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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 10:45

Jean-Jacques CHAVIGNE
Des années décisives, notre système de retraites en a déjà connu depuis 1993 : 1995, 2000 (pour les retraites complémentaires du secteur privé), 2003… Mais 2010 sera de nouveau une année décisive parce que le gouvernement et le Medef ne sont pas encore arrivés à leurs fins et qu’ils comptent bien utiliser le déficit record laissé par la crise (produit direct de leurs politiques néolibérales) pour aller encore plus loin dans leur contre-réforme de notre système de retraite.

17 ans de contre-réformes


L’offensive de la droite et du patronat a commencé en 1993, en plein mois d’août lorsqu’Edouard Balladur et Simone Veil firent voter leur loi contre le système de retraite par répartition du secteur privé. La durée de cotisation passait de 37,5 à 40 annuités. Le calcul du salaire de référence servant au calcul de la retraite s’allongeait des 10 aux 25 meilleures années. Le montant des retraites n’était plus indexé sur les salaires mais sur les prix.

En 1994 et 1996, le patronat faisait subir aux retraites complémentaires du secteur privé une régression de même ampleur que celle qui avait été imposée aux retraites de base par la loi Balladur-Veil.

Au total, les réformes de 1993 et 1994-1996, entraineront mécaniquement une diminution de 20 points (de 78 % à 58 % du salaire moyen net) de la retraite moyenne des salariés du secteur privé, entre 1996 et 2030. Tous les effets de ces contre-réformes ne se sont donc pas encore fait sentir, loin de là.

En 1995, Juppé commit (du point de vue de la droite) une lourde erreur. Il s’attaqua à la fois aux retraites de la Fonction publique et à celles des services spéciaux (SNCF, RATP, EDF-GDF…) Il dut ravaler ses 40 annuités.

En 2003, Fillon ne commit pas la même erreur, il s’attaqua uniquement aux salariés de la Fonction publique et jura, la main sur le cœur, que les salariés relevant des régimes spéciaux n’étaient pas concernés par l’allongement de la durée de cotisation. Malgré des millions de manifestants, une unité syndicale où l’absence finale de la CFDT n’eut aucune répercussion sur la mobilisation et près de six mois de luttes, le mouvement social fut battu et se vit imposer les 40 annuités de cotisation pour qu’un salarié puisse bénéficier d’une retraite de base à taux plein.

En 2007, le gouvernement remettait cela et imposait (malgré des concessions très substantielles et de plus en plus perceptibles) les 40 annuités aux salariés des régimes spéciaux.


Aujourd’hui, c’est tout le salariat que la droite a en face d’elle


La droite n’a pas atteint son double objectif.

Le premier de ses objectifs est de bloquer le niveau des cotisations retraites là où il se trouve et financer un nombre de retraités qui va doubler entre 2000 et 2040 avec les mêmes ressources. A l’évidence, cela ne marche pas, le déficit des régimes de retraites (même si l’on fait abstraction des effets de la crise économique) s’accroît.

Son deuxième objectif est de faire reculer suffisamment la retraite par répartition pour faire une place de choix aux fonds de pension et ne plus laisser à un financement socialisé tout un champ d’accumulation qu’il veut voir revenir au capital. Un champ d’accumulation particulièrement juteux puisque, au Royaume-Uni, les adhérents d’un fonds de pension ne retrouvent que 50 % des sommes qu’ils ont versées sur leurs fonds de pension. Les 50 % restants s’étant évanoui en frais de gestion divers et en dividendes pour les actionnaires.

La droite ne peut pas compter aujourd’hui, sur le seul attrait de la retraite par capitalisation (les fonds de pension) et prétendre qu’elle construira avec eux un « troisième étage » de nos retraites. Qui n’a pas compris que ce troisième étage n’existerait qu’en siphonnant les ressources des deux autres régimes, de base et complémentaires ? Ce que font d’ailleurs déjà aujourd’hui les entreprises qui financent l’ « épargne-retraite » de leurs salariés alors que le Medef s’est refusé à consacrer des sommes équivalentes au financement de la retraite par répartition en augmentant sa part des cotisations retraites. Qui n’a pas, également, compris que siphonner les ressources de notre système de retraite pour aller les jouer en Bourse n’était pas vraiment, après la crise des nouvelles technologies et celles des « suprimes », un gage de pérennité pour nos retraites ?

