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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 09:01

 


 par tiqqun

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 09:27
imagrrges
FN : un programme contre les salarié-es !
10 février 2012
 

Reproduction d’un tract diffusé par l’Union syndicale Solidaires.



 

 

Un État fort ?


Pour encore moins de justice sociale !


Hormis quelques formules bateaux, « le Front national propose de bâtir un État fort », « un État stratège qui aiguillonne notre pays vers l’innovation, la prospérité et assure son rayonnement », « un État protecteur et solidaire, garant des services publics  » : rien de précis, notamment sur la redistribution des richesses et sur la fiscalité qui sont pourtant des piliers fondamentaux pour la cohésion et la justice sociales.


N’est-il pas inquiétant de parler d’État fort sans jamais citer la citoyenneté, la démocratie, l’égalité, la liberté, la solidarité ?

Le programme du FN sur le rôle d’un État fort est dangereusement clair, c’est d’abord et uniquement une police et une armée renforcées (création d’une garde nationale et construction d’un sousmarin nucléaire !), une justice qui punit lourdement, des fonctionnaires aux ordres…


Jamais le FN ne propose de solution pour répondre aux besoins sociaux, sauf quand il désigne « l’autre », l’étranger comme responsable de tous nos maux !

« Le sens des responsabilités nous oblige à une bonne gestion des deniers publics… les collectivités locales devront enfin maîtriser leurs dépenses » : cette attaque contre les collectivités locales, leurs services publics et la décentralisation perd toute crédibilité lorsqu’on se rappelle la gestion calamiteuse et clientéliste des budgets municipaux à l’époque très récente des mairies FN d’Orange, Marignane, Toulon, Vitrolles…

Le pouvoir d’achat ? 200 € virtuels, et c’est tout !


Le FN propose de financer cette mesure, dont le coût est d’environ 20 milliards d’euros, par une augmentation des taxes à l’importation. Cette mesure est complètement fantaisiste, elle feint d’ignorer que les droits de douane alimentent exclusivement le budget européen et qu’ils sont impossibles à nos frontières, sauf à sortir de l’Union européenne, ce qui est le vrai projet du FN.


Le FN nous promet une France vivant en autarcie, coupée du monde, attaquée de toutes parts, alors qu’une autre mondialisation est possible.

Et pour augmenter les salaires, pourquoi le FN ne s’adresse-t-il pas aux chefs d’entreprises, petites et grandes ? Pour augmenter les aides sociales, pourquoi le FN ne propose-t-il pas une hausse des cotisations pour les entreprises dégageant des profits énormes ?


La dette ? Elle n’est pas illégitime, selon le FN !


Pour réduire la dette, le FN propose de « réduire la mauvaise dépense », « préserver la bonne dépense » et « autoriser la Banque de France à détenir des titres de la dette ». La traduction est simple : réduction des budgets sociaux et du rôle de l’État protecteur, poursuite des dépenses publiques pour les seuls Français (depuis combien de générations ?) et financement de la dette par l’épargne populaire !


Jamais le FN ne déclare qu’une grande partie de la dette publique provient des taux d’intérêt pratiqués par les banques privées, françaises et étrangères, qui prêtent à l’État, puisque les banques centrales n’ont pas le droit de le faire.

Jamais le FN ne propose d’effacer le montant de la dette qui correspond à l’enrichissement des banquiers que l’État a sauvés en les renflouant grâce à nos impôts !


La protection sociale ? Sacrifiée !


Le FN se défausse sur les thèmes de la sécurité sociale et du système de retraites par répartition. Il n’y a également aucune volonté de sa part de revaloriser les minima sociaux et le RSA. Comme le gouvernement, le FN stigmatise la « fraude sociale » et veut renforcer les « vérifications » à Pôle Emploi. Comme le gouvernement actuel, il refuse de s’attaquer aux niches et fraudes fiscales, aux exonérations patronales de cotisations sociales, etc., dont les sommes colossales permettraient de combler largement le déficit de la Sécurité sociale.

Pour renforcer le système de Protection sociale, comme sur d’autres questions, il faut imposer une autre répartition des richesses… ce dont il n’est jamais question dans le programme du FN !


Les patrons ? Main dans la main avec eux !


Face au chômage de masse et à la précarité, que propose le FN ? « Le redressement des classes moyennes et des PME/PMI... » De fait, il ignore les classes populaires qui sont le plus durement touchées par la crise. Les mesures du FN favorisent d’abord le patronat, en allégeant « le coût du travail, sans pour autant grever le pouvoir d’achat des ménages », c’est-à-dire en baissant les cotisations patronales...

Et si les « lois sur le temps de travail ne seront pas abolies », une «  renégociation sera autorisée à la condition qu’elle s’accompagne d’une augmentation proportionnelle du salaire », cela revient à l’arnaque du « travailler plus pour gagner plus ».

D’autant que le FN ne compte pas revaloriser le SMIC, qui permet à peine de survivre.


Conditions de travail ? Dégradation et précarité !


L’accélération de la précarité de l’emploi, via les contrats à durée déterminée, les temps partiels et l’intérim, est le lot commun de millions de salarié-es. Aucune proposition concrète n’est pourtant développée par le FN qui ignore également complètement la dégradation des conditions de travail.

Enfin, concernant la destruction continue de dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique, le FN propose un simple « gel des baisses des effectifs ».


Les femmes ? Au foyer !


