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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 13:39
bombe atomique1
Ile Longue, le 4 juillet 2012

Mr le Ministre,

On ne peut pas continuer comme cela !

Comme l’ont fait avant vous les précédents ministres, vous avez décidé d’honorer de votre visite la base des sous-marins atomiques de l’Ile Longue en Bretagne.

Nous vous rappelons que la France a signé le Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP) en 1952, mais a depuis, sans cesse, développé le programme d’armement nucléaire.

A l’heure de la réduction des budgets, le programme de modernisation de l’armée, dont le M51 qui équipe les sous-marins lanceurs d’engins, détourne des ressources financières et industrielles colossales qui n’iront pas à la lutte contre la pauvreté, à la création d’emplois socialement utiles, à la sauvegarde de l’environnement.

A l’heure de la catastrophe de Fukushima où se pose la question de la sécurité du nucléaire et de la survie de l’humanité, des associations antinucléaires de Bretagne réunies à Pontivy le samedi 30 juin 2012 réaffirment leur opposition au nucléaire civil et militaire et exigent du gouvernement une réponse cohérente de la France aux engagements pris.

Avec le Général breton Jacques de Bollardière, nous réaffirmons :
« Il nous faut jeter à terre comme une idole maléfique le mythe de la dissuasion nucléaire. Il ne peut conduire qu’à un monde desséché et privé de sens ».

Associations signataires :
Sortir du nucléaire Cornouaille, Stop nucléaire 56/Trawalc’h, Collectif Sortir du nucléaire Pays de St Malo, Sortir du nucléaire Pays de Rennes, Assemblée anti-THT/EPR, Agir pour un Environnement et un Développement Durable, Sortir du nucléaire Trégor, Coedra de Fougères, Association Roz glas.
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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 15:52

 

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 11:51
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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 14:08

Quatre soldats français des troupes d'occupation de l'Otan en Afghanistan ont été tués dans la province de la Kapisa, cinq autres blessés dans un attentat suicide revendiqué par les talibans.

 

François Hollande a demandé à ce que « les Français se retrouvent rassemblés » alors que Jean-François Copé a dénoncé « cet acte de barbarie sans nom » pour saluer « l'engagement exemplaire et héroïque de tous nos soldats".

 

L'un comme l'autre oublient que les 87 soldats français dont les vies ont été fauchées en Afghanistan depuis le début de la guerre ne sont pas morts pour la démocratie ou la paix, ils sont morts pour la défense des intérêts des grandes puissances, des groupes industriels et financiers qui veulent s'assurer le contrôle de la région.

 

En 2001, Chirac et Jospin se sont trouvés d'accord pour engager l'armée française derrière les USA dans la guerre et l'occupation de l'Afghanistan.

 

Cette politique militariste est un fiasco.

 

Loin d'affaiblir les talibans, elle les renforce en suscitant la haine de toute la population soumise aux exactions quotidiennes des troupes de l'Otan. François Hollande a confirmé le retrait d'une partie des troupes françaises, 2000 militaires sur 3500 à partir de juillet.

 

Mais c'est bien toutes les troupes qui doivent quitter l'Afghanistan et tout de suite. Il faut en finir avec cette sale guerre dont les principales victimes sont les femmes, les enfants, les hommes du peuple afghan.

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 10:26

bombe atomique1

 

 

Jean-Marie Matagne, président d’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire, est en grève de la faim depuis le 15 mai pour demander un référendum pour l’abolition de l’arme nucléaire.

 

 

 

Le peuple français n’a jamais été consulté sur la question des armes nucléaires, armes de crimes contre l’humanité construites en son nom et avec ses subsides - 300 milliards d’Euros, et cela continue.


50 ans d’omerta militaire et nucléaire, ça suffit. Le changement, c’est maintenant.


Exigeons du nouveau Président, du nouveau gouvernement et des candidats à la députation qu’ils engagent la France dans la négociation d’une Convention d’élimination de toutes les armes nucléaires.

 

Cette question est inscrite à l’agenda international, elle doit être posée aux Français : "Approuvez-vous que la France participe avec les autres Etats concernés à l’élimination complète des armes nucléaires, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ?"

 

Pour obtenir le référendum qui nous permettra de la trancher démocratiquement, Jean-Marie Matagne, 68 ans, président d’ACDN, est entré en grève de la faim le 15 mai 2012.


Soutenons cette action, et rejoignons-la par tous moyens à notre disposition.

Comment agir ?


- Ecrire au président de la République
- Adhérer au comité de soutien
- Organiser des jeûnes tournants symboliques de solidarité
Rendez-vous sur le site d’ACDN pour plus de détails sur ces actions et sur le site du comité de soutien

Contact :
csgf.rahan@gmail.com
05 16 22 01 39

 

http://groupes.sortirdunucleaire.org/2012-Greve-de-la-faim-pour-le

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:45
bombe atomique1
23 décembre 2012
 

MESSAGE DE L’ASSOCIATION DES MEDECINS FRANCAIS POUR LA PREVENTION DE LA GUERRE NUCLÉAIRE (IPPNW, prix Nobel de la paix 1985)


Nous avons pris connaissance avec amertume et tristesse de l’article signé par F.HOLLANDE, dans le numéro du Nouvel Observateur du 22 décembre 2011, au sujet de la dissuasion nucléaire. Il s’agit en effet d’une reprise identique de la position de l’actuel Président de la République.

