Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 10:04
a_bas_la_calotte.png
21 avril 2010

Chat sur LeMonde.fr avec Christian Terras, directeur de rédaction de la revue « Golias ».



Gilbert T. : Pourquoi l’Eglise a-t-elle voulu étouffer ces scandales plutôt que de chercher à éloigner, et donc renvoyer, les responsables de ces actes ?


Christian Terras : Parce que l’Eglise a cherché d’abord à protéger son image et l’image d’une institution infaillible. Et donc une Eglise qui n’a pas de comptes à rendre à la société par rapport à ses prêtres déviants. Puisque l’Eglise possède aussi sa propre justice interne. Une dérive qui fonde l’Eglise à s’autoriser à être au-dessus de la loi des hommes et de la justice civile.


Guest : L’Eglise me semble être une institution difficilement réformable. Une évolution profonde prendra du temps. Mais des gens souffrent en ce moment du comportement de certains prêtres. Alors que faire concrètement dès aujourd’hui pour protéger nos enfants ?


Christian Terras : Le constat est évident : il y a une coupure entre la tête de l’Eglise et sa base. La difficulté à réformer l’Eglise est liée à sa sacralisation et au pouvoir clérical incarné par le type de ministère ecclésial qui a cours dans cette institution. Comme être catholique n’est pas être nécessairement être d’accord sur tous les points avec la hiérarchie, il convient aux communautés chrétiennes de repenser autrement le ministère ordonné et, déjà sur le terrain, de travailler à un autre visage de l’Eglise en prenant des initiatives qui permettraient à moyen terme d’opérer la réforme nécessaire de cette institution.


Joel : Est-ce que cela veut dire concrètement que les prêtres doivent avoir une autre formation en plus de la théologie ?


Christian Terras : Il est évident que la formation actuelle des prêtres ne prend pas en compte suffisamment la question de leur équilibre psycho-affectif. Mais il s’agit, au-delà de cette question, de repenser autrement le ministère ordonné avec la levée de cette loi inhumaine du célibat, qui pourrait constituer déjà un premier pas pour opérer la refonte du système ecclésial.


Michel : Pour Jean-Blaise Fellay, le problème de la pédophilie est davantage lié à une culture puritaine propre aux pays anglo-saxons qu’à la morale rigoriste de l’Eglise catholique. « J’observe que ces cas d’abus sexuels concernent pour l’essentiel les Etats-Unis, l’Irlande et des pays du nord de l’Europe où prédomine un certain puritanisme », dit-il.


Christian Terras : Je pense que ce n’est pas suffisant comme explication du phénomène des scandales pédophiles dans l’Eglise, dans le sens où l’opinion publique catholique dans les pays anglo-saxons et germanophones est beaucoup plus organisée que dans les pays de culture latine, et donc intériorise beaucoup moins la sacralisation du système catholique et ecclésiastique. La pédophilie des prêtres concerne d’autres Eglises que l’aire anglo-saxonne, mais ces problèmes ne sortent pas du périmètre de l’Eglise catholique en raison de cette culture d’intériorisation d’un modèle qui a encore barre sur les consciences.


André : Le pape porte-t-il une responsabilité ou n’est-ce pas plutôt ses conseillers qui l’empêchent de prendre les bonnes décisions ?


Christian Terras : Non. Avant d’être pape, Joseph Ratzinger était responsable de la congrégation pour la doctrine de la foi, donc chargé des sanctions disciplinaires à l’encontre des prêtres pédophiles. Or, trop souvent, il n’a pas agi et ce, malgré l’insistance souvent de nombre d’évêques en proie à ces difficultés dans leur diocèse.


Lorsqu’il prendra conscience du séisme que représente ce problème pour l’Eglise au début de l’année 2000, il n’opérera qu’une centralisation des dossiers, se gardant de préconiser une collaboration de l’institution catholique avec les juridictions civiles des pays concernés qui demandaient alors l’aide du Vatican pour instruire les dossiers de prêtres pédophiles.

Joseph Ratzinger devenu Benoît XVI n’a pas eu besoin du parasitage de conseillers pour ne pas prendre les décisions qui s’imposaient.


André : Est-ce que l’institution n’a pas confisqué la religion ?


Christian Terras : L’institution catholique, notamment dans cette affaire de gestion des prêtres pédophiles, a trahi les valeurs de l’Evangile en considérant que la défense de ses intérêts institutionnels était plus importante que la protection des victimes et leur droit à demander réparation. Mais il s’agit là d’un des cas où l’institution catholique a instrumentalisé la foi chrétienne au nom de la raison d’Eglise, qui fonctionne alors comme la raison d’Etat.


juliette : Le fait d’avoir reçu des victimes annonce-t-il un changement de politique ou est-ce une operation de communication ?


Christian Terras : Le pape est profondément affecté par la question des prêtres pédophiles. Sa stratégie de défense depuis quatre mois, complètement hallucinante et suicidaire, l’a amené effectivement à faire un geste symbolique en recevant quelques victimes de prêtres pédophiles de Malte.


Le pape se serait grandi d’entrée de jeu, à savoir dès le mois de janvier, à recevoir solennellement au Vatican les organisations d’enfants et de parents victimes, réception au cours de laquelle il aurait pu passer un pacte ecclésial d’engagement en trois points :


1) tolérance zéro pour les prêtres pédophiles dans l’Eglise ;

2) collaboration de l’Eglise avec les justices des pays concernés ;

3) sanction immédiate en destituant de sa charge ecclésiastique le prêtre pédophile une fois l’enquête établie sur la vérification de sa pédophilie.

