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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 09:45
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Voici les trois articles publiés dans Le Monde daté du 3 janvier sous le titre générique "les maires soucieux de leur lien avec le PS" ("le communisme municipal tient bon dans ses bastions " en accroche en une).
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Les communistes jugent compatible la critique du gouvernement et l'alliance avec les socialistes pour les municipales 
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Comme l'a récemment illustré la parodie de voeux envoyée par le Parti communiste à François Hollande, les relations entre PS et PCF sont tendues. Mais, sur le terrain, communistes et socialistes travaillent ensemble. Et, dans la perspective des municipales de 2014, les maires PCF veulent maintenir cette entente, notamment dans la quarantaine de villes de plus de 20 000 habitants qu'ils dirigent, et où la plupart ont été élus sur des listes d'union de la gauche.

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A l'image de leur direction, ces maires jugent sévèrement la politique menée par le gouvernement et approuvent l'attitude de leurs sénateurs qui s'opposent de plus en plus frontalement aux socialistes. Une stratégie qui pourrait cependant leur valoir quelques difficultés pour faire naître de futures listes d'union. " Je comprends qu'on puisse se poser la question mais il faut être pragmatique, répond Gaby Charroux, maire de Martigues et député des Bouches-du-Rhône. Je n'aurai aucun état d'âme : j'ai bien l'intention d'avoir le même rassemblement que les années passées. " 
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C'est d'ailleurs la ligne choisie par la direction du parti.
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 " Ces élections municipales avec un mode de scrutin à deux tours, sur liste proportionnelle avec forte prime majoritaire, appellent à nos yeux, de la part des communistes et du Front de gauche, une stratégie de large rassemblement (...) afin d'être majoritaires face à la droite et à l'extrême droite ", était-il recommandé en novembre aux fédérations. " C'est un passage incontournable pour gagner les villes et les garder ", dit Lydie Benoist, chargée des élections.

" Ce serait dommage qu'à cause de désaccords sur la loi de finances on ne puisse pas travailler ensemble localement, soutient Marie-France Beaufils, sénatrice et maire de Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire). Aujourd'hui, rien ne me fait penser qu'ici les socialistes ne sont pas dans cette démarche-là. " 

Et si les membres du PS, agacés par l'attitude des communistes au niveau national, décident de faire cavaliers seuls ? " Si c'est leur position, cela signifiera qu'ils sont dans une posture de renoncement à porter le changement dans ce pays, juge Gilles Poux, maire de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). S'ils ne s'allient pas avec nous, ils le feront avec qui ? L'UDI ? " 

" Pour être élu, Hollande a eu besoin des 4 millions de voix de Mélenchon, insiste Bernard Genin, maire de Vaulx-en-Velin (Rhône). Les socialistes devront s'en souvenir et nous sommes là pour le leur rappeler. " 

Convaincre le Parti de gauche D'autant que ces élections de mi-mandat s'annoncent compliquées pour les socialistes. " Les sondages ne sont pas extraordinaires pour le PS, souligne Sébastien Jumel, maire de Dieppe (Seine-Maritime). Si nous pensons que pour gagner des villes, il faut être rassemblé, le PS a la même conviction. A moins que certains souhaitent engager un divorce avec le peuple de gauche. " 
M. Charroux pointe les trois récentes législatives partielles, où le PS a vu ses scores nettement baisser : " Elles n'ont pas de portée générale, mais on peut s'attendre qu'avec de telles décisions nationales, ce soit très difficile pour le gouvernement lors des élections municipales mais aussi cantonales et régionales. Du coup, la majorité au Sénat pourrait aussi rebasculer à droite. " 

En attendant, les communistes devront convaincre leurs partenaires du Front de gauche de l'utilité de repartir avec le PS. Notamment le Parti de gauche, qui défend le principe de listes autonomes. " Il n'y a pas de frictions mais un débat ", assure M. Genin. Moins diplomate, Michèle Picard, maire de Vénissieux (Rhône), juge que " sur certaines villes, le PG ne représente rien ". " Ce n'est pas le PG qui va décider de la ligne des maires communistes ", rétorque M. Jumel. Que ce soit avec le PS ou avec leurs propres alliés, la tâche s'annonce ardue pour les communistes.
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R. B. D. 
Chatgelyel
 

A Gennevilliers, " si le PS s'y retrouve, il n'y a aucune raison de ne pas y aller ensemble "
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Gennevilliers (Hauts-de-Seine) Envoyée spéciale
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Meurtrie par la désindustrialisation, Gennevilliers (Hauts-de-Seine) tente de tourner la page.

 

Thales Communications y a inauguré en août des bureaux flambant neufs pour plus de 4 000 salariés. Avant elle, c'étaient Prisma Media et Chèque Déjeuner qui avaient choisi de s'implanter dans cette commune de 43 000 habitants, bien desservie par les transports en commun et qui accueille le Port autonome de Paris, importante zone d'activité économique. Une ville communiste depuis 1934.


Peu à peu, les anciennes friches industrielles, souvent préemptées par la mairie, sont remplacées par des entreprises ou des immeubles modernes. Le long de l'avenue Gabriel-Péri, là où les usines Chausson faisaient autrefois la fierté de la ville, 1 700 habitations sortiront de terre d'ici à 2016, dont la moitié en logement social et l'autre en accession à la propriété. Une règle que la mairie a instaurée pour les nouvelles constructions qu'elle entreprend. " Cela permet de mieux répondre aux droits des Gennevillois sans exclure la population en place ", explique le maire PCF, Jacques Bourgoin.

Gennevilliers a la spécificité de jouir d'un budget annuel très confortable - 190 millions d'euros - tout en accueillant une population fragilisée.
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En 2009, le revenu moyen par foyer fiscal ne dépassait pas les 17 000 euros par an quand la moyenne du département était près de deux fois supérieure, et le chômage atteignait déjà plus de 16 %. Les ressources de la ville lui autorisent une politique sociale d'ampleur. Dans une commune où le prix du mètre carré a triplé en dix ans, 65 % de logements sont sociaux. La mairie, qui fait travailler 1 200 personnes, est aussi un des plus gros employeurs de la ville. Même Isabelle Balkany, maire-adjointe UMP de Levallois-Perret et ancienne vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, reconnaît que les communistes sont de " bons élus locaux ". " Bourgoin n'est pas un mauvais maire, car il est pragmatique ", ajoute-t-elle.

A Gennevilliers, l'UMP n'a que deux conseillers municipaux.
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L'opposition est aussi représentée par Isabelle Guichard, conseillère municipale Nouveau Parti anticapitaliste, pour qui " les communistes disent des choses en tant que militants et en font d'autres en tant que gestionnaires ". Elle en veut pour preuve le travail du dimanche. A l'Assemblée nationale, Roland Muzeau, premier adjoint au maire et alors député, s'y était vigoureusement opposé. Mais, sur place, la ville l'a autorisé. " Nous sommes pour son interdiction totale, mais il faut tenir compte des réalités locales,répond M. Muzeau. A partir du moment où tout est ouvert à côté, cela crée une situation incompréhensible pour les salariés genevillois. " 

En quatre-vingts ans, le PCF a eu le temps de tisser des réseaux importants. 
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" L'appareil est bien huilé, bien implanté, notamment dans les associations, constate Mohamed Bellouch, maire adjoint à la solidarité (PS). Les socialistes ont du mal à exister en tant que tels. " " Tout est toujours contrôlé ", assure aussi Mme Guichard, qui parle de " clientélisme ". " Pour ça, il faut avoir des choses à offrir, des logements, de l'emploi, juge-t-elle. Et ils font bien le travail. " Des accusations que conteste formellement la mairie.

En 2008, M. Bourgoin a été réélu dès le premier tour, sur une liste d'union de la gauche, avec près de 75 % des voix, mais aussi près de 50 % d'abstention. A 60 ans, il a décidé de passer la main. C'est Patrice Leclerc, conseiller général de 49 ans, qui prendra la relève pour les prochaines municipales. Lui aussi souhaite travailler au rassemblement de la gauche. " L'idée est de construire un programme avec les habitants, explique l'élu. Si le PS s'y retrouve, il n'y a aucune raison de ne pas y aller ensemble. " 

Jusqu'à présent, les socialistes n'ont jamais tenté de conquérir la ville. Et ne semblent pas prêts à se lancer pour 2014. " La difficulté, c'est qu'on a fait plusieurs mandats ensemble, explique M. Bellouch. Se présenter face à la population en se tirant dessus, ça va être un peu difficile. " Ce dernier met tout de même en garde sur " les limites à ne pas dépasser " après les critiques des communistes qui se multiplient au niveau national contre le gouvernement.

Il faudra aussi, glisse M. Leclerc, laisser " cicatriser " la défaite de M. Muzeau, qui a perdu la circonscription en juin au profit d'un jeune socialiste. S'il n'a obtenu que 29,7 % des voix au premier tour sur l'ensemble de la circonscription, l'ancien député a en revanche dépassé les 50 % des voix sur Gennevilliers. De quoi mettre du baume au coeur au PCF pour 2014.

R. B. D. 
 
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" Il y a une ambivalence entre le PCF, aux positions souvent radicales, et ses maires "

Questions à Emmanuel Bellanger, historien chercheur   au CNRS ainsi qu'au Centre d'histoire sociale à Paris-I. Il a coécrit avec Julian Mischi Les Territoires du communisme (Armand-Colin), à paraître en mars 2013.

Quelles sont les caractéristiques du communisme municipal ?
 

Le communisme municipal n'a jamais été reconnu par la direction du PCF pour qui l'action municipale n'est qu'un pâle supplétif à la vraie Révolution. Dans les faits, il se caractérise par la promotion du logement social et la constitution de réserves foncières qui marquent l'emprise de la municipalité sur le territoire. Il promeut le tissu associatif affilié au PCF, des services de proximité et des politiques d'encadrement social, en particulier de la jeunesse, autour du patronage et des colonies de vacances. Il se distingue par sa politique d'emploi, jugée pléthorique et clientéliste, mais qui permet l'insertion sociale d'un personnel peu qualifié. Dès l'origine, il y a une ambivalence entre un PCF aux positions souvent radicales, et ses maires qui, pour maintenir leur assise et servir les besoins de leur population, collaborent avec l'Etat.

Les habitants votent-ils par adhésion à l'idéal communiste ou par reconnaissance du travail mené par les équipes ?
 

Aux municipales de 1965, dans de nombreuses villes rouges, seule la liste du PCF était en compétition. Les autres partis ne pouvaient que constater l'emprise des maires communistes, qui fidélisaient sur leur nom le vote banlieusard. A défaut d'une adhésion au PCF, ce vote exprimait une reconnaissance à l'égard de ses militants devenus des maires bâtisseurs.

A partir de quand constate-t-on une perte d'influence du PCF dans la banlieue rouge ?
 

Depuis les municipales de 1989, le PCF a perdu une dizaine de bastions, comme Montreuil, Drancy, Aubervilliers ou Romainville. Au choc de la désindustrialisation des années 1970 ont succédé la " crise des banlieues " et la gentrification de quartiers proches de Paris. La concurrence avec le PS est de plus en plus vive. L'ancien bastion qu'est la Seine-Saint-Denis reste aujourd'hui le plus disputé. La banlieue rouge a aussi été marquée par des luttes fratricides.
De nombreux élus, à Aubervilliers, Saint-Denis, Pantin ou Montreuil, ont pris leur distance dès les années 1980 avec leur parti qui renouait avec une ligne d'opposition. Mais l'empathie pour le communisme municipal n'a pas totalement disparu. A la présidentielle de 2012, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) ou Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le Front de gauche a totalisé plus de 25 % des voix, alors qu'en 2007, Marie-George Buffet ne dépassait pas les 8 %. Cette banlieue ne sera peut-être plus communiste, mais elle peut rester rouge.
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Propos recueillis par Raphaëlle Besse Desmoulières
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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 11:15
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PCF de Vendée (plus Sartre et Morbihan)

 

Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 175 (20/12/12)

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La préparation du 36e congrès du PCF vient de franchir une nouvelle étape avec le vote des militantEs sur la plate-forme qui servira de « base commune pour la discussion ». Quatre textes ayant rassemblé chacun plus de 200 signatures venant de 10 fédérations différentes étaient soumis au vote.

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Ces textes font partie d’une grosse brochure de 72 pages, contenant aussi des projets d’amendements aux statuts et des contributions, et ont été envoyés parfois très tardivement à tous les militantEs. Le texte majoritaire au Conseil national, « Il est grand temps de rallumer les étoiles, humanifeste du PCF à l’aube du siècle qui vient » a recueilli 73, 15 % des votantEs. Ce long document qui prône une « révolution citoyenne » appelle, au nom de la majorité de gauche, à un changement de cap de la majorité gouvernementale. En revanche, en dehors de généralités anticapitalistes souvent justes, il laisse cinq débats ouverts sous forme de fenêtres. Des questions aussi marginales que les rapports avec le gouvernement ou la structuration du Front de gauche…


Des oppositions internes


Le premier texte alternatif a reçu 11, 08 % : « Unir les communistes pour un PCF de combat marxiste populaire et rassembleur ». Il se prononce pour un Front de gauche qui doit rester un cartel, avec un PCF plus audacieux et plus marxiste. CertainEs de ses signataires se trouvaient lors du congrès précédent avec les signataires d’une autre plate-forme assez proche intitulée « Un parti résolument communiste dans l’affrontement de classe. Ni abandon ni effacement ». Ceux-ci vont plus loin dans l’orthodoxie et n’hésitent pas à défendre le socialisme de l’URSS, demandant carrément à ce que le PCF quitte le Front de gauche, un front réformiste dans lequel il se noie. Ce texte n’a recueilli que 5, 82 % des voix.


Enfin reste le troisième texte alternatif : « Combattre l’austérité, en finir avec le capitalisme » du groupe « La riposte », texte qui a rassemblé 9, 95 % des voix, soit beaucoup moins qu’au dernier congrès. Ce document très habile se veut « anti-stalinien » de gauche avec parfois des analyses proches du trotskysme. Mais fidèles au PCF, les signataires défendent la construction du Front de gauche et ce qu’ils croient être sa dynamique. En revanche, ils reprochent à la direction du PCF de ne pas assez faire apparaître le parti, et donc d'après eux les idées communistes et révolutionnaires.


Et beaucoup d'interrogations sur la suite


Désormais, les militantEs sont appeléEs à amender le texte majoritaire et ses cinq fenêtres. Il est clair que malgré sa crise, le PCF avec ses 8 000 éluEs conserve encore un sentiment légitimiste très fort dans un parti affaibli. La direction annonce 63 722 militantEs à jour de cotisation, dont 34 512 votants (1 037 nuls). Certes, environ 25 % des votants se sont prononcés, même de façon confuse, pour une orientation plus radicale. Mais le plus important ce sont les interrogations d'une grande partie des militantEs, notamment dans les entreprises.


L’acrobatie des dirigeantEs du PCF qui se disent « opposants à la politique du gouvernement mais pas dans l’opposition » commence à énerver bon nombre de communistes écœurés par la politique du PS, et inquiets de la politique abstentionniste des députés du Front de gauche sur les questions décisives, sans parler d’une méfiance accrue à l’égard de Jean-Luc Mélenchon.

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Raison de plus pour engager partout où cela sera possible le débat et l’action commune avec nos camarades du PCF.

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Alain Krivine

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 12:18

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26 novembre 2012 

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Les militants et sympathisants du Parti communiste et leurs alliés du Front de gauche avaient rendez-vous ce week-end à Lanester, à l'occasion de la 21e fête de l'Huma Bretagne.

