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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 13:33

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Ce serait une erreur de considérer que les dirigeants européens sont devenus aveugles.

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Leur motivation n’est ni le retour à la croissance économique, ni la réduction des asymétries au sein de la zone euro et de l’UE afin d’en faire un ensemble plus cohérent où serait de retour la prospérité. Le patronat qui guide les actes des gouvernements veut avancer dans la plus grande offensive à l’échelle européenne contre les droits économiques et sociaux conquis après la seconde guerre mondiale.

 

De ce point de vue, les politiques menées ces dernières années sont des réussites.

 

Avec les politiques d’austérité qui augmentent le chômage, ils réussissent à accroître toujours plus la précarisation des travailleurs, à diminuer radicalement leur capacité de résistance et de lutte, à réduire les salaires et les différentes indemnités sociales tout en maintenant les énormes disparités entre les travailleurs dans l’UE afin d’augmenter la compétition entre eux. Un des objectifs poursuivis par les dirigeants européens est d’améliorer la capacité des entreprises européennes à conquérir des parts de marché face à leurs concurrents ailleurs dans le monde. Pour ce faire, il faut réduire radicalement le coût du travail, pour reprendre leur expression.

 

Cela implique d’infliger une défaite majeure aux travailleurs d’Europe.

 

D’autres objectifs sont poursuivis : pousser plus loin l’offensive contre les services publics, éviter autant que faire se peut de nouveaux krach bancaires, renforcer le pouvoir des exécutifs (Commission européenne, gouvernements nationaux) face au pouvoir législatif, renforcer les contraintes imposées par les traités de manière à couler dans le bronze les politiques favorables au Capital…


Le coût politico-électoral peut être élevé, mais globalement les grandes familles politiques traditionnelles qui dominent la scène européenne font le pari que si elles perdent les élections, elles reviendront au pouvoir aux élections suivantes. De toute façon, passer dans l’opposition n’implique pas de perdre toute une série de positions acquises dans l’appareil d’Etat central, dans les institutions européennes, sans oublier les pouvoirs locaux (grandes villes, gouvernement des régions).


Ce qui complique un peu le projet des dirigeants européens, c’est la décision de l’administration Obama d’approfondir radicalement les politiques d’austérité qu’elle avait menées dans la foulée de l’administration Bush. Les coupes budgétaires dans les dépenses publiques et sociales en particulier vont s’accroître aux Etats-Unis. Cela n’aidera pas les entreprises européennes à gagner des parts de marché. Seul le Japon semble vouloir adopter une timide politique de relance, ce qui reste à confirmer.


Conclusion : A l’aune des objectifs décrits plus haut, la convergence est totale entre le FMI et les dirigeants européens.

 

D’ailleurs, depuis décembre 2012, moment où l’administration Obama a annoncé qu’elle allait radicaliser les politiques d’austérité aux Etats-Unis, on n’a plus entendu de déclarations critiques de la part de Christine Lagarde ou d’autres dirigeants du FMI à l’égard de la politique menée en Europe.


Il ne faut donc pas se méprendre sur le sens des déclarations du FMI : s’il a pris un peu de distance par rapport aux dirigeants européens, ce n’est pas pour convaincre d’abandonner les politiques structurelles favorables aux privatisations et à l’approfondissement de l’offensive contre les conquêtes sociales de l’après seconde guerre mondiale.

 

Il souhaite gagner du poids dans les décisions et il donne de la voix. On verra dans les mois qui viennent s’il continuera à affirmer qu’il convient de ralentir un peu le rythme auquel les dirigeants européens veulent se rapprocher de l’équilibre budgétaire. Si les travaux de certains services de recherche du FMI contiennent des arguments qui vont plus ou moins clairement à l’encontre des politiques dominantes, l’action globale du FMI n’a pas changé d’un iota. C’est cette action qu’il faut combattre de toutes nos forces.

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TOUSSAINT Eric

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http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28081

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 13:22

<p>Image d&#039;archives de la grève des mineurs de 1984-1985 en Grande-Bretagne contre le gouvernement de Margareth Thatcher. </p> © National Union of Mineworkers / UK

Thatcher aussi voulait briser les syndicats.

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Une étude du FMI a fait couler beaucoup d’encre, il s’agit d’un chapitre des Perspectives de l’économie mondiale publiée juste avant son assemblée mondiale annuelle d’octobre 2012.