Son geste à Malte est à mettre à son crédit, mais malheureusement, il intervient beaucoup trop tard au regard du discrédit dans lequel le pape et l’Eglise catholique se sont fourvoyés à cause d’une stratégie défensive inopérante, voire arrogante.


André : Le pape doit-il, et peut-il démissionner ?

Gribouille : Une scission de l’Eglise catholique est-elle envisageable ?


Christian Terras : Le pape ne démissionnera pas, car ce n’est pas la conviction du ministère pontifical qui est la sienne. Il entend aller jusqu’au bout de sa mission quels que soient les problèmes qu’il rencontre. Il l’a d’ailleurs signifié lors du dimanche des Rameaux, en déclarant que l’Eglise n’avait que faire des jacasseries de l’opinion publique. Il montrait par là sa détermination à poursuivre sa mission quelles qu’en soient les embûches. Le problème est que, par une telle approche de l’opinion publique, méprisante, alors qu’il s’agit d’une opinion publique catholique essentiellement, le pape est en train de provoquer un schisme rampant entre lui et le peuple de Dieu.


Les catholiques partent sur la pointe des pieds aujourd’hui, ils ne feront pas le chantage au schisme comme les intégristes catholiques l’ont fait en 1988 ; il n’empêche qu’ils ne se reconnaissent plus dans cette Eglise de Benoît XVI et qu’ils désertent aujourd’hui nombre de paroisses et de mouvements catholiques, ainsi qu’on peut l’observer tout particulièrement en Allemagne, en Autriche, aux Etats-Unis et en Irlande.


florence : Si Joseph Ratzinger est pape, c’est qu’il a été élu, que l’Eglise catholique l’a choisi. Est-ce qu’il n’y a pas plus globalement un problème de « renouvellement du personnel » à la tête de l’institution ? Beaucoup de personnes au sein de l’Eglise sont plus progressistes, ou tout simplement plus en phase avec leur époque, mais il semble qu’elles ne participent pas à la voix officielle... Est-ce que le moment n’est pas venu d’une réforme de la structure de l’Eglise catholique ?


Christian Terras : Le pape a été élu en 2005 par des cardinaux qui avaient peur de l’avenir à la suite de la mort d’un pape charismatique qui cachait nombre de problèmes auxquels l’Eglise devait se confronter. Sa communication l’emportait sur le fond.


Joseph Ratzinger a été élu par un conclave qui avait peur aussi de l’évolution du monde, et ils ont considéré que Joseph Ratzinger était le candidat le plus rassurant pour mener à bien cette transition et cette succession au pape polonais. Il est bien évident que le programme de restauration conservatrice à partir duquel a été élu Benoît XVI ne correspond en rien à l’aspiration de nombreux fidèles à la base de l’Eglise qui aujourd’hui ne se reconnaissent pas dans cette vision identitaire et stigmatisante du monde moderne.

Il est clair que l’Eglise catholique ne sortira de cette stratégie restauratrice qu’à la faveur d’une refonte complète de son système, de son fonctionnement et de son architecture doctrinale et théologique. Il ne s’agit pas d’une simple réforme à opérer, comme le concile Vatican II l’a fait dans les années 1960, il s’agit bien d’une remise à plat complète d’un système et d’un fonctionnement qui font la preuve de leur faillite tous les jours.


Joel : La réforme idéale de l’Eglise, cela ressemblerait à quoi ?


Christian Terras : Un des premiers points quant à la réforme de l’Eglise est de sortir d’un système de monarchie absolue de droit divin dans lequel l’Eglise fonctionne depuis des siècles.


La culture démocratique doit prochainement transpirer dans toutes les structures de l’institution catholique, que ce soit au niveau du sommet, des institutions intermédiaires ou de la base. Il n’est pas normal, en effet, que le peuple de Dieu, qui représente plus d’un milliard de fidèles, n’ait jamais voix au chapitre dans les décisions qui sont prises dans cette institution, et qu’il ne soit entendu que sur des bases consultatives, et non opérationnelles et décisives.


Deuxième point : décléricaliser le système catholique en proposant une autre conception de l’appel au ministère, plus communautaire et au sein d’un engagement plus humain. Bref, repenser autrement le ministère ordonné lui-même, en levant notamment la loi du célibat ecclésiastique, permettrait une refonte en profondeur de l’Eglise catholique, même si cette mesure ne suffirait pas en elle-même.

Troisième point : il faudrait pour l’Eglise, aussi, dans le contexte de notre XXIe siècle, repenser radicalement sa proposition de foi dans le cadre d’une architecture théologique et éthique qui tournerait le dos à son architecture actuelle dogma-disciplinaire.


Kévin : Une réforme de l’Eglise ne risquerait-elle pas de diviser davantage les fidèles, et de ternir davantage son image ?

Nicolas : Si on réforme trop l’Eglise ne va-t-on pas faire peur aux fidèles et les abandonner aux évangélistes et autres mouvements ?


Christian Terras : Je crois que c’est le contraire : ne pas réformer l’Eglise catholique aujourd’hui, c’est consommer une coupure de plus en plus forte entre le pape et les responsables de l’Eglise et leur base. Retarder cette réforme fait que l’Eglise catholique risque d’entrer dans une logique de sectarisation en devenant le refuge de catholiques intégristes, minoritaires certes, mais très agissants en termes de groupe de pression. Et la question qui se pose alors aujourd’hui est de savoir jusqu’où les choses pourront ensuite être rattrapées si l’on continue dans cette politique de restauration identitaire conservatrice.


