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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 10:03


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La crise franchit une nouvelle étape. Après avoir organisé l’endettement des États, les classes dirigeantes en profitent pour renforcer les politiques d’austérité.
Arguant du niveau du déficit public grec (12, 7 % du PIB en 2009), spéculateurs et agences de notation exigent un « ferme engagement politique ». Les dirigeants s’empressent de les rassurer en préparant des programmes réactionnaires : gel des salaires et des pensions, hausse de la TVA, remplacement d’un fonctionnaire sur cinq, etc. La violence des attaques est inouïe. Le véritable objectif du sommet de Bruxelles était de se mettre d’accord sur les moyens d’imposer un tel programme. Mais comment l’Union européenne en est-elle arrivée là ?

Les causes de l’endettement

En 1986, avec l’Acte unique, la priorité absolue est accordée à la concurrence, la libre circulation des capitaux et la préparation de la monnaie unique. Les critères du traité de Maastricht (1992) sont supposés assurer la convergence des économies de la zone. Et pour compenser les effets sociaux de la concurrence, il est décidé d’augmenter les fonds versés aux États les plus pauvres (Irlande, Grèce, Portugal et Espagne) pour assurer la « cohésion économique et sociale ». Mais ce mécano européen est illusoire. Entre 1988 et 1998, le ratio entre le PIB des 25 % de régions les plus riches et celui des 25 % les moins riches est demeuré constant. Les inégalités n’ont pas diminué. Le budget fédéral européen dépasse à peine 1 % du PIB (celui des USA s’élève à 20 %).

 

Et les moyens consacrés aux nouvelles adhésions sont ridicules. Surtout, la logique prédominante est celle de la concurrence commerciale, sociale et fiscale. Les économies européennes sont demeurées dans des dynamiques divergentes. Tandis que les prix augmentaient de 46 % en Grèce entre 1997 et 2009, l’évolution était de 19 % en Allemagne. Ces deux pays ont pourtant la même monnaie, l’euro, et donc un même taux d’intérêt fixé par la Banque centrale européenne (BCE) en fonction de l’inflation moyenne. Dans les États où l’inflation était la plus forte, le faible taux d’intérêt incitait à l’emprunt. En Grèce, c’est l’État qui s’est massivement endetté. En Irlande, en Espagne et au Portugal, c’est l’endettement privé qui atteint des niveaux très élevés.

L’hypocrisie des dirigeants

La Grèce, l’Irlande, l’Espagne et le Portugal ont vu leur déficit commercial se creuser. Tout cela n’a rien de nouveau. C’est même ce qui a permis pendant des années aux capitalistes allemands d’exporter massivement une production qui ne pouvait pas être écoulée en Allemagne du fait de l’austérité salariale. Le Financial Times le reconnaît : « en raison des excédents structurels du secteur privé et des comptes courants de l’Allemagne, il est quasiment impossible que ses voisins puissent résorber leur déficit budgétaire, sauf s’ils sont prêts à supporter un ralentissement durable de leurs économies... la demande intérieure déficiente de l’Allemagne ne peut être universalisée ». Plus simplement : tous les pays ne peuvent être exportateurs nets. Les déclarations de Merkel et Sarkozy sont hypocrites et tentent seulement de masquer l’échec de l’Union européenne (UE). Les pays aujourd’hui montrés du doigt sont précisément ceux qui devaient bénéficier de l’aide de l’UE parce que leur PIB par habitant était très inférieur à la moyenne communautaire.

La dette : un problème ?

La dette publique n’est pas problématique en elle-même. Si elle résulte d’une hausse des dépenses publiques d’infrastructures, d’éducation ou de santé, et si les intérêts ne sont pas exorbitants, la dette est même souhaitable ! Mais la dette accumulée dans la dernière période ne remplit pas ces conditions. En Grèce, elle provient notamment de l’absence d’un système de perception d’impôts efficace, et de la collusion entre la bourgeoisie grecque et de grandes banques.

 

La Grèce paye des intérêts très élevés. En France, la part des dépenses publiques dans le PIB a culminé en 1996 et oscille depuis à un niveau inférieur. Pourtant, la part de la dette publique dans le PIB n’a pas cessé d’augmenter. Comment est-ce possible ? Cela signifie simplement que l’envolée de la dette est imputable à la baisse des recettes. Rien qu’en 2008, les niches fiscales constituaient un manque à gagner de 73 milliards d’euros1. Quant à la facture des réductions de cotisations sociales, on sait qu’elle s’élève à 42 milliards pour 20092. Ce sont ces privilèges qui creusent la dette. Au lieu de payer l’impôt, des rentiers prêtent à l’État. En 2008, celui-ci leur a versé 54, 6 milliards d’euros d’intérêts. Il faut que cela cesse, et ce n’est pas de Bercy ni de Bruxelles que viendra la solution.

1. Rapport de la Commission des finances, de l’économie et du plan de l’Assemblée nationale.

2. Rapport de la Commission des finances du Sénat.

Islande

À l’automne 2008, le système bancaire islandais s’écroule. Les trois plus grandes banques, qui avaient été privatisées en 2003, sont renationalisées. Qui va payer leurs dettes ? Les gouvernements britanniques et néerlandais indemnisent leurs ressortissants et exigent que les contribuables islandais, déjà touchés par la montée du chômage, payent l’addition. Soit 12 000 euros par habitant ! L’UE exerce alors un chantage sur la demande d’adhésion déposée par l’Islande. Le Parlement islandais cède, en votant la loi Icesave. Le Fonds monétaire international (FMI) est satisfait et les agences de notation accordent une bonne note à l’État islandais. Pour faire entendre son refus, la population organise alors des manifestations inédites depuis un demi-siècle et impose un référendum. Le 6 mars 2010, la loi Icesave est rejetée par 93 % des votants. Contrairement à ce que disent les lobbies financiers, il ne s’agit pas de reporter le coût de la crise sur des « contribuables étrangers » mais de placer les financiers et leurs représentants face à leur propre responsabilité. Qu’ils soient islandais, britanniques ou néerlandais, ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise !

Grèce

Gel des salaires dans le secteur public, suppression des primes, recul de deux ans de l’âge de départ à la retraite, telles sont les mesures décidées par le gouvernement « socialiste » de Papandréou, prenant prétexte de la dette publique. Des choix lourds de sens. Rappelons qu’avec plus de 2, 8 % de son PIB consacré à l’armement, la Grèce est la championne des dépenses militaires. Les travailleurs ont répliqué par la grève. La Grèce nous donne un avant-goût du problème auquel tous les travailleurs européens seront bientôt confrontés : face à l’offensive des banquiers et de leurs représentants, seule une forte mobilisation sociale peut bousculer les règles du jeu. Mais pour être à la hauteur des enjeux, il faut aller vers la construction d’un front de résistance coordonné en Europe. Car de mauvais coups se préparent partout. Le gouvernement « socialiste » portugais annonce déjà des privatisations massives.