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Dans ce chapitre, le FMI étudie 26 épisodes de crise de la dette publique depuis 1875 en prenant comme critère les cas où la dette publique a dépassé 100 % du PIB. Il passe en revue les politiques de sortie de crise qui ont été appliquées. Un des épisodes analysés est celui qui s’est déroulé au Royaume-Uni après la première guerre mondiale |4|.

 

La dette publique britannique atteignait 140% du PIB. Le gouvernement britannique a appliqué une politique radicale d’austérité budgétaire et une politique monétaire très stricte. Le gouvernement dégagea un excédent budgétaire primaire (avant paiement des intérêts) d’environ 7% du PIB pendant toute la décennie 1920 afin de réduire la dette en la remboursant à marche forcée. Mais la dette publique ne diminua pas : en 1930, elle s’élevait à 170 % du PIB et, trois plus tard en 1933, elle équivalait à 190 % du PIB.


Martin Wolf, commentateur au Financial Times, affirme que l’objectif réel de la politique du gouvernement britannique " était de briser le mouvement syndical".

 

Ces politiques aboutirent à la grève générale de 1926. Elles suscitèrent une amertume qui perdura pendant plusieurs décennies après la seconde guerre mondiale. » [6].

 

Cela rappelle tout à fait ce qui est mis en œuvre aujourd’hui en Europe [7].

 

Wolf explique que les dirigeants européens et le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy veulent faire baisser fortement les salaires en utilisant l’arme du chômage. Il affirme : « Dans le même temps, le PIB réel de l’Espagne se contracte. Les efforts pour resserrer la politique budgétaire auront pour effet de le réduire encore. ».

 

Il poursuit en disant que cette politique inspire aussi le gouvernement italien.

 

Il conclut son éditorial par une affirmation qui peut paraître inhabituelle sous la plume d’une icône d’un des principaux quotidiens financiers de la planète : « L’austérité budgétaire et les efforts pour diminuer les salaires dans les pays subissant un étranglement monétaire pourraient briser les sociétés, les gouvernements, voire les Etats. ».

 

En fait, depuis des mois, Martin Wolf enfonce le clou : l’austérité mène les pays droit dans le mur. Il en prend pour preuve le cuisant échec électoral de Mario Monti en mars 2013 en Italie.


Comme l’écrit Wolfgang Münchau déjà cité, les dirigeants européens vont prolonger et approfondir cette politique.

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http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article28081

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 09:26

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2 mars 2013 à 20h27 

 

Une marée humaine a déferlé samedi sur le Portugal, Lisbonne en particulier, à l'appel d'un mouvement citoyen apolitique qui a réalisé ainsi une mobilisation exceptionnelle contre les mesures d'austérité, exigées par les créanciers du pays, sous assistance financière.

 

"La troïka et le gouvernement dehors", "le Portugal aux urnes", "élections maintenant", "démocratie participative", pouvait-on lire sur les banderoles portées par les manifestants. "Qui s'endort dans la démocratie, se réveille dans la dictature", "Bandits, rendez-nous notre argent" clamaient de petites affiches. "Aujourd'hui je suis dans la rue, demain ce sera toi", lisait-on sur une autre à côté d'un portrait du Premier ministre de centre-droit, Pedro Passos Coelho.

 

500.000 manifestants à Lisbonne selon les organisateurs

 
Selon le mouvement apolitique "Que la Troïka aille se faire voir", organisateur des rassemblements à Lisbonne et dans une trentaine de ville du pays, quelque 500.000 personnes ont défilé dans la capitale où le cortège avait démarré au son de la chanson "Grândola Vila Morena", reprise en coeur par les manifestants, la voix tendue d'émotion. Cette chanson, fréquemment entonnée par des contestataires au passage de membres du gouvernement, est devenue le symbole de la contestation au Portugal après avoir été l'hymne de la Révolution des Oeillets de 1974 qui a permis l'instauration de la démocratie.

 

A la fin des manifestations elle a retenti au même moment du nord au sud du pays dans toutes les villes où des rassemblements ont eu lieu : de Porto, la grande ville du nord, où selon les organisateurs 400.000 personnes ont manifesté, à Faro la station balnéaire du sud. En fin de soirée, les autorités n'avaient communiqué aucune estimation du nombre de manifestants. "C'est le peuple qui est souverain", une phrase correspondant à un des vers du chanteur engagé José Afonso, créateur de la chanson "Grândola Vila Morena", était le principal mot d'ordre des rassemblements.