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Après le succès de l'an passé, porté par la fougue de Jean-LucMélenchon et la perspective d'une alternance à gauche, les organisateurs s'étaient préparés à une édition moins populaire. «C'est difficile de mobiliser en dehors des périodes électorales», confiaient-ils durant la fête.

 

Le «carrefour des luttes», ouvert aux salariés des entreprises bretonnes en difficulté, n'a pas connu l'affluence escomptée. Et Patrick Le Hyaric, député européen et directeur du quotidien l'Humanité, n'a pas fait vibrer les foules au-delà du cercle des adhérents. Lors du meeting, il s'est employé à préciser la place du PCF dans un rôle de soutien critique à l'actuel gouvernement. «Nous ne sommes pas dans l'opposition», a-t-il martelé, tout en admettant que le «débat était parfois difficile».

En faveur de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

Au point parfois de voter contre certains projets aux côtés de l'opposition. «Nous sommes favorables à l'intérêt général et aux mesures qui permettront d'améliorer la vie quotidienne des hommes et des femmes de ce pays».

 

Est-ce au nom de cet intérêt général que le PCF s'est prononcé en faveur du projet de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes alors que Jean-Luc Mélenchon a rallié le camp des opposants?

 

«Nous sommes pour la nomination d'un médiateur et la création d'une commission pour dégager une décision claire», affirme le député européen aux militants de plus en plus critiques contre le gouvernement.

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http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/morbihan/fete-de-l-huma-le-pcf-n-est-pas-dans-l-opposition-26-11-2012-1919905.php

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 13:29

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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 171 (22/11/12)

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Avec le vote global du budget à l’Assemblée nationale, puis au Sénat, la pression monte au sein du Front de Gauche. S’abstenir ou voter contre ? « Dans la majorité qui a permis le changement » dixit Pierre Laurent, ou pour « une autre majorité de gauche avec des socialistes et des écologistes » comme le dit Mélenchon ?

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Jeudi 15 novembre, les sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen ont voté contre le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) qui a été rejeté. Ils ont donc confirmé le positionnement des élus du Front de Gauche à l’Assemblée nationale qui avaient eux aussi voté contre quelques jours plus tôt.


Le problème maintenant posé au Front de Gauche est celui de s’opposer de façon conséquente à l’ensemble du budget d’austérité présenté par le PS, à l’Assemblée nationale et au Sénat où le PCF est en situation de faire et défaire la majorité.


Des votes qui pourraient sonner la discorde entre les deux principales composantes du Front de Gauche.Car Mélenchon le dit partout : s’il y était, il voterait clairement contre. Du côté du PCF, les choses sont plus compliquées.


Votes différents ?


Son vote contre le PLFSS, à l’Assemblée nationale puis au Sénat, met le PCF dans une certaine difficulté. Pour justifier son geste, le parti a sorti un communiqué officiel intitulé « La « solidarité majoritaire » au Sénat, c’est de ne pas refuser en 2012 ce que l’on a porté ensemble en 2011 ». Les dirigeants communistes y disent – à juste titre – que le PS, appuyé par la droite, a refusé tous les principaux amendements proposés par les parlementaires du Front de Gauche. Tout en rajoutant de suite « Pourtant la majorité est diverse comme l’a été le rassemblement qui a permis de chasser la droite. Cette diversité doit être respectée et entendue »…

 

Toute la contradiction du positionnement du PCF y est résumée, contradiction confirmée par l’abstention des députés du Front de Gauche sur le vote global du budget à l’Assemblée nationale le mardi 20 novembre.


Du côté du PG, on tortille moins. « On doit voter contre si on veut faire comprendre à l’opinion publique qu’il y a deux lignes à gauche » dit même Éric Coquerel. Et à François Delapierre de rajouter : « En votant contre, on dit : Si c’étaient nous, ce serait mieux ! ».


Stratégies divergentes ?


Car derrière ces dissonances sur le vote budgétaire, des perspectives différentes s’affirment. Concluant la conférence de presse du lundi 12 novembre présentant le « contre-budget » proposé par le Parti de gauche, Mélenchon lui-même l’a formulé : « Je suis prêt à diriger le gouvernement de ce pays avec une autre majorité de gauche faite de socialistes et d’écologistes. On a de très bons économistes qui sont capables de déposer un collectif budgétaire vingt-quatre heures après ma nomination ».


Cet objectif de constitution d’une majorité alternative qui mise sur l’échec de Hollande-Ayrault et du PS n’est pas du goût du PCF.

 

Pour Olivier Dartigolles, « il ne faut pas dresser des murs à l’intérieur de la gauche ». Marie-Pierre Vieu va même plus loin : « on n’y arrivera pas uniquement en unifiant la gauche de la gauche (…) On ne peut pas être dans la négation du PS, même si on est conscient de son tournant libéral ».


Alors que se profilent déjà à l’horizon les élections municipales où le PCF peut avoir beaucoup à perdre, le combat pour le leadership du Front de gauche est lancé. Il se dit même que la prochaine étape pourrait être la présidence du conseil national du Front de gauche actuellement exercée par Pierre Laurent… et que lorgne Mélenchon. L’unité est un combat ?


Manu Bichindaritz

 

Le canard enchaîné:

 


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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 10:44

avion

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Entré dans sa phase de réalisation, le transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique vers Notre Dame des Landes fait l’objet de fortes tensions ces dernières semaines.

 

L’escalade dans la violence n’est pas acceptable. Favorable avec constance cet équipement utile pour le grand Ouest, le PCF et ses élus restent mobilisés pour que toutes les populations concernées soient respectées.


Avec ses élus locaux, le PCF s’engage à assurer un contrôle rigoureux permettant le remboursement des sommes engagées par les pouvoirs publics, la préservation des 19 000 hectares de terres entre l’aéroport et la métropole nantaise inscrite dans le Périmètre de Protection des Espaces Agricoles et Naturels périurbains, la maitrise de l’étalement urbain favorisé par la libération de l’emprise aéroportuaire sur l’agglomération nantaise, le développement de l’emploi au Nord Loire comme au Sud Loire et l’amélioration des transports notamment ferroviaire entre les régions Bretagne et Pays de la Loire.


Communiqué du Parti communiste français

 

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article131653

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 10:00

ps-os

À plusieurs reprises les parlementaires du PCF ont voté, ces derniers temps, contre des projets gouvernementaux, ce qui a fait dire que le PCF faisait chorus avec la droite.

 

C'est à l'évidence une absurdité. Mais du coup, les commentateurs font semblant de s'interroger. Le PCF et le Front de gauche seraient-ils encore dans la majorité ?


Les responsables du PCF donnent à cette question une réponse pour le moins ambiguë : « Nous ne sommes pas dans l'opposition, mais dans la construction », assure André Chassaigne, président du groupe parlementaire dans lequel se retrouvent les élus PCF à l'Assemblée nationale.

 

Une façon de prétendre qu'ils proposent une autre politique.

 

Les propositions politiques du PCF et du Front de gauche sont discutables, mais l'essentiel n'est pas seulement là. La façon dont les responsables du PCF envisagent de mettre en œuvre leur politique mérite aussi d'être discutée. Ils expliquent qu'il faudrait convaincre les socialistes et leurs ministres de changer de cap... par la discussion et la pression parlementaire. Autant attendre qu'un bouc nous fournisse notre lait quotidien.


Car ce n'est pas par méprise, par incompréhension, ou faiblesse de caractère que la majorité des socialistes s'inclinent de façon pitoyable devant les exigences du patronat et des riches.

 

C'est qu'ils sont, depuis des décennies, et pas seulement en France, un parti de gouvernement, en permanence disponible pour servir les intérêts des classes dominantes. Comme le disait l'un deux, Pierre Mauroy qui fut Premier ministre en 1981, ils le sont y compris pour faire le « sale boulot », comme quand son gouvernement approuvait la suppression de dizaines de milliers d'emplois, dans la sidérurgie lorraine ou dans l'automobile.


Lorsqu'on affirme que les dirigeants du PS ne sont pas dans le camp des travailleurs, ce n'est donc pas une conclusion abstraite, « dogmatique » comme le disent ses défenseurs.

 

C'est un fait d'expériences répétées. Nombre de travailleurs qui ont subi les conséquences de cette politique, et aussi les militants et les sympathisants du PCF, ne l'ont pas tous oublié et les dirigeants du PCF non plus. Ils s'engagent donc dans une impasse, et pire, ils le font en toute connaissance de cause.


L'issue pour le monde du travail se situe ailleurs.

 

Pour réussir à imposer à un gouvernement, quel qu'il soit, de prendre en compte les exigences des salariés et des classes populaires, il faut construire un rapport de force, autrement dit que les travailleurs se manifestent sur leur terrain, par des manifestations et des grèves, en un mot par la lutte de classe.


Dans le contexte actuel, il est difficile d'entraîner les salariés à se battre.

 

C'est un fait. Mais encore faut-il les y préparer, en proposant un plan de lutte, de façon à ce que les travailleurs qui sont convaincus de cette nécessité sachent par avance que telle journée d'action s'inscrit dans un plan d'ensemble, chaque étape servant à préparer la suivante, au contraire de ces journées qui se succèdent sans lendemain prévu, qui découragent les plus déterminés sans convaincre les hésitants.


Encore faut-il aussi préciser les objectifs de ces luttes en mettant en avant des revendications qui concernent l'ensemble du monde du travail, autour desquelles les luttes des travailleurs puissent converger dans une même lutte générale.


Jean-Pierre VIAL

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2311&id=15

 

Commentaire: Que " les luttes des travailleurs puissent converger dans une même lutte générale", c'est texactement ce que le NPA propose à toute la gauche "de gauche" en commençant par une mobilisation pour les boites menacées de licenciements, comme nous avons su le faire contre le traité.

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 14:51
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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 169 (09/11/12)

 

Après les votes de ses élus au Sénat contre le texte sur l’énergie et au Parlement contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, sans parler du Traité européen, le Front de Gauche et le Parti communiste sont soumis à de nombreuses interpellations. Sont-ils entrés dans l’opposition, y compris en ajoutant parfois leurs votes à ceux de la droite ?

 
Si on ne peut que se féliciter de ces votes, la réalité est malheureusement plus simple et c’est la présidente du groupe Front de gauche au Sénat Eliane Assasi qui l’explique dans l’Humanité du 2 novembre : « le gouvernement veut nous présenter dans une posture d’opposition, ce qui n’est pas du tout le cas… Nous sommes dans la majorité parlementaire, pas dans l’opposition » et d’expliquer ensuite qu’ils ne sont pas prêts à tout avaler : « Je demande qu’on nous entende, que les élus communistes qui ne sont pas dans l’opposition mais dans la majorité soient

entendus… ».


Equilibrisme politique


Ainsi se trouve bien résumé le positionnement du Front de Gauche, en tout cas du PC et du PG à savoir se faire respecter et reconnaître comme une force indispensable, et réussir à imposer au gouvernement des modifications de sa politique d’austérité de façon à répondre au mécontentement grandissant des électeurs du Front de Gauche, sans rompre pour autant avec le PS. Difficile exercice d’équilibriste pour des partis qui misent essentiellement sur les institutions et les élections mais dont la base privilégie les mobilisations sociales.


Difficile exercice aussi pour les quelques centaines de militants venus de différentes scissions de la LCR, du NPA ou du PCF et qui se sont efforcés le 17 octobre de regrouper un « troisième pilier » (la Gauche unitaire, Convergence et Alternative, la Gauche anticapitaliste et la FASE) dont le projet, explique Pierre-Francois Grond dans l’Humanité « ne se construit pas contre le PC et le PG et n’est pas fait pour être à la table des grands » mais « pour une plus grande ouverture du Front de Gauche »…


Nature du front


Ce débat sur le positionnement du FdG que le PC pense pouvoir trancher à son congrès en février s’accompagne aussi d’un débat conjoint sur la nature du Front qui jusqu’à présent est essentiellement un cartel d’organisations avec seulement deux formations significatives : le PC et le PG. Là encore, c’est le ni-ni qui l’emporte. Le PC ne veut pas disparaître en acceptant un mouvement qui ne serait composé que ­d’adhésions individuelles, ce que souhaiterait à terme le PG et toutes les petites formations issues du NPA.


Dans une tribune libre publiée par Mediapart le 26 octobre, trois dirigeants « inorganisés » du FdG, Janette Habel, Pierre Khalfa et Evelyne Sire-Marin, résument bien ­l’ambiguïté. Ils constatent les divergences sur l’attitude par rapport au gouvernement mais « si elles ne sont pas secondaires, elle sont compatibles au sein du FdG et ne doivent pas compromettre son developpement… le consensus est necessairement la règle ». Et de proposer néanmoins des adhésions individuelles tout en conservant au sommet la structure de cartel… car « il n’est ni possible ni souhaitable dans un horizon prévisible de transformer le FdG en un parti ».


Être dans l’opposition ou pas


Tous ces débats sont légitimes et sont liés entre eux mais tournent autour d’une question centrale : le Front de Gauche va-t-il être clairement dans l’opposition à la politique d’austérité et de répression qui ne fait que s’aggraver et que met en place le gouvernement Hollande, ou va-t-il continuer à tergiverser pour ne pas rompre ?


En ce qui nous concerne et plus que jamais, nous proposons au Front de Gauche, comme à toute la gauche sociale et politique, de résister dans l’unité à toute agression de la gauche comme de la droite (licenciements, expulsions, fermeture d’entreprises, répression policière, etc.) mais de plus, en s’appuyant sur ces mobilisations, nous proposons à toutes les forces politiques qui refusent de participer au gouvernement d’organiser une véritable opposition de gauche qui devrait définir les axes d’une politique alternative pour proposer un débouché politique aux mobilisations sociales.

 

Pour le moment, dans cette démarche unitaire, nous sommes encore isolés mais pas seuls, et nous ne lâcherons pas car il n’y a pas d’autre issue pour redonner espoir.


Alain Krivine

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 13:16
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Le congrès du PCF aura lieu du 7 au 10 février et le Conseil national du parti vient d’adopter par 82 voix contre 10 et 5 abstentions une « Base commune » avec pour titre :« Il est grand temps de rallumer les étoiles… » du poète Guillaume Apollinaire et comme sous-titre :

« Humanifeste du Parti communiste français à l’aube du siècle qui vient ».

 

Comme on peut le voir, le PC se donne un air de changement. Mais il faut distinguer la forme du fond.Les militantEs vont recevoir après le CN du 21 novembre une brochure de 72 pages avec tous les textes et contributions. Mais c’est un parti en crise comme d’ailleurs toutes les formations de gauche, qui va se réunir. L’effondrement du stalinisme combiné aux conséquences, notamment sur la classe ouvrière, de la crise exceptionnelle du capitalisme ont contribué à affaiblir considérablement cette organisation.


Regroupé essentiellement autour de ses derniers bastions municipaux, le PCF reste encore une force avec ses 8 000 élus et ses 80 000 militants.

 

Très affaibli par le score de Marie-George Buffet lors de l’avant dernière présidentielle, il a su enrayer son déclin en se ralliant à la candidature de Mélenchon en échange des législatives et des prochaines municipales. La dynamique électorale de la campagne du Front de Gauche obtenue, grâce aux qualités oratoires de son porte-parole et à la radicalisation d’une partie de la gauche, est un peu retombée par la suite notamment en réduisant de moitié le nombre de parlementaires PCF.


Aujourd’hui, à l’heure des bilans beaucoup de militants PCF, tout en remerciant Mélenchon de leur avoir sorti la tête de l’eau, regrettent d’avoir été un peu mis sur la touche et gardent une méfiance par rapport à cet ancien ministre PS. Si une partie de la base est de plus en plus hostile à la sociale-démocratie, la plupart de ses cadres tiennent à ne pas rompre avec le PS aussi bien dans la gestion des régions que des municipalités et ont du mal à supporter les critiques jugées trop dures de Mélenchon.


Le document soumis à la discussion pour le congrès s’efforce de répondre à la fois aux militants radicalisés qu’à ceux qui se contentent du comportement actuel du Front de Gauche : « ni dans l’opposition ni au gouvernement ».

 

On a donc deux démarches apparentes dans le même texte mais avec une conclusion, comme toujours institutionnelle : une partie très longue, très générale mais souvent assez bien argumentée et juste sur la nécessité d’une dénonciation de la crise, du capitalisme, de la collaboration de classe, du racisme. On y trouve aussi des paragraphes positifs sur l’écologie, le féminisme et le besoin de mobilisations et de résistances unitaires.


En revanche sur toutes les questions qui fâchent, la direction du PCF a ouvert cinq « fenêtres » qui sont des encarts non tranchés et à discuter comme par exemple des sujets aussi anodins que « être dans l’opposition ou dans la majorité ? », « les dimensions concernant l’avenir du Front de Gauche » ou « les transformations du PCF ».

 

En tout état de cause , le document insiste sur la nécessité de renforcer et de rénover le PCF tout en développant le Front de Gauche sans s’y diluer mais en le transformant en « coopérative » où organisations et individus « pourraient se croiser, chercher ensemble à produire du sens et alimenter la recherche d’une nouvelle perspective politique ». Bref une grande clarté !


Action commune, le plus possible et débat fraternel mais sans complaisance, voilà notre feuille de route pour le 36e congrès du PCF.


Alain Krivine

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 11:35
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... en marge du congrès du PS AFP (27 oct)

TOULOUSE, 27 oct 2012 (AFP) -

 

Une manifestation politico-syndicale a rassemblé de 500 à 1.200 personnes, suivant les évaluations de la police et des organisateurs, samedi après-midi à Toulouse, en marge du congrès du PS, pour demander au gouvernement socialiste: "Le changement c'est pour quand?".

 

La question ornait la banderole de tête tenue à la fois par des syndicalistes de la CGT, de la FSU et de SUD et par des militants politiques du Front de Gauche ainsi que du NPA ou d'Attac.


Les manifestants ont défilé en ville dans un quartier proche du Parc des expositions où le congrès socialiste se déroule en présence de nombreux ministres, mais ils n'ont pas tenté de s'en approcher trop près.


L'intersyndicale (CFDT-SUD-CGC-CGT-FO) de Sanofi était en tête du cortège avec près de 300 des salariés du laboratoire pharmaceutique qui luttent depuis juillet contre la menace d'une fermeture de leur établissement toulousain. Les mots d'ordre y étaient plus syndicaux, même si on voyait une pancarte: "Montebourg assume ton ministère!".


Plusieurs dizaines de salariés de France3 Midi-Pyrénées s'étaient joint au défilé pour dénoncer un plan d'économies qu'ils jugent suicidaire. "Sauvons les régions" et "France 3 plus loin de chez vous", clamaient leurs banderoles.


Le gros du reste de la manifestation était composé de militants du Front de gauche --membres du Parti de Gauche ou transfuges du NPA--, mais en l'absence remarquée de sa composante communiste, le PCF n'ayant pas mobilisé.
Un petit cortège NPA et quelques membres d'Europe Ecologie Les Verts fermaient la marche.

 

http://www.npa2009.org/content/la-gauche-de-la-gauche-manifeste-%C3%A0-toulouse-en-marge-du-congr%C3%A8s-du-ps-afp-27102012

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 10:29
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Le remplacement de Nicolas Sarkozy par François Hollande au sommet de l’État allait-il forcément entraîner une rupture avec l’entreprise capitaliste de pillage généralisé de la société ?

 

Beaucoup à gauche y ont cru. Quatre mois après, le bilan est d’ores et déjà terrible, résumable ainsi : rien de nouveau sous le soleil brûlant de l’austérité.


Dans le langage technocratique du parti socialiste, l’austérité se prononce « redressement dans la justice ». Un piètre euphémisme pour signifier la perpétuation d’une cure drastique d’austérité payée par des classes populaires qui n’avaient pourtant rien demandé. Nous avons affaire en réalité à un siphonnage des richesses sociales que celles-ci produisent, afin de renflouer les caisses des banques qui ont sciemment confondu dépôt et spéculation.


Sous la présidence Hollande-Ayrault, il ne s’agit même plus d’essayer [1] : les habits neufs du néolibéralisme ont beau arborer dans sa variante sociale-démocrate française quelques fétiches symboliques (le « redressement » au sens de sortie de la crise économique, la « justice » au sens du partage égalitaire des efforts à consacrer dans cette sortie), ils ne camouflent en rien la ligne générale d’un régime d’accumulation du capital qui ne repose plus seulement sur l’endettement des ménages mais également sur celui des États. Nombreuses sont les preuves de la reconduction de l’austérité, tel le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance européenne (TSCG), prévu à la ratification parlementaire en octobre prochain.

Le TSCG : la « règle d’or » bis

Qui se souvient du pacte « euro plus » ou du « semestre européen » ? C’était il y a un an seulement. La préconisation du gel des salaires et des cotisations sociales, de la diminution du nombre de fonctionnaires comme du recul de l’âge du départ en retraite légitimait la soumission des budgets nationaux aux institutions européennes (Conseil et Commission), avant même toute délibération parlementaire.

 

Le TSCG est en réalité peu différent de la « règle d’or » promue par Sarkozy et qui appelait à la constitutionnalisation de l’équilibre budgétaire des comptes de l’État. Le TSCG s’inscrit en effet dans le dispositif plus global du Pacte budgétaire européen qui prône une « discipline budgétaire » établissant la mainmise définitive des marchés financiers sur les politiques budgétaires des États [2]. L’adoption fort probable par le PS du TSCG devra logiquement peser sur la ligne générale en termes de politique économique nationale.

Fiscalité : quelques coups minables

Que propose sinon le couple Hollande-Ayrault, par exemple à la place du projet sarkozyste de « TVA sociale » qui consistait en gros dans l’échange d’une augmentation de trois points de la TVA (11 milliards d’euros) contre une baisse de la contribution patronale au versement des cotisations sociales ?


Une augmentation de la CSG ! Créé par le gouvernement Rocard en 1990, cet impôt qui échappe à toute logique de progressivité représente de fait une première tranche d’impôt sur le revenu. Portant sur tous les salaires (retraites comprises), la CSG touche à peine aux revenus du patrimoine (11% sur les 89 milliards récoltés). De la hausse de la TVA à celle de la CSG, la note passerait du simple au double ! Comment voir dans ce recul une politique de gauche ? Avec la CRDS de Juppé créée en 1996, la CSG augmentée ne fera que renforcer la politique de fiscalisation-confiscation de la protection sociale, qui serait ainsi encore un peu plus soustraite du contrôle salarial.


Quant à la taxation des riches (provisoire, le temps du désendettement), qui a fait frémir jusque dans les pages du Figaro, le binôme Hollande-Ayrault a revu à la baisse son ambition de taxe sur 75% des revenus supérieurs à 1 million d’euros annuel pour un célibataire, puisque seuls les revenus d’activité seront concernés. Il s’agirait en fait moins d’ajouter une nouvelle tranche que de créer une surtaxe sur le modèle de l’ISF qui, incluant la CSG et la CRDS, passerait du coup à 67% ! Le fait que les revenus du capital soient épargnés par cette taxation n’a pas empêché Bernard Arnault, le capitaliste le plus riche de France (1 million mensuel), de demander la nationalité belge sous prétexte d’exil fiscal. A l’autre bout de l’exploitation, entre 8 et 11 millions de personnes survivent la tête sous le seuil de pauvreté [3].


Entre la version faible du retour à 60 ans comme âge légal de départ à la retraite, puisqu’elle ne concerne seulement que les salarié-e-s aux carrières longues, et la venue le 20 septembre de l’intersyndicale de PSA Aulnay à l’Élysée ayant débouché sur la promesse de négociations tripartites (syndicats, direction, État) mais sans engagement sur un gel de la fermeture de l’usine, que reste-t-il pour faire une politique de gauche qui soit de gauche ? L’arrêt promis de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui autorisait depuis 2008 la suppression de plus de 20 000 postes de fonctionnaires ?


Sauf que c’est une RGPP bis qui se profile, proposant de sacrifier certains ministères considérés comme non-prioritaires au profit de l’éducation, l’intérieur et la justice. Restent également maintenus pour les fonctionnaires le gel du point d’indice concernant leur traitement ainsi que le ralentissement de leur avancement de carrière.

« Priorité à l’emploi » = précarisation du salariat

Quant au projet de création de 150 000 « emplois d’avenir » d’ici 2014 au nom de la « priorité à l’emploi » (Michel Sapin), on y retrouve déguisé le principe des « emplois jeunes » cher à Martine Aubry ! Le 24 août dernier, le Conseil supérieur de l’Éducation (CSE) a été consulté sur un article du projet de loi sur les emplois d’avenir concernant le pré-recrutement de jeunes issus de milieux modestes souhaitant préparer des concours d’accès aux métiers de l’Enseignement (les « emplois d’avenir professeur »).

 

On ne peut pas dire que les organisations syndicales sont satisfaites, même si elles considèrent légitime le fait de prêter attention aux propositions visant à aider les jeunes issus de milieux sociaux défavorisés à accéder aux métiers de l’Enseignement en instaurant un pré-recrutement.


Mais pas en substituant l’impôt (le financement est assuré à 75% par l’Etat.) au versement des cotisations sociales (dont les patrons seront une nouvelle fois exonérés), ni en fragilisant le statut du fonctionnaire par l’élargissement de la norme capitaliste du contrat. Et encore moins en considérant la jeunesse comme un handicap dans l’égal accès au monde professionnel.


En regard d’une politique économique qui perpétue l’entreprise de pillage par l’Etat des richesses sociales au bénéfice de la rente financière et au détriment des classes populaires bafouées dans leur dignité, on constatera, guère étonné, que la gauche de gouvernement fait à peine moins pire que la droite. Le mouvement social, loin de se satisfaire de cette alternance politicienne, doit alors tout mettre en œuvre pour élaborer une alternative politique instituant la rupture avec l’ordre capitaliste.


Franz B. AL 93


[1] Cf. le dossier « Quand la gauche n’essaie pas » dans Regards, n°25, septembre 2012.

[2] Cf. L’article « Autoritaires et austéritaires » dans Alternative Libertaire, n°220, septembre 2012.

[3] Voir www.inegalites.fr

 

http://alternativelibertaire.org/spip.php?article4961

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