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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 11:51

enrage

Le racisme peut prendre des chemins détournés pour se déchaîner. En France, c’est souvent par le biais d’un laïcisme dénaturé, parce que sélectif. Estimant que la lutte contre l’islam est prioritaire, le site Riposte laïque illustre la dérive vers l’extrême droite d’une partie dévoyée du camp laïciste.


 

 

Sarkozy inventa jadis la notion de laïcité positive, impliquant par là qu’avant son effort civilisateur, la laïcité était négative. Saint Jean de Latran soit loué, le journal en ligne Riposte Laïque (RL) va plus loin. Tout en se définissant comme progressiste et antilibéral, il invente une laïcité sélective, où toutes les religions ne se valent pas. Et – c’est très original – celle qui menace le plus la « République »… c’est « la religion musulmane », supposée « fer de lance » d’une remise en cause de la loi de séparation des Églises et de l’État » [1].

L’affaire Truchelut divise les laïcistes


RL est issue d’une scission de droite de l’Union des familles laïques (UFAL) et du journal en ligne Respublica, cette mouvance laïciste qui, en 2004, soutenait la loi Ferry d’interdiction du foulard islamique à l’école [2]. La division est en fait venue de l’« affaire Truchelut ». À l’été 2006, la responsable d’un gîte de vacances, Fanny Truchelut, exige de deux clientes qu’elles retirent leur foulard islamique dans les parties communes. Celles-ci portent plainte pour discrimination et la justice leur donne raison. En effet, la loi de 1905 ne prohibe pas – et heureusement – la liberté d’expression dans les lieux publics (rue, hôtels, magasins, quais de gare…).


C’est pourquoi l’UFAL nationale, ou la revue Prochoix de Caroline Fourest, par exemple, bien que peu suspects de sympathie pour le voile, évitèrent de mettre le doigt dans un engrenage liberticide et choisirent de ne pas soutenir Fanny Truchelut.


Malgré cela, certains animateurs locaux de l’UFAL, emmenés par deux ex-trotskistes, Pierre Cassen (Yvelines) et Jean-François Chalot (Seine-et-Marne), sautèrent le pas et s’engagèrent derrière Fanny Truchelut. Et nos « athées de gauche » de faire front commun avec l’extrême droite catholique, puisque qu’entre-temps Mme Truchelut avait accepté le soutien du MPF de Philippe de Villiers, et que Me Alexandre Varaut, n°2 du parti, la défendait gratuitement.


Très vite, l’ambiance fut à couteaux tirés entre la direction nationale de l’UFAL et ses dissidents, qualifiés de « villiéro-compatibles ». En septembre 2007, Pierre Cassen et quelques proches créèrent le site Ripostelaique.com pour s’exprimer en toute liberté. Lui-même finit par démissionner avec fracas de l’UFAL en novembre 2008.


Glissement vers l’extrême droite


La brève histoire de Riposte laïque – deux ans – c’est celle d’un glissement effroyablement rapide vers l’extrême droite. D’une position de « laïcité sélective » principalement anti-islamique en 2007, RL est passée, fin 2009 à celle de « petit-blanc facho » : qui dénonce l’« enclave musulmane » de Barbès (16 novembre), les « émeutes ethniques » (20 novembre 2009) ou déplore une équipe de France de football envahie par des « minorités visibles »La Marseillaise (20 novembre).

 

Estimant que « La France n’a pas besoin d’immigration » qui refusent de chanter (série de quatre articles en octobre 2008), RL est devenu un site de référence dans la galaxie du web raciste, atlantiste voire pro-sioniste, aux côtés de Fdesouche.com, Libertyvox.com ou Bivouac-id.com.


À la faveur du « débat » sur l’identité nationale, Cyrano, alias Pierre Cassen, regrette que Besson ait évacué la question de la religion, car il pense que « précisément, c’est une immigration récente, l’offensive musulmane et leurs conséquences qui ont amené des remises en cause récentes de notre identité nationale. »


On dirait du Le Pen de la grande époque, mais pour prévenir les accusations de racisme, RL compte quelques rédacteurs ex-musulmans, insoupçonnables de… mauvaise foi. Selon ses propres termes, le journaliste Mohamed Sifaoui faillit jouer ce rôle de « Mohamed de poche » pour RL, avant de comprendre l’escroquerie [3]. D’autres, comme Hamid Zanaz, l’auteur de L’Impasse islamique, sont toujours là pour soutenir la thèse centrale que l’islamisme est consubstantiel de l’islam [4].


Traîtres et renégats


Mais si RL a des alliés, elle compte surtout des ennemis. Il y a les traîtres et les renégats comme Mohamed Sifaoui, Caroline Fourest [5] ou la direction de l’UFAL, contre lesquels RL s’acharne. Mais il y a surtout la conspiration des élites pour faire entrer l’islam en France, ainsi que l’irresponsabilité de l’extrême gauche.

 

La collusion des « gauchismes séniles » est responsable pour Alain Rubin, rédacteur à RL et membre du B’nai Brith [6], de « la dilution de la nation française dans l’ensemble europoïde du traité de Maastricht » (RL, 9 novembre). Comme l’explique Robert Albarèdes, « professeur agrégé en retraite » et rédacteur de RL, les gauchistes se sont fait « les idiots utiles du capitalisme libéral en exigeant l’abandon des frontières et la régularisation massive des sans papiers » [7]. Le même : « Ne croyez pas que c’est “la misère” sociale qui les pousse au délit : ils ont plus qu’il ne faut pour vivre (et ils agglutinent à eux tout le réseau familial, au sens large du terme) » (RL, 3 juillet).