La droite et le Medef doivent donc imposer un recul encore plus important aux retraites par répartition pour que tous les salariés qui en ont les moyens n’aient plus d’autres recours que de se tourner vers les fonds pension, qu’ils soient individuels ou collectifs (épargne retraite). Aux autres, il restera l’assistance et la grande majorité des retraités redeviendront, comme avant la retraite par répartition, des « vieux » et des « pauvres ».

La loi Fillon prévoit l’augmentation d’un an de la durée de cotisation en 2012, aussi bien pour les salariés du secteur privé que pour ceux du public. Et c’est cette augmentation que la droite devrait imposer à l’ensemble d’un salariat qui est pourtant encore loin d’avoir subi tous les effets de la crise économique. Or, la droite ne possède plus le levier magique qui lui avait tant servi depuis le mauvais coup perpétré contre les salariés du secteur privé en 1993 : à niveler par le bas les systèmes de retraites au nom de l’ « équité » du public et du privé puis du privé et du public face aux régimes spéciaux. Rares, de surcroît, sont aujourd’hui les salariés qui n’ont pas compris que (dans le public mais surtout dans le privé) augmenter la durée de cotisation revient à diminuer le montant de la retraite puisque la durée moyenne réelle d’une carrière dans ce secteur est de moins de 37 ans !

Du coup, la droite hésite et essaie de trouver un biais, un moyen pour ne pas heurter de face l’ensemble du salariat dont la revendication serait alors claire comme de l’eau de roche : « Non, à l’augmentation de la durée de cotisation ».

Le plus probable est donc que la droite tentera de nous imposer un système (le système suédois ou l’un de ses avatars) qui a pour elle un avantage évident : il permet de brouiller toutes les pistes. Avec ce système, il n’est pas possible, même quelques années à l’avance, de savoir à quel moment il sera possible de prendre sa retraite, ni à quel montant il sera possible de prétendre avant d’avoir pris sa retraite. Chacun est renvoyé à sa propre carrière et à ses comptes « notionnels » sans qu’aucune mobilisation collective sur une revendication unifiante (« Pas d’augmentation de la durée de cotisation ») ne soit possible. On peut comprendre que le Medef et le gouvernement Sarkozy soient tentés par un tel système. Un système qui a, de surcroît, l’avantage de faire disparaître les âges butoirs de 60 et de 65 ans.


Le « modèle » suédois


Ce modèle est en train de faire des petits dans toute l’Union européenne. Non pas parce qu’il répond aux besoins des salariés ou des retraités mais parce qu’il répond parfaitement aux exigences du patronat.

Ce système resterait un système de retraite par répartition. Les cotisations d’aujourd’hui y assureraient toujours le paiement des retraites d’aujourd’hui. Il n’y aurait pas de passage par la case « épargne » mais tout serait calculé comme si tel était bien le cas. La logique de la retraite par répartition deviendrait une logique de retraite par capitalisation, selon la logique de la retraite par points, mais sans aucune concession. Chacun recevrait uniquement en fonction de ce qu’il aurait cotisé. La dimension solidaire de notre système de retraite disparaîtrait complètement.

Tant pis si vous avez eu une carrière difficile, si vous avez connu le chômage, si vous avez eu des difficultés à trouver un premier emploi un tant soit peu stable. Tant pis si votre employeur s’est débarrassé de vous dès que vous avez atteint l’âge de 50 ans : les périodes « « non cotisées » ne seraient pas prises en compte pour le calcul de votre retraite, alors qu’aujourd’hui, elles peuvent être, sous certaines conditions, « validées » et compter dans le nombre de trimestres nécessaires à l’obtention d’une retraite à taux plein.