La condamnation de la théologie de la libération en Amérique latine par ce même pape alors qu’il était à la congrégation pour la doctrine de la foi dans les années 1980 a provoqué un désastre à la base de l’Eglise, puisque des millions de catholiques sont partis vers les Eglises évangélistes, voire des sectes chrétiennes synchrétistes.


Cet exemple pour montrer qu’envisager une réforme en profondeur de l’Eglise, loin de diviser les fidèles, serait au contraire une chance pour l’Eglise de retrouver sa crédibilité et de retisser des liens aujourd’hui distendus avec le peuple de Dieu qui ne se reconnaît plus dans ce type d’Eglise.


juliette : D’accord, mais qui peut mener une telle réforme ?


Christian Terras : Pour qu’une réforme de ce type ait lieu dans l’Eglise catholique, il faut une opinion publique à l’intérieur de l’Eglise qui fasse davantage entendre sa voix quant au chemin à prendre pour réaliser une telle perspective.


Mais dans le système catholique, cette opinion publique active, dynamique, créatrice devra rencontrer à moyen terme un successeur à Benoît XVI qui sera à l’écoute de telles perspectives. Sinon, l’Eglise catholique manquera un tournant fondamental à la fois dans son existence, qui sera mise à mal, et dans la transmission du message évangélique, qui sera alors instrumentalisée par un système qui n’aura de chrétien que le nom.



* LEMONDE.FR | 21.04.10 |

Partager cet article
Repost0
1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 09:03

1 avril 2010


En conflit avec l'Église de son pays qui lui a refusé un avortement thérapeutique, une maman polonaise va faire baptiser sa fille à Brest, grâce à la solidarité d'un réseau de femmes militantes.

  

«Tueuse d'enfants». C'est ainsi qu'une partie de la presse polonaise a qualifié Alicja Tysiac, certains rédacteurs n'hésitant pas à la comparer aux pires criminels nazis. Le crime de cette maman? Avoir voulu avorter, pour raison de santé, d'un troisième enfant non désiré. Atteinte d'un lourd handicap oculaire, Alicja a perdu encore un peu plus d'acuité lors de sa deuxième grossesse. Quelques mois plus tard, quand elle se retrouve une troisième fois enceinte, elle opte pour une interruption volontaire, après avis d'ophtalmologistes lui prédisant une cécité totale si la grossesse va à son terme. Une décision pas facile pour cette maman, catholique convaincue et pratiquante.

Église et pouvoir en cheville


En Pologne, le droit à l'avortement, adopté en 1956, a été aboli en 1993 par les «libéraux» et le Parti national chrétien, arrivés au pouvoir. Aujourd'hui, les seules interruptions de grossesse théoriquement admises sont celles justifiées par les risques encourus par la maman ou l'enfant. Bien que prescrite, l'intervention d'Alicja ne sera pourtant jamais pratiquée. Elle n'a pas trouvé de médecin acceptant de la réaliser. Un signe, parmi d'autres, de la toute-puissance des autorités religieuses (80% de la population est catholique) et de son étroite collaboration avec le pouvoir en place.


Plainte pour diffamation


Julia est donc née, en novembre2000. Mais l'Église catholique a refusé le baptême de la petite, alors que le sacrement des deux premiers enfants d'Alicja avait été accordé sans problème. Une sorte de vengeance. Car la maman lui a fait l'affront de porter plainte. Pour diffamation contre le magazine «Gosc Niezielny» et sa société d'édition appartenant à l'épiscopat silésien, auteurs d'articles haineux à son encontre. Ils avaient même poussé le vice jusqu'à dévoiler publiquement l'adresse de la maman, qui a préféré déménager pour assurer la sécurité de sa famille. Le 23septembre 2009, une juge de Katowice condamnait la revue et l'archevêché de Silésie à publier des excuses et verser des dommages et intérêts d'un montant de 10.000 €. Le jugement en appel, initié par l'Église, a confirmé la première décision, le 5mars dernier. L'affaire n'est pas terminée. Le magazine s'est en effet pourvu en cassation le 22mars dernier.


Cérémonie le week-end prochain


Révoltées et émues par la situation d'Alicja, accueillie une première fois en 2007 et aujourd'hui pratiquement aveugle, les Brestoises du groupe «Rien sans elles» ont décidé de lui offrir une petite éclaircie, en permettant à Julia d'être baptisée dans le Finistère. La famille fera donc le déplacement de Pologne le week-end prochain. Pour éviter d'éventuelles manifestations, le lieu, le jour et l'heure sont tenus secrets. L'évêque de Quimper a donné son accord pour la tenue de la cérémonie.


Alicja sera présente samedi, à15h30, salle des syndicats à Brest, pour une table ronde sur «L'opposition politique, sociale et religieuse au droit à l'avortement en Europe».

  • Alain Coquil
Partager cet article
Repost0
4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 10:03
Partager cet article
Repost0
4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 09:15


A Sartrouville (78), le lycée privé Jean-Paul II a bénéficié des aides maximales du Plan Banlieue. Quand son voisin du public ne récupère que quelques chiches heures de tutorat.


