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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 10:25

31 juillet 2010 -Le Télégramme


En 1980, à Plogoff(29), les affrontements entre forces de l'ordre et opposants au projet de centrale nucléaire battent leur plein. EugèneLe Droff, photographe au Télégramme, immortalise, dans la mêlée, l'arrestation d'un manifestant.

Plogoff a joué des poings durant de longs mois contre l'État français et EDF qui voulaient imposer une centrale nucléaire dans cette petite commune du Cap-Sizun. De 1978 à 1980, les affrontements ont été nombreux sur cette terre battue par les vents. Particulièrement quand le maire, Jean-MarieKerloc'h, a refusé d'accueillir les commissaires de l'enquête d'utilité publique à la mairie. Le préfet a contourné cette difficulté en aménageant deux mairies annexes dans des camionnettes. Véhicules qui, pendant 40 jours, tous les soirs sur les coups de 17h, quittaient la commune sous la haute protection des gendarmes mobiles pour rejoindre Pont-Croix. Pendant six semaines, ces retraits ont donné lieu à des affrontements musclés. Eugène Le Droff, photographe au Télégramme, auteur du cliché ci-dessus, a couvert, pour le journal, ces journées de lutte. «C'était très, très chaud, se souvient-il.

 

Les gens de Plogoff étaient vraiment déterminés. Ils l'avaient déjà démontré quand, pour la première fois, les gardes mobiles étaient arrivés dans la commune. Ils avaient freiné la progression des gendarmes avec des barrages. Il leur avait fallu 9heures pour atteindre la mairie». Pendant l'enquête publique, la tension montera de trois crans. «La population entendait ne pas perdre un centimètre de terrain face aux gendarmes. Et tous les jours, c'était le même cérémonial. Ça bardait vers 17h». Les gendarmes étaient à bout. Il faut dire que la population ne les ménageait pas. Usant de toutes les provocations pour les faire craquer. «Alors, de temps en temps, les forces de l'ordre tentaient d'arrêter un opposant particulièrement actif. Dans le but de le faire condamner pour faire un exemple, précise Eugène Le Droff. C'était clair. Ceux qui étaient chargés de les arrêter portaient des chaussures de sport et pas des rangers».

L'engagement des femmes

La scène immortalisée par notre confrère en dit long sur l'engagement des femmes qui, souvent, étaient au premier rang. «Elles avaient très vite compris que les gardes mobiles hésiteraient à les brutaliser. Ça n'était vraiment pas bon pour leur image. Alors, à chaque fois que les gendarmes faisaient une incursion, elles s'interposaient». Eugène Le Droff dit ne pas se souvenir exactement quand ce cliché a été pris. Tant les choses allaient vite.

«Les gendarmes ne nous aimaient pas»

Quotidiennement, comme les autres photographes et journalistes, il se trouvait au centre de cette violence. «Les gendarmes ne nous aimaient pas. C'était clair. On était les empêcheurs de matraquer en rond. Régulièrement, on essuyait des tirs de bombes à gaz lacrymogène. Il fallait aussi éviter les pierres lancées par les manifestants. Ça n'était pas évident.Mais entre nous, la solidarité jouait àplein...». La photo d'Eugène Le Droff a, bien évidemment, fait l'objet de publications dans Le Télégramme. Elle a aussi été utilisée par Félix et Nicole Le Garrec, réalisateurs du documentaire «Des pierres contre des fusils». Mais aussi par la revue Armen (*) pour illustrer un sujet sur Plogoff, en début d'année.

* Armen numéro174: L'héritage de Plogoff.

  • Didier Déniel
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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 08:49

19 juin 2010 à 07h58 - Le Télégramme


Comme de nombreuses communes du département, la ville de Douarnenez a signé, il y a trois ans, une convention avec le conseil général pour un co-financement de séances d'initiation au breton dans les écoles publiques de la ville. 340 écoliers de la ville sont concernés, répartis sur trois écoles publiques, sur les cinq que compte Douarnenez. Cette convention arrivant à terme, l'actuelle municipalité (UMP), n'a pas souhaité la reconduire.