La mesure phare du FN pour les familles reste la « création d’un revenu parental », à partir du 2e enfant. Il s’agit en fait d’un salaire maternel, édulcoré. En effet, au vu des inégalités entre sexes dans les tâches domestiques, de la réalité de l’emploi féminin (précarité, temps partiel imposé, inégalité salariale), cette mesure est créée pour inciter à un retour au foyer des mères. Il ne s’agit en aucun cas d’une mesure protectrice ou favorisant les droits des femmes. Dans le même temps, en déclarant la guerre au Planning Familial, en voulant organiser un référendum pour donner à la vie un caractère sacré dès la conception, en faisant du déremboursement de l’IVG un axe de sa campagne…

C’est bien à la liberté des femmes à disposer de leurs corps que le FN s’attaque !



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Les effets de la crise sont de plus en plus violents


Les difficultés à boucler ses fins de mois, même pour répondre aux seuls besoins de première nécessité (s’alimenter, se loger, se vêtir…), la peur de l’avenir pour soi et les siens, sont devenues le lot quotidien d’une partie toujours plus grande d’entre nous. Plus personne n’est à l’abri, déjà plus de 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté dans notre pays.


Face à un gouvernement incapable d’enrayer cette crise…


…et qui privilégie toujours patronat et plus riches, face à un président de la République qui affiche sa connivence avec les milieux affairistes et financiers alors même que le pouvoir réel semble être passé des politiques aux marchés… le sentiment d’injustice et d’abandon, de n’être ni écouté ni entendu, est légitime.

Les souffrances, l’exaspération et l’envie de « donner un coup de pied dans cette fourmilière » se généralisent.


De tels contextes ont toujours été bénéfiques aux droites extrêmes


Le FN entend en profiter pour élargir son électorat et imposer encore plus ses idées déjà largement banalisées, notamment par un gouvernement qui s’est sciemment placé sur certains de ses domaines de prédilection. Il s’affiche désormais comme le défenseur de la classe ouvrière et comme un parti « antisystème » au service des « petits ».


Le FN n’est pas un parti comme les autres, il n’a jamais changé


Il a seulement adapté son discours et avance masqué derrière une façade supposée plus respectable, plus sociale et plus crédible. Ses fondamentaux demeurent les mêmes : stigmatisation d’une partie de la population, instrumentalisation des peurs, remise en cause de la place des femmes dans la société... la « préférence nationale », idée nauséabonde et profondément opposée aux valeurs que nous portons et défendons, demeurant la colonne vertébrale de toute sa politique.


Au-delà de la dénonciation des fondements populistes, sexistes, racistes…


…qui demeurent l’essence de ce parti, il est de notre responsabilité de montrer la réalité de son programme, plus particulièrement en matière sociale. Sur toutes ces questions essentielles, les propositions sont rares et contraires aux intérêts des salarié-es, notamment de celles et ceux déjà les plus touchés par la crise.


Comment s’en étonner de la part d’un parti qui a toujours soutenu les pires dérives ultralibérales et qui est toujours prompt à dénoncer les mouvements sociaux et le rôle des syndicats ? Souvenons- nous des attaques haineuses de Marine Le Pen et de membres de son parti contre le mouvement social opposé à la réforme des retraites en 2010 !

Le FN demeure l’allié du patronat et l’ennemi des salarié-es ! Contre la division, Solidaires défend au contraire la solidarité de classe entre les travailleurs-euses !


Les réponses alternatives et les avancées pour ceux/celles-ci et leurs familles ne viennent jamais de l’extrême droite mais bien des mobilisations sociales que nous devons construire et amplifier pour gagner !


Aujourd’hui comme hier, le FN demeure le pire ennemi des salarié-es !


Tract Solidaires . Février 2012


Ce document a été réalisé par Solidaires à partir d’analyses menées par l’association Visa.

 

Pour en savoir plus : http://www.visa-isa.org

 


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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 12:21
sarkozy-marine-le-pen


Il est bien peu probable que Sarkozy puisse empêcher Marine Le Pen d’être candidate, mais lui et ses ministres sont obsédés par l’idée de lui disputer son électorat pour éviter d’imploser, coincés entre elle et Bayrou.

«Toutes les civilisations ne se valent pas », déclarait la semaine dernière, provocateur, Guéant. Il s’est fait une spécialité de ces petites vilenies comme quand, la veille des élections cantonales, il déclarait : « À force d’immigration incontrôlée, les Français ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux. »

 

Jean-François Copé n’a pas voulu être en reste. Sur France Inter, il vantait les valeurs communes aux électeurs de droite et d’extrême droite, « notamment en matière de sécurité, de fermeté, de lutte contre l’immigration clandestine et aussi sur le plan économique ». Et d’expliquer que voter Marine Le Pen signifierait « mécaniquement » la victoire de la gauche.

 

Quelques jours après, Sarkozy a pris la main en annonçant les grandes lignes de sa campagne dans une interview accordée au Figaro, articulée autour des « valeurs » de « travail », de « responsabilité » et d’ « autorité ». Au nom de ces prétendues valeurs, il a désigné les travailleurEs les plus démuniEs, les plus fragiliséEs à la vindicte populaire.

 

Il n’a pas trouvé mieux, lui qui promettait de ramener le chômage à 5 % alors qu’il est aujourd’hui au plus haut depuis douze ans (environ 10 %), que de proposer un « nouveau système dans lequel l’indemnisation ne sera pas une allocation que l’on touche passivement, mais la rémunération que le service public de l’emploi versera à chaque demandeur d’emploi en contrepartie de la formation qu’il devra suivre ».