À Sartrouville (78), une banlieue parisienne de classes moyennes, trône sur les bords de Seine, le lycée Jean-Paul II, un établissement catholique privé flambant neuf. De rares grandes résidences et le Château de Maisons-Laffitte cernent l’établissement, de part et d’autre de la Seine. A part ça, rien à l’horizon. La ligne de bus même s’arrête à quelques cinquantaines de mètres du bahut. Drôle d’endroit pour un lycée. Baies vitrées, lignes épurés, grilles semblables à celles d’un parking extérieur, les locaux eux-mêmes semblent illustrer quelque chose… La pureté religieuse ? C’est en tout cas du tout neuf.

Mix de sous

Le lycée, qui accueille aujourd’hui 150 élèves de seconde, a été inauguré en grandes pompes en octobre dernier, par Mgr Aumonier, l’Evêque de Versailles, grand patron de l’enseignement catholique en France, et Olivier Roucher, Directeur diocésain de l’enseignement catholique. En présence notamment de Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional, et d’Alain Boissinot, Recteur de l’Académie de Versailles. Surprenant mélange ! Qui s’affiche aussi dans les financements que perçoit Jean-Paul II.

La région a participé à hauteur de 70% (soit 1,36 millions d’euros) à la construction du lycée. Il a aussi reçu près d’1 million d’euros de la part de la mairie, une initiative originale puisqu’elle ne respecte pas la loi Gobelet du 30 octobre 1886. Autre privilège, Jean-Paul II bénéficie de l’appellation “sous contrat d’association avec l’Etat” alors qu’un établissement privé ne peut recevoir de fonds publics qu’après 5 ans d’existence. Grâce à ce passe-droit, le ministère de l’Education Nationale finance cinq postes d’enseignants du lycée !

Mais surtout, notre établissement s’inscrit dans la Dynamique Espoir Banlieue, portée par la Secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, Fadela Amara.

Le Plan Banlieue, pourtant relativement peu pourvu en budget (environ 800 000 euros pour 2010), a même sorti sa bourse pour aider le lycée. L’équivalent de 145 heures d’enseignement !

A côté, le seul lycée public de Sartrouville, Évariste-Galois, mal réputé dans le coin, depuis les “émeutes” des années 1990, a lui aussi droit à des aides. Minimes celles-ci, puisqu’elles se concrétisent par le seul tutorat de 65 élèves.

Autre bizarrerie, ni Fadela Amara, ni son cabinet, que Bakchich a contacté, n’étaient au courant qu’ils versaient cet argent ! Car c’est le très catho Xavier Darcos, ex ministre de l’Éducation nationale, qui, quand la Dynamique Espoir Banlieue a été lancée en 2008, a demandé que celle-ci finance des postes du privé.

Que le cœur du projet éducatif de Jean-Paul II soit « un chemin de Vie éclairé par l’Évangile à la suite du Christ et en son nom », ne semble pas gêner le ministère de l’Éducation. La pastorale comme composante de l’Identité nationale ?

 

 

 

 

Source : http://www.bakchich.info/Plan-banlieue-Sartrouville-version,10056.html

 

Note du blogueur: C'était dans notre série: La vraie bonne laïcité républicaine c'est quand PS (et alliés plus à gauche gauche)  filent plein de pognon aux cathos mais savent rester fermes sur les principers avec les musulmans, non mais ho!

Partager cet article
Repost0
23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 09:24
Laïcité bafouée par l’État-UMP :
oui à un lycée public dans les Mauges !
manif Beaupréau-JLG.jpg

L’élection de François Mitterrand en 1981 suscita beaucoup d’espoirs. Dans les Mauges (ouest du Maine-et-Loire) les militants, pour la plupart issus de la gauche chrétienne, crurent qu’un lycée public allait enfin pouvoir voir le jour chez eux. Étienne Davodeau le rappelle ironiquement à la fin de sa BD Les Mauvaises gens… 30 ans plus tard, la lutte pour le lycée public continue.


C’est ainsi que 500 personnes (parents et enfants, FCPE, syndicalistes FSU, CFDT, UNSA ou Solidaires, militants politiques) ont manifesté dimanche 7 février devant la préfecture de région de Nantes, à l’appel du Collectif vigilance laïcité et du Collectif pour la promotion de l’école publique dans les Mauges. Une pétition signée sur place par 475 manifestants a été remise au directeur du cabinet du préfet.


Pourquoi une telle mobilisation, et pourquoi maintenant ? Après six ans de mandat et de tergiversations, le conseil régional PS-PCF-Verts paraissait pourtant prêt à porter un projet de cité scolaire regroupant collège et lycée public à Beaupréau, centre géographique de cette région rurale de près de 100 000 habitants, au fort taux de fécondité.


Las, l’opposition du conseil général du Maine-et-Loire dirigé par Christophe Béchu (tête de liste UMP aux élections régionales) et du recteur reste la plus déterminée. Le Préfet de région l’a signifié brutalement : que les élèves des Mauges aillent à Cholet ou Angers s’ils veulent aller dans le public ! Tout au plus admettrait-il quelques filières de formations professionnelles adaptées au faible niveau de scolarité requis par les nombreuses petites entreprises de la région…


C’est que l’enseignement catholique ne veut pas voir écorné son monopole dans le fief que lui a laissé la contre-révolution catholique après les guerres de Vendée. Autour de Beaupréau, seulement 15 % des collégiens peuvent être scolarisés dans le public.


Des dizaines de communes ne possèdent tout simplement pas d’école publique, à cause de l’opposition des maires de droite et de la complicité de l’État. Quand, il y a une vingtaine d’années, les familles laïques ont obtenu à Andrezé l’ouverture de classes publiques, les pressions ont été énormes, allant jusqu’à des représailles, notamment des refus de vente de la part de certains commerçants opposés à « l’école du diable », qui ont fini par pousser les parents du public à quitter le village. Le droit à l’école publique et à la laïcité est tout simplement piétiné dans les Mauges.