Tant pis si vous êtes une femme et si votre carrière a beaucoup pâti du fait que vous ayez élevé deux enfants : aucun trimestre de cotisations supplémentaires ne vous serait du à ce titre. La base de calcul de la retraite de chacun serait uniquement ce qu’il aurait cotisé.

Pour Antoine Bozio et Thomas Piketty, les promoteurs de ce système en France, tout ce qui relève de la solidarité n’aurait plus rien à faire dans ce régime de retraite. Les budgets publics se chargeraient de la solidarité. Et chacun sait que tous les moyens leur seraient donnés. Il suffit de regarder d’un peu près le sort réservé aux aides accordées sous conditions de ressources : RMI, Assistance Médicale d’Etat (AME) ou CMU pour s’apercevoir qu’elles deviennent, à terme, la cible privilégiée de tous les gouvernements de droite.

Avec un système de ce type, il n’y aurait plus besoin de se poser le problème de savoir comment imposer une année de plus de cotisation à 26 millions de salariés. Le besoin de financement lié à l’allongement de la durée de la vie se traduirait automatiquement par une baisse du niveau des pensions ou par un allongement de la durée de cotisation. Et tout cela serait calculé individuellement pour chaque retraité, en fonction des tables d’espérance de vie, au moment où il prendrait sa retraite. Le repère collectif que représente l’objectif d’un taux de remplacement à un âge déterminé disparaitrait. Tout cela rendrait beaucoup plus difficile les luttes collectives pour améliorer les retraites. C’est bien ce que souhaitent la droite et le patronat.

D’autant qu’il est évident que si ce système s’imposait pour le régime de base des retraites du secteur privé, le patronat s’emploierait aussitôt à supprimer les quelques avantages « non contributifs » (non directement liés aux cotisations versées par le salarié) qui figurent encore dans les régimes de retraites complémentaires.

C’est bien pourquoi il ne faut, à aucun prix, mettre un doigt dans ce piège.


Le principal obstacle


L’obstacle le plus important à franchir dans la course qui s’engage, c’est la perte de confiance des salariés envers leur système de retraite par répartition qui s’accroît au fur et à mesure des attaques (couronnées de succès) subies par ce système.

Certes, tous les salariés devraient finir par recevoir un point annuel sur leur propre retraites, les trimestres cotisés, les points acquis dans les régimes complémentaires... Mais chaque salarié qui reçoit ce document sait fort bien que sa consistance et sa signification dépendront de l’évolution qu’aura subie la législation au moment même où il prendra sa retraite. Dix-sept ans de dégradation des retraites l’ont vacciné contre un trop plein d’optimisme.

La gauche, les syndicats devraient donc répondre à tout le travail de sape du patronat depuis près de 20 ans pour redonner confiance dans la retraite par répartition. Nous sommes aidés en cela par la méfiance des salariés de notre pays envers les fonds de pension. Une méfiance cultivée par des années de déboires financiers de ces mêmes fonds de pension.

Cela ne doit pas nous amener à nier les imperfections du système actuel : son incapacité (sans augmentation des ressources !) à assurer l’équilibre des retraites ; la perte de lisibilité du système (il suffit de rencontrer un pluri-pensionné pour comprendre l’ampleur du problème) ; la complexibilité du calcul des pensions ; la difficulté de piloter un système aussi parcellisé…

Tout cela est vrai et doit nous amener à proposer des solutions pour palier tous ces défauts. Mais il ne faut pas pour autant, « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Car, avec un système « à la suédoise », tout serait plus complexe, plus opaque et plus inégalitaire que le système actuel. Le seul avantage serait son mode de pilotage automatique, mais seuls le patronat et le gouvernement actuel en seraient bénéficiaires.

Il faut donc revenir sans cesse sur le cadre dans lequel se déroule le débat sur les retraites et que la droite, le patronat, les grands médias s’acharnent à rendre totalement opaque. Il s’agit, bien sûr de la responsabilité de la crise économique dans le déficit actuel de nos régimes de retraites mais surtout du doublement prévisible de la richesse de notre pays dans les 40 années à venir, de la fin du papy-boom entre 2035 et 2040, du poids du chômage sur les retraites, de la soi-disant fatalité démographique qui voudrait que dans notre pays, le poids de « vieux » de plus en plus nombreux soit de plus en plus insupportable à des « jeunes » de moins en moins nombreux.