 

Hélas, cette attitude idéologique a conduit au blocage systématique de toute amorce de désarmement nucléaire à l’ONU et au refus de toute participation vers une diminution des armes nucléaires, avec un calendrier raisonnable et par étape et la vision d’ “un monde sans armes atomiques”.

 

Pire encore, la France a refusé au sein de l’OTAN (avec la Hongrie et la Lituanie) le retrait des armes nucléaires tactiques US, malgré la demande de la majorité des pays membres, malgré l’accord tacite des USA, malgré le caractère révolu et obsolète de ces armes du passé, et contre toute logique, puisque la force de frappe française est supposée indépendante.

 

Un espoir était né avec la future élection présidentielles car certains candidats semblaient être favorable à un changement d’attitude de notre pays, avec un retour dans le concert des nations. Cette démarche a été préconisé en son temps par M. ROCARD, A.JUPPE, dans une tribune libre du Monde (LE MONDE, 14.10.09). Un des candidats importants vient de rejoindre le camp des jusqu’au-boutistes de l’atome militaire.

 

Nous, médecins, sommes consternés par cette orientation, car actuellement cette menace pèse uniquement sur des populations civiles (les cibles militaires sont inatteignables sans informations des USA).

 

De plus, le maintien comme la modernisation de ces engins atomiques continuent à altérer la santé des personnels exposés, comme ce fut aussi le cas pour les vétérans des essais nucléaires.

 

Seule l’opinion publique peut faire revenir ce candidat à une position conforme à celle défendue par Lionel Jospin en son temps : il faut saisir toute chance de désarmement multilatéral et la pousser le plus loin possible pour la transformer en réalité.

 

En temps qu’acteur de la santé publique nous continuerons à œuvrer pour “l’élimination totale des armes nucléaires”, but souligné en 1995 par notre pays.

 

A BEHAR MD PHD
Past IPPNW co-president
Président de l’AMFPGN

Communiqué à l’AFP, vendredi, 23 Dec 2011, 18:29:32

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 13:02


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Un dossier du Réseau "Sortir du nucléaire"

 

Le Réseau « Sortir du nucléaire » manifeste son soutien à Global Zéro en vue de la réunion de l’OTAN qui aura lieu le 20 mai prochain. Il rappelle l’hypocrisie et la position absurde de la France dans le domaine du nucléaire militaire.

 

 

Lancée en septembre 2008, GLOBAL ZERO est une campagne internationale qui milite pour un désarmement nucléaire global. Elle est aujourd’hui soutenue par plus de 450 000 citoyens à travers le monde dont de nombreuses personnalités issues de l’univers militaire juridique ou politique - parmi lesquels Jimmy Carter, Michael Gorbatchev, Michel Rocard, Paul Quilès…

Global Zéro propose un scénario de sortie progressif et contrôlé du nucléaire militaire en privilégiant la mobilisation des opinions publiques pour faire pression sur les gouvernements.

Le 20 mai prochain se tiendra à Chicago le sommet annuel de l’OTAN. Les gouvernements membres examineront le sort des centaines d’armes américaines encore stationnées en Europe depuis la fin de la guerre froide. Les pays concernés- Belgique,Pays Bas, Italie, Allemagne- demandent le retrait définitif de ces armes tandis que la France s’y oppose. Global Zéro demande aux citoyens d’interpeller François Hollande, le nouveau président de la République française afin que celle-ci approuve enfin le retrait de ces armes.

Aussi le Réseau « Sortir du Nucléaire » apporte son soutien à cette pétition de Global Zéro que nous vous encourageons à signer.

 

- Signer la pétition

Le Réseau « Sortir du nucléaire » rappelle que la France en maintenant et modernisant sa « force de dissuasion atomique » fait preuve d’hypocrisie et d’autisme et ne respecte pas ses obligations internationales :

 

Rappelons qu’en 1992 la France a ratifié le Traité de Non Prolifération (TNP) dont l’article VI fait obligation aux Etats membres détenteurs de l’arme nucléaire de stopper la course aux armements et de s’engager dans un processus de désarmement général. Cette obligation a été rappelée par la Cour Internationale de Justice en 1996.

 

En septembre 2009 le conseil de sécurité de l’ONU- dont les 5 membres sont tous dépositaires de l’arme atomique- adopte à l’unanimité une résolution approuvant des négociations sur l’élaboration d’un traité de désarmement général et total sous un contrôle international strict.

 

En 2010 lors de la dernière conférence d’examen du TNP (voir à ce sujet notre article sur le désarmement nucléaire en 2011) la grande majorité des Etats non détenteurs de l’arme atomique ainsi que la Chine soutenaient le projet de Convention d’élimination des Armes atomiques. Les Etats-Unis, la Grande- Bretagne, la Russie… et la France s’y sont vigoureusement opposés.

 

Et si l’Etat français, sous la pression du mouvement antinucléaire, a arrêté depuis 1996 la production de nouvelles armes atomiques ; l’armée poursuit toujours ses recherches dans le but de perfectionner son arsenal. Le réaménagement de la base de sous-marin de l’île Longue est estimé à 5 milliards d’euros, le remplacement des missiles M51 par les nouveaux M45 est sensé s’achever en 2016 pour un coût total de 6 milliards et le seul laser Mégajoule qui sera opérationnel en 2014 aura coûté près de 3 milliards. Des sommes exorbitantes et indécentes à l’heure des restrictions budgétaires- à titre de comparaison le budget du ministère de la Justice en 2011 s’élevait à 7,14 milliards d’euros- qui seraient plus utiles au maintien des services publics nécessaires aux besoins des citoyens. D’autant que ces sommes n’ont évidemment fait l’objet d’aucun débat public.