La manifestation de Nantes du 7 février traduit indéniablement un regain de mobilisation du camp laïque.


Il est vrai qu’elle s’est tenue à la veille de la campagne des élections régionales : les listes LO, NPA-Front de Gauche-Alternatifs-FASE, Europe Écologie et PS-minorité du PCF n’ont pas manqué le rendez-vous…


Mais surtout, la dictature de l’institution catholique sur les consciences s’effrite peu à peu. L’arrivée de nouvelles populations « rurbaines » (nommés « les survenus » par les conservateurs locaux) renforce cette tendance libératrice. Les revendications portées par le camp laïque doivent être à la hauteur de l’attente des parents.


Comme le rappelle dans un communiqué la liste « Tous Ensemble, la gauche vraiment » à laquelle participe le NPA : « le temps n’est pas aux demi-mesures qui viseraient à la construction de locaux n’abritant que des filières de formation professionnelle ou une simple annexe d’un lycée public déjà existant. Il faut construire les bâtiments, assurer la dotation en personnels d’un lycée général public de plein exercice et y adjoindre un collège ».


Et que ce rêve porté depuis des décennies par des générations de militants et parents laïques devienne enfin une réalité !

Partager cet article
Repost0
9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:07

9 février 2010


Concilier culte et culture? Monseigneur LeVert, évêque de Quimper et Léon (29), semble éviter que la question ne se pose. Le pianiste Didier Squiban vient d'en faire les frais.


Les notes du piano de Didier Squiban ne s'élèveront pas sous les voûtes de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper. L'artiste aurait pu y jouer, le 6mars, dans le cadre d'une semaine-hommage à Frédéric Chopin. Mais c'est à Fouesnant qu'il se produira.

Vade retro! La musique du compositeur polonais est profane. Et Didier Squiban n'a pas non plus d'oeuvres sacrées à son actif. «Chopin est un artiste majeur mais la vocation première d'une église est d'être un lieu de prières et de louanges», a-t-il été répondu à l'association Amitiés France-Pologne, organisatrice du concert.

«Toujours le combat Église contre laïcité»


Le fait que Didier Squiban a enregistré son album «Porsguen» dans la chapelle Saint-Claude de Plougastel-Daoulas, en 1998, puis «Ballades» dans la chapelle Saint-Léger de Riec-sur-Bélon, en 2002, n'a pas été considéré comme une circonstance atténuante. L'artiste s'en amuse: «Heureusement que les chapelles sont encore ouvertes à la culture! Ça tombe bien, (...) car je préfère l'acoustique des chapelles. La cathédrale de Quimper, c'est toujours le combat Église contre laïcité. Les protestants sont plus ouverts que les catholiques sur ce sujet...».

Un incident survenu cet été, à la chapelle Saint-Pierre de Mahalon (29), dans le Cap-Sizun, n'est pas étranger à ce raidissement: le 14 juillet 2009, un couple de danseurs avait offert une prestation avant-gardiste, qui s'achevait par un nu intégral sur l'autel. La réaction n'a pas tardé.


Monseigneur Le Vert (injoignable hier), écrivait en septembre2009: «L'épithète de ?religieux?, associée à ce patrimoine, implique naturellement de prendre attentivement en compte son affectation première qui est cultuelle. Aussi harmonieuse que soit l'architecture d'un édifice, aussi admirable que puisse être son acoustique, une chapelle est d'abord un lieu de recueillement, de prière et de célébration liturgique». À moins qu'il n'y ait trouvé l'occasion qu'il attendait: «L'incident de Mahalon a précipité les choses. Depuis l'arrivée de Monseigneur Le Vert, il y a un durcissement de l'Église», estime ClaudeHermann, organisatrice du festival de musique médiévale «Purcell en Cornouaille».

Même sort pour Gershwin


Au printemps dernier, déjà, elle fut privée de cathédrale parce qu'elle programmait une oeuvre de Gershwin. Profane, encore!

  • Thierry Charpentier

1 réaction

  • yenamarre
    Laïcité.
    Il me semblait que depuis 1905 les églises appartenaient aux communes donc si je comprends bien ils sont d'accord pour recevoir notre pognon pour l'entretien mais rien en contrepartie. D'ailleurs on ne devrait même pas demander leur avis, point.
    Ajouté le 09 février 2010 à 08h08
Blogueur:

En effet, comment peut-on justifier que des membres de la hiérarchie d'une religion puissent refuser aux citoyens l'usage d'un immeuble appartenant à la collectivité? Et pas pour une messe noire, pour jouer du Chopin?
Parce qu'une fois une femme s'est montrée nue dans une chapelle à Mahalon? L'église catholique devrait nous expliquer en quoi la nudité offense leur créateur! Il ne les a pas créé en soutanes quand même? Moi, je trouve par contre qu'ils en font un max avec la nudité du cadavre de Jésus exhibé dans des tas de tableaux et statues avec un réalisme saississant. Cela oui c'est traumatisant, genre film d'horreur, et comme dit le philosophe Michel Onffray, cela montre la fascination des religions monothéistes pour la virilité et la mort et leur haine des femmes.
Partager cet article
Repost0
17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 11:22
dieu_n_existe_pas.jpg
Communiqué du NPA.