 

Ensuite, les chômeurEs ne pourront pas refuser une offre de travail. Et Sarkozy souhaite, si les syndicats ne se plient pas à cet oukase organiser un référendum « sur ce système d’indemnisation du chômage et sur la façon dont on doit considérer le travail et l’assistanat ».

 

Les chômeurEs, des assistéEs ! Dans la foulée, il s’en prend au droit de vote des immigréEs aux élections locales et au droit des étrangers, envisageant de soumettre les décisions d’expulsions à un juge administratif pour les faciliter. Proposition qui, elle aussi, pourrait être soumise à référendum.

 

Sarkozy tient le même discours que l’extrême droite, il utilise aussi les mêmes méthodes, la provocation, la politique du bouc-émissaire dans le but de diviser les classes opprimées en agressant les plus faibles. Un des enjeux de la campagne est de retourner cette politique pourrie contre son instigateur.

 

Yvan Lemaitre

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 12:52
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Au nom de la civilisation aryenne...
8 février 2012

 

« Toutes les civilisations ne se valent pas », a donc déclaré en 2012 un ministre de la République, évoquant des civilisations « plus avancées » que d’autres ou« supérieures » à d’autres, puis précisant que «  ce qui est en cause, c’est la religion musulmane  ». Un député de la Nation lui a répondu que c’était « une injure faite à l’homme », sur le fumier de laquelle avaient poussé ces « idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration ». Face à l’ignominie proférée par ce ministre, Claude Guéant, ce député, Serge Letchimy, a sauvé notre honneur. Démonstration dans ce parti pris.


Il est des temps de déchéance nationale où l’on en vient à avoir honte non seulement des dirigeants de son pays, mais aussi de cette presse qui accompagne leur bassesse. C’est ainsi qu’au lendemain de l’intervention à l’Assemblée nationale du député (apparenté PS) de la Martinique et président de son conseil régional, on lit, mercredi 8 février, dans Le Figaro (en manchette de Une) et dans Libération (en page 12, dans le corps de l’article) le même mot :« dérapage ». «  Le dérapage du député Letchimy efface celui de Guéant », écrit le quotidien classé à gauche, tandis que le brûlot de la droite titre : « Le dérapage d’un député PS enflamme la campagne ».


L’incendiaire, ce serait donc l’héritier politique d’Aimé Césaire, leader du Parti progressiste martiniquais. Et son « dérapage », qui effacerait la monstruosité énoncée par Claude Guéant, elle-même réduite à un simple écart de langage, devrait être mis sur le compte de « circonstances atténuantes » (Libération toujours), liées, pour reprendre les termes de Pierre Moscovici, directeur de la campagne socialiste à la présidentielle, à « sa sensibilité, celle d’un homme qui appartient aux Antilles ». Assigné à son origine, voire à la couleur de peau qui en témoigne, Serge Letchimy est ainsi renvoyé au registre passionnel de l’émotion.


C’est tout le contraire : le premier élu de la Martinique, président de son exécutif régional, a tenu un discours de raison, aussi argumenté que nécessaire, aussi justifié que pertinent. Aucun des deux articles de presse précités ne cite précisément la question au premier ministre de Serge Letchimy, se contentant d’en extraire les mots « nazisme » et « camp de concentration » comme s’il s’agissait de cris, d’injures ou d’insultes lancés dans l’hémicycle parlementaire. Il faut donc commencer par lire le raisonnement développé par le député martiniquais, et c’est alors que l’on comprend qu’il n’a fait qu’énoncer les principes qui ont fondé les valeurs démocratiques européennes aux lendemains de la barbarie nazie et du génocide juif.


En interpellant François Fillon, mardi 7 février, Serge Letchimy s’adresse en réalité à Nicolas Sarkozy qui avait qualifié, la veille, de « bon sens » la défense d’une hiérarchie des civilisations par le ministre de l’intérieur, son homme de confiance, devant les extrémistes de droite de l’UNI. Il n’est pas indifférent de souligner que le gouvernement a quitté la séance quand l’orateur en vint à évoquer ce « jeu dangereux et démagogique » qui consiste à vouloir « récupérer sur les terres du FN » cette « France obscure qui cultive la nostalgie » de la colonisation. Il n’est pas indifférent non plus que cet affront du pouvoir exécutif au pouvoir parlementaire n’ait pas de précédent connu depuis… 1898, c’est-à-dire depuis l’affaire Dreyfus, scène inaugurale de l’émergence de l’extrême droite moderne.


« Non, M. Guéant, ce n’est pas “du bon sens”, commence le député, c’est simplement une injure qui est faite à l’homme. C’est une négation de la richesse des aventures humaines. C’est un attentat contre le concert des peuples, des cultures et des civilisations. Aucune civilisation ne détient l’apanage des ténèbres ou de l’auguste éclat. Aucun peuple n’a le monopole de la beauté, de la science du progrès ou de l’intelligence. Montaigne disait “chaque homme porte la forme entière d’une humaine condition”. J’y souscris. Mais vous, M. Guéant, vous privilégiez l’ombre. Vous nous ramenez, jour après jour, à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l’esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ? »


Serge Letchimy fut ensuite privé de parole par le président de l’Assemblée nationale quand il se mit à évoquer cette « autre France, celle de Montaigne, de Condorcet, de Voltaire, de Césaire ou d’autres encore, une France qui nous invite à la reconnaissance, que chaque homme… ». Or il n’avait fait qu’illustrer lui-même ce qu’a défendu cette France-là, celle qui s’est finalement, et tardivement, accomplie dans l’affirmation politique qui fonde notre République : l’égalité des humanités, quelles que soient leurs origines, leurs races, leurs croyances, leurs cultures, leurs civilisations.

