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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 10:58

à l'intérieur d'une pépinière d'huile de palme (Amis de la Terre)

L'eurodéputé et les Amis de la Terre dénoncent, à travers le projet d'usine d'huile de palme à Port la Nouvelle, dans l'Aude, la supercherie de l'huile de palme « durable ».


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En 2011, il n'est plus possible de dire que l'on ne sait pas. Cela fait des années que nous dénonçons les conséquences environnementales et sociales de la culture du palmier à huile. Les rapports s'accumulent.

En Indonésie et en Malaisie, les forêts tropicales, à la biodiversité exceptionnelle, ont fait place en quelques années à d'immenses monocultures de palmiers à huile.

Plus de 600 conflits opposent les entreprises de palmiers à huile aux communautés locales qui voient leurs forêts disparaître ou qui sont chassées de leurs terres.

C'est au prix de ce sacrifice que ces deux pays sont devenus les principaux producteurs mondiaux d'huile de palme. Pire, aujourd'hui, la culture du palmier à huile, l'une des plus rentables au monde, explose en Amérique du Sud et en Afrique.

Les entreprises agroalimentaires s'accaparent les terres pour les convertir à cette monoculture et les cas d'expulsion de paysans et de communautés autochtones se multiplient aux quatre coins de l'hémisphère Sud.

C'est pourtant dans ce contexte que la région Languedoc-Roussillon, propriétaire du port de Port-la-Nouvelle, dans l'Aude a décidé d'accueillir le groupe malaisien, Sime Darby, le plus grand producteur mondial d'huile de palme, pour construire une usine qui lui ouvrira en grand les portes du marché européen.

Le « durable » n'évite pas la déforestation

Pour faire taire les critiques, les arguments sont rodés : Sime Darby est une entreprise responsable et sa production sera bientôt intégralement certifiée « durable » selon les critères de la table ronde sur le palmier à huile durable. Une certification extrêmement controversée.

Il est, par exemple, possible d'utiliser dans les plantations de palmier à huile un pesticide neurotoxique, le paraquat, interdit en Europe. Logique, l'entreprise qui le commercialise, Syngenta, est membre de la Table Ronde sur le Palmier à Huile Durable. Surtout, cette certification ne garantit pas l'absence de déforestation.

Dans un nouveau rapport intitulé « Arnaque à l'huile de palme durable », les Amis de la Terre ont ainsi montré comment les entreprises PT Budidaya Agro Lestari et PT Sandika Nata Palma, deux filiales de Sime Darby en Indonésie, avaient rasé des forêts protégées sur plusieurs milliers d'hectares pour planter du palmier à huile.

Au Liberia, Sime Darby vient d'acquérir plus de 200 000 hectares dans un pays qui sort juste de la guerre civile et où les conflits fonciers sont nombreux. Déjà les plaintes s'accumulent pour dénoncer des conditions de travail indignes et des salaires dérisoires : 3 dollars par jour, complétés, pour les plus chanceux, par un sac de riz1. Est-ce cela de l'huile de palme durable ?

Dans l'agroalimentaire ou comme agrocarburant

Au-delà de la lutte contre l'implantation de cette usine, nous appelons à avoir un débat plus large sur les politiques qui ont conduit, depuis une dizaine d'années, à une hausse importante des importations d'huile de palme en Europe.

L'huile de palme est un ingrédient discret que l'on trouve dans de nombreux produits de consommation courante comme les biscuits, les pâtes à tartiner, les plats préparés, les lessives ou encore le rouge à lèvre.

Mais c'est surtout l'émergence du marché des agrocarburants qui explique l'explosion des importations de cette huile : entre 1999 et 2009, la consommation européenne d'huile végétale a doublé, passant d'environ 11 à 22 millions de tonnes.

Inexistants il y a dix ans, les agrocarburants absorbent aujourd'hui plus de 9 millions de tonnes d'huile végétale et constituent donc le principal moteur de cette hausse.

L'huile de palme peut être utilisée directement, en mélange, pour faire rouler les voitures ou voler les avions mais l'impact est surtout indirect : par un effet de vase communicant, les industriels de l'agroalimentaire qui ne trouvent plus d'huile de colza ou de tournesol, utilisées comme agrocarburants, importent davantage d'huile de palme.

Que l'usine de Port la Nouvelle ait une vocation à produire des agrocarburants ou de l'huile de palme alimentaire est donc un faux débat.

Concurrence aux agriculteurs européens

Le vrai enjeu est de réduire globalement notre consommation d'huile végétale, et en priorité nos besoins en carburants. La lutte contre le gaspillage énergétique et la relocalisation doivent devenir des priorités des politiques publiques pour qu'aucune usine d'huile de palme ne se construise, à Port la Nouvelle ou ailleurs.

Il est temps de porter un regard lucide sur les dérives de l'agro-business : loin de contribuer au développement économique, les importations croissantes d'huile de palme constituent un accaparement de l'espace écologique des pays du Sud par l'Europe et empêchent les communautés de répondre à leurs besoins vitaux comme celui de cultiver la terre pour se nourrir ou de vivre dans un environnement préservé.

Par ricochet, ces importations d'huile bon marché pénalisent les agriculteurs européens qui ne peuvent vivre dignement de leur travail. Et si l'avenir, dans l'Aude, était de miser sur la production locale et biologique d'huile d'olive pour l'alimentation plutôt que de construire des usines d'huile de palme ?

Photo : A l'intérieur d'une pépinière de palmier à huile, en Indonésie (Amis de la Terre).

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 08:32
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16 mai par CADTM


 

Depuis quelques heures, tous les médias internationaux relatent l’information d’une possible agression sexuelle par Dominique Strauss Kahn à New York et la photo du directeur général du FMI menotté a fait le tour du monde. Sans nous prononcer sur son éventuelle culpabilité dans cette affaire, le CADTM veut dénoncer un autre scandale : celui de l’action même du FMI.


Le FMI n’est pas l’institution qui aide les pays en crise, c’est au contraire celle qui impose des programmes draconiens d’austérité et qui défend un modèle économique structurellement générateur de pauvreté. C’est l’action même du FMI et de ceux qui soutiennent la mondialisation néolibérale qui a fait porter le fardeau de la crise aux populations qui en sont les premières victimes. Profondément antidémocratique, puisque les pays les plus riches disposent de plus de la moitié des voix au sein du conseil d’administration, le FMI est en fait un instrument des grandes puissances pour veiller au maintien du système capitaliste et aux intérêts des grandes sociétés transnationales.

 

Très actif depuis plusieurs décennies en Afrique, en Amérique latine, en Asie et en Europe de l’Est, il a profité de la crise qui a éclaté en 2007-2008 pour reprendre solidement pied en Europe occidentale et imposer aux peuples des pays les plus industrialisés les remèdes frelatés qui ont mené dans une impasse tragique ceux des pays du Sud qui les ont appliqués. Partout, le FMI prétend que l’initiative et les intérêts privés doivent être soutenus par les politiques des pouvoirs publics au détriment des politiques sociales. Partout, il donne raison aux banquiers contre les intérêts des peuples. Partout, il favorise le creusement spectaculaire des inégalités, le développement de la corruption, le maintien des peuples dans la soumission au néolibéralisme.

 

Si les faits concernant DSK sont avérés, il ne peut y avoir d’immunité pour un fonctionnaire du FMI et tous ceux qui travaillent pour une institution internationale doivent rendre des comptes en justice à propos de leur action. Le FMI en tant qu’institution doit aussi être poursuivi en justice pour les violations multiples des droits humains fondamentaux qu’il a commis et qu’il continue de commettre dans de nombreux pays. Le remplacement du FMI délégitimé par un organisme démocratique mondial chargé de la stabilité des monnaies et de la lutte contre la spéculation financière constitue une urgence.

 

Au-delà, le CADTM tient à rappeler que le système international en place aujourd’hui est non seulement capitaliste, mais aussi patriarcal et machiste. Seuls des hommes président jusqu’ici des institutions telles que le FMI, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce. Le CADTM dénonce fermement le machisme et le caractère patriarcal qui vont de pair automatiquement avec des comportements de harcèlement ou de violence sexuelle.

Indépendamment de la responsabilité réelle ou non de DSK dans l’affaire actuellement médiatisée, le CADTM dénonce également la banalisation de tels comportements et lutte depuis vingt ans pour sortir à la fois du capitalisme et du système patriarcal.

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 08:22
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Par Agnès Rousseaux (16 mai 2011)


Un tiers des aliments produits chaque année dans le monde pour la consommation humaine est perdu ou gaspillé.

 

C’est ce que révèle un rapport préparé par la FAO (Organisation pour l’agriculture et l’alimentation des Nations unies). Soit environ 1,3 milliard de tonnes, l’équivalent de plus de la moitié de la production céréalière mondiale.

 

En Europe et en Amérique du Nord, cela représente entre 95 et 115 kg par an par consommateur. Des gaspillages souvent dus au fait que des commerçants et consommateurs « jettent à la poubelle des aliments parfaitement comestibles » ; ce qui représente plus de 40% des pertes dans les pays industriels.

 

Dans les pays en développement, les pertes sont importantes « aux stades de la production, de la récolte, de l’après-récolte et de la transformation », à cause du manque ou de la défaillance des infrastructures. Résultat : pays industriels et pays en développement gaspillent les mêmes quantités de nourriture.

 

Chaque année, les consommateurs des pays riches gaspillent presque autant de nourriture (222 millions de tonnes) que l’entière production alimentaire nette de l’Afrique subsaharienne (230 millions de tonnes), d’après le rapport de la FAO.

 

Ce gaspillage alimentaire entraîne une « dilapidation des ressources, notamment l’eau, la terre, l’énergie, le travail et le capital ». Ainsi que des émissions de gaz à effet de serre inutiles, contribuant au réchauffement climatique. L’organisation internationale met notamment en cause les normes de qualité qui « exagèrent l’importance de l’aspect extérieur », avec pour conséquence la perte de grandes quantités de nourriture. Pendant ce temps, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde.

 

Le rapport complet de la FAO

 

www.bastamag.net/

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 10:23

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 10:09

Par Maxime Combes (10 mai 2011)Photo : ©DR


Les actions contre l’exploitation du gaz de schiste se multiplient dans le monde, pour obtenir des moratoires ou de nouvelles régulations. Alors que la Pologne, nouvel eldorado énergétique, est l’objet de toutes les convoitises, l’Afrique du Sud, la Suisse, la Suède ou l’État de New York ont décidé de mettre un frein à l’exploitation des gaz de schiste. Confortés par leurs succès, les opposants réclament aujourd’hui un moratoire international.

 

« Nous ne sommes pas des rats de laboratoire », protestent 250 manifestants qui déambulent dans les petites rues de Saint-Denis sur Richelieu au Québec en avril dernier. À quelques dizaines de kilomètres de Montréal, cette commune abrite l’un des 31 puits existants pour l’exploitation de gaz de schiste, au Québec. Les habitants craignent que ce puits, à 9 kilomètres de l’entrée du village, soit prochainement utilisé pour des tests de fracturation hydraulique, comme 18 autres avant lui.

 

Les collectifs citoyens, associations et scientifiques engagés contre l’exploitation des gaz de schiste au Québec ont dans un premier temps obtenu un moratoire. Le temps que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) rende son rapport. « Celui-ci restait très ouvert », rappelle Pierre Batelier, l’un des animateurs du collectif des scientifiques. « Nous étions plutôt satisfaits que les arguments des citoyens critiquant les gaz de schiste y figurent en bonne place. » Mais le gouvernement n’a finalement retenu que les possibilités de nouveaux forages, et de nouvelles fracturations « pour acquisition de connaissance ».

 

Le gouvernement québécois plie devant les lobbys


Le gouvernement du Québec a créé pour deux ans un comité qui doit mener « une évaluation environnementale stratégique pour les puits qui seront forés au cours de la période ». Objectif : évaluer les impacts des opérations de fracturation. Faisant la part belle aux lobbys favorables à l’exploitation des gaz de schiste, ce comité autoriserait la poursuite de ces activités sous prétexte de recherche scientifique. Le collectif des scientifiques sur les gaz de schiste au Québec déplore « l’instrumentalisation de la science », qui sert ici de caution « à une décision politique affirmée a priori ». Selon ce collectif, il existe déjà un abondant gisement d’informations sur le sujet. Avant de discuter des choix technologiques, l’enjeu est surtout d’examiner la pertinence globale de la filière du gaz de schiste.

 

Pour Pierre Batelier, le risque est grand d’être mis devant le fait accompli : « une fois qu’il y aura eu multiplication des puits, pourquoi ne pas généraliser l’exploitation » ? Une situation que l’on pourrait retrouver en France prochainement, vu la loi édulcorée proposée à l’Assemblée nationale le 10 mai. Selon lui, une véritable étude de filière, incluant l’hypothèse de non-exploitation, démontrerait que l’exploitation des gaz de schiste dans la région du Saint-Laurent n’a pas de sens tant « elle impacte négativement d’autres pans de l’activité humaine dans la région ». « Il ne faut pas se demander comment exploiter les gaz de schiste, mais pourquoi il faudrait le faire ? » Ignorant les exigences citoyennes, le gouvernement québécois risque de raviver la mobilisation.

 

Résistances citoyennes aux États-Unis


Que ce soit au Québec ou en France, les lobbies gaziers et industriels utilisent souvent la même rengaine : « la France (ou le Québec) est le seul endroit au monde où l’on critique l’exploitation des gaz de schiste ». Rengaine qui s’avère aussi fausse que manipulatrice. Même aux États-Unis, cœur de l’industrie du gaz de schiste avec ses 500.000 puits forés en quelques années, les critiques se font plus fortes. Le 18 avril, plusieurs dizaines de manifestants ont marché dans les rues de Fort Worth, au Texas, pour protester contre les pollutions de l’air et de l’eau occasionnées par l’extraction de gaz de schiste dans la région, et les techniques de fracturation hydraulique.

 

Selon le New York Times, cette manifestation est significative de l’opposition croissante aux forages au Texas. On ne compte plus les affiches de protestation sur les pelouses. Quelques communes ont déclaré un moratoire temporaire sur l’octroi des permis de forage. De nombreux accidents ces derniers mois, dont l’explosion d’un puits en Pennsylvanie, contribuent à cette mobilisation. De même que les rapports et enquêtes récemment publiées sur les conséquences environnementales de la fracturation hydraulique.

 

Obama va-t-il opter pour de nouvelles régulations ?


Suite à l’explosion du puits en Pennsylvanie, Chesapeake Energy, l’un des principaux exploitants américains de gaz non conventionnels, a été vivement incité à suspendre toutes ses opérations de fracturation hydraulique. L’entreprise est également poursuivie par le procureur général du Maryland pour pollution d’un affluent de la rivière Susquehanna, qui alimente plus de 6 millions de personnes.

 

Dans le bassin du fleuve Delaware, plus de 35.000 requêtes ont été remises aux autorités pour demander qu’il n’y ait pas de fracturation dans la région. L’État de New York a déjà approuvé un moratoire à l’automne dernier, pour préserver la qualité de l’eau potable de millions de New-Yorkais. Depuis, les Yes Men invitent les New-Yorkais à vérifier la qualité de leur eau potable en approchant un briquet de leur robinet, reprenant la célèbre séquence du film Gasland où l’eau chargée de gaz s’enflamme. La Maison Blanche, elle-même, songerait à introduire de nouvelles régulations sur l’extraction des gaz de schiste.

 

Les moratoires en Afrique du Sud et en Suisse feront-ils tâche d’huile ?


À l’été 2008, Schuepbach Energy LCC, impliqué en France sur les permis de Villeneuve-de-Berg et de Nant, obtient un permis de recherche pour trois ans dans la région de Fribourg, en Suisse. Le canton vient d’annoncer l’arrêt net de toute opération, alors que l’industriel était sur le point de déposer une demande de forage. Aucune concession d’exploitation de gisements ne sera octroyée. Le canton a affirmé ne pas « avoir besoin de nouvelles sources d’énergie », et veut être cohérent avec sa nouvelle stratégie de développement durable...

 

L’Afrique du Sud, quant à elle, détiendrait la 5e réserve mondiale de gaz de schiste. Shell et six autres sociétés étaient sur les rangs pour débuter les explorations dans le Karoo, région semi-désertique au nord du Cap. Craignant pour la nappe phréatique, agriculteurs, écologistes, scientifiques et partis d’opposition ont obtenu du gouvernement en avril un moratoire sur les nouvelles demandes d’exploration. Ce qui ne remet pas en cause l’exploitation de puits existants. Dans un pays où 90% de l’électricité est issue de centrales à charbon et où les considérations environnementales ont peu d’effet sur les choix industriels, les écologistes saluent « une première victoire ». Tout en signalant que « la guerre n’est pas finie ».

 

La Pologne, nouvel eldorado énergétique


En Europe, les inquiétudes et critiques sur l’exploitation des gaz de schiste ont gagné plusieurs pays. L’Europe ne disposerait que de 5% des réserves mondiales. Mais au Royaume-Uni, la diffusion du documentaire Gasland a contribué à sensibiliser les populations résidant à proximité des projets d’extraction de la région de Blackpool (Lancashire) et Singleton (Sussex). En Allemagne, les pollutions occasionnées par la production de gaz par Exxon Mobil en Rhénanie du Nord et Wesphalie du Nord ont incité des citoyens à se constituer en collectif pour faire pression sur les autorités locales. Aux Pays-Bas, on s’inquiète des conséquences du caractère invasif de l’industrie du gaz de schiste dans une zone aussi peuplée. En Suède, alors que le Parti social-démocrate vient de prendre position contre l’exploitation de gaz de schiste, Shell a décidé de se retirer des projets d’exploration qu’il menait dans plusieurs régions.

 

Disposant des principales réserves au niveau européen, la Pologne pourrait devenir un nouvel eldorado énergétique. Cela lui permettrait d’assurer son indépendance vis-à-vis de la Russie, son plus grand fournisseur d’énergie actuellement. La Pologne pourrait devenir un des plus grands – voire le premier – producteurs de gaz en Europe. Dans le pays, les considérations énergétiques rencontrent les réalités géopolitiques : le plus fervent défenseur de l’exploitation des gaz de schiste est le ministre des Affaires étrangères. Les gaz de schiste, une revanche historique contre le voisin russe ? Voilà qui a de quoi séduire l’opinion publique. Les entreprises américaines ne s’y sont pas trompées : elles disposent de la majorité des 90 licences délivrées à ce jour. Et elles essayent d’obtenir une réforme du code minier, notamment sur la question des sous-sols, jusqu’ici propriété de l’État comme en France.

 

Les associations demandent un moratoire international


Prenant la présidence de l’Union européenne le 1er juillet prochain, la Pologne a déjà obtenu du Conseil européen qu’il souligne l’importance que pourraient avoir les gaz et huiles de schiste pour « renforcer la sécurité d’approvisionnement de l’Europe ». Des fonctionnaires européens et des élus concèdent même que Bruxelles pourrait être accommodant au sujet des gaz de schiste en Pologne, afin d’obtenir plus de flexibilité de la part de Varsovie sur d’autres sujets. Un marchandage européen ? Quoiqu’il en soit, la direction de l’environnement renvoie aux gouvernements nationaux le respect des directives européennes, notamment celle sur l’eau.

Au vu des incertitudes françaises sur le sujet, les multinationales européennes n’hésitent pas à s’engager dans des pays moins regardants. Le groupe Total est très intéressé par les gisements potentiels en Algérie, que le ministre de l’Énergie semble vouloir vendre au plus offrant. Mais également en Chine, qui disposerait des principales réserves mondiales en gaz de schiste. Total vient de conclure un accord avec CNPC-PetroChina pour exploiter un gisement en Mongolie intérieure. Les collectifs français appellent à ce que l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste soient interdites « aussi bien en France qu’à l’étranger par les filiales d’entreprises françaises ». « Ni ici, ni ailleurs ! »

Maxime Combes

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:37

Les flottes européennes peuvent capturer deux à trois fois plus de poissons que le niveau qui serait durable. Dans les eaux européennes, près de 9 espèces sur 10 sont surexploitées ou au bord de la surexploitation. Plutôt que de résoudre le problème de la surpêche dans ses eaux, l’Union Européenne a délocalisé sa capacité de pêche, pour satisfaire une demande en produits de la mer en hausse constante et pour maintenir l’activité de ses flottes.
De plus en plus de bateaux de pêche industriels européens opèrent donc dans les eaux des pays en développement. Ameth Wade du Sénégal et. Harouna Ismael Lebaye de Mauritanie, représentants des pêcheurs artisanaux de leurs pays, sont au quotidien les témoins de la diminution des stocks de poissons et de la destruction des ressources marines, au profit d’opérateurs étrangers. Ils sont les victimes du pillage de leurs ressources, sans compensation aucune, alors qu’ils dépendent directement du poisson pour vivre et se nourrir, eux et leurs familles. Au Sénégal, 600 000 personnes vivent de la pêche.
Greenpeace a ainsi invité des délégations de pêcheurs artisanaux du Sénégal, de Mauritanie et du Cap Vert dans 9 pays européens, pour rencontrer échanger sur leurs pratiques avec des pêcheurs artisanaux et rencontrer les décideurs : leurs voix doivent être entendues, dans le débat actuel sur la réforme de la politique commune des pêches, qui encadre la pêche des bateaux européens, dans et hors des eaux européennes. Ils demandent tous des accords plus justes, pour que chacun puisse pêcher tout en préservant les ressources, et plus équitables, pour que les populations locales puissent aussi profiter des revenus générés par ces accords de pêche.
En effet, dans le cadre de la Politique commune des pêches, l’Union Européenne a mis en place un système d’accords de pêche avec des pays tiers. 16 sont en place, dont 7 avec des pays d’Afrique de l’Ouest. Ces accords sont le plus généralement négociés dans l’opacité la plus totale, avec des gouvernements souvent corrompus. Ainsi, 718 navires de l’Union européenne pêchent à l’extérieur des eaux européennes, dont 100 navires pour la France (14 %). L’Europe prend un quart de ses prises hors de ses eaux, et les bateaux industriels qui opèrent dans ces zones sont généralement plus longs que des terrains de football (100 mètres) et aspirent littéralement le fond des océans.
La réforme de la politique commune des pêches commence dès maintenant et sera appliquée à partir de 2013. Greenpeace demande notamment l’abandon progressif des accords en cours et leur remplacement par des accords d’approvisionnement durables là où l’UE ne peut pas être auto suffisante. De plus, l’UE doit aider à renforcer les capacités locales des pays en voie de développement pour une gestion durable de la pêche. L’objectif doit être d’assurer des revenus aux populations locales et des emplois, de garantir le droit d’accès aux ressources, d’assurer la sécurité et souveraineté alimentaire des populations.

Plus d’informations :
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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 10:19
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Les mouvements sociaux et citoyens se mobilisent les 21 et 22 mai au Havre
15 avril 2011
 

Trente quatre organisations citoyennes – associations, syndicats, mouvements sociaux et citoyens – appellent à la mobilisation les 21 et 22 mai prochains face au G8 illégitime.

 

Le G8 se réunira à Deauville les 26 et 27 mai. Les huit chefs des États les plus puissants partagent la responsabilité d’un sombre héritage : trente cinq ans de modèles et de politiques dont les impasses éclatent au grand jour partout dans le monde. Ces modèles aggravent les inégalités, entre les pays du Nord et ceux du Sud, au sein même des pays riches et fragilisent de plus en plus l’avenir même de la planète. Les révoltes populaires dans le monde arabe et au Proche-Orient exigent justice sociale et démocratie. Au Japon, la catastrophe de Fukushima impose de réorganiser les choix énergétiques. Et en Europe , les citoyens s’opposent massivement aux plans d’austérité qui conduisent au démantèlement des services publics et des protections sociales, comme les peuples des pays pauvres exigent que les États les plus riches mettent fin au pillage de leurs richesses et tiennent leurs engagements en matière de solidarité internationale. Sur tous les continents, les populations s’organisent pour faire respecter leurs droits…

 

Nos organisations, réunies dans le collectif français G8G20 2011, partagent quant à elles une conviction : l’accès de tous aux droits humains fondamentaux et la protection de notre planète passent par un juste partage des richesses, d’autres modes de développement et une gestion démocratique des biens communs.

 

Face au G8, elles appellent à un week-end de mobilisations les 21 et 22 mai au Havre. Tout au long du week-end, la ville sera ouverte à toutes celles et ceux qui refusent qu’une minorité auto-désignée décide au nom des peuples, et qui veulent démontrer, à travers leurs pratiques et leurs propositions, que des voies alternatives existent. A nos côtés, des représentants des mouvements sociaux et citoyens du monde entier participeront à ce week-end de mobilisations pour porter la voix des peuples et de leurs résistances pour la paix et la démocratie, la justice sociale et écologique.

Au programme Samedi 21 mai à partir de 15 heures : Marche internationale dans les rues du Havre En soirée : meeting international et concert. Dimanche 22 mai toute la journée : Forums citoyens autour de l’Université.

Contact presse : Ronack Monabay Coordinateur du Collectif G8G20 r.monabay@crid.asso.fr- ronack@mobilisationsg8g20.org

 

Collectif français G8G20 2011
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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 13:25
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27 avril

 

En 2010, le patrimoine cumulé des 1.210 personnes les plus riches du monde a atteint 4.500 milliards de dollars, dépassant ainsi le niveau d’avant la crise et "le PIB de l’Allemagne", selon les chiffres cités mardi par le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM). A titre de comparaison, un an plus tôt, le monde comptait 1.011 milliardaires disposant d’un patrimoine total de 3.500 milliards de dollars.

 

Il ressort également de ces "chiffres de la dette", publiés annuellement par le CADTM, que les pouvoirs publics des pays en voie de développement "ont remboursé l’équivalent de 98 fois ce qu’ils devaient en 1970, mais entre-temps leur dette a été multipliée par 32."


500 personnes plus riches que 416 millions


Par ailleurs, en 2008, "le revenu des 500 individus les plus riches de la planète dépassait les revenus cumulés des 416 millions de personnes les plus pauvres", selon le CADTM qui affirme également qu’en 2010, 925 millions de personnes souffraient de la faim.

Parallèlement, quelque 69 millions d’enfants - principalement en Afrique sub-saharienne - ne sont pas scolarisés et chaque année, plus de 350.000 femmes meurent de complications liées à la grossesse.

Fort de ces chiffres, le Comité plaide pour l’établissement d’un impôt annuel sur le patrimoine des plus riches. "Il suffirait de prélever un impôt annuel de 2% sur le patrimoine des 1.011 milliardaires recensés en 2009 pour obtenir davantage que les 80 milliards de dollars permettant de garantir en 10 ans les besoins fondamentaux de la planète", suggère-t-il ainsi dans un communiqué. "Il ne s’agit pas d’une proposition limitative mais cela démontre que c’est parfaitement réalisable", conclut-il. (belga) 26/04/11 17h17

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 10:29
arabie saoudite chappatte

25 mars par Fathi Chamkhi

 


En Tunisie, le peuple a chassé le dictateur. Son exemple est suivi par l’ensemble des peuples arabes. L’un après l’autre les dictateurs sont en train de tomber. Les révolutions qui secouent la rive sud de la méditerranée en sonnant le glas des dictatures, annoncent aussi la fin de l’époque des dominations et du néocolonialisme.

 

L’Europe doit mettre en place des vraies politiques de coopération négociées d’égal à égal, avec les peuples, désormais souverains, du Sud. Le peuple tunisien est debout. Sa liberté il ne la doit ni aux bienfaits supposés du libre-échange ou bien des concessions venant de la dictature. Sa liberté, il l’a acquise en comptant sur ses propres forces, en faisant tout simplement la révolution. Les Tunisiens n’ont eu, pour seules armes, face à leurs oppresseurs, que leur courage, leur détermination leur unité et leur amour pour la liberté. En tant que peuple libre, ils n’a rien à quémander de qui que ce soit. Il a plutôt des exigences à formuler.

 

Le 14 janvier 2011, la nation libérée s’est mise en marche pour construire une Tunisie nouvelle, une Tunisie meilleure. Notre route sera difficile et longue, certes, mais aujourd’hui, tout devient possible ! Les puissances européennes a toujours cherché à protéger leurs propres intérêts dans le sud de la méditerranée, tout en ignorant ceux des peuples. A l’échelle de la Tunisie, les intérêts économiques européens sont énormes, le stock de capital d’investissement européen s’élève à plus de 13 milliards d’euros, ce qui représente près du ¼ de l’investissement total en Tunisie. Avec plus de 1100 entreprises employant, ou plutôt exploitant, plus de 300.000 salariés, les entreprises de l’Union européenne sont le second employeur en Tunisie après l’Etat, et leur chiffre d’affaire représente plus de 6% du PIB de la Tunisie.

 

Pour préserver les intérêts des transnationales européennes, la Commission européenne et plusieurs gouvernements européens, notamment les gouvernements français, italien et espagnol ont soutenu le dictateur Ben Ali jusqu’au bout contre le peuple tunisien. Les discours et les bonnes intentions n’ont jamais rien changé à cet état de fait. Le Partenariat euro-méditerranéen nous avait bien promis la prospérité et la démocratie, mais ce sont l’appauvrissement et le renforcement de la dictature que nous avons eus. L’article 2 de l’accord d’association de 1995 qu’avait conclu l’UE et ses Etats membres avec la Tunisie, ne dit-il pas que ‘le respect des principes démocratiques et des droits de l’homme constituent un élément essentiel de l’accord.’ Ben Ali n’était-il pas déjà un dictateur en 1995 ? Bien sûr que si L’UE et ses Etats membres n’étaient-ils pas au courant ? Bien sûr que si. Que signifie alors une telle affirmation ? L’Union européenne doit des excuses au peuple tunisien.

 

Le 14 janvier dernier, le dictateur s’est enfui en laissant derrière lui une dette publique extérieure d’environ 15 milliards d’euros. La charge de son remboursement d’élève pour l’année 2011 à environ 575 millions d’euros ; autant que le budget de la santé publique, ou bien celui de l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.

Aujourd’hui, de même qu’il s’est affranchi de la dictature de Ben Ali, le peuple tunisien veut s’affranchir aussi du fardeau de la dette que lui a légué le dictateur, pour pouvoir construire sa propre démocratie, s’autogérer et s’auto-administrer de manière indépendante et autonome.

 

Un collectif d’associations tunisiennes, dont l’association Raid Attac Cadtm Tunisie que je représente, vient d’adresser une lettre au Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, en lui demandant de décréter immédiatement un moratoire unilatéral sur la dette publique de la Tunisie, en attendant l’élection de l’Assemblée constituante prévue pour le 24 juillet prochain, et la formation d’un gouvernement démocratiquement élu. Pendant la période du gel des remboursements, qui doit se faire sans accumulation d’arriérés d’intérêts, nous voulons mettre en place un audit citoyen de la dette afin de déterminer sa part odieuse, c’est-à-dire celle qui n’a pas servi aux Tunisiens, et qu’il nous faut répudier.

 

De tout temps, la dette a plus nui aux intérêts de la Tunisie qu’elle ne les a servis. Déjà, au cours de la deuxième moitié du 19° siècle, elle a été l’une des causes de la colonisation du pays. En effet, sous le prétexte de favoriser la prospérité de la Tunisie, le Bey a été encouragé à s’endetter largement, surtout auprès de courtiers français et italiens.

Les taux d’intérêts appliqués sur les prêts obligataires, les conditions des prêts hypothécaires, les commissions et les détournements massifs de fonds opérés par les membres de la cour du Bey, ont appauvri la régence qui s’est trouvé confrontée à une grave crise financière qui a servi de prétexte pour les gouvernements français, italien et anglais pour instaurer une ‘commission financière’ tripartite qui a pris le contrôle des finances de l’Etat. Quelques années plus tard, la Tunisie était devenue une colonie française. Après l’indépendance, la Tunisie fut obligée de contracter des crédits auprès de la France afin de racheter ses propres terres auprès de colons français qui se l’étaient approprié sous le régime colonial. Voilà comment la Tunisie indépendante a renoué avec la dette.

 

Sous le régime de la dictature de Ben Ali, l’endettement de la Tunisie s’est sensiblement aggravé. Le rythme de croissance de la dette publique a connu une accélération moyenne annuelle de 58,7%, contre une croissance moyenne de 42,% par an auparavant. Au cours de la dernière décennie ce rythme s’est considérablement accéléré pour atteindre un niveau record de 89% par an en moyenne.

 

En 1987, date du coup d’Etat de Ben Ali, la dette extérieure publique de la Tunisie s’élevait à 2.5 milliards d’euros, aujourd’hui elle est de 15.2 milliard d’euros. Pourtant, la Tunisie a remboursé au cours de la même période plus de 23 milliards d’euros. Elle est devenue, sous le long règne de la dictature, un fournisseur net de capitaux au titre de la dette. Désormais, c’est la Tunisie qui finance les riches créanciers du Nord et non le contraire.

 

Dans le même temps, la pauvreté, le chômage et le pouvoir d’achat moyen se sont dégradés de manière significative : plus de 10% des Tunisiens vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté, le taux de chômage dépasse 15% et concerne dans 3 cas sur 4 des jeunes de moins de 34 ans, qui sont surtout des diplômés de l’université. Le smig dépasse à peine 120 euros et le salaire mensuel moyen se situe en dessous de 250 euros.

 

Il est tout à fait clair que la majorité des Tunisiennes et des Tunisiens n’ont pas bénéficié de ce surendettement. Seule une minorité en a profité. Le dictateur et ses proches sont ceux qui ont le plus bénéficié de cette dette. Leurs avoirs, qui se trouvent à l’étranger, se montent à plusieurs milliards d’euros, autant que le volume total de la dette extérieure publique, si ce n’est beaucoup plus. Tout récemment, la télévision d’Etat tunisienne a montré des dizaines de millions d’euros et de dollars qui ont été découverts par la commission de lutte contre la corruption dans une cache de l’un des palais du dictateur, preuve supplémentaire qu’une partie importante de l’argent de la dette a été détourné par le dictateur et ses proches.

 

Pendant la dictature de Ben Ali, sur la période comprise entre 1987 et 2009, la Tunisie s’est transformée en source de financement, notamment, pour les institutions financières étrangères à hauteur de 6,5 milliards de dinars. La Tunisie ne peut pas répondre aux besoins sociaux énormes d’une partie importante de ses citoyennes et de ses citoyens, et œuvrer avec des chances de succès pour la construction d’un avenir meilleur sans se libérer, auparavant, du lourd fardeau de la dette odieuse de la dictature. L’Union européenne et ses Etats membres ont une opportunité historique de prouver leur attachement aux valeurs universelles des droits humains, en agissant dans le sens de l’histoire qui avance, en ce moment même, à grandes enjambées du côté de la rive sud de la méditerranée.

 

Oui, il est possible aujourd’hui, que nous agissions, de part et d’autre de la Méditerranée, pour la démocratie, la prospérité, la paix et l’amitié entre les peuples, dans le respect mutuel de la souveraineté et de l’autodétermination. La question de l’annulation de la dette odieuse est une question centrale dans ce projet d’une Méditerranée libre, pacifique et démocratique.

Merci

Fathi Chamkhi, Bruxelles 24 mars 2011


Fathi Chamkhi est le représentant de Raid-Attac-CADTM Tunisie
http://tunisie.attac.org

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 08:11

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      Observatoire des inégalités - le 22 mars 2011


Le dixième le plus riche de la population mondiale détient 83 % de la richesse. L’Amérique du Nord et l’Europe possèdent plus de 60 % de cette richesse. La France est l’un des pays qui compte le plus de millionnaires.

La richesse mondiale totale serait de 194 000 milliards de dollars en 2010, selon le rapport Global Wealth Databook (en anglais) du Crédit Suisse. Elle est répartie entre 4,4 milliards d’adultes, soit une moyenne de 43 800 dollars par individu. Cette estimation doit être considérée avec beaucoup de précautions (voir encadré), mais elle donne une idée de l’ampleur des inégalités de patrimoine.
Selon le Crédit Suisse, les 1 % les plus riches de la planète possèderaient 43,6 % de la richesse et les 10 % les plus riches en détiendraient 83 %. Une petite frange de 0,5 % de la population - 24 millions d’adultes-, dont la fortune est au moins égale à un million de dollars, détiennent plus de 35 % de la richesse mondiale. Pour appartenir au cercle des 1 % les plus riches au monde, il faut détenir au moins 588 000 dollars (420 000 euros environ). A l’opposé, la moitié des individus les plus pauvres ne détient que 1 % du patrimoine. Cela veut dire qu’un grand nombre d’habitants de la planète ne possèdent quasiment rien, ou des biens de très faible valeur monétaire : 20 % n’ont pas plus de 672 dollars.
Une répartition géographique inéquitable
La richesse mondiale est inégalement répartie selon les régions. L’Amérique du Nord et l’Europe détiennent 62% du patrimoine monétaire mondial. Les populations d’Asie-Pacifique 22 % sans l’Inde et la Chine. La population chinoise détient à elle seule 8,5 % de cette richesse, tandis que l’Inde, autre pays émergent en détient 2 %. L’Afrique ne dispose que de 1 % du patrimoine mondial.
Ces disparités géographiques se retrouvent également dès lors que l’on prend en compte la richesse moyenne par adulte : elle est supérieure à 100 000 dollars en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest notamment, ainsi que dans certains pays d’Asie les plus riches. Elle est inférieure à 5 000 dollars dans la plupart des pays d’Afrique.
La France est un pays très riche
Ces disparités de richesses détenues par région du monde cachent également d’importantes disparités au sein de chaque région. La Suisse est le pays du monde où la richesse moyenne par adulte est la plus élevée avec 372 700 dollars. Les Etats-Unis sont au 7e rang, juste derrière la Suède et… la France, positionnée au 5e rang. Dans notre pays, le patrimoine moyen est estimé à 255 156 dollars.
Le nombre de millionnaires est également un élément intéressant. C’est aux Etats-Unis qu’on en compte le plus (près de 10 millions), devant le Japon et la France, avec plus de deux millions de millionnaires chacun [1]. 40 % des millionnaires dans le monde résident aux Etats-Unis (5 % des adultes du monde y vivent), contre 9 % en France (1 % des adultes). A titre de comparaison avec les autres pays riches de l’Union européenne, on dénombre « seulement » 1,2 million de millionnaires au Royaume-Uni et un million en Allemagne.
Le classement des pays qui accueillent le plus de millionnaires

Nombre d'adultes millionnaires Part de millionnaires (%)
Etats-Unis 9 940 044 40,5
Japon 2 380 043 9,7
France 2 225 078 9,1
Italie 1 415 000 5,8
Royaume-Uni 1 230 959 5,1
Allemagne 1 040 000 4,3
Canada 904 918 3,3
Chine 805 002 3,3
Monde 25 545 900 100

Source : Crédit Suisse. Année des données : 2010
La difficile de mesure de la richesse
La richesse mesurée par l’étude du Crédit Suisse correspond à la somme des biens financiers (actions et obligations) et non-financiers (immobilier notamment) détenus par les adultes là où ils résident, moins leurs dettes éventuelles. Mais chaque pays ne comptabilise pas de la même façon … En France par exemple, les données datent de 2004 et on ne connaît pas la distribution de patrimoine net, en déduisant les dettes. Le Crédit Suisse a donc du réaliser une estimation...
Il faut dire que le patrimoine est parfois très difficile à estimer quand il ne circule pas sur un marché « classique » (œuvres d’art, certains biens immobiliers, etc.), sans parler des paradis fiscaux. Ces données sont des ordres de grandeur, qui sous-estiment probablement le niveau de patrimoine des très riches. Dans ce contexte, mesurer la distribution (qui possède combien ?) relève de la prouesse, et le Crédit Suisse ne dispose pas de source miracle. Les données, déjà difficiles à obtenir dans les pays riches, sont quasi-inexistantes dans les pays pauvres. La notion de propriété même est parfois difficile à estimer par exemple dans des parties de villes sans réel cadastre – comme dans les bidonvilles.
La richesse dans le monde par niveau de patrimoine

Nombre d'adultes (millions) Pourcentage de la population (%) Part de richesse mondiale détenue (%)
Niveau de patrimoine


Moins de 10 000 dollars 3 038 68,4 4,2
Entre 10 000 et 100 000 dollars 1 045 23,5 16,5
Entre 100 000 et 1 million de dollars 334 7,5 43,7
Plus de 1 million de dollars 24,2 0,5 35,6
 
Source : Crédit Suisse. Année des données : 2010



[1] Il s’agit du nombre de millionnaires résidant dans le pays, ils peuvent être étrangers.
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