 

L’Etat français dévoile ainsi sa volonté politique de garder indéfiniment l’arme atomique en dépit de ses engagements internationaux.

 

Le récent sondage du Mouvement de la Paix en mars 2012 démontre que 81% de la population désire que la France s’engage concrètement vers un désarmement nucléaire total. En opposition avec la société civile les partis majoritaires PS et UMP restent arc-boutés sur la doctrine irrationnelle de la « dissuasion nucléaire comme assurance vie de la nation » alors même que la guerre froide est finie depuis 20 ans. Les armes nucléaires sont dangereuses, coûteuses, immorales et surtout inutiles. Elles ne règlent en rien les problèmes géopolitiques actuels, au contraire elles aggravent l’insécurité mondiale.

 

Le développement de la filière nucléaire est directement issue des recherches effectuées dans le domaine militaire. La « force française de dissuasion » est aujourd’hui rendue possible grâce à l’énergie fournie par nos centrales. Derrière la production de notre électricité se cache le spectre de la bombe atomique. C’est pourquoi il est nécessaire de sortir du nucléaire aussi bien sur le plan civil que militaire.

 

Le Réseau "Sortir du nucléaire" réitère son soutien à Global Zéro dans son combat pour le retrait des armes atomiques du sol européen. Nous rappelons notre engagement et notre détermination dans la lutte pour l’abolition totale des armes nucléaires.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 12:47

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Nous reproduisons ci-dessous la contribution d’Yves Jardin (Douanenez) publiée sur le site du Front de Gauche-Finistère (7ecirconscription) [1]. Elle apparaît comme une réponse de fond aux positions défendues par Jean-Luc Mélenchon en faveur de la « dissuasion » nucléaire et des capacités militaires de l’Etat français [2]

 

Une contribution d'Yves Jardin (Douanenez)

« Le capitalisme porte en lui la guerre, comme les nuées portent l'orage. » (J. Jaurès)

    Dans l’« Humanité » du 8 avril dernier, l’on pouvait lire les mots suivants pour annoncer une débat à Givors, le 12, à l’occasion de la journée mondiale sur les dépenses militaires : « s’opposer à la course aux armements doit redevenir une exigence prioritaire à cause du danger inhérent à un tel processus mais aussi pour le coût prohibitif que cela représente en soi, d’autant plus lourd dans une phase de crise des finances publiques marquée par des politiques d’austérité drastiques et des surenchères antisociales, en France et en Europe.  La baisse des dépenses militaires est une bataille en soi qui n’est pas contradictoire avec les exigences de la sécurité, au contraire. Nous sommes en effet favorables à la recherche collective de la sécurité internationale par une démilitarisation, une dénucléarisation des relations internationales, une recherche concomitante et déterminée de la résolution des conflits, ce qui doit contribuer à préserver le régime de non-prolifération nucléaire ». Aujourd’hui le Front de Gauche doit s’exprimer haut et fort pour dénoncer  l’« union sacrée » mortifère de la course aux armements, de l’acceptation de l’arme nucléaire et des interventions néo-impérialistes.


Non à l’union sacrée de la course aux armements.   


Le budget de la défense continue à augmenter, avec un montant de près de 40 M d’€ (pensions comprises) en 2012, en hausse der 2,4 %. Comme l’a déclaré J.J. Candelier, député PCF du Nord, lors du vote de ce budget, « il existe donc bien de l’argent quand on veut ! ». Cela est une situation scandaleuse qui doit être dénoncée. Seul le Front de Gauche est en mesure de le faire et se doit de le faire. Alors que l’on rogne sur les dépenses sociales, sur l’éducation, il est insupportable de voir les dépenses militaires continuer à augmenter. Les crédits budgétaires (hors pensions) passent de 30,11 MM d’€ en 2010, à 30,16 en 2011, 30,52 en 2012 et 31 en 2013.

 
    Dans le même temps, le nombre d’équivalents temps plein travaillé diminue et passera de 314.000 en 2009 à 276.000 en 2014, avec donc une diminution de 38.000 emplois, à raison de 7500 par an. Cela a entraîné des protestations légitimes. La défense, comme toute la fonction publique, fait les frais de la diminution du nombre de salariés.
    En fait l’augmentation des crédits de la défense profite aux équipements, dont la part dans le budget militaire augmente de 3 %. Dans les moyens programmés pour 2009-2014, les équipements représenteront près de 55 % des dépenses. Les équipements sont de plus en plus construits par des sociétés privées. La loi de programmation militaire prévoit l’ouverture accrue  du capital d’entreprises du secteur de la défense, comme la DCNS ou la Société navale des poudres et explosifs, au secteur privé. Ajoutons à cela que certaines activités exercées jusqu’alors par des personnels militaires le seront par des sociétés privées cotées en bourse : les Entreprises Militaires et de Sécurité Privées se développent en France comme dans d’autres pays en proie à l’économie néo-libérale ; c’est à des sociétés privées qu’est confiée le maintien en condition opérationnelle des matériels de l’aviation et de la marine ; des navires privés assurent des transports stratégiques ; des bâtiments de soutien et d’assistance hauturière, dont la moitié dotés d’équipages privés seront mis à la disposition de l’armée ; depuis 2006, EADS assure la formation des pilotes de chasse de la base de Cognac ; depuis le début de 2011 la gestion de la base de Creil est confiée à un consortium privé. Cette privatisation de la défense, qui entraîne aussi la perte d’emplois publics, doit être dénoncée.    
    Il est souhaitable que le choix des équipements et armements à construire soit le résultat d’un large débat démocratique autour de la défense. Les constructions et fabrications pour la défense doivent être faites de façon largement préférentielle par des sociétés publiques ou nationalisées.

 
    Une partie des crédits de la défense (10 % selon le Mouvement de la Paix) doivent être consacrés tout de suite à la satisfaction des besoins sociaux  (pour l’école, la santé, la jeunesse), non pas pour aller dans le sens d’une néfaste politique d’austérité, mais pour une action publique tournée vers l’action sociale et la promotion de la paix. Il faut se rappeler par exemple que 2MM d’€ permettraient d’augmenter de 332 € / mois les pensions de 5 M de retraités.
    La France reste le 4e exportateur d’armements, avec 5,12 MM d’€ en 2010. Ces exportations contribuent au maintien des conflits. Elles se font en grande partie au bénéfice de sociétés privées qui n’hésitent pas à délocaliser les fabrications : ainsi Dassault est en voie de vendre 126 « Rafale » à l’Inde, mais 108 de ces avions seront construits en Inde. Combien d’emplois seront malheureusement mis en danger par un tel contrat ? Il ne s’agit pas de défendre à tout prix les emplois liés à la construction d’armements, mais il faut cependant dénoncer aussi cette forme de délocalisation qui de toute façon ne va pas dans le sens de la paix. Un traité  sur le commerce des armes est depuis 2009 en négociation à l’ONU, soutenu par 153 pays :  il doit être soutenu activement,  et devra être signé, ratifié et appliqué par la France.

 
    De 2005 à 2009, les ventes d’armes ont augmenté de 22 % dans le monde ; en  2009, elles représentent 400 MM de $, soit 5 fois plus que l’aide au développement. Les ventes d’armes maintiennent des pays dans la pauvreté, permettent à des dictatures de perdurer, entretiennent les violences, les violations des Droits de l’Homme et la corruption. Une politique progressiste se doit de contrôler, de réduire les exportations d’armements ou au moins de ne pas chercher à les développer.


    La diminution des dépenses militaires, la réduction de la quantité d’armes construites, et de celles exportées, doit se faire à travers un plan précis, démocratiquement élaboré, avec une reconversion des industries d’armements pour éviter des pertes d’emplois. La réflexion menée notamment par l’Université Européenne de la Paix, créée à Brest, doit être poursuivie et aidée. Celle-ci a proposé la création d’une filière de déconstruction des vieux navires qui pourrait compenser la perte par l’arsenal de Brest de la moitié de ses emplois. pourquoi ne pas envisager que le savoir-faire des personnels spécialisés dans la construction d’armement nucléaires et notamment des SNLE soit employé pour le démontage des centrales nucléaires.


    En tout cas, si diminution des dépenses il y a, elle ne doit pas affecter le paiement des pensions, ni le statut des personnels, aujourd’hui remis en cause par la privatisation des activités militaires, ni le traitement des maladies contractées dans le cadre militaire, par exemple lors des expérimentations d’armes nucléaires.
    Même si un désarmement complet est sans doute encore du domaine de l’utopie (il y a cependant 27 pays indépendants, le plus souvent des micro-Etats, qui n’ont pas d’armée), doit-on se satisfaire de voir la France au 4e rang mondial pour les dépenses d’armement par habitant et au 3e rang mondial pour les dépenses d’armement nucléaire par habitant (après Israël et les USA) ?

Non à l’« union sacrée » autour de la force de frappe.


    Deux candidats aux élections présidentielles viennent de se rendre à l’Ile Longue pour faire allégeance à la force de frappe nucléaire : François Bayrou tout d’abord (plus tôt que prévu), puis François Hollande qui a fait quelques vagues allusions à la poursuite du désarmement nucléaire. Rien à attendre de la part de Sarkozy en cette matière , ni de la candidate du Front National. Seul le Front de Gauche est en mesure de proposer une autre politique en ce qui concerne les armes nucléaires.


    Tout d’abord, rappelons que la politique de dissuasion développée notamment par le général de Gaulle et ses successeurs est devenue inopérante :
-l’écroulement du bloc soviétique a rendu inutile une politique d’équilibre des forces et de menace d’une attaque  massive destructrice et meurtrière devant empêcher l’adversaire situé à l’Est de se lancer dans un conflit ;
-aujourd’hui l’utilisation risque d’être une attaque du fort au faible;
-les armes nucléaires sont aujourd’hui miniaturisées et peuvent être employées comme des armes du champ de bataille entre deux armées (sans parler d’armes comme celles à uranium appauvri).
    Selon le général Norlain, les armes nucléaires sont devenues dangereuses et inutiles. Selon une tribune récemment signée par Paul Quilès, Michel Rocard et le général Norlain elles ne peuvent résoudre les désordres du monde du XXIe siècle et notamment les menaces terroristes, pour ne pas parler des conflits localisés encore nombreux dans le monde.


    Le stock d’armes nucléaires accumulées dans le monde crée une terrible menace. Des accidents pouvant déclencher le feu nucléaire ne sont pas à exclure. Le chef d’Etat qui déclencherait l’apocalypse nucléaire risque d’entraîner la destruction de la planète et de l’humanité. Savoir que cette arme est maintenant à la disposition des généraux pakistanais, amis des islamistes et proches des talibans afghans, devrait nous faire réfléchir. La savoir aux mains des actuels dirigeants israéliens très à droite ou d’extrême-droite ne peut nous rassurer davantage.
    Les armes nucléaires représentent des dépenses très importantes, alors que les dépenses sociales sont affectées par des coupes budgétaires. Le coût d’entretien annuel d’une seule arme nucléaire (il y en a des centaines) représente 130.000 consultations de médecine générale ou 150 postes de professeur pendant un an. Le chantier de l’Ile Longue est le plus important de France avec des dépenses de l’ordre de 800 M d’€. La modernisation de l’arsenal nucléaire représente des dépenses de 4,7 à 6 MM d’€ en 2011 et 21 % des crédits d’équipement. Toutes ces raisons doivent nous amener à un nécessaire désarmement nucléaire. Deux voies doivent être étudiées.


    On peut poser la question du désarmement nucléaire unilatéral de la France. Rappelons tout d’abord qu’il n’est pas/plus lié au « droit de veto » de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU. le lien entre la présence à ce Conseil en tant que membre permanent et la possession d’armes atomiques, s’il a  jamais existé, n’existe plus depuis qu’outre les 5 Grands l’Inde et le Pakistan, et sans doute la Corée du Nord, se sont dotés de l’arme nucléaire. Ce lien n’a d’ailleurs jamais existé puisque Israël a depuis longtemps la bombe atomique (grâce à l’aide de la France !). Plusieurs Etats ont renoncé à l’arme nucléaire , comme l’Afrique du Sud (qui s’en était dotée à l’époque de l’apartheid, l’Australie, le Brésil, l’Argentine, la Suède (qui l’a peut-être eue), ainsi que la Biélorussie, l’Ukraine et le Kazakhstan ayant hérité d’une partie de l’arsenal soviétique. A part ces trois derniers pays, les autres Etats ayant renoncé à l’arme nucléaire n’ont pas vu leur économie décliner, bien au contraire ; ils n’ont pas été particulièrement menacés. Un désarmement nucléaire unilatéral de la Francd irait dans le sens de la négociation d’une Convention d’abolition des armes nucléaires, souhaitée et soutenue par 142 Etats.

 

La grandeur de la France ne se traduit pas par la possession de l’arme nucléaire, mais un désarmement unilatéral de la France augmenterait son influence et son prestige dans le monde. Mais un tel désarmement ne peut avoir lieu qu’après avoir été décidé à l’issue d’un large débat démocratique.
    Une deuxième voie pour répondre à un souci de réalisme, fondé ou non, est d’arrêter la modernisation de l’arme nucléaire qui est contraire au Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP). La France viole le TNP en mettant au point de nouvelles têtes nucléaires au laboratoire du Barp près de Bordeaux, en construisant de nouveaux vecteurs M51, en se dotant d’une nouvelle génération de SNLE. Cet arrêt de la modernisation de la force de frappe française devra nécessairement s’accompagner d’une politique étrangère dynamique pour faire respecter le TNP et pour aller ver un désarmement nucléaire mondial. L’inaction de la France ne peut de toute façon qu’encourager une dangereuse prolifération nucléaire. En outre le respect du TNP, par l’arrêt de la mise au point de nouvelles armes nucléaires françaises permettra d’affecter au moins 5 à 6 MM d’€ / an à des activités socialement utiles.


    Il n’est pas inutile de rappeler que la réduction de la construction d’armements ne doit pas entraîner l’augmentation de l’importation d’armes étrangères et que la renonciation à l’arme nucléaire ou à sa modernisation ne doit pas s’accompagner d’une mise à l’abri sous le parapluie des armes nucléaires d’une autre puissance.

Non à l’« union sacrée » dans l’OTAN, non à une politique impérialiste.


    La France est aujourd’hui un des rares pays à disposer de bases extérieures. elle a ces dernières années développé celles-ci et multiplié ses interventions. Des militaires français sont aujourd’hui présents dans au moins une quinzaine de pays avec des situations diverses.


    En 2006, il y avait 19.863 militaires français hors de métropole, leur nombre est passé à 26.150 en 2008, 29.190 en 2009, 31.877 en 2010 et au moins 29242 en 2011. Sarkozy a donc augmenté la présence et les interventions militaires françaises, pas forcément pour le meilleur mais souvent pour le pire. Et cela entraîne des dépenses importantes : en 2008 elles ont représenté 857 M d’€ (pour 475 prévus dans la loi de finances) ; en 2010 elles ont représenté 867 M d’€ (dont 470 pour l’Afghanistan. En 2011, les opérations militaires extérieures (OPEX) financées en partie par « prélèvement sur la réserve der précaution interministérielle », c’est-à-dire par les autres ministères, sont en augmentation avec près de 900 M d’€ et sans doute bien davantage.


    En 2011 les forces temporaires (Tchad, côte d’Ivoire, République Centrafricaine) représentent 2190 hommes ; les forces sous mandat international en groupent 9812, dont 4000 en Afghanistan et 3000 au large de la Libye (et sans doute aussi sur le sol libyen avec la présence d’agents français, sinon de membres d’officines privées, comme le président de la SECOPEX, ancien officier, qui y a été tué par « accident »). ; les forces de présence en comptent 8600, dont près de 3000 à Djibouti, 1200 au Sénégal et 1000 au Gabon ; enfin les forces de souveraineté dans les DOM-TOM comprennent 8640 militaires (5430 en 2006). En Afrique, la présence de militaires français a conforté des régimes corrompus, impopulaires et dictatoriaux et la France, après avoir soutenu Gbagbo, est intervenue directement en Côte d’Ivoire pour faire triompher le pro-occidental Ouattara. dans les DOM-TOM, le renforcement de la présence militaire accroît la possibilité de répression brutale de mouvements sociaux et/ou anticolonialistes, notamment en Nouvelle-Calédonie (où le nombre de militaires a doublé de 2006 à 2011). Il est urgent de mettre fin à ces bases et interventions extérieures, pour rompre avec une politique impérialiste insupportable, mais aussi pour que l’argent dépensé dans cette « présence » et ces interventions extérieures soit utilisé à de meilleurs usages.  


    Mais, de façon plus large, le néo-libéralisme s’accompagne d’une politique de domination, d’oppression, et de militarisation, menée par les pays occidentaux les plus riches sous la direction des USA, dans la cadre de l’OTAN. Il est à remarquer qu’en Europe l’écroulement du bloc « socialiste » a mené à l’entrée de nombreux pays de l’Est et du Centre de l’Europe dans l’Union européenne, mais aussi dans l’OTAN, l’adhésion concomitante aux deux organisations apparaissant comme devant aller de soi.


    Le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN (la France n’a jamais cessé d’adhérer à l’OTAN qui est aussi une alliance politique), décidé par Sarkozy, s’est accompagné de la participation de la France à des interventions mettant la démocratie et la paix en danger. C’est le cas de l’intervention en Libye, sous prétexte de défendre les libertés menacées par la tyrannie de Kadhafi à qui l’on avait auparavant déroulé le tapis rouge, et sous couvert de l’ONU.


    Le même scénario risque de se répéter bientôt en Syrie, où les services de renseignement français sont probablement déjà en action et où les éléments les plus réactionnaires qui dominent le CNS appellent à une intervention extérieure avec l’appui des pays arabes les plus conservateurs, amis de la France et du bloc occidental.
    En Afghanistan, la France intervient sous le couvert de l’ONU, aux côtés des USA et d’autres pays membres de l’OTAN, pour la défense des intérêts occidentaux. Cette intervention est illégitime, coûteuse et meurtrière. elle est un non-sens alors que l’on continue à soutenir et à armer le Pakistan.


    Il est important que le Front de Gauche demande le retrait immédiat de toute force française de la Libye ou de ses abords.  Il est essentiel qu’il exige le retrait immédiat des forces envoyées en Afghanistan ; cela correspond à la volonté de 80 % des Français qui sont opposés à l’intervention française en Afghanistan ; en août 2010 les Pays-Bas ont mis fin à leur participation à la « mission » de l’OTAN en Afghanistan, qui a été une des raisons de la chute du gouvernement néerlandais. Il est primordial qu’il se prononce résolument contre toute intervention française en Syrie, sous quelque forme que ce soit et qu’il appuie activement le CNCD syrien, regroupant des forces de gauche et hostile à une intervention extérieure.


    Il y a aussi actuellement une sérieuse menace de guerre contre l’Iran, voulue par Israël, par les USA, avec la complicité de Sarkozy et du gouvernement français. Cette guerre qui menace est justifiée par le prétexte d’empêcher l’Iran de ses doter de l’arme nucléaire, alors que cette volonté iranienne n’est pas totalement prouvée et qu’Israël dispose de l’armement atomique en n’étant soumis à aucun contrôle  (avec la complicité des USA et des pays membres de l’OTAN) car n’étant pas signataire du TNP (signé par l’Iran). Le Front de Gauche doit résolument se prononcer en faveur de la dénucléarisation de l’ensemble du Moyen-Orient et apporter son appui au peuple palestinien, en se démarquant du soutien apporté par les pays occidentaux et par les autres forces politiques françaises (Hollande vient de rencontrer le Président du CRIF, la candidate de Front National s’est rendue en Israël)au gouvernement le plus à droite, sinon à l’extrême-droite qu’Israël ait connu depuis sa création  il y aura bientôt 64 ans. Cela doit se faire au profit du peuple palestinien, mais aussi au profit du peuple israélien mis à mal par une politique à la fois néo-libérale et colonialiste renforcée.


    Il est également essentiel que la France quitte le commandement militaire intégré de l’OTAN et aussi l’OTAN elle-même.

    Le Front de Gauche a tout à gagner non seulement en rejetant, comme il le fait déjà, le consensus sur la « concurrence libre et non faussée » et sur les politiques de rigueur anti-sociales, mais aussi le consensus sur la course aux armements, nucléaires ou non, sur la modernisation de la force de frappe et sur les interventions impérialistes d’aujourd’hui, menées sous de bons prétextes pour conforter en fait les politiques néo-libérales. Lui seul peut aujourd’hui le faire en parlant haut et clair.
                                            Y.J.

Notes
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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 14:30

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 12:46
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Par Jean-Marie Collin (13 février 2012)


La France abrite une vingtaine d’installations nucléaires militaires. Qui surveille le respect des procédures de sécurité par l’armée ? De Brest à Toulon, riverains et citoyens ont-ils un droit de regard sur ce qui se passe au sein de ces bases ? Sont-elles soumises à une obligation de « transparence » ? Enquête sur l’opacité qui entoure les « INBS » : les installations nucléaires de base secrètes.

 

Le 9 juin 2010, sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), un camion spécial de 33 tonnes, utilisé pour le transport d’ogives nucléaires, quitte la route et se renverse. Trois militaires sont blessés. Heureusement, le camion était vide. L’affaire ne s’ébruitera qu’un an et demi plus tard, alors que le chauffeur au moment de l’accident comparaît devant la chambre militaire du tribunal de grande instance de Marseille, le 16 janvier 2012, à huis clos…

 

Que se serait-il passé si le camion transportait à ce moment des ogives ? Ce type d’accident à risque nucléaire est-il courant aux abords des bases militaires ? Et qui surveille et évalue le respect des procédures de sécurité par l’armée ?


Dans le but de lever (un peu) le voile sur les installations nucléaires militaires, la loi du 13 juin 2006 a créé une Autorité de sûreté nucléaire de défense (ASND). Son rôle est de surveiller ces « Installations nucléaires de base secrètes » (INBS). Les INBS sont des sites dépendant du ministère de la Défense qui abritent des missiles à tête nucléaire, comme à Istres ou à Avord (Cher), des déchets nucléaires, comme à Marcoule (Gard), ou des matières nucléaires militaires, comme à Valduc (Côte-d’Or).


« Il suffit d’appuyer sur un bouton pour tout arrêter »


À l’instar du rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire sur les centrales et les installations nucléaires civiles, une évaluation consacrée uniquement à la sûreté des INBS doit être déposée courant mars. « À la différence d’une centrale nucléaire, dont le processus d’arrêt est complexe, pour les INBS, il suffit d’appuyer sur un bouton pour tout arrêter », tente de rassurer Bernard Dupraz, délégué à la sûreté des installations nucléaires de Défense (DSND).

 

Si c’est effectivement le cas, c’est aussi oublier les problématiques de pollutions rencontrées par le passé sur le site de Valduc – des rejets de tritium non contrôlés jusqu’au début des années 1980 – ou de gestion des déchets, comme l’atteste récemment l’accident de Marcoule. La grande différence avec une installation nucléaire civile, c’est qu’il est conservé un flou complet sur les activités exactes de ces sites, les quantités de matières nucléaires produites et transférées. Autre particularité des INBS, les services de sécurité sont plus importants, certains sites comme Valduc ou l’île Longue abritent des pelotons de gendarmerie ou de fusiliers commandos.


Malgré leurs caractères militaires, les INBS sont également soumis à une obligation de transparence. Comme dans le cas des centrales nucléaires ou de toute « installation classée pour la protection de l’environnement », il existe ainsi une Commission d’information (CI) regroupant quatre types de membres : les associations de protection de l’environnement, les représentants de l’État et des collectivités locales, les autorités militaires et les exploitants, comme le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). C’est le préfet qui fixe le nombre de sièges attribués à chaque catégorie de représentants et nomme tous les membres – y compris associatifs – à l’exception des représentants des collectivités locales, choisies par leurs assemblées respectives. Cette CI est censée apporter une information au public en matière de sûreté, d’absence de risques et des éventuels impacts sur l’environnement et les populations en cas d’accident.


Nombre d’INBS : un secret d’État ?


Problème : pour créer une Commission d’information (ou demander sa création), encore faut-il que l’installation nucléaire militaire soit officielle. Or, combien en existe-t-il en France ? La réponse est loin d’être limpide.

 

Connaître le nombre précis d’INBS qui relèvent des ministères de la Défense et de l’Énergie s’avère être un parcours du combattant. Des documents émanant des plus hautes autorités divergent ! Le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire recense 27 INBS quand l’ASND totalise 15 sites abritant 25 INBS. L’un considère, par exemple, que le centre d’études de la direction générale de l’Armement à Gramat (Lot) est une INBS, tandis que la référence disparaît chez l’autre… Bernard Dupraz, à la DSND, assure par échange de courriel qu’il n’existe que 17 sites abritant un total de 19 INBS, et invoque une faute de frappe pour expliquer le passage de 27 à 17…


Cette confusion masque-t-elle une volonté de garder secret le nombre des INBS ? Cela démontre en tout cas qu’il existe au sein des organismes chargés d’évaluer la sûreté de ces installations un problème de définition et une absence de coordination de l’information, certaines autorités inversant le nombre de sites et le nombre d’INBS… Espérons qu’ils ne confondent pas les becquerels et les millisieverts.

Selon les indications apportées par Bernard Dupraz, les INBS relevant du ministère de la Défense sont aux nombres de 12 :

- 5 bases aériennes participant à la mission de dissuasion nucléaire (Istres, Avord, Saint-Dizier, Luxeuil, Mont-de-Marsan) – ces bases abritent des « dépôts d’armes munitions spéciales » qui peuvent contenir des missiles ASMP-A et des ogives nucléaires d’une puissance de 300 kilotonnes ;
- Le Centre spécial de montage de Valduc, où sont usinées les matières fissiles pour concevoir les ogives nucléaires ;
- 2 installations sur la base sous-marine de l’île Longue, qui abritent les ogives nucléaires et les missiles équipant les sous-marins ;
- 1 installation pour l’entretien des sous-marins à propulsion nucléaire située dans le port militaire de Brest ;
- 1 installation dans le port militaire de Toulon pour l’entretien des sous-marins nucléaires d’attaque ;
- Et 2 installations au port militaire de Cherbourg (au cœur de la ville), qui permettent la mise à l’arrêt définitif des réacteurs des sous-marins.