Une offensive idéologique contre le principe d’égalité

Comme famille intellectuelle, l’extrême droite moderne s’est affirmée puis construite sur la négation de ce principe d’égalité. Quelles que soient ses incarnations partisanes, ses variantes nationales ou ses radicalités diverses, son credo fondateur est le refus de l’égalité et son projet politique, la construction d’une hiérarchie. Hiérarchie entre nationaux, entre citoyens, entre peuples, entre nations, entre cultures, entre races, entre religions, etc.

Et c’est bien ce credo que, sous notre actuel régime de droite extrême, un ministre de la République a choisi de banaliser dans une provocation calculée jusque dans ses choix sémantiques. Ainsi de cette promotion, par la novlangue sarkozyenne, du mot « relativisme » pour disqualifier l’idéal républicain d’égalité – égalité des droits, des possibles, des libertés, des humanités, etc.


Or ce credo inégalitaire est potentiellement meurtrier, et nous le savons, en Europe, d’expérience désastreuse vécue. Hiérarchiser les humanités et leurs créations (cultures, religions, civilisations), c’est ouvrir la voie au tri et à la sélection : écarter ce qui est déclaré « moins avancé », sélectionner ce qui est supposé « supérieur », nier l’humanité de ce qui est jugé « inférieur ».


Ce n’est certes pas une condition suffisante – il y a encore loin, heureusement, de l’aveuglement idéologique à la politique criminelle –, mais c’est une condition nécessaire : dans la pensée habituée des civilisations supérieures, les peuples européens n’ont-ils pas fini par s’accommoder, avec une impuissance muette ou une complaisance active, des crimes commis contre les inférieurs qu’elles discriminaient ?


C’est bien pourquoi, sous l’effet de l’immédiate conscience de la catastrophe européenne de la première moitié du XXe siècle, notre Constitution, dans son préambule de 1946 repris en 1958, a tenu à préciser le sens de la proclamation originelle contenue dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789. « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », énonce cette dernière quand le préambule ajoute : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. »


L’égalité donc, toujours et encore, fondée sur le refus d’une distinction hiérarchisant races, religions et croyances, auxquelles la Constitution de 1958 ajoutera « l’origine », précisant aussi que la République «  respecte toutes les croyances ». L’égalité comme principe créateur de libertés et de progrès : le droit commun d’avoir des droits, dans le sillage de la philosophie du droit naturel qui ébranla la tyrannie de monarchies fondées sur une hiérarchie de privilèges qui triait l’humanité dès sa naissance. Tel est le scandale démocratique qu’hier, la droite anti-républicaine, de son cœur conservateur à ses franges fascistes, s’est acharnée à combattre jusqu’à s’épanouir sous le régime de Vichy.


Il fallut sa chute avec celle du nazisme dont il était l’allié, des monceaux de cadavres, deux guerres mondiales et des crimes contre l’humanité, pour obliger cette droite à se convertir à la République, par le détour de la dissidence gaulliste. Or c’est cette conversion qu’ébranle et corrompt le sarkozysme dans sa course à l’abîme : en stigmatisant une religion particulière, l’islam, et la culture musulmane qui lui est associée, en ouvrant ainsi la voie à la persécution ordinaire d’une partie de nos compatriotes, il contredit la République elle-même. Tissant de nouveau les liens qui avaient façonné les droites réactionnaires de l’entre-deux-guerres, la droite aujourd’hui au pouvoir fait droit à l’extrême droite, à son idéologie autoritaire et à son obsession xénophobe.


Bien naïfs ceux qui se rassurent à bon compte en pensant qu’elle le fait par seul calcul électoral. La vérité, c’est qu’elle y croit vraiment et que Claude Guéant est sincèrement convaincu de ce qu’il dit. Car, si l’antisémitisme qui les unissait s’est quelque peu dissipé sous le poids du crime européen, il reste une affaire toujours en souffrance qui continue de rapprocher droite réactionnaire et extrême droite : la question coloniale. C’est ce fantôme qui continue de rôder, depuis le placard à mémoires inapaisées où il fut enfermé en 1962 avec la faillite de l’empire colonial dans la perdition algérienne, cette guerre aussi sale qu’injuste, de déni des droits du peuple algérien et d’abjection politique par la banalisation de la torture, cette guerre aussi sale qu’injuste, de déni des droits du peuple algérien et d’abjection politique par la banalisation de la torture.


Si l’interpellation rationnelle de Serge Letchimy a provoqué ce scandale, c’est parce qu’elle visait précisément ce point, où se joue l’avenir de la France dans sa relation au monde, entre crispation identitaire et nécrose nationale ou bien, comme nous le souhaitons, vérité de son histoire et réconciliation de ses mémoires. L’hystérie politique que le député de la Martinique a obtenue pour seule réponse est un aveu : il frappait juste et disait vrai. Loin de proférer une énormité grossière en associant la négation de l’autre par le colonialisme et l’anéantissement de l’autre sous le nazisme, il ne faisait que rappeler la France, notre France, à la conscience lucide de l’engrenage criminel qui a conduit à la catastrophe européenne.

Savoir penser ensemble le colonialisme et le nazisme

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, penser ensemble le colonialisme et le nazisme était une opération intellectuelle logique. Il fallait comprendre comment l’innommable avait pu advenir, ce surgissement de la barbarie au cœur de la civilisation. Comment les sociétés européennes avaient-elle pu accepter leur propre brutalisation criminelle, comment leurs peuples avaient-ils pu être majoritairement indifférents à la destruction des Juifs d’Europe, comment leurs élites cultivées avaient-elles pu s’accommoder de la discrimination raciale qui la précéda ?


Dès 1951, dans son livre pionnier Les Origines du totalitarisme, la philosophe Hannah Arendt met l’expansion impérialiste des dominations coloniales à la charnière de ce basculement européen dans l’horreur. Elle n’hésite pas à discerner dans la domination coloniale, et notamment dans la « mêlée pour l’Afrique », dénuée de toute limite éthique, « maints éléments qui, une fois réunis, seraient capables de créer un gouvernement totalitaire fondé sur la race ». Elle y décèle même, entre dispositifs bureaucratiques et massacres de masse, l’une des prémisses du système concentrationnaire.


A la manière d’un renvoi à l’envoyeur, la démesure coloniale a fait retour sur l’Europe, produisant en son sein des barbares civilisés alors qu’elle croyait civiliser des barbares qui lui seraient extérieurs. Comme l’a amplement démontré l’historien Enzo Traverso dans son essai sur La Violence nazie, sous-titré Une généalogie européenne, l’ascension idéologique du racisme biologique fut parallèle à l’essor d’un colonialisme qu’il légitimait. Dès lors, souligne-t-il, « deux discours complémentaires se superposent : la “mission civilisatrice” de l’Europe et l’“extinction” des “races inférieures” ; en d’autres termes, la conquête par l’extermination ».


Rappelant que la notion d’« espace vital », loin d’être une invention nazie, était un lieu commun de la culture européenne à l’époque de l’impérialisme, de ses civilisations supérieures et de ses humanités inférieures, Enzo Traverso décrit « le lien qui rattache le national-socialisme à l’impérialisme classique », dont le ressort était la conviction de l’Europe « d’accomplir une mission civilisatrice en Asie et en Afrique ». Et il souligne que, pour les analystes des années trente et quarante du siècle passé, ce lien était évident. Or c’est bien cette évidence que Serge Letchimy a brandie à la face de tous ceux qui, de nouveau, laissent dire, au XXIe siècle, de façon officielle et ministérielle, étatique et nationale, qu’il existe des civilisations supérieures à d’autres.


Faute d’un travail de deuil de cet imaginaire colonial, le voici donc qui resurgit avec la violence d’un refoulé trop longtemps contenu. Que la droite le convoque à la manière d’une diversion n’enlève rien à sa dangerosité foncière : c’est une école de barbarie, ici même, comme l’avait dit avec force, dès 1950, un autre député martiniquais, Aimé Césaire, dans son Discours sur le colonialisme. Tout connaisseur de ce texte célèbre en aura entendu l’écho dans l’intervention de Serge Letchimy, tant on y trouve déjà l’affirmation du lien entre crimes coloniaux et crimes hitlériens : le « formidable choc en retour », selon Césaire, de cette corruption fatale que fut le colonialisme et qui a fait le lit de la barbarie nazie, sur ce fumier commun de la hiérarchie des humanités et de leurs civilisations.


Entraînant dans son sillage la cupidité marchande, la brutalisation des sociétés, la haine raciale et les théories pseudo-savantes qui la légitiment au nom d’une « mission civilisatrice » d’un Occident supérieur, l’aventure coloniale a fini par déciviliser le colonisateur et par ensauvager l’Europe elle-même. « Où veux-je en venir ? » demande Césaire dans son Discours, qui fut provoqué par la benoîte affirmation chez certains intellectuels français de la « supériorité incontestable de la civilisation occidentale ». « A cette idée, répond-il  : que nul ne colonise innocemment, que nul non plus ne colonise impunément ; qu’une nation qui colonise, qu’une civilisation qui justifie la colonisation – donc la force – est déjà une civilisation malade, une civilisation moralement atteinte, qui, irrésistiblement, de conséquence en conséquence, de reniement en reniement, appelle son Hitler, je veux dire son châtiment. Colonisation : tête de pont dans une civilisation de la barbarie d’où, à n’importe quel moment, peut déboucher la négation pure et simple de la civilisation. »

Une consternante régression à la face du monde

En évoquant ces « idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial », Serge Letchimy ne faisait donc que prolonger Césaire, son père en politique et cette grande figure dont il fut dit, au Panthéon, le 6 avril 2011, que, lors de sa mort en 2008, « la France venait de perdre l’un de ses enfants qui lui faisait le plus honneur ». Ces mots furent prononcés par Nicolas Sarkozy, durant une « Cérémonie d’hommage solennel de la Nation » à Aimé Césaire, dans un discours vibrant, célébrant ce combattant qui « voulait l’égalité réelle des droits ». Si Claude Guéant n’en a aucun souvenir, pas plus que le chef de l’Etat qui salue le« bon sens » de ce barbare civilisateur, c’est sans doute que, pour cette France obscure qu’incarne cette présidence, il n’est d’anticolonialiste respectable que mort.


Serge Letchimy est bien vivant, et son échappée belle nous indique le chemin d’élévation par lequel sortir de cette déchéance nationale. Il nous appelle à un sursaut de la même manière que Césaire interpellait une Europe oublieuse d’elle-même, infidèle à ses propres principes, irrespectueuse de ce qu’elle proclame. « Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme, écrivait-il  : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste. » La nouveauté sarkozyste, c’est de l’assumer sans gêne aucune, de revendiquer ces hiérarchies et de théoriser ces inégalités, et d’entraîner ainsi la France dans une consternante régression à la face du monde.


La vérité, c’est que ce pouvoir est habité par la peur, et c’est pourquoi il faut lui opposer le courage, un courage dont l’exemple redonne confiance – courage des principes, courage des audaces, courage des résistances, courage des hauteurs, courage des solidarités. Hier comme aujourd’hui, la peur du monde est toujours au ressort des xénophobies et des racismes. Incapables de relever les défis du monde, de les comprendre et de les maîtriser, les gouvernants qui font commerce de ces haines cherchent à survivre par la désignation de boucs émissaires de façon que se libère et s’épuise la peur qui les anime. C’est en effet, comme le rappelait le député de la Martinique, une très longue histoire qui, hélas, fait aujourd’hui retour.


« C’est un homme qui a peur », écrivait dès 1946 Jean-Paul Sartre à propos de l’antisémite dans ses Réflexions sur la question juive. Mais ce portrait vaut aussi bien pour le négrophobe ou pour l’islamophobe d’aujourd’hui : « C’est un homme qui a peur. Non des Juifs, certes : de lui-même, de sa conscience, de sa liberté, de ses instincts, de ses responsabilités, de la solitude, du changement, de la société et du monde ; de tout sauf des Juifs. (…) Le Juif n’est ici qu’un prétexte, ailleurs on se servira du nègre, ailleurs du Jaune. Son existence permet simplement à l’antisémite d’étouffer dans l’œuf ses angoisses en se persuadant que sa place a toujours été marquée dans le monde, qu’elle l’attendait et qu’il a, de tradition, le droit de l’occuper. L’antisémitisme, en un mot, c’est la peur devant la condition humaine. »


Les réflexions de Sartre avaient déjà débusqué ce qui est toujours le nœud du blocage français, et qu’il est bien temps de déverrouiller : le refus d’admettre l’autre comme tel, le souci de l’assimiler à soi, cet universel abstrait qui n’admet le Juif, le Noir, l’Arabe qu’à condition qu’il se dépouille de son histoire et de sa mémoire. Sartre brocardait ainsi ce faux ami des Juifs, « le démocrate » qui, au Juif, reproche « volontiers de se considérer comme juif » tandis que l’antisémite lui reproche plus radicalement « d’être juif ». « Il ne connaît ni le Juif, ni l’Arabe, ni le nègre, ni le bourgeois, ni l’ouvrier, ajoutait-il, mais seulement l’homme, en tout temps, en tout lieu pareil à lui-même », et c’est ainsi qu’il « manque le singulier : l’individu n’est pour lui qu’une somme de traits universels. Il s’ensuit que sa défense du Juif sauve le juif en tant qu’homme et l’anéantit en tant que Juif. »


Nous voici au cœur du défi qui attend la gauche et, au-delà d’elle, la France : non pas seulement s’opposer aux apparences extrémistes de la politique actuelle, mais réussir vraiment à lui opposer un imaginaire concurrent, créateur et mobilisateur. Penser à la fois l’universel et le singulier, la solidarité et la diversité, l’unité et la pluralité. Et, par conséquent, refuser résolument l’injonction néocoloniale d’assimilation qui entend contraindre une partie de nos compatriotes (de culture musulmane, d’origine arabe, de peau noire, etc.) à s’effacer pour se dissoudre, à se blanchir en somme. Bref, qui ne les accepte que s’ils disparaissent.

 Retrouver « ce pouvoir qu’a le Moi de dire Tu »

Cet imaginaire alternatif fut fort bien défini par Jean-Paul Sartre dans cette vigoureuse interpellation de nos silences, oublis et aveuglements, que constituent ses Réflexions sur la question juive écrites au lendemain de la catastrophe génocidaire. « Ce que nous proposons, résumait-il, est un libéralisme concret. Nous entendons par là que toutes les personnes qui collaborent, par leur travail, à la grandeur d’un pays, ont droit plénier de citoyen dans ce pays. Ce qui leur donne ce droit n’est pas la possession d’une problématique et abstraite “nature humaine”, mais leur participation active à la vie de la société. Cela signifie donc que les Juifs, comme aussi bien les Arabes ou les Noirs, dès lors qu’ils sont solidaires de l’entreprise nationale, ont droit de regard sur cette entreprise ; ils sont citoyens. Mais ils ont ces droits à titre de Juifs, de Noirs, ou d’Arabes, c’est-à-dire comme personnes concrètes. »


Plus d’un demi-siècle a passé, et cet horizon de réconciliation avec nous-mêmes, notre peuple et sa diversité, est toujours au lointain : ce qui fut difficilement conquis par nos compatriotes juifs – être admis comme français et juifs –, par le détour nécessaire d’un réveil de mémoire et d’une vérité de l’histoire, reste à conquérir durablement pour nos compatriotes arabes et noirs. Il le reste d’autant plus que, face à la triple crise – démocratique, économique, sociale – qui mine notre pays, la droite extrême a choisi, avec entêtement, d’emprunter une voie de division où la France est montée contre elle-même, dans une guerre des identités, des origines, des religions, etc.