 

Les créanciers du Portugal, principales cibles

 
La cible principale a été l'inspirateur des mesures d'austérité du gouvernement, c'est-à-dire la "troïka" (UE-FMI-BCE) représentant les créanciers du Portugal, actuellement à Lisbonne pour un nouvel examen  des comptes du pays. Très actif sur les réseaux communautaires, "Que la Troïka aille se faire voir" a réussi samedi à rééditer son succès du 15 septembre 2012 quand il avait mobilisé à travers le pays des centaines de milliers de personnes à travers tout le pays.

"Ce genre de comptabilité n'est pas important", a toutefois estimé un des responsables du mouvement, Nuno Ramos de Almeida. "Ce qui l'est, a-t-il dit, c'est que les gens s'opposent à cette politique", en ajoutant : "Le gouvernement ne peut gouverner contre le peuple et je crois qu'il va tomber". "Cette manifestation est un signal clair que "la troïka" et le gouvernement sont de trop dans ce pays", a estimé de son côté le chef du Bloc de gauche (extrême-gauche) Joao Semedo.

 

L'austérité, contrepartie d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros accordé en 2011


La manifestation de samedi a ainsi donné une nouvelle dimension au mécontentement populaire contre les mesures d'austérité mises en oeuvre par le gouvernement de centre-droit, en contrepartie du plan de sauvetage international de 78 milliards d'euros accordé au Portugal en mai 2011. A Lisbonne, le défilé a été d'autant plus important que de nombreux militants du principal syndicat portugais, la CGTP, y ont participé. Le cortège principal a également été rejoint par plusieurs "marées", c'est-à-dire autant de manifestations organisées par des enseignants, des professionnels de la santé, ou des retraités, parmi les plus touchés par les coupes budgétaires. Même des militaires se sont joints au défilé qui s'est terminé vers 18 h 30 GMT face au Tage, sur la majestueuse et monumentale Place du Commerce, noire de monde. Après avoir procédé l'année dernière à des baisses des salaires et des retraites, le gouvernement a décrété cette année une hausse généralisée des impôts et prévoit des économies supplémentaires de 4 milliards d'euros par le biais d'une "réforme de l'Etat" qui doit être présentée à "la troïka" des bailleurs de fonds. A l'issue de leur examen, les créanciers pourraient alléger des objectifs budgétaires que le gouvernement peine à respecter, alors que l'économie doit reculer cette année de 2% et que le chômage a atteint le taux record de 16,9%.

  • AFP

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/europe/portugal-une-maree-humaine-contre-l-austerite-02-03-2013-2023288.php

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http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Portugal.-500-000-manifestants-contre-l-austerite_55257-2169201_actu.Htm

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:38
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« En Grèce, la classe dirigeante et les gouvernants détruisent la démocratie », déclare au quotidien grec « Ef. Syn. » Eric Toussaint, professeur en sciences politiques et militant. Selon lui, seul un gouvernement déterminé et s’appuyant sur le peuple pourra obtenir une solution au problème de la dette. A ses yeux, SYRIZA ne doit pas se déplacer vers des positions modérées [1].

 

Tassos Tsakiroglou – La Grèce semble rester au cœur de la crise de la dette. Vous avez déclaré que le peuple grec, tout en étant au cœur de la crise, constitue aussi l’épicentre de la solution à cette crise. Qu’entendez-vous par là ?


Eric Toussaint – Il est clair que toute l’Europe vit une crise profonde. La classe capitaliste et la Commission européenne, qui opère en son nom, ont déclenché une attaque terrible contre les peuples. La Grèce se trouve au cœur de cette crise mais aussi au centre de la résistance à cette attaque. Des pays comme l’Irlande, le Portugal et l’Espagne, mais également la Roumanie et la Bulgarie, sont aussi victimes de cette attaque.


Toutefois, la Grèce se trouve au centre parce qu’elle représente le début de la nouvelle phase de la crise, de par la mise en œuvre du protocole d’accord de mai 2010, mais aussi à cause de la résistance du peuple grec. Je suis au courant de la dernière grève générale du 20 février 2013 qui a été très importante. Des millions de personnes à travers l’Europe et d’autres continents ont leurs yeux tournés vers les formes de résistance en Grèce. Nous faisons le maximum pour susciter une coopération paneuropéenne entre les mouvements de lutte / une coopération entre les mouvements de lutte au niveau européen, afin de construire une résistance élargie capable de renverser la vapeur. Il est très difficile pour les citoyens d’un pays de faire seuls face à cette attaque.