Avec une prose assez proche de celle du prédicateur Finkielkraut, RL fustige « le parisianisme médiatique et politique », la « bien-pensance » qui nous empêche de voir la réalité en face, et ses complices que sont les « humanitaristes », « altermondialistes » et « droits-de-l’hommistes ». Tous sont coupables d’aveuglement sur la nocivité spécifique de l’islam. Invitée sur Radio libertaire [8] avec Pierre Cassen en avril dernier, Anne Zelensky, répondait à l’intervieweur : « Tu mets sur le même plan Islam et Judaïsme, eh bien non… il y en a des moins pires (de religions) » [9]. Des laïcistes distribuant des patentes aux religions : on aura tout vu.


Contre les religions


Bien évidemment, après l’article que nous venons de lui consacrer, il y a fort à parier que RL nous traitera d’« islamogauchistes » ou d’« alliés de l’islamisme ». Nous répondrons simplement qu’en 2004 nous avons dénoncé la loi Ferry sans pour autant « faire alliance » avec quelque islamiste ou musulman que ce soit (pour RL il n’y a pas de différence). Et qu’à la même époque nous avons alerté sur le tropisme islamiste d’une partie de la LCR [10]. Nous sommes un peu plus regardants que RL, avec ses alliances objectives villiéristes et sionistes…


AL dénonce, dans les religions, des systèmes d’oppression des individus, et des fléaux pour la société, qui toutes rêvent de former une surface suffisante pour dicter leur loi. Mais en se focalisant sur l’islam au nom de « l’Occident », de la « République », de la « nation » et autres mythes réactionnaires, RL ne fait rien d’autre que du racisme petit-blanc.


Guillaume Davranche (AL Paris-Sud) et Cuervo (AL 95)

[1] Article-manifeste de RL du 2 septembre 2007.

[2] Tout en dénonçant dans le foulard islamique un symbole de soumission de la femme, Alternative libertaire avait reconnu dans la loi Ferry une fausse loi laïque et une vraie loi raciste. Lire à ce sujet « Sur le voile, le féminisme, la laïcité et les lois d’exclusion » dans Alternative libertaire d’avril 2004.

[3] Mohamed Sifaoui, « Pourquoi faut-il se méfier du discours de Riposte laïque ? », septembre 2009.

[4] Zanaz a été édité par les Éditions libertaires qui, nous le supposons, ignoraient qu’il collaborait à un site d’extrême droite.

[5] Caroline Fourest est désormais accusée par ses anciens amis d’être vendue à l’« Eurabie ». Il s’agit d’une théorie conspirationniste unissant les élites européennes et les Etats arabes dans un complot pour islamiser l’Europe en vue de l’opposer aux Etats-Unis et à Israël.

[6] B’nai Brith, sorte de franc-maçonnerie juive, vouée principalement à la défense d’Israël.

[7] Interview en octobre sur Radio La Luette, promu par RL.

[8] On supposera, là aussi, que Radio libertaire ignorait qui elle invitait à venir s’exprimer sur ses ondes…

[9] Dans la même émission, dont un extrait est disponible sur Youtube, Anne Zelensky, ex-MLF, expliquait que, bien que féministe, elle pouvait collaborer avec des militants anti-IVG si c’était sur une cause commune légitime. Bonjour la confusion…

[10] Guillaume Davranche, « Extrême gauche : “Unité d’action” avec les islamistes ? », dans Alternative libertaire de mai 2004.

 

Note du blogueur:

 

les gauchistes se sont fait « les idiots utiles du capitalisme libéral en exigeant l’abandon des frontières et la régularisation massive des sans papiers » c'est mot pour mot ce que m'a dit un membre du POI qui ajoute que Besancenot veut que tout lemonde touche des salaires polonais!


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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 13:52


Si on pouvait tenter une explication:

Il était une fois un grand dirigeant prolétarien, le Chi.
Il avait des tas de procédures contre lui. (Voir liste à la fin de la vidéo).
Et puis en 2002, crac, on nous bourre le mou au sujet du danger fasciste.
Pas un fascisme traditionnel, qui descend dans la rue en bandes armées pour casser de l'immigré ou du prolo en grève.
Pourtant à y réfléchir, y a déjà des bandes armées aux ordres du patronat qui font cela légalement...
Bref, on nous a inventé une espèce de fascisme virtuel. Et interdiction de ne pas participer à l'hystérie collective. "Raison garder"? Impossible! Faut pas s'abstenir entre le milliardaire raciste et "Super menteur".

Une seule solution, voter pour le Chi. Rendez-vous compte, c'est le grand dirigeant qui nous a sauvé du fascisme!  Cela vaut bien quelque menue monnaie, un effacement des ardoises, une retraite dorée.
Bien sûr, les gens qui ont voté "parce qu'il le fallait bien" et sans réfléchir siouplaît, n'ont pas vu leur situation s'améliorer comme lui depuis 2002, au contraire. Et si on avait monté ce show pour dissimuler que les "braves démocrates désintéressés qui nous ont sauvé du fascisme", eux, continuent de s'en mettre plein les poches! Nooooon!