L’oligarchie au pouvoir veut des pauvres (c’est-à-dire tout ce qui est moins riche qu’elle) qui la laissent tranquille en se faisant bataille les uns les autres, plutôt qu’en retrouvant ce qui les rassemble – leur condition sociale, leur situation salariale, leur habitat commun, leurs conditions de vie, etc. C’est bien pourquoi la présidence de Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de répandre ce poison idéologique de l’inégalité des hommes et de la hiérarchie des cultures. Du débat avorté sur une identité nationale au singulier jusqu’au discours de Grenoble visant les Français d’origine étrangère, sans oublier des politiques migratoires de plus en plus répressives et injustes ni la stigmatisation, à travers les Roms européens, de tous ceux qui refusent d’être assignés à une identité ou un lieu unique, cette politique obsessionnelle ne fait que se poursuivre, en montant d’un cran idéologique, avec l’éloge par le ministre de l’intérieur des civilisations supérieures.


Ce ne sont pas que des mots : une immense violence, qui n’est pas seulement symbolique, est ainsi libérée. Toutes celles et ceux qu’elle vise et désigne, à raison de leur origine, de leur apparence ou de leur religion, la vivent et la supportent déjà, dans leur chair et dans leur âme. Allons-nous les laisser seuls, comme si c’était affaire de sensibilité individuelle et non pas de principes collectifs ? Allons-nous rester indifférents à la remontée, non plus à la périphérie du débat public mais en son centre, des idéologies meurtrières d’hier, cette barbarie nichée dans le délire pathologique de civilisations égarées ? Allons-nous rester silencieux ?


Dans Causes communes (Stock), un essai récent sur les solidarités nouées entre des Juifs et des Noirs autour de la conscience commune des persécutions qui les visaient, la socio-anthropologue Nicole Lapierre indique ce que pourrait être un sursaut véritable, celui d’un humanisme concret qui se refuse à uniformiser ou banaliser : l’empathie, suggère-t-elle. L’empathie, c’est-à-dire « la capacité à prendre et à comprendre le point de vue d’autrui, à concevoir son expérience, sa pensée, ses sentiments, sans pour autant se fondre ni se confondre avec lui ». Cette empathie, insiste-t-elle, qui «  va à l’encontre de la vieille et détestable recette des pouvoirs incertains consistant à stigmatiser des populations ou à les dresser les unes contre les autres, pour faire diversion ou servir d’exutoire. Noirs contre Juifs, chrétiens contre musulmans, gens d’ici contre gens du voyage, ou d’autres encore, peu importent les protagonistes, dans ce dangereux jeu de dupes ».


Illustrant ce chemin d’élévation, elle cite le romancier André Schwarz-Bart, narrateur avec Le Dernier des justes de la persécution juive, puis avec La Mulâtresse solitude de la persécution noire, qui évoquait « le pouvoir qu’a le Moi de dire Tu ». Auquel fait écho cet autre grand Martiniquais, Frantz Fanon, qui, dans les dernières lignes de Peau noire, masques blancs, lançait en 1952 cette interpellation qui résonne encore dans notre présent : « Supériorité ? Infériorité ? Pourquoi tout simplement ne pas essayer de trouver l’autre, de sentir l’autre, de me révéler l’autre ? Ma liberté ne m’est-elle donc pas donnée pour édifier le monde du Toi ? »


Notre empathie a trop longtemps fait défaut. Aux Juifs, aux Noirs, aux Arabes, aux musulmans, aux Roms et aux Tziganes, etc. : à tous ceux qui, successivement ou en même temps, sont les victimes de cette barbarie dont Claude Guéant est le pédagogue officiel. Il est bien temps de lui opposer le langage de la civilisation.


 

PLENEL Edwy

* 09 février 2012 | Par Edwy Plenel - Mediapart.fr


Source TERRA : http://www.mediapart.fr/journal/fra...

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article24197

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 11:46

Communiqué du MRAP

 Le maquillage de la dédiabolisation n'aura pas tenu longtemps :  il a fondu sous les lustres du Palais impérial des Habsbourg, laissant  apparaître le visage odieux de l'extrême-droite de toujours.

Invitée d'honneur du FPÖ, principale organisation d'extrême-droite  autrichienne - dont le président Heinz-Christian Strasse aspire à accéder au poste de chancelier d’Autriche - Marine le Pen a été reçue au Parlement autrichien par Martin Graf, troisième vice-président du parlement et idéologue  pangermaniste. 

Puis, elle  l’a suivi au bal des corporations estudiantines de Vienne.  Les sociétés secrètes des burschenschafften (jeunes hommes) cultivent une germanité mythique et l’une d’entre elles -  Olympia, de tradition néonazie, antisémite et négationniste - est proche du FPÖ.

Symbole de la compromission de Marine Le Pen avec cette  extrême-droite la plus odieuse, ce bal s'est déroulé le jour même de la  commémoration de la libération du camp d'Auschwitz.

Alors que Le Pen père théorisait hier sur le « détail de l'histoire »,  Marine Le Pen esquisse aujourd'hui, un pas-de-deux politique avec un  leader néo-nazi, sur la mémoire des victimes de la barbarie.

A l'approche de la campagne présidentielle, le MRAP en appelle à la  mobilisation énergique contre le Front National et sa présidente Marine le Pen dont  les valses odieuses sont une injure à la démocratie.

Paris, 29 janvier 2012
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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 11:35
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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 11:09

 

PAR AGNÈS ROUSSEAUX (14 NOVEMBRE 2011

 

Les jeunes du Front national ont lancé une campagne pour l’élection présidentielle de 2012, intitulée Choisis ta France. Une affiche illustre le slogan : d’un côté, la France du chaos ; de l’autre, la vie paisible promise par Marine Le Pen. La vision binaire du monde, selon la « jeunesse patriote et rebelle » qui vibre pour Marine Le Pen. Ou le degré zéro de la politique.