Le 12 janvier, Rayhana, auteure, comédienne et militante algérienne, réfugiée politique en France depuis 2000, a été victime d'une lâche agression.

De sinistres individus l'ont aspergé d'essence sur le trajet qui la menait au théâtre. Quelques jours auparavant, elle avait dû subir des insultes à caractère sexistes.


Le NPA condamne ces agressions contre une artiste qui est en même temps une militante féministe.


Faut-il y voir un rapport avec la pièce qu'elle a écrit et qu'elle joue actuellement, en compagnie d'autres comédiennes, «A mon âge, je me cache encore pour fumer», qui met en scène la dure condition des femmes dans un pays où la religion est instrumentalisée par différents groupes, et y compris par le pouvoir, pour brimer et asservir les individus ?


Que Rayhana soit assurée de la totale solidarité du NPA face à toutes ces menaces.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 11:17
30247052-copie-1.jpg

La catastrophe en Haïti donne deux leçons: plus on est pauvres et délaissés, plus la "fatalité" frappe fort. A Cuba, qui essuie à peu près les mêmes désastres qu'Haïti et la nouvelle Orléans, la population dispose d'abris et d'un système de santé, et les morts sont rares.

Ceux qui ne peuvent pas voir ce genre de raisonnement doivent se tourner vers "l'opium du peuple".

Un prédicateur télévisuel protestant américain vient de trouver une raison "valable": les haïtiens ont fait un pacte avec le diable! Ils ont vendu leurs âmes pour se débarasser des français (et de l'esclavage). Et donc le démon revient chercher son dû.

Quant à l'évêque de San Sébastien, un fasciste imposé par le pape Benoit 16 et rejeté par 77% de ses curés, il vient de déclarer qu'il y a pire que la situation en Haïti! Le vote d'une loi socialiste permettant l'avortement!
( Lui ou un autre "prélat" avait précédemment déclaré que le viol de la peite fille de 9 ans au Brésil-suivi d'un avortement rejeté par l'église malgré la mort certaine lors de l'accouchement- et les viols d'enfants en Irlande n'étaient pas si grave que notre "perte de spiritualité" c'est à dire l'autorisation de l'avortement).

Alors qui c'est les pires?
Difficile de décerner l'Oscar du plus Bigot !

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 09:01

Publié sur Bellacio.org/fr  par La Louve


L’acharnement forcené de certain-e-s, y compris parmi les communistes, à aller dans le sens du gouvernement au sujet de la "burqa" commence VRAIMENT à me "courir sur le haricot".


Sans même rentrer dans le débat "Est-ce ou non raciste de soutenir un projet de loi avec des personnalités politiques manifestement xénophobes?", si on voulait démontrer chaque jour davantage la faiblesse théorique et analytique qui sévit dans le mouvement dit communiste de nos jours, on ne s’y prendrait pas mieux !

C’est l’exemple type du vrai-faux combat, ou plutôt, de la fausse-bonne idée.

C’est le combat "émancipateur" Canada-dry. Ça ressemble à un combat émancipateur, ça en a la couleur, le goût, mais c’est exactement l’inverse.

Plusieurs remarques qui me sont venues à la longue de ce "débat" sur la "burqa" :

D’abord "arrêtons de parler à la place de ces femmes", peut être, non?

Quelles NORMES vont dire, peuvent dire, ce que c’est qu’être UNE FEMME?

(Une épouse? une mère?une maîtresse? une concubine? une salariée? etc)

Vous n’en avez pas un peu ras-le -bol des comportements sexués ultra-normés?

Des diktats comportementaux?

Sommes-nous névrosés et aliénés à ce point?

Qui, avec quelle légitimité, et sur quel fondement, a le droit de me dire, à moi, femme, que si je ne veux pas montrer mon visage, mes cheveux, mon corps etc... je "ME NIE"?

Allons plus loin...

Si je ne veux pas devenir blonde, mince, musclée, au nez Bardotesque ou Kellyesque, aux dents blanches et aux yeux bleus (donc correspondre au stéréotype majoritairement "wasp" et américain qui hante l’imaginaire de plus en plus de malheureuses) suis-je ENCORE une femme?

Tiens une autre, si je ne veux pas avoir d’enfant, me "Nié-je moi même en tant que femme"?

Si je suis une femme issue d’un processus de transsexualisme suis une négation de femme? ...

Qu’on se pose de telles questions dans le cadre d’un débat, bien-sûr - mais qu’on veuille m’imposer par une loi ce qu’est, pour cette société, la norme de ce que doit être une femme, JAMAIS !

Mais enfin où va s’arrêter ce grand délire (qui suscitera en réaction de plus en plus de comportements de type "burqa-cagoule")?

La dernière fois qu’on a eu un tel truc de cet ordre physique, c’était Vichy et le statut des juifs, qu’on pouvait reconnaître physiquement (je vous le rappelle car certaine-s ont manifestement oublié) par leurs oreilles décollées, leur long nez, leur lippe pendante et leurs doigts crochus.

Non, franchement, ce premier type d’argument n’est PAS recevable.

Ensuite, j’avoue que je ne comprends vraiment pas pourquoi faire une telle fixation sur le fait de voir ou pas le visage de l’autre (autre argument avancé , la trouvaille de Copé et Fillon : "Ca me gêne de parler à une femme dont je ne vois pas le visage").

