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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 12:17

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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 190 (10/04/13)

 

Face à la résistible progression des mouvements identitaires de tout poil et à la progression des idées racistes, la mise en ordre de bataille de tous les antiracistes est plus que jamais indispensable. Le prochain 1er Mai en offre une belle occasion.


Lors de la dernière réunion de l’Union contre l’immigration jetable, les participants (organisations politiques : AL, la Fase, les Alternatifs, le PCF et le NPA, associations : ATMF, la FASTI ou RESF, et syndicat : FSU) ont décidé de participer à la manifestation parisienne du 1er Mai.


En tout état de cause, les thèmes justifiant un appel puissant à mobilisation ne manquent pas :


– dénonciation des conditions de régularisation posées par la circulaire du 28 novembre ;
–  appel à une totale refonte du code d’entrée et de séjour des étrangers au moment où le débat sur une nouvelle loi aura été engagé à la Chambre ;
– expression des exigences minimum pour cette loi sans renoncement à nos principes fondamentaux : liberté de circulation et d’installation et égalité des droits ;
– soutien actif et concret aux Roms stigmatisés, traqués, expulsés.


Ce 1er Mai sera l'occasion de mettre en relation l’organisation de la surexploitation dont sont victimes les immigréEs, maintenuEs dans l’illégalité ou précariséEs par la détention d’un titre de séjour à durée déterminée, et la régression sociale imposée à tous les travailleurEs sous couvert de « sauvegarde de l’emploi ». Flexi-insécurité à tous les étages !


Convergences antiracistes


Le matin du 1er Mai, l’Ucij sera également présente au pont du Carrousel pour commémorer l’assassinat de Brahim Bouarram, jeté à la Seine le 1er mai 1995, par des fascistes de retour de la manifestation du Front national. Des contacts ont aussi été pris pour mettre en œuvre des convergences avec le réseau Sortir du colonialisme qui vient d'organiser la Quinzaine anticoloniale.


En s’efforçant à hauteur de ses moyens d’impulser une mobilisation unitaire contre le racisme et en y prenant toute sa place, le NPA œuvre à la constitution d'une opposition de gauche face à un PS et à un gouvernement, qui, sur le sujet de l’antiracisme comme sur tant d’autres, réussissent l’exploit de décevoir chaque jour un peu plus, même celles et ceux qui, dès leur arrivée au pouvoir, ne leur accordaient aucune confiance.


François Brun

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 13:04

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 13:52
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STAMBOUL Pierre 7 avril 2013
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Des officines zélées (CRIF, BNVCA [1] …) ont pris l’habitude de dégainer instantanément pour faire taire toute critique de la politique israélienne.

Une propagande bien rodée

Vous vous réclamez du droit international, vous revendiquez l’égalité des droits pour les Palestiniens ? Vous êtes antisémites. Vous dénoncez l’occupation et la colonisation ? Vous êtes antisémites. Vous n’acceptez pas l’expulsion du peuple palestinien de son propre pays en 1948-49 et vous êtes pour le droit au retour des réfugiés palestiniens ? Vous voulez « jeter les Juifs à la mer » et vous êtes antisémites.


Le tribunal Russell sur la Palestine utilise les mots justes pour qualifier ce qui est à l’œuvre : apartheid, sociocide … ? Ce tribunal est bien sûr antisémite. Sur le modèle de ce qui s’est fait en Afrique du Sud, 172 associations de la société civile palestinienne lancent un appel mondial au BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) de l’État d’Israël ? Les Palestiniens veulent bien sûr « achever l’œuvre des Nazis ». D’ailleurs « Arafat était un nouvel Hitler ». Et ceux qui pratiquent le BDS sont des antisémites.


Des personnalités juives françaises critiquent publiquement la politique israélienne ? On les traîne dans la boue. On fait un procès à Edgar Morin qui fut un grand résistant. On récuse la judéité et les combats dans la résistance de Stéphane Hessel et on proclame qu’il fut « un maître à ne pas penser » (lire Prasquier, président du CRIF). On orchestre une campagne de diffamation contre Charles Enderlin accusé d’avoir « bidonné » un reportage sur l’assassinat de Mohamed al-Durah. Tous ces Juifs critiques sont des « traîtres ayant la haine de soi », voire des Juifs nazis. Les Pays-Bas décident de demander l’étiquetage des produits des colonies ? Cette décision est qualifiée d’antisémite. Et le ministre de l’intérieur israélien déclare que les Pays-Bas n’ont pas correctement indemnisé les Juifs néerlandais victimes du nazisme. Bref, vous leur parlez colonialisme, droit international, égalité des droits et ils vous répondent Shoah.

Comprendre ce qu’est l’antisémitisme…

C’est le christianisme qui a inventé l’antijudaïsme à la fin de l’Empire Romain quand il est devenu religion d’État. Il y a eu l’accusation de déicide et de crimes rituels, les stéréotypes racistes (« les Juifs veulent dominer le monde »), les nombreux interdits professionnels (notamment à la possession de la terre), les expulsions et spoliations répétées, l’enfermement dans les juderias et les ghettos, puis les pogroms qui commencent dès la première croisade et connaîtront leur apogée en Espagne et en Ukraine.


Une réécriture de l’histoire est en marche, à la fois pour masquer l’antijudaïsme chrétien et pour prétendre que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde arabo-musulman. Les Juifs ont eu le statut de « dhimmi » (= « protégé ») auquel avaient droit les adeptes des « religions du livre » non musulmanes : chrétiens, zoroastriens, juifs … Ce n’était certes pas la citoyenneté (elle n’existait nulle part à l’époque). Il y a eu des moments difficiles, mais rien de comparable (avant l’apparition du sionisme) avec les massacres et discriminations incessants subits par les Juifs dans l’Europe chrétienne. Et d’ailleurs c’est au Maghreb ou dans l’empire Ottoman que la majorité des Juifs expulsés d’Espagne trouveront refuge et accueil.


L’émancipation des Juifs commence en Europe à la fin du XVIIIe siècle et c’est paradoxalement elle qui va provoquer la transformation de l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. En sortant du ghetto et en se laïcisant, les Juifs deviennent une minorité invisible et un obstacle au rêve fou d’États ethniquement purs. Le consensus antisémite parmi les dirigeants européens apparaît en Europe dans une période d’exacerbation de nationalismes niant les droits de « l’autre ». C’est pourtant sur ce terreau idéologique qu’est né le sionisme.

…qui n’a rien à voir avec l’antisionisme

Les Juifs ont été les parias de l’Europe, réputés être des « asiatiques inassimilables ». Balfour était Premier ministre anglais en 1905. Il prononce devant la Chambre des Communes un discours antisémite virulent considérant les Juifs polonais comme des agitateurs révolutionnaires et il interdit leur immigration en Angleterre. Plus tard en 1917, il envoie à Lord Rothschild (choix pas vraiment neutre) la fameuse déclaration Balfour promettant aux Juifs que la Palestine (où moins de 10% de la population est juive) deviendra un « Foyer National Juif ». Il n’y a là aucune contradiction.

 


Pour Balfour comme pour la plupart des dirigeants européens, les Juifs considérés comme étrangers inassimilables en Europe, vont devenir naturellement des colons européens s’ils partent en Palestine. Le sionisme a sciemment choisi de jouer ce rôle. Il est passé de l’autre côté du miroir. Il a transformé, parfois à l’insu de leur plein gré, des victimes en colonisateurs racistes. Le sionisme a « blanchi » les Juifs. Il les a rendus acceptables par les antisémites.

L’antiracisme est universel

Face à l’antisémitisme et au génocide nazi, il faut dire : « que cela n’arrive plus jamais » ! C’est-à-dire qu’on doit examiner toutes les causes qui mènent à la haine raciste, au militarisme, à l’impérialisme, aux discriminations, à la folie meurtrière et que l’on combatte pour un monde meilleur. Les sionistes disent : « que cela ne NOUS arrive plus jamais ». Et cela veut dire exactement le contraire. Cela veut dire qu’au nom d’une persécution subie, tout est permis contre tout le monde : le vol, le crime, la haine. De telles idées sont porteuses de guerre sans fin. Une telle conception recopie jusqu’à la caricature ce qui a produit l’antisémitisme racial : une essentialisation des êtres humains en fonction de leur religion, de leur nationalité ou de leur identité supposée. Une affirmation que le « vivre ensemble » dans l’égalité des droits est impossible et qu’il faut donc se séparer et dominer ou expulser ceux qui apparaissent comme un obstacle au rêve fou d’un État juif ethniquement pur.

Le génocide nazi n’appartient pas aux sionistes

Il ne reste que quelques dizaines des milliers de survivants du génocide en Israël et la plupart d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté avec des pensions misérables. Il est plus facile d’exploiter sans vergogne leur mémoire que de leur donner les moyens de vivre dignement.


Au moment de la fondation de l’État d’Israël, il y avait beaucoup de mépris à l’égard des victimes du génocide accusées d’être entrées dans les chambres à gaz sans se révolter alors que les Israéliens « transformaient le désert en jardin » pour reprendre un des mythes fondateurs. C’est plus tard avec la création du musée Yad Vashem [2] et le procès Eichmann que les dirigeants sionistes ont vu tout le profit qu’ils pouvaient tirer du martyr des Juifs européens.

Pourtant, s’il y a eu une résistance juive au nazisme (la MOI [3], l’insurrection du ghetto de Varsovie …), les sionistes n’y ont joué qu’un rôle marginal. Pire, de nombreux dirigeants sionistes ont eu un comportement plus que coupable vis-à-vis du fascisme. Vladimir Jabotinsky, maître à penser des dirigeants israéliens actuels, était dans les années 1930 un admirateur de Mussolini et il s’est inspiré de ses méthodes expéditives. En 1933, quand Hitler arrive au pouvoir, malgré l’appel au boycott de l’Allemagne nazie des Juifs américains, Ben Gourion signe avec le régime hitlérien l’accord de Haavara pour obtenir le « transfert » des Juifs allemands vers la Palestine.


Un des groupes terroristes juifs opérant en Palestine, le Lehi (ou groupe Stern) assassinera des soldats britanniques jusqu’en 1943 (alors que des millions de Juifs européens ont déjà été exterminés) et il essaiera de négocier avec le régime nazi. Plus tard, le dirigeant de ce groupe, Yitzhak Shamir, sera à plusieurs reprises Premier ministre d’Israël. Enfin, dans Eichmann à Jérusalem, Hannah Arendt affirme que, sans la collaboration des dirigeants des communautés juives d’Europe, une partie des 6 millions de morts aurait pu échapper à l’extermination. Un de ces dirigeants, Rudolf Kästner, négociera avec Eichmann à Jérusalem le sauvetage de 1600 Juifs hongrois. Il fournira en échange la liste de centaines de milliers de Juifs qui seront gazés à Auschwitz. Kästner était sioniste. Il sera assassiné en Israël en 1957 et son assassin acquitté.


La propagande sioniste utilise sans arrêt le cas de Mufti Amin al-Husseini. Ce dirigeant palestinien fut un authentique Nazi qui a recruté et dirigé des milices musulmanes venues des Balkans et engagées avec l’Allemagne hitlérienne. Mais utiliser son cas très isolé pour affirmer que les Palestiniens poursuivent le génocide nazi en taisant ce que fut la collaboration sioniste est assez indécent.

Il n’y a ni culpabilité occidentale, ni « judéophilie »

Certains s’imaginent que la complicité occidentale avec la politique israélienne est le résultat d’un sentiment de culpabilité. C’est une erreur. Ce n’est pas parce qu’ils sont mal informés que les dirigeants occidentaux ferment les yeux devant les exactions incessantes commises par les dirigeants israéliens et leur accordent une impunité inconditionnelle. C’est parce que cet État surarmé, dépensant 60% de son budget dans l’armement et les technologies de pointe, c’est ce qu’ils désirent. Un Israël vivant en paix et sur un plan d’égalité avec ses voisins, acceptant d’être un pays du Proche-Orient et pas une pointe avancée de l’Occident dans la région ne les intéresse pas. Tenir le Proche-Orient pour l’Occident, c’est être allié à la fois à Israël et aux monarchies pétrolières du Golfe. Cette réalité stratégique est la principale explication de la complicité scandaleuse à laquelle on assiste.


De 1945 au début des années 50, des centaines de milliers de rescapés du génocide ont vécu dans des camps de « transit » essentiellement en Allemagne et en Autriche. Le Yiddishland avait disparu, ils demandaient de pouvoir émigrer vers l’Ouest. S’il y avait eu un « sentiment de culpabilité », on leur aurait dit : « vous avez été persécutés pendant des siècles, maintenant vous aurez l’égalité des droits ». Au contraire, on leur a dit : « maintenant vous avez un pays, vous partez quand vous voulez ». Et la majorité de ceux qui étaient dans ces camps (comme 40 ans plus tard les Juifs soviétiques) ont été envoyés, souvent contre leur gré, en Israël.


L’Europe s’est débarrassée de son crime sur le dos du peuple palestinien qui n’avait aucune responsabilité dans l’antisémitisme. En même temps subsiste toujours cette idée raciste que le pays des Juifs , ce n’est pas ici, c’est Israël, bref qu’ils sont toujours des « étrangers » en Europe.

L’extrême droite

Pendant des décennies, tous les partis ou groupuscules d’extrême droite ont eu pour dénominateur commun l’antisémitisme et encore récemment les déclarations répétées de Jean-Marie Le Pen sur « le point de détail de l’histoire » attestaient la permanence du rôle « fédérateur » pour ces idéologies de l’antisémitisme.


La réalité a beaucoup évolué. L’islamophobie a largement remplacé l’antisémitisme comme destination de la haine ordinaire. Le « choc des civilisations » défini par Samuel Huntington et sa reprise sous forme de « guerre du bien contre le mal » par Georges Bush Junior ont clairement placé Israël dans le camp du « bien », le mal étant l’Islam, les Arabes, les bronzés, les terroristes … Le fait qu’en Europe, les Musulmans soient des post-colonisés discriminés et prolétarisés explique qu’ils sont depuis longtemps la cible principale de l’extrême droite. Le norvégien Breivik qui a commis un meurtre de masse pour « protester » contre l’islamisation de la société est l’exemple de la virulence de cette haine qui se développe dans les sociétés occidentales.


Les dirigeants de l’extrême droite européenne sont devenus de grands amis d’Israël. En décembre 2010, ils sont allés en Israël. Il y avait le flamand Dewinter, le néerlandais Wilders, le dirigeant du FPÖ autrichien Strache dont le parti abrite beaucoup de néo-nazis. Ils ont discuté avec leur partenaire Avigdor Lieberman de l’interdiction de l’Islam. Marine Le Pen rêve de pouvoir elle aussi être reçue officiellement à la Knesset et à Yad Vashem.


En Europe Orientale (Pays Baltes, Pologne …), les partis politiques antisémites qui sont parfois les descendants de ceux qui ont accompagné les Einsatzgruppen dans l’extermination des Juifs européens, sont tous pro-israéliens. Toujours le même phénomène. Les Juifs du Yiddishland étaient des « étrangers inassimilables » mais en Israël, ils deviennent des colons sympathiques.


D’autres antisémites jouent un rôle fondamental dans l’aide à Israël et surtout dans l’aide à la colonisation et à l’expropriation des Bédouins du Néguev de leurs terres : ce sont les « Chrétiens Sionistes » particulièrement puissants et nombreux aux États-Unis. Pour eux, les Juifs doivent revenir en Terre Sainte, expulser le mal (Armageddon), c’est-à-dire les Arabes puis se convertir à la « vraie foi » faute de quoi ils disparaîtront. Ces divers antisémites sont devenus des partenaires même plus encombrants en Israël. Le CRIF ou le BNVCA ne critiquent jamais ce partenariat.

A quoi servent les antisémites ?

La question peut paraître provocatrice. Tous les racismes sont immoraux et criminels. Les sionistes martèlent partout que juif = sioniste. Ils ne combattent pas l’antisémitisme. Ils l’instrumentalisent, ils l’utilisent, ils s’en servent comme carburant pour interdire à l’intérieur de la société juive israélienne ou des communautés juives organisées toute dissidence, tout doute, toute critique de la voie criminelle contre les Palestiniens et suicidaire pour les Juifs qui est en cours. Ils utilisent l’antisémitisme pour essayer de relancer l’Alyah, l’émigration juive vers Israël.


L’antisémitisme alimente le « complexe de Massada », cette « certitude » inculquée aux Israéliens que les victimes ont été, sont et seront toujours les Juifs et que le suicide est préférable au compromis. La politique israélienne provoque (volontairement) un antijudaïsme en plein essor et met en danger les Juifs. Face à cela, les « protestations » sionistes sont totalement inopérentes. On ne combat pas le racisme avec une idéologie raciste ou en défendant inconditionnellement un régime qui pratique l’apartheid.


Le combat le plus conséquent contre cette nouvel vague d’antisémitisme, c’est de faire comme l’UJFP. Manifester sous une banderole : « Juifs et Arabes ensemble pour la justice en Palestine », organiser des missions communes en Palestine avec nos partenaires arabes comme l’Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), montrer partout que, de même qu’il existe une minorité d’Israéliens anticolonialistes, il existe des Juifs qui défendent les droits du peuple palestinien.


Lutter contre l’antisémitisme, c’est expliquer inlassablement que cette guerre n’est ni raciale, ni religieuse, ni communautaire. Elle porte sur des questions essentielles : le refus du colonialisme et l’égalité des droits. Lutter contre l’antisémitisme, c’est refuser toute logique communautaire alors que les sionistes ont un comportement de plus en plus tribal.


Les antisémites existent toujours. Il y a une poignée de grands malades qui rivalisent dans la nostalgie du IIIe Reich ou dans la négation du génocide nazi. Mais il y a incontestablement, dans la grande variété des antisémites, des gens qui essaient de s’infiltrer dans le combat pour les droits des Palestiniens.