Et en 2005 rebelote. On vote, mal, alors çà compte pas!  Circulez y a rien à voir!

Et on efface ce mauvais vote populaire par un bon vote des élus, qui eux ne se trompent jamais, qui s'y connaissent pour savoir ce dont le peuple a besoin. ( C'est pas comme le peuple) . On peut se dire au fond de la classe :  "Laissons les gérer tout cela, eux au moins on ne les reprendra pas comme des gamins".

Avouez que plein de gens peuvent se dire, après ces deux expériences, que çà fait un peu cirque électoral, tout çà! Et que l'ont se fout bien des problèmes réels, de salaires, de fin de droits, de précarité, de logement, de santé, d'éducation, de transports, d'environnement, de ceux qu'on amène ainsi à voter. 
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 09:10
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Communiqué du collectif antifasciste rennais





Le groupuscule Solidarité et progrès est la branche française du parti ouvrier européen, parti du leader d’extrême droite Lyndon Larouche, il se présente malheureusement une fois de plus aux élections régionales de mars.


Tout comme d’autres structures comme l’unadfi, ou prévensectes, dont le but est de défendre les individus face aux dérives de structures sectaires ou ayant un comportement apparenté, le collectif antifasciste rennais tient à dénoncer fermement l’activité du groupe solidarité et progrès et tout particulièrement son activité liée à l’extrême droite.


Derrière un nom au premier abord sympathique se cache un mouvement qui se rapproche d’une secte de par son fonctionnement : culte de la personnalité, pratique quotidienne du prosélytisme, théorie du complot…Les conséquences de cette activité sont malheureusement classiques et l’unadfi (association de défense de la famille et de l’individu) le constatait déjà clairement en 2004 : « Des plaintes de parents sont parvenues à l’association dénonçant l’embrigadement subi, amenant leurs enfants à rompre avec eux et à quitter leurs études pour se consacrer au mouvement. »

 Les étudiants, dont la solitude, la curiosité parfois, sont récupérées, sont leur cible privilégiée. « ... ils usent de méthodes musclées d’endoctrinement. On les voit beaucoup sur les campus rennais, à la sortie des métros. » D’ailleurs l’université de Rennes 2 ne s’y trompa pas et condamna leur présence en 2005.

Si solidarité et progrès semble vaguement "de gauche", leur conception du progrès¨a de quoi faire frémir : c’est celle d’une croissance sans fin. Ainsi pour eux le réchauffement climatique est une manœuvre de propagande menée par les ultra-libéraux et leurs alliés écologistes, et il faudrait développer au maximum l’agriculture intensive et les centrales nucléaires...

Leur leader l’américain, Larouche, passa quelques années en prison pour escroquerie ; on lui prête des relations avec un membre du Klu Klux Klan et un antisémitisme latent ; certaines de ses déclarations minimisent l’importance de la Shoah, quand il ne s’en prend pas aux homosexuels.

En France, Solidarité et Progrès entretient des relations cordiales avec des organisations d’extrême-droite : En décembre 2008, Cheminade fait une conférence à l’invitation d’une personnalité du FN : Alain Soral. Se côtoyaient ainsi les responsables de groupuscules fascistes, de sites internet et de journaux nauséabonds.

Le collectif antifasciste rennais
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 09:58

Politique dimanche 14 février 2010

Des milliers de manifestants ont empêché samedi, pour la première fois, la marche traditionnelle des néo-nazis allemands à Dresde qui marque l'anniversaire du bombardement de la ville par les alliés en 1945.


Quelque 12.000 manifestants antifascistes --selon les organisateurs-- ont participé à des actions de blocage contre la "marche funèbre" des 6.400 néo-nazis rassemblés cette année, selon un nouveau bilan de la police, qui dénombrait samedi soir une trentaine de blessés à la suite d'incidents violents.


« Nous avons réussi pour la première fois à empêcher la plus grande marche de neo-nazis d'Europe », s'est réjouie Lena Roth, porte-parole du mouvement "Dresde sans nazis", qui regroupe des personnalités des milieux politique, artistique et syndicaliste.


L'anniversaire de ce terrible bombardement aux bombes incendiaires, qui détruisit en deux jours une grande partie de cette ville de l'est de l'Allemagne, faisant quelque 25.000 morts, est célébré tous les ans par les groupes néo-nazis qui défilent dans la "Florence de l'Elbe".


Mais cette année, «le défilé prévu n'a pas pu avoir lieu» en raison des «nombreuses actions de blocage» entreprises par les militants antifascistes, qui ont bloqué rues, carrefours et voies ferrées, selon la police.


Les militants néo-nazis se sont dispersés en début de soirée après être restés tout l'après-midi à tenir des discours sur leur lieu de rassemblement, devant la gare Neustadt d'où les juifs de la ville étaient déportés par les nazis.

 

 

Note du blog: en commémorant le crime de guerre (destruction d'une ville civile) les "néo" nazis veulent relativiser la responsabilité des nazis dans l'holocauste. Belle victoire!

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 10:14

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Pour empêcher les néonazis de parader à Dresde, le jour anniversaire du bombardement de cette ville, des organisations antifascistes préparent une contre-manifestation.


Le 13 février, comme tous les ans, les néo­nazis vont se rassembler afin de commémorer le bombardement allié sur Dresde, en 1945. Ce bombardement, qui a rasé la ville et provoqué au moins plusieurs dizaines de milliers de morts, est utilisé aujourd’hui par l’extrême droite pour relativiser l’extermination des juifs d’Europe et inverser la problématique bourreau-victime.


Comme si se découvrir victime effaçait le fait qu’on puisse avoir été aussi bourreau. Nombreux sont celles et ceux qui voudraient pouvoir réinscrire l’Allemagne comme une nation normale où chacun pourrait être à nouveau fier d’être Allemand, réactivant par là même un nationalisme sous couvert de normalité.


Or, ce que rappelle justement la gauche radicale allemande, c’est qu’il n’est pas question de culpabilité mais de poser politiquement la question des éléments culturels pouvant potentiellement amener à ce que l’horreur se répète. Et, justement, à l’occasion de cette commémoration, des éléments inquiétants se mettent en place.


Premièrement, le fait que des milliers de néonazis se rassemblent et puissent défiler publiquement. En plus du symbole politique affirmant la force et la dynamique de ce mouvement, ce sera concrètement dangereux pour tous les non blancs qui seront en ville ce jour-là, ainsi que pour toutes les personnes adoptant un code vestimentaire « de gauche ». Selon la police, près de 1 042 actes de violences ont été perpétrées en 2009 par l’extrême droite, soit pas loin de trois par jour, et il ne s’agit que des violences déclarées et reconnues comme telles.


Deuxièmement, la réaction des autorités allemandes laisse à désirer.

Face à la perspective de voir leur centre-ville se transformer en aire de jeux pour fascistes, une coalition Dresden Nazifrei (« Dresde, ville sans nazis »), s’est formée afin d’appeler à une grande contre-manifestation dans le but de bloquer celle des nazis.


Des associations, des groupes antifascistes et politiques, des syndicats, des partis (Die Linke, les Verts, etc.) en font partie. Mais, à leur grande surprise, ce sont eux qui se retrouvent dans le collimateur de la justice. On leur reproche d’appeler publiquement à bloquer une manifestation autorisée, de compromettre la démocratie et d’appeler à des violences. Des perquisitions ont eu lieu, le 19 janvier, dans les bureaux de Die Linke à Dresde et dans un local d’information berlinois « Red-stuff-Shop ».


Cette tentative d’intimidation s’inscrit dans le cadre d’une tendance inquiétante de l’appareil d’État allemand qui agite le spectre des figures terroristes de gauche, fabriquées avec les fantômes de la Fraction armée rouge (RAF) et les logiques sécuritaires à la mode. Des rapports officiels sur une nouvelle menace de gauche et des articles de presse sur les « dangereux gauchistes » se multiplient.


Politiquement, cela a pour effet de renvoyer dos à dos la gauche radicale et les néo­nazis, offrant au gouvernement, l’image rassurante d’un pouvoir bourgeois modéré à même de protéger les citoyens.

À court terme cependant, les effets de cette répression sont positifs : la mobilisation pour Dresde s’est renforcée et les néonazis n’auront plus le droit de défiler et seront cantonnés à un rassemblement. Ils ont fait appel de cette décision.


No Pasarán ! Rendez-vous à Dresde le 13 février 2010.


Lise Duncker
Pour plus d’infos:
http://www.dresden-nazifrei.com/

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 13:55
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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 07:46
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Le 27 octobre sera rendu par le tribunal correctionnel de Paris le jugement en délibéré contre Dieudonné et Robert Faurisson, accusés d’injure raciale: à la fin de son spectacle «J’ai fait l’con» au Zénith le 26 décembre 2008, «l’humoriste» avait fait remettre par son assistant, déguisé en déporté juif, le «prix de l’infréquentabilité et de l’insolence» à une des principales figures du négationnisme. Retour sur un procès et une mouvance.


«Attentat humoristique»


Palais de justice de Paris, 22 septembre 2009. Pour se défendre de l’accusation dont il est l’objet, Dieudonné invoque devant le tribunal la «liberté d’expression» et assume cette nouvelle provocation qu’il nomme un «attentat humoristique» comme «système de promotion de son humour», se posant en victime d’un système dans lequel il «n’a pas les moyens de se faire entendre».


Que pense-t-il des thèses de Mr. Faurisson, condamné plusieurs fois pour «contestation de crime contre l’humanité»? «Le négationnisme, ça ne me concerne pas (...), je ne sais pas trop ce qu'est le révisionnisme.»

Et pourtant, le palais de Justice de Paris semblait ce jour-là être le lieu de rendez-vous des principales figures internationales du négationnisme.


Outre Robert Faurisson (qui était bien présent au tribunal, même si il s’était fait représenter par son avocat, contrairement à ce qu’ont pu dire certains médias), on a ainsi pu noter la présence de l’anglo-australienne Michelle Renouf, qui, lorsqu’elle ne participe pas à des meetings du British National Party (ou à la conférence de Téhéran de Décembre 2006), est très active dans le soutien judiciaire aux négationnistes. Etaient également présents Peter Rushton, figure de l’extrême droite britannique la plus radicale, ainsi que Guillaume Fabien Nichols, qui est un des plus proches collaborateurs de Robert Faurisson et son traducteur en anglais.