Il n’y a pas de fatalité démographique


Si l’on en croit la droite, le Medef et les principaux médias, nos retraites seraient victimes d’une véritable fatalité démographique.

A la fin des années 1990, tout ce beau monde annonçait que le taux de fécondité allait s’effondrer. En réalité, les démographes se sont aperçu qu’il n’en était rien et que la France était l’un des pays d’Europe où le taux de fécondité était le plus important (1,9 au lieu des 1,8 prévus). Les femmes n’avaient pas renoncé à avoir des enfants mais différaient leur arrivée à un âge plus avancé.

Quant aux nombres de retraités, il devrait certes augmenter de près de 63 % (selon l’INSEE) entre 2006 et 2050 : de 13 millions de retraités en 2007 à 21 millions en 2050. Mais cette augmentation sera le produit de deux facteurs, pesant chacun de l’ordre de 50 % dans cette augmentation : l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du baby-boom (les personnes nées entre 1945 et 1975) et l’allongement de la durée de la vie. Ces deux facteurs n’ont pas la même durée. Le premier est limité dans le temps. Entre 2036 et 2040 commenceront à arriver à la retraite les classes « creuses » qui ont suivi le baby-boom. Le nombre de nouveaux retraités diminuera alors brutalement.

Quant au second, il n’a pas l’importance qui lui avait été donnée au début des années 2000. Selon le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) de 2007 « la mortalité baisserait moins, conduisant en 2050 à une espérance de vie à la naissance inférieur à celle des anciennes projections, de 2 ans pour les femmes et de 0,5 ans pour les hommes ». Le nombre de retraités en 2050 serait donc inférieur de 650 000 aux prévisions antérieures. L’allongement de l’espérance de vie serait de 1,1 ans tous les 10 ans, soit 0,44 trimestres tous les ans et donc très loin du Medef et de son affirmation d’un allongement de l’espérance de vie d’un trimestre tous les ans.

Le même rapport du COR précisait que le solde migratoire doublerait par rapport aux précédentes prévisions : 100 000 personnes de plus chaque année au lieu de 50 000.

Au total, en 2050, « on compterait environ 69 personnes de 60 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 59 ans ». Ce qui est, bien sûr, plus élevé que la proportion de 2006 : 47 personnes de 60 ans et plus pour 100 personnes d’âge actif. Mais nous sommes très loin des scénarios catastrophes agités à la fin des années 1990 et au début des années 2000 : 81 personnes de 60 ans et plus pour 100 personnes d’âge actif. Cela signifie que la population en âge de travailler ne subirait donc pas, entre 2006 et 2050, la diminution de 4,1 millions de prévue par ces mêmes scénarios catastrophes, mais resterait stable.


Il ne suffit pas d’être d’ « âge actif »


Il ne suffit pas d’être âgé de 20 à 60 ans, encore faut-il avoir un travail. Car le chômage pèse très lourdement dans les difficultés de financement des régimes de retraite. Le nombre de chômeurs réels, si l’on inclut les personnes dispensées de recherche d’emploi, celles qui ont renoncé après de multiples essais infructueux, celles qui ont été arbitrairement rayées des listes du « Pôle emploi », celles qui ont été comptabilisées dans d’autres catégories que la catégorie 1, s’élève, au minimum, à 3 millions.

Si l’on ajoute à ces chômeurs à plein temps, toutes les personnes qui travaillent à temps partiel ou n’ont qu’un travail saisonnier et souhaitent un travail à temps plein, c’est à un total d’environ 5 millions de chômeurs que nous arrivons.

Il est évident qui si ces 5 millions de chômeurs (partiels ou complets) avaient un emploi à plein temps et que des cotisations retraites étaient versées en conséquence, les finances des caisses de retraites s’en porteraient beaucoup mieux.