Ça me semble dénoter vraiment une conception de la communication très très restrictive-

Et pour aller jusqu’au bout de ma dénonciation, j’ai envie de demander à ces messieurs s’ils ne prennent jamais leurs épouses ou leurs maîtresses "par derrière" pendant l’acte d’amour? Ce qui en terme de "voir le visage" se pose là mais qui, bizarrement, là, ne dérange plus ces mêmes hommes bien pensants...(Jouir d’une femme sans voir son visage pendant toute la durée de l’acte, ça dérange ou pas? ).

Et les aveugles alors ? Qui par définition ne voient le visage de personne? Comment ils fonctionnent? Ils se coupent de toute communication?

Et à la radio, on voit le visage des intervenants? En a-t-on vraiment besoin? Non !

Et quand on téléphone ! On voit l’autre?

Finalement, le ou la voir avec les nouveaux moyens comme le vidéo chat, Skype etc - c’est sympathique ok, mais au fond, ça change quoi? (à part que tu ne peux plus te mettre les doigts dans le nez en téléphonant? ;) LOL)

On est en plein dans la société du "visuel-totalitaire" - du voir et du être vu. Ça ne m’ennuie pas à la rigueur dans certaines conditions, sauf si ça devient une norme imposée (ce qui est le cas) avec son "petit" côté totalitaire -les caméras de surveillance par exemple qui pour moi relèvent de la même maladie mentale que la fixation sur la burqa.

C’est ça que nous imposent aussi les pouvoirs publics de cette façon et moi ça ne me va pas. Et pourtant je n’ai pas de burqa et pourtant je ne suis pas religieuse.

Les raisons liées à la sécurité soi disant?

"Bidon" aussi !

Imaginons - mon père est un rabbin hassid, qui comme tous les rabbins ou presque ressemble à un autre rabbin à s’y méprendre : grande et grosse barbe , toque haute (schtreimel) , peyot ( "papillotes") lunettes, redingote longue etc. Il vient me chercher à l’école primaire disons.

Croyez-vous vraiment que si le lendemain il se pointe sans peyot sans chapeau sans barbe et sans lunettes, on va le reconnaître? Je vous fiche mon billet qu’il n’y a pas une chance.

De même que J. Mesrine arrivait à s’introduire grimé dans des commissariats alors qu’il était en cavale. Sans burqa.

Jusqu’où va-t-on accepter d’aller, là, avec ces délires de sécurité, d’identification ou plutôt "d’identificabilité"?

Ensuite, si le problème est une opposition à la burqa pour des raisons liées soi disant à la laïcité, là encore, la discussion devrait être un peu plus longue - et un peu plus honnête !

Moi je pense que contrairement à ce qu’on nous raconte, nous ne sommes pas dans un état laïque quand le Président de la république, premier magistrat de France, est aussi Chanoine de Latran - donc appliquons la règle pour tous à commencer par nos autorités suprêmes non?

- Les droits de la femme, enfin, également invoqués... Vous croyez sérieusement qu’en leur interdisant la burqa vous allez leur rendre service? Celles qui la portent par obligation religieuses, contraintes ou pas par leur famille, elles vont juste rester cloitrées chez elles. Bravo, beau résultat !

Dernière chose : vous croyez que la burqa a été imposée par leurs familles à toutes celles qui la portent? ERREUR - pour beaucoup de femmes,souvent jeunes, c’est un choix individuel, et bien plus politique que religieux...

On ne peut pas résoudre NOS contradictions par le bas. Ça suffit de faire l’économie de débats ,de réflexions, de connaissances, d’ouverture à l’Autre.

Moi je suis farouchement CONTRE une loi sur la burqa ou le niqab ou les peyot ou les calottes ou les cagoules ou que sais je...(et pourtant, je suis communiste,féministe, laïque et libérale !)

ALORS VIVE LA LIBERTÉ (la vraie) ET M... AUX CURETONS DE LA RÉPUBLIQUE !


La Louve

-----------------------------------------------

Note du blogueur: Vraiment si le PCF ne te convient pas, bienvenue au NPA, camarade!


Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article96913

 

 

Pour s'y retrouver:


  burqa-ok.jpg

Burqa-voile-islamique-christinedefraigne.jpg

hijab1.1223654621.jpg


Partager cet article
Repost0
4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 10:49
400074655.jpg 
Jésus aurait-il été condamné ?(Rue 89)


En Irlande, critiquer une religion pourra désormais être puni d'une amende de 25 000 euros. Citations à l'appui, les athées mettent la justice au défi de sanctionner les plus grands blasphémateurs de l'histoire, Jésus en tête.

La loi sur la diffamation est entrée en vigueur ce 1er janvier. Au départ, elle devait simplement réactualiser le droit de la presse irlandais. Elle va en fait beaucoup plus loin.

Son article 36 crée un délit de blasphème, puni d'une amende maximum de 25 000 euros. Une mesure dénoncée par les militants laïcs, alors que l'auteur de l'une des caricatures de Mahomet vient d'échapper à un assassinat.

La loi s'applique à toutes les religions, pas seulement au catholicisme dominant en Irlande. Elle définit ainsi le blasphème :

« Des propos grossièrement abusifs ou insultants sur des éléments considérés comme sacrés par une religion, et choquant ainsi un nombre substantiel de fidèles de cette religion. »

La définition laisse une certaine liberté d'interprétation aux juges. L'association Atheist Ireland a donc décidé de tester leur sévérité. Elle vient de mettre en ligne une liste de 25 citations pouvant être jugées blasphématoires. Des citations qu'elle est notamment allée chercher dans le Nouveau Testament.

« Vous avez pour père le diable »

Pour Atheist Ireland, les juges devraient d'abord s'intéresser à Jésus lui-même. L'association rappelle ses attaques contre le judaïsme, comme dans ce passage de l'évangile selon Jean :

« Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement (…). Il est menteur et le père du mensonge. »

Autre blasphémateur à juger d'urgence, selon Atheist Ireland : Benoît XVI. En 2006, le pape avait cité un empereur byzantin, selon lequel Mahomet n'avait apporté que « du mauvais et de l'inhumain ».

Egalement sur la liste, la chanteuse Björk (« Que les boudhistes aillent se faire foutre ! ») et, sans surprise, Salman Rushdie, l'auteur des « Versets sataniques ».

L'écrivain aurait-il été condamné en Irlande ? Pas sûr : la nouvelle loi précise que les juges tiendront compte de la valeur « littéraire, artistique, politique, scientifique ou académique » des propos tenus.

Le blasphème puni en Alsace et en Moselle

Malgré ces précautions, le texte est « idiot et dangereux », selon Atheist Ireland. L'association, qui dénonçait déjà les références religieuses dans la constitution irlandaise, accuse :

« Des lois religieuses moyenâgeuses n'ont pas leur place dans une république laïque moderne. »

L'Irlande n'est pourtant pas la seule république « moderne » à punir le blasphème. C'est aussi un délit à part entière en Allemagne, en Espagne, au Danemark ou aux Pays-Bas.

Pas en France, où les attaques contre la religion sont simplement encadrées : la loi sur la liberté de la presse punit les provocations « à la discrimination, à la haine ou à la violence » liées à l'appartenance à « une religion déterminée ».

Le blasphème reste pourtant puni sur une partie du territoire : en Alsace et en Moselle. Comme l'avait admis le ministre de l'Intérieur en 2006, le décret de 1919 préservant cet héritage allemand n'a jamais été abrogé.

Un texte rarement appliqué depuis, mais bien plus sévère que la nouvelle loi irlandaise : en Alsace et en Moselle, le blasphème peut être puni de trois ans de prison.


Photo : le visage de Jésus peint sur le pilier d'une jetée à Brighton, en Grande-Bretagne (Markbarky/Flickr)

 

Note du blogueur : Je n'ai pas mis cette photo, mais! Je m'insurge contre la notion de "visage de Jésus". En effet, on n'a pas (à ma connaissance) de preuve historique de l'existence de cet individu et d'ailleurs ce n'est pas nécessaire pour un croyant, pourquoi chercher à "faire comme si"?

 "La" preuve est une "interpolation", un rajout de copiste postérieur croyant bien faire, dans un texte de Flavius Josèphe, historien juif "vendu" aux romains. Voilà pour l'historicité de notre nazaréen comme disent les musulmans.

Il est assez risible que ce soient des athées, libres penseurs, profs laïques, (il suffit de lire l'étude des manuels dont on se sert dans les écoles) qui ne doutent même pas de la possibilité que tout cela ait été inventé! L'histoire de la bible EST l'histoire d'Israël jusqu'à nos jours, Mahomet est monté au ciel sur une jument depuis tel endroit et Marie vierge est elle aussi montée au ciel, tout cela est d'une évidence!

Il suffisait déjà que les journalistes nous parlent de Nazareth et Bethleem  ( lieux qui je me suis laissé dire, n'existaient pas encore  "là où Jésus est né", sans les "").

Pour l'ensemble des médias audio visuels les évangiles (voire même la bible, mais pas le Coran discriminé ) ont tendance à devenir des manuels d'histoire ! Or ce sont des fables auquelles ont est libre ou pas de croire !

Le danger est précisément là aujourd'hui, de commencer a accepter un recueil de fables comme manuel d'histoire  et de comportements. C'est un formidable soutien au travail persistant de tous les intégristes de toutes les religions et ce à quoi il faut résister.


 

République d'Irlande, le délit de blasphème réactualisé (LO)

Blasphémer, c'est outrager la divinité ou la religion et, en République d'Irlande, c'est interdit par la constitution de 1936. Mais jusque-là personne n'avait, semble-t-il, été condamné pour cela. Ou bien la censure avait de toute façon empêché le supposé blasphème de paraître, ou bien, au moins une fois, le juge s'était déclaré incompétent et incapable de définir ce qu'est un blasphème.

Mais cela risque de changer. Depuis le 1er janvier en effet, une nouvelle loi est entrée en vigueur, condamnant le blasphème à 25 000 euros d'amende maximum et le définissant comme ce qui peut blesser le sentiment religieux d'une catégorie donnée. Sous prétexte de moderniser la loi, entre autres d'appliquer la notion de blasphème à toutes les chapelles et pas à la seule religion catholique, le gouvernement offre ainsi une arme aux cléricaux. Ce sont eux désormais qui pourront porter plainte s'ils se sentent attaqués. Du coup on se demande si parler de curés pédophiles ou bien de ces institutions charitables où l'on torture les enfants, dont on a appris récemment que l'Église catholique d'Irlande n'était pas chiche, ne serait pas passible de condamnation pour blasphème.

Les tenants de la République française prétendument laïque auraient tort de se gausser du caractère moyenâgeux de la loi irlandaise. Car si le blasphème n'est plus condamnable en France depuis 1791, il l'est toujours en Alsace-Moselle. De plus, à la différence jusque-là de l'Irlande, cette loi rétrograde a permis de condamner des militants défendant le droit des homosexuels sur le parvis d'une église. C'était il n'y a pas si longtemps, en 1997.

Partager cet article
Repost0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg