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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 13:03

 

Affiche PCF

Le Monde.fr | 26.06.2012 à 17h35 • Mis à jour le 26.06.2012 à 17h35

Par Eric Nunès

 

Bertrand :

 

Jean-Luc Mélenchon parle de "carence de direction politique" dans votre parti, que répondez vous ?


Pierre Laurent : D'abord, il a parlé de carence de direction politique dans le Front de gauche, à propos des élections législatives. Je pense que chacun devrait faire attention aux déclarations à l'emporte-pièce sur nos résultats dans ces élections.

 

Jeanne :

 

Croyez vous comme Mélenchon que les communistes ont tenté individuellement de "sauver leur peau" ?


 C'est contraire à toute la réalité de la campagne, qui a été menée collectivement au nom du Front de gauche. Si on veut sérieusement s'interroger sur les électeurs qui avaient voté pour nous à la présidentielle et qui ne l'ont pas fait aux législatives, il faut chercher les raisons ailleurs.


Une partie d'entre eux ont sans doute considéré, à tort, que l'essentiel avait été fait en votant contre Nicolas Sarkozy. La présidentialisation excessive des comportements électoraux ne nous épargne pas. Par ailleurs, d'autres électeurs ont sans doute eu du mal à comprendre comment nous entendions être utiles à la réussite d'une politique de gauche dans la nouvelle situation créée par l'élection de François Hollande.


Ils ont du coup estimé que la seule question posée était de lui donner une majorité, en sous-estimant ce que nous voulions mettre en valeur : la qualité de cette majorité parlementaire et l'importance de compter ou non en son sein un groupe Front de gauche. C'est une leçon qu'il faudra retenir pour les batailles à venir.


Aline :

 

Comment décryptez vous les attaques de Jean-Luc Mélenchon ?


 A l'issue d'une période électorale aussi intense, il est normal que toutes les formations du Front de gauche tirent les leçons des scrutins et confrontent leurs idées sur la suite à donner.


Que s'expriment des opinions différentes au sein même du Front de gauche n'est pas en soi un problème. En revanche, je pense que chacun devrait se garder de réactions caricaturales, voire insultantes, sur la campagne de nos candidats.


L'exigence de confrontation n'exclut pas la solidarité et surtout, impose que nos jugements soient étayés sur des analyses approfondies et non des racontars. Je souhaite, j'espère que cela sera le cas très vite, que ces premières réactions laissent la place à ce nécessaire travail d'analyse dont nous avons besoin pour relancer de plus belle la dynamique conquérante du Front de gauche.


Annick :

 

Le parti communiste ne doit-il pas reprendre de l'espace vis à vis de Jean-Luc Mélenchon le soliste ?


 Le Parti communiste ne s'est jamais senti à l'étroit dans le Front de gauche. Depuis le début, cette construction politique est une construction que nous avons voulue collective. Evidemment, l'élection présidentielle l'a personnalisée à l'excès.

Nous le savions, puisque nous réclamons au Front de gauche le dépassement de ce système et une VIe République. L'essentiel est maintenant que le Front de gauche retrouve le visage collectif qui a fait son succès et qui peut permettre le développement de sa démarche de rassemblement. Le Parti communiste utilisera évidemment, comme il l'a toujours fait, sa liberté de parole pour favoriser cette démarche unitaire.


Stéphane : 

 

Le Front de gauche est-il dans la majorité ou est-il une opposition de gauche au Parlement ?


 Je considère que le Front de gauche est une des composantes de la majorité de gauche que le peuple a formée en permettant les victoires électorales aux élections présidentielle et législatives. Sans la contribution du Front de gauche, ces victoires n'auraient pas été possibles.


En même temps, nous ne nous reconnaissons pas dans la vision gouvernementale qui consiste à tirer un trait d'égalité entre cette majorité de gauche dans le pays et la composition du gouvernement. C'est une des raisons pour lesquelles nous avons décidé de ne pas participer à ce gouvernement.


La seule feuille de route de ce dernier est le programme du candidat socialiste du premier tour, alors que la majorité qui a permis son élection au deuxième est plus diverse que cela.

Nous sommes donc au Parlement une composante active de la gauche, qui garde sa liberté de parole et de vote.

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/06/26/pierre-laurent-appelle-melenchon-a-se-garder-de-reactions-caricaturales-voire-insultantes_1724848_823448.html

 

Lire aussi : Front de gauche : le bilan des législatives provoque des tiraillements

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 10:40

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De renoncement en renoncement

À Saint-Denis, Patrick Braouezec, député PCF puis apparenté depuis dix-neuf ans, qui se présentait sous l'étiquette Front de gauche, a été battu le 17 juin par Mathieu Hanotin, conseiller général socialiste sur la ville mais presque inconnu localement. La circonscription n'avait jamais été perdue par le PCF.


Si ce jeune élu de 33 ans a bénéficié de la « vague rose », ce n'est pas la seule raison de cet échec de Braouezec.

 

Et c'est bien dans la politique menée par le PCF et ses satellites rénovateurs ou refondateurs, donc par Braouezec lui-même, qu'il faut chercher les causes de cet effritement électoral.


Les communistes de Saint-Denis ont payé, comme tout le parti, le prix de la participation de ministres communistes aux gouvernements passés.

 

L'électorat populaire a eu tendance à mettre dans un même panier les notables socialistes et communistes. Le milieu de gauche local a eu de plus en plus de mal à voir la différence entre la politique menée par les élus PCF et socialistes.

 

Braouezec a lui-même fortement contribué à brouiller les cartes.

 

Il n'a cessé de prendre ses distances à l'égard du PC, estimant sans doute avoir plus de chances de bénéficier d'un poste ministériel. Ainsi, dès 1995, il a appelé indifféremment à voter écologiste ou communiste. En 2007, il a carrément appelé à voter Bové, refusant de soutenir Marie-George Buffet. Puis en 2010, en pleines élections régionales, il a annoncé sa décision de quitter le PCF et a rassemblé des dissidents dans la Fase (Fédération pour une alternance sociale et écologique), où le mot communiste disparaît.


Mais, à tout bien considérer, l'évolution de Patrick Braouezec n'a fait que devancer celle du PCF.

 

Au premier tour de ces élections législatives, il a eu soin de se présenter comme une composante de la majorité présidentielle. Les dirigeants du PCF, au nom de l'accord électoral national avec le PS, lui ont demandé de se désister au profit du candidat socialiste qui l'avait devancé. Patrick Braouezec a refusé.

 

Il est vrai que le Parti socialiste lui avait, par le passé, montré qu'il faisait lui-même peu de cas des accords électoraux puisque, malgré des accords de désistement réciproque, il s'était maintenu à Saint-Denis contre le Parti communiste aux municipales comme aux cantonales.

 

Les dirigeants du Front de gauche n'en ont pas moins apporté leur soutien au candidat socialiste local, qui a pu arborer fièrement sur sa profession de foi le sigle du Front de gauche et celui du PCF... alors que Braouezec ne pouvait qu'invoquer des soutiens locaux.


La perte de la circonscription est l'illustration de l'effritement du PCF. Cette bataille perdue a sans doute contribué à dérouter un peu plus des militants attachés, à leur façon, à l'idéal communiste.


Aline Urbain

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2290&id=8

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:21
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19 juin 2012
  

On ne peut qu’être admiratif face au score de Syriza lors des élections en Grèce ou devant les 23% remportés par le candidat de la gauche, Hamdeen Sabbahi, aux présidentielles égyptiennes.


Porteurs d’espoirs, ces résultats expriment d’abord un refus, celui d’une large part de celles et ceux d’en bas, de continuer à se laisser diriger comme jusqu’ici. Et aussi l’impossibilité, pour ceux d’en haut, de continuer à diriger comme ils l’ont toujours fait.


En plus de l’admiration, ces résultats poussent aussi à l’émulation, au rassemblement, comme pour Syriza, des forces de la gauche radicale au-delà des divergences, des intérêts de chapelle. Même chez nous, les appels se multiplient à dépasser la division.


D’aucuns n’hésitent d’ailleurs pas à l’imputer « aux égos surdimensionnés » des uns et des autres qui ne leur permettraient pas de marcher unis.

 

L’explication est simpliste.

 

Et en aucun cas elle ne permet de s’en sortir si ce n’est en stigmatisant des militants.


Depuis plus de 150 ans qu’il existe, le mouvement ouvrier est traversé par de profondes divisions : marxistes et anarchistes, réformistes et révolutionnaires, maximalistes et collectivistes, trotskistes, maoïstes, bordighistes, la liste est longue. Chaque option a des implications concrètes, des orientations divergentes ; mais le plus souvent, ce sont des pratiques qui ont provoqué schismes et ruptures.


Ce n’est pas l’appel moral à dépasser les divisions qui va en venir à bout dans la mesure où il ne permet pas de saisir la nature des divergences ni les pratiques auxquelles elles sont associées. Pire, l’histoire nous l’a dramatiquement démontré, c’est bien souvent « le droit de ne pas être d’accord » qui a été banni, au nom de « l’unité coûte que coûte »…


Pour nous, c’est dans la confrontation dans l’action des choix des uns et des autres qu’il est possible, si ce n’est de dépasser les divisions, du moins faire la part entre celles qui ont des raisons d’être et les autres. Mais, cela suppose d’agir ensemble, sur le même terrain, celui de l’organisation de celles et ceux d’en bas, pas celui de la gestion de l’ordre bourgeois, de ses institutions. 

 

C’est l’un ou l’autre.


En Italie, la participation du Parti de la refondation communiste au gouvernement Prodi avait été placée sous le signe du « parti de lutte et de gouvernement ». A la fin, c’est bel et bien le « gouvernement » qui a pris le dessus sur la « lutte » avec notamment le vote des crédits de guerre par les élus du PRC.


C’est forts de cet exemple pas si vieux que ça, que nous avions proposé, lors de la fondation de La gauche, de faire du refus de participer à tout gouvernement de coalition et des alliances électorales avec les sociaux-libéraux, les piliers de l’unification de la dite gauche radicale.


Balayées au nom de l’unité – elles auraient introduit une… division –, ces deux bornes restent plus que jamais d’actualité, si on veut une gauche de gauche.


* Editorial paru en Suisse dans l’Anticapitaliste n° 71, le 7 juin 2012.

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article25612

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:15
logo syriza
19 juin 2012
  

Les élections grecques du 17 juin dernier constituent une leçon essentielle pour toute la gauche anticapitaliste européenne.

 

Avec 26,9%, Syriza (coalition de gauche radicale) talonne le parti de la Nouvelle démocratie (droite, 29,7%), qui va former un gouvernement d’union nationale avec un parti socialiste en déroute (12,3%). Objectif : garantir le respect des plans d’ajustement structurels (mémorandum) imposés à la Grèce par la troïka (Commission européenne, BCE et FMI). C’est pourquoi tout ce que l’Europe compte de réactionnaires, mais aussi de sociaux-démocrates, s’étaient donnés rendez-vous pour appeler les électrices et les électeurs grecs à ne pas voter pour Syriza.


Que proposait Syriza ?

 

1. L’abrogation immédiate du mémorandum par le parlement ;

2. La renégociation de la dette publique dans le cadre européen ;

3. En cas de refus, l’interruption du service de la dette, qui aurait entraîné de facto l’éviction de la Grèce de la zone euro.


C’est afin de combattre un tel programme, que François Hollande n’a pas hésité à intervenir, mercredi 13 juin, à la télévision grecque, pour lancer cet avertissement solennel : « si l’impression est donnée que les Grecs veulent s’éloigner des engagements qui ont été pris et abandonner toute perspective de redressement, alors il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce ». Pour celles et ceux qui avaient nourri des espoirs dans la victoire du PS français, voilà une première raison de déchanter.


Pourtant le principal enseignement de ces élections est ailleurs. Le vote pour Syriza est l’expression d’un rejet populaire du diktat de la Troïka, massivement plébiscité par les salariés et les jeunes de tout le pays, en particulier dans les grands centres urbains.

 

Rappelons que Syriza avait obtenu 3,3% des suffrages en 2004, 4,6% en 2009… et qu’elle a bondi à 16,8% en mai dernier, et à 26,9% aujourd’hui. Elle est le premier parti du grand Athènes et de tous les centres urbains importants. Elle réalise ses meilleurs scores dans la deuxième circonscription (ouvrière) du Pirée et dans le département de Xanthe, au nord du pays, au sein de la majorité musulmane turcophone. Aucun parti européen n’avait connu une progression comparable depuis la seconde guerre mondiale !


Syriza doit son succès à une mobilisation sans précédent du peuple grec


Mais à quoi Syriza doit-elle ce succès exceptionnel ? Avant tout, à la mobilisation sans précédent du peuple grec contre l’offensive de démolition sociale dont il est l’objet depuis plusieurs années, en particulier depuis deux ans, sous la pression des grandes banques, relayée par les gouvernements conservateurs et sociaux-démocrates européens. Une baisse des salaires moyens d’environ 30%, et une amputation plus forte encore des retraites, a précipité près de la moitié des habitant-e-s du pays au-dessous du seuil de pauvreté. Et jusqu’ici, leur riposte a été à la hauteur : dix-sept grèves générales, de nombreuses occupations d’entreprises, une mobilisation de la petite paysannerie, un vaste mouvement d’occupation des places publiques, etc.


Le succès de Syriza ne résulte pas d’un recentrage de son discours sur des thèmes républicains ou patriotiques.

 

Depuis sa fondation, cette coalition a connu une évolution à gauche, sous la pression du mouvement social. Sa percée ne doit rien non plus à la politique spectacle ou aux qualités d’orateur – plutôt limitées – de son jeune leader de 37 ans, Alexis Tsipras. Si elle a réussi à siphonner les votes populaires du Pasok et du KKE (Parti communiste) – qui n’a recueilli que 4,5% des voix –, c’est parce qu’elle a su se poser en alternative radicale à la thérapie de choc en cours. La question sociale a été au centre de sa campagne, mais avec un appel unitaire clair au Parti communiste, aux dissidents du Pasok et aux petites forces d’extrême gauche, pour former un gouvernement de gauche, contre l’austérité, maintenant.


Le défi pour les anticapitalistes grecs consiste aujourd’hui à organiser la résistance dans les entreprises, dans la rue et au parlement, en privilégiant le développement d’un rapport de force social et en favorisant les formes d’initiative et d’organisation populaires. Dans ce cadre, une lutte déterminée contre l’extrême droite nazie de L’Aube dorée, qui recueille 6,9% des voix (et près de 50% des suffrages des policiers d’Athènes !) devrait être une priorité. Tolérer aujourd’hui qu’elle contrôle certains quartiers de la capitale et assassine des immigré-e-s en toute impunité, ce serait la laisser se poser à terme en bras armé des secteurs les plus agressifs de la droite.


La gauche combative grecque a rendu un immense service à tous les anticapitalistes européens en faisant les premiers pas sur la voie d’une recomposition du paysage politique à gauche, en rupture avec le pacte pour l’austérité conclu par la droite et la social–démocratie européenne depuis près de 30 ans. Il n’est pas fortuit que cette rupture ait été provoquée par l’irruption d’une formidable vague de luttes populaires par en bas. Dans les mois à venir, il est vital que cette dynamique trouve des relais à l’échelle européenne.


* Editorial à paraître en Suisse dans le prochain numéro de « solidaritéS ».

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article25613

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 11:57
antarsia
15 mai 2012
  
Pour un parti anticapitaliste et révolutionnaire indépendant

La Grèce est aujourd’hui l’épicentre de la crise du capitalisme.

 

Elle est la cible de l’agression la plus sauvage du capital financier européen. Les travailleurs et la jeunesse de Grèce ont répondu à cette agression par une mobilisation qui a discrédité le régime politique traditionnel du PASOK et de la ND. La classe dominante ne contrôle plus la situation, mais la classe ouvrière n’est pas encore capable de prendre le pouvoir et de renverser le capitalisme.

 

Dans ces conditions, une partie de la rage populaire a été captée par l’extrême droite, mais c’est principalement vers la gauche réformiste, vers Syriza, que les espérances de changement se sont exprimées à l’occasion des élections.

L’Etat espagnol et italien sont les prochaines cibles de la Troïka (et ce sera peut être ensuite le tour de la France) : l’issue de la lutte en Grèce est ainsi décisive pour l’ensemble des anticapitalistes et des révolutionnaires en Europe et dans le monde.

 

Il existe un débat sur l’attitude que les révolutionnaires doivent adopter. Faut-il soutenir un gouvernement dirigé par Syriza ? Devons-nous soutenir Syriza ? Devons-nous disparaître électoralement face à elle ? Faut-il avancer une politique indépendante des réformistes ?

 

1. Le programme de Syriza et les déclarations de ses dirigeants les plus connus reflètent à la fois un rejet des mesures anti-ouvrières mais aussi une volonté de compromis avec les classes dirigeantes de l’UE.

 

Cela s’exprime par leur clair rejet de toute sortie de l’euro et de l’UE et par leur volonté de mener des réformes dans le cadre actuel de l’UE afin de lui redonner stabilité.

 

Il est clair qu’un gouvernement qui annule les mesures du Mémorandum constituerait un progrès important pour les travailleurs et pour leurs luttes. Mais comment rejeter le Mémorandum sans annuler la dette ? Comment financer les mesures d’urgence nécessaires sans socialiser le système bancaire ? En d’autres mots ; comment améliorer aujourd’hui, même de manière très limitée, la situation des classes populaires grecques sans s’attaquer au contrôle que détient la minorité capitaliste sur l’économie et la société.

 

Il est évident que si un quelconque gouvernement remet en cause le programme du capital financier et des banques, l’UE mettra immédiatement un terme à toute possibilité de prêts et de financement et n’hésitera pas à expulser la Grèce de la zone euro. Dans une telle situation, il n’y aurait que deux choix possibles : ou bien se soumettre en poursuivant la même politique désastreuse dont a souffert la population grecque ces dernières années ; ou bien s’attaquer au pouvoir des banquiers et des capitalistes, en récupérant tout ce qu’ils ont volé et en remettant en question leur contrôle sur l’économie.

 

En ce qui concerne les mesures à prendre pour sortir de la crise, un programme de confrontation avec le capital est nécessaire. Un programme d’urgence, de mesures transitoires comme l’augmentation généralisée des salaires ; l’interdiction des licenciements ; la diminution radicale du temps de travail ; la socialisation du secteur bancaire et des secteurs clés de l’économie. Un tel programme implique une confrontation non seulement avec la classe dominante grecque, mais aussi avec la bourgeoisie européenne et ses institutions.

 

2. La seule manière de mettre en œuvre un programme de lutte contre la crise et la rupture avec le capitalisme, c’est par la mobilisation de l’ensemble des travailleurs et des masses populaires.

 

Il ne s’agit pas d’un simple mot d’ordre ou d’une simple question théorique. La pression du capital sur le peuple grec est énorme. Les grèves générales de 24 ou de 48 heures, les mobilisations sectorielles, etc. ont entraîné pour la bourgeoisie grecque une grave crise politique, mais elles n’ont pas été suffisantes pour stopper son offensive.

Il est donc nécessaire de s’appuyer sur les luttes partielles, de chercher à les étendre, en généralisant les expériences d’auto-organisation qui ont pu s’exprimer en elles et qui, sous certaines circonstances, peuvent constituer le point de départ d’une situation de dualité de pouvoir.

 

C’est au travers de la généralisation des luttes et en fédérant les organes d’auto-organisation qu’un pouvoir alternatif à celui de la bourgeoisie pourra surgir. C’est en exprimant la menace d’une extension de la lutte à d’autres pays européens que les travailleurs grecs pourront se protéger contre la pression de l’UE. La classe ouvrière et la jeunesse de Grèce ont les clés de la situation entre leurs mains, il faut donc s’appuyer sur eux.

 

Dans le contexte actuel, en tenant compte de la nature de Syriza, un gouvernement dirigé par Syriza ne peut pas être autre chose qu’une coalition parlementaire, ce qui est complètement différent d’un gouvernement des travailleurs. La situation est marquée par certaines incertitudes : es-ce que Syriza parviendra à former les alliances nécessaires pour former un gouvernement ? Comment va réagir Syriza et les masses face aux représailles du capital ? Ce qui est sûr, c’est qu’une confrontation d’ensemble est inévitable. Un instrument politique est donc nécessaire pour préparer cette épreuve de force et pour populariser un programme de rupture.

 

3. Dans la situation que connaît la Grèce, le mot d’ordre d’un gouvernement des travailleurs redevient actuel.

 

Il n’est évidemment pas applicable dès maintenant et il est même difficile de prévoir aujourd’hui sa probable composition. Cependant, il est indispensable de proposer une solution politique d’ensemble et de commencer à formuler pour les larges masses une réponse compréhensible, même si elle est imparfaite, à la question : « Qui doit exercer le pouvoir en Grèce ? ».

 

Un gouvernement de ce type devrait être capable de mettre en œuvre un programme d’urgence contre la crise, de mener à bien les mesures clés de transition, par exemple au travers de l’expropriation des banques et d’autres secteurs de l’économie. Un gouvernement qui s’appuie sur une lutte menée par l’ensemble des travailleurs et sur base de leur auto-organisation. Un gouvernement qui regrouperait les forces disposées à défendre les revendications des masses.

 

Les révolutionnaires seraient prêts à participer, avec d’autres, à un tel gouvernement, sur base d’un programme de confrontation et de haut niveau de mobilisation des jeunes et des travailleurs. Un tel gouvernement favoriserait la possibilité d’une prise du pouvoir par les travailleurs et de leurs structures d’auto-organisation.

 

4. Si un gouvernement dirigé par Syriza prend des mesures favorables aux travailleurs, comme par exemple l’annulation des Mémorandums, il est évident que les révolutionnaires lui apporteraient leur soutien.

 

Cependant, un soutien conditionnel et critique à un tel gouvernement de Syriza n’implique en aucune façon de renoncer à l’indépendance politique et organisationnelle de la part de la gauche anticapitaliste et révolutionnaire en Grèce, représentée aujourd’hui majoritairement par Antarsya.

 

Un parti indépendant, dont le centre de gravité est la lutte des classes ; un parti capable de constituer un pôle politique visible tant dans les élections que dans les luttes des masses est nécessaire pour défendre l’unique perspective qui permettra aux travailleurs grecs d’éviter la catastrophe. Un parti capable à la fois d’avoir une politique de front unique par rapport à d’autres forces du mouvement ouvrier, et de défendre sa propre perspective politique de rupture avec le capitalisme et de prise du pouvoir par les travailleurs.

 

Dans la situation actuelle, la création d’un tel parti se fera principalement autour d’Antarsya, malgré ses contradictions. Si l’émergence d’un gouvernement de « gauche » s’achève en défaite, il est probable que l’extrême droite en sera la principale bénéficiaire. Mais ce n’est pas une fatalité inévitable. Tout dépendra de la capacité de la gauche révolutionnaire à prendre la tête des luttes et à rendre crédible un programme de confrontation et de rupture avec le capitalisme.

 

C’est pour cela que nous, militants anticapitalistes et révolutionnaires de plusieurs pays européens, appelons à soutenir la gauche révolutionnaire grecque, en particulier Antarsya, et à renforcer les liens entre les militants qui partagent une perspective révolutionnaire à l’échelle européenne et internationale.

 

• France/NPA : Gaël Quirante (membre du Comité Exécutif), Xavier Guessou (membre du Comité Politique National)

• Espagne/Izquierda Anticapitalista : Rubén Quirante, (membre du Secrétariat confédéral), Pechi Murillo (militant de IA)

• Grèce/OKDE-Spartacos : Charis Mertis (membre du Bureau Politique), Anastasia Vergaki (membre du Bureau Politique), Panagiotis Sifogiorgakis (membre du Bureau Politique/délégué au 16e congrès de la Quatrième Internationale), Manos Skoufoglou délégué au 16e congrès de la Quatrième Internationale)

• Allemagne/RSB : Jakob Schäfer (membre du Secrétariat Politique, membre du Comité International de la Quatrième Internationale), Peter Berens (membre du Secrétariat Politique)

• Angleterre/Socialist Resistence : Dave Hill (membre du Conseil National)

• Irlande/Socialist Democracy : John McAnulty (secrétaire), Kevin Keating (membre du Comité central)

• Belgique/LCR-SAP : Mauro Gasparini (secteur jeune)

• Danemark/SAP : Jette [Lulu] (militant)

 

Tous les signataires sont membres ou sympathisants de la Quatrième Internationale

* http://4thinternational.blogspot.gr...

 

* Traduction : Ataulfo Riera.

 

Commentaire:

 

Ceci est une prise de position d'une minorité de la gauche anticapitaliste en Europe, contrairement au soutien total à Syriza des autres composantes.

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:50

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de : Jack Dion
mardi 19 juin 2012 - 09h20


A en croire le résultat de l’élection législative, force est de constater que la banlieue parisienne est de moins en moins rouge : sur 8 députés communistes sortants aux alentours du périphérique parisien, seuls trois ont retrouvé leur siège. Retour sur les raisons d’une déroute.


Au fil des élections, la banlieue rouge était déjà singulièrement devenue rose. Le grand lavage s’était accéléré en 2007. Cette fois, l’époque des bastions communistes –fussent-ils rebaptisés au nom du Front de Gauche FDG) - est bel et bien révolu, et il ne reste plus que quelque vagues tâches vermillon au-delà du périphérique.

 

Sur huit députés sortants, seuls trois ont retrouvé leur siège : Jacqueline Fraysse dans les Hauts de Seine ; Marie-George Buffet, et François Asensi en Seine-Saint-Denis. Sur ces trois, seule Marie George Buffet se revendique de l’étiquette communiste. Patrick Braouzec qui s’était maintenu à Saint-Denis contre le candidat PS arrivé en tête a été battu.

 

Au premier tour avaient déjà été éliminés Jean-Pierre Brard en Seine-Saint-Denis ; Roland Muzeaud et Marie Hélène Amiable dans les Hauts de Seine ; Pierre Gosnat dans le Val-de-Marne, à Ivry-Vitry, symbole historique qui a basculé.

Le phénomène est d’autant plus intéressant à analyser qu’il prend complètement à contre-pied les prévisions des dirigeants du PCF.

 

Ces derniers, dopés par la percée de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (avant le scrutin, personne n’aurait parié sur les 11% de l’arrivée), étaient persuadés de faire encore mieux aux législatives, raisonnant encore comme à l’époque où la présidentielle était le pire des scrutins pour le PCF.

 

C’était oublier que Mélenchon, avec plus de quatre millions de voix, a réalisé un score que les communistes n’avaient plus atteint depuis les 15% de Georges Marchais en 1981 (époque à laquelle a commencé leur déclin, ininterrompu depuis). Autrement dit, il y a eu un effet Mélenchon qui ne s’est pas reproduit lors des législatives.  

 

Pourquoi ?


Primo parce que l’inversion du calendrier électoral à l’initiative de Lionel Jospin, en 2000, en renversant le présidentialisme des institutions, a fait des législatives un simple vote de confirmation. Les électeurs de gauche ont voté Hollande deux fois : la première lors de la présidentielle, la seconde à l’occasion des législatives.

 

Sans doute peut-on y voir une anomalie démocratique, et la regretter, mais c’est comme çà. Combiné au scrutin majoritaire, le nouveau calendrier électoral pousse au bipartisme, qui est une forme de parti unique à deux têtes : l’un à gauche et l’autre à droite. La revanche de l’histoire fait que le Pcf, longtemps défenseur du régime du parti unique dans les pays du socialisme réel, est l’une des principales victimes d’un système inique.


Le Waterloo communiste en banlieue tient aussi à des raisons intrinsèques bien plus profondes.

 

Malgré des coups de peinture successifs, le projet politique du PCF est soit rejeté soit incompris, surtout dans les couches moyennes qui commencent à s’implanter de l’autre côté du périphérique. Son lien avec la population s’est d’autant plus distendu que certaines de ses analyses (sur l’immigration ou la sécurité, par exemple) le rendent inaudible dans les milieux populaires. (Ben oui, quoi, populaire donc fasciste? Sacrée Marianne! Note du blog)

 

Ses forces militantes, si elles demeurent importantes, ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles ont été. Enfin ses élus sont souvent atteints par la limite d’âge faute de renouvellement. En ce domaine, le PCF a le choix entre une mort rapide (quand il présente de nouvelles têtes) ou la mort lente (quand il croit sauver les meubles en présentant des préretraités en puissance).


La déroute du PCF ne doit cependant pas faire oublier les résultats fort encourageants de Jean-Luc Mélenchon en banlieue, lors de la présidentielle. Il y a certes été largement dominé par François Hollande. Mais le candidat du FDG, s’il n’a pas atteint ses objectifs, a réalisé un score qui atteste de l’existence d’un courant plus radical à la gauche du PS dès lors qu’il n’est pas estampillé PC canal historique.


Or la dynamique de la présidentielle s’est éteinte dès lors que l’on est passé au stade de la législative. Chacun des partis composant le Front de Gauche est revenu à son esprit de boutique, et le Pcf se retrouve à la case départ. L’avenir d’un courant politique à la gauche du PS n’est donc pas forcément bouché, mais s’il veut en être le symbole politique, le FDG devra prendre une consistance qu’il n’a pas encore, et nul ne sait s’il l’aura un jour.


http://www.marianne2.fr/Le-PCF-perd...

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:42

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de : Salomé Legrand
mardi 19 juin 2012 - 09h22

Une claque, et une première dans l’histoire de la Ve République, les communistes n’auront pas de groupe autonome à l’Assemblée nationale.

 

L’attelage Parti de gauche et Parti communiste français ne décroche que dix députés, dimanche 17 juin au second tour des législatives. Loin des quinze nécessaires à la constitution d’un groupe. Et loin des espoirs du parti qui, dans la foulée des 11,1% de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, tablait sur au moins 20 députés supplémentaires.

"Nous avons payé cher notre autonomie", a déploré l’ex-candidat à l’Elysée (11,1%), dénonçant "l’énergie" déployée par les socialistes "pour essayer de faire perdre partout les candidats du Front de gauche". Et de faire ces petits calculs : "Une force politique comme la nôtre, qui a réuni 4 millions de voix à l’élection présidentielle, et qui fait 600 000 voix de plus que le Parti communiste en 2007, perd la moitié de ses sièges."


• Comment en est-on arrivé là ?


Au premier tour, le Front de gauche avait rassemblé 6,91% des suffrages, certes plus que le Parti communiste en 2007, mais pas assez pour atteindre l’objectif qu’il s’était fixé. Avec ses 11,10% des voix au premier tour de la présidentielle et 105 candidats, le Front de gauche cherchait à faire mieux que ses 19 élus sortants, et rêvait même de 10 à 20 élus supplémentaires.

 

Raté.

 

La parti de la gauche de la gauche paye surtout l’absence d’accord électoral avec le PS. Refusant "le diktat" des socialistes, le Parti de Gauche et les communistes avaient rejeté, mi-mai, la présentation de candidatures communes avec PS et écolos. Du coup, plusieurs de ses piliers ont été emportés par la vague rose. En région parisienne notamment, où les communistes perdent quatre sièges. Dont celui de Roland Muzeau, le président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, qui a dû se retirer derrière le socialiste Alexis Bachelay dans la 1re circonscription des Hauts-de-Seine.


Dans la 11e circonscription des Hauts-de-Seine, la socialiste Julie Sommaruga (PS) a doublé sur le fil la députée sortante et maire de Bagneux Marie-Hélène Amiable, qui s’est désistée. Tout comme Jean-Pierre Brard, arrivé quatre points derrière le socialiste Razzy Hammadi, soutenu par les Verts, dans la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis. Ou encore Pierre Gosnat dans la 10e circonscription du Val-de-Marne, et Jean-Paul Lecoq, sortant de la 6e circonscription de Seine-Maritime.


• Les défaites notables


Patrick Braouezec, député depuis 1993, perd son siège. Arrivé deuxième derrière le candidat PS Mathieu Hanotin au premier tour, il s’est maintenu contre le principe de désistement républicain. Pari perdu : le socialiste, vice-président du conseil général de Seine-Saint-Denis depuis 2008, remporte la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis avec 53,5% des voix contre 46,5% pour le remuant communiste. Plusieurs bagarres ont éclaté dans un climat tendu entre les partisans des deux candidats dimanche soir après l’annonce des résultats.


Dès le premier tour, plusieurs figures ont été éliminées. A commencer par Jean-Luc Mélenchon, candidat à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et relégué à la troisième position (21,48%), avec deux fois moins de voix que Marine Le Pen et derrière le candidat PS, Philippe Kemel. Mais aussi Michèle Picard dans la 14e circonscription du Rhône, Jean-Luc Lanouilh, dans la 4e circonscription de l’Aisne, Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche, dans la 2e circonscription de Corrèze (6,93%), ou Martine Billard, victime du redécoupage électoral, dans la 5e circonscription de Paris.


• Les élus


Il y a l’élue dès le premier tour, avec 67,14% des suffrages dans la 2e circonscription de La Réunion, Huguette Bello. Et ceux dont l’adversaire PS s’est retiré en vertu du principe de désistement républicain, qui veut que les candidats de gauche dans une même circonscription laissent le champ libre au mieux placé d’entre eux. Seuls en lice au second tour, ils affichent donc une réélection à 100%.

 

Parmi eux :


Marie-George Buffet dans la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis, arrivée en tête (33,64% au premier tour), mais talonnée par une candidate socialiste (30,49%) qui s’est désistée à son profit. Jean-Jacques Candelier, sortant dans la 16e circonscription du Nord et dont l’adversaire socialiste Christian Entem s’est désisté. Marc Dolez, député sortant dans la 17e circonscription du Nord et dont l’adversaire socialiste, Monique Amghar, s’est désistée.


Ou encore François Asensi, sortant apparenté PCF et maire de Tremblay-en-France, qui aurait pu se retrouver face à son ex-dauphin, Stéphane Gatignon, passé chez Europe Ecologie-Les Verts et candidat de la gauche unie, qui s’est finalement retiré dans la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis. Et enfin Nicolas Sansu, arrivé deux points devant la socialiste Agnès Sinsoulier-Bigot, qui s’est désistée dans la 2e circonscription du Cher.


Ceux qui avaient un adversaire ...


André Chassaigne, sortant dans la 5e circonscription du Puy-de-Dôme, l’emporte avec 67,53% des voix face à l’UMP Maxime Costilhes (20,03% au premier tour). Gaby Charroux, maire de Martigues, remporte 60,28% des suffrages dans la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône. Il prend la suite de Michel Vaxès, communiste qui ne se représentait pas.


Dans la 4e circonscription des Hauts-de-Seine, Jacqueline Fraysse, sortante PCF (29,9%) arrivée seulement 2,1 points devant l’UMP Christian Dupuy (27,84%) au premier tour, l’emporte avec 59,14%.De son côté, Alain Bocquet, sortant dans la 20e circonscription du Nord, rassemble 67,43% des voix face à la Front national Nathalie Betegnies (21,73% au premier tour).


http://www.francetv.fr/info/legisla...

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:28

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de : LILIAN ALEMAGNA
mardi 19 juin 2012 - 09h23


Prêt à dire non à une participation au gouvernement, le PCF peine à expliquer son futur positionnement face au nouveau pouvoir socialiste.


Juin 1936 plutôt que mai 1981. Comme attendu, le Parti communiste n’enverra pas de ministres dans le gouvernement Ayrault II. Une première depuis 1988. Réunis en conseil national (Parlement du parti) ce lundi matin au siège du PCF place du Colonel Fabien, les responsables communistes se sont exprimés à une très large majorité contre une participation gouvernementale.


« En raison des refus répétés de prendre en compte nos propositions, nous estimons que les conditions de notre participation au gouvernement Ayrault ne sont pas réunies », est-il écrit en gras sur le bulletin de vote envoyé dans les sections communistes. Formellement, les 500 délégués PCF doivent encore se prononcer mercredi à Paris, salle de la Mutualité, sur le choix d’envoyer des ministres au mini-remaniement prévu en milieu de semaine. Mais le résultat ne fait plus de doute : ce sera niet.

 

Strapontins


« Nous avons vocation à participer à un gouvernement, a pris soin de rappeler le chef du PCF, Pierre Laurent, devant la presse, accompagné d’André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme et probable futur chef de groupe. Mais nous sommes au regret de constater que la réponse (du Premier ministre) est de s’en tenir au seul projet présidentiel ». Hollande et Ayrault disent vouloir faire entrer « certains communistes » mais ne piochent pas dans le programme du Front de gauche ? Pas question d’aller se « lier » en acceptant quelques strapontins.

 

Position identique à celle de Jean-Luc Mélenchon.


« On veut que réussisse le changement de gauche, insiste Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Mais nous pensons qu’à l’échelle européennes, les orientaions portées par François Hollande et d’autres ne permettent pas une sortie de crise. » Mais s’ils ne participent pas au gouvernement, quelle position adopteront les communistes ? Majorité ? Opposition ? C’est là que le numéro d’équilibriste commence...

 

« Illisible »


Chez Mélenchon, on avait choisi son propre « ni-ni » : « Ni majorité, ni opposition ». Durant la campagne législative, l’ex-candidat à la présidentielle avait trouvé une formule : « l’autonomie conquérante ». Une position jugée « illisible » par de nombreux communistes. Pierre Laurent botte en touche : « Ce n’est ni l’autonomie, ni la conquête qui nous pose problème ». Un renvoi pour mieux souligner que c’est le « ni majorité » qui gêne.


Marie-George Buffet, ex-numéro un est, elle, bien plus claire : « Les gens nous demandent d’être à gauche donc dans la majorité de gauche ». L’ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports est bien plus claire, lundi, dans l’Humanité : « Nous ne sommes pas dans l’opposition mais dans la majorité de gauche de façon constructive, pour réussir. »


« Politiques d’austérité décentralisées »


Mais d’autres au PCF ont plus de mal : « Nous sommes dans la gauche, répète par exemple Dartigolles. Nous verrons, texte par texte, et ce qui peut être soutenu sera soutenu. » « C’est soutenir sans participer », poursuit Fabien Roussel, secrétaire PCF du Nord, qui demande à son parti d’aller plus loin dans « l’autonomie » : « Le PS va nous demander de faire des économies dans les conseil généraux et régionaux. Je demande à mon parti [qui participe à plusieurs exécutifs locaux avec les socialistes, ndlr] de ne pas mettre en oeuvre des politiques d’austérité décentralisées. »


Donc, pas une « opposition de gauche ». « Dans la majorité » mais sans garantir de soutien sans faille au gouvernement - surtout sur les questions européennes et sociales dont les clivages risquent de s’amplifier... Le Front de gauche compte sur ses élus et surtout sur les liens tissés dans la campagne présidentielle avec le « mouvement social » pour, disent ses responsables, « construire des majorités d’idées » et, croient-ils, peser sur le gouvernement. « On joue très gros dans l’explication de notre positionnement », souligne Dartigolles. Et ils peuvent compter sur les alliés socialistes et écologistes pour leur rappeler ce manque de clarté.


http://www.liberation.fr/politiques...

 

Commentaire:

 

Tout ner va pas si mal au PCF, il a encore 500 permanents! Qui, en effet, peut quitter son boulot un mercredi pour aller à une conférence à Paris? Des retraités, des élus ou des permanents !

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 11:56

francois-hollande-813067

Posté par 2ccr le 17 juin 2012

 

Six semaines après l’élection de François Hollande à la présidence de la République, le PS obtient seul la majorité absolue à l’Assemblée nationale, qui est de 289 sièges.


L’entre deux tour a été marquée par les 1700 euros de Valls, le tweet d’encouragement envoyé par Valerie Trierweiler au rival dissident de Ségolène Royal, et les déclarations de Nadine Morano  sur les « valeurs communes » de l’UMP avec l’extrême droite. Il est vrai que l’on est en droit de se demander jusqu’à quand tiendra la barrière entre les deux formations, dont les idées sont de plus en plus proches. Et même si le FN n’obtient que deux députés, sa progression ne se mesure pas en nombre de sièges, mais par l’emprise de son « idéologie » sur les membres de l’UMP.


EEVL grâce aux accords passés avec le PS obtient un groupe parlementaire à l’assemblée nationale contrairement au Front De Gauche dont le PC va tirer les enseignements dans les jours ou les semaines à venir, car  la base de l’existence du Front de gauche est depuis sa constitution en 2008  avant tout électorale, et le résultat est loin d’être concluant.


L’illusion médiatique sur la personne de Mélenchon avant la présidentielle avait commencé à retomber le soir du 22 avril. Le 10 juin, malgré l’implantation des élus locaux communistes, le Front de gauche avait déjà perdu  plus de la moitié des voix qui s’étaient portées sur lui et subit de lourdes pertes en particulier dans les secteurs traditionnels du vote communiste.


Fustiger le PS  pour le  tirer à gauche, servir d’aiguillon, comme Filoche de l’intérieur ou Mélenchon aujourd’hui est une chimère ! L’expérience l’a toujours montrée, après 1981 ou 1997 : ces formules se traduisent dans les faits par l’apport d’une caution de « gauche » à la politique de la social-démocratie.

 

L’intéressant maintenant sera de voir la position du FDG sur les mesurettes de Hollande concernant les retraites ou le smig. Mélenchon et le PC avait été très virulents sur la réforme Fillon/Sarko et même si avec la CGT ils avaient savonnés la planche du mouvement en espérant récolter les fruits du mécontentement dans les urnes, ils ne pourront faire l’économie d’une position tranchée sur ces questions. Il en va de leur crédibilité !


Hollande fait partie d’une famille politique qui a accompagné le libéralisme. Le PS a privatisé à tour de bras, et a œuvré avec zèle pour l’Europe du libre-échange et de la finance toute puissante. Mais les temps changent, et aujourd’hui, il porte une lourde responsabilité, son échec à redonner espoir aux français ouvrirait la porte à une droite fascisante en 2017.

 

C’est pour cela que le Front De Gauche porte aussi la responsabilité de la réussite de revendications sociales, et face aux dérives prévisibles du PS il ne pourra pas ménager, comme il en a l’habitude, « la chèvre et le choux », il va lui valoir se positionner, prendre ses responsabilités et faire des choix. La langue de bois de Pierre Laurent affirmant « il n’y aura ni soutien, ni participation, ni opposition » ne peut faire illusion plus longtemps, et traiter le NPA « d’isolationnisme » n’est qu’un moyen pour fuir le débat politique, et siphonner son électorat. Mais cela aussi, ça n’aura qu’un temps !


A droite il y a le ni-ni de l’UPM vis-à-vis du FN, à gauche il y a le ni-ni du PC vis-à-vis du NPA. Le Nouveau Parti Anticapitaliste est désireux de créer un bloc contre l’austérité, un front social et politique pour résister à tous les mauvais coups, et  défendre les revendications des uns et des autres.

 

Mais une politique ouvertement contestataire vis-à-vis du gouvernement Hollande n’est pas à l’ordre du jour pour le PC et ses alliés. En outre, les propositions du NPA comme plafonner la rémunération des élus, exiger leur révocabilité, et vouloir que la politique ne soit pas un métier sont difficilement envisageables pour ceux  et celles qui en vivent grassement depuis 30 ans !


Alex CAPUCIN

« La politique est le moyen pour des hommes sans principe, de diriger des hommes sans memoire »…Paul VALERY

 

http://2ccr.unblog.fr/2012/06/17/legislatives-l%E2%80%99echec-du-front-de-gauche/

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 14:12

mel an chon

 

Profitant de la très grosse abstention, le Parti socialiste effectue une percée électorale dans le sillage de la victoire d’Hollande à la présidentielle.


S’il n’y a pas eu de vague rose en ce premier tour des élections législatives, cette percée socialiste se fait au détriment du reste de la gauche, en particulier de ses partenaires gouvernementaux écologistes mais aussi du Front de Gauche.

L’abstention profite toujours aux grands partis et cette élection n’a pas dérogé à la règle. Avec plus de 42 % (par rapport aux électeurs inscrits sur les listes électorales), cette abstention, supérieure à celle qui avait été enregistrée en 2007, représente un record pour des élections législatives sous la ve République. Et c’est donc le Parti socialiste qui en profite pleinement.

Vote utile pour le PS


Le Parti socialiste, accompagné de ses alliés traditionnels – radicaux de gauche et divers gauche, plus quelques circonscriptions offertes au Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement – a recueilli en tout 34, 43 %.
La propagande du PS, qui distillait depuis un mois les annonces souvent symboliques et martelait qu’il fallait donner une large majorité « au changement », a à l’évidence eu ses limites. La meilleure preuve en est encore l’abstention massive. Car à la différence par exemple de 1981, il n’y a pas eu de dynamique après l’élection d’Hollande.


Pour autant, le succès est bien réel, comme en témoigne l’élection dès le premier tour de six membres du gouvernement (Fabius, Batho...) dont le premier d’entre eux Jean-Marc Ayrault. Et le second tour, ce dimanche 17 juin, risque bien de confirmer le phénomène, avec en perspective une Assemblée nationale où les socialistes pourraient seuls avoir la majorité absolue, sans avoir besoin d’autres appuis.


Le réflexe du « vote utile » a donc pleinement profité au PS. C’est dans leur très grande majorité le choix des électeurs de gauche qui sont allés voter, tout comme celui des électeurs qui ont préféré s’abstenir plutôt que d’émettre un vote perçu comme peu utile dans la situation politique post-6 mai.
C’est pour cela que les résultats du Front de Gauche, de l’extrême gauche, et même d’Europe Écologie Les Verts ont été plus faibles qu’attendus.

Déception et interrogations


Avec respectivement 5, 5 % et un peu moins de 7 % des voix, EÉLV et le Front de Gauche voient leurs possibles groupes parlementaires à l’Assemblée nationale fortement menacés. Pour autant, l’opération n’est peut-être pas si mauvaise pour les amis de Cécile Duflot qui effacent ainsi les faibles résultats de la campagne d’Eva Joly, même au prix d’un accord électoral sacrifiant les principaux points programmatiques des Verts.


Pour le Front de Gauche, ce premier tour des élections législatives marque le premier recul depuis sa constitution en 2009. La défaite très médiatisée de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont ne doit pas faire oublier que bien des candidats importants issus du PCF ou du PG sont aussi hors course ou en très grande difficulté sous la poussée socialiste, comme Martine Billard, Jean-Pierre Brard, Roland Muzeau ou Patrick Braouzec. Le Front de Gauche ne retrouvera donc pas ses dix-neuf députés sortants, et n’arrivera certainement pas à constituer un groupe parlementaire.


À n’en pas douter, cette situation va redistribuer les cartes en son sein en faveur d’une direction du PCF plus favorable à un rapprochement avec le PS au pouvoir.

 

Dès dimanche soir, les déclarations ne se sont pas fait attendre. Ainsi Buffet souhaitant « faire réussir la gauche » affirme qu’elle et ses amis seront à l’Assemblée « dans la majorité de gauche avec une volonté constructive et autonome ».

 

À quelques jours de la consultation nationale des militants du PCF sur une possible participation gouvernementale, il ne faut donc exclure aucune possibilité. Et même si une entrée au gouvernement semble peu probable, la question des rapports au Parti socialiste et à sa majorité politique reste plus que jamais posée.


Manu Bichindaritz

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