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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 13:38

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Olivier De Bruyn | Journaliste

Dans son premier film (en salles le 27 mars), David Wnendt met en scène le quotidien de Marisa, une jeune néonazie. Résultat : une fiction dérangeante sur une certaine réalité allemande et européenne. Entretien.

Marisa a 20 ans, vit dans une petite ville du nord de l’Allemagne et travaille comme caissière dans une supérette. Une jeune fille ordinaire ? Presque. En compagnie de son mec et de quelques proches, filles et garçons, Marisa affiche sans honte ses convictions néonazies. Parfois, elle passe à l’acte (agressions, ratonnades) dans l’indifférence de la communauté, habituée aux faits et gestes de ce groupuscule qui arbore fièrement crânes rasés et tatouages en forme de croix gammée. Pour son premier film, David Wnendt, 36 ans, a choisi de mettre en scène une certaine réalité de son pays. Qui sont vraiment ces jeunes gens vivant dans la nostalgie confuse du IIIe Reich ? Comment réagissent leurs parents et grands-parents, parfois enfants durant les années hitlériennes ? Comment sont-ils perçus aujourd’hui dans la société allemande ? « Guerrière », sans didactisme, aborde toutes ces questions et a évidemment suscité de nombreux débats Outre-Rhin. Rencontre avec le cinéaste.


Rue 89 : Comment est né le projet de « Guerrière » ?


David Wnendt : A la sortie de mon école de cinéma, à Babelsberg, je devais imaginer un film de fin d’études. Ce projet est devenu mon premier long métrage. Quelques années auparavant, j’avais longuement visité l’ex-Allemagne de l’Est, entre autres pour y effectuer des reportages photos. J’ai alors découvert à quel point un grand nombre de jeunes étaient attirés par les thèses de l’extrême droite la plus radicale et des groupes néonazis. Jusque dans les villages les plus modestes, ils n’hésitaient pas à afficher ouvertement leurs convictions. Rien ne s’est arrangé depuis et j’ai voulu montrer cette réalité dans un film de fiction.


Avez-vous enquêté dans les groupes néonazis avant d’écrire le scénario ?


Oui, c’était indispensable. Pendant trois ans, j’ai infiltré ces groupes, participé à leurs réunions et à leurs manifestations. J’ai également interviewé de nombreuses jeunes femmes engagées dans leurs rangs. Pour rentrer en contact avec elles, j’ai dû m’inscrire sur des sites de rencontres réservés aux sympathisants néonazis, en me créant un profil « compatible ». Certaines, apprenant que je préparais un film refusaient de me parler, d’autres ont accepté et, grâce à leurs témoignages, j’ai pu écrire mon scénario.

 

Pourquoi s’intéresser en premier lieu aux femmes ?


Aucun film ne leur avait été consacré. Elles sont pourtant de plus en plus nombreuses dans ces groupes et elles y font preuve du même radicalisme et de la même violence que les hommes. Ces jeunes femmes vivent une immense contradiction : elles s’inscrivent dans la modernité de leur époque, affichent parfois des mœurs très libérées, et, parallèlement, défendent une idéologie qui promeut la soumission et l’asservissement des femmes. Cette confusion et ces contradictions me semblaient passionnantes à examiner.

 

Combien de néonazis aujourd’hui en Allemagne ?


Le noyau dur, prêt à passer à l’action violente, est évalué entre 10 000 et 20 000 personnes. Autour d’eux, il y a une zone grise, beaucoup plus importante et innombrable, celle, que je montre dans « Guerrière ». Plus largement, la xénophobie et le racisme se répandent dans la société allemande et le mépris de la démocratie s’y affiche de plus en plus ouvertement, comme dans d’autres pays européens. 


Vos personnages n’ont rien de marginaux : ils travaillent, sont intégrés dans la société. Et ils affichent leurs convictions dans l’indifférence générale.


Oui. Ils sont a priori d’honorables « fils de... » qui mènent une vie normale, bossent et sortent le soir comme les autres jeunes. Ils ne sont plus du tout considérés comme des fous furieux incontrôlables et ne subissent aucun ostracisme. En tournant « Guerrière », j’ai voulu alerter sur cette banalisation, à la fois révélatrice et inquiétante.


Comment avez-vous recruté vos jeunes acteurs ?


Les deux actrices principales sont des professionnelles, qui débutent leur carrière. Les autres sont des amateurs recrutés après de très longues séances de casting où j’ai rencontré plus de 150 personnes. Aucun n’appartient à l’extrême droite. Il était fondamental pour moi d’éviter toute ambiguïté. Mon enquête préalable devait se dérouler parmi les néonazis, mais, au moment du tournage, il était hors de question de leur laisser un espace d’expression et de jeu.

 

Comment « Guerrière » a t-il été perçu en Allemagne ?


Le film est sorti en janvier 2012 et il a eu un écho très favorable, ce dont je me félicite. Il y a quelques années encore, le sujet était tabou et toute tentative était accueillie avec réticence. « Guerrière » a suscité de nombreux débats, ce qui était mon but. Au final, il a été vu par 120 000 spectateurs. Un chiffre conséquent pour un film indépendant. En général, ceux-ci plafonnent à 30 000 entrées. Quand il sera diffusé à la télévision dans quelques mois, j’espère qu’il déclenchera de nouvelles discussions sur la réalité de la société allemande.

 
Sortie le 27 mars.


Aller plus loin

http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/03/22/guerriere-les-neonazies-vivent-une-immense-contradiction-240752

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 10:23

De plus en plus de Portugais entonnent l'hymne de la révolution des œillets en guise de protestation.

 

Comment une chanson enregistrée en France en 1971 est devenue le symbole de la résistance à l'oppression, hier de la dictature, aujourd'hui du marché. Tout a commencé le 17 mai 1964. La Société musicale Fraternité ouvrière de Grândola [ville située à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne] organise un concert à 22 heures dans sa salle des fêtes. José Afonso [plus connu sous le nom de Zeca Afonso] est annoncé en deuxième partie. Il est déjà considéré comme un "innovateur" : "Dans ses ballades transparaît la dimension poético-tragique de la sensibilité de notre peuple", peut-on lire dans le programme. Cette soirée dans l'Alentejo allait marquer le trentenaire José Afonso pour la vie. 

 

Un poème devenu chanson


Dans son livre José Afonso, le visage de l'utopie [paru en 1999 au Portugal], José Salvador cite une lettre qu'il écrit à ses parents, quelques jours après le concert. "Je leur ai offert une chanson composée la veille [Cantar alentejano], une sorte d'évocation de la terre d'Alentejo et de son symbole encore vivant dans la mémoire de l'homme du peuple : Catarina Eufémia, une paysanne de Baleizão tuée par les gendarmes [en 1954, à l'occasion d'une grève pour de meilleurs salaires] (...). Si un jour je dois quitter ce pays, c'est le souvenir de ces hommes que j'ai rencontrés à Grândola et dans d'autres lieux identiques qui me fera revenir."


Quelques jours après le concert, le responsable de la Société musicale reçoit par courrier un poème dédié à Grândola, écrit par Zeca Afonso. Ainsi était née Grândola, vila morena. Publié en 1967, le poème devient une chanson dans l'album Cantigas do Maio [Chansons de mai], sorti en 1971. Le producteur est José Mário Branco [un des plus célèbres chanteurs engagés contre la dictature] et l'enregistrement se fait à Hérouville [dans le Val-d'Oise]. C'est là que José Mário Branco a l'idée de transformer Grândola, vila morena en une chanson qui obéit à la structure traditionnelle du registre alentejano : chaque strophe est répétée en sens inverse. Une caractéristique qui peut embrouiller tous ceux qui aujourd'hui entonnent la chanson sans avoir au préalable bien regardé les paroles ou qui ne l'ont pas écoutée suffisamment...

 

Le signal de la révolution


Grândola n'avait pas été écrite pour être particulièrement révolutionnaire. Paradoxalement, c'est d'ailleurs pour cette raison-là qu'elle a conquis une place importante dans l'histoire du Portugal. José Afonso avait vu plusieurs de ses chansons interdites par la dictature [1926-1974], mais ce n'était pas le cas de Grândola. D'ailleurs, il la chante le 29 mars 1974 à l'occasion de la première Rencontre de la chanson portugaise à Lisbonne.

 

Ce jour-là, rares sont ceux qui savent que le processus révolutionnaire est en cours. Les militaires qui préparent la chute du régime sont confrontés à un problème : les communications du système militaire portugais ne sont pas suffisamment efficaces pour garantir un signal audible et fiable dans tout le pays. Le commandant Almada Contreiras, responsable des communications de la marine, avait lu un ouvrage sur le coup d'Etat de Pinochet du 11 septembre 1973 au Chili, qui racontait comment les mouvements de gauche avaient choisi comme signal l'émission de certaines chansons sur les ondes de stations de radio civiles. L'idée séduit les militaires portugais.

 

Ils choisissent de le faire le 25 avril à l'aube, dans l'émission Limite, sur Radio Renascença [qui appartient à l'Eglise]. Carlos Albino, un journaliste en délicatesse avec le régime, est en charge de la programmation musicale. Par prudence, la veille de la révolution des œillets, il achète l'album, de peur que celui de la radio ne soit rayé ou ne disparaisse. Aujourd'hui, Carlos Albino est conscient du fait que Grândola est "devenue un symbole national de libération face à l'oppression, mais également de participation et de maturité citoyennes en démocratie".  

 

ENGAGEMENT  Un monument de la chanson

José Afonso (1929-1987), est l'une des figures les plus marquantes de la chanson portugaise engagée. Il débute sa carrière comme chanteur de fado à Coimbra avant de privilégier les ballades pour évoquer la terre, les traditions, la résistance du peuple. Devenu professeur, il enseigne au Mozambique puis au Portugal, avant d'être expulsé de l'éducation nationale portugaise pour motifs politiques. Dans les cinq années précédant la chute du fascisme, il fait appel à la pédagogie du chant et de la parole pour éveiller les consciences et entretenir l'espoir d'un changement dans les villages, les quartiers populaires ou encore à l'étranger, parmi les immigrés.

 

José Afonso est emprisonné quelque temps dans la prision politique de Caxias. Après la Révolution des Œillets, il continue à arpenter le pays, tel un troubadour engagé, et se produit une dernière fois sur scène à Lisbonne en 1983. Auteur de quatorze albums, il repose au cimetière de la cité ouvrière de Setúbal et son souvenir reste vivace dans les cœurs de nombreux Portugais qui n'ont jamais oublié la première strophe de Grândola Vila Morena :

 

Grândola, ville brune

Terre de fraternité

Seul le peuple ordonne

En ton sein, ô cité

En ton sein, ô cité

Seul le peuple ordonne

Terre de fraternité

Grândola, ville brune

 

http://www.courrierinternational.com/article/2013/03/13/grandola-le-peuple-retrouve-la-voix

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 09:44
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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 11:45

Melies-d.jpg

13 février 2013 à 19:26

Depuis plus de trois semaines, l’équipe du cinéma Méliès de Montreuil est en grève avec le soutien massif de ses spectateurs et des milieux de la création cinématographique. 

 

Le Méliès de Montreuil, salle municipale d’art et d’essai, est emblématique à plus d’un titre : reconnue pour ses choix éditoriaux exigeants et éclectiques, elle a su fidéliser un public nombreux et s’attirer la reconnaissance de tous, notamment pour son travail autour du cinéma de recherches, des films de patrimoine et du cinéma jeune public.

 

De Michael Cimino à Claude Chabrol, de Tsaï Ming-liang à Oliver Stone, Agnès Varda et Nuri Bilge Ceylan, les plus grands réalisateurs français et étrangers y font escale pour montrer leur film et débattre avec un public passionné. En 2006, la municipalité de l’époque et le directeur artistique du Méliès, Stéphane Goudet, se sont engagés dans un projet d’extension. Il prévoit un déménagement des salles pour créer un nouveau lieu de six écrans au lieu de trois.

 

Objectif, renforcer l’éditorialisation du cinéma en exposant mieux - c’est-à-dire plus longtemps - les films programmés, en renforçant la mission pédagogique envers les scolaires ainsi que le travail sur les films de patrimoine dans cette ville qui fut marquée par la présence des studios de Georges Méliès.

 

Ce projet est alors violemment attaqué par deux des plus gros groupes français d’exploitation, UGC et MK2, qui prétextent un «abus de position dominante» et une «concurrence déloyale» pour tenter de stopper net l’extension des salles. Détournement de langage stupéfiant quand on connaît la position dominante de ces deux circuits dans l’espace parisien. Soutenu par son public et par certains des plus grands cinéastes du monde entier, le cinéma Méliès gagne la bataille et le projet d’extension suit son cours.


Elue maire de la ville en 2008, Dominique Voynet remet aussitôt en cause le projet engagé par son prédécesseur, estimant dans la presse le projet «trop cher», «élitiste», «bobo», et jugeant «arrogant» l’affrontement avec les deux groupes d’exploitation. Après moult tergiversations, la nouvelle équipe municipale se ravise, paraît soutenir le Méliès et revendique le projet d’ouverture de la plus grande salle publique de France dans sa ville. Cela ne dure pas. Depuis plus d’un an, la mairie n’a de cesse de déstabiliser l’équipe du Méliès afin de reprendre la main sur le projet mais sans ceux qui, par leurs compétences et leurs choix éditoriaux, l’ont rendu possible. Enquêtes administratives, procédures judiciaires, calomnies, mensonges et double discours, toutes les méthodes sont employées.

 

La dernière procédure remonte à quelques semaines. Elle a provoqué la grève actuelle et la large mobilisation des spectateurs : à la veille des fêtes de fin d’année, Dominique Voynet porte plainte contre l’équipe du Méliès et suspend le directeur artistique et deux salariées pour «détournements de fonds». Il s’agit en réalité de recettes de projections «non commerciales», ne donnant pas lieu à une billetterie du Centre national du cinéma (CNC) mais à une deuxième caisse tolérée par le CNC. Un usage courant pour ce type de salles. Ici, le Méliès n’a fait qu’utiliser cet argent pour compenser des places offertes par la ville à des associations partenaires.


Aveuglée par des luttes de territoire politiciennes, Dominique Voynet ne semble pas voir l’essentiel.

 

Qu’en déclarant la guerre au Méliès, elle affaiblit l’une des salles d’art et d’essai les plus exemplaires de France. Et que, ce faisant, elle rend plus difficile le combat de tous ceux qui se battent pour une meilleure exposition de nos films. Aujourd’hui, les grands circuits d’exploitation monopolisent une telle part des écrans qu’il arrive, certaines semaines, que cinq films occupent près de 4 000 écrans sur les 5 200 disponibles. La production indépendante est trop souvent cantonnée à une poignée de salles quand, au même moment, quatre ou cinq blockbusters occupent chacun 600 à 900 écrans. Cela aboutit à un turnover catastrophique pour les films sortis avec des moyens modestes : le public n’a pas le temps de les découvrir… qu’ils sont déjà retirés !


Nous pensons que la seule alternative à cet état de fait est le renforcement des salles indépendantes d’art et d’essai.

 

Or, leur vitalité passe par des politiques éditoriales singulières, incarnées par des programmateurs passionnés. Ce sont eux qui donnent une identité forte à ces salles, tel le Méliès. L’aveuglement de la mairie de Montreuil aboutit à un immense gâchis et désespère tous ceux, spectateurs et cinéastes, qui croient encore que le cinéma n’est pas une marchandise comme les autres ; qu’une salle défendue avec ferveur par une équipe entière est une sorte de bien public que rien ne devrait pouvoir mettre à mal. Nous tenons à réaffirmer notre engagement au côté de l’équipe du Méliès, celle qui défend nos films avec enthousiasme et conviction.


Premiers signataires :

 

Mathieu Amalric, Bertrand Bonello, Laurent Cantet, Jean-Louis Comolli, Arnaud Desplechin, Valérie Donzelli, Pascale Ferran, Agnès Jaoui, Gilles Marchand, Gérard Mordillat, Nicolas Philibert, Bruno Podalydès, Mariana Otero, Chantal Richard, Bertrand Tavernier, Jean-Pierre Thorn.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 13:50

 

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 10:18

 

 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 10:21

 

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 12:39

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Jean Peltier 6 janvier 2013

*

L’auteur et dessinateur de BD Jacques Tardi a eu la surprise le jour du Nouvel An d’apprendre qu’il venait de recevoir la Légion d’Honneur… qu’il s’est empressé de refuser "avec la plus grande fermeté".


Le fonctionnaire qui lui a accordé cette breloque ne devait sans doute connaître ni Tardi ni son œuvre (on imagine bien le genre de gratte-papiers qui a eu cette idée lumineuse sous les traits d’un de ses collègues du début du siècle dernier, tel que Tardi adore les représenter).

Contre le pouvoir et avec les fusillés pour l’exemple

Pour remettre les pendules à l’heure, Tardi s’est fendu d’un communiqué bien senti dans lequel il écrit notamment :

"J’ai appris avec stupéfaction par les médias, au soir du 1er janvier 2013, que l’on venait de m’attribuer d’autorité et sans m’en avoir informé au préalable, la Légion d’Honneur !"


"Etant farouchement attaché à ma liberté de pensée et de création, je ne veux rien recevoir, ni du pouvoir actuel, ni d’aucun autre pouvoir politique quel qu’il soit. C’est donc avec la plus grande fermeté que je refuse cette médaille."

« Je n’ai cessé de brocarder les institutions. Le jour où l’on reconnaîtra les prisonniers de guerre, les fusillés pour l’exemple, ce sera peut-être autre chose."


Et il termine par ce commentaire assassin :


"Je ne suis pas intéressé, je ne demande rien et je n’ai jamais rien demandé. On n’est pas forcément content d’être reconnu par des gens qu’on n’estime pas."

Libertaire et antimilitariste

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Tardi est un des plus grands auteurs et dessinateurs actuels. Ses lieux et périodes de prédilection sont le Paris des débuts du 20e siècle (ce qu’on a appelé fort légèrement la « Belle Epoque » que parcourt son « héroïne » Adèle Blanc-Sec) et les faubourgs de cette même capitale durant les années ’50 (dans lequel vit et enquête Nestor Burma, le célèbre enquêteur créé par Léo Malet dont il a adapté en BD plusieurs romans).


S’affichant clairement comme libertaire, Jacques Tardi n’a en fait pas du tout le culte du héros. Ses personnages principaux sont souvent des anti-héros, des gens qui se prennent les problèmes de la vie sur le coin de la gueule et qui tentent de s’en sortir avec les moyens mis à leur disposition (et même quelques autres).


Tardi a une saine détestation des bourgeois, des curés et des militaires (dans l’ordre et dans le désordre, suivant les histoires) qui se retrouve dans toutes ses BD.

 

Dans sa magnifique adaptation en BD du roman Le cri du peuple de Jean Vautrin, il raconte l’épopée de la Commune de Paris en 1871, vue du côté des Communards qui ont toute sa sympathie.


Pour moi, ses meilleures réalisations – et les plus explicitement politiques - sont incontestablement celles qui ont la Première Guerre Mondiale comme cadre. Il faut dire qu’avec un grand-père gazé dans les tranchées, il sait de quoi il parle. Dans la plus forte, C’était la guerre des tranchées, il retrace la vie d’une série de simples soldats pataugeant dans l’enfer quotidien de la boue, des privations, des explosions d’obus, des mutilations et des brimades, qu’il met en contraste avec autant de déclarations de généraux et de politiciens glorifiant le patriotisme et les sacrifices de tous ceux qu’ils envoyaient crever dans les tranchées et les batailles.


L’opposition de Tardi à la guerre ne repose pas sur un pacifisme humanitaire et consensuel. Elle est au contraire clairement antimilitariste et anticapitaliste, rappelant à ceux qui l’auraient oublié cette formule d‘Anatole France « On croit mourir pour la patrie. On meurt pour des banquiers et des industriels. »


2014 s’annonçant d’ores et déjà comme une interminable année de commémoration du début de la Première Guerre Mondiale (1914-18) et de la fin de la Deuxième (1940-44), on peut parier qu’on nous fera souffrir une longue et lourde orgie de patriotisme et de fausse compassion pour les « malheureuses victimes ». Les BD de Tardi seront un antidote précieux pendant cette année. Ce qui n’est pas une raison pour ne pas les (re)découvrir dès maintenant.

*

http://www.avanti4.be/actualite/article/jacques-tardi-je

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 10:37

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 08:46
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