Leurs solutions et les nôtres

La Banque centrale européenne a renfloué les banques privées en difficulté, mais le traité de Lisbonne lui interdit de faire de même avec un État membre ! C’est donc auprès des autres pays de l’UE que la Grèce va emprunter de quoi rembourser ses créanciers (parmi lesquels… des banques). Le seul enjeu du sommet de Bruxelles du 25 mars était de savoir si, pour imposer un plan d’austérité à la population grecque, la bourgeoisie européenne allait s’appuyer sur le FMI. La répartition des rôles a été actée : le FMI jouera celui du « méchant flic » et l’UE celui du « bon policier ». Et leurs recettes ne feront qu’aggraver la crise et monter le chômage. Car ils refusent de taxer le capital. Celui des riches armateurs, de l’Église orthodoxe (exonérée d’impôt), des banques, etc. Mais c’est à l’échelle européenne qu’il faut instaurer cette taxation.

Face à l’endettement privé, il faut arracher des hausses salariales. Face au chômage, il faut imposer le partage du temps de travail. Face à la crise, notre solution est le contrôle social des banques et des entreprises.

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:34
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Les marchés financiers à l’assaut des droits sociaux en Europe

23 mars 2010

Attac est présente dans cette journée de mobilisation du 23 mars avec les salarié-es, chômeur-ses, retraité-es frappé-es par la crise et la précarité, alors que se prépare un plan d’austérité à l’image de celui que subissent les Grecs aujourd’hui.


Que se passe-t-il donc en Grèce ? 


Les Grecs, à entendre les médias, n’ont que ce qu’ils méritent. Ce sont de vilains tricheurs qui fraudent le fisc et maquillent leurs comptes publics. Sous pression de l’Union européenne, le gouvernement grec a augmenté la TVA et d’autres taxes sur la consommation, repoussé de deux ans l’âge de la retraite, baissé les salaires des fonctionnaires et arrêté de remplacer ceux qui partent à la retraite. Il s’agit de réduire drastiquement le déficit public, qui atteint près de 13 % du PIB en 2009.


La faute à Maastricht 


Il est vrai que l’économie informelle est importante en Grèce, et que les gouvernements successifs ont dissimulé l’ampleur des déficits publics. Mais cela n’a rien de nouveau, ni de surprenant. La crise grecque est en fait le résultat direct du traité de Maastricht, qui a jeté les bases de l’euro il y a près de vingt ans. Ce traité a prétendu imposer une monnaie unique à des pays aux structures économiques et sociales aussi différentes que l’Allemagne et la Grèce, sans développer de budget communautaire. Les fameux « critères de convergence de Maastricht » étaient fatals : ça devait mal finir.


Pourquoi la Grèce ? 


Depuis la création de l’euro, l’inflation est beaucoup plus forte en Grèce – en Italie ou en Espagne aussi d’ailleurs – que dans le reste de l’Europe. Les produits grecs deviennent trop chers pour être compétitifs à l’exportation. La Grèce a donc un déficit commercial croissant. D’autant plus que l’Allemagne s’est engagée en 2003 dans un véritable dumping social, en bloquant les salaires, en réduisant la protection sociale et en augmentant la TVA.

En outre, les taux d’intérêt de la Banque centrale européenne sont très bas à côté de l’inflation en Grèce : s’endetter à 3 % quand l’inflation est à 4 %, ça rapporte. D’où une flambée de l’endettement interne, des ménages et des entreprises. Là-dessus surviennent crise financière et récession, donc des déficits supplémentaires.


Enfin, pour résorber ses déséquilibres, la Grèce ne peut plus dévaluer sa monnaie : elle est prisonnière de l’euro. En même temps, sortir de l’euro, à court terme, serait une catastrophe pour les Grecs : inflation, chômage, déficits seraient encore aggravés...


Comment les spéculateurs en profitent ? 


Dans toute l’Europe la crise a provoqué des déficits publics énormes. Mais le traité de Maastricht (confirmé depuis par tous les traités dont celui de Lisbonne) a interdit aux États de se financer auprès de la Banque centrale européenne. Les gouvernements européens, comme les Grecs, doivent financer ces déficits en empruntant sur les marchés financiers.


Or les spéculateurs ont décidé que la Grèce risquait de faire défaut sur sa dette dans les années à venir. Ils exigent donc une prime de risque pour lui prêter de l’argent. Les taux d’intérêt payés par la Grèce sont trois points plus élevés que pour la France ou l’Allemagne. Pire encore, les fonds spéculatifs (hedge funds) s’attaquent désormais non plus seulement à la Grèce, mais à l’euro. Ils misent des sommes colossales pour faire baisser l’euro. Des sommes qu’ils ont empruntées pour pas cher à la Banque centrale européenne !


Pourquoi c’est notre problème ? 


Formidable, diront certains : si l’euro baisse, les produits européens seront moins chers et on exportera plus, c’est bon pour l’emploi... Et après tout, si la Grèce devait quitter l’euro comme l’a dit Angela Merkel, ce serait dommage pour eux mais ça ne nous dérangerait pas.


Eh si ! La crise de l’euro ne s’arrêtera pas avec la chute de la Grèce. La spéculation se reportera immédiatement sur un autre pays – l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, l’Italie ou la France... Tous les pays amplifieront alors une surenchère anti-dépenses publiques afin de rassurer les marchés financiers. Adieu retraites, assurance maladie, prestations sociales, services publics...


La réforme des retraites : un gage pour la spéculation

 

C’est ainsi qu’on peut comprendre l’empressement de Nicolas Sarkozy à vouloir réformer les retraites, alors même que la situation démographique de la France est la plus favorable d’Europe. Nos élites veulent démontrer aux marchés financiers qu’elles n’hésiteront pas à faire payer la facture de la crise financière aux salariés, aux retraités et à l’ensemble de la population. Salarié(e)s, précaires, jeunes en formation, chômeurs en galère, nous sommes tous grecs !


Déjà les dépenses pour les services et l’emploi publics sont compressées, les retraites et la protection sociale sont menacées. Pourtant les entreprises du secteur financier ont fait d’énormes bénéfices (11 milliards d’euros pour les six banques françaises du CAC 40)...


L’austérité n’est la solution ni en Grèce, ni ailleurs.


C’est pourquoi Attac exige contre la spéculation financière :

 

- une taxe sur les transactions financières pour dégonfler la spéculation,
- l’interdiction de spéculer avec des titres qu’on ne possède pas (« vente à découvert »),
- la réglementation très stricte des produits financiers dérivés (« CDS »),
- la fin du recours des États à l’endettement auprès des marchés financiers, et le financement des déficits par la BCE,
- un plan d’urgence européen de solidarité avec la Grèce.


pour le financement des urgences sociales et écologiques : 

 

- une répartition équitable des fonds prélevés sur la spéculation : 1/3 pour les budgets sociaux, 1/3 pour la lutte contre la pauvreté et 1/3 pour la lutte contre le réchauffement climatique et pour l’adaptation au Sud,
- l’instauration d’un revenu maximum admissible (au-dessus duquel le fisc prend tout),
- l’augmentation des cotisations sociales employeurs pour les retraites, l’assurance-maladie, l’assurance-chômage...,
- la création d’un véritable budget européen, qui permette de développer les solidarités entre pays, au lieu du chacun pour soi qui va déboucher sur un effondrement européen.



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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:15

DIV-VILLARD-1339-Vieux paysan breton en costume de travailAutrefois , il n'y avait pas de retraite (ici à Plogonnec) , et regardez comme ils étaient heureux! Arrêtez de demander tout à l'état et de causer des dépenses inutiles aux patrons qui ont mieux à faire avec leurs sous ! Prenez-vous en main quoi! Elevez vous même vos lapins, glanez le long des talus! C'était un conseil du Medef.

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On entend souvent dire que les salariés français seraient des « privilégiés » et que, partout ailleurs, en Angleterre, en Allemagne ou au Luxembourg, on travaille plus longtemps.

C'est ainsi qu'il y a quelques semaines, le Républicain Lorrain de Metz titrait sur sa une qu'au Luxembourg, « l'âge légal de la retraite est à 65 ans ». C'est vrai. Mais il omettait quelques détails qu'aucun journaliste lorrain un peu sérieux ne peut ignorer. Travailleur frontalier, je vais donc préciser un peu ces détails du système luxembourgeois.

Si l'on excepte les travailleurs qui ne peuvent justifier d'une carrière complète, deux cas de figure principaux peuvent se présenter.

À 60 ans, toute personne qui totalise 40 ans de cotisations et de périodes assimilées (périodes non cotisées, comme armée, études après 18 ans, apprentissage, etc.) bénéficie d'une retraite anticipée de plein droit équivalente à la retraite. C'est-à-dire presque tout le monde.

À 57 ans, toute personne qui totalise 40 ans de cotisations réelles bénéficie d'une retraite anticipée de plein droit équivalente à la retraite. En outre, il existe un dispositif légal supplémentaire, la « préretraite de solidarité « , qui permet à toute personne répondant aux conditions de la retraite anticipée à 60 ans de partir dès 57 ans avec 80 % de son salaire, à la condition obligatoire d'être remplacée dans l'entreprise par un jeune chômeur. Seule restriction, ce dispositif n'est valable que sous réserve de son intégration dans la Convention collective de l'entreprise. C'est le ministre du Travail en personne qui pousse syndicats et patrons à ce que ce dispositif soit davantage appliqué.

Bien évidemment, quelle que soit la situation du salarié, la décote, cet instrument barbare de vol à la tire unique au monde, n'existe pas au Luxembourg.

Enfin, on pourrait penser que ces dispositifs de départ prématuré se font au détriment du niveau des pensions. Pas du tout ! Car leur niveau se situe, à carrière équivalente, quelque part entre le double et le triple des retraites françaises...

Et pourtant, le gouvernement luxembourgeois a annoncé ces jours-ci que le système de retraites est actuellement équilibré, voire légèrement bénéficiaire. Comme quoi, c'est possible... Avec un taux de chômage bas et des salaires élevés, les recettes de cotisations sont élevées, et le système de retraites est à la fois équilibré et viable pour les bénéficiaires. Moralité, au lieu de supprimer des emplois par millions dans le public comme dans le privé, il faut en créer partout où il y a des besoins, c'est-à-dire partout.

Voilà donc ce qu'on appelle pompeusement, dans la presse française, la retraite luxembourgeoise à 65 ans, sur laquelle il faudrait prendre exemple pour dégrader les retraites françaises ! Chiche !!!... À condition, bien sûr, que le système soit repris en intégralité...

Un travailleur frontalier
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:11
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C'est de Pékin que John Lipsky, le directeur général adjoint du Fonds monétaire international, le FMI, organisme financier au service des grandes puissances, a tracé les grandes lignes de l'austérité qu'il juge inévitable d'appliquer sans délai dans la plupart des pays du G7, à l'exception peut-être de l'Allemagne et du Canada.

« Les pays développés avec des déficits publics élevés [sont invités à] commencer dès aujourd'hui à préparer leurs opinions publiques aux mesures d'austérité qui seront nécessaires à partir de l'an prochain », affirme le numéro 2 du FMI.

 Ces mesures « devraient être entreprises maintenant par tous les pays qui auront besoin d'un ajustement budgétaire ». Autrement dit, pour continuer à soutenir l'économie - entendez : les capitalistes - de ces pays, donc les prêts à bas taux, subventions, exonérations et autres cadeaux, que Lipsky lui-même juge « approprié » de conserver encore un certain temps... il va falloir compenser rapidement le déficit par des mesures d'austérité.

En conséquence, il préconise de diminuer radicalement les dépenses de santé et de retraite, et de reculer l'âge de départ à la retraite. Ces mesures devraient également être complétées par des hausses d'impôts et la poursuite des réductions des dépenses publiques.

Comme toujours, le FMI intervient en soutenant les politiques d'aide des États aux capitalistes et aux banques, au détriment de la population laborieuse. Quand ce n'est pas par la voix de son numéro 2, c'est par l'action de son numéro 1, nommé depuis novembre 2007 sur suggestion de Sarkozy et qui n'est autre que l'ancien ministre des Finances de Jospin, le « socialiste » Dominique Strauss-Kahn.

Or c'est là le personnage que des sondages présentent comme l'éventuel challenger « de gauche » le mieux placé pour battre Sarkozy aux élections présidentielles de 2012. Un personnage qui à aucun moment n'a émis la moindre critique à l'égard de la politique de l'organisme qu'il dirige, qui consiste invariablement à faire payer aux populations les perturbations dues aux spéculations des maîtres de l'économie.

On est donc prévenu sur le type de politique de « réformes » qu'un tel personnage peut vouloir imposer, tout comme l'actuel locataire de l'Élysée.

Viviane LAFONT
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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 08:28
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19 mars par Bernard Conte

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La cure d’austérité drastique à laquelle la Grèce est sommée de se soumettre trouve son modèle dans les politiques d’ajustement structurels qui ont été imposées par le FMI aux pays du sud après la crise de la dette déclenchée par la remontée des taux de la Fed en 1982, note l’économiste Bernard Conte.


A l’époque, comme aujourd’hui, la véritable difficulté consistait à faire accepter aux peuples de supporter le coût de la crise. Mais depuis lors, les politiques permettant de faire passer ces purges amères ont été peaufinées, prévient-il, rappelant que l’OCDE a rédigé à toutes fins utiles un guide décrivant les stratégies à employer en de telles circonstances.


On peut par exemple y lire que « si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement. » Cela ne vous évoque rien ?


Par Bernard Conte, Maître de conférences à l’université de Bordeaux, 12 mars 2010


La Grèce est très endettée et la finance internationale attaque ce maillon faible de la zone euro pour tester la cohésion de l’ensemble, avant éventuellement de spéculer contre d’autres pays pour générer d’énormes profits.

La réaction à cette attaque devrait entraîner la mise « sous tutelle » de la Grèce par la Commission européenne, par ses partenaires au sein de la zone euro et/ou par un éventuel Fonds monétaire européen. A l’instar des pays du Tiers-Monde à partir des années 1980, la Grèce va se voir imposer un programme d’ajustement économique et social drastique, traduisant sa Tiers-Mondialisation qui préfigure sans doute celle d’autres pays européens.

La Grèce enregistre des déficits publics importants qui doivent être financés par l’emprunt dont le cumul accroît le volume de la dette de l’État. Pour rétablir la confiance de ses bailleurs de fonds privés, le pays doit réduire son endettement. A défaut, la prime de « risque », réclamée par les bailleurs, qui s’ajoute au taux d’intérêt « normal » pourrait conduire à un taux usuraire. Georges Papandréou n’a pas le choix, il doit impérativement s’endetter moins, voire diminuer le volume de la dette grecque.


L’exemple du Tiers-Monde en 1982


La situation de la Grèce, liée au « surendettement », n’est pas sans rappeler celle des pays du Tiers-Monde lors de la crise de la dette de 1982. En effet, pour pouvoir faire face à leurs obligations financières, les pays du Sud, en quasi cessation de paiements, ont été « aidés » par le FMI et par la Banque mondiale. Ces institutions ont accordé des prêts aux pays du Sud afin qu’ils puissent rembourser leurs banques créancières. Lesdites banques ont ainsi pu transférer au FMI et à la Banque mondiale une bonne partie de leurs créances « pourries » (ou « actifs toxiques » en langage politiquement correct). En contrepartie, les pays « aidés » se sont vus imposer des programmes d’ajustement structurel, traduction du consensus de Washington |1| d’inspiration néolibérale monétariste.

A travers l’application de ses dix commandements, le consensus de Washington vise à permettre aux pays sous ajustement de recouvrer la capacité d’assurer le service (principal + intérêts) de leur dette extérieure. Il faut, à n’importe quel prix, dégager des fonds pour payer les créanciers.


Réduire le déficit de l’Etat


Cette démarche passe par la compression des dépenses et l’augmentation des recettes de l’État.

L’action sur la dépense publique implique la réduction :

- de la masse salariale de la fonction publique (baisse des effectifs et/ou du niveau des traitements)
- des autres dépenses de fonctionnement (éducation, social...)
- des subventions (services publics, associations...)
- des investissements publics (infrastructures...)

L’augmentation des recettes réclame :

- l’alourdissement de la fiscalité
- la privatisation de services publics rentables (eau, électricité...)

Plus généralement, la croissance est censée élargir les marges de manœuvre par le développement de l’activité économique qui, mécaniquement, augmente les recettes de l’Etat. La croissance peut être tirée par les exportations si la production nationale gagne en compétitivité externe, grâce à la dévaluation de la monnaie nationale, ou, si cette opération se révèle impossible, par la désinflation compétitive (comme pour le franc CFA avant la dévaluation de 1994 |2| ) qui consiste à obtenir un taux d’inflation plus faible que celui des pays concurrents.

La philosophie des programmes d’ajustement est, in fine, d’une part, de tenter d’augmenter la production locale de surplus (par la croissance) et, d’autre part, de réduire la consommation locale dudit surplus afin de l’exporter. En aucun cas, il s’agissait de se préoccuper du bien-être des populations.


Un bilan des ajustements dramatique


Malgré de nombreuses études financées par la Banque mondiale et le FMI, tendant à démontrer que l’ajustement générait de la croissance et, par effet de ruissellement, bénéficiait même aux pauvres. Les conséquences sociales négatives ont été rapidement mises à jour et dénoncées |3| . Ainsi, la pauvreté s’est accrue et les classes moyennes préexistantes ont été paupérisées. Les populations du Sud ont subi les conséquences funestes de l’ajustement pour rembourser des dettes dont elles n’avaient que peu profité.


La Grèce « inaugure » les politiques d’ajustement en Europe


Jusqu’à présent, l’ajustement néolibéral imposé était réservé aux pays « non développés ». La Grèce inaugure le processus de Tiers-Mondialisation de l’Europe en passant sous les fourches caudines de « l’ajustement ». A l’instar des pays du Tiers-Monde, il s’agit de dégager des marges de manœuvre budgétaires pour rembourser la dette extérieure à travers la réduction du périmètre de l’État, la privatisation, la dérégulation, les coupes claires dans les budgets de santé, d’éducation...


La Grèce est un test pour l’Europe néolibérale


L’inconnue reste la réaction populaire. La population va-t-elle accepter l’austérité ? Déjà, des grèves et des manifestations se déroulent. Hier, le 11 mars, plus de 100 000 personnes manifestaient dans les rues d’Athènes. Au Portugal et en Espagne, la mobilisation sociale s’opère. L’ajustement va-t-il buter sur l’obstacle social ? D’autant plus que les conséquences des troubles sociaux pourraient atteindre le domaine politique avec l’émergence et l’éventuelle arrivée au pouvoir de forces politiques situées en-dehors du « consensus » : droite « molle » - gauche « caviar ». Mais, là aussi, les élites complices peuvent trouver l’inspiration dans l’expérience du Tiers-Monde pour faire « passer » les réformes.


La faisabilité politique de l’ajustement


Dans les années 1990, de nombreux travaux ont été menés, au sein de l’OCDE, sur la faisabilité politique de l’ajustement néolibéral |4|. Christian Morrisson prévient : «  l’application de programmes d’ajustement dans des dizaines de pays pendant les années 1980 a montré que l’on avait négligé la dimension politique de l’ajustement. Sous la pression de grèves, de manifestations, voire d’émeutes, plusieurs gouvernements ont été obligés d’interrompre ou d’amputer sévèrement leurs programmes » (p. 6). Il convient de minimiser les risques et adopter une stratégie politique adéquate.