Si on ne peut attribuer directement à Dieudonné la présence de ces soutiens historiquement liés à Faurisson, prétendre ignorer les opinions de ce dernier relève au minimum de la mauvaise foi, comme nous le montre la présence à l’audience de Ginette Hess-Skandrani: exclue des Verts en 2005 pour proximité avec les milieux négationnistes, celle-ci était n°6 sur la Liste «Antisioniste» menée par Dieudonné lors des élections européennes de Juin 2009.


De nombreuses figures de cette liste étaient également présentes pour soutenir Dieudonné, comme Ahmed Moualek (animateur du site «La banlieue s’exprime», qui traitera en plein tribunal quelqu’un de «juifiste»…), Charles Alban Scheppens (ancien cadre du Renouveau Français et président de la Fraternité Franco-Serbe), ainsi que Thomas Werlet, dirigeant du Parti Solidaire Français, l’ancienne «Droite socialiste» dont plusieurs membres furent impliqués dans une fusillade contre des habitants d’une cité de l’Essonne en Juin 2008.


Dieudonné fut également accompagné jusqu’au tribunal par une de ses désormais vieilles connaissances: Frédéric Chatillon, ancien chef du GUD (duquel sont issues Unité Radicale, groupuscule auquel appartenait Maxime Brunerie, puis les Identitaires), un des principaux diffuseurs d’écrits révisionnistes au Moyen-Orient, avec qui il s’était rendu au Liban et en Syrie en 2006, en compagnie de Thierry Meyssan, Alain Soral et Marc Georges (de Egalité et Réconciliation, association «rouge-brune»), Ahmed Moualek et Ginette Skandrani. Mais Dieudonné ne doit certainement pas se sentir «concerné» par leurs opinions, qu’il ne doit d’ailleurs «pas trop» connaitre…


Antisémitisme: nouveaux visages, vieilles recettes


Comment le militant antiraciste marqué à gauche qu’était Dieudonné dans la seconde moitié des années 1990 en est-il arrivé là? Au cours des années 2000, il agrémente sa bataille pour la reconnaissance et la mémoire de l’esclavage des Noirs de propos qui dépassent la logique de concurrence des victimes dont il se fait désormais le relais.


Dès 2002, Dieudonné parle dans une interview donnée au site blackmap de «lobby très puissant qui a le monopole de la souffrance humaine et qui ne nous reconnaît absolument aucune existence! [...] le lobby juif déteste les Noirs, vraiment! Étant donné que le Noir, dans l'inconscient collectif, porte la souffrance, le lobby juif ne le supporte pas, parce que c'est leur business!».


Progressivement, Dieudonné va se réapproprier tous les clichés et les thèmes traditionnels d’un antisémitisme qu’il masquera par un engagement «antisioniste»(il sera présent avec Alain Soral en 2004 sur la liste Europalestine, avant d’etre écartés de l’association pour «fréquentations douteuses»): le «lobby sioniste», qui devient parfois «des juifs» ou même «les Juifs» deviennent les seuls boucs émissaires de la souffrance des Noirs; dénonciation d’une «main basse sur les médias», du «Dieu argent», de la «pleurniche internationale»…


Assez logiquement, Dieudonné en vient à fréquenter l’extrême droite qu’il avait autrefois combattue: après avoir donné au début 2006 une interview au «Choc du mois», le cap du symbolique est franchi lorsqu’il se rend la même année à la fête du Front National, où sa rencontre avec Le Pen (qui deviendra le parrain d’une de ses filles) est orchestrée sous l’œil des caméras…


Cette «reconversion» de Dieudonné aboutit au printemps 2009 à la constitution de la Liste Antisioniste, conglomérat de négationnistes, d’intégristes chiites, de complotistes, de catholiques traditionalistes, de «rouges-bruns», sous la houlette de Yahia Gouasmi (président du Centre Zarah) et de Alain Soral, alors fraîchement éconduit de la liste du FN dont il convoitait la première place.


Se drapant sous la bannière de l’antisionisme, l’objectif est, en recyclant de vieilles thématiques d’extrême-droite aux cotés de «représentants» de communautés minoritaires et discriminées (Dieudonné pour les Noirs, Gouasmi pour les musulmans), de les diffuser auprès de franges de la population à priori hostiles à l’extrême-droite «traditionnelle», notamment dans certaines banlieues, et de semer une confusion dans des repères politiques qui n’en avaient déjà pas besoin.


Si cette liste n’a obtenu que 1,4% des voix, elle n’en a pas moins rencontré un écho certains auprès de populations opprimées qui se sentent légitimement lésées dans la reconnaissance de leurs souffrances actuelles (racisme) et passées (esclavage et colonialisme), et qui se reconnaissent dans la lutte du peuple palestinien.


Un danger pour le mouvement de solidarité avec la Palestine


La confusion politique entretenue par l’extrême droite sous toutes ses formes entre antisionisme et antisémitisme (et par ailleurs alimentée par le chantage à l’antisémitisme qui rend difficile toute critique de la politique israélienne) est bien évidemment dangereuse pour le mouvement antiraciste et anticolonialiste de soutien au peuple palestinien.


Ainsi, lors de la manifestation parisienne du 24 janvier 2009 pour dénoncer le massacre de Gaza, plus d’une centaine de militants d’extrême droite, sous la houlette du Parti Anti Sioniste de Yahia Gouasmi, avaient tenté (sans succès grâce à l’intervention du service d’ordre de la manifestation) de se joindre au cortège.


