Lors des élections locales qui ont eu lieu en même temps, le Parti socialiste d’Irlande a également réussi à faire élire six conseillers, obtenant en moyenne dans les circonscriptions où il se présentait plus de 13 % des suffrages préférentiels en moyenne (dont plus de 22 % à Swords, 18 % à Mulhuddart, 28 % à Castleknock et 26,5 % à Cork North Central).


D’autres organisations anticapitalistes qui avaient mené la campagne contre le Traité de Lisbonne ont également obtenu des résultats significatifs. Le PBPA a ainsi réussi à faire élire cinq conseillers municipaux à Dún Laoghaire/Rathdown, Dublin-Sud et Dublin-ville (obtenant 22,8 % à Dún Laoghaire).


Deux conseillers de comtés ont été élus pour le Groupe d’action des chômeurs et précaires (Tipperary Workers and Unemployed Action Group) qui a également gagné un siège au conseil municipal de Carrick-on-Suir et cinq sièges à Clonmel borough. Des conseillers de l’Independent left (Gauche indépendante) et du Workers Party (Parti ouvrier) ont été également élus à Dublin, à Waterford et à Cork (1).


Il s’agit d’une importante poussée de la gauche radicale en Irlande, qui pourra peser lors du prochain référendum sur le Traité de Lisbonne annoncé par le gouvernement pour début octobre 2009.

A l’issue de l’annonce de son élection, Joe Higgins a répondu aux questions des journalistes. Nous reproduisons ci-dessous l’enregistrement de cette conférence de presse improvisée. (JM)


Joe Higgins : C’est un coup important porté par les gens ordinaires de Dublin aux politiques sauvages du gouvernement de Fianna Fàil (2) et des Verts, qui fait payer la crise aux travailleurs et aux chômeurs. Une crise causée par les banquiers, les promoteurs et les spéculateurs et facilitée par Fianna Fàil. Les travailleurs n’ont pas créé cette crise et ils ne doivent pas en payer le prix.


Allez vous apprécier ce nouvel emploi ?

Joe Higgins : Nous sommes toujours honorés de représenter les gens ordinaires, les chômeurs, les retraités de Dublin et de ce pays, quel que soit le cadre dans lequel on nous met. Je ferai au parlement européen ce que j’ai déjà fait au Dáil : être la voix des gens ordinaires en opposition aux politiques néolibérales du grand capital — en particulier en opposition aux privatisations qui ouvrent la voie aux spéculateurs et dont le coût est très élevé pour les jeunes de ce pays — et mener campagne pour une alternative, politique et économique, en faveur des gens ordinaires. Et non pas une politique pour les profits d’une petite élite financière, qui joue à la Bourse.


Le message qui vient de cette élection, le message envoyé par les gens de ce pays, c’est qu’ils sont non seulement opposés à ce que fait le gouvernement du Fianna Fàil et des Verts, c’est qu’ils cherchent une alternative. Il y a là une douche froide pour les politiciens irlandais : une alternative plus radicale à l’ordre du jour. Nous devons remplir le vide politique à gauche, car il faut une véritable opposition.


Le Fine Gael (2) ferait la même politique de casse du niveau de vie que Fianna Fàil. D’ailleurs la même question se pose pour le Parti travailliste (Labour Party) : que ferait-il s’il devait gouverner avec le Fine Gael ? Ferait-il comme dans les années 1990, avec la coalition Gareth/Fitzgerald, ou bien comme Tony Blair et Gordon Brown, c’est-à-dire garantirait-il encore la politique du marché et du capital. On a donc besoin d’un nouveau parti de gauche pour une vraie représentation des gens ordinaires et des travailleurs.


Êtes vous prêts à secouer le parlement européen comme vous l’avez fait au parlement irlandais ?

Joe Higgins : On y va avec une alternative claire qui est réellement nécessaire en Europe. Une alternative parce que l’Union européenne dominée par droite veut faire payer la crise du système par les travailleurs. Nous nous efforcerons donc de développer le maximum de liens avec les travailleurs irlandais et européens ainsi qu’avec leurs organisations.


Nous allons en finir avec les non-sens anti-européens : nous sommes du côté des travailleurs d’Europe, nous sommes pour établir le maximum de liens de solidarité entre eux; c’est notre alternative à une Europe dominée par les capitalistes, les marchands d’armes, les instituions financières et les businessmen.

Je pense que ce message sera bien accueilli surtout par tous ceux qui sont actifs dans le mouvement ouvrier.


Après avoir perdu votre siège au parlement comment l’avez vous ressenti personnellement ?

Joe Higgins : Je ne prends jamais ces choses personnellement. Nous remercions tous ceux qui nous ont honoré par leur soutien sans faille. Ma responsabilité est d’être une voix pour les travailleurs et les chômeurs et de mettre en avant une alternative démocratique et socialiste à la politique désastreuse de ce gouvernement. Il faut le dire : cette politique va échouer. Celle qui consiste à attaquer le niveau de vie des travailleurs, qui tout simplement les empêche d’acheter ce dont ils ont besoin, conduira à un désastre, elle va en mettre des milliers au chômage.


Considérez vous que le vote pour votre candidature est un vote protestataire ?

A cause de la clarté de l’alternative que nous représentons, ce vote est extrêmement significatif, car les gens qui ont voté pour nous connaissaient ce que j’avais fait comme député du Socialist Party au Parlement. Nous n’avions donné aucun soutien aux politiques qui n’étaient que dans le seul intérêt des spéculateurs et autres promoteurs immobiliers… Combien de fois ai-je dit à Bertie Ahern que cette politique est catastrophique. Beaucoup de gens nous ont dit cela pendant la campagne et, quand il y a eu le krach boursier, tout cela a résonné dans les têtes de milliers de travailleurs et c’est pourquoi ils nous ont apporté leur soutien.


Cela va être un grand changement de style de vie ?

Pas vraiment, en fait c’est la continuité de ce que je fais depuis des décennies.


Allez-vous garder la totalité de votre salaire de parlementaire européen ?

Notre politique sera la même que celle que nous avons menée au Parlement irlandais. Je vivrai avec l’équivalent du salaire moyen d’un ouvrier qualifié, plus les dépenses légitimes de transport. Et nous rendrons publics nos dépenses et revenus comme il se doit.


Beaucoup de personnes ont dit des choses très négatives sur votre élection. En particulier au sein du Fianna Fàil ils ont insisté sur le fait qu’il y avait besoin de candidats pro-UE pour former un front positif. Qu’ont-ils à craindre ?

En effet, ils ont beaucoup à craindre ! Ce qu’ils veulent dire c’est que mon élection est une mauvaise nouvelle pour l’establishment, pour l’Europe des patrons, celle dominée par l’industrie de l’armement.


C’est mauvais pour eux car je suis une voix d’opposition à tout cela. Mais c’est une bonne nouvelle pour les travailleurs d’Europe, qui vont enfin avoir un représentant qui mène campagne pour défendre leurs intérêts en tant que réels créateurs des richesses. Et c’est aussi un pas en avant pour la gauche. Il y a déjà deux élus de Dublin au Parlement européen et ils n’ont rien fait pour les travailleurs. ■

Traduit par Virginie Prégny.

Notes

1. Cf. Kevin McLoughlin, Socialist success in euro election : http://socialistworld.net/eng/2009/06/2601.html

2. Fianna Fàil (Parti républicain) est un parti nationaliste de centre-droit, issu d’une scission du Sinn Féin en 1926. Son leader, Bertie Ahern, est actuellement le premier ministre d’un gouvernement de coalition avec les Verts.

3. Fine Gael (littéralement le Clan celte) est un parti de centre-droit, affilié au Parti populaire européen. Il a été fondé en 1933 par la fusion de petits partis de droite hostiles à la politique anti-britannique menée alors par Fianna Fàil. Vainqueur des élections en 1948, le Fine Gael a alors constitué un gouvernement avec les travaillistes, qui a proclamé la République d’Irlande (1949) en quittant le Commonwealth.

Partager cet article
Repost0
4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 08:11

Communiqué NPA.

vendredi 31 juillet 2009


Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) dénonce la violence des interventions du GIPN (groupe d’intervention de la police nationale) à l’occasion de la visite à Nouméa de Madame Penchard, la secrétaire d’Etat à l’Outre-mer.


Le rassemblement pacifique organisé par le « Collectif pour la défense des droits et des libertés et la libération des syndicalistes emprisonnés » a été brutalement agressé par le GIPN et tout le centre de Nouméa a été bunkerisé pour les déplacements de la secrétaire d’Etat.