 

Prendre des mesures politiquement et socialement peu risquées


A partir de plusieurs études-pays, Christian Morrisson met en avant «  l’intérêt politique de certaines mesures [...] : une politique monétaire restrictive, des coupures brutales de l’investissement public ou une réduction des dépenses de fonctionnement ne font prendre aucun risque à un gouvernement. Cela ne signifie pas que ces mesures n’ont pas des conséquences économiques ou sociales négatives : la chute des investissements publics ralentit la croissance pour les années à venir et met sur-le-champ des milliers d’ouvriers du bâtiment au chômage, sans allocation. Mais nous raisonnons ici en fonction d’un seul critère : minimiser les risques de troubles » (p. 16). Peu importe, « dans la réalité, les entreprises du bâtiment souffrent beaucoup de telles coupures [dans les investissements publics] qui multiplient les faillites et les licenciements. Mais ce secteur, composé surtout de petites et moyennes entreprises, n’a quasiment aucun poids politique » (p.17). «  La réduction des salaires et de l’emploi dans l’administration et dans les entreprises parapubliques figure, habituellement, parmi les principales mesures des programmes [d’ajustement] » (p. 29).


Selon Christian Morrisson, cette mesure est « moins dangereuse politiquement » que d’autres «  et elle touche les classes moyennes plutôt que les pauvres » (p. 29). En cas de troubles (grèves...), « le gouvernement a toutefois les moyens de faire appel au pragmatisme des fonctionnaires. Il peut, par exemple, expliquer que, le FMI imposant une baisse de 20 pour cent de la masse salariale, le seul choix possible est de licencier ou de réduire les salaires et qu’il préfère la seconde solution dans l’intérêt de tous. Les expériences de plusieurs gouvernements africains montrent que ce discours peut être entendu » (p. 29). Ce qui est vrai en Afrique l’est certainement sous d’autres cieux.


Agir sur la qualité des services publics


« Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population » (p. 30). Sans commentaire !


Diviser et opposer pour imposer


« Un gouvernement peut difficilement [ajuster] contre la volonté de l’opinion publique dans son ensemble. Il doit se ménager le soutien d’une partie de l’opinion, au besoin en pénalisant davantage certains groupes. En ce sens, un programme qui toucherait de façon égale tous les groupes (c’est-à-dire qui serait neutre du point de vue social) serait plus difficile à appliquer qu’un programme discriminatoire, faisant supporter l’ajustement à certains groupes et épargnant les autres pour qu’ils soutiennent le gouvernement. » (p. 17). Comme « la plupart des réformes frappent certains groupes tout en bénéficiant à d’autres, [...] un gouvernement peut toujours s’appuyer sur la coalition des groupes gagnants contre les perdants » (p. 18). Il faut donc diviser et opposer pour imposer.


Un régime « dictatorial » serait idéal pour imposer les réformes


«  Une comparaison pour les pays d’Amérique latine entre des régimes démocratiques comme la Colombie, l’Équateur, le Pérou, et des régimes militaires, comme l’Argentine et le Chili, en 1981-82, montre que les troubles sont plus rares lorsque le régime est militaire [...] La comparaison entre les deux expériences de l’Argentine sous un régime militaire (en 1981) et en démocratie (1987) est parlante : le niveau de protestation a été trois fois plus élevé en 1987 et il y a eu beaucoup plus de manifestations » (p. 12). Ainsi, un régime dur serait idéal pour imposer les réformes. Le néolibéralisme serait-il entrain de déraper ?

Au total, la Grèce préfigure bien la Tiers-Mondialisation de l’Europe.


Bernard Conte
"La Tiers-Mondialisation de la planète"


Notes

|1| Voir :Le consensus de Washington

|2| Bernard Conte, Dévaluation du Franc CFA et équilibre des paiements courants, DT n°20, C.E.D., Bordeaux, 1997

|3| Voir par exemple : Cornia, Giovanni Andrea, Richard Jolly, and Frances Stewart. Adjustment with a human face. Protecting the vulnerable and promoting growth vol 1. Oxford : Clarendon Press, 1987

|4| Cf. Christian Morrisson, La faisabilité politique de l’ajustement, Paris, Centre de développement de l’OCDE, Cahier de politique économique n° 13, 1996. (jusqu’à la dernière note, les numéros de page des citations se réfèrent au présent document).

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 12:14


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La bonne nouvelle de ces dernières semaines c’est que les résistances, les luttes reviennent haut et fort sur le devant de la scène, s’invitant même dans le débat électoral.


L’exaspération est grande contre les politiques du gouvernement et du Medef dont l’unique objectif est de nous faire payer leur crise pour maintenir leurs richesses et un taux de profit acceptable par les actionnaires.


Au cours de la seule semaine dernière, plusieurs grèves ont eu lieu, dans les hôpitaux, les crèches publiques, l’Éducation nationale, la justice, contre les suppressions d’emplois, le manque d’effectifs et les réorganisations en tout genre qui mettent à mal les derniers services publics.


La colère gronde également dans de nombreuses entreprises privées où les travailleurs se mettent en grève pour leur salaire comme chez Ikea ou Danone, contre les licenciements ou fermetures de boîtes comme chez Total où les salariés refusent la liquidation de la raffinerie de Dunkerque alors que ce groupe pollueur vient d’annoncer plus de 8 milliards de profits. Toutes ces luttes montrent que les salariés du privé comme du public ne sont pas résignés et qu’ils refusent de payer la facture d’une crise dont ils ne sont en rien responsables.


Alors il est vrai que ces luttes sont souvent isolées mêmes si elles recueillent la plupart du temps un large soutien de l’opinion. Il y a donc urgence à aider, soutenir, développer de la façon la plus unitaire possible ces résistances et à les faire converger.


Il y a urgence à organiser une riposte généralisée, seule capable de faire reculer ce gouvernement et le patronat.


Le 23 mars prochain, journée de grève et de manifestations contre les licenciements, la réforme des retraites et pour les salaires, doit être la première étape pour un mouvement d’ensemble !


Sandra Demarcq

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 11:58

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Par Agnès Rousseaux (20 mars 2010)


Une « assurance spéculation ». C’est le projet défendu auprès du G20 par Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI. Le principe ? Demander aux banques de cotiser à un fonds dʼassurance contre de futures faillites.


Dans un communiqué commun, les associations Attac, Aides et Oxfam critiquent cette proposition, qui selon elles n’empêchera en rien de nouveaux krachs financiers. Elle serait même un encouragement pour les banques « à des prises de risque excessives en les garantissant contre la faillite ».