Le 8 juillet, suite au saccage de la librairie parisienne Résistance(s) (tenue par la CAPJPO-Europalestine) par des membres de la LDJ a lieu un rassemblement de soutien, lors duquel prend la parole (parmi une vingtaine d’intervenants) un certain John Bastardi Daumont, jeune avocat inconnu des organisations présentes.


Il ne l’est désormais plus, puisque ses clients sont Paul-Eric Blanrue (auteur de «Sarkozy, Israël et les Juifs», et proche de l’extrême droite et du milieu négationniste) et… Robert Faurisson, comme nous en avons la confirmation depuis le 22 septembre. Ce dernier exemple montre à quel point les organisations actives dans le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien doivent être vigilantes, sous peine de faire perdre toute crédibilité à un mouvement qui n’en a vraiment pas besoin, et de renforcer l’extrême droite.


Car sous prétexte d’antisionisme, c’est bien de cela qu’il s’agit. Dans une interview à la revue identitaire Réfléchir et Agir (n°33, Automne 2009), à la question «Ne faites vous pas fausse route en combattant le sionisme qui est la défense des intérêts d’Israël plutôt que le projet politique du judaïsme qui est le gouvernement mondial?», Dieudonné répond: «Je combats comme vous ce projet mondial mais le sionisme me parait être la représentation la plus claire de cela en termes politique, financier et militaire.» CQFD.


«La France n’existe plus, nous sommes désormais une colonie israélienne»


Quel que soit le jugement rendu par le tribunal le 27 octobre prochain, Dieudonné a déjà montré quelles étaient ses vraies motivations. Les nôtres restent intactes: soutenir le peuple palestinien, lutter contre tous les racismes et l’extrême droite, quelle que soit son visage et où qu’elle se présente.

Alexandre


1. Voir à ce sujet un excellent article de Pierre Tévanian «Un négationnisme respectable» (Mai 2005), sur le site «Les mots sont importants»

2. Dieudonné, dans une vidéo diffusée sur le site La Banlieue s’exprime, le 5 octobre 2009

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 09:07
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 10:25

26 août 2009 - Le Télégramme


Deux commerces de Lanester, appartenant depuis peu à des personnes d'origine turque, «L'Univert» tenu par Ibrahim Sungurtekin et «L'Anadolu», ouvert en début de mois par HuseyinToplayici, ont été tagués dans la nuit de samedi à dimanche. Pour le premier commerce, quatre inscriptions ont été réalisées avec des propos racistes et des croix gammées. Sur la devanture du second, ce sont une croix gammée et le sigle des SS qui ont été découverts par le commerçant. Une plainte a été déposée au commissariat. En octobre dernier, c'était l'association culturelle turque, située rue Jean-Jaurès, qui avait été victime de propos similaires.

 

Post Scriptum du Npa :


A mettre en relation avec l'apparition d'autocollants suite à le tentative d'implantation"identitaires"dans la région et leur autocollants hostiles à la Turquie dans l'Europe.

Chassons ces nazillons!

Ainsi le samedi 12 septembre de 14 h à 17 h se tiendra à Pontivy, la prochaine réunion du Comité de Vigilance contre l'extrême-droite en Bretagne (CEVD)

Le Comité de Vigilance contre l’Extrême Droite - Bretagne

Le CVED regroupe des individus, associations, et organisations syndicales et politiques pour lutter contre l'extrême droite. Sachant que la crise actuelle permet à l'extrême droite de se développer plus rapidement, le CVED s'inscrit dans la dénonciation, sans équivoque, du capitalisme qui, de par son principe d'exploitation et de paupérisation, sert de terreau au fascisme.


CHARTE DU CVED -BRETAGNE

A partir du constat que tente de s’implanter par son principe d’inégalités, d’exploitation en Bretagne une nouvelle forme d’extrême et de paupérisation, sert de terreau au fascisme.

Le CVED - Bretagne a aussi pour objectif de riposter au plus vite à toute  démonstration ou expression publique de l’extrême - droite. Il a pour tâche d’alerter , de combattre les idées de l’extrême-droite,quelles qu’en soient leurs formes.
Nous contacter :
site internet : http://www.cved-bzh.c.la

mail : cvedbzh@riseup.net
Organisations soutenant le CVED - Bretagne (début juillet 2009)

Morbihan : CGT Educ'action ; Chômeurs Rebelles CGT ; Sud Education ; CNT 56 ; Groupe Lochu - FA ;
Section PC Lanester ; NPA 56 ; AL 56 ; Ingalañ
Ille et Vilaine: Sud Rail 35 ; Collectif antifa rennais ; CBIL ; Comité étudiant Rennes NPA ; AL Rennes
Côtes d'Armor : NPA Lannion ; groupe anarchiste jes futuro ; CIBL
Finistère : Ras l'Front Trégor ; NPA Cahraix ; NPA 29
Loire Atlantique : CBIL ; Ingalañ Bro Naoned

Contre l’extrême droite en Bretagne

Mieux les connaître... Pour mieux les dénoncer !

Depuis quelques temps, de nouvelles organisations d'extrême droite se développent un peu partout, et depuis peu en Bretagne sous le nom de "Jeune Bretagne". Ces groupes appartiennent à la mouvance dite"identitaire", qui allie un folklore régionalisant de façade à de l'opportunisme écologique et social.