La présentation de la campagne, par les responsables du FNJ est encore plus consternante. Quelle France voulez-vous ? « Une France de l’insécurité, une France de la pauvreté, des pauvres, des indigents, des SDF, une France des logements mal famés, des HLM (sic) (…) La France du règne des mafias, le règne des racailles, des brûleurs de voitures, des casseurs, de l’anarchie, du désordre ». Ou la France que « le FN seul peut garantir » ?

 

Pourquoi cette affiche ? « Parce qu’au moins les gens ne pourront pas dire qu’ils n’étaient pas prévenus, ils ne pourront pas dire "on n’était pas au courant". Là c’est sûr, c’est clair : choisis ta France pour 2012. La France qui va dans l’abîme, la France dégueulasse, soit la France que personne n’aime, soit la France qu’on aime véritablement », explique le responsable du FNJ dans une vidéo. Quoi de neuf depuis 60 ans ? Pas grand chose, à part que les figures menaçantes du jeune de banlieue encapuchonné et du pauvre ont volé la vedette à celle du vicieux bolchevique que l’on présume juif.

 

En matière de propagande populiste, simpliste et implicitement raciste, rien de tel que les exemples du passé (ci-dessous l’affiche du FNJ aux côtés de l’affiche nazie « la victoire ou le bolchevisme ») [1] :


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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 13:36

On voit souvent ce vers de Brassens venir justifier le "^parisianisme de gauche" et l'idéologie franchouillarde contre les régions, leurs "notables" forcément véreux et leurs patois, alors qu'à Paris où on s'exprime sans accent, tous les élus sont propres. Fantasme? Allez donc voir les "débats" sur Rue 89 à propos de la mort de Yann Fouéré.

 

http://www.rue89.com/2011/10/23/mort-101-ans-de-yann-fouere-figure-de-lautonomisme-breton-225855

 

un lecteur a posté ces cartes qui rapportent des faits, pas des fantasmes.

 

colange_F1_v.jpg

 

. Vote pour le Front national au premier tour des élections régionales de mars 2010

 

colange_F2_v.jpg

 

2. Évolution du vote pour le Front national entre l’élection présidentielle de 2007 et le scrutin régional de 2010

 

colange_F3_v.jpg

 

3. Évolution du vote pour le Front national entre les deux tours des élections régionales de mars 2010

 


 


 

 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 08:57

Les-Assises-contre-l-islamisation-etaient-organisees-par-le.jpg

 

 

 

La Ligue des Droits de l'Homme de Quimper est heureuse de vous inviter à une conférence sur le thème :

 

"Extrême droite et droites extrêmes"

le vendredi 21 octobre à 20h30

aux Halles Saint François. 

 

Cette conférence sera animée par Malik Salemkour, vice président de la LDH et président du comité français ENAR, réseau européen contre le racisme.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 10:25

imagrrges

Le maroquinier-bagagiste de luxe Louis Vuitton a trempé, comme bien d'autres industriels, dans la collaboration. Un livre, publié en 2004, Louis Vuitton, une saga française, avait rappelé qu'il fut le seul à garder sa boutique à l'Hôtel du Parc, promu siège du régime de Vichy, qu'il fabriqua en nombre des bustes de Pétain et qu'Henri Vuitton fut décoré par les nazis, au milieu d'officiers de la SS et de la Wermacht vêtus d'uniformes dessinés par un autre grand du luxe, allemand celui-là : Hugo Boss...

La presse a peu fait écho à ce livre lors de sa publication. Il est vrai que le groupe LVMH (pour Louis-Vuitton -Moët-Hennessy) du milliardaire Bernard Arnault possède, outre divers médias, La Samaritaine, Le Bon Marché, Guerlain, les parfums Dior, Givenchy, Kenzo, les champagnes Veuve Cliquot, Dom Pérignon, le whisky Glenmorangie, les marques de joaillerie-horlogerie Tag Heuer, Chomet, Bulgari...

 

Tout cela en fait le principal annonceur publicitaire du pays, et donc dispensateur de la manne sans laquelle la plupart des médias commerciaux ne survivraient pas. Et tous vivent dans la crainte qu'on ne leur ferme le robinet de la pub.

En témoigne la récente mésaventure du sujet sur la « collaboration économique », dont celle de Vuitton, que les lecteurs de Géo histoire auraient pu lire... s'il n'avait été censuré. Revu par un historien, approuvé par la rédactrice en chef déléguée, ce dossier passa au service juridique de la revue avant de finir au service publicité, qui y mit son veto.

« Si cet article passait, je sautais » a déclaré la responsable qui en avait pourtant félicité l'auteur. Furieux, les membres de la rédaction ont alors saisi le conseil « d'éthique » de leur employeur dont la charte parle de « séparation entre la publicité et les contenus rédactionnels ». Mais entre les mots creux et le poids des budgets publicitaires, la messe a été vite dite : « Le rédacteur en chef n'est pas complètement libre (car) il peut et doit tenir compte des considérations économiques », leur a-t-on répondu.

Un rappel écrit inhabituel : d'ordinaire ces « considérations » sont si bien intégrées par les rédactions que l'autocensure y règne. Tant mieux pour la publicité, et tant pis pour la vérité.

Pierre LAFFITTE

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2252&id=17

 

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Commentaire: Alors bon, y a pas que  "les bretons" qui aimaient les nazis?  Y avait aussi des gentils frnçais, tout bien comme il faut? Non, c'est pas possible! 

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