Trois arguments ont été évoqués : le coût (13.400 euros par an pour la ville), le fait que seule une partie des enfants des écoles bénéficient de cette initiation (elle doit faire partie du projet d'école, être actée par les parents et l'équipe pédagogique) et enfin, qu'il existe des classes bilingues dans la ville.

Cette décision a provoqué un tollé, chaque jour grandissant. Parents d'élèves "abasourdis", directeurs d'écoles "étonnés de n'avoir pas été consultés", parents des classes bilingues dénonçant l'amalgame, vite rejoints par les différents clans de l'opposition municipale et des associations bretonnantes et/ou culturelles locales. Au fil des jours, les uns et les autres ont demandé à être reçus par le premier magistrat de la ville, le sénateur-maire Philippe Paul. En vain. Celui-ci campe sur ses positions et fait la sourde oreille.


Stratégie ou manque de courage politique, la question reste posée. Toujours est-il que cette fin de non recevoir a fait monter la grogne chaque jour un peu plus, au point que mercredi, un collectif s'est constitué. Hier matin, une quarantaine de membres de ce collectif et une joyeuse ribambelle d'enfants sont venus à l'hôtel de ville, pour demander à rencontrer le maire. Ce dernier a fait savoir qu'il était à Plogoff (pour un rallye moto organisé par la gendarmerie nationale, NDLR). Le premier adjoint était injoignable (il était en Préfecture pour une réunion sur les algues vertes, ndlr) et l'adjointe à la culture a fait savoir qu'elle ne s'estimait pas compétente sur le dossier.


Le groupe a alors improvisé, dans la bonne humeur, un cours d'initiation au breton dans le hall de l'hôtel de ville, sous l'oeil amusé de deux gendarmes. Les enfants ont chanté, montré comment se déroulait une initiation et un texte a été lu par un parent d'élève, interpellant les élus absents sur la devise de la ville inscrite dans le hall, "Dalc'h mad", qui veut dire "Tiens bon". Le collectif est ensuite descendu se mêler à la foule du marché, place des halles, pour refaire la même démonstration. Télévision et radio régionales étaient présentes.


L'argument autour duquel tous ceux qui dénoncent cette décision se retrouvent, c'est qu'une initiation au breton, dans une ville bretonne, cela permet à ses jeunes habitants d'en comprendre l'histoire. "C'est tout de même la moindre des choses que dans l'école de la commune soit expliqué à nos enfants le sens du nom Douarnenez, des lieux dits des ruisseaux ou de leur propre nom de famille", résumait ce matin un parent. "Je voudrais bien pouvoir continuer, ça me plaisait, je commençait à connaître beaucoup de mots", ajoutait de son côté Rosa, une fillette de huit ans qui a commencé cette initiation il y a trois ans. Les parents d'élèves ont fait signer une pétition, qui est également en ligne (*).

 
En fin de matinée, deux conseillères régionales, Naïg Le Gars (UDB) et Janick Moriceau (Les Verts), ont adressé une lettre ouverte au maire lui demandant de revenir sur sa décision ou alors de dénoncer la charte Y'a d'ar brezhoneg signée par la Ville.

http://www.petitionenligne.fr/petition/pour-le-maintien-des-cours-dinitiation-au-breton-dans-les-ecoles-de-douarnenez/95

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 17:25

Alrededordelfuego Castelao
Cultures samedi 19 juin 2010

L’annonce de la suppression de l’initiation au breton dans les écoles de Douarnenez continue de faire du reuz. Ce matin, une soixantaine de personnes se sont retrouvées à la mairie, pour demander à la municipalité de revoir sa copie.


Les manifestants souhaitaient être reçus par le sénateur-maire ou par l’élu de permanence, mais tous étaient aux abonnés absents. Ils n’ont donc rencontré aucun représentant de la Ville, contrairement à ce qu’ils espéraient. « On avait fait une demande, vendredi, mais on ne nous a jamais rappelés », déplore Karine Moal, membre du collectif.


Les manifestants ont occupé, pacifiquement, le hall de la mairie. Les enfants de l’école Victor-Hugo ont chanté des comptines en breton, l’écrivain local Gérard Alle a lu un texte de résistance, à l’intention du président de la communauté de communes, avant que Maelan, surveillant à Diwan, ne se lance dans un cours d’initiation au breton aussi léger qu’efficace.

 

Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la place des Halles, seconde étape de leur manifestation.

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 10:33

17 juin 2010 - Le Télégramme

Les employés de Leader Price ont fait grève hier matin devant le supermarché, pour protester et alerter les clients contre le projet de licenciement de deux d'entre eux.


Ambiance inédite, hier matin rond-point de Kerharo, pour les clients du Leader Price. Banderoles, drapeaux et tracts n'étaient pas là pour annoncer des promos mais pour dénoncer le licenciement, jugé abusif, de deux des neuf employés du magasin (qui compte, en plus, un directeur et deux adjoints, également salariés).

Licenciements et... félicitations


Ces neufs employés ont observé une demi-journée de grève, soutenus par les délégués locaux de la CFDT, Henri Kérisit et René Joncour. Ces derniers ayant été appelés à la rescousse en tant que «conseillers de salariés», comme le prévoit la loi lorsqu'aucune représentation syndicale n'existe dans l'entreprise. Ce qui est le cas chez Leader Price Douarnenez. Le 7 mai dernier, la direction Ouest de Leader Price écrit à deux employées du magasin de Douarnenez pour les convoquer à un entretien préalable à un licenciement, pour motif économique, explique Henri Kérisit. Ce même jour, le même interlocuteur adresse une télécopie au responsable du magasin qui dit ceci: «Toutes mes félicitations à vous et à vos équipes pour votre implication dans la réalisation du chiffre d'affaires de la semaine dernière».

Réduction d'effectif dans tout l'Ouest


«On peut légitimement douter de la réalité du motif économique invoqué», s'interroge le syndicaliste, documents en mains. Son collègue Henri Kérisit pointe, quant à lui, l'ombre d'un plan social à l'échelle du groupe Ouest. Effectivement, quatorze licenciements sont annoncés à travers les magasins de Saint-Nazaire, Nantes, Trignac, Rezé et Vannes, la direction Ouest expliquant cette réduction d'effectif par une chute du chiffre d'affaires de 18% en 2009 (Le Télégramme du 19mai). «Nous avons réclamé les chiffres du magasin de Douarnenez au directeur régional et lui avons également signalé qu'il avait failli à son obligation conventionnelle de reclassement, poursuit RenéJoncour. C'est du mépris pour ses salariés, accuse-t-il. D'autant qu'il va imposer un surcroît de travail à ceux qui restent, vu qu'une caissière, partie il y a peu, n'a pas été remplacée».

Restructuration économique


Le directeur régional en question, Franck Makowski, était à Douarnenez hier matin, aux côtés du directeur du magasin. Tandis qu'il faisait de la mise en rayon, il nous a indiqué que «dans un contexte économique difficile, on doit se restructurer. Cette restructuration du magasin impacte deux personnes mais permettra d'assurer la pérennité du site». Ces deux personnes, deux mères de famille âgées de 26 et 43 ans, sont les dernières arrivées dans le magasin. La CFDT leur a assuré qu'elle allait «continuer à suivre le dossier sur le plan juridique». Philippe Paul, le sénateur-maire, et Erwan Le Floch, le conseiller général du canton, sont également venus s'enquérir de ce qui se passait hier matin. «J'ai rencontré le directeur et lui ai suggéré de surseoir aux licenciements jusqu'en septembre, question de ne pas licencier des gens avant l'été», a indiqué Philippe Paul.