Le collectif qui rassemble l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités), le SLUA (Syndicat Libre Unité Action), le Parti travailliste, l’Union calédonienne, l’UCR (Union Calédonienne Renouveau) et diverses associations demandait simplement une entrevue avec Mme Penchard pour réclamer la libération des syndicalistes de l’USTKE emprisonnés depuis le 29 juin.


Face à la volonté systématique de l’Etat de réprimer toute forme de contestation, de manifestation et même d’expression dans cette colonie, le NPA dénonce la militarisation du territoire et demande le respect des libertés syndicales, associatives et politiques.


Depuis plus d’un mois, le président de l’USTKE Gérard Jodar et cinq autres responsables sont emprisonnés au Camp Est… pour « entrave à la circulation d’un aéronef » !


Le NPA exige leur libération immédiate.

Le 31 juillet 2009

 

Nouvelle-Calédonie: «Le haut-commissaire jette de l'huile sur le feu»


Recueilli par Mathieu ECOIFFIER LIBERATION

José Bové.

José Bové. (Regis Duvignau / Reuters)

José Bové, vieux compagnon de route des indépendantistes Kanak et vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, analyse la crise en Nouvelle-Calédonie. Extraits d'une interview que publie Libération mardi.


Qui est responsable de cette situation ?

Philippe Gomes, le président du gouvernement local de droite, ne veut pas trouver de solutions. Mais le premier responsable de cette montée des tensions, c’est le haut-commissaire, Yves Dassonville. Il jette en permanence de l’huile sur le feu. Il fait une croisade anti-USTKE. En ciblant le syndicat comme opposant et en envoyant les forces de l’ordre à chaque action syndicale. Depuis le procès j’ai appelé tous les deux-trois jours le ministère des DOM-TOM pour leur dire: «Attention vous êtes en train de préparer les conditions pour un nouvel embrasement de ce territoire.» Ils me répondent: «On vous entend, mais la justice est indépendante.» Pourtant lorsque les syndicalistes ont fait appel, leur demande de remise en liberté provisoire a été artificiellement repoussée. En attendant, six copains syndicalistes restent en prison. Jamais en métropole, on ne verrait des responsables traités de cette façon. Rappelons que cette organisation a été à l’origine du rassemblement des organisations indépendantistes au sein du FLNKS, signataire des accords de Matignon. C’est aussi à ce symbole que l’on s’attaque.


L’USTKE est décrite comme un repère de gauchistes ?

Depuis sa création en 1981, l’USTKE a toujours été à la pointe du combat. Ses liens avec la CGT sont anciens. J’ai assisté à leurs congrès avec Bernard Thibault. La plupart militent depuis plus de 25 ans. Ce n’est pas une bande d’allumés. L’USTKE est la 2e force syndicale du territoire et la 1ère dans le privé. Un repère de gauchiste appellerai-t-il leur salle de formation «Henri Krasucki» en hommage au premier leader de la CGT venu les soutenir ?

Le haut-commissaire appelle à ne pas céder aux menaces de l’USTKE…. Il n’assume même pas sa politique de fermeture. Il dit ne pas vouloir discuter sous la contrainte, mais la réalité c’est que le dialogue n’existe pas. Et ce, sur fond d’un refus du rééquilibrage de l’emploi en faveur des kanaks et des insulaires.

Lire l'interview intégrale dans Libération mardi.

Partager cet article
Repost0
4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 08:08
Partager cet article
Repost0
3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 18:40

Déclaration d'Alain Krivine

Hommage à un combattant anticolonialiste

 

Francis Jeanson est décédé samedi 1er août. Avec lui, disparaît un symbole de la lutte internationaliste et anticolonialiste à l'époque de la guerre d'Algérie.


A un moment où la SFIO, ancêtre du Parti socialiste, combattait durement les résistants algériens, le FLN et où les autres partis de gauche ne menaient pas le combat pour l'indépendance de l'Algérie, le réseau créé par Francis Jeanson, unitaire du point de vue des idéaux politiques de ses participants puisqu'il regroupait des communistes, des trotskistes, des catholiques notamment, participait activement au combat pour l'indépendance.


Il avait mis en pratique l'aide et le soutien, matériel et moral, à la résistance du peuple algérien dans sa lutte pour l'indépendance de son pays, colonisé par la France depuis 1830.


Le 3 août 2009.

 



Décès du philosophe Francis Jeanson, créateur d'un réseau de soutien au FLN

Le philosophe Francis Jeanson, fondateur d'un réseau de soutien au FLN pendant la guerre d'Algérie (réseau dit des "porteurs de valise"), est mort à 87 ans, samedi soir près de Bordeaux, a-t-on appris auprès de sa famille.
Auteur de nombreux ouvrages notamment sur Jean-Paul Sartre dont il était très proche, collaborateur de la revue Les Temps modernes, Francis Jeanson est mort à la Clinique d'Arès, à 45 km de Bordeaux, a précisé son fils Olivier.


Francis Jeanson qui se voulait le défenseur des causes justes, s'était engagé aux côtés des combattants algériens après le déclenchement de la guerre d'Algérie, créant un réseau permettant de collecter et transporter fonds et faux-papiers pour les militants du FLN opérant en France.
Dans "Notre guerre", un livre paru en 1960 et immédiatement saisi, il s'était expliqué sur son combat, répondant à ceux qui lui reprochaient de soutenir les ennemis de son pays, qu'il défendait les valeurs de la France qu'elle même trahissait.

Jugé par contumace, condamné en octobre 1960 à dix ans de prison ferme au terme du procès de son réseau, il est amnistié en 1966. Il se tourne alors vers l'action culturelle, puis l'action sociale en milieu psychiatrique.

Né le 7 juillet 1922 à Bordeaux (Gironde), licencié de lettres et diplômé d'études supérieures de philosophie, Francis Jeanson rejoint en 1943 les Forces françaises d'Afrique du Nord. Devenu reporter à Alger républicain en 1945, il rencontre Camus et Sartre. Ce dernier lui confie la gérance de la revue Les Temps modernes (1951-1956). Parallèlement, Jeanson crée et dirige aux éditions du Seuil la collection "Ecrivains de toujours".

En 1955, il publie "L'Algérie hors la loi", qui dénonce l'échec du système d'intégration des masses algériennes et affirme la légitimité des hors-la-loi du FLN, avec lequel il prendra contact. Du militantisme de la pensée, il passe à l'action et crée deux ans plus tard le "réseau Jeanson" qui sera démantelé en 1960. Il entre alors dans la clandestinité, quittant la France pendant quelques années.

Après son amnistie, il est chargé par André Malraux de diriger la Maison de la culture de Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire) de 1967 à 1971.
Jeanson participe ensuite à des expériences de psychiatrie ouverte et des réseaux de réflexion pour faire sortir la maladie mentale des murs de l'hôpital.
Engagé jusqu'au bout, il est président de l'Association Sarajevo en 1992 et candidat sur la liste "L'Europe commence à Sarajevo" du professeur Léon Schwartzenberg pour les élections européennes de 1994.

Francis Jeanson est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont plusieurs consacrés à Jean-Paul Sartre, notamment "Sartre par lui même" (1955) et "Le problème moral et la pensée de Sartre" (1965)... mais aussi à des philosophes comme Montaigne.
On lui doit également "La Foi d'un incroyant" (1976), "Eloge de la psychiatrie" (1979), "Algéries" (1991), "Conversations privées 1974-1999" (2000).

AFP

L'extrême gauche et la guerre d'Algérie
La solidarité en exercice


Des "porteurs de valises", on connaît surtout aujourd'hui les réseaux Jeanson et Curiel. Mais diverses organisations d'extrême gauche ont également été très actives dans la solidarité avec le peuple algérien.


L'opposition française à la guerre d'Algérie est connue à travers les "porteurs de valises", ces Françaises et Français engagés dans les réseaux de soutien au FLN, dont l'une des principales activités consistait à transporter les cotisations prélevées par l'organisation nationaliste sur les quelque 220000 Algériens présents en métropole (350000 en 1962).


Parmi ces réseaux, les plus célèbres sont le réseau Jeanson, organisé par le philosophe Francis Jeanson, disciple de Jean-Paul Sartre et gérant des "Temps modernes" (1), et le réseau Curiel, du nom du communiste égyptien Henri Curiel, assassiné en 1978 à Paris (2).


Ces réseaux sont les plus connus pour diverses raisons: le caractère public de ceux qui y ont participé, parmi lesquels on comptait de nombreuses personnalités, mais aussi une médiatisation accrue du fait des arrestations et des procès. Enfin, le caractère oecuménique de ces réseaux, qui regroupaient aussi bien des chrétiens progressistes, des communistes en rupture de ban ou des militants du PSU, a permis de constituer une représentation plus "fédérative" de leur démarche au sein de la gauche, dans la mesure où leurs ambitions politiques semblaient se limiter au combat pour l'indépendance de l'Algérie, sans autres présupposés idéologiques. Le combat des "porteurs de valises" est ainsi ramené sur un plan plus "humanitaire" que politique.


Les premiers réseaux

Les réseaux Jeanson et Curiel n'ont cependant pas été les seuls ni même les premiers réseaux d'aide au FLN. Il ne s'agit pas de minorer l'action de militants qui, dans un contexte difficile d'"unanimité nationale" (il suffit de rappeler le vote par le PCF en 1956 des pleins pouvoirs au gouvernement de Guy Mollet pour augmenter la répression en Algérie), ont su aller à contre-courant et payer parfois durement leur engagement internationaliste. Mais il faut rappeler que différentes organisations d'extrême gauche ont également été très actives dans la solidarité avec le combat du peuple algérien.


Le premier réseau qui se met en place, dès 1955, est ainsi celui du PCI, section française de la Quatrième Internationale (ancêtre de la LCR). En 1956, Pierre Frank, dirigeant de la section française, Simonne Minguet (une des rares femmes parvenues à un poste de direction dans un parti trotskyste qui n'échappe pas à la surreprésentation masculine de l'ensemble de la classe politique) et deux autres militants sont arrêtés suite à l'ouverture de paquets contenant des tracts du FLN. Ils passent deux mois en prison et sont relâchés faute de charges suffisantes. Mais Pierre Frank et Jacques Privas sont néanmoins condamnés pour délit de presse.


De telles amendes et condamnations vont causer la mort d'une autre organisation d'extrême gauche, la Fédération communiste libertaire, scission de la Fédération anarchiste animée par Georges Fontenis. Pierre Morain, militant de la FCL, est condamné à un an de prison en 1955 pour ses écrits dans "Le Libertaire", trop favorables à la révolution algérienne.


En 1956, la FCL, qui croûle sous les amendes et dont les principaux dirigeants sont sous le coup de condamnations, disparaît. La FA, qui renvoie dos à dos les "deux nationalismes" des Algériens et des Français en refusant de prendre parti, n'est pas inquiétée par la répression.


Pierre Frank justifie le soutien apporté au FLN en écrivant: "Nous avons soutenu le FLN non parce que nous avions vu en lui une organisation marxiste, mais parce qu'il menait une lutte effective, réelle, contre l'impérialisme français." La révolution coloniale est considérée comme l'une des "trois forces principales de la révolution mondiale", avec la révolution politique à l'Est et la révolution prolétarienne en Europe et aux Etats-Unis.


En France, des militants comme Pierre Avot, Louis Fontaine ou Gilbert Marquis s'occupent des activités "traditionnelles" clandestines d'impression de tracts du FLN, ainsi que des relations avec l'organisation algérienne, ou organisent, comme Clara et Henri Benoîts dans leur usine de Renault Billancourt, la solidarité des ouvriers avec les Algériens menacés par la police. D'autres, comme Michel Fiant, Alain Krivine, jeune militant communiste déçu par l'attitude du PCF et décidé à s'engager dans l'aide à la révolution algérienne, ou Claude Kowall, tentent de construire Jeune résistance, groupe subversif qui organise des réseaux de désertion pour les appelés. Voie communiste, une organisation où se retrouvent l'ancien trotskyste Denis Berger et le libertaire Daniel Guérin, tente de faire évader les ministres FLN et notamment Ben Bella.


Michel Raptis, dit Pablo, dirigeant d'origine grecque de la IVe Internationale, organise quant à lui un véritable réseau trotskyste international d'aide au FLN. Il met ainsi en place, en collaboration avec la direction du FLN, une usine d'armes clandestines au Maroc. Des ouvriers de différents pays, et notamment le Français Louis Fontaine, y fabriquent des mitraillettes et des mortiers. Pablo met aussi en place en 1960 aux Pays-Bas un atelier de fabrication de fausse monnaie pour le FLN. Mais les imprimeurs sont infiltrés par les services secrets, l'opération échoue et Pablo est arrêté. Après un procès durant lequel Sartre, Claude Bourdet ou Isaac Deutscher apportent leur soutien au dirigeant trotskyste, il est condamné à 15 mois de prison à Amsterdam.


