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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 13:17
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Avec la crise, on assiste à un surgissement des discours protectionnistes de droite et de gauche.

 

On ne peut nier le désarroi face aux délocalisations qui renforce l’écoute dont bénéficie Marine Le Pen et qui a fait en partie le succès d’Arnaud Montebourg. Mais, toute position progressiste sur les échanges internationaux suppose de tenir compte d’une double réalité : les travailleurs, au Nord et au Sud, ont des intérêts différents de ceux de leur bourgeoisie ; les pays du Nord, qui dominent encore largement l’économie mondiale, n’ont aucun droit de dicter aux pays du Sud les conditions de leur développement. D’ailleurs, l’industrialisation du Sud (malgré des formes souvent barbares) est un fait très positif.


Marx dans son « Discours sur la question du libre-échange » de 1848 (1) rejette le protectionnisme tout en notant l’impact destructeur du libre-échange. Il montre comment les productions se déplacent d’une zone à l’autre en fonction des coûts relatifs de production, souligne les inégalités entre pays et l’importance stratégique de certaines branches industrielles.


Tout en refusant toute solidarité avec les patronats, il convient bien de ne pas négliger les conséquences concrètes du libre-échange :


- Impact sur l’emploi et les salaires dans les pays du Nord. Sans exagérer l’importance de la mondialisation – ce qui pèse fondamentalement, c’est la course effrénée du capital aux gains de productivité – le libre-échange intégral, promu par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en rajoute en mettant en concurrence les salariés à l’échelle du monde.

- La pression sur les salaires est forte aussi dans les pays du Sud. La menace de déplacement des productions vers des zones où les conditions de travail sont plus dures ou les rémunérations plus faibles, est permanente. Ainsi, le Figaro du 16 février 20122 note que «  la flambée des salaires chinois se poursuit : suite à des grèves, ils s’échelonnent entre 180 et 300 euros par mois. C’est autant qu’en Biélorussie et plus qu’en Tunisie (160 euros) et à Madagascar (50 euros). De plus en plus de marques, comme Petit Bateau, Etam ou Celio, s’approvisionnent dans cette île… Le Bangladesh, où le salaire moyen s’élève à seulement 80 euros, s’impose comme le deuxième fournisseur de la France ».

- La mondialisation productive s’accompagne de mouvements massifs de produits industriels et agricoles, pour une part complètement indépendants des dotations naturelles des pays, aux effets écologiques néfastes.


L’altermondialiste Thomas Coutrot résu-me ainsi le dilemme actuel auquel sont confrontés les internationalistes3 : « Le libre-échange n’est pas soutenable socialement […]. Il n’est pas soutenable écologiquement – parce qu’il favorise l’explosion du volume de marchandises transportées, et donc de gaz à effet de serre. Il n’est pas soutenable démocratiquement, car – couplé à la libre circulation des capitaux – il prive les élus du peuple de presque tout pouvoir de décision en matière économique.


En même temps, le protectionnisme est par définition unilatéral et conflictuel : il « protège » d’un ennemi extérieur. Il encourage le nationalisme, les guerres commerciales […]. Pour le mouvement social international, s’engager dans des revendications protectionnistes, Nord contre Sud, serait un suicide programmé. »

Comme le disait Jaurès « Le socialisme, c’est-à-dire l’organisation sociale de la production et de l’échange exclut, à la fois, et la protection qui ne peut guère profiter aujourd’hui qu’à la minorité des grands possédants, et le libre-échange, qui est la forme internationale de l’anarchie économique. »4


Mettre au premier plan la question de la libre circulation des capitaux


Le débat électoral français se focalise sur le commerce avec les pays à bas salaires et, dans ce cadre, sur les importations et les délocalisations. Les propositions faites comportent surtout des mesures visant à « réguler » le commerce avec les pays accusés de faire du dumping social et environnemental. Ces propositions oublient souvent que les exportations de la Chine sont la plupart du temps des exportations de « nos » multinationales implantées là-bas.


L’accent mis sur les échanges de marchandises reflète les préoccupations immédiates des salariés de l’industrie soumis au chantage patronal sur la concurrence des pays à bas salaires. Mais elle correspond aussi, soit à une analyse erronée, soit à une volonté de dissimuler un obstacle fondamental à toute politique de transformation sociale : la liberté de circulation des capitaux. C’est bien là pourtant l’essentiel.

Les mouvements internationaux de capitaux ont été libéralisés par les États depuis les années 1980 et se sont considérablement développés. Ils ne correspondent que pour une faible part à des mouvements réels de marchandises. Ils ont un rôle majeur pour justifier les politiques d’austérité à travers la spéculation sur la dette internationale et les monnaies.


Les mouvements de capitaux doivent donc être strictement contrôlés et les opérations spéculatives interdites. C’est le sens du soutien du NPA à la taxe « Tobin » qui doit en fait s’insérer dans un ensemble de mesures de contrôle strict des mouvements de capitaux (y compris la socialisation totale du système bancaire).


Quelles positions par rapport aux délocalisations ?


Le protectionnisme crée une fausse solidarité entre ouvriers et patrons et présente les travailleurs des autres pays comme des adversaires. C’était le sens de notre refus du « Produisons français » du PCF, de nouveau en vogue.

La course à la productivité entraîne de nombreuses suppressions d’emplois industriels. Les délocalisations ne concernent pas que les pays à bas salaires.

 

Les délocalisations et les échanges avec les pays du « Sud » donc sont loin d’expliquer l’ensemble des pertes d’emplois industriels : selon une des estimations disponibles, le nombre d’emplois industriels perdus en France entre 1970     à 2002 du fait des échanges avec les pays du Sud correspondrait à environ 15 % de la diminution totale de l’emploi industriel. Cette part est certes plus élevée dans certains secteurs (textiles, chaussures…) surtout si on tient compte des importations à faible prix réalisées par l’entremise des chaînes de distribution. La « désindustrialisation » de la France et les déséquilibres accrus du commerce extérieur renvoient aussi à des faiblesses du tissu industriel français, elles-mêmes reliées à des choix de l’État et du patronat marqués par une logique de court terme en lien avec la pression des actionnaires.

 

Pour ce qui est de l’ensemble de l’économie (pas seulement l’industrie) et de tous les échanges commerciaux, l’internationalisation serait responsable de la perte d’environ 36 000 emplois par an entre 2000 et 2005, soit, en moyenne, 29 % des destructions d’emplois, dans les branches où l’emploi décroît. Mais par ailleurs, l’internationalisation entraînerait aussi des gains d’emplois en nombre équivalent (mais ce ne sont pas les mêmes et cela n’allège pas les conséquences sociales pour ceux qui subissent les réductions d’emplois).


Il n’en reste pas moins que les délocalisations existent et touchent particulièrement l’industrie. Il faut donc en combattre les conséquences sur l’emploi, en les combinant à des propositions qui puissent faire le lien avec d’autres entreprises subissant des réductions ou des transferts d’activités, et les salariés victimes de licenciements en général. Au-delà de propositions locales, définies par les salariés concernés eux-mêmes, il faut avancer :


- Le remboursement de toutes les aides perçues par les entreprises alors qu’elles ont réalisé des profits qui leur permettent de délocaliser (celles concernant l’établissement délocalisé mais aussi l’ensemble de l’entreprise ou du groupe) ;

- La poursuite de l’activité sous contrôle des salariés, en lien avec l’État et les collectivités locales concernées, des établissements victimes de délocalisations (comme de tous ceux qui subissent des décisions de réduction d’activités inspirées par le critère du profit maximum).

- L’opposition aux délocalisations responsables de licenciements combine le refus de ces opérations avec les mots d’ordre d’interdiction des licenciements et de réduction du temps de travail.


Réfléchir à une autre organisation des échanges internationaux, en vue de réduire l’anarchie capitaliste et son impact écologique


Sans nostalgie des petites régions vivant quasiment en vase clos ou d’États nationaux environnés de barrières, l’échange international est une nécessité qui sous le capitalisme est porteur de dommages sociaux et écologiques.

 

De nombreuses marchandises font des kilomètres inutiles et néfastes pour l’environnement, entre les États mais aussi à l’intérieur des États. Il y a là matière à réflexion mais les mesures préconisées ne doivent pas avoir pour visée de brimer l’industrialisation du Sud, même sous des prétextes nobles (droits sociaux, écologie). Elles doivent donc être symétriques.


C’est l’intérêt de la proposition de taxe kilométrique, payable par l’acheteur pour chaque kilomètre parcouru par une marchandise. Une tonne de chemises chinoises arrivant à Paris serait taxée au même niveau (en %) qu’un moteur d’avion français arrivant en Chine. Des taux différenciés pourraient être envisagés selon les secteurs, selon les partenaires, selon le caractère plus ou moins utile de l’échange international.


À plus long terme, un « gouvernement des travailleurs » (au niveau français ou de préférence européen) protègerait les nouvelles conquêtes sociales et chercherait à jeter les bases d’une autre organisation du monde. Ainsi, pourraient être prises des mesures d’encadrement du commerce extérieur reposant sur des accords bilatéraux avec les pays tiers. La planification de l’économie n’implique pas l’autarcie pour la zone économique où elle commencerait. Bien au contraire, elle chercherait à développer des rapports d’échanges, premier pas pour organiser la coopération des peuples.


Henri Wilno


1. http://www.marxists.org/francais/marx/works/1848/01/km18480107.htm

2. « Vêtement : les marques s’émancipent de la Chine »

3. Thomas Coutrot, « Jalons vers un monde possible », Le bord de l’eau, 2010.

  1. « Jaurès, le protectionnisme et la mondialisation », Alain Chatriot, http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20111006_Jaures-protectionnisme.pdf
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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 12:31

12 avril par CADTM international


Le 15 Octobre 1987, le président Thomas SANKARA perdait la vie, à la suite d’un coup d’État, après quatre années passées à la tête du Burkina Faso.

 

Au cours de cette période Thomas SANKARA a lutté pour la dignité de son peuple et pour un nouvel élan de libération du continent africain avec une nouvelle génération de chefs d’Etat, au service de leurs peuples, capables de tenir tête aux puissances impérialistes. Il ne fait aucun doute que Thomas SANKARA a été assassiné pour avoir lutté contre le néocolonialisme et en particulier contre l’esclavagisme moderne de la dette.

 

Pionnier en la matière, Thomas SANKARA dénonça devant tous les chefs d’États africains réunis au sommet de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) en juillet 1987 le « système dette » mis en place par les puissances occidentales avec la complicité de certains dirigeants du Sud pour confisquer la souveraineté des peuples.


Ce nouveau système d’oppression des peuples africains, latino-américains et asiatiques était notamment basé sur l’imposition des plans d’ajustement structurel (PAS) mis en place par les Institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) avec l’appui des anciennes métropoles et au profit des multinationales du Nord. Sachant que les grands créanciers internationaux s’attaqueraient à sa vie en réponse à cet ultime combat, Thomas SANKARA lança un appel pour la création d’un front uni contre la dette. Son appel ne fut malheureusement pas suivi à l’époque.


Vingt cinq ans plus tard, alors que le système dette continue de confisquer la souveraineté populaire et d’appauvrir la très grande majorité de la population africaine, les peuples du Nord sont eux aussi victimes d’une crise de la dette sans précédent. L’éclatement de la bulle spéculative immobilière et le sauvetage des banques par les États, sans consultation populaire - qui a encore aggravé le poids de la dette publique dont une large partie est illégitime - donnent raison à Thomas SANKARA qui dénonçait déjà l’économie « CASINO ».


Loin des flash et des caméras de télévision, la finance s’est résolument liguée contre les peuples ces trente dernières années faisant des millions de morts. Autrefois réservés aux pays du Sud, les conditionnalités et les mesures d’austérité ont fini par gagner le Nord, plongeant les peuples dans un désarroi de plus en plus grand. La situation actuelle en Grèce, au Portugal ou encore en Irlande où le FMI intervient directement dans les affaires internes des États, aux cotés des l’Union européenne et la Banque centrale européenne (BCE), ne sont pas sans rappeler la situation des pays du Sud au début des années 80.


Depuis trente ans les peuples au Sud ne cessent de se battre contre le diktat des créanciers et en particulier du FMI et de la Banque mondiale, deux institutions anti-démocratiques à la solde des marchés financiers, des grandes banques privées et des multinationales à l’origine de la crise financière actuelle.


Dans un monde en crises et face aux nombreuses attaques contre les peuples via les politiques d’austérité imposées à l’échelle mondiale, l’heure est venue pour les peuples du monde entier, au Sud comme au Nord, de répondre à l’appel de Thomas SANKARA en constituant un front uni contre la dette.


En réponse à l’appel de Thomas SANKARA et en hommage à sa lutte pionnière, nous, organisations et mouvements sociaux du Burkina Faso, organisations et mouvements sociaux d’Afrique, à la suite de l’appel de Niono du 2 novembre 2011, appelons à une rencontre internationale et à un dialogue Sud-Nord sur la dette, à Ouagadougou au Burkina Faso du 13 et 16 octobre 2012 et à une cérémonie à la mémoire de Thomas SANKARA le 15 octobre 2012.


Premiers signataires :

  • ATTAC/CADTM Maroc
  • FNDP Côte d’Ivoire
  • CADTM Lubumbashi RDC
  • Ecologistas en Acción (España)
  • Observatorio de la Deuda en la Globalización (España)
  • Patas Arriba (Valencia, España)
  • RPC/Mauritanie
  • UFDH/CADTM RDC
  • CADTM France
  • RAID Tunisie
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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 13:47

 

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11 mars par Souad Guennoun


Femmes contre micro-crédits, témoignage en version sous-titrée français : comment les micro-crédits appauvrissent les femmes et comment les femmes luttent dans la région de Ouarzazate pour obtenir justice face à des organismes puissants prétendant lutter contre la pauvreté.
Une caravane de solidarité se rend à Ouarzazate à l’occasion de la journée mondiale des femmes en soutien aux victimes des micro-crédits.

 

http://www.cadtm.org/Maroc-Les-femmes-se-mobilisent

 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 12:07

 

Par Carlos Ruiz (17 février 2012)


Le boom minier en Amérique latine est à l’origine de nombreux conflits. Face à des méga-projets qui déplacent des villages, polluent et assèchent les rivières, détruisent les forêts, des communautés locales résistent. Du Mexique à la Patagonie, elles multiplient les blocages et obtiennent parfois la suspension des projets. En Argentine, cette résistance vient d’être durement réprimée comme en témoigne le cinéaste Carlos Ruiz.

 

Depuis quelques mois, la résistance des communautés face aux activités minières s’intensifie dans l’ouest de l’Argentine, principalement au travers de blocages sélectifs de camions allant aux mines. Les habitants de La Rioja sont mobilisés contre l’installation de l’entreprise canadienne Osisko, tandis que ceux de Catamarca s’opposent à la poursuite du projet de Minera Alumbrera, filiale du géant minier suisse Xstrata, après avoir souffert durant quinze ans des impacts sociaux et environnementaux de ses activités. Ces manifestations ont été durement réprimées à Tinogasta, Belén et Aimacha, faisant des dizaines de blessés.


La situation empire aussi à Andalgala, où une répression féroce avait déjà eu lieu il y a tout juste deux ans : depuis quelques jours, un groupe pro-minier bloque l’entrée de la ville, empêchant le passage de journalistes et de personnes venues soutenir l’assemblée locale, tandis que les maisons de plusieurs manifestants sont fouillées sans motif par la police. En décembre 2011, un rapport de l’ONU s’inquiétait déjà de l’utilisation démesurée de la force et de représailles contre les personnes défendant leurs droits économiques, sociaux et culturels en Argentine.

Tinogasta, la répression indigne


Par Carlos Ruiz*


Des centaines de milliers d’habitants de toute la cordillère des Andes résistent, comme l’ont fait toutes les populations tout au long de l’histoire. Mais il y a encore des gens qui vivent dans d’autres régions du pays et qui ne comprennent pas la lutte de ces peuples qui ne veulent pas de l’exploitation minière. Ils n’en veulent pas. Non. Ils n’en veulent pas pour de nombreuses et sérieuses raisons, scientifiques et non scientifiques. Peut-être est-ce difficile à comprendre pour ceux qui ne vivent pas là.


Pourquoi défendre à outrance une modernité périmée, qui arrive à contretemps, avec des promesses de progrès et de développement que personne ne croit ni ne peut soutenir ? Au moins sans toucher d’importants salaires et bénéfices, ou bien sans prendre des postures biaisées ou des visions purement économicistes. Pourquoi mépriser l’immense culture et les savoirs de villages ancestraux, habités par des Argentins qui ont pourtant les mêmes droits et le même statut que ceux qui vivent entassés à Buenos Aires ? Gioja, le gouverneur pro-minier de la province de San Juan, l’a dit très clairement il y a quelques jours (alors qu’il nous traitait de « nazis ») quand il a exprimé sa propre pensée : « Les écologistes ne veulent pas que les pauvres aient accès au progrès ».


L’échec de la politique extractiviste


La répression à Tinogasta, brutale, démesurée, oblige à s’arrêter [1]. Les forces spéciales de la police, montant la garde devant des camions miniers remplis de poison et d’explosifs, ont tiré – littéralement – sur des habitants pacifiques, parmi lesquels des centaines de femmes et d’enfants. Ils ont lâché leurs chiens furieux contre les personnes qui étaient assises sur la route pour empêcher les camions miniers de passer (un chien a mordu une femme et a failli lui arracher un sein). C’est un échec total de la politique.


Les habitants de Tinogasta, de Belén, d’Andalgalá, de Famatina, de Chilecito, de Jáchal, d’Amaicha, de Tilcara, de Tupungato, d’Esquel et de centaines d’autres villages où vivent des Argentins qui travaillent et aiment leur patrie autant que ceux qui vivent au bord de la mer, ne sont ni des envahisseurs, ni des fondamentalistes, ni des subversifs, ni des terroristes, ni même des écologistes. Ils se défendent, non pas contre les entreprises multinationales qui viennent dévaster des territoires entiers, mais contre ceux qui leur ont ouvert les portes. Les entreprises n’attaquent pas les gens, pour cela elles ont les gouvernements provinciaux et leurs « forces spéciales ».


« L’exploitation minière est un sacrifice en échange de rien »


Les gouvernements signent des contrats avec des entreprises étrangères dans le dos des gens, en garantissant un « permis social » [2] qu’ils n’ont pas. Les entreprises établissent dans leurs manuels administratifs internes comment devra se faire la distribution des « fonds sans facture » au sein des communautés, comme c’est le cas d’Osisko, dans la province de La Rioja. Elles n’ont même pas besoin de gagner les élections, dans des démocraties impures, malades du clientélisme. Mais les gens ne sont pas bêtes, ils n’octroieront jamais ce permis social pour mourir à petit feu. Le permis social est la limite. Ils le savent très bien, l’exploitation minière – d’aujourd’hui et celle d’hier aussi – est un sacrifice. Un sacrifice en échange de rien, ou pire encore, en échange de perdre le bien le plus précieux que nous avons : l’eau, les glaciers, « ces réservoirs d’eau » ; c’est changer de mode de vie, c’est brader sa culture, anéantir son identité.


À ceux qui vivent loin de cette problématique nous leur demandons : Pourquoi extraire de l’or ? Pourquoi faire exploser des montagnes entières ? Littéralement, ce n’est pas une métaphore. La présidente Cristina Fernández de Kirchner a demandé hier « qui accepterait de travailler dans une mine sachant qu’elle contamine ? ». Nous pourrions lui demander : pourquoi croit-elle que des familles entières se jettent au pied d’énormes camions chargés d’explosifs ? Pourquoi croit-elle que les politiciens arrivent au pouvoir avec un discours qui répond aux demandes et aux inquiétudes du peuple et rapidement – comme le gouverneur Beder Herrera [3] – revêtent la chemise du colonisateur ? Il est temps d’écouter le peuple et d’arrêter cette vague répressive qui nous ramène à des époques tristes de notre histoire, qui ne sont pas rares.


*Carlos Ruiz est cinéaste, réalisateur du documentaire Cielo Abierto [4], et membre des Assemblées citoyennes de La Rioja.


Traduction et introduction : Juliette Renaud

Photo : DR (en une) et CC Leandro Pérez

Notes

[1] Voir la vidéo qui relate cette répression, éditée par l’assemblée de Tinogasta.

[2] La notion de « permis social » (licencia social) est de plus en plus reconnue dans le domaine des investissements miniers et autres activités d’exploitation de ressources naturelles comme étant un pré requis essentiel pour assurer la stabilité et la prospérité des projets mis en place, mais également pour faire en sorte que ceux-ci respectent les droits des populations locales.

[3] L’actuel gouverneur de la province de La Rioja, Luis Beder Herrera, avait été élu en 2007 pour sa campagne contre les activités minières et contre l’installation de la Barrick Gold. Une fois élu, il a immédiatement dérogé à la loi d’interdiction de mines à ciel ouvert qu’il avait pourtant promue et votée quelques mois plus tôt.

[4] Le documentaire Cielo Abierto raconte comment les populations locales se sont mobilisées contre la Barrick Gold et l’ont obligé à renoncer à son projet dans la province de La Rioja. Ces communautés résistent maintenant à l’arrivée d’une nouvelle entreprise canadienne, Osisko.

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 09:36

Esther Vivas, militante altermondialiste, a participé à différents mouvements dans l´État espagnol, divers pays en Europe, des Forums sociaux européens et mondiaux, des mobilisations anti-sommets internationaux – G8, l´OMC, l'Otan… Elle fait partie de l´organisation Izquierda Anticapitalista et de Revolta global en Catalogne, auteure de Del campo al plato (Icaria editorial, 2009) et Supermercados, no gracias (Icaria editorial, 2007).


Sa présence au Forum social thématique (FST) à Porto Alegre a enrichi les débats sur l'écosocialisme, sur les IndignéEs en Catalogne. Tout est à nous ! a voulu faire partager ses impressions aux camarades qui sont restéEs en France. Elle nous fait part de l´état d´esprit des participantEs du FST, des enjeux de Rio+20, face à la détermination des gouvernements du Sommet Rio 2012 en juin prochain.

L’un des enjeux les plus importants que nous avons vus à ce Forum social thématique ici, a été d’établir une route de Porto Alegre à Rio+20, une route qui est aussi en train de se construire depuis le sommet alternatif aux négociations des Nations unies à Durban.

 

Il est aussi nécessaire de dénoncer l’économie verte, le capitalisme vert, qui cherche à transformer les biens communs et les ressources naturelles en marchandises. Ces questions sont centrales ici en Amérique latine, mais aussi dans d’autres pays du Sud. Mais au-delà de ce thème, une autre question fondamentale est de savoir comment intégrer les nouveaux cycles de luttes, les nouveaux mouvements sociaux issus du Printemps arabe, ensuite des IndignéEs en Europe, des expériences d’Occupy Wall Street, etc., à la centralité de la question écologique, climatique et environnementale. Mais aussi, comment nous intégrons cette lutte pour la justice sociale contre la crise et contre la dette, contre les privatisations en marche, qui se réalisent en Europe, aux États-Unis, avec la lutte pour la justice climatique que nous sommes en train de mener en Amérique latine et dans d´autres pays du Sud. Par conséquent, le grand enjeu est d´intégrer la lutte pour la justice sociale à la lutte pour la justice climatique.


Les peuples indigènes qui résistent face aux luttes contre la spoliation de leurs ressources naturelles, contre les impacts environnementaux très graves causés par les multinationales dans leurs territoires, doivent jouer un rôle clé dans les mobilisations de Rio+20, et devant la guerre sociale et politique. Nous devons être capables d’inclure les contributions qu’ils nous offrent sur le « buen vivir », les apports qu’ils nous présentent sur les relations entre les sociétés, sur les droits sur la terre, sans tomber dans l’idéalisme gratuit, démontrant qu’ils sont aussi capables d´intégrer leurs perspectives et leurs revendications.


Du point de vue des participantEs du FST, à Porto Alegre, ils sont des activistes sociaux, des militants sociaux, et cela nous a donné l´opportunité d´échanger des expériences, de chercher des convergences entre les mouvements sociaux, ce qui est un élément très important. Je crois que du dernier Forum social mondial à Dakar à ce Forum social thématique, il s´est passé un an pendant lequel l´indignation, le malaise, les révoltes populaires ont secoué une partie très importante de la planète, notamment l’Europe. C’est palpable maintenant et ici dans ce FST. Les gens sont en train de reprendre confiance en l´action collective permettant de changer les choses. Il y a un esprit de lutte positive face à cette crise écologique, sociale, économique que nous affrontons.


En outre, il est fondamental que les succès des mouvements sociaux, des organisations syndicales et politiques aussi en Europe, puissent faire partie de notre agenda, qu’ils soient parties prenantes de notre rendez-vous à Rio+20. La crise climatique et écologique est un élément central de l´actuelle crise du système capitaliste parce qu’elle menace la vie dans la planète. Par conséquent, il faut l’intégrer dans nos analyses, dans nos mobilisations.

 

Cependant, le fait est qu’en Europe, ce qui est au centre du calendrier politique maintenant, c’est la lutte contre les suppressions d´emplois, pour les salaires, la lutte contre la dette et l´austérité, contre les privatisations, ce qui, paradoxalement, étaient des thèmes centraux en Amérique latine et dans les pays du Sud au cours des années 1980-1990-2000. Malgré ce calendrier marqué par les luttes contre la profonde crise sociale et économique, nous devons être capables de faire le lien entre ces luttes et celle contre la crise écologique et climatique, car les deux sont définitivement et extrêmement liées.


La lutte contre le capitalisme est une lutte contre le système productiviste qui ne prend pas en compte les limites de la planète Terre. Par conséquent, nous devons avoir une stratégie de lutte anticapitaliste, mais aussi profondément socialiste.


Propos recueillis par Bea Whitaker

 

Commentaire: La première video, c'est du catalan, si vous pigez un peu l'espagnol et que vous tendez l'oreille... l'autre est en espagnol.

 


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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 12:09
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Par Sophie Chapelle (20 janvier 2012)


Alliance inédite contre la direction de Michelin : des syndicalistes de la CGT de l’usine de Clermont-Ferrand et des villageois indiens combattent ensemble un projet de zone industrielle dans la région de Madras, en Inde. Le groupe français envisage d’y construire fin 2012 une usine de pneus. Les communautés locales craignent de lourdes conséquences pour leur environnement.

 

« Le mouvement social ne peut plus se contenter de dénoncer abstraitement la délocalisation de l’économie, lancent les syndicalistes de CGT Michelin. Non seulement cette dernière ruine l’emploi chez nous, mais elle détruit souvent à la racine les conditions de vie des plus pauvres au Sud. » Dans un appel signé par plus de 35 000 personnes, les cégétistes dénoncent la construction d’une usine de pneus du fabricant français en Inde. Démarré il y a un an, le chantier est estimé à 600 millions d’euros d’investissement et emploierait 1 500 personnes. L’usine devrait commencer à produire ses premiers pneus à la fin 2012 en vue de fournir le marché indien des poids lourds et des bus.

Or, cette usine est érigée sur un territoire abritant une communauté d’Intouchables, la caste la plus défavorisée en Inde, constituée de 1 500 familles. Le syndicat CGT affirme que la construction de l’usine conduit à « la destruction de l’environnement permettant à cette communauté de vivre, détruisant sources d’eau potable, pâturages, forêts, mettant en péril l’existence même de ces familles ». Madhumita Dutta, militante indienne, est venue à Clermont-Ferrand jusqu’au siège de Michelin pour témoigner de la situation des 5 000 Intouchables de la région de Madras (Chennai).


« Michelin profite des cadeaux de l’État »


Partie prenante de la lutte engagée par les villageois de Thervoy Kandigai, Madhumita a présenté l’histoire de leur combat, qui a commencé bien avant que Michelin ne décide d’implanter cette usine sur cette zone. En 2007, la province du Tamil Nadu a acquis 1 127 hectares afin d’en faire une zone industrielle. Malgré leurs grèves de la faim, les villageois déjà installés sur ces terres assistent impuissants à la destruction d’une grande partie de leur forêt. Un an plus tard, en août 2008, ils apprennent le projet de construction de l’usine Michelin sur une partie de la zone industrielle.


« En décidant de s’installer ici, Michelin ne pouvait ignorer le combat engagé par les villageois », estime Madhumita Dutta, qui dénonce « des cadeaux de l’État » comme le classement de cette usine « en projet d’utilité publique ». Des cadeaux qui, précise-t-elle, « se généralisent en Inde pour faire venir des investisseurs et dont Michelin profite ».


Promesses de Michelin


Dans un communiqué, le groupe Michelin « souligne qu’il n’y a pas de conflit entre Michelin et les villages localisés aux alentours du site » loué à l’État de Tamil Nadu. 
Il se défend d’avoir détruit les forêts et les pâturages, et prétend à l’inverse avoir une démarche « responsable ». Le groupe aurait investi en 2011 plus d’un million d’euros pour, dit-il, « participer à l’amélioration des conditions de vie des villageois » – au travers notamment de formations, de soutien scolaire et de soins médicaux.


Pour « vivre en harmonie avec son environnement » (sic), le Groupe promet de « ne rejeter aucun déchet », « de préserver l’environnement et les ressources en eau de la région », « d’installer des unités de production de biogaz » et de « désensabler des lacs et canaux d’irrigation de rizières ». Michelin relativise le poids de la contestation, estimant que seules « quelques dizaines de personnes » seraient opposées au projet. Madhumita parle, elle, de 1 500 manifestants.


Répression


Face à l’usine Michelin – la seule en construction pour le moment sur la zone industrielle –, les villageois multiplient les manifestations et les grèves de la faim pour continuer à vivre de leurs terres et de leurs forêts, déjà partiellement détruites. « Ils sont désormais contraints de marcher plusieurs kilomètres pour faire paître leurs troupeaux, sur des terres stériles  », alerte Madhumita. Les rendements des cultures de riz, d’arachide et de piment sont fortement réduits. La confiscation et la destruction de la forêt risquent également de tarir les lacs approvisionnant les villages locaux en eau.


Soixante-quinze villageois sont aujourd’hui sous le coup de plaintes, en raison de leur résistance au projet, et huit sont emprisonnés. Les communautés ont décidé de porter l’affaire devant le tribunal environnemental de Delhi, qui suit le dossier. Elles ne souhaitent qu’une chose, jouir de leurs terres.


Solidarités internationales


Les communautés locales, auxquelles s’associent la CGT-Michelin et la Fondation Henri-Pézerat, ont remis à la direction du groupe Michelin, le 17 janvier, une pétition de plus de 35 000 signatures. Ils demandent l’arrêt de la construction de l’usine, la restitution de leurs terres, l’indemnisation des communautés affectées, la libération des huit personnes emprisonnées, l’amnistie pour celles en attente de jugement et l’arrêt de toute violence contre la population. Alors que d’autres usines pourraient s’installer prochainement, parmi lesquelles Bekaert India (production de câbles) et Harsha Glass (verre), le combat des Intouchables est loin d’être terminé.


Sophie Chapelle

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 11:22


 
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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 10:27
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 10:32

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Ivan du Roy


Certaines débouchent sur des revendications, voire des révolutions. La plupart s’éteignent aussi vite qu’elles se sont allumées. Une chose est sûre : de Londres à Sidi Bouzid en Tunisie, de Santiago du Chili à Villiers-le-Bel, les émeutes sont devenues un phénomène global. En 2011, on en recense plus de trois par jour. Décryptage avec Alain Bertho, professeur d’anthropologie à l’université Paris 8.

 

[Lire la suite ic] 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 13:52


PAR RÉDACTION (9 SEPTEMBRE 2011)


Alors que les mobilisations étudiantes massives se poursuivent au Chili pour unevéritable éducation publique, plus de 80 organisations environnementales viennent d’exprimer leur soutien. Un vaste mouvement, mêlant justice sociale et écologique, est en train d’émerger, avec comme préoccupation principale la question de l’éducation et de la recherche, qui doivent demeurer en dehors des logiques prédatrices privées.
 

Photo : Santiago, 24 août 2011 (source)

 

 

Nous, signataires de cette déclaration, cherchons à contribuer à l’articulation de l’écologie sociale dans le cadre de la situation socio-politique actuelle au Chili.

Nous rappelons que l’irruption massive de manifestants dans les rues du pays, en particulier sur la Alameda de Santiago, provient d’une réaction à l’adoption du projet Hidroaysén en Patagonie chilienne.

Ces mouvements ont comme toile de fond les différentes expressions qui ont émergé ces dernières années contre des méga-projets miniers, forestiers, énergétiques, d’aquaculture, de routes, d’étalement urbain et autres, ainsi que contre les initiatives législatives et gouvernementales qui portent atteinte à la souveraineté et à l’accès équitable aux ressources naturelles comme l’eau, les semences et la biodiversité terrestre et aquatique.

A partir de ces manifestations et de nos rencontres avec différents secteurs sociaux, dans les rues et dans les multiples espaces d’échange et d’apprentissage mutuel, s’est renforcé notre conviction que les problèmes et les conflits environnementaux dans notre pays ont une origine systémique, et qu’il est donc nécessaire de mettre en œuvre des changements structurels dans le modèle de développement.

Le manque de démocratie et une éducation ségrégative sont les conditions qui permettent la poursuite de ce modèle ultra-néolibéral qui promeut l’usurpation des terres et des ressources naturelles, l’agression et le déplacement de communautés, et la destruction des écosystèmes originels, par les grandes entreprises nationales et multinationales et par la subordination du pouvoir politique et de ses décisions aux intérêts des entreprises.

Notre solidarité et notre unité avec le mouvement étudiant sont nées de notre aspiration commune pour un modèle économique et politique socialement et écologiquement juste. Nous aspirons à un pays où l’éducation soit publique, inclusive, démocratique et de qualité.

L’éducation au Chili devrait consister à former des femmes et des hommes, des professionnels, des techniciens, des ouvriers, des artistes et des scientifiques, de manière à ce qu’ils soient solidaires et conscients, et tout aussi respectueux et défenseurs de la nature, des droits environnementaux et culturels des communautés.

Les universités de notre pays, en particulier les universités publiques, doivent immédiatement abandonner la logique de l’auto-financement, qui soumet son activité, à la fois d’enseignement et de recherche, aux objectifs de profit des grandes entreprises, dont les plus injustes et prédatrices du pays.

Nous resterons vigilants et mobilisés par les exigences de justice environnementale dans notre pays et nous renforcerons nos liens avec les étudiants et les organisations sociales mobilisés pour former un vaste mouvement en mesure de coordonner sa lutte pour le grand changement social et politique nécessaire à un Chili juste, démocratique et soutenable.

Justice sociale et environnementale Éducation pour la démocratie et la soutenabilité au Chili

Traduction : Maxime Combes pour Basta !

Lire le texte original et voir la liste des signataires.

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