Fondamentalement, ces personnes pensent (comme les sionistes) que juif = sioniste. Pour eux, les causes du sociocide infligé aux Palestiniens viennent de la nature même des Juifs, de la Torah et du Talmud. Ils reprennent les stéréotypes sur les « Juifs maîtres du monde » contrôlant tout (le courant complotiste est bien représenté parmi eux). Ils pensent que Juifs sionistes et Juifs antisionistes sont les deux faces d’un même problème. Ils écrivent que là où la parole antisémite est brimée, la cause palestinienne est mal défendue alors que là où elle est libre, elle est bien défendue. Ils en déduisent donc que la parole antisémite doit être libre.


En dehors de l’aspect immoral (pour ne pas dire criminel) de telles idées, ELLES FONT TOTALEMENT LE JEU de ce qu’elles sont censées combattre. Elles confortent la névrose entretenue par les sionistes, l’idée que ceux qui critiquent Israël sont des antisémites qui « veulent jeter les Juifs à la mer ». Bref, si on pense qu’un des moyens de mettre fin à la colonisation et à l’apartheid, c’est aussi de « briser le front intérieur » en Israël ou dans la communauté juive organisée, les antisémites sont objectivement des complices du sionisme.

Combattre tous les racismes

L’antisémitisme est-il un racisme à part ? Il l’a été. Tous les racismes n’ont pas pour finalité l’extermination de la communauté humaine désignée à la haine. Mais aujourd’hui en France, le racisme frappe essentiellement les Noirs, les Arabes et les Roms. Les agressions et les discriminations qui les frappent sont beaucoup plus fréquents que les actes antisémites. Et donc l’antisémitisme n’est plus un racisme « à part ».


Il est significatif que toutes les associations religieuses ou communautaires ont exprimé leur désapprobation du comportement des autorités françaises à l’égard des Roms, des immigrés, des Sans Papiers à l’exception notable du CRIF et du Consistoire. Comment ces associations qui affirment que les Juifs français sont en danger et qui sont complices de la propagande israélienne pour les faire émigrer peuvent-elles être silencieuses devant la répétition de processus d’exclusion qui ont été expérimentés contre les Juifs et qui ont fini par aboutir après un changement de régime, aux horreurs de Vichy ? Comment peuvent-elles se rendre complices de l’islamophobie comme Roger Cukierman, ancien président du CRIF, qui estimait que la présence de Le Pen au second tour des présidentielles de 2002 était un message aux Musulmans leur indiquant de se tenir tranquille ? Ces associations sont en rupture complète avec de nombreuses figures du judaïsme qui ont toujours considéré qu’il fallait lutter contre tous les racismes.


Pire, ces associations cautionnent un racisme épouvantable qui est intrinsèque à la société israélienne.

Racisme contre les Palestiniens dans une société d’apartheid. Pour le rabbin Rosen, les Palestiniens sont des Amalécites et la Torah autorise qu’on les tue ainsi que leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux. Pour le grand rabbin de Safed, Shmuel Eliyahou, la Halakha (loi traditionnelle judaïque) interdit de louer un logement à un « Arabe ». Il n’y a pas que les religieux qui versent dans le racisme à l’état brut : les Palestiniens sont régulièrement traités de « serpents » ou de « terroristes » par tous les politiciens.


Vis-à-vis des immigrés d’Afrique de l’Est qui arrivent à pied en traversant le Sinaï, Israël utilise les grands moyens : construction d’une barrière électrifiée entre Gaza et Eilat, d’un gigantesque centre de rétention à Beersheba, déclaration de Nétanyahou expliquant qu’on ne peut pas scolariser les enfants de ces immigrés car « cela atteindrait au caractère juif de l’État », manifestations à Tel-Aviv aux cris de « Israël est pour les Juifs, le Soudan pour les Soudanais ».


Mais il y a aussi le racisme à l’intérieur de la société juive israélienne. Racisme et discriminations contre les Juifs séfarades et orientaux. On les a appelés les « Schwartz » quand ils sont arrivés. On les a logés dans des régions inhospitalières (la frontière, le désert du Néguev). Dans les premières années d’Israël, on a expérimenté des irradiations mortelles sur des enfants de Juifs orientaux soupçonnés d’avoir la teigne, on a enlevé des bébés juifs yéménites qui ont été adoptés par des familles ashkénazes. Aujourd’hui on stérilise sans leur demander leur avis des femmes falashas (juives éthiopiennes).

Ne nous laissons pas intimider

Face à ceux qui instrumentalisent l’antisémitisme pour en faire une « arme de destruction massive » contre toute critique d’Israël, nous devons être cohérents. Nous nous battons pour les droits du peuple palestinien au nom de valeurs universelles : le refus de l’occupation, de la colonisation, de l’apartheid. L’égalité des droits, le refus de tous les racismes, de toutes les discriminations.


Nous dénonçons aussi bien ceux qui mélangent volontairement antisémitisme et antisionisme que leurs complices. La présence régulière des représentants des plus hautes autorités de l’État ou des dirigeants de nombreux partis politiques aux dîners du CRIF constitue un soutien à la manipulation. La caution apportée par le Président de l’Assemblée Nationale à un « colloque » du BNVCA est un vrai scandale. Rendons à la lutte contre l’antisémitisme son efficacité et sa dignité.


Notes

[1] Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme. C’est une officine d’extrême droite créée par Sammy Ghozlan qui porte plainte systématiquement pour antisémitisme dès qu’on critique Israël.

[2] Ce musée de la Shoah à été construit près de Jérusalem sur le territoire de Deir Yassin, village palestinien où les terroristes de l’Irgoun et du groupe Stern massacrèrent 200 villageois palestiniens en 1948. Comme si un génocide pouvait excuser un nettoyage ethnique.

[3] Main-d’œuvre immigrée, nom de la résistance communiste des immigrés vivant en France.


* Site de l’UJPF, dimanche 7 avril 2013 : http://www.ujfp.org/spip.php?article2679

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http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28371


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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 09:15

 

 

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 10:59

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Sociétéle 29 Mars 2013

 

Comment réagir face aux différents visages empruntés par le racisme ?

Par Bernadette Hétier et Pierre Mairat, coprésidents du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples (MRAP).


Bernadette Hétier et Pierre Mairat, coprésidents du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples (MRAP) mettent en exergue "la gangrène de la racialisation du discours qui affecte aussi certains secteurs communautaires, et c’est là un fait nouveau". Ils en appellent "au législateur pour que la proposition de retirer le mot race de la Constitution soit retenue".


 Leur tribune:


"Le racisme peut se définir par la multiplication de propos ou d’actes stigmatisant telle ou telle catégorie de la population, par des rapports de domination inscrits dans une histoire liée ou non à la colonisation, par la relégation sociale, les discriminations, par un statut de citoyen de seconde zone, par des contrôles policiers, etc.

Mais il peut s’exprimer aussi dans un corps de doctrine racial. Les théories racistes peuvent, selon les contextes, se propager à l’ensemble de la société et doivent être combattues et dénoncées clairement et fermement. 

 

Le combat du Mrap contre le discours racial d’extrême droite ou de droite extrême est connu.

 

Les principales populations ciblées sont les Roms, les populations arabes ou noires, les musulmans. Ce combat a amené le Mrap, dans la dernière période, à dénoncer ou à traîner en justice des gens comme Finkielkraut, Hortefeux, Sarkozy, Guéant, Zemmour.


Mais la gangrène de la racialisation du discours affecte aussi certains secteurs communautaires, et c’est là un fait nouveau. Dans les médias, une mouvance politique-communautaire se revendique de la « lutte des races ». Les théories d’exclusion et la sémantique identitaire raciale qu’elle développe s’apparentent à celles de l’extrême droite. On retrouve en effet, dans ses discours, les concepts de race, de lutte des races, de frères de race. Chacun est appelé à pratiquer un apartheid organisationnel, politique ou associatif basé sur la couleur de peau. Les individus sont essentialisés dans des origines supposées antagoniques. L’universalisme cède alors la place au relativisme culturel. Le « eux et nous » s’oppose à la mixité sociale, parfois jusqu’au cœur de l’intime quand les couples mixtes sont stigmatisés, à l’extrême droite ou dans ses franges communautaires.


La race éclipse alors les clivages sociaux.

 

Les frères de race, toutes classes sociales confondues, se substituent aux citoyens solidaires. Le message politique rejoint celui de l’extrême droite qui, sous couvert de race ou de nation, a toujours voulu nier ou relativiser les antagonismes de classes. C’est ainsi que les événements des banlieues de l’année 2005 ne sont plus perçus comme une révolte contre les difficultés de vie et la relégation sociale, mais comme une première manche de la « guerre de race » des non-Blancs contre les Blancs. C’est une thèse partagée par l’extrême droite et ses mouvances communautaristes.


Le Mrap, qui lutte contre tous les racismes, doit déconstruire tous ces discours identitaires et raciaux. Il rappelle sans équivoque que le racisme systémique frappe toujours les mêmes groupes humains, postcoloniaux ou roms. Ce racisme-là n’est pas de même nature que les actes épars et marginaux de haine raciale anti-Blancs qui peuvent être constatés. Mais toute tentative d’offrir à ces manifestations, marginales et non structurées idéologiquement, un corps de doctrine opposant les Blancs aux non-Blancs rencontrera l’opposition ferme du Mrap.


Le Mrap refuse toute idéologie raciste qui enferme les individus dans une lutte des races ou des identités supposées, dont le Noir, le Rom, l’Arabe, le juif, le musulman, le Blanc ou l’Asiatique seraient les ennemis désignés. Le Mrap refuse les chocs identitaires et raciaux, quelles qu’en soient les victimes et quels qu’en soient les auteurs. C’est pourquoi le Mrap en appelle au législateur pour que la proposition de retirer le mot race de la Constitution soit retenue. Ce serait là un geste symbolique fort qui aiderait à enrayer toute résurgence de l’existence des races et de leurs antagonismes."

  • A lire aussi:

Racisme et islamophobie, ça va de mal en pis

Pardon pour les pains au chocolat

Bernadette Hétier et Pierre Mairat

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http://www.humanite.fr/societe/opinion-l-inquietante-resurgence-des-theories-de-l-518514

 


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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 13:35

logoNPA29

Le meurtre du jeune Yassin Aibeche par un policier, dans la nuit de mercredi à jeudi, provoque depuis plusieurs jours l'indignation et la colère des habitants de Felix Pyat et bien au delà.

 

Nos premières pensées vont à sa famille et à ses amis et nous tenons à leur présenter nos plus sincères condoléances.

D'une balle tirée dans le dos, par un policier qui n'était pas en service et sous l'emprise d'alcool, suite à une altercation ridicule au regard de ses conséquences … ce décès mérite apparemment clairement le qualificatif de meurtre.

 

Le procureur lui même a immédiatement remis en cause l'idée de « légitime défense » pour qualifier cet acte odieux.

 

Comment croire que l'on puisse trouver une seule justification à ce crime dans de telles circonstances. La police cherche pourtant à dénigrer, comme à son habitude, le jeune Yassin en le présentant comme défavorablement connu de ses services, souillant encore une fois la mémoire d'un jeune qui comme tant d'autres n'était en fait coupable que de sa condition sociale et de sa couleur de peau.


Trente ans après la marche pour l'égalité et contre le racisme, qui avait été impulsée suite notamment aux nombreux meurtres de jeunes des quartiers populaires, la situation n'a apparemment pas changée.

 

Plutôt que des citoyens, des (futurs) travailleurs, les jeunes des quartiers sont encore aujourd'hui considérés comme des cibles mouvantes. Il n'y qu'à lire les consignes données aux policiers par leur direction lorsqu'ils agissent dans les « quartiers sensibles », publiées le 09 Février par Médiapart, pour s'en convaincre : les quartiers populaires sont pour l’État sécuritaire et raciste des zones de guerre et dans une guerre, les « bavures » sont de l'ordre de la norme.


Ce nouveau meurtre vient s'ajouter à ceux d'Hakim à Grasse, Wissam à Clermont, Zyed et Bouna à Clichy

 

etc. et alimenter la colère légitime des familles à laquelle nous nous associons. Tout en respectant la procédure judiciaire et la présomption d'innocence, le NPA réclame que justice soit faite pour cette nouvelle vie volée et que si condamnation il y a, elle soit à la hauteur du crime jugé. Il est temps que justice soit faite quant à tous les crimes policiers et qu'enfin une autre police soit pensée, sous contrôle et au service de la population et non destinée à maintenir une terreur sécuritaire et raciste sur la jeunesse, les quartiers, le mouvement social et l'ensemble de la population.


Le NPA ainsi que l'ensemble de ses militant-e-s sont prêts à s'associer à toute action de la famille et des amis du jeune Yassin, s'ils jugent cela utile, et continuera à participer, à leur humble place, à la construction d'une alternative politique pour et par les quartiers populaires.


Communiqué du NPA13

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 15:11

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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 181 (06/02/13)

 

Hollande n'a pas pris beaucoup d'engagements lors de sa campagne électorale.

 

Mais parmi ceux-là, il y avait le droit de vote pour les étrangers aux élections locales. Il faut dire que fin 2011 un sondage disait que 61 % des FrançaisEs y étaient favorables. Jean-Marc Ayrault a relancé timidement la question la semaine dernière, la conditionnant au fait de trouver suffisamment d'éluEs de droite au Sénat et à l'Assemblée nationale pour obtenir la majorité des 3/5 susceptible de faire passer le changement constitutionnel nécessaire.


Cela a suffi à faire sortir la droite de ses gonds, comme le montrent les déclarations de Christian Estrosi, député UMP, déclarations dont la base raciste ne fait aucun doute. Car c'est bien de racisme et de nationalisme qu'il s'agit quand des personnes qui vivent et travaillent dans les mêmes lieux que les Français, envoient leurs enfants dans les mêmes écoles, paient leurs impôts dans les mêmes centres, n'ont pas les mêmes droits uniquement en raison de leur nationalité.

 

L'aspect raciste est d'autant plus présent quand on fait la différence entre étrangers venant de pays européens, qui ont le droit de vote, et étrangers extra-communautaires, l'immense majorité d'entre eux et elles étant originaires du Maghreb, d'Afrique ou d'Asie.


Les reculs de la gauche ajoutés à la politique de Valls laissent un boulevard à la progression du racisme.

 

Un sondage publié par le Journal du Dimanche explique qu'en un an la majorité a changé de camp. Désormais 56 % des sondéEs seraient opposéEs au droit de vote des étrangers. Dans une enquête Ipsos publiée par le Monde du 24 janvier, 70 % des sondéEs pensent qu'« il y a trop d'étrangers en France » tandis que 74 % disent que « la religion musulmane est incompatible avec la société française ». Cela démontre l'hypocrisie et la fausseté des arguments de journalistes et commentateurs comme Caroline Fourest et de dirigeants de gauche expliquant qu'il ne faut pas ouvrir la question du droit de vote parce que cela permettrait au racisme de gagner du terrain. C'est le contraire qui est vrai : l'égalité progresse dans la société quand une lutte est menée résolument pour la faire triompher.


Contre-offensive


Il faut le dire clairement, le seuil de tolérance est dépassé : il y a trop de racistes et de racisme en France. Construire la contre-offensive ne peut plus attendre. Le combat pour le droit de vote des étrangers en est l'occasion. Il y a un an seulement, une majorité dans la société française y était favorable. Cette majorité peut se retrouver à condition de lancer le combat. La pétition (http://www.droitdevote2014.org/) doit être diffusée. Elle est soutenue par de nombreuses associations, syndicats et partis de gauche (dont le MJS). Elle est un outil qui devra se traduire en mobilisation effective pour obliger le gouvernement à déposer un projet et organiser un référendum si la majorité nécessaire n'existe pas au Sénat et à l'Assemblée.


Ce combat ne sera pas une fin en soi. Cette campagne devrait être le signal d'une offensive générale pour marginaliser les racistes, en la combinant à la lutte au côté des sans-papiers, aux campagnes contre l'islamophobie et contre la progression de l'extrême droite.


Denis Godard

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:05

 

 

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 09:39

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Le refrain est sans ambiguïté:  

 

"Si vous êtes si malheureux en France/Vous et vos petites bandes armées/Arrêtez d’hurler que vous n’êtes pas intégrés”.

 

Le reste est à l’avenant: “A tous ceux qui sifflent dans les stades la marseillaise (…) sachez que (…) nous allons relever la tête et vendre notre peau (…) Et par le monde on sait que la France est terre d’asile/Trop facile.

 

Bienvenue à tous on est trop bons et trop cons/Nos frontières ne sont pas fermées, si vous êtes trop malheureux en France, vous et vos petites bandes armées, fuyez chercher ailleurs votre délivrance…

 

Un jour prochain le vieux coq Gaulois renaîtra de ses cendres. Et enfin vous fera respecter nos lois.”

 

 

Télévision jeudi 22 novembre 2012

SOS Racisme a demandé ce mercredi à la chaîne de télévision M6 d’annuler la candidature d’un groupe arrivé en demi-finale de son émission « La France a un incroyable talent », parce qu’il a dans son répertoire une chanson « très tendue racialement ».


Prendre ses responsabilités

« Nous demandons que M6 renonce à faire produire le groupe dans l’émission », a déclaré Cindy Léoni, présidente de l’association de lutte contre le racisme. SOS Racisme réfléchit aux suites juridiques à donner, mais en attendant « demande à la chaîne de prendre ses responsabilités », selon Cindy Léoni. « M6 ne peut pas donner de la légitimité à des personnes qui interprètent des chansons racistes. »


Le groupe Burn the Rubber, une famille de Morteau (Doubs), a mis sur Youtube en 2011 un enregistrement d’une chanson intitulée Hauts les cœurs, « d’un haut niveau de tension raciale », selon Cindy Léoni.


Décision en suspens


Les paroles proclament : « Si vous êtes trop malheureux en France, vous et vos petites bandes armées, fuyez chercher ailleurs votre délivrance », ou encore : « Un jour prochain, le vieux coq gaulois renaîtra de ses cendres. Et enfin vous fera respecter nos lois. »


La chaîne M6 a assuré ne pas avoir eu connaissance de cette chanson et a mis sa décision en suspens. « Nous n’avions pas connaissance de l’existence de ce titre-là. Nous ne savions pas qu’ils avaient sorti un album. Les titres qu’ils présentaient à l’antenne étaient principalement des reprises de U2. »


« C’est trop tôt pour dire quelle décision nous allons prendre concernant ce groupe », a ajouté la chaîne. « On vient d’apprendre tout cela avec grande surprise. À aucun moment nous n’avons passé des propos racistes à l’antenne. »


4,5 millions de téléspectateurs


La demi-finale, qui va faire intervenir une trentaine de groupes, aura lieu le 12 décembre. Lors de l’émission La France a un incroyable talent, « le groupe Burn the Rubber n’a jamais été présenté sous ce nom, mais en tant que la famille Dornier », a précisé M6.

Cette émission, qui en est à sa septième saison, déniche les personnes censées avoir des talents dans différentes sphères, dont l’acrobatie, la magie, le chant ou la danse. Très populaire, elle est suivie en moyenne chaque semaine par 4,5 millions de téléspectateurs en moyenne.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Incroyable-talent.-SOS-Racisme-demande-a-M6-de-retirer-un-groupe_39382-2135732_actu.Htm

 

Et le Nouvel Obs:

 

http://teleobs.nouvelobs.com/articles/38813-la-france-a-un-incroyable-talent-m6-sous-la-surveillance-de-sos-racisme

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 11:40

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“Que vous soyez pour ou contre les juifs, vous ne pouvez pas nier que ces gens-là posent problème.” (Charles Maurras, 1936)


Selon Grégoire Chamayou, philosophe et chercheur à l’institut Max Planck à Berlin : « Toute chasse s’accompagne d’une théorie de sa proie, qui dit pourquoi, en vertu de quelle différence, de quelle distinction, certains peuvent être chassés et d’autres pas. L’histoire des chasses à l’homme se fera donc par celle des techniques de traque et de capture mais aussi par celle des procédés, d’exclusion, des lignes de démarcation tracées au sein de la communauté humaine afin d’y définir les hommes chassables. »

(« Les chasses à l’homme », Éditions La fabrique, 2010)


Parler du racisme ? Oui mais lequel : racisme anti blanc, anti immigré, anti Rom ? Et le racisme de classe ? Pour nous le problème de la France ne vient pas des musulmans. Mais il existe une stratégie réfléchie et organisée pour intoxiquer les Français. Le musulman sert de bouc émissaire : la montée du FN, le chômage, la crise... C’est l’immigration musulmane ! Le capitaliste bourgeois n’a pas de souci à se faire tant que le musulman, le Rom sera présenté d’abord comme un "drogué, un "violeur", ‘’un voleur’’, un "délinquant", "un antisémite", "un islamiste". Ainsi la question, la vraie ne sera pas posée : celle de la lutte des classes.

 

Aujourd’hui il y a la crise, beaucoup de Français sont licenciés... alors que les entreprises ont fait des bénéfices énormes (Sanofi, Total). Et pourtant la gauche radicale à du mal à se faire entendre sur la question de l’immigration. Laurent Joffrin déplora l’aveuglement et la mauvaise foi puisque : « Un candidat qui proclame à tous vents que l’immigration ne pose aucun problème ne saurait remporter un grand succès auprès des ouvriers et des employés, qui craignent la concurrence d’une main-d’oeuvre sous-payée et corvéable à merci ». Nous considérons qu’il s’agit d’une invention, et nous proposons donc de revenir sur la stigmatisation des « étrangers », des « minorités ». Aujourd’hui on fait porter au jeune d’origine immigrée, le fait de ne pas avoir un emploi : tout est de sa faute, et tout est du à son appartenance culturelle – et rien à la société, la discrimination structurelle, aux hiérarchies sociales et post coloniales en place. Nous proposons de comparer les propos racistes d’hier et d’aujourd’hui.


I- Du problème juif au problème musulman


En 1911, le démographe Jacques Bertillon dénonçait la présence des juifs (dans son livre « La Dépopulation de la France ») : « Un problème angoissant devrait seul occuper toute la pensée des Français : comment empêcher la France de disparaitre ? Aucun des grands pays d’Europe ne compte un nombre aussi énorme d’étrangers… Avec le temps, (les étrangers) acquièrent des droits civils dont ils voudront peut-être abuser un jour… Ce qui aggrave le danger que nous craignons pour l’avenir, c’est que les étrangers de même nationalité sont massés dans certains coins du territoire… ».


En 2010, Éric Zemmour émet une critique quasiment identique à propos des Arabes et des Noirs, immigrés ou enfants d’immigrés : « Les Français observent la rue, le métro, les salles de classe, surtout dans les quartiers populaires, et constatent l’évidence : le grand remplacement. La France est le seul pays d’Europe où l’ancienneté continue de l’immigration de masse, le droit du sol, et l’interdiction des statistiques ethniques se conjuguent pour rendre toute discussion scientifiquement impossible. Tout le reste est idéologique. Les experts et la loi parlent uniformément de citoyens français, en fonction de la nationalité : le Français de la rue constate la modification de la composition du peuple français. »


Raymond Millet soutient en 1938 (livre intitulé « Trois millions d’étrangers en France ») que dans la rue des Rosiers : « Le yiddish est la langue courante en ces parages : dans quelques cinémas par exemple au Bellevue ou au Palermo- c’est celle que parlent les personnages des films… » Et il parle des « jugulateurs à barbe noire, à la calotte noire, aux vêtements noirs maculés de sang… »


Alain Finkielkraut le singe involontairement, de nos jours, ça donne ceci : « Je pense que nous en sommes au stade du pogrom antirépublicain. Il y a des gens en France qui haïssent la France en tant que République… Alors pourquoi parlent-ils le français comme ils le font ? C’est du français de boucher, l’accent, les mots, la grammaire. Est-ce à cause de l’école ? À cause des profs ? Il ya une haine sans précédent de la culture française. Et il ya dans certaines cités une espèce de nettoyage ethnique, c’est-à-dire qu’on vire des gens pour rester entre soi. ».

Pierre Tissier, résistant, affirme en 1942 :« Le problème juif existe, même en France. C’est un fait indéniable et aucune politique réaliste ne peut pas ne pas le regarder comme tel. Entre eux, il existe une unité absolue du langage, des traditions, de l’éducation morale et intellectuelle. »


Le colonel Rémy, résistant lui aussi, dit en 1940 sur les juifs qu’ils « ont authentiquement gagné leur qualité de Français. Mais la masse des métèques doit pour toujours être éliminée de notre pays. »


Soixante-dix ans plus tard, Éric Zemmour écrira dans son livre «  Mélancolie française » : « Imaginons que surviennent cent millions d’Africains dans notre pays ; on donne aussitôt une carte d’identité à chacun ; la part d’étrangers dans la population française n’aura pas bougé d’un millième de point. C’est ainsi que l’on a agi depuis 3 0ans : aux cent mille étrangers, solde annuel entre les entrants et les sortants, sans tenir compte des irréguliers, ont correspondu autant de naturalisations. On torture de même les chiffres de fécondité des femmes étrangères… »


Pour Robert Debré, médecin, et Alfred Sauvy, les « Israélites d’Europe centrale, industrieux, hantés par le désir de l’ascension sociale (…) forment un groupe uni et voyant qui déchaîne certaines hostilités » (Citation de leur livre « Des Français pour la France », Paris, Gallimard, 1946).


Hugues Lagrange, sociologue, conseille quant à lui qu’« une diaspora arabophone ou asiatique constitue un atout irremplaçable pour notre compétitivité... Les enfants d’origine nord-africaine s’intègrent mieux que ceux originaires de l’Afrique noire. »


Là aussi, nous avons des précédents historiques, témoignant d’une réflexion similaire : « Les immigrés qui ont le plus de chance à s’assimiler sont les Belges. Et il y a des immigrants racialement inassimilables, d’éléments raciaux mongolisés ou negrétisés ou judaïsés... [avec un] risque qu’ils viennent modifier profondément le patrimoine héréditaire de notre patrie. » (Robert Gessain, document sur l’Immigration, INED, collection « Travaux et documents », Paris PUF, 1947).


• Les exemples antisémites sont tirés du livre de Gérard Noiriel : « Immigration, antisémitisme et racisme en France. » Éditions Fayard.


Le 5 février 2007, sur le plateau de TF1, dans l’émission « J’ai une question à vous poser », Nicolas Sarkozy déclara, sûr de lui : « Personne n’est obligé, je le répète, d’habiter en France. Mais quand on habite en France, on respecte ses règles, c’est-àdire qu’on n’est pas polygame, on ne pratique pas l’excision sur ses filles et on n’égorge pas le mouton dans son appartement et on respecte les règles républicaines. » Sans que le journaliste Patrick Poivre d’Arvor ne réagisse, l’interrompe ; le public, quant à lui, l’avait applaudi. Nous connaissons cette stratégie qui consiste à « diviser pour mieux régner » : utiliser les uns contre les autres ; dresser des barrières, des murs ! Nous assistons impuissants à des théories fausses, inventées de toutes pièces : le mythe de la « civilisation judéo-chrétienne », alors que les juifs étaient discriminés et persécutés par les Chrétiens pendant un millier d’années.


II-La chasse aux Roms


En 2010, les médias ont largement contribué à la chasse aux Roms. Par exemple, les journalistes de RTL ainsi que les intervenants dans l’émission « On refait le monde » ont relayé la propagande gouvernementale en distinguant les utopistes des réalistes ; en considérant qu’il y a une idée commune en France sur le problème des Roms ! Alain-Gérard Slama : « Les Roms ont une capacité de s’autofinancer, notamment en se postant à côté des distributeurs de billets. »


Rodolphe Bosselut, avocat au barreau de Paris : « On est confronté à des situations de mendicité en France, et ce n’est pas moi qui le dit, c’est Monsieur Kouchner qui le dit. » « Le lien entre les campements illégaux et la délinquance a été établi par le ministre de l’Intérieur. »

Éric Besson, « Le Parisien » : « Les habitants n’ont pas à subir vol et racket parce qu’il y a un camp à proximité. ». Le 27 août 2012, un militant UMP qualifia, par un message sur Twitter, les Roms de « vermine » et de « personnes au teint crasseux ».


Nicolas Sarkozy avait, fin juillet 2010, déclaré ceci dans son discours de Grenoble : « J’ai demandé au ministre de l’Intérieur de mettre un terme aux implantations sauvages de campements de Roms, ce sont des zones de non-droit qu’on ne peut pas tolérer en France ».


Le dilemme reste cruel pour les « minorités » : adhérer aux idées racistes (la haine de soi) ; ou alors résister, refuser « l’assimilation », « l’intégration » en décrétant que « les Français sont racistes ». Donc il faut « choisir son camp » : (devenir) bourreau ou victime (qui lutte). Les victimes de racisme ont à maintes reprises unis leur force face à leur ennemi : le bourgeois capitaliste.

 

Même si le principal danger est le repli communautaire. Mais que faire lorsque les victimes de racisme participent à l’exclusion des Roms ? Au lieu d’une solidarité entre bouc émissaire pour réclamer le droit à la vie (scolarisation, droit au logement). Prenons l’exemple du comportement récent de Samia Ghali, sénatrice socialiste et maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille.

 

Fin septembre dernier, elle mit de l’huile sur le feu, alors que certains habitants de Marseille étaient en train de chasser des Roms d’un terrain. Deux habitants ont alors affirmé face caméra qu’ils ont dû faire « un petit nettoyage », « pour faire propre ». Ils n’ont pas été arrêtés par la police. Pire on a dit qu’il s’agissait des protestations de pauvres contre l’inaction de la police. Et que penser des sketches racistes du comte de Bouderballa et de Jamel Debbouze sur les mendiants ? S’effondrer devant la bêtise humaine ? Ici aussi il nous faut parler de racisme. Il nous faut s’opposer à l’arbitraire étatique. Car le Rom est un danger à dominer, à éliminer comme l’ouvrier pour le bourgeois.


Ardo Mako

 

http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/livres-etudes-debats/article/crises-capitalistes-et-racisme

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