Dans une telle hypothèse, les caisses des régimes de retraite seraient aujourd’hui largement créditrices. Cela ne serait pas suffisant dans la perspective de 2040 et cela ne permettrait pas de revenir sur les réformes imposées par la droite mais ce serait quand même une bonne partie du chemin qui serait accomplie.


En 40 ans la richesse de notre pays doublera


C’est le point aveugle de tout débat sur les retraites. Jamais cet aspect déterminant de l’avenir économique n’a pu être publiquement débattu. Le Medef, le gouvernement tirent des plans sur la comète en oubliant cette donnée essentielle. Ils raisonnent (tout haut) comme si la richesse de notre pays n’allait pas évoluer au cours des 40 prochaines années et que c’est donc à richesse constante qu’il faudrait financer une augmentation de 63 % du nombre de retraités. Ils raisonnent (tout bas) en espérant que les profits pourront capter la partie de ces nouvelles richesses qui auraient dû revenir aux retraités.

Pourtant, dans les 40 années à venir, avec un taux de croissance moyen de 1,7 % par an, la richesse de notre pays aura doublé en 40 ans : de 1700 milliards d’euros environ à 3 400 milliards d’euros. Et il s’agit d’euros réels, une fois neutralisé l’inflation et donc d’une véritable augmentation de richesse, une augmentation considérable.

Certes, il faudra pour cela que l’économie mondiale évite l’écueil d’une nouvelle crise du type de celle que nous sommes encore en train de subir. Mais si tel n’était pas le cas, ce n’est pas uniquement notre système de retraite qui serait remis en cause. Comment, en effet, avec le niveau atteint par les déficits publics, les banquiers centraux pourraient-ils faire face à une nouvelle crise bancaire, sans que cela soit l’ensemble de l’économie qui s’effondre comme un château de cartes ?

Pour faire face à l’augmentation du nombre de retraités et pour abroger les réformes successives de la droite, il faudrait augmenter de 6 % la part du PIB destinée à financer les retraites. Ce n’est certes pas une petite somme mais c’est une somme, au total, parfaitement assimilable par une économie dont la richesse augmentera de 1 700 milliards d’euros au cours des 40 prochaines années. En 2050, une fois financés les 204 milliards liés à l’augmentation du coût des retraites, il resterait, en effet, encore près de 1 500 milliards d’euros, chaque année, pour financer les augmentations de salaire direct, les investissements privés et publics… Une paille !


Les trois paramètres de tout régime de retraites


Le rapport du COR de 2001 illustrait parfaitement les choix offerts à notre régime de retraite.

Premier choix : ne pas augmenter les cotisations retraites et ne pas diminuer le montant des retraites. Dans ce cas, il fallait augmenter de 9 ans la durée de cotisation.

Deuxième choix : ne pas augmenter les cotisations retraites et ne pas allonger la durée de cotisation. Dans ce cas, le montant moyen des retraites diminuerait de 78 % du salaire net moyen à 43 % de ce même salaire net. Ce qui signifierait pour un salaire net mensuel de 1 200 euros, une retraite qui diminuerait de 936 à 516 euros.

Troisième choix : ne pas allonger la durée de cotisation, ne pas baisser le montant des retraites mais augmenter de 15 points le montant des cotisations retraites entre 2003 et 20040.

Jamais la troisième option présentée par le COR n’a été soumise au débat public alors que c’était de loin la solution la plus acceptable par l’ensemble de la population. 15 points d’augmentation en un peu moins de 40 ans, cela représentait 0,40 point d’augmentation par an. Qui pourrait prétendre qu’une augmentation de 0,25 point de la part patronale des cotisations retraites et de 0,15 point de la part salariale n’est pas préférable à un allongement de 9 ans de la durée de cotisation ou à une baisse de 25 points du montant des retraites ?

Ces trois paramètres ne disparaîtront pas avec l’instauration d’un système à la suédoise, ils seront simplement individualisés et rendus totalement opaques. C’est donc la discussion de cette troisième option qu’il faut imposer au Medef et au gouvernement.