Pour le moment nous ne voyons pas une telle forme de coopération.


C’est la raison pour laquelle nous devons être inquiets. Il existe toutefois de nombreuses tentatives pour que cela réussisse. Par exemple, la Confédération européenne des syndicats essaye, mais ce n’est pas du tout suffisant. Nous allons avoir des manifestations paneuropéennes les 13 et 14 mars 2013. J’espère qu’elles auront du succès, mais cela ne suffit pas.


En Grèce, nous nous trouvons dans une situation politique très précaire, avec de nombreux scénarios possibles. Nous vivons sous un gouvernement de plus en plus autoritaire, il multiplie les coups d’état parlementaires et utilise systématiquement la répression des mouvements sociaux. Au même moment, il est possible que SYRIZA devienne le premier parti aux prochaines élections. Comment voyez-vous les choses ?


Vous êtes confrontés à un défi majeur. Je suis d’accord avec vous qu’en Grèce les classes dirigeantes et les gouvernements détruisent la démocratie à plusieurs niveaux. Ils ne respectent pas le vote du peuple, ils ont imposé des protocoles d’accord et traités sans consultation démocratique, ils dégradent le pouvoir législatif, et cherchent à détruire la capacité de la classe ouvrière à négocier collectivement. Ainsi, vous êtes face à un défi majeur et la capacité de SYRIZA à donner une réponse vraiment radicale à cette attaque est en effet cruciale. Si SYRIZA adopte des politiques et des propositions plus modérées, les conséquences qui en découleront peuvent être énormes.


Dernièrement, beaucoup affirment que SYRIZA fait un effort pour adopter des positions plus modérées.


J’espère que SYRIZA radicalisera ses positions. Si SYRIZA réussit à devenir le prochain gouvernement, il est très important, par exemple, de suspendre unilatéralement le remboursement de la dette.


Vous trouvez qu’il est réaliste de le faire ?


Je pense qu’il est absolument impératif de changer le rapport de forces. Si le gouvernement ne prend pas une position de combat et se contente de dire ‘nous voulons renégocier’, il sera très difficile d’imposer aux créanciers une solution dans l’intérêt des masses populaires. Si vous commencez une négociation sans changer le rapport de forces, vous ne pouvez pas vraiment obtenir une solution réellement positive. C’est pourquoi il faut tout d’abord effectuer un défaut de paiement, les créanciers étant alors obligés de demander des négociations. Pour suspendre le paiement, il faut le soutien du peuple comme cela fut prouvé dans le cas de l’Équateur et de l’Argentine. Seul un gouvernement déterminé peut le faire.


Nous vivons un processus d’élimination des biens communs avec la privatisation de la santé, de l’éducation et de la plupart des sociétés et services du secteur public. Quelles en sont les conséquences ?


Il y a une dégradation considérable des conditions de vie de la majorité de la population. Il est clair qu’avec ces attaques, la classe capitaliste veut détruire ce qui a été construit après la seconde guerre mondiale avec la victoire sur le nazisme et le fascisme en Europe. Il s’agit d’une perspective historique pour la classe capitaliste qui pense que cette crise est une excellente occasion de réaliser son rêve de venir à bout de toutes les conquêtes populaires.


Quel est votre message aux Grecs ?


Premièrement, il faut que le mouvement social paneuropéen se renforce. Cela exige une action en coopération avec le peuple grec. La question ne se limite pas à la solidarité avec le peuple grec. Le défi c’est d’arriver à lutter ensemble, vu que d’autres peuples d’Europe souffrent. Les circonstances peuvent être différentes mais ils sont victimes de la même attaque. Et nous ne pouvons faire face à cette attaque qu’en unissant toutes les forces du continent afin de parvenir à un changement radical. Mon message est donc que nous devons nous unir et que tous nos efforts doivent converger dans ce sens

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Notes
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[1] L’interview originale a été publiée le 23 février 2013 par le quotidien grec « efsyn » http://www.efsyn.gr/?p=25897 Publié sous le titre « La Grèce doit suspendre unilatéralement le remboursement de sa dette ».