  • Marie-Line Quéau  


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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 10:12

 

Alrededordelfuego Castelao

8 juin 2010 Le Télégramme


La majorité municipale vient de décider de ne plus financer l'initiation au breton dans les écoles primaires publiques de la ville. Les socialistes s'en émeuvent.


Dans un communiqué, Tangi Youinou, Hervé Fourn et Annick Le Goff, conseillers municipaux socialistes, dénoncent la décision prise tout récemment par le bureau municipal de ne pas reconduire une convention concernant l'initiation au breton dans les écoles maternelles et primaires publiques de la ville.

Pas les classes bilingues

Quelques éclaircissements s'imposent. À Douarnenez, il y a cinq écoles primaires publiques. Victor-Hugo et Marie-Curie en centre-ville, Laennec à Ploaré, Jules-Verne à Tréboul et François-Guillou à Pouldavid. François-Guillou a la particularité d'avoir en son sein des classes spécifiquement bilingues français-breton (cinq classes sur les dix de l'école). Ce ne sont pas ces classes qui sont concernées par la récente décision municipale.

Une convention signée en 2007

Ce qui est concerné, c'est un programme d'initiation au breton dans les petites classes, encouragé par le conseil général du Finistère. Concrètement, le Département propose aux communes qui le souhaitent de s'engager, par convention sur trois ans, à cofinancer l'intervention d'animateurs bretonnants dans les écoles. Ce qu'avait fait la précédente municipalité. Et cette convention arrive à échéance à la fin de cette année scolaire. «Nous n'avons pas souhaité la reconduire pour trois raisons, explique Dominique Tillier, adjointe aux affaires scolaires. D'abord parce qu'il y a déjà une offre d'enseignement bilingue sur la ville avec François-Guillou. Deuxièmement, il y a le coût. La participation annuelle de la Ville pour cette initiation tourne autour de 13.400 € (NDLR: le conseil général abonde d'autant). Enfin, cette initiation n'est pas du tout homogène. Seules quinze classes l'ont intégrée dans leur projet d'école, sur les 40 classes «monolingues» que compte la ville (*). De plus, deux de ces classes interrompent l'initiation après le CE2».

Stupéfaction des parents

«La défense des langues régionales passe avant tout par leur enseignement, argumentent les socialistes. Toute politique éducative et culturelle qui oublierait cela perdrait beaucoup de sens». Du côté des trois écoles qui se voient privées de cette initiation, c'est l'étonnement, voir la stupéfaction pour certains parents qui tenaient à cette initiation. Les directeurs d'écoles n'avaient pas été consultés. Ils ont été mis devant le fait accompli. Vendredi, ils ont reçu copie du courrier du maire adressé au conseil général lui signifiant son refus de renouveler la convention.

* 5h par semaine d'initiation sont prodiguées à Laennec, 4h à Victor-Hugo et 6h à François-Guillou, dans les classes «monolingues». Cette initiation est prodiguée par l'association Mervent.

  • Marie-Line Quéau

Note: Revanchards! Il faut faire payer la gauche en licenciements de militants culturels. La droite à un problème avec ses origines! Un bon bourgeois ne saurait être breton comme un vulgaire plouc. Il y a comme une volonté "d'assimilation" de l'indigène là-dedans.

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 11:04

7 juin 2010 - Le Télégramme


Regroupés en association à l'issue de la liquidation de leur entreprise, la moitié des salariés licenciés par AsteelFlash, en septembre à Douarnenez, ont décidé de s'adjoindre les services de l'avocat Rémois Philippe Brun, spécialiste du droit social.

 

Celui que l'on surnomme «l'avocat des travailleurs», pour son propos très politique et totalement assumé, est connu pour avoir fait plier, ces quinze dernières années, de grands groupes industriels comme LVMH, Total, LU ou Michelin. Cette semaine, il va déposer 59 dossiers individuels devant le tribunal des prud'hommes de Quimper, en vue d'obtenir l'annulation, pour chacun, du licenciement pour motif économique.

Rappelons que le groupe AsteelFlash a liquidé son site de Douarnenez et mis 134 personnes au chômage, alors que, dans le même temps, il affichait un bénéfice net de 141millions de dollars, deux fois plus que l'année précédente. Le site étant fermé, l'avocat ne pourra demander la réintégration des salariés. Il exigera, s'il obtient gain de cause, des dommages et intérêts substantiels. La bataille durera certainement près de deux ans.

  • Marie-Line Quéau
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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 08:56

25 mai 2010 - Le Télégramme

 

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30 ans ont passé depuis les événements de Plogoff. Dans la mémoire collective, cette lutte contre le nucléaire et l'État a laissé des traces indélébiles. Aujourd'hui, la commune s'apprête à accueillir, sur ses terres, une vaste centrale solaire.


Plus de slogan antinucléaire ou insurrectionnel à l'entrée du bourg qui vient d'être réaménagée. Une municipalité qui n'a jamais commémoré la fin de la lutte et qui n'entend pas le faire pour le 30eanniversaire. Amélie Kerloc'h, l'ancienne maire, qui refuse de s'exprimer sur le sujet. Plogoff aurait-elle mis un mouchoir sur son combat contre la centrale? «Non. Les gens n'ont pas oublié. Ils considèrent simplement qu'ils ont fait ce qu'il fallait faire et ils ont tourné la page», commente Maurice Lemaître, le maire divers gauche de la commune, élu aux dernières municipales. «Le comité de vigilance existe toujours. Il veille, l'arme au pied».

Les affrontements: les anciens en parlent le plus


«Les jeunes ne sont pas franchement intéressés par ça. Ce sont les anciens qui en parlent le plus», témoigne Carlos, le tenancier du bar la Flambée, récemment arrivé de la région parisienne. C'est ici, sur le bord de la route qui mène à la Pointe du Raz, qu'on se retrouvait en 1980 après les charges épiques contre les gardes mobiles. Souvent, ceux qui y étaient, racontent aux plus jeunes comment ça se passait.

 

Certains sont assez nostalgiques. «Ils m'ont demandé de ne pas jeter les tables où ils avaient gravé leurs initiales lors des affrontements». Ce que Carlos a fait. Ses faits d'arme, Jean aime bien les raconter. Cet alerte retraité montait au front avec sa femme et ses enfants. «Parfois on partait au boulot sans avoir fermé l'oeil de la nuit. C'était dur mais on était persuadé qu'on allait gagner».

Des familles toujours écartelées


Selon ce couple, les partisans de la centrale étaient vraiment minoritaires. «Les pros et les anti se sont bouffé le nez dans certaines familles qui portent encore le poids de cette division», poursuit Jean. Des voisins aussi évitent de se parler sachant que les avis divergent de l'autre côté de la haie. Pour certains, ce projet de centrale faisait miroiter un avenir prometteur.


«Effectivement, en termes d'emplois c'était énorme. Rien que pour la construction, on prévoyait 3.000 personnes», détaille le maire. À l'époque, Plogoff comptait 2.000 âmes. «La population aurait été complètement broyée par cet apport extérieur». Elle en avait conscience et cet élément, comme l'hostilité au nucléaire, a été déterminant dans la lutte. Les années ont passé et la commune a poursuivi son déclin démographique pour atteindre les 1.500 habitants. «Il manque une industrie, une locomotive économique avance le tenancier de La Flambée.

«60% de la population a plus de 60 ans»


Ce constat, Maurice Lemaître le fait aussi. «Pendant longtemps, la commune était habitée en majorité par des marins d'État ou de commerce. Cette population a vieilli, sans avoir été renouvelée. «Résultat, maintenant 60% des habitants ont plus de 60 ans. La commune fait office de laboratoire pour la France de demain», plaisante à moitié le maire qui fait tout pour contenir une nouvelle hémorragie démographique. «On vient de lancer un programme de trente pavillons. L'ancienne école publique va être transformée en logements sociaux. On fait tout pour que les gens restent ou s'installent au pays».

 

Parallèlement le commerce local prospère. La pharmacie va être reprise, comme le bar-PMU et la boucherie-charcuterie. Pour financer ses chantiers, la commune bénéficie des retombées de la fréquentation de la Pointe du Raz, classée grand site de France. Chaque année, les parkings lui rapportent la coquette somme de 115.000 euros sur un budget global de 2M€. «Pas anodin, mais pas scandaleux», atténue le maire.

  • Didier Déniel

44. 000 panneaux solaires pour gommer le nucléaire

Contrairement à la pêche qui fait toujours vivre quelques familles ici, l'agriculture n'a jamais tiré la commune vers le haut. Pourtant, des paysans vivaient du produit de cette terre battue par les vents et ridée par le soleil. Le dernier vient de faire part de sa volonté de prendre sa retraite prochainement. Ces terres, comme les nombreux hectares désormais disponibles, ne tomberont pas dans l'escarcelle du conservatoire du littoral.

 

On devrait y aménager, l'an prochain, le premier grand champ solaire de Bretagne. Ce projet, piloté par le groupe NGI3E d'Amiens, couvrira de 10 à 15 hectares au lieu-dit Landrer, sur les hauteurs de la commune. 44.000 panneaux photovoltaïques y seront déployés à une hauteur de 80cm à 2m et profiteront des 1.180 heures de soleil annuelles dont bénéficie Plogoff. Ils produiront l'équivalent électricité d'une agglomération de 1.300 foyers, soit deux fois les besoins de la commune. L'électricité sera revendue à EDF.

«Un beau pied de nezà l'histoire»


Pour le maire qui pousse ardemment à la roue pour que ce projet voit le jour, c'est un beau pied de nez à l'histoire. «Pascal Billot, un des dirigeants de NGI3E, possède une maison sur la commune. Il nous en a parlé et on l'a suivi». Les parcelles seront louées plus de 1.500 euros l'hectare à l'année aux propriétaires. Elles seront entretenues par une centaine de moutons. De nombreux baux courant sur une vingtaine d'années ont déjà été signés. La commune et la communauté de communes tireront, elles aussi, un bénéfice de cette opération. Elles empocheront le produit d'une contribution économique territoriale. Plogoff n'est pas la seule commune du secteur à regarder de face le soleil. Goulien, elle aussi, est sur les rangs avec un projet plus grand. Dans quelques mois, le Cap Sizun pourra se targuer d'être autonome énergétiquement. Tout un symbole.

  • D.D.
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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 08:30

13 mai 2010 - Le Télégramme


Les trois chaînes locales bretonnes vont diffuser «Des pierres contre des fusils», réalisé par Nicole et FélixLe Garrec. Ce long métrage sur la lutte contre l'implantation d'une centrale nucléaire à Plogoff a longtemps été boudé par les télés.


Nicole et Félix Le Garrec n'en reviennent toujours pas de la place qu'a pris le film «Des pierres contre des fusils» dans leur vie. En 1980, le couple de cinéastes, qui avait travaillé avec René Vautier sur « Avoir 20 ans dans les Aurès», était loin de penser que les premiers coups de manivelles donnés dans le Cap, allaient marquer à jamais sa carrière. À l'époque, il avait axé son activité sur la production de diaporamas d'inspiration ethno et socio.