Jean-Jacques Chavigné


http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article2052

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Retraites-2010-une-annee-decisive.html
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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 10:43




2 millions d’euros de salaire annuel pour Henri Proglio.

Le nouveau PDG d’EDF, Henri Proglio, a réussi à conserver chez Veolia la rémunération qu’il percevait en tant que président, et dont il est désormais directeur du conseil d’administration, à savoir 450.000 euros annuels, révèle ce matin le site internet du Point. Une information en ligne sur le site Internet du groupe.

Selon Lepoint.fr, c’est "dans le plus grand secret" que "les administrateurs de Veolia ont approuvé, jeudi 17 décembre, le montant des émoluments de Henri Proglio qui, après sa nomination à la présidence d’EDF, est désormais le président de leur conseil d’administration".

"Cette décision du conseil de Veolia constitue un véritable camouflet pour Christine Lagarde. Le 5 novembre dernier, la ministre de l’Économie avait en effet assuré aux sénateurs que le nouveau patron d’EDF ne cumulerait pas les rémunérations et qu’il ne percevrait que celle de l’entreprise publique. Interrogée à nouveau le 20 novembre sur RTL, elle avait campé sur ses positions, réaffirmant son refus que Proglio cumule deux rémunérations", rappelle Lepoint.fr.

Au total, Henri Proglio devrait toucher un salaire annuel d’environ deux millions d’euros, soit la somme qu’il gagnait en tant que PDG de Veolia.

"Une hausse de 45 % par rapport à la rémunération de Pierre Gadonneix, son prédécesseur", souligne le site du Point.


Source : lefigaro.fr


Pourquoi Henri Proglio, le nouveau patron d’EDF, va-t-il toucher un salaire annuel en hausse de 45 % par rapport à l’ancien patron d’EDF ?

Réponse : parce que c’est un ami de Nicolas Sarkozy.

Le soir du 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy a invité 55 amis très proches pour fêter son élection à la présidence de la République dans un lieu très chic, le Fouquet’s.

Parmi les 55 invités, nous trouvons un certain Henri Proglio.

Depuis le 6 mai 2007, les impôts des contribuables français servent à engraisser Nicolas Sarkozy et ses amis du Fouquet’s.

Depuis le 6 mai 2007, les impôts des contribuables français servent à engraisser le roi Louis XVI et sa cour.

Voici les 55 invités de Nicolas Sarkozy le soir de son élection à la présidence de la République :


http://www.marianne2.fr/Exclusif-les-invites-du-President-au-diner-du-Fouquet-s_a80603.html

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 09:29
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mercredi 06 janvier 2010
Installée à Douarnenez, la conserverie Paulet (Petit Navire) s'apprête à connaître un plan de réorganisation.

La question doit être évoquée le 12 janvier, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire auquel les élus ont été conviés hier. Selon nos informations, il ne s'agirait pas de licenciements, mais de départs volontaires. 42 salariés seraient concernés par cette mesure, dont les modalités seront précisées la semaine prochaine.
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 10:47
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Alors que toutes les associations caritatives annoncent une augmentation brutale des inscrits dans leurs centres, alors que des personnes sans domicile fixe sont mortes dans la rue, des journaux lèvent le voile sur les dépenses somptuaires des plus riches.

Ainsi la station de ski de Courchevel, « écrin glamour des Alpes françaises » comme dit la publicité, avec ses neufs hôtels cinq étoiles, se veut la rivale des stations huppées de Gstaad et de Saint-Moritz en Suisse.

 Le prix de la chambre double du Strato commence à 1 100 euros la nuit, mais on peut aussi résider à « l'hôtel de charme les Airelles » qui compte une suite de 750 mètres carrés, ou encore louer le chalet Ormello avec sa piscine, son spa et sa salle de cinéma, à 140 000 euros la semaine, service compris !

Et c'est pour que ces gens-là puissent se goberger de façon indécente qu'on explique à d'autres qu'il faut faire des sacrifices pour surmonter une crise que ne connaissent pas les riches !
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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 11:41
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Ces derniers temps, il a beaucoup été question du grand emprunt voulu par Sarkozy. Cette affaire est assez révélatrice de la situation dans laquelle se trouve la bourgeoisie de ce pays et de son plan de bataille pour nous faire payer les pots cassés de la crise économique.