Face à ce nouveau danger, confirmé par l'ouverture récente d'une maison “identitaire" dans le Trégor, le "Comité de Vigilance contre l'Extrême Droite en Bretagne" (CVED -Bretagne) a été créé par des organisations syndicales,
associatives, politiques et des individus.


Le CVED vous propose cette brochure pour que vous puissiez identifier les tentatives d'infiltration des identitaires dans vos organisations ou lors des différents évènements que vous organisez (festivals musicaux, foires bio,
manifestations sociales, etc.).
En effet, si les identitaires en Bretagne ne sont pas très nombreux, il est nécessaire d’empêcher leur développement avant les inévitables dérapages inhérents à cette mouvance.

Comment les reconnaître ?

La mouvance identitaire regroupe, entre autres, au niveau national, le Bloc identitaire - qui utilise comme logo le sanglier - et les Jeunesses Identitaires - qui utilisent comme logo le " V " inversé jaune sur fond noir.
En Bretagne, les identitaires utilisent surtout le logo de Jeune Bretagne : un triskell entouré de l'inscription "Jeune Bretagne - La génération identitaire"

Leurs appellations Leurs slogans

JeuneBretagne, Jeunesses identitaires, Jeunes identitaires, " L'immigration n'enrichit que les patrons "
Ty Breizh, Maison bretonne, Maison identitaire bretonne, " Xénophiles collabos "
Breizh Yaouank, Génération identitaire, Bloc breton, disques "Alternative-s" ...

Leurs autocollants

Leurs autocollants reprennent les codes de ceux des jeunesses identitaires : fond jaune, lettrage et dessin noir et blanc.
Comme pour leurs slogans, certains autocollants sont très "consensuels ", d'autres révèlent le vrai visage haineux des identitaires.

Quelques personnages

Yann Vallerie : porte-parole de Jeune Bretagne, ancien des Jeunesses nationalistes bretonnes, 24 ans.
Mickaël Prima : ancien porte-parole de Jeune Bretagne.
Philippe Milliau :Bloc Breton, Bloc Identitaire (responsable national " Formation "), MNR, 60 ans. C'est par lui qu'ils ont acheté Ty Breizh.

Leur téléphone : Si vous êtes contactés par ce numéro : 06.21.46.20.05, c'est eux.

La mouvance identitaire

La mouvance identitaire (le " Bloc Identitaire " et l'organisation de jeunesse " Jeunesses Identitaires ", en Bretagne : " Bloc breton " et " Jeune bretagne ") est née sur les cendres du groupuscule " Unité Radicale ", dissout suite à la tentative d'attentat de Maxime Brunerie contre Jacques Chirac. Elle essaie maintenant de nier cette filiation peu glorieuse, mais elle en a gardé tant l'idéologie de haine et d'exclusion (racisme, sexisme, homophobie, etc...) que les méthodes pour le moins violentes.

Une façade de respectabilité

Sous un régionalisme folklorisant, l'alternative que image respectable, ils n'hésitent pas à jouer sur la confusion avec des mouvements écologiques ou
 à la mode : écologie, décroissance, solidarité, sociaux parfois très éloignés, allant jusqu'à se revendiquer
de l'héritage de la Commune de Paris  et même l'antiracisme ! (y compris le racisme anti-blanc...").
Les festivals de musique, marchés bio, fêtes folkloriques,manifestations sociales sont aussi des cibles potentielles pour tenter des apparitions.

L'entrisme comme stratégie

Ne reculant devant rien, ils vont jusqu'à prôner l'entrisme (infiltration), notamment au sein des organisations syndicales, des associations bio,
des associations de parents d'élèves... Tout est bon pour pouvoir placer
des militants. Ainsi, ils se targuent déjà d'avoir des militants infiltrés dans des organisations syndicales.

Des moyens financiers et logistiques

Présente dans plusieurs régions, avec des relations à l'étranger (Lega nord en Italie, Vlaams Belang en Belgique, FPO autrichien, JI Geneve...), la mouvance identitaire a déjà ouvert trois " maisons identitaires " en France.

En Bretagne, Jeune Bretagne a inauguré en avril l'auto-proclamée maison de l'identité bretonne, "Ti Breizh", à Guerlesquin, dans le Trégor. C'est la troisième maison identitaire créée en France, après "la Maioun" à Nice et "'t Vlaams Huis" à Lille, et d'autres maisons vont être ouvertes à Paris...
Outre la volonté de s'implanter localement, ces maisons leurs permettent
d'organiser des soirées, des conférences, mais aussi des entraînements
aux sports de combat (par exemple, la Vlaams huis possède une salle
et tout l'équipement nécessaire pour la boxe thaïe)...


Cachez le facho, il revient au galop...

 

Outre les actes violents, ils apparaissent dans de multiples actions telles que distribution de soupe de cochon aux SDF (ce qui exclut les juifs et les musulmans), perturbation des manifestations de soutien aux sans-papiers, soutien aux Serbes du Kosovo,
On trouve ainsi sur leur blog combat... une rune “wolfsangel", symbole de la divison Waffen SS "Das Reich".

CVED - Bretagne ; spécial identitaires ; juillet 2009 CVED -

 

(extrait de la brochure d'aprs le Pdf, si quelqu'un en a une version compatible avec le blog elle sera mise en intégralité avec leurs (beuark!) autocollants et tout).

 


 



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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 09:41


Mainf anti-lepen.jpg

Si les dernières élections confirment l'emprise de Marine Le Pen sur le Front national et l'influence de l'extrême droite, celle-ci reste éclatée.


Aux européennes, Marine Le Pen, dans sa circonscription, a réussi à « limiter la casse » et réalise le meilleur score du FN (10,18%). A Hénin-Beaumont, commune où se cumulent pauvreté, chômage, délitements industriel et social et corruption d'une partie de la municipalité PS, la benjamine Le Pen, appuyée par l'équipe de « l'enfant du pays »2, obtient 39,34% au premier tour des municipales partielles et améliore son score au second.


Tout porte à croire qu'elle succédra à son père au sommet de « l'entreprise familiale » FN et qu'elle sera la candidate du parti à la présidentielle de 2012. Mais, n'est-ce pas une victoire à la Pyrrhus ? En effet, le FN, passé de sept à trois élus au Parlement européen, connaît, depuis une décennie, une crise militante, une hémorragie régulière de ses cadres3 et un endettement élevé4.


La crise majeure, ouverte en 1998 par la scission « mégretistes», ne semble toujours pas close. Fruit de divisions internes (divergences sur les rapports avec la droite de gouvernement, désaccords sur les contours et la définition de l'identité française, divergences sur l'évolution de la société française…), accentuées, dans les années 1990, par des mobilisations antifascistes massives, elle ne cesse de rebondir, contraignant la nouvelle génération de cadres frontistes à faire son « baptême du feu », dans le nouveau cycle historique ouvert par la chute du Mur de Berlin.

 

Clivages 

La nouvelle donne politique de ce cycle a amplifié les effets centrifuges de la scission de 1998 et mis fin au « compromis nationaliste » sur lequel le Front national avait construit son influence depuis les années 1970. Aujourd'hui, la « famille nationaliste » reste traversée par des clivages, anciens et nouveaux: l'identité, les questions internationales, les réponses (nationales-libérales ou nationales-sociales) à la mondialisation, à la crise financière et à l'offensive sarkozyste… Ces clivages débouchent sur des choix organisationnels différents selon les composantes.


Certaines privilégient le combat électoral (leurs faibles scores marquent surtout leur capacité de nuisance face au FN). Fin 2007, d'anciens FN, pour beaucoup passés par le Mouvement national républicain (MNR), constituent la Nouvelle Droite populaire (NDP) sur une critique radicale du mondialisme et de l'islam. Début 2009, Carl Lang crée le Parti de la France (PDF), pour renouer avec les « fondamentaux » que les « marinistes » renieraient. Des groupes régionaux du FN éclatent (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Centre, Basse et Haute-Normandie). La « vieille garde lepéniste » et la NDP se mettent alors au service de Carl Lang, sans nécessairement rejoindre le PDF. En février dernier, l'ex-stalinien Alain Soral claque la porte du FN et rejoint Dieudonné sur sa liste « antisioniste ». L'association de Soral devrait se transformer en Parti de la réconciliation nationale, à la fin de l'année.


Contexte européen 

D'autres composantes privilégient « l'enracinement » militant et l'activisme. Depuis l'été 20026, les Identitaires, « régionalistes et européens », investissent le terrain. Leur activisme, souvent violent, se porte surtout contre les immigrés et les IVG. Comme en Italie, ils installent des « centres sociaux » (Lille, Nice, Guerlesquin).


Créé en 2005, le Renouveau français concurrence les Identitaires sur le terrain de l'activisme. Ce groupe « nationaliste, catholique et contre-révolutionnaire », dirigé par un ex-FN, organisait, cette année, la commémoration du 6 février 19347 devant l'Assemblée nationale.


La mouvance d'« ultradroite » reste présente dans les stades, organise des concerts et joue les supplétifs dans les services d'ordre « unitaires ».


D'autres, enfin, veulent peser « à la droite de la droite » et rejoignent le Mouvement pour la France (Jacques et Marie-Claude Bompard, Gérard Freulet…) ou, in fine, l'UMP (Daniel Simonpieri, Guillaume Peltier…).

Le morcellement actuel de l'extrême droite française est, fort heureusement, un frein à son influence. Mais, il est nécessaire de resituer ce « contre-temps » dans un contexte continental, favorable à la progression des droites populistes et xénophobes. 

Gabriel Gérard


 

1. Selon les propos de Marine Le Pen à l'annonce des résultats d'Hénin-Beaumont.

 

 

2. Sur l'implantation de Steeve Briois (tête de liste) et de son équipe, il faut voir le documentaire d'Edouard Mills-Affif, « Au pays des gueules noires ».

 

 

3. De nouveaux départs du bureau politique étaient rendus publics au lendemain des européennes.

 

 

4. Le FN traîne 9 millions d'euros de dette. Pour l'essentiel, elle a été contractée auprès de l'imprimeur Fernand le Rachinel. Ce dernier a contribué à la présentation de la liste « antisioniste » de Dieudonné.

 

 

5. Bruno Mégret et ses partisans ont alors créé le Mouvement national républicain qui, aujourd'hui, compterait un millier d'adhérents.

 

 

6. Date de la dissolution d'Unité radicale.

 

 

7. Emeutes antiparlementaires à l'initiative des ligues d'extrême droite.

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