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* Éric Toussaint, professeur en sciences politiques à l’Université de Liège, est président du CADTM, le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde, et membre du conseil scientifique d’ATTAC France. En 2007, il fut nommé par le président de l’Équateur Rafael Correa, membre de la Commission d’audit de la dette publique interne et externe du pays. Il est connu en Grèce, qu’il a visitée plusieurs fois dans le cadre de son action pour la libération des pays du Sud des jeux des spéculateurs internationaux et des organismes de crédit.

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http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27966

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 13:50

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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 183 (21/02/13)

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On peut dire que la Cour des comptes et le gouvernement sont synchros : à quelques heures d’intervalle la semaine dernière, la première rendait son rapport annuel au ton de réquisitoire contre la gestion des collectivités locales… tandis que le gouvernement annonçait une amputation sévère des dotations de l’État à ces mêmes collectivités.

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Derrière ces prétendues révélations des uns et les appels à la solidarité nationale des autres, la continuité d’une même politique : faire payer les populations en amputant les budgets locaux.

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De la propagande pour préparer l’opinion…

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Mardi 12 février, la Cour des comptes ouvrait le bal avec son rapport dont l’axe est on ne peut plus clair : la « nécessité de faire porter l'intégralité de l'effort de redressement jusqu'au retour à l'équilibre sur la seule maîtrise des dépenses ».

 

Fini le cinéma de faire payer les riches et la finance…

 

Il faut trancher dans le vif et, pour cela, le rapport désigne pêle-mêle l’État, la Sécurité sociale, les agences nationales telles que Pôle emploi, France Télévisions, Météo-France et… les collectivités locales.


Si on en croit les chiffres de la Cour des comptes, entre 2004 et 2010, les dépenses des communes, départements et régions seraient passées de 36, 64 à 51, 74 milliards d'euros. Insupportable pour la Cour des comptes dont la mission est de « s'assurer du bon emploi de l'argent public et d'en informer les citoyens » ! Dommage qu’elle n’ait, par contre, pas jugé utile de chiffrer les besoins non satisfaits des populations… alors même que l’État, au cours des différentes phases de la décentralisation, a reporté sur les collectivités locales et leur budget nombre de ses anciennes compétences.


Les dépenses que vise le plus clairement le rapport sont les dépenses de personnel.

 

Un journaliste en profite même pour se lâcher sur le site de France 3 : « Les collectivités territoriales ont la folie de l'embauche » !  Cette campagne outrancière (comme celle qui l’accompagne contre les salariéEs d’EDF aux prétendus salaires et avantages exorbitants) ne fait que prolonger celle du précédent gouvernement. Il y a à peine un an, Sarkozy expliquait à propos des effectifs territoriaux : « Je souhaite que les collectivités fassent cet effort volontairement. Sinon, il faudra trouver les moyens pour que les dotations de l'État soient modulées en fonction de leur politique de maîtrise des dépenses »… Au même moment, en pleine campagne, le candidat Hollande promettait : « un pacte de confiance et de solidarité sera conclu entre l’État et les collectivités locales garantissant le niveau des dotations à leur niveau actuel »… Fin septembre, retour aux choses sérieuses, Ayrault annonçait son intention de diminuer les dotations de 750 millions d’euros en 2014 et 2015.


… aux coupes claires


Ce 12 février, se tenait aussi le Comité des finances locales où se retrouvent élus locaux et représentants de l’État. Cette année, les ministres du budget, de la réforme de l'État et de la décentralisation s’y sont invités… pour y annoncer une baisse des dotations deux fois plus importante que prévu : 1, 5 milliard d’euros en moins en 2014 et autant en 2015. Une amputation majeure quand on y ajoute l’inflation mais aussi la hausse (estimée à 2 milliards d’euros par an) des charges qui pèsent sur les collectivités du fait de la réforme des rythmes scolaires, de la hausse de la TVA et des cotisations retraite. Les milliards non versés aux collectivités locales financeront une partie du « crédit d’impôt compétitivité » offert aux entreprises.


Combien de communes, de départements, déjà pris à la gorge par les banques et la dette, ne pourront boucler leur budget et faire face aux dépenses courantes ? Des millions de personnes vont être touchées, dont le quotidien dépend des budgets des collectivités locales (aides sociales multiples, éducation, services publics, etc.), sans compter les salariés territoriaux, en première ligne. Des conséquences que nombre de maires, toutes couleurs confondues, vont essayer de masquer le plus longtemps possible pour éviter d’être trop impopulaires avant les municipales de 2014… mais qui n’en seront que plus brutales ensuite.