Après l'indépendance, un certain nombre de militants s'installent en Algérie afin d'y construire le "socialisme". Pierre Avot, Simonne Minguet, Louis Fontaine, Albert Roux sont de ceux-là: ils font partie des fameux "pieds-rouges" et disposent de la nationalité algérienne. Pablo est même conseiller de Ben Bella, et travaille avec l'historien Mohammed Harbi pour faire adopter les premiers décrets d'autogestion des domaines laissés vacants par les "pieds-noirs" réfugiés en France. Le coup d'Etat de Boumedienne en 1965 met un terme à cette collaboration: les pieds rouges trotskystes sont arrêtés puis expulsés ou s'enfuient, Albert Roux subit même la torture.


Internationalisme concret

Quelles leçons tirer de ces expériences? De nombreuses illusions ont sans doute été déçues chez ceux qui espéraient la transformation de la révolution coloniale en révolution socialiste et son extension en Europe. La phraséologie marxiste et progressiste du FLN a pu abuser des militants qui ne percevaient pas toujours la bureaucratisation de l'organisation nationaliste, déjà en oeuvre pendant la guerre d'Algérie. Reste le plus important: le soutien pratique à la lutte d'un peuple contre un Etat colonial qui n'hésitait pas à employer la torture et à réprimer férocement toute révolte, les massacres de Sétif et Guelma ou le 17 octobre 1961 sont là pour en témoigner. Reste une expérience concrète d'internationalisme conséquent, avec toutes les erreurs, les difficultés et les illusions, mais aussi la solidarité, les espoirs et les perspectives que cela comporte.

Sylvain Pattieu

1. Voir Hervé Hamon et Patrick Rotman, "Les Porteurs de valises, la résistance française à la guerre d'Algérie", Albin Michel.
2. Voir Gilles Perrault, "Un homme à part" éditions Bernard Barrault.

Rouge1896, 02/11/2000


 
 
 
Partager cet article
Repost0
3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 18:38

lundi 3 août 2009

6213_image.jpg
Crédit Photo:  Photothèque Rouge/DR

En cette fin du mois de juillet, les Bourses du monde entier sont à la fête : le cours des actions connaît une hausse exceptionnelle.


Depuis le 10 du mois précisément, date à laquelle ont commencé les publications par les entreprises de leurs résultats pour le premier semestre de l'année.

Car ces derniers sont bien meilleurs qu'attendus, avec la plupart du temps des bénéfices. La seule explication à ces profits alors que le chiffre d'affaires est en diminution tient à la réduction des coûts, aux fermetures d'usines et aux plans de licenciements, au chômage partiel massif.


Cela n'empêche pas les gouvernements de claironner une « sortie de crise » prochaine. A l'appui de cette fable, le gouvernement, en France, s'est même payé le luxe d'annoncer une baisse de 0,7% du nombre de chômeurs à la fin juin, par rapport au mois précédent. Au prix d'une manipulation cynique, en ne prenant en compte qu'une catégorie des demandeurs d'emplois, ceux n'ayant exercé aucune activité.

Le maintien, voire la hausse des profits sur fond de récession, de chômage massif et de dégradation continue des conditions d'existence, voilà au mieux la « sortie de crise » que nous préparent les trusts, les banques et les gouvernements.


Et c'est sans compter les nouveaux effondrements financiers que prépare leur politique. La réduction des coûts diminue d'autant les capacités de consommation. Les bénéfices qu'elle permet de dégager gonflent la masse des capitaux qui seront investis dans de nouvelles bulles spéculatives.

Le prix que les classes dirigeantes font payer à la population pour le maintien de leur domination et d'un système qui assure à une poignée de privilégiés une richesse insolente est une régression sociale sans précédent.

L'union de toutes les énergies pour leur imposer une autre sortie de crise est plus que jamais nécessaire. Pour garantir l'emploi, interdire les licenciements et partager le travail entre tous, soustraire les bénéfices à la spéculation en augmentant les salaires.

Galia Trépère

Partager cet article
Repost0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg