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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 10:35


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Sous prétexte de récession économique, les patrons font payer la réorganisation du secteur aux travailleurs.

L'industrie automobile connaît aujourd'hui la crise la plus importante depuis plus de 60 ans. Sa profondeur tient au fait qu'elle cumule les effets de la crise économique avec ceux des crises écologique et énergétique, qu'elle est mondiale et que toutes les restructurations opérées depuis vingt ans en aggravent encore les conséquences pour les travailleurs. C'est pourquoi, il s'agit de « leur » crise, celle des patrons et du capitalisme. Comme par un effet de loupe, elle illustre les ravages d'une économie fondée sur le profit de quelques-uns.


La crise actuelle vient de loin. Depuis le premier choc pétrolier de 1973, la réorganisation permanente de la production dans la branche est cause de restructurations, fermetures d'usines et suppressions d'emplois. Pourtant, la production mondiale d'automobiles a été multipliée par deux, passant de 33 millions de voitures en 1975 à 75 millions en 2007. Les usines et bureaux d'études des constructeurs, équipementiers et sous-traitants emploient plus de 8 millions de travailleurs. La recherche de la baisse des coûts de production - notamment - de la part des salaires est au cœur de ces réorganisations permanentes.

Les restructurations vont s'amplifier. La faillite d'une entreprise comme General Motors témoigne de l'ampleur des chocs actuels et à venir. La construction de la riposte des travailleurs est donc à l'ordre du jour. Une riposte qui doit prendre la mesure de la crise dans toutes ses dimensions.


Pourquoi leur crise éclate aujourd'hui

Dans la population, les salariés ont de moins en moins les moyens d'acheter des voitures neuves, en raison des politiques d'austérité entraînant partout des baisses de pouvoir d'achat. 80 % des achats sont effectués à crédit, ce qui est quasiment le seul moyen d'acquérir une voiture neuve. Les restrictions de crédits décidées par les banques ont brutalement fait chuter les ventes. Pour maintenir leurs profits, les constructeurs ont voulu compenser le nombre par le prix. Ils ont préféré produire les voitures les plus chères. Ainsi,  l'usine Renault de Sandouville (Seine-Maritime) a été successivement affectée à la Vel Satis puis à la Laguna, modèles qui sont des échecs commerciaux énormes, pas par la faute des ouvriers auxquels on n'a jamais demandé leur avis, mais à cause du choix de dirigeants qui n'ont pas vu venir la crise. Les automobiles continuent d'être polluantes et dévoreuses d'essence et de gasoil. Les dégâts de la pollution sont de plus en plus reconnus. Le pétrole, déjà cher, va se raréfier. C'est bien l'importance de la voiture telle qu'on l'a connue depuis près d'un siècle qui est aujourd'hui remise en cause.


De surcapacités en restructurations 

Pas assez d'acheteurs à un prix garantissant le profit escompté : de façon structurelle, l'industrie automobile est confrontée depuis longtemps à une crise de débouchés. En juin 2008, la crise du crédit et le baril de pétrole à plus de 100 dollars ont eu l'effet de deux bombes précipitant la situation actuelle, sans en être la cause fondamentale.

Pour tous les constructeurs, il y a surcapacité de production : c'est un « classique » des crises capitalistes. Plus de la moitié des capacités de production de Renault en Europe ne sont  pas utilisées : 54 % au mois d'avril 2009 contre 46 % à l'été 2008. On a connu des restructurations tout au long des vingt dernières années et, si on les laisse faire, cela risque de n'être que le hors-d'œuvre. Le patron de Fiat explique ainsi qu'une firme automobile ne pourra survivre qu'à la condition de produire plus de 5 millions de voitures par an… La crise actuelle précipite un mouvement engagé depuis longtemps : la mondialisation capitaliste de grands groupes automobiles. Les faillites de General Motors et de Chrysler donnent le signal de nouveaux rachats, aux Etats-Unis comme en Europe.

On ne reviendra pas à la situation d'avant crise, mais il n'est pas écrit d'avance qui en supportera les conséquences.


Moins d'emplois pour produire plus 

Renault et PSA appartiennent tous deux au club des dix firmes automobiles les plus puissantes du monde. Même si leurs activités s'internationalisent de plus en plus, ces deux multinationales produisent chaque année près de 2 millions de voitures en France.

Stabilité de la production et des ventes en France, mais effectifs salariés divisés par 2 pour Renault et par 1,5 pour PSA, en 25 ans. L'origine de cette baisse, c'est d'abord une organisation de la production où chaque travailleur doit produire davantage et où collectivement, les salariés doivent coûter moins cher. Entre 1980 et 2005, la valeur ajoutée par travailleur a déjà été multipliée par 4, passant de 18 000 euros à 71 000 euros par an.

La part des salaires dans le chiffre d'affaires de la construction automobile en France est passée de 24 % en 1980 à 10 % en 2007. Alors que les directions de Renault et de PSA ne veulent toujours rien céder sur les salaires, une augmentation de 300 euros pour tous ne représenterait que 1 % de leur chiffre d'affaires


Sous-traitance : faire payer les donneurs d'ordre 

Un véritable processus de « désintégration » de la production automobile est à l'œuvre. Jusque dans les années 1970, Renault disposait de ses propres fonderies, fabriquait ses machines-outils et les sièges de ses voitures. C'était la même chose pour Peugeot dans le bassin de Montbéliard (Doubs). Sans parler de Citroën qui a appartenu à la famille Michelin, champion de la production de pneus. Aujourd'hui, des pans entiers de la production de voitures sont externalisés. Plus de la moitié de la valeur d'une voiture provient maintenant d'achats effectués auprès de fournisseurs et d'équipementiers. Jusque dans les années 1980, les plus fortes concentrations d'ouvriers se trouvaient dans les usines automobiles. Disperser la production en entités indépendantes a permis de casser les accords d'entreprise et les conventions collectives de branche et de créer des « centres de profits », où l'actionnaire a un poids direct sur des entités de production de plus en plus réduites. Aujourd'hui, avec le développement de la sous-traitance, la filière automobile représente bien plus que Renault, Peugeot et Citroën. Mais, ils sont les donneurs d'ordre qui continuent à commander et ils doivent payer en priorité. 


Sarko offre 10 milliards à PSA et à Renault 

Sarko a versé des milliards à l'industrie automobile. En février, le gouvernement a déboursé 6,5 milliards d'euros au titre de prêts aux constructeurs, 2 milliards d'euros pour les filiales crédit de Renault et PSA, 600 millions d'euros pour restructurer les équipementiers automobiles et encore 250 millions d'euros destinés aux projets verts. Au total près de dix milliards d'euros ont été octroyés par le gouvernement et Sarkozy aux patrons de l'industrie automobile française. Depuis que ces milliards ont été versés, pas une semaine ne s'est écoulée sans que soient annoncées des suppressions d'emplois ou des fermetures d'usines ! Pour l'automobile, comme pour les banques, de l'argent public est versé au patronat sans contrôle ni contrepartie ! En cinq ans, les bénéfices de Renault et de PSA ont dépassé 15 milliards d'euros. Quant aux dividendes, c'est-à-dire ce qui va directement dans les poches des actionnaires, ils ont atteint 5 milliards d'euros en cinq ans.

Privatisation des profits et socialisation des pertes : lorsque tout va bien pour eux, les patrons pleurnichent sur les impôts et les « charges » trop lourdes, mais ils sont bien contents de trouver l'assurance tous risques d'un gouvernement, lorsque leur situation se gâte.


La flexibilité aggrave la crise 

Avec les « flux tendus », les pièces doivent circuler sans stock ni retard entre ateliers, usines et fournisseurs. En période de crise, c'est la catastrophe : la livraison « juste à temps » des usines d'assemblage aboutit à transférer les stocks chez les fournisseurs. Ainsi, chaque atelier subit en direct et sans délai les conséquences des méventes d'un modèle ou d'une pièce.

Partout, les intérimaires, les prestataires et les plus petits des sous-traitants ont été les premiers éliminés. Au-delà de l'annualisation, apparaît, petit à petit, la pluri-annualisation du temps de travail : les directions des établissements imposent arbitrairement des congés qui ne sont pas encore acquis et elles ont même inventé le « capital temps négatif », par lequel certains salariés de Renault-Douai doivent jusqu'à 87 jours de travail à leur employeur.

Chez Renault, la programmation de l'activité des usines se décidait au plan européen d'un mois sur l'autre. Avec la crise, les mêmes ordinateurs centraux crachent leurs prévisions de semaine en semaine. Les plans de charge de chaque unité dans toutes les usines européennes de Renault sont ainsi revus tous les sept jours. Si on les laisse faire, ils nous imposeront un monde dans lequel ils décideront tout de notre vie.


Une autre société est possible  

Pas de sainte alliance avec le patronat pour défendre l'automobile. Ne soyons pas dupes : les propriétaires et les actionnaires veulent surtout que leurs firmes soient compétitives et rentables, c'est-à-dire leur rapportent des bénéfices. Ils ne sont pas « mariés » à la voiture, mais à leur argent. Les travailleurs possèdent, eux, leur capacité à travailler : c'est cela qu'ils ont à défendre ! La voiture a passé son âge d'or, parce que le pétrole n'est pas illimité et que la pollution est de moins en moins supportable. Mais le savoir-faire des travailleurs et les outils de production encore existants peuvent et doivent être préservés. Imaginons un autre habitat, une autre organisation géographique des lieux de production. Pourquoi ne pourrait-on pas développer des moyens de transport qui permettraient de se déplacer sans pollution ni gaspillage d'énergie ? La voiture privilégiant les déplacements individuels et le camion comme principal moyen de transport des marchandises doivent être remis en cause. Au moment où tant de services publics sont cassés, c'est une question de choix politiques.

Oui, c'est une autre société qu'il convient de préparer, où ces choix pourraient être discutés et décidés entre tous, sans le tabou de la loi du profit et la domination du patronat. Et cela commence aujourd'hui par le « tous ensemble » de ceux et celles qui supportent cette crise alors que seuls les capitalistes en sont responsables.


C'est tous ensemble qu'il faut y aller  

Il ne se passe pas une semaine sans qu'une grève n'éclate dans une usine automobile. En raison même de l'organisation de la production, une grève chez un sous-traitant peut avoir des conséquences très rapides sur de nombreuses autres usines. Mais, ces luttes sont trop souvent isolées. Alors que les attaques sont générales, le moment et la nécessité sont à la convergence des luttes. Depuis la manifestation nationale au dernier Mondial de l'Automobile en octobre 2008, il ne s'est plus rien passé en termes d'initiatives nationales pour la filière. Au lieu d'aider les usines en grève, les directions syndicales semblent être aux abonnés absents. Cela ne peut plus durer ; il faut aller vers le « tous ensemble » des travailleurs de l'automobile. C'est d'autant plus nécessaire que les usines aujourd'hui en lutte ne sont pas parmi les plus grandes de la branche. En ciblant les donneurs d'ordre que sont Renault et PSA, les travailleurs de New Fabris ouvrent une perspective qui aide au tous ensemble par-delà les situations propres à chaque entreprise. Bien sûr, ni la grève générale, ni le « tous ensemble » ne se décrètent, mais c'est bien cette perspective qui peut aider chaque lutte d'aujourd'hui.


Les propositions du NPA :

1) Des salaires corrects pour tous

Nous exigeons 300 euros d'augmentation de salaire, aucun gel des augmentations générales et aucun salaire inférieur à 1 500 euros net.  

2) Pas de chômage partiel

Plutôt que de supporter les imprévus et l'arbitraire du chômage partiel, d'être baladés de journées de chômage technique en journées de congés obligatoires, exigeons la garantie du salaire à 100 % avec maintien de tous les droits en termes de congés, quels que soient les aléas d'une conjoncture dont les travailleurs ne sont en rien responsables. 

Refuser les suppressions d'emplois et dénoncer toutes les pressions pour faire partir un à un, avec leur seule indemnité conventionnelle, ceux et celles que la direction, dans le secret de ses bureaux, estime en surnombre.  

Exiger l'interdiction des licenciements ! C'est une demande d'autant plus « naturelle » dans l'automobile que PSA et Renault viennent de recevoir des milliards d'euros de subventions publiques. 

Ouverture des livres de comptes et des plans d'entreprise. Assez du secret bancaire et du secret des affaires opposés aux travailleurs, alors qu'ils n'existent pas entre repreneurs et concurrents complices. 

Mettre les entreprises qui ferment et délocalisent sous le contrôle des travailleurs. Remontons aux donneurs d'ordre des petites entreprises qui ferment à cause des exigences des grands groupes. Ce sont les travailleurs qui savent le mieux comment fonctionnent une usine ou un bureau d'études, comment l'argent est gaspillé et comment s'enrichissent actionnaires et donneurs d'ordre. 

3) Continuer la lutte

Pas une lutte ou une grève sans solidarité active.

Pas touche aux droits des travailleurs dès la moindre provocation patronale ou policière.

Multiplions des délégations massives de soutien inter-entreprises.

Discutons partout de la préparation d'un « tous ensemble » dans toute l'automobile.
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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 10:19

   



Les élections du 12 juin 2009 pour l’élection du président de la République islamique ont donné lieu à une fraude massive afin d’assurer la réélection au premier tour de Mahmoud Ahmadinejad, président sortant.


Avant la clôture du scrutin, le chef des forces armées a annoncé à la télévision que ses forces se déployaient sur le terrain, chassant les témoins des bureaux de vote et de dépouillement. Dans la soirée, le ministère de l’Intérieur a annoncé des chiffres extravagants. Les chiffres ont ensuite été donnés par paquets de 2 millions sans aucune référence à la localisation des suffrages et sans que le pourcentage attribué à chaque candidat ne varie au cours du dépouillement. Des centaines de milliers de personnes sont alors descendues dans la rue pour dénoncer la fraude évidente. Un entretien avec Mina Parto, une militante du Comité de Solidarité avec la Lutte du Peuple en Iran.


La Gauche : Aux yeux de beaucoup d’observateurs, les mouvements de protestation qui viennent de se dérouler en Iran sont une surprise. Comment expliquer une telle explosion de colère ? Y avait-il, en Iran, des indices latents d’une telle contestation à grande échelle ?


Mina Parto : Personne ne s’attendait à un mouvement d’une telle ampleur. D’abord parce que la répression est terrible. On ne compte plus le nombre de prisonniers politiques assassinés. Les milices bassidjis - de véritables bandes de voyous armés de couteaux, de barres de fer et d’armes à feu – viennent de s’illustrer au cours de dernières semaines en assommant et en assassinant des manifestants. En temps normal, ces milices issues le plus souvent de milieux modestes (et bénéficiant de « privilèges » : bons d’achat, tickets de transport, aide aux familles) harcèlent les étudiants qui ont les cheveux gominés ou les jeunes femmes dont la tenue n’est pas jugée suffisamment « islamique ».


Mais en même temps, l’Iran est un pays où le nombre d’habitants est passé de 39 millions en 1980 à 61 millions en 2006. La jeunesse a un poids important: 60% de la population a en-dessous de 30 ans car, au cours des dix premières années de la République islamique, le régime a encouragé le mariage précoce, la natalité et a interdit les moyens de contraception. Les jeunes sont en général plus sensibles aux injustices de la société dans laquelle ils vivent car ils vont devoir continuer à y vivre plus longtemps que leurs aînés. En juillet 1999 déjà, les étudiants de Téhéran étaient descendus par milliers dans les rues, bravant la répression, pour protester contre la fermeture d’un journal réformateur.


LG : Le candidat battu, Mir Hossein Moussavi, est-il tellement populaire ?


MP : Là n’est pas la question. Il y avait au départ des centaines de candidatures pour cette élection présidentielle. Le Conseil des gardiens, une autorité religieuse composée de 12 religieux et théologiens, a effectué un tri très sévère des candidatures pour n’en retenir que quatre :


Mir Hossen Moussavi, présenté comme candidat « réformateur », il a été Premier ministre de 1981 à 1989 pendant la guerre contre l’Irak et est membre du Conseil de Discernement ;


Mehdi Karroubi, ancien candidat battu en 2005 et qui a été à deux reprises président du parlement ;


Mohsen Rezai, ancien commandant des gardiens de la révolution (pasdarans) de 1981 à 1987 et secrétaire du Conseil de Discernement ;


Mahmoud Ahmadinejad, président sortant et ancien gardien de la révolution.


Ces quatre candidats sont tous des dignitaires du régime. Cela, en Iran, tout le monde le sait. Mais en votant pour Moussavi, une partie importante de la population voulait utiliser l’élection présidentielle comme un référendum contre Ahmadinejad. La fraude massive a privé une partie importante des électeurs de la possibilité de sanctionner le président sortant. Il y a eu révolte car les gens se rendent compte que leur vote ne compte pour rien. Ils se sentent trahis.


LG : A-t-on déjà vu une situation semblable dans le passé ?


MP : Oui. Au cours de l’année 1996 des grèves importantes avaient eu lieu notamment chez les ouvriers des raffineries de pétrole. Il faut savoir que le pétrole est un secteur économique très sensible en Iran. A l’occasion de ces grèves qui ont été victorieuses, le pouvoir a pris conscience qu’il fallait lâcher du lest. C’est dans ce contexte de luttes sociales que la candidature de Khatami a été mise en avant, sous l’étiquette de « réformateur ». L’élection de Khatami (65% des voix) en 1997 a été vécue à l’époque comme un référendum contre le régime.


Pendant un certain temps, Khatami a joué la modération dans la façon de traiter les femmes, les étudiants, les artistes comme s’il était leur allié. Cela a créé une illusion d’ouverture, pour les gens. Malheureusement il n’y a jamais rien eu d’officiel : ni en matière de lois reconnaissant la liberté pour les femmes, pour la presse. Rien n’a été écrit dans des textes de loi.


Plus tard, en juillet 1999, les étudiants qui avaient pu avoir accès à l’université après avoir dû passer devant un jury religieux opérant une sélection sévère, ces mêmes étudiants se sont opposés au régime. Le mouvement de grèves et d’émeutes a duré une semaine. Khatami n’a rien fait pour les soutenir comme il n’a rien fait pour les autres catégories sociales. Il a lâché les bassidjis contre les étudiants. Des adultes sont venus défendre les étudiants. Après cela, tout ce monde a perdu ses illusions envers les réformateurs, et envers Khatami en particulier.


LG : Mais aujourd’hui Moussavi , catalogué comme «réformateur», jouit pourtant d’un soutien populaire !


MP : Aux élections de juin dernier, beaucoup de gens ne sont pas allés voter. Beaucoup d’autres ont voté pour Moussavi. Les jeunes qui ne l’ont pas connu à l’époque où il était ministre (1981-1989) ont oublié son passé. Il y a tout un pan de l’histoire du pays que les jeunes ne connaissent pas. Nous ne nous attendions donc pas à ce mouvement de révolte après la réélection d’Ahmadinejad au premier tour. Ce mouvement, qui a pris la couleur verte, celle de Moussavi pour la campagne électorale n’est pas du tout homogène. On y trouve un peu de tout : des déçus du régime, des électeurs déçus de Moussavi, des étudiants plus actifs qui sont contre le régime.


Les événements des dernières semaines ont aussi mis en évidence la faiblesse d’Ahmadinejad qui a été incapable d’organiser une manifestation d’ampleur pour le soutenir. Tout ce qu’il a été capable de faire c’est d’envoyer les milices et les pasdarans contre les manifestants qui criaient à la fraude.


C’est donc une surprise pour tout le monde car Ahmadinejad a fait croire pendant des années qu’il avait le soutien populaire, en disant qu’avec le nucléaire c’était une revendication nationale, que le peuple était avec lui, contre les Etats-Unis.


Le changement de politique américaine, après l’élection d’Obama, le fait que l’impérialisme apparaisse comme moins agressif a changé les données du problème et a indirectement affaibli Ahmadinejad. Face à la contestation populaire, Ahmadinejad n’arrive pas à mobiliser ses partisans. Il doit utiliser d’autres ruses : gagner du temps, recompter les votes, arrêter 9 travailleurs iraniens locaux de l’ambassade britannique. Il ne peut mobiliser que ses miliciens pour matraquer les manifestants. Il n’a pas le pouvoir de mobiliser le peuple.


LG : Y a-t-il eu des réactions dans la classe ouvrière ?


MP : Il y a toujours eu des luttes de travailleurs: les ouvriers des raffineries de pétrole en 1996, les enseignants, les travailleurs des raffineries de sucre, les chauffeurs de bus, les boulangers.


Deux dirigeants de ces secteurs en lutte, Mansour Ossanlou (dirigeant du syndicat de la régie des bus de Téhéran) et Mahmoud Salehi (militant kurde porte-parole du Comité organisationnel pour la création de syndicats et ancien dirigeant des boulangers de Saquez) ont été condamnés à des années de prison.


Mais ces luttes sont restées sur le terrain purement syndical sans déboucher sur le terrain politique. Le fait que dans le courant des dernières semaines, les ouvriers de l’usine d’assemblage de camions Iran Khodro (60.000 travailleurs) se soient mis en grève une heure par jour en solidarité avec les manifestations réprimés par les bassidjis est un pas important en avant.


LG : Quelle est la situation des femmes en Iran ?


MP : En rue, toutes les femmes sont obligées de porter le voile, même les touristes étrangères. Mais il y a une vie à l’extérieur et une autre à l’intérieur car le voile est imposé. Ce n’est pas un choix. Une femme n’a pas le droit de demander le divorce et n’a pas le droit de voyager sans l’autorisation de son mari, ou de son père ou encore de son frère. Bref d’un homme ! Lors d’un divorce elle ne peut garder la charge de ses enfants. En cas d’héritage, la part de la femme vaut la moitié de celle d’un homme.


LG : L’appareil d’état est-il affaibli ? Les forces armées ont-elles une attitude de neutralité ?


MP : L’armée régulière n’est pas entrée en jeu. La république islamique a créé ses propres instruments de répression : d’une part l’armée islamique, les gardiens de la révolution, et d’autre part une milice, les bassidjis, qui réprime les mouvements sociaux, les grèves. L’armée des gardiens de la révolution n’est pas homogène. La tête des gardiens tient plutôt pour Rafsandjani, président du parlement depuis 1980 et proche de la bourgeoisie commerçante du bazar, tandis que la base est plutôt pour Ahmadinejad.


Il ne faut pas confondre l’armée des gardiens de la révolution (les pasdarans) avec l’armée régulière, moins fiable et qui n’est pas entrée en jeu. L’armée régulière est contrôlée par le guide suprême Khamenei. L’armée des gardiens était au début composée de volontaires qui ont fait la guerre contre l’Irak aux côtés de l’armée régulière. Aujourd’hui, l’armée des gardiens de la révolution contrôle la tête de l’armée régulière.


LG : Y a-t-il des contestations dans l’appareil judicaire à propos de la répression ? Chez les magistrats, les avocats ?


MP : Il faut tenir compte qu’avec l’avènement de la République islamique, le droit et l’appareil judiciaire ont été bouleversés. Le droit islamique est désormais appliqué par des juges islamiques. Les avocats ont donc très peu de marge de manœuvre.


Bien sûr il y a des exceptions telles que l’avocate Shirin Ebadi : première femme juge en Iran en 1974, elle a dû abandonner son emploi en 1979 et a reçu en 2003 le prix Nobel pour la manière courageuse dont elle défend les victimes de la répression. On peut aussi citer l’avocat Nasser Zarafchan, condamné à cinq ans de prison après avoir défendu la famille de Mohammed Djafar Pouhandeh, un écrivain assassiné en 1998 par les services secrets iraniens à l’époque où Khatami dirigeait le pays. Aujourd’hui, Zarafchan est libéré mais il continue à prendre des risques de manière courageuse en assurant la défense d’étudiants arrêtés.


Dans l’ensemble, le corps judiciaire reste assez prudent face aux contradictions qui traversent la société iranienne. Cependant, le 6 juillet dernier les associations d’avocats de plusieurs provinces (8 provinces à ce jour) ont publié une déclaration commune s'opposant fermement au projet du régime d'imposer à ces associations, ses propres jeunes avocats de confiance, ceci afin d'obtenir une majorité qui lui soit fidèle et favorable.


Les associations d’avocats estiment que ce changement signifierait l'ingérence du pouvoir exécutif dans leurs affaires et irait à l'encontre de la déclaration internationale des droits de l'Homme. Voilà un signe encourageant.

Propos recueillis par Guy Van Sinoy, le 12 juillet 2009

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 09:51


 

Du dimanche 23 août au matin au mercredi 26 août (accueil le samedi 22 après-midi et départ le jeudi 27 août après le petit-déjeuner). A Port Leucate près de Perpignan, dans le village vacances « Les Carrats » donnant directement sur la plage…


A quoi sert l'université d'été ? 

Le NPA a décidé de tenir 2009 sa première université d'été à la fin du mois d'août. Il peut paraître curieux de militer pendant ses vacances, mais il s'agit, bien entendu, d'un militantisme assez particulier, loin des contraintes de la vie quotidienne. Les travaux se dérouleront dans un village de vacances donnant directement sur une plage de sable de la mer Méditerranée. Le lieu permet aussi bien des échanges passionnés autour d'un verre sur la terrasse que la détente sur la plage. Nous sommes logé-e-s en bungalow, ce qui permet d'en faire un moment de vacances pour soi et sa famille (une garderie est organisée par le centre avec du personnel professionnel).


L'université d'été est conçue d'abord comme un lieu de rencontres et de débats entre sympathisant-e-s et militant-e-s venant d'horizons divers. Elle permet aussi bien la formation des nouveaux et nouvelles, dont l'intégration est rendue plus facile par le côté convivial du séjour, que les échanges entre militant-e-s, le tout dans une ambiance conviviale.


Les ateliers et débats ont également pour finalité de permettre l'approfondissement des questions qui se posent aux militant-e-s tout au long de l'année, avec la possibilité de se poser et de réfléchir au calme et donc avoir le recul nécessaire.


Ils facilitent également la réflexion et l'élaboration de questions programmatiques qui a terme serviront à approfondir les principes fondateurs et le programme du NPA.


L'université d'été est aussi conçue pour organiser des rencontres avec des militant-e-s du mouvement social ou d'autres courants politiques, et avec des intellectuel-e-s et chercheurs qui ont choisi de venir débattre sur des sujets qui sont de leur compétence.


Enfin sont prévus des débats et rencontres avec des camarades issus d'autres pays (notamment d'Europe, Afrique, Moyen-Orient) et des camarades issus des territoires d'Outre-mer.


Tous les jours, le matin (de 9h à 12h), et l'après-midi (de 14h à 17h), les ateliers et les débats ont lieu en parallèle. Plusieurs ateliers de discussion et de formation se déroulent donc simultanément. Cette richesse permet de satisfaire à peu près tout le monde, mais peut poser un choix cornélien entre plusieurs thèmes.


Le créneau 17h30 - 19h est libre ou à tout le moins, nous essayons de le libérer pour permettre les ballades, les derniers bains de mer de l'année ou discuter tranquillement sur la terrasse...


Dans la soirée : cinéma, musique, bar, théâtre, discothèque et, pour les accros, quelques débats supplémentaires, quelquefois autour d'invité-e-s.

Rien n'est obligatoire, tout est possible !


Comment se rendre à Port Leucate ? 

Par la route : Autoroute A9, sortie Leucate, puis voie express littoral ; ou RN 9, échangeur D 627,  puis voie express.

En train : Gare de Leucate la Franqui. Il existe des navettes publiques qui relient la gare au village  vacances « Les Carrats ». Il est recommandé d'arriver à Port Leucate avant 17h30.


Les départs devront avoir lieu le jeudi entre 8h et 11h.




Pour tout contact : universite_ete@yahoo.fr



Université d'été : ciel bleu, soleil, mer et anticapitalisme....

Premier grand rendez-vous depuis le congrès de fondation du parti, la première université d'été du NPA va permettre de prendre du recul sur une année riche en luttes et de discuter, dans une atmosphère détendue, des perspectives politiques.


Un monde en crise s’invite durant ces quatre journées, se déroulant à Port-Leucate (Aude), du dimanche 23 au mercredi 26 août. Le capitalisme s’enfonce dans une crise profonde et historique, qui ne se réduit ni à sa seule dimension financière, ni à l’échec de la régulation libérale, mais bel et bien à la faillite de ce système. A travers une quinzaine d’ateliers de formation et de débats, nous comprendrons comment s’est développée la crise financière de ces derniers mois, mais nous réfléchirons aussi aux dimensions sociale, écologique, alimentaire des crises capitalistes.


Dans ce cycle préparé par les commissions nationales du NPA, il s’agira enfin d’avancer des éléments de réponse : quel programme pour que les salariés et la population ne fassent les frais de cette crise ? Quel socialisme du XXIe siècle peut-on construire ?


Alors, justement, parlons-en, du programme. Au-delà du thème de la crise, celui de cette première université d’été permettra à chacun de choisir en fonction de ses goûts et de ses envies. 72 séances durant ces quatre journées!


Alors (dans le désordre et avec de nombreux oublis), risquons-nous à un petit inventaire à la Prévert. Des invités internationaux, dont des camarades pakistanais et palestiniens; un cycle sur les Antilles et les « DOM TOM », avec la participation des animateurs et animatrices des grandes mobilisations de Martinique, Guadeloupe et de la Réunion; des formations sur l’histoire du mouvement ouvrier avant Marx et les grandes révolutions en France; des débats (très) animés par les commissions nationales du parti, pour les droits des femmes et des LGBTI, sur notre intervention politique dans les entreprises et les services publics, sur les luttes de ces derniers mois dans la jeunesse, etc.; un grand cycle impulsé par la société Louise Michel, avec de nombreux invités (sociologues, scientifiques, écrivains…); des soirées animées autour de rencontres avec invités, projections et musique…


Et si tout cela ne vous a pas convaincus de sacrifier quelques jours de vacances, fin août, sachez enfin que nous ne serons qu’à quelques dizaines de mètres de la plage (ouverte matin, midi et soir), qu’à quelques mètres de notre discothèque (où tous les goûts sont permis) et qu’à quelques centimètres du bar (un lieu de convivialité très fréquenté en soirée…). Non décidément, il ne reste plus qu'une chose à faire : penser à s'inscrire sans attendre !  

La commission « Université d’été »

 

Deux cycles proposés...

Révolutions françaises, révolutions européennes (1789-1848).


Mémoires du mouvement ouvrier, les premiers pas (1820-1860).


1) Cycle : Révolutions françaises, révolutions européennes (1789-1848).


Présentation générale :

Révolutions françaises et révolutions européennes, révolutions bourgeoises et révolutions ouvrières : loin de s'opposer, ces différents épisodes sont souvent entremêlés, bien plus qu'il n'y parait.


En France, la République met près d'un siècle à s'installer. Elle semble triompher en 1792 mais dès 1815 c'est le retour de la monarchie. Pas moins de trois autres révolutions se succèdent, en 1830, en 1848, en 1870 avant que la III° République finisse par s'imposer… mais à l'époque personne n'en est vraiment sûr, puisque le régime républicain n'est évoqué qu'au détour d'une phrase dans la constitution de 1875.


La République bourgeoise met donc du temps à s'imposer. Elle est en même temps rapidement contestée. En 1789 et surtout en 1793 apparait un nouvel acteur : le sans-culotte. Ce n'est pas encore l'ouvrier moderne issu de la révolution industrielle. Mais de nouvelles formes de démocratie commencent à émerger, avec de nouvelles revendications pour l'égalité sociale. En 1796 Babeuf et la « conspiration des égaux » semblent annoncer une époque nouvelle. En 1831 c'est la révolte des canuts. En 1848 les ouvriers parisiens revendiquent la « République sociale »…


« Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » : la célèbre formule qui clôt le « Manifeste communiste » de Marx publié en 1848 n'est pas qu'un slogan. Dès cette époque, l'histoire des révolutions est aussi une histoire européenne.


De la « guerre révolutionnaire » des soldats de l'an II aux guerres napoléoniennes, il y a évidemment quelques différences. Mais dans les fourgons de l'empereur, on trouve malgré tout le code civil qui met une majeure partie de l'Europe à l'heure de la révolution française, en abolissant privilèges et droits féodaux.


Comme en France, une chape de plomb semble retomber après le Congrès de Vienne en 1815, mais en 1830 la révolution n'éclate pas seulement à Paris mais aussi à Naples et à Varsovie... En 1848 c'est le « printemps des peuples ». Une nouvelle Europe semble émerger et communier au même rythme, d'abord celui des victoires puis rapidement des défaites, où l'on semble observer des flux et des reflux à l'échelle d'un continent… comme il y en aura d'autres au moment de la révolution russe.


C'est donc une histoire à la fois lointaine mais finalement très familière qui se construit à cette époque. A bien des égards, la période qui va de 1789 à 1848 n'est pas seulement l'aube d'une époque nouvelle avec les débuts de la révolution industrielle. On y trouve aussi la matrice de bien des révolutions politiques du XXème siècle. 
 

La révolution française et la démocratie.

Serge Aberdam 


Présentation :

Qu'est-ce que les révolutionnaires de 1789 entendaient par « démocratie » ? Comment ont-ils conçu leur régime ? République et démocratie, était-ce bien la même chose ? Y-a-t-il réellement eu plusieurs conceptions de la « démocratie » à cette époque ? De laquelle avons-nous hérité ? Représentation, démocratie représentative, démocratie directe, démocratie sociale, social-démocratie… de quoi parle-t-on exactement, et quand ?  

Lectures :

Albert Soboul, coll. Quadrige, réédition de son « Que sais-je » (ici à la librairie rue Taine) et ses autres (très) nombreux titres dont Les sans-culottes au Seuil, collection Point-histoire.

Manuel universitaire de Biard et Bourdin chez Belin (ici à la librairie).

Dominique Godineau, Citoyennes tricoteuses (réed. récente ; les femmes de Paris).

D. Guérin, La lutte de classe sous la première république (ici à la librairie). Une version abrégée beaucoup plus accessible : Bourgeois et bras-nus, aux éditions les nuits rouges.

Robert Lochead, Les révolution bourgeoises, brochure de l'école de la IV à Amsterdam.

Tamara Kondratieva, Jacobins et Bolcheviks, itinéraires des analogies, Payot 1989 (sur le débat russe).

En bibliothèque : le tout petit bouquin jamais réédité d'Alice Gérard, La RF, Mythes et interprétation.  
 

Révolution bourgeoise et révolution ouvrière en France (1830-1848).

Jean-François Cabral


Présentation :

En 1830, une nouvelle révolution éclate en France. Ce sont les « Trois glorieuses » qui chassent du pouvoir Charles X, le plus jeune frère de Louis XVI, pour y installer Louis-Philippe et non la République espérée par le peuple parisien qui vient de prendre les armes.


Pourtant la France de l'époque est loin d'être immobile. C'est le début de la révolution industrielle, les premiers chemins de fer, et le triomphe des grands financiers soutenus par la monarchie. Le prolétariat n'est pas absent.


En 1831 la révolte des Canuts semble même annoncer une nouvelle ère. Journaux, coopératives, sociétés de secours mutuel… le monde ouvrier s'organise.


Des sociétés secrètes républicaines finissent même par se convertir au socialisme, notamment autour de Blanqui. En 1848 éclate une nouvelle révolution.


Le roi est renversé, un gouvernement provisoire se met en place en février. Il est républicain, mais désormais une nouvelle question surgit : la République au service de qui ?


Entre le drapeau tricolore et le drapeau rouge, ce sont deux conceptions qui s'affrontent mais surtout la lutte de classe qui s'approfondit. Ecrasés par la misère, trompés par le gouvernement provisoire, les ouvriers se révoltent en juin. 

Lectures :

Edouard Dolléans, Histoire du mouvement ouvrier (tome 1 : 1830-1871). Armand Colin. Un « classique » à la fois bien documenté, facile à lire, vivant, mais difficile à trouver car épuisé.

Maurice Agulhon, Les quarante-huitards. Julliard, collection archives. Une introduction très courte et beaucoup de documents présentés de façon accessible.

Karl Marx, Les luttes de classes en France (1848-1850). Multiples éditions, accessible sur internet : www.marxists.org

Auguste Blanqui. Le toast de Londres (1851). Notamment dans A. Blanqui. Ecrits sur la Révolution (Ed. Galilée. 1977). Accessible sur internet : www.marxists.org 
 

Révolutions européennes (1848).

Jean-Pierre Debourdeau


Présentation :

Retour sur les guerres napoléoniennes, la Sainte Alliance et le congrès de Vienne, les révolutions de 1830 avant de nous intéresser au cœur du sujet : le « Printemps des peuples » de 1848-49.


Une vague révolutionnaire continentale où les questions nationales, démocratiques et les questions sociales sont combinées. Quelles forces motrices et quelles forces dirigeantes ? Les débats avant (analyse de la situation, prospective et programme), pendant, et après (bilans) chez les révolutionnaires. 

Lectures:

Friedrich Engels, Révolution et contre-révolution en Allemagne. Tome 1 des Œuvres choisies de Marx-Engels en 3 volumes aux Ed. du Progrès (Moscou. 1965). Accessible sur internet : www.marxists.org

Karl Marx & Friedrich Engels. Adresse du Comité central à la Ligue des Communistes d'Allemagne (1850). Idem.

Auguste Blanqui. Le toast de Londres (1851). Notamment dans A. Blanqui. Ecrits sur la Révolution (Ed. Galilée. 1977). Accessible sur internet : www.marxists.org 
 

 2) Cycle : Mémoires du mouvement ouvrier, les premiers pas (1820-1860).


C'est un cycle un peu particulier car il devrait se poursuivre durant plusieurs universités d'été. Chaque cycle aura une cohérence chronologique et/ou thématique, centré autour de quelques « figures » du mouvement ouvrier pour essayer de faire connaître de façon vivante une histoire que nous cherchons à élargir bien au-delà de la seule tradition marxiste.


Cette année nous parlerons des premières expériences du mouvement ouvrier, avec ses débats autour du « socialisme utopique » et la mise en place de micro-sociétés qui se voulaient exemplaires, l'invention de nouvelles formes d'organisation souvent très diversifiées, la place des femmes dans le mouvement ouvrier, la revendication du suffrage universel et la lutte de classe… Autant de questions qui conservent ou retrouvent une certaine actualité aujourd'hui.


L'utopie : Owen, Fourrier.

Jean-Pierre Hue et Dominique Pierre 

A l'échelle d'une usine et d'un phalanstère, deux expériences de ce que Marx a appelé le « socialisme utopique ».


Premières expériences d'organisation de la classe ouvrière : Flora Tristan, Proudhon.

Josette Trat et Patrick Le Moal 

Journaux, mutuelles, syndicats, coopératives… Comment organiser les exploités ? Et quelle place donner aux femmes dans le mouvement ouvrier ?


Suffrage universel et lutte de classe : le mouvement chartiste en Angleterre, les sociétés secrètes en France et la figure de Blanqui.

Patrick Le Moal 

Autour de la revendication du suffrage universel et de l'égalité, la confrontation entre deux expériences fondatrices du mouvement ouvrier.


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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 09:41


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Si les dernières élections confirment l'emprise de Marine Le Pen sur le Front national et l'influence de l'extrême droite, celle-ci reste éclatée.


Aux européennes, Marine Le Pen, dans sa circonscription, a réussi à « limiter la casse » et réalise le meilleur score du FN (10,18%). A Hénin-Beaumont, commune où se cumulent pauvreté, chômage, délitements industriel et social et corruption d'une partie de la municipalité PS, la benjamine Le Pen, appuyée par l'équipe de « l'enfant du pays »2, obtient 39,34% au premier tour des municipales partielles et améliore son score au second.


Tout porte à croire qu'elle succédra à son père au sommet de « l'entreprise familiale » FN et qu'elle sera la candidate du parti à la présidentielle de 2012. Mais, n'est-ce pas une victoire à la Pyrrhus ? En effet, le FN, passé de sept à trois élus au Parlement européen, connaît, depuis une décennie, une crise militante, une hémorragie régulière de ses cadres3 et un endettement élevé4.


La crise majeure, ouverte en 1998 par la scission « mégretistes», ne semble toujours pas close. Fruit de divisions internes (divergences sur les rapports avec la droite de gouvernement, désaccords sur les contours et la définition de l'identité française, divergences sur l'évolution de la société française…), accentuées, dans les années 1990, par des mobilisations antifascistes massives, elle ne cesse de rebondir, contraignant la nouvelle génération de cadres frontistes à faire son « baptême du feu », dans le nouveau cycle historique ouvert par la chute du Mur de Berlin.

 

Clivages 

La nouvelle donne politique de ce cycle a amplifié les effets centrifuges de la scission de 1998 et mis fin au « compromis nationaliste » sur lequel le Front national avait construit son influence depuis les années 1970. Aujourd'hui, la « famille nationaliste » reste traversée par des clivages, anciens et nouveaux: l'identité, les questions internationales, les réponses (nationales-libérales ou nationales-sociales) à la mondialisation, à la crise financière et à l'offensive sarkozyste… Ces clivages débouchent sur des choix organisationnels différents selon les composantes.


Certaines privilégient le combat électoral (leurs faibles scores marquent surtout leur capacité de nuisance face au FN). Fin 2007, d'anciens FN, pour beaucoup passés par le Mouvement national républicain (MNR), constituent la Nouvelle Droite populaire (NDP) sur une critique radicale du mondialisme et de l'islam. Début 2009, Carl Lang crée le Parti de la France (PDF), pour renouer avec les « fondamentaux » que les « marinistes » renieraient. Des groupes régionaux du FN éclatent (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Centre, Basse et Haute-Normandie). La « vieille garde lepéniste » et la NDP se mettent alors au service de Carl Lang, sans nécessairement rejoindre le PDF. En février dernier, l'ex-stalinien Alain Soral claque la porte du FN et rejoint Dieudonné sur sa liste « antisioniste ». L'association de Soral devrait se transformer en Parti de la réconciliation nationale, à la fin de l'année.


Contexte européen 

D'autres composantes privilégient « l'enracinement » militant et l'activisme. Depuis l'été 20026, les Identitaires, « régionalistes et européens », investissent le terrain. Leur activisme, souvent violent, se porte surtout contre les immigrés et les IVG. Comme en Italie, ils installent des « centres sociaux » (Lille, Nice, Guerlesquin).


Créé en 2005, le Renouveau français concurrence les Identitaires sur le terrain de l'activisme. Ce groupe « nationaliste, catholique et contre-révolutionnaire », dirigé par un ex-FN, organisait, cette année, la commémoration du 6 février 19347 devant l'Assemblée nationale.


La mouvance d'« ultradroite » reste présente dans les stades, organise des concerts et joue les supplétifs dans les services d'ordre « unitaires ».


D'autres, enfin, veulent peser « à la droite de la droite » et rejoignent le Mouvement pour la France (Jacques et Marie-Claude Bompard, Gérard Freulet…) ou, in fine, l'UMP (Daniel Simonpieri, Guillaume Peltier…).

Le morcellement actuel de l'extrême droite française est, fort heureusement, un frein à son influence. Mais, il est nécessaire de resituer ce « contre-temps » dans un contexte continental, favorable à la progression des droites populistes et xénophobes. 

Gabriel Gérard


 

1. Selon les propos de Marine Le Pen à l'annonce des résultats d'Hénin-Beaumont.

 

 

2. Sur l'implantation de Steeve Briois (tête de liste) et de son équipe, il faut voir le documentaire d'Edouard Mills-Affif, « Au pays des gueules noires ».

 

 

3. De nouveaux départs du bureau politique étaient rendus publics au lendemain des européennes.

 

 

4. Le FN traîne 9 millions d'euros de dette. Pour l'essentiel, elle a été contractée auprès de l'imprimeur Fernand le Rachinel. Ce dernier a contribué à la présentation de la liste « antisioniste » de Dieudonné.

 

 

5. Bruno Mégret et ses partisans ont alors créé le Mouvement national républicain qui, aujourd'hui, compterait un millier d'adhérents.

 

 

6. Date de la dissolution d'Unité radicale.

 

 

7. Emeutes antiparlementaires à l'initiative des ligues d'extrême droite.

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 19:22


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Mercredi 22 juillet, la caravane de l’UMP, qui sillonne les plages pour « expliquer les réformes » et « faire de la pédagogie auprès des français » faisait étape à Saint-Malo et Dinard. Notre comité se mobilise depuis 2 ans pour leur souhaiter la «malvenue.

 

Nous avions décidé cette année d’axer notre intervention autour du travail du dimanche que le pouvoir , à la grande satisfaction du MEDEF, vient d’étendre en ouvrant la voix à l’ouverture des magasins dans les zones touristiques et autres zones économiques qualifiées de « périmètres d'usage de consommation exceptionnelle» ou PUCE, dont la définition est suffisamment extensible pour étendre sans fin les zones soumises au travail dominical.


Chaque militant du NPA est venu habillé selon son activité dominical (en jardinier, en footballeur, en pyjama, en vendeur de tout est à nous,…) pour rappeler que cette bataille est celle du temps libre et du droit à la paresse.


Notre but n’était évidemment pas de dialoguer avec les jeunes populaires, mais de rappeler à la population,  que les mauvais coups du gouvernement, eux, ne prenaient pas de vacances et qu’il ne fallait pas baisser la garde contre ce gouvernement de casseurs.


A voir les réactions majoritairement hostiles au travail du dimanche, nous pouvons dire que la grogne sociale est toujours là. A nous, tous ensemble, de la convertir en mouvement social extraordinaire dès la rentrée qui fasse enfin reculer le MEDEF et Sarkozy.

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 08:57


24 juillet 2009 - Le Télégramme

 

Alcatel-Lucent. 201 emplois en moins à Lannion

23 juillet 2009 à 12h39


Alcatel-Lucent avait annoncé la mise en place d'un plan social engageant la suppression d'un millier de postes en France. L'Ouest est particulièrement concerné : Lannion perd 201 emplois.

 

Lannion est durement touchée par le plan de 1.000 suppressions d'emplois en France (850 suppressions, au moins 150 externalisations) annoncé par Alcatel-Lucent. La mauvaise nouvelle est tombée peu après 10 h. Entre les 49 suppressions de postes et les 99 externalisations confirmées, le site lannionnais perd 148 emplois. Auxquels il faut ajouter la suppression des 53 postes de la branche production de la filiale RFS (radio frequency system). Lanniojn perd donc 201 emplois.  
 
Des centaines de salariés mobilisés
"C'est plus qu'on ne l'aurait cru. les externalisations ne visent pas seulement les produits historiques de la téléphonie fixe, mais sont étendues aux 51 personnes qui travaillent sur NGN mobile, produit axé vers le futur", déploraient à chaud les syndicats. Jusqu'à midi, l'accès au site était entièrement bloqué. Les salariés, plusieurs centaines en dépit des congés, ont installé leur campement avec chapiteau, café et gâteaux. Mais le coeur n'y était pas. Lannion attendait l'issue du CCE de RFS, filiale d'Alcatel-Lucent, qui s'est tenu cet après-midi. Bilan négatif : comme le craignaient les syndicats, RFS supprime 53 postes. Soit la totalité de la branche production de la filiale qui n'emploie plus qu'une trentaine de salariés en recherche et développement.

111 postes en moins en Loire-Atlantique

Quel tribut paient les autres sites français ? 241 postes doivent être supprimés à Vélizy (Yvelines), 129 à Villarceaux, 49 à Ormes (Loiret), 49 à Lannion (Côtes d'Armor), 60 à Orvault (Loire-Atlantique) et 200 à Eu, d'après les informations qu'ont reçues les syndicats d'Alcatel-Lucent France (ALF, principale filiale). En outre, 51 postes à Orvault doivent être transférés vers des entreprises partenaires, ce que la direction nomme "co-sourcing" et les syndicats "externalisation".

Un poste de la filiale Alcatel-Lucent Enterprise a également été supprimé à Brest.

 

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200 emplois en moins à Lannion, 111 à Orvault, près de Nantes, un millier au total en France. Alcatel-Lucent taille une fois encore dans ses effectifs en France. Un nouveau coup dur pour l'industrie des télécoms dans l'Ouest.


La nouvelle était attendue depuis quinze jours. La direction d'Alcatel-Lucent a confirmé hier, à l'occasion de comités d'entreprise dans ses différents sites, la suppression de 850 postes en France et l'externalisation de 150 autres vers des entreprises partenaires. Au total, mille postes de moins pour un groupe qui comptait plus de 12.000 salariés dans l'Hexagone, il y a deux ans, et qui en comptera à peine 10.000 l'an prochain. Au niveau mondial, il s'agit du quatrième plan social en trois ans. Pourtant, Ben Verwaayen, qui a pris en septembre dernier la succession du tandem Patricia Russo-Serge Tchuruk à la tête du groupe franco-américain, avait assuré qu'il ne procéderait plus à aucun plan social global. Mais la situation financière d'Alcatel-Lucent, qui souffre particulièrement sur un marché des télécoms dominé par les Asiatiques, le contraint une nouvelle fois à réduire les coûts. Autrefois concurrencé par l'Américain Motorola ou les Européens Nokia, Siemens et Ericsson, voilà Alcatel-Lucent doublé en termes de coûts et de technologie par les groupes chinois.

Déjà 1.800 postes supprimés en 2007


Comme en 2007, alors que le groupe avait supprimé 1.800 postes en France, l'Ouest de la France paie le prix fort. Sur le site de Lannion, qui compte aujourd'hui 900 salariés, 49 emplois vont être supprimés, essentiellement en recherche et développement. 99 autres seront externalisés. Par ailleurs, également à Lannion, 50emplois disparaissent au sein de la filiale RFS (antennes de téléphonie mobile). À Orvault, 60 postes disparaissent et 51 sont externalisés. Toutefois, c'est le site de Vélizy (Yveslines) qui est le plus touché avec 241 suppressions de postes, devant l'usine d'Eu (Seine-Maritime), qui perd 200 de ses 500 emplois. À Brest, un seul emploi est supprimé au sein d'Alcatel-Lucent Enterprise (sur 240). Selon la direction du groupe, ce nouveau plan «vise à réduire les coûts de structure, tout en préservant le rôle central de la France dans le groupe et sa capacité de recherche et développement». Les départs se feraient d'abord sur la base du volontariat. Mais les syndicats craignent des départs contraints, faute d'un nombre suffisant de volontaires.

Une mobilisation annoncée à la rentrée


L'intersyndicale du groupe, qui a demandé à rencontrer NicolasSarkozy, veut «empêcher ce dépeçage d'une industrie française de haute technologie exportatrice» et faire «cesser le dumping des équipementiers chinois». «La colère domine. Nous en avons ras-le-bol des annonces à répétition», a martelé, hier, Hervé Lassalle (CFDT). Il a annoncé «une mobilisation à la rentrée pour limiter la casse». Depuis la difficile fusion en 2006 entre le français Alcatel et l'américain Lucent Technologies, le groupe a déjà procédé à plusieurs plans de restructuration, comprenant 17.500 suppressions d'emplois d'ici à fin 2009, dont plus de 2.000 en France. Dans l'Ouest, le plan social de 2007 avait entraîné la suppression de près de 450 postes à Orvault, Rennes, Lannion et, dans une moindre mesure, Brest
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 08:49

La menace d’un bon exemple
Noam CHOMSKY

Aucun pays n’est à l’abri d’une intervention des Etats-Unis, même le plus insignifiant. En fait, ce sont souvent les pays les plus faibles, les plus pauvres, qui provoquent la plus grande hystérie.

Prenez le cas du Laos dans les années 60, peut-être le pays le plus pauvre du monde. La plupart de ceux qui y vivaient ne savaient même pas qu’ils vivaient dans un pays appelé le Laos ; tout ce qu’ils savaient était qu’ils vivaient dans un village qui était situé non loin d’un autre petit village, etc. Mais dès qu’une révolution sociale très limitée a commencé à se développer là-bas, Washington a soumis le Laos à un « bombardement secret » meurtrier, détruisant de larges portions de zones habitées et qui, de leur propre aveu, n’avait rien à voir avec la guerre que les Etats-Unis menaient contre le Vietnam du Sud.


La population de la Grenade est de 100.000 et vous auriez du mal à touver cette île sur une carte. Mais lorsque la Grenade a connu une révolution sociale modérée, Washington est rapidement entré en action pour détruire la menace.


Depuis la Révolution bolchevique de 1917 jusqu’à la chute des gouvernements communistes en Europe de l’Est à la fin des années 80, chaque agression US était justifiée comme une défense contre la menace soviétique. Ainsi lorsque les Etats-Unis ont envahi la Grenade en 1983, le chef d’Etat Major a expliqué que, dans l’éventualité d’une attaque soviétique contre l’Europe occidentale, un régime hostile à la Grenade pouvait couper les approvisionnements de pétrole des Caraïbes à l’Europe de l’Ouest et que les Etats-Unis seraient dans l’impossibilité de porter secours à leurs malheureux alliés.


Cela peut paraître comique, mais de telles histoires peuvent mobiliser un soutien de l’opinion publique contre l’agression, le terrorisme et la subversion.

L’agression contre le Nicaragua était justifiée par le fait que si nous ne « les » arrêtions pas là-bas, « ils » traverseraient notre frontière à Harlington, Texas – à peine deux heures de route. (pour les publics plus éduqués, il y avait des arguments plus sophistiqués, mais tout aussi plausibles).


En ce qui concerne l’économie américaine, le Nicaragua pourrait disparaître et personne ne s’en rendrait compte. Même chose pour le Salvador. Pourtant ces deux pays ont été soumis à des attaques meurtrières de la part des Etats-Unis qui ont coûté des centaines de milliers de vies et des milliards de dollars de dégâts.


Il y a une raison à cela. Plus le pays est faible, plus son exemple est dangereux. Si un pays minuscule comme la Grenade pouvait améliorer les conditions de vie de sa population, d’autres pays, avec plus de ressources, pourraient se demander « pourquoi pas nous ? »


Ceci est vrai aussi pour l’Indochine, qui est relativement grande et possède quelques ressources. Eisenhower et ses conseillers s’étendaient sans cesse sur le riz, l’étain et le caoutchouc, mais leur véritable crainte était que le peuple indochinois retrouve l’indépendance et la justice et que celui de la Thaïlande les imite et, en cas de réussite, que la Malaisie suive leur exemple pour rapidement aboutir à l’indépendance totale de toute l’Indonésie et la perte pour les Etats-Unis d’une partie importante de la « Grande Zone ».


Lorsqu’on veut instaurer un système global qui soit soumis aux besoins des investisseurs américains, il faut s’assurer que tous les morceaux restent en place. Il est étonnant de constater à quel point cette idée est ouvertement formulée dans les documents officiels.


Prenons l’exemple du Chili sous Allende. Le Chili est un pays relativement grand, avec beaucoup de ressources naturelles, mais, là non plus, les Etats-Unis n’allaient pas s’effondrer si le Chili devenait indépendant. Pourquoi étions-nous si préoccupés par ce pays ? Selon Kissinger, le Chili était un « virus » qui pouvait « infecter » la région et dont les effets allaient se ressentir jusqu’en Italie.


Malgré 40 ans de subversion par la CIA, l’Italie avait encore un mouvement ouvrier. L’avènement d’un gouvernement social-démocrate au Chili aurait pu inspirer les électeurs italiens. Imaginez qu’ils se prennent à avoir des idées bizarres comme celle de reprendre le contrôle de leur propre pays et de refonder les mouvements détruits par la CIA dans les années 40 ?


Les stratèges américains, depuis le secrétaire d’Etat Dean Acheson à la fin des années 40 jusqu’à nos jours, ont toujours averti qu’ « une pomme pourrie gâte le baril » [traduction littérale du proverbe – NDT]. Le danger était la pourriture – le développement social et économique – qui pouvait se transmettre.


Cette « théorie de la pomme pourrie » est présentée en public sous le nom de la théorie des dominos. Elle est destinée à faire peur à l’opinion publique et lui expliquer comment Ho Chi Minh pourrait monter dans un canoë et pagayer jusqu’en Californie, ce genre de choses. Il se peut que quelques responsables américains croient à ces bêtises, c’est possible, mais pas les stratèges. Ces derniers comprennent parfaitement que la véritable menace est celle d’un « bon exemple ». Et il leur arrive parfois de l’énoncer clairement.


Lorsque les Etats-Unis planifiaient le renversement de la démocratie guatémaltèque en 1954, le Département d’Etat a déclaré officiellement que « le Guatemala représente un danger croissant pour la stabilité du Honduras et du Salvador. Sa réforme agraire est un puissant outil de propagande : son vaste programme social d’aide aux travailleurs et paysans dans une lutte victorieuse contre les classes aisées et les grandes entreprises étrangères exerce un fort attrait auprès des populations voisines en Amérique centrale, où les conditions sont similaires ».


En d’autres termes, les Etats-Unis veulent la « stabilité », c’est-à-dire la sécurité pour « les classes aisées et les grandes entreprises étrangères ». Si cet objectif peut être atteint par des mécanismes démocratiques, tout va bien.


Sinon, la « menace contre la stabilité » que représente un bon exemple doit être détruite avant que le virus ne se répande. C’est pourquoi même le plus petit des pays peut représenter une menace et doit être écrasé.

Noam Chomsky


traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 08:43


à l'attention de Messieurs :
-Claude GUEANT, Secrétaire Général du cabinet de Monsieur le Président de la République,
-Jean-David LEVITTE, conseiller diplomatique de Monsieur le Président de la République et Président du Conseil de sécurité nationale,
-Cédric GOUBET Chef de cabinet de Monsieur le Président de la République,

Messieurs

J'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir intervenir fermement auprès des autorités israéliennes en vue de la libération anticipée de Monsieur Salah HAMOURI, citoyen français ayant la nationalité palestinienne, résidant à Jérusalem et détenu par les autorités israéliennes.

Monsieur Salah HAMOURI a été arrêté le dimanche 13 mars 2005 par les soldats d'occupation israéliens au barrage armé de Qalandya, point de passage entre les villes palestiniennes de Jérusalem-Est et de Ramallah.

Monsieur Salah HAMOURI a été torturé et détenu dans des conditions en violation des règles de respects des droits de l'homme. Amnesty International a publié un rapport en 2008 qui décrit le système de détention en vigueur en Israël et dans les territoires palestiniens occupés.

Monsieur Salah HAMOURI a été jugé par un tribunal militaire israélien au bout de trois ans de détention préventive et 26 audiences, sans que la moindre preuve matérielle ait été produite par ses accusateurs. Les conditions de son jugement n'ont pas été équitable ni conformes aux conventions internationales compétentes en la matière. Monsieur Salah HAMOURI est un prisonnier d'opinion.

Monsieur Salah HAMOURI passera devant le tribunal israélien le 26 juillet 2009 en vue de l'examen sa demande de libération anticipée.

Monsieur le président de la république s'est engagé à apporter son secours à tous les Français soumis à d'injustes détentions dans le monde, et à "les chercher où qu'ils se trouvent". Attaché comme vous à l'égalité des droits pour toutes et tous les citoyens quels qu'ils soient, j'espère, comme des centaines de milliers de françaises et de français que Monsieur Salah HAMOURI pourra bénéficier de cet engagement présidentiel comme cela a été le cas pour les autres prisonniers français ; surtout dans cette partie du monde qui souffre terriblement de la règle des « deux poids et deux mesures. »

Dans l'attente d'une intervention rapide et dans l'espoir de la libération de Monsieur Salah HAMOURI le 26 juillet 2009, je vous prie de croire Messieurs en l'expression de mes sincères remerciements ainsi que mes salutations républicaines.

Tarek BEN HIBA
Conseiller régional Ile-de-France
Groupe : communiste, alternative citoyenne, républicain et parti de gauche
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 08:41


BRUXELLES - La Commission européenne est revenue à la charge mercredi sur le maïs génétiquement modifié en proposant d'autoriser la commercialisation et l'utilisation dans l'UE de trois semences de la multinationale américaine Monsanto.

Les trois semences de maïs sont le MON88017, le MON89034, et le NK603, génétiquement modifiées pour être résistantes aux insectes et tolérantes aux herbicides. La demande d'autorisation concerne l'importation, la transformation, l'alimentation humaine et animale.

Les experts des Etats membres consultés mercredi ne sont pas parvenus à se prononcer, malgré les avis favorables de l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA), a précisé la Commission.

En vertu des règles européennes, il revient dans ce cas à l'exécutif européen de soumettre la proposition aux ministres de l'Environnement, ce qui sera fait au cours de leur prochaine réunion fin octobre. Si les ministres ne parviennent pas à prendre position pour ou contre l'autorisation, la décision finale sera alors prise par la Commission.

Plusieurs semences génétiquement modifiées sont déjà autorisées à l'importation dans l'UE, mais une seule l'a été à la culture, le maïs Monsanto 810.

Les pays européens sont dans leur grande majorité opposés aux cultures d'organismes génétiquement modifiés en raison des risques pour l'environnement et pour les autres cultures.

Ils refusent de donner leur accord à toute autorisation tant que les méthodes d'évaluation de l'EFSA n'auront pas été révisées et renforcées, notamment pour mieux prendre en compte les risques de dissémination.

Six pays - France, Autriche, Hongrie, Luxembourg, Allemagne et Grèce - ont adopté des clauses de sauvegarde pour interdire la culture sur leur territoire de la seule variété de maïs génétiquement modifiée autorisée dans l'UE, le MON 810, "en raison de risques environnementaux".

Monsanto a demandé le renouvellement de l'autorisation de culture pour le MON810 et a obtenu un avis favorable de l'EFSA.

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, qui gère personnellement ce dossier, a tenté de faire lever ces clauses le 2 mars, mais il a été désavoué: 22 des 27 membres de l'UE ont voté contre sa demande.

(©AFP / 22 juillet 2009 16h56)
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 08:38


AUX COTES DES SALARIES DE L’ELECTRONIQUE

POUR LA DEFENSE DE LEURS EMPLOIS

CONTRE LES LICENCIEMENTS ET LES SUPPRESSIONS D’EMPLOI

 

Après l'annonce, le 18 juin dernier, d'un plan d'économies avec des suppressions d'emplois, L'équipementier en télécoms Alcatel-Lucent a annoncé mercredi 8 juillet, un nouveau plan social d'un millier de suppressions d'emplois en France d'ici 2010.

La direction d’Alcatel a indiqué avoir lancé "il y a six mois un programme de transformation du groupe visant à améliorer sa performance financière et à rationaliser son portefeuille produits".

Ce nouveau plan social, qui pourrait comprendre des départs contraints, concernerait les services administratifs, les services de vente et quelques activités industrielles

Le jeu libre de la concurrence mondiale que se livrent les groupes industriels conduit à ce résultat de catastrophe que nous connaissons en France.

Or, la France précisément, est aussi le pays des pôles de compétitivité, mis en place il y a peu de temps avec le concours des collectivités locales et notamment des Régions.

Alcatel, qui a donc des comptes à rendre, traite ces institutions avec le même mépris qu'elle traite ses salariés en utilisant, bien entendu, le contexte de la crise financière mondiale pour imposer ses restructurations.

Ces annonces concernant Alcatel-Lucent s’ajoutent aux mesures visant Harmers & Simmons (plan social concernant 55 salariés sur 150 emplois), Alcanet (20 emplois devant être transférés vers HP-EDS, 200000 salariés dans le monde et en cours de plan social de 30000 personnes).

Sans oublier les rumeurs concernant RFS, tous les emplois publics détruits ou supprimés au fil des attaques contre les Services Publics (enseignement, santé, poste, territoriaux …)

Sans oublier non plus les dizaines de faillites d’entreprises artisanales, en particulier dans le BTP.

Nous, partis et organisations politiques, soussignés avons décidé de faire front unitairement aux côtés des salariés victimes de ces suppressions d’emploi, de leur témoigner notre solidarité et notre soutien à leurs combats menés avec leurs organisations syndicales unies.


À Lannion à l'appel de l'ensemble des organisations syndicales d’Alcatel-Lucent c'est la grande majorité des salariés qui rejette des décisions néfastes pour le site trégorrois.


Au-delà de ce communiqué et des contacts pris avec les organisations syndicales d’Alcatel-Lucent, Hammers&Simmons, Alcanet et RFS afin de donner une forme concrète et visible à notre engagement, les partis et organisations politiques soussignés décideront d’initiatives propres pour s’inscrire aux côtés des salariés, de leurs organisations, et avec toute la population dans les combats indispensables pour mettre un coup d’arrêt aux politiques du MEDEF, du patronat et du gouvernement Sarkozy.

Lannion, le 23/07/2009

La Fédération, NPA, PCF, PG, PS, UDB, les Verts du Trégor

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