 

«On avait réalisé une série sur la langue bretonne qui marchait très bien, explique Nicole. On s'était intéressé également à la marée noire de l'Amoco Cadiz ou encore au remembrement». Plogoff, le couple s'y était intéressé en tant que voisins et militants. «On a assisté aux premières tensions. C'est quand on a vu des grands-mères molestées par les CRS qu'on a décidé de filmer.De témoigner». Cet engagement n'est pas anodin. Car à l'époque où la vidéo n'en est qu'à ses balbutiements, tourner un film coûte extrêmement cher. «On s'est endetté, on prenait vraiment des risques», poursuit Félix Le Garrec qui suivra pendant six semaines, caméra à l'épaule, les événements. À ses côtés, se trouvait Jakez Bernard qui deviendra, quelques années plus tard, un des principaux producteurs audiovisuels bretons.

Une poignée de journalistes sur place


«On dormait sur place, à la ferme de Kerstrad, chez Marie Carval, une farouche opposante au projet de centrale. Sur le terrain, ça n'était pas évident. Il fallait éviter les grenades offensives lancées par les CRS. Je pense que je n'avais pas conscience du danger». Les journalistes n'étaient qu'une poignée sur le site. Les télévisions, sous la coupe de l'Élysée, restaient on ne peut plus discrètes sur la lutte antinucléaire menée dans le Cap Sizun. En face des manifestants, se trouvaient des CRS puis des paras qui ne faisaient pas dans la dentelle. «Beaucoup ont été extrêmement marqués par ces affrontements. C'était pire qu'en 68. Car jamais ils ne s'étaient retrouvés nez à nez avec des femmes et des vieillards», poursuit Nicole. Pour travailler correctement de part et d'autre de la ligne de front, Félix n'hésite pas à engager la conversation avec les policiers chargés de filmer les affrontements. «On parlait objectif, cadrage. Ces quelques mots échangés faisaient croire aux autres militaires que j'étais habilité à filmer. Ces ruses m'ont permis de travailler correctement».


Des CRS commandent le film


Depuis trente ans, le couple n'a cessé d'écumer les salles obscures de la France entière. «Le film a dû être vu par 400 000 personnes. Il ne se passe pas une semaine sans qu'on intervienne. On est invité dans des festivals. Des événements militants où l'on côtoie beaucoup de jeunes», se réjouit Félix qui affiche 80 vigoureux printemps. Avec le temps, «Des pierres contre des fusils» est devenu un film symbole. Dans les milieux militants bien entendu, mais aussi dans les rangs des CRS qui, parfois, passent commande de DVD. Nostalgie quand tu nous tiens.

 

Note: Selon nos souvenirs, le CRS étaient en fait des Gendarmes mobiles, parachutistes, militaires de retour du Liban.

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 09:26

De l'aide pour les pêcheurs

26 avril 2010 -Le Télégramme


Le 2e Printemps de la Palestine se déroulera le week-end prochain. À cette occasion, le comité de jumelage avec Rashidiyé lance un appel en faveur des pêcheurs de ce camp.


Le comité de jumelage Douarnenez-Rashidiyé organise son deuxième Printemps de la Palestine le week-end prochain. Cette manifestation a pour volonté de sensibiliser le plus grand nombre aux conditions de vie difficile des habitants du camp de réfugiés palestiniens au sud Liban.

Collecte et récupération

«Nous comptons sur la solidarité des Douarnenistes et sur leur soutien dans la lutte que mènent les habitants de Rashidiyé pour la conquête de leurs droits légitimes», insiste Monique Prévost, membre du comité et de la délégation douarneniste. Comme l'an passé, le Printemps de la Palestine sera l'occasion de s'immerger dans la culture palestinienne et d'en découvrir ses multiples facettes, à travers des films, débats, exposition, jeux, artisanat... Le projet «Empreinte» soutient un atelier de fabrication de sandales dans le camp de Kalendia. Une cinquantaine de paires seront proposées à la vente au prix de 30€. En 2009, les bénéfices de cette journée de solidarité (1.500€) avaient permis l'achat de jeux pour les centres d'accueil pour jeunes enfants. Ce Printemps, il s'agit, entre autre, de collecte et de récupération...

Marin pêcheur, un métier interdit

«Le métier de marin pêcheur figure sur la liste des 70 métiers interdits aux Palestiniens par la loi libanaise, rappelle Monique Prévost. Les pêcheurs de Rashidiyé ne peuvent pas posséder de bateaux et, pour pêcher, ils sont obligés de plonger dans une eau dont la température en hiver est insuffisante pour leur permettre d'exercer leur métier. Pour leur venir en aide, nous lançons une opération de récupération de combinaisons de plongée. Ces combinaisons permettraient aux pêcheurs de travailler dans des conditions moins pénibles et de gagner un peu mieux leur vie».

 

Pratique

 

Les personnes qui le désirent pourront déposer les combinaisons de plongée inutilisées le samedi 1ermai, à la MJC, ou contacter les membres du comité:

 

Jacques Boeuf au 02.98.92.93.59;

Michèle Paret au 02.98.74.12.74;

Monique Prévost au 02.98.74.18.30.

 

Programme:

Vendredi 21h au Club: "L'anniversaire de Leila".

Samedi 1er mai à partir de 14h: MJC vente d'artisana,expo photo, salon de thé, librairie

17h : "In working progress"

18h: conférence "Une parole juive pour les droits palestiniens" avec André Rosevègue de l'Union juive pour la Paix

19h30 : repas palestinien

21h: danses traditionnelles et concert


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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 10:10
vendredi 02 avril 2010

L'association des anciens salariés de l'entreprise douarneniste a décidé de faire appel à un avocat.

Pas question de se laisser abattre. Licenciés, début septembre, après la liquidation de leur entreprise, les anciens salariés d'Asteel, à Douarnenez, ont décidé de se battre. Hier soir, lors de l'assemblée extraordinaire de l'association Avenir ¯ qui regroupe une soixantaine d'entre eux ¯ ils ont décidé, à une large majorité, de faire appel à un avocat. Et pas n'importe lequel.

Me Brun, installé à Reims, est devenu, en moins de vingt ans, l'un des plus illustres défenseurs des salariés opprimés. Il est notamment parvenu à faire annuler des plans sociaux chez Moët et Chandon (250 salariés), Total (250 licenciements) ou encore Michelin (450 emplois) et à faire condamner de nombreux groupes pour violation dans la procédure de licenciements.

18 mois de procédure


C'est, d'ailleurs, à la suite d'une série de reportages qui lui étaient consacrés au journal de France 2, qu'une ex-salariée d'Asteel a décidé de le contacter. L'avocat a étudié le dossier et ses conclusions semblent accablantes pour le groupe Asteel.

 

« Même si la société de Douarnenez était juridiquement indépendante, elle était adossée à un groupe qui avait des moyens », résume Me Brun. L'avocat a pointé plusieurs points litigieux, notamment le fait que le plan social était « insuffisant » et la recherche de reclassements dans le groupe, « inexistante ou trop tardive ».


« Je suis très confiant, conclut l'homme de loi. Le dossier Asteel est clair et transparent. Il n'y a pas à faire jurisprudence. » Juste à faire preuve d'un peu de patience. La procédure devrait durer 18 mois. Si les salariés licenciés obtiennent gain de cause, ils peuvent espérer obtenir « entre 12 et 48 mois d'indemnisation ».

 

« Mais c'est d'abord une question de principe, explique une ex-salariée. Le groupe a de l'argent, c'est normal qu'il paye. Ce qui n'est pas normal, c'est qu'on n'ait touché que le minimum légal et que ce soit à l'État de payer. »


 

Nicolas EMERIAU.
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Le blog sur les

questions maritimes

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Le blog de solidarité avec

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diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

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Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


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Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

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  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

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robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

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st nnonon

 

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