Ce serait surtout une résignation « à simplement colmater les prochaines crises financières » selon les organisations non-gouvernementales, alors que cet argent devrait servir à engager les changements de comportements nécessaires pour éviter toute récidive. Les ONG demandent la mise en œuvre d’une taxe sur les transactions financières, qui tout en contribuant au financement des biens publics mondiaux, aurait l’intérêt d’encadrer la spéculation.


Dominique Strauss-Kahn refuse l’idée d’une telle taxation sur les transactions financières au motif que « l’industrie financière a fait de telles innovations qu’il est probablement impossible de trouver une taxation sur les transactions qui ne serait pas contournée par les potentiels contributeurs » [1].


D’où l’idée de collecter ces sommes par le biais d’une cotisation par les banques. « Nous ne voulons pas d’une solution extrêmement simpliste qui ne serait pas effective », a-t-il déclaré.


Pour les ONG, la mise en place d’une taxe sur les transactions financières est tout à fait possible, sous forme d’un micro-prélèvement (par exemple de 0,05%) sur l’ensemble des transactions financières. A la clé ? 600 milliards de dollars par an. Soit plus de 20 fois le produit national brut mondial. Des travaux récents ont montré que cela complétement envisageable. Ce type de prélèvement est déjà expérimenté en Grande-Bretagne, avec la Stamp Duty, ou pour les transactions concernant les obligations émises par les Etats dans la zone euro.


« La volonté de faire en sorte que tous les pays travaillent ensemble régresse quelque peu », a déclaré le directeur du FMI cette semaine devant le Parlement européen. Il s’est dit « préoccupé » par le manque de volonté des gouvernements à travailler pour réguler le système financier. La critique peut sembler étrange quant on sait que la « taxe FMI » qu’il propose ne marque pas une avancée majeure dans le contrôle du système financier par les États.

Notes

[1] IMF to Assess G-20 Progress on Recovery, Mulls Financial Levy

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 09:51

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Dictature de la finance


Par Nadia Djabali (16 mars 2010)


On les croyait temporairement stigmatisés suite à leur responsabilité dans la crise financière. Loin de faire profil bas, les marchés financiers repartent à l’assaut de ce qui reste du « modèle social européen ». Objectif : faire payer les populations en menant une offensive sans précédent contre les salaires, les services publics et les droits sociaux, avec la complicité des gouvernements. Si la Grèce est aujourd’hui dans le collimateur, tous les pays européens sont concernés.


Le 27 janvier 2010, l’état grec lève sans difficulté 8 milliards d’euro d’emprunt sur les marchés financiers. La demande pour ces obligations était cinq fois plus importante que l’offre proposée. Le 4 mars, la Grèce réussit à nouveau à emprunter 5 milliards d’euros. « Preuve qu’en dépit de la conjoncture extrêmement néfaste, l’économie grecque reste forte », déclare-t-on au ministère des Finances à Athènes. Ces deux épisodes laissent perplexes compte tenu de la kyrielle de déclarations alarmistes sur la possible faillite des finances publiques de la péninsule hellénique.


Fonds spéculatifs, Hedge Funds et banques d’affaires joueraient-ils à la spéculation, tout en sachant qu’un État ne peut pas faire faillite et que les contribuables passeront tôt ou tard au guichet pour éponger les dettes ? Ne serait-ce pas là une opportunité politique pour donner un sérieux tour de vis à l’État « providence » en le démantelant encore plus ?


Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne et Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, ont complimenté Athènes pour les efforts de rigueur déployés par le gouvernement social-démocrate de Georges Papandréou. Selon Jean-Claude Trichet, le gel des salaires et celui des retraites sont des mesures « convaincantes » pour réduire un déficit estimé à 30 milliards d’euros. Avec une question : qui doit payer la crise ? Les populations ou les acteurs des marchés financiers ?


Hausse des prix, baisse des salaires et chômage de 18%


Beaucoup moins convaincue par ces mesures, la population grecque craint de payer le plan de rigueur par une longue récession. « Ces mesures sont cruelles, injustes et partiales », s’indigne Stathis Anestis, de la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE). « Les travailleurs ne doivent pas payer seuls la crise par une baisse des salaires et la remise en cause d’acquis sociaux. Le pays subit une attaque sans précédent qui ne concerne pas seulement la Grèce, mais aussi d’autres pays visant à la suppression des droits sociaux. » Pourtant, les dirigeants syndicaux continuent à soutenir le gouvernement Papandréou tout en subissant une pression très forte de leur base pour qu’ils s’opposent aux mesures de rigueur.


Les grèves de 24 heures proposées par les deux principales centrales syndicales (GSEE et Adedy) en laissent plus d’un dubitatifs. Le 3 mars, un rassemblement devant le Parlement a rapidement dégénéré. Yannis Panagopoulos, dirigeant de la GSEE, a été molesté par des jeunes manifestants et a dû être évacué alors qu’il entamait son discours.


Le Parlement grec votait, en procédure d’urgence, un texte intitulé « Mesures d’urgence pour faire face à la crise financière ». Objectif : regagner la crédibilité des marchés en économisant 4,8 milliards d’euros en 2010. Outre le gel des pensions de retraite des fonctionnaires et des salaires du public comme du privé, les 13ème et 14ème mois versés aux fonctionnaires seront amputés de 30% et 60%. La TVA passe de 19 à 21%, les taxes sur l’alcool augmentent de 20%, le prix des cigarettes de 63%. Le prix de l’essence monte de 8 centimes au litre, et le diesel de 3 centimes, alors qu’un mois plus tôt le prix des carburants avait déjà augmenté de 25 centimes. Et ce n’est pas fini : « De nouvelles solutions devront être envisagées en 2011 et 2012 », prévient le Finlandais Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.


« Le renforcement des restrictions budgétaires va briser toute reprise de la consommation et de l’activité, commente Agnès Benassy-Quéré directrice du CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales), au moment où le taux de chômage pourrait atteindre 18% suite à l’expiration des programmes d’emplois publics financés par l’Union européenne. »


Où est passée la solidarité européenne ?


L’électrochoc subi par la population grecque ne comporte aucune contrepartie. Ni le FMI (Fonds monétaire international), ni les États européens n’ont prêté de l’argent. Ces derniers y sont contraints par le traité de Maastricht : celui-ci prévoit une clause qui interdit à un État membre de répondre des engagements financiers d’un autre. Le 15 mars à Bruxelles, les ministres des Finances de l’Eurogroupe (de la zone euro) sont tombés d’accord. Des prêts bilatéraux d’un montant de 20 à 25 milliards d’euros pourraient être consentis à la Grèce en cas de besoin. « Mais nous pensons que la question ne se posera pas » a d’ores et déjà annoncé Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe et Premier ministre du Luxembourg. Aucun calendrier, aucun montant, aucun taux d’intérêt n’est rendu public. Jean-Claude Juncker a évoqué des taux élevés afin d’ « inciter fortement » la Grèce à retourner au plus vite vers les marchés financiers pour trouver de l’argent. Les 11 millions de Grecs apprécieront cette grande solidarité. Cette solution « dont n’aurait pas besoin la Grèce » devra néanmoins être avalisée par les dirigeants européens lors d’un prochain sommet, sans doute les 25 et 26 mars.


Grande absente du dispositif : la Banque centrale européenne (BCE). Cette dernière a le droit de prêter de l’argent aux banques privées, mais ses statuts l’empêchent d’acheter directement des obligations d’État. « On a aujourd’hui cette chose absolument inouïe que, quand vous vous appelez la République française, vous devez payer 3,4% ou 3,5% d’intérêts alors que si vous vous appelez BNP-Paribas, vous allez payer 0,5% », s’insurge l’économiste Jacques Sapir, « le fait que la BCE n’ait pas aligné les taux auxquels les État peuvent emprunter sur les taux auxquels elle prête aux banques, c’est aujourd’hui scandaleux. »


Cette situation illustre également les choix politiques qui ont présidé à la construction européenne : mettre à la disposition des banques privées un véritable marché européen de la dette publique. Car la BCE peut en revanche racheter à des banques les obligations d’Etat qu’elles détiennent, à condition qu’elles soient bien notées. « C’est l’acquisition directe de titres souverains par la BCE qui est interdite. Mais pas l’acquisition tout court. Celle-ci n’est pas seulement possible : elle est quotidienne », écrit Frédéric Lordon.


« Les titres de la dette publique, abondamment détenus par les banques, sont l’un des instruments privilégiés de leur refinancement auprès de la banque centrale. Et pour cause : quoi qu’on daube à leur sujet, ils demeurent les plus sûrs ». Parmi les institutions financières qui ont spéculé sur la dette grecque, on trouve les américains Goldman Sachs ou JP Morgan, et en Europe, BNP-Paribas ou la Kommertzbank. Selon la banque des règlements internationaux, les banques françaises détiendraient 75,4 milliards de dollars d’obligations grecques.


Les agences de notation contre-attaquent


La crise grecque a été déclenchée après la décision de deux agences de notations (Fitch et Standard & Poor) de dégrader la note de la dette grecque en décembre 2009. « Attention, la Grèce ne pourra faire face à ses échéances de remboursement » : tel est le message envoyé aux marchés. Cette décision est amplifiée par l’annonce concomitante de la BCE de renforcer ses critères de rachat de titres, sous-entendant qu’elle refuserait les obligations helléniques. Parallèlement, la valeur des « CDS » - des titres financiers qui assurent un créancier en cas de défaillance de l’emprunteur (l’Etat grec en l’occurrence) - adossés à la dette grecque s’envole. Rappelons que ces mêmes agences de notation et CDS avaient été montrés du doigt pour leur rôle dans la crise lors des sommets du G20 à Washington en 2008 puis à Londres en 2009. Que s’est-il passé depuis pour les réglementer ? Absolument rien.


La Grèce est par ailleurs loin d’être le seul État confronté à des déficits élevés. Vingt-trois des vingt-sept pays de l’UE sont sous le coup d’une procédure pour déficit excessif. Devant une telle déroute, on peut s’interroger sur les règles édictées par le traité de Maastricht. « Les objectifs de 3% du PIB pour le déficit et de 60% du PIB pour la dette n’ont aucun fondement économique », assènent François Denord et Antoine Schwartz [1], « ils expriment une conception libérale de l’action publique. Celle qui prône un État respectueux du principe d’équilibre budgétaire, solvable, pouvant se présenter auprès des investisseurs et des marchés. »


Il faut dire que la crise des subprimes est passée par là. Les États ont assuré à travers l’argent des contribuables la survie de la finance mondiale. Après avoir injecté des centaines de milliards de dollars dans le système financier, les moyens publics se sont raréfiés à mesure que les marchés reprenaient du poil de la bête. Ceux-là même qui ont été sauvés par les États les menacent aujourd’hui en utilisant l’argent qu’États et banques centrales leur ont prêté à des taux historiquement bas. « Ils ont commencé par l’Islande, l’Ukraine et la Hongrie et montent en gamme avec la Grèce,par la fondation Terra Nova, avec en perspective demain, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et le Japon. » explique l’économiste Julia Cagé dans une note publiée

 

Mesures draconiennes en Irlande, résistance en Islande


En Irlande, la situation n’est pas fameuse. Après avoir voté des économies budgétaires de 3 milliards d’euros en 2009, le gouvernement a mis en place un plan d’économie de 4 milliards pour 2010. La somme est colossale pour un pays de 4,5 millions d’habitants. L’État irlandais prévoit ainsi d’économiser 1 milliard en réduisant les salaires dans la fonction publique, 760 millions dans les dépenses sociales et 2 milliards dans les dépenses de fonctionnement et d’investissement. Ces mesures draconiennes seront inévitablement accompagnée d’une hausse du chômage, de la baisse des recettes fiscales et, par voie de conséquence, de l’aggravation des déficits publics.


Les Islandais ne s’y sont pas trompés. Le 6 mars, ils ont massivement rejeté par voie de référendum une loi qui prévoyait que l’Islande rembourse 3,8 milliards d’euros au Royaume-Uni et aux Pays-bas pour indemniser les clients fortunés britanniques et néerlandais de la banque islandaise Icesave qui avaient perdu leurs avoirs lors de la crise financière. « Ce vote du peuple islandais prend une signification particulière alors que le peuple grec essaie de résister à la violente purge que le gouvernement grec et l’Union européenne veulent lui imposer pour, là aussi, lui faire payer le prix d’une crise dont il n’est nullement responsable. Une même politique d’austérité drastique touche, ou va toucher, tous les pays européens », prévient l’Union syndicale Solidaires le 8 mars.


Budgets sociaux dans le collimateur


Le lendemain, l’agence Fitch menace le Royaume-Uni, la France et l’Espagne de dégrader leur note si ces pays ne prennent pas des mesures de réduction de déficit « plus crédibles ». Le message est clair : ce ne sont pas les Etats qui régulent la finance mais celle-ci qui fixe les grandes orientations de leurs politiques budgétaires. Pour la France, qui a décidé de lever sur les marchés les 35 milliards du « grand emprunt », une telle mesure serait lourde de conséquences. Paris a déjà émis 8,1 milliards d’euros d’obligations. Il reste près de 27 milliards à récupérer. Une dégradation de la note augmenterait le taux d’intérêt et creuserait le montant de la dette à rembourser par les contribuables.


Pourtant, depuis près d’une décennie, la France fait de gros efforts pour plaire à l’orthodoxie des marchés. La révision générale des politiques publiques (RGPP) prévoit d’ici 2012, le non remplacement de 160 000 fonctionnaires et l’économie de 7,7 milliards d’euros. Le 11 mars dernier, l’Insee a publié le résultat d’une étude démontrant que 360 000 emplois avaient été détruits en 2009 (600 000 depuis 2008). Dans le cadre de cette économie de pénurie, les dysfonctionnements des services publics se multiplient : de la protection sociale (notamment les Caisses d’allocation familiale) à l’éducation, en passant par les hôpitaux ou le Pôle emploi, la machine s’enraye au détriment des usagers, élèves ou patients. Quant aux chômeurs en fin de droit leur nombre est estimé par le Pôle emploi à un million d’ici la fin 2010, dont 400 000 se retrouveraient sans aucune ressource.


Faudra-t-il tailler encore plus dans les budgets sociaux pour satisfaire les marchés ? « Des solutions existent pour sortir du piège de la dette. Mais elles supposent un affrontement avec le patronat et les marchés financiers. Tous les gouvernements européens sont aujourd’hui en train de préparer une politique d’austérité drastique pour faire payer la crise aux salariés et plus largement aux populations, le tout sous le contrôle étroit de la Commission européenne et de la BCE. Il est aujourd’hui grand temps que les salariés européens se mobilisent pour imposer d’autres orientations », souhaite l’Union syndicale Solidaires. La balle est dans le camp du mouvement social et syndical.


Nadia Djabali

Notes

[1] L’Europe sociale n’aura pas lieu, Raisons d’agir, avril 2009

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 10:15



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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 08:48
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12 mars 2010

Chaque année, le magazine Forbes fait paraître sa très célèbre liste des milliardaires.


Le classement 2010, qui vient d’être rendu public, donne des informations éclairantes : en un an, le nombre de milliardaires en dollars est passé de 793 à 1011 et leur patrimoine cumulé représente 3 600 milliards de dollars, en hausse de 50% par rapport à l’an dernier. Pour les super riches, la crise est déjà bien loin.


Peu importe que Bill Gates ne soit que second, dépassé par le Mexicain Carlos Slim dont la fortune atteint 53,5 milliards de dollars. Le plus important est qu’un tel montant, concentré entre les mains d’une seule personne, représente 12 fois le budget d’un pays comme la République démocratique du Congo (RDC), qui abrite plus de 68 millions de personnes. Il représente aussi plus de 3,3 millions d’années de salaire minimum (SMIC) en vigueur en France.


Cette forte hausse du nombre de milliardaires survient alors que des milliards de personnes voient leurs conditions de vie se dégrader suite à la crise. Cela révèle de manière éclatante que les très riches ont réussi à faire supporter le coût de cette crise au plus grand nombre.


Dans de nombreux pays, au Nord comme au Sud, la dette publique des Etats a explosé, notamment pour venir au secours des responsables de cette crise (banques privées, fonds spéculatifs…) ou pour en payer les conséquences.


L’accroissement de cette dette est ensuite le prétexte pour imposer des mesures antisociales qui pénalisent les populations mais épargnent les plus riches.


A l’opposé du système capitaliste qui montre chaque jour ses désastreuses conséquences sociales, une idée fait son chemin : celle d’un impôt mondial sur les grandes fortunes, avancée par la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) dès 1995.


Par exemple, un impôt de 20% sur le patrimoine de ce petit millier de milliardaires permettrait de récupérer 720 milliards de dollars, soit la moitié de la dette extérieure publique de tous les pays en développement en 2008 (1 405 milliards de dollars) et 3,5 fois le montant total de leurs remboursements annuels au titre de cette dette (211 milliards de dollars).


Les sommes ainsi libérées pourraient s’ajouter à d’autres pour venir jeter les bases d’une autre mondialisation :


- récupération des sommes versées aux grands institutions bancaires privées depuis le début de la crise et réparations des dégâts sociaux provoqués suite à leur soif démesurée de profits en les prélevant sur le patrimoine de leurs administrateurs et de leurs principaux actionnaires,

- abolition de la dette extérieure publique des pays du Sud,

- versement par les pays les plus industrialisés de réparations en dédommagement de cinq siècles de domination (esclavage, colonisation, destruction des cultures locales, pillage des richesses naturelles, destructions de l’environnement…),

- rétrocession des biens mal acquis par les élites du Sud (ce qui implique la réalisation d’enquêtes internationales ainsi que la suppression des paradis fiscaux et judiciaires),

- taxation des transactions financières internationales et des bénéfices des sociétés transnationales…


Dans le même temps, la pleine souveraineté des peuples ne pourra être effective que si toutes les conditionnalités macroéconomiques d’ajustement structurel, comme le FMI et la Banque mondiale en imposent depuis trente ans, sont abandonnées. Une nouvelle architecture économique et financière internationale sera alors possible, avec comme priorité absolue la garantie des droits humains fondamentaux.


Les fonds récupérés permettraient alors aux populations du Nord de ne pas supporter les conséquences de la crise et aux populations du Sud d’enclencher enfin un vrai développement qu’elles seraient en mesure de décider par elles-mêmes, en prenant en compte leurs propres besoins et leurs propres intérêts, contrairement aux exigences de leurs créanciers, en profitant pleinement de leurs ressources naturelles, dans le respect de leurs spécificités culturelles.


La publication du classement de Forbes doit donc être l’occasion de remettre en cause les bases du modèle économique et financier en place et de proposer des mesures radicales pour que les milliardaires cités dans ce classement, ainsi que tous ceux qui ont amassé des fortunes extravagantes, supportent le coût d’une crise dont les peuples sont les victimes.


Alors que les préceptes néolibéraux ont été brièvement vilipendés après le déclenchement de la crise en 2007-2008, aucun enseignement n’en a été tiré, et ce sont toujours les mêmes qui profitent de la mondialisation financière et de l’injuste répartition des richesses qu’elle organise.


Les très riches ont repris leur marche en avant, qui se fait en piétinant les droits de la grande majorité des autres et en dirigeant le monde dans une impasse suicidaire. Mais d’ores et déjà germent des idées-forces susceptibles d’entraver leur course folle. Le défi est de parvenir à les imposer au plus vite.


Damien Millet et Sophie Perchellet



* Damien Millet et Sophie Perchellet sont respectivement porte-parole et vice-présidente du CADTM France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org

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