L’aspect le plus important de l’affaire du grand emprunt de Sarkozy concerne la bagarre qui a lieu au sein de la bourgeoisie et de la droite depuis que le gouvernement a couru au secours des banques, menacées par la crise financière.


Si en France, il ne s’est pas trouvé de fondamentalistes du marché, comme certains républicains aux États-Unis, pour soutenir que l’État devait laisser les banques à leur sort, un débat est ouvert depuis sur la façon dont il doit s’attaquer à la question des déficits publics et de la dette publique.


Les critiques émises dans les médias sur le grand emprunt ont essentiellement émané de ceux qui prônent la nécessité de réduire les déficits publics au plus vite, adeptes d’une orthodoxie financière.


En face, d’autres expliquent que les déficits ne sont pas nécessairement mauvais s’ils servent à relancer l’investissement et surtout s’ils peuvent permettre d’ajourner les explosions sociales qui accompagneront sans doute toute tentative de couper dans les budgets sociaux pour rétablir l’équilibre des finances publiques.


Cette opposition n’est pas du tout nouvelle. Elle resurgit à chaque fois qu’une crise économique frappe et qu’elle oblige la bourgeoisie et l’État à en imposer les frais à une partie des travailleurs et des petits capitalistes (en envoyant les uns au chômage et les autres à la faillite).


Elle était à l’origine de la rupture entre Chirac et Giscard en 1976, de la bagarre dans le PS de la première moitié des années 1980 entre les protectionnistes (Chévènement et le PCF) et les modernisateurs (Delors, Fabius), de l’opposition d’une partie de la droite gaulliste au traité de Maastricht en 1992 et de la campagne de Chirac sur la fracture sociale en 1995.


Mais invariablement depuis 1983, ce sont les orthodoxes qui l’emportent et avec eux les politiques de rigueur. C’est ce qui s’est passé encore cette fois puisque le montant du grand emprunt ne sera finalement que d’un tiers de ce qui avait été prévu au début.


Pourquoi est-ce important pour nous ? Simplement parce que cette bagarre au sein de la droite signifie qu’une crise majeure couve en son sein. C’est également ce qui se manifeste à travers les procès Clearstream, Pasqua et Chirac et la tentative de récréer un pôle de droite sociale autour de Villepin. Et chacun sait que lorsque l’ennemi est divisé, il est affaibli, et que nous avons le potentiel de lui infliger des défaites en sautant sur l’occasion.


Mais il y a aussi une deuxième raison pour laquelle il est important de comprendre cet aspect des choses. Le fait que les adeptes de l’orthodoxie l’aient encore emporté signifie que la principale forme que prendra dans les mois à venir la tentative de nous faire payer les pots cassés de la crise sera une attaque féroce dans le secteur public, d’autant plus que Sarkozy a plusieurs fois répété qu’il n’augmenterait pas les impôts, histoire de rassurer les riches parmi son électorat. Sarkozy a aussi annoncé une conférence nationale sur les déficits et dénoncé la « folie fiscale » de la gauche dans les régions.


L’annonce des 34 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale, le mois dernier, est une petite partie de ce qu’ils comptent nous imposer, et rapidement.


En effet, la flambée des déficits pèse lourd sur la capacité de l’État à disposer librement de ses ressources fiscales, puisque plus de déficits signifie plus d’argent public dépensé pour rembourser la dette et les intérêts. Mais pire encore, cela signifie que se profile le danger pour le gouvernement de devoir accepter des taux d’intérêts plus élevés pour toute dette qu’il cherchera à contracter dans l’avenir.


Cette pression pour réduire les déficits engendrés par les opérations de sauvetage des banques et les plans de relance ne s’exerce pas uniquement sur l’État français mais sur pratiquement tout État européen. Le gouvernement britannique a récemment annoncé un effort massif pour diminuer ses déficits, ce qui inclut des réductions jusqu’à 15 % dans certains domaines du secteur public.