Isabelle Ufferte

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 11:13

 

Daniel Schneidermann jeudi 21 février 2013

Ce mercredi matin encore, elle laisse tout le monde sans voix. On lit et on relit la lettre adressée à Montebourg par le PDG de Titan, Maurice Taylor Junior, pour lui expliquer son refus de reprendre Goodyear. La voici :

« J’ai visité cette usine plusieurs fois. Les salariés français touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures. Ils ont une heure pour leurs pauses et leur déjeuner, discutent pendant trois heures et travaillent trois heures. Je l’ai dit en face aux syndicalistes français. Ils m’ont répondu que c’était comme ça en France [...].

Monsieur, votre lettre fait état du fait que vous voulez que Titan démarre une discussion. Vous pensez que nous sommes si stupides que ça ? Titan a l’argent et le savoir-faire pour produire des pneus. Qu’a le syndicat fou ? Il a le gouvernement français. Titan va acheter un fabricant de pneus chinois ou indien, payer moins d’un euro l’heure de salaire et exporter tous les pneus dont la France a besoin. Vous pouvez garder les soi-disant ouvriers. Titan n’est pas intéressé par l’usine d’Amiens-Nord. »

A noter que le scoop a été décroché par la même journaliste des Echos, Leïla de Comarmond, qui suit le dossier Goodyear depuis longtemps, et n’avait jadis pas de mots assez durs contre la CGT, coupable de bloquer pour des raisons purement politiques la reprise de Goodyear par Titan.

Candidat à la primaire républicaine de 1996

« Quand ce monsieur a visité l’usine, on était déjà en activité ralentie », expliquait ce mercredi matin sur France Inter le leader CGT de Goodyear, Mickaël Wamen, répondant vraisemblablement à une question sur les fameuses « trois heures par jour ». Et d’ajouter, quasi triomphant, qu’il espérait que l’on comprenne mieux maintenant, pourquoi la CGT avait bloqué le plan Titan. Bref, la vraie histoire de la négociation Titan-Goodyear reste à écrire, avis aux amateurs.

Pour son sens aigu des relations humaines, Maurice Taylor s’est auto-surnommé « The Grizz » (le grizzly). Hors du monde du business, son principal titre de gloire est de s’être présenté à la primaire républicaine de 1996, compétition où il a décroché 1% des voix. Pour le reste, si ses résultats économiques sont certainement remarquables, c’est un blogueur paresseux (dernier post en 2010).

Beaucoup d’autres Maurice Taylor Jr

Etrange sensation, de voir la réalité rejoindre et dépasser brutalement sa caricature. Comment, en lisant la lettre de Taylor à Montebourg, ne pas penser pêle-mêle à la World Company des « Guignols », et à son commandant Sylvestre, ou à un nouveau canular des Yes Men ? Mais non. Il y a bien, dans le vrai monde, un vrai Maurice Taylor Jr. Et il y en a beaucoup d’autres.


La crudité de ce discours, de cette pensée, est habituellement ensevelie sous le savoir-faire lénifiant des marchands de pommade, pardon, des communicants, et grâce à la complicité des blanchisseurs médiatiques officiels.

Que l’on pense à la manière dont Carlos Ghosn, par exemple, a réussi à faire passer pour un geste audacieux les quelques billets de Monopoly jetés aux salariés de Renault (on en verra encore un exemple ici). The Grizz se moque d’être aimé ou haï. Il dévoile la mondialisation comme elle est. Il est, pour ce faire, mille fois plus efficace que tous les films de Michael Moore. Thank you, the Grizz.


http://www.rue89.com/2013/02/20/la-...

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 14:27

grece-copie-1.jpg

Alors que les licenciements, les fermetures d'entreprises n'en finissent plus, que les conditions de vie sont de plus en plus difficiles, surtout pour les plus fragiles, que le chômage et les inégalités ne cessent d’augmenter François Hollande est allé en Grèce pour vanter sa politique économique.

 

Il ne manque pas d’air le personnage !