Ces INBS sont placées sous la responsabilité de la direction générale pour l’Armement. Les INBS relevant du ministère de l’Industrie sont au nombre de 7, et dépendent en générale du CEA ou d’Areva, comme Marcoule [1].

Qu’en est-il de la transparence en matière de sûreté autour de ces sites ? Avec un total de 3 INBS, et ses 4 sous-marins lanceurs d’engins atomiques, Brest peut se targuer d’être l’un des sites les plus nucléarisé de France (avec Cadarache et Marcoule). La création en 2003 de la Commission d’information fut donc considérée par les associations locales comme un moyen idéal pour alerter plus facilement les populations des possibles dangers. Roger Abiven, militant breton antinucléaire, a fait le choix d’y participer, représentant de l’association AE2D (Agir pour un environnement et un développement durable).

 

« Je l’ai fait dans un souci d’écovigilance citoyenne », explique-t-il. Mais, en ce début d’année 2012, il vient de jeter un pavé dans la marre : « J’ai le sentiment de m’être fourvoyé dans une impasse "citoyenniste" au service de la gouvernance du nucléaire. C’est cela qui explique ma démission de cette commission et peut-être le retrait total de notre organisation. »


Refus d’organiser des exercices d’évacuation


Cette démission survient après de multiples demandes, comme la transparence des prélèvements d’eau et l’amélioration de la sécurité des populations. En vain. En 2008, Roger Abiven parvient à faire imprimer une plaquette d’information par la Marine nationale, intitulée « la maîtrise de la sécurité dans l’arsenal de Brest et à la base de l’île Longue ». Celle-ci donnait aux riverains des INBS des règles à suivre en cas d’accident nucléaire. « Mais quelle ne fut pas notre surprise quand nous avons constaté que ces documents traînaient dans les couloirs de la Ville de Brest ! »

 

Après plusieurs mois de protestations et d’attente, AE2D obtiendra finalement la distribution de ce document.

Mais l’échec le plus cuisant de la commission d’information reste le refus d’organiser un exercice de simulation d’accident dans la ville de Brest. « Cela devrait être une obligation. Vous imaginez si un jour cela se produit, jamais les autorités n’auront testé leur plan, avec toutes les conséquences que cela peut avoir », dénonce-t-il. Pour le militant associatif, cette commission d’information ne sert à rien, vu la difficulté du dialogue, l’absence de prise en compte des demandes. La seule véritable mission remplie par cette commission « est certainement d’exister et de faire croire ainsi que la transparence règne ! ».


Absence de dialogue


Au sud, à près d’un millier de kilomètres, se trouve l’INBS de la base navale de Toulon, avec ses huit chaufferies nucléaires à côté du centre-ville. Un vent de révolte y souffle également. Mais elle n’est pas le fait de militants « antinucléaires ». Au contraire, la dissidence est portée par André Pellen, ancien ingénieur EDF et président du Collectif pour le contrôle des risques radioactifs, depuis la dernière réunion de la commission locale d’information en mars 2011. « Nous sommes confrontés à un manque de contradicteur au sein de la CI », s’agace-t-il. En clair, les autres organisations sont présentes, mais ne peuvent amender ni infirmer les informations livrées par les autorités, par manque de compétences ou par désintérêt. « Notre rôle se limite à de l’observation pure », confirme Claude Duval, de l’Avasne (Association varoise pour la sauvegarde de l’agriculture, de la nature et de l’environnement), qui reconnaît son absence de qualification pour apprécier les analyses qui lui sont apportées par les autorités.


La principale revendication d’André Pellen porte sur la nécessité de réaliser un exercice majeur au sein de la ville de Toulon, et d’être intégré comme observateur au sein des exercices du « plan particulier d’intervention » (PPI) [2]. Des requêtes, maintes fois refusées. « Il aura fallu menacer de quitter la CI pour voir enfin l’une de nos demandes être prise en compte », s’insurge t-il, espérant être désormais passé « du simple rôle d’observateur à celui de partenaire ».

Les commissions d’information jouent donc quand même leur rôle en apportant des informations concernant la sécurité nucléaire.

 

Mais l’on peut émettre des doutes sur la bonne perception de ces données par les participants issus du monde associatif local ou des collectivités territoriales, souvent non formés pour les appréhender. Cette transparence devient alors opaque, et le monde citoyen un simple « faire-valoir », comme le constate Guillemette André, de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro), membre de la commission d’information du port militaire de Cherbourg. Elle fait un vœu pour 2012 : « Être écouté de temps à autre ! »

Jean-Marie Collin

Notes

[1] Bruyères-le-Châtel (Essonne), Barp (Gironde), Cadarache (Bouches-du-Rhône), Valduc (Cher), Marcoule (Gard), Pierrelatte (Drôme), Limeil-Brevannes (Val-de-Marne).

[2] Le PPI prévoit la mobilisation des services de secours publics (sapeurs pompiers, gendarmes, police, Samu), de l’ensemble des services de l’État (DDE, Drire, Ddass, etc.), communes et acteurs privés (exploitant, associations, gestionnaires de réseaux, etc.).

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