Face à une Grèce exsangue, une population qui voit ses conditions de vie se dégrader, qui connaît un chômage à prés de 27 % et où le désespoir et la misère frappent les plus démunis, Il a déclaré avec cynisme que des mesures de soutien à la croissance était indispensable, affichant un optimisme pour le moins hors de propos tout en défendant les intérêts des multinationales françaises.

 

N’a-t-il pas promis à la Grèce de lui donner les moyens de rechercher le pétrole qu'il pourrait y avoir en mer Egée pour le compte de ...Total ? On croit rêver.


La politique imposée par la troïka saigne les travailleurs et les peuples, ruine l'économie et Hollande fait l’histrion en vantant le soutien à la croissance.


Pour enrayer cette régression économique et sociale orchestrée par l'Europe capitaliste il n'y a pas d'autre issue que d'annuler la dette, nationaliser les banques pour libérer l'économie du parasitisme de la finance.

 

Une politique qui doit s'en prendre aux intérêts des classes dominantes au lieu de s'y soumettre.

 

Commentaire: C'est une honte de se précipiter avec une meute de requins pour racheter les services publics que les grecs sont forcés de privatiser!

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 09:52

mrmoneybags

 

Dette publique,

crise,austérité…

Comment en sortir ?

Quimper, Halles St François, Vendredi 1ermars, 20h30

 

Créé en 1990, le Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde (CADTM), réseau international, agit contre la dette, l'austérité qu'elle engendre et les institutions financières internationales qui l'organisent. Son combat : abolir la dette pour libérer le développement. Pour ce faire, l'association conduit des audits, construit des alliances, informe et forme pour l'émergence d'un monde plus juste dans le respect de la souveraineté des peuples et de la justice sociale.


Damien Millet a publié de nombreux ouvrages, le plus souvent en co-auteur avec Eric Toussaint, président du CADTM : AAA (Audit, Annulation et Autre politique); La dette ou la vie ; La crise quelles crises ? ; Le système dette. Militant du CAC Loiret (45), il appuie les citoyens et les élus locaux dans leur combat pour un audit des budgets des collectivités locales.

 

Le Collectif Cornouaille pour un Audit Citoyen de la dette publique (CAC) 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:51

 

Économie samedi 16 février 2013

Des dizaines de milliers de manifestants sont attendus samedi dans les rues d’une vingtaine de villes du Portugal pour protester contre les mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement de centre-droit, sous la tutelle de ses créanciers internationaux.


« Nous sommes convaincus que nous aurons dans les rues des dizaines de milliers de personnes qui se sentent lésées par la politique du gouvernement », a déclaré Armenio Carlos, secrétaire général de la CGTP, le principal syndicat portugais qui a appelé à cette journée de protestation.


Hausses d’impôts


Sous le slogan « contre l’exploitation et l’appauvrissement » des défilés et des rassemblements auront lieu dans les principales villes portugaises en particulier à Lisbonne où la manifestation devait commencer vers 15H00 GMT.

Ce mouvement est destiné notamment à protester contre les hausses d’impôts sans précédent décrétées cette année par le gouvernement pour parvenir à des économies de plus de 5 milliards d’euros. « Nous devons montrer au gouvernement que nous sommes très mécontents de cette politique », a souligné Armenio Carlos.


17 % de chômage


En contrepartie d’un plan de sauvetage de 78 milliards d’euros accordé en mai 2011 par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, le gouvernement du Premier ministre Pedro Passos Coelho met en œuvre un vaste programme de réformes et de rigueur.


Mais l’austérité, que le gouvernement juge indispensable pour rétablir ses finances, a contribué à aggraver la récession tandis que le chômage a connu une hausse spectaculaire et frappe désormais près de 17 % de la population active et 40 % des jeunes.


Le gouvernement prévoit en outre de procéder d’ici 2014 à une vaste « réforme de l’Etat » qui devrait permettre des économies supplémentaires de 4 milliards d’euros. Mais l’opposition de gauche comme les syndicats estiment qu’il s’agit principalement de réduire les fonctions sociales du gouvernement notamment dans l’Education et la Santé.

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http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Portugal.-De-nombreuses-manifestations-contre-l-austerite-prevues-samedi_6346-2164651-fils-tous_filDMA.Htm

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:28

http://cadtm.org/local/cache-vignettes/L250xH307/arton8822-bb4fb.png

15 février par Pascal Franchet


Ce n’est pas une mince victoire de l’idéologie dominante que d’avoir fait triompher l’idée que la protection sociale ait un coût, une dette, dont les assurés sociaux seraient les débiteurs, coupables de « dépenses excessives ».


C’est tout l’inverse en réalité : la protection sociale constitue un droit fondamental des citoyens ! La Constitution française consacre ce droit social confirmé par les textes internationaux afférents aux droits humains fondamentaux.


La Sécurité sociale, telle que nous la connaissons, est le produit des richesses produites par le travail.

 

Elle est due par les employeurs, au même titre que le salaire. Ce sont les luttes sociales qui l’ont imposée au fil de l’histoire. Il s’agit bien d’un prélèvement sur les richesses produites et l’État doit assurer sa redistribution pour garantir et améliorer le bien-être de la population.


La protection sociale a une autre dimension qui échappe à la logique du « tout marchand » du « tout financier » du néolibéralisme. C’est un ferment de la solidarité sociale, un lien social entre catégories, entre générations, entre salariés, privés d’emploi et retraités, entre actifs et inactifs (au sens travail, le travail gratuit des femmes n’est pas une « inactivité »).


Il y a donc bien une dette sociale, mais les débiteurs sont les employeurs qui ne contribuent pas suffisamment et l’État (les gouvernements, la responsabilité est politique) qui fait l’inverse de ce que prescrivent les traités internationaux sur les droits économiques et sociaux auxquels il a souscrit !

 

L’État et les patrons ont une dette sociale envers le peuple. Nous sommes les créanciers de la dette sociale !


Aujourd’hui, les besoins de financement des caisses de Sécurité sociale sont financiarisés (ACOSS) et l’État se décharge sur la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale pour financer sa propre dette envers la protection sociale. Ces modes de financements, livrés aux marchés financiers, font courir un risque considérable à notre système de sécurité sociale.


Les politiques appliquées de la Troïka dans les PECO et les pays du Sud de l’Europe montrent l’enjeu de la mobilisation à construire.

 

Près d’un tiers de la population grecque n’a aujourd’hui plus de protection sociale et le dernier « Memorandum » de mesures imposé fin 2012 par les marchés financiers va aggraver encore considérablement cette crise humanitaire et sociale qui favorise la montée des mouvements xénophobes, racistes et nationaux-socialistes.


La protection sociale est aussi un moyen de lutte contre la misère sociale.

 

Ses remises en cause successives et systématiques, en Europe de l’Ouest et dans les pays d’Europe centrale et de l’Ouest par la Troïka ou le seul FMI depuis le début des années 1990, ont eu des conséquences dramatiques pour les populations.


Selon une enquête de l’institut européen Eurostat, la pauvreté et l’exclusion sociale frappent aujourd’hui 27,7% de la population en Grèce, 28% au Portugal, 28,9% en Italie, 29,7% au Royaume-Uni, 29,8% en Espagne, 30,8% en Pologne, 30% en Hongrie, 33% en Lituanie, 38% en Lettonie et 41% en Bulgarie et en Roumanie !


Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 80% de la population mondiale est aujourd’hui dépourvue de sécurité sociale.

 

La majeure partie vit dans les pays du Sud de la planète. La mobilisation se doit donc d’être nationale, européenne et mondiale. Le FMI (au service des banques créancières, il ne faut pas l’oublier) a utilisé la crise de la dette dans les pays du Sud au début des années 1980 pour remettre en cause les embryons de protection sociale mis en place par des gouvernements démocratiques.


Le système-dette qui contraint tout développement dans les pays du Sud a comme support le pillage extractiviste de ces pays au profit des multinationales des pays du Nord, les mêmes qui détruisent notre protection sociale. Les plans d’ajustements structurels imposés par le FMI dans les pays du Sud servent de matrice aux politiques d’austérité appliquées aujourd’hui en Europe.


Les luttes des peuples du Sud et celles des peuples du Nord ont les mêmes adversaires, les mêmes finalités, à nous de les rendre communes !


Il faut mettre fin à tout cela et remettre « le monde à l’endroit » !


Nous proposons aux collectifs d’audit citoyen de s’approprier ce « détricotage » nécessaire, d’expliquer ces mécanismes, d’en revendiquer l’audit et d’apporter une pierre supplémentaire à la construction du rapport de forces sans lequel nous serons défaits.

 

http://cadtm.org/Dette-sociale-qui-doit-a-qui

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