Le budget irlandais est encore plus dur. Et enfin, certains États comme la Grèce ont été clairement menacés par ceux qui font la politique monétaire de l’eurozone (en l’occurrence le président de la Bundesbank allemande) de faire le ménage dans leurs finances publiques d’ici un an ou bien d’en assumer les conséquences.


La conséquence en termes politiques de tout cela est que les explosions sociales liées à la crise sont encore devant nous.


Encore une fois, il y a des précédents. La grande récession de 1974-1975 a ouvert une période de luttes dont les années 1978-1979 étaient l’apogée. La récession de 1992 a abouti aux grèves de novembre-décembre 1995. Il est fort probable que ce schéma se répète aujourd’hui, d’autant plus que l’ampleur de la crise actuelle est bien plus grande.


À l’atonie sociale du printemps suivra une période tumultueuse. Il est difficile de dire avec précision quand il y aura explosion sociale. Mais vu les pressions subies par le gouvernement, cela semble inévitable.


Christakis Georgiou

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 10:34
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Avant l'ouverture de la conférence de Copenhague, 700 patrons, sous l'égide du prince Charles d'Angleterre, ont signé une déclaration appelant à une réussite de la réunion. Parmi eux des dirigeants de trusts internationaux (BP, Siemens, Pepsico, Ericsson...) et une foule de petites entreprises du monde entier.

Certains de ces patrons sont peut-être animés par un souci écologique. Mais pas seulement : leur déclaration indique qu'un succès à Copenhague « entraînera des investissements supplémentaires et soutiendra les efforts actuels pour revigorer la croissance de manière durable ».

Si l'objectif est moins de rejets de carbone, c'est aussi davantage d'investissements et surtout d'aides de la part des autorités. Aides qui seules permettent de développer les énergies dites « renouvelables » qui sont à la mode : éolien, solaire, etc.

Ainsi, en France, le prix d'achat par EDF de l'électricité éolienne à un producteur est de 82 euros le mégawatt-heure, soit le prix de vente par EDF du courant à un consommateur particulier (pour l'industriel c'est encore moins cher). On évalue le prix de revient de l'électricité éolienne au double et peut-être au triple du prix de revient de l'électricité nucléaire. Par rapport à l'électricité qui provient des centrales thermiques, la différence est moins forte, mais l'éolien est toujours plus coûteux.

Quand les éoliennes ont commencé à se répandre en France, les bénéficiaires étaient souvent des individus, des agriculteurs par exemple, qui installaient une ou deux machines. Mais la manne des subventions s'est révélée si forte que les grands groupes s'y sont mis et aujourd'hui, en tête, on trouve EDF et GDF-Suez notamment.

En Espagne l'entreprise leader est Iberdrola, premier producteur mondial d'électricité éolienne, qui est aussi le plus gros producteur d'énergie nucléaire ibérique. On peut parfaitement être à la fois vert et nucléaire... Iberdrola vient d'emporter un énorme marché de parcs éoliens aux États-Unis et en attend une subvention représentant 502 millions d'euros.

L'éolien a généré de grosses entreprises de construction des machines, le danois Vestas, premier du monde, et bien d'autres. La Chine s'y met aussi. Il s'agit souvent dans ce pays d'entreprises occidentales qui y sont installées, comme Canadian Solar qui n'est pas précisément d'origine chinoise...

Ce qui vaut pour les éoliennes vaut également, mais à échelle plus réduite, pour le solaire, ou dans un autre domaine pour les « agrocarburants ».

La moitié de la récolte de canne à sucre du Brésil, au moins 10 % du maïs américain et une bonne part des betteraves de France, (chacun d'eux étant premier producteur mondial dans leur catégorie)pour ne citer que ces trois exemples, servent à fabriquer ces « agrocarburants », là aussi à coup d'aides diverses des États.

Bref, une bonne partie des énergies dites « renouvelables », dont on peut par ailleurs discuter de leur intérêt pour la société, n'existent qu'à coup de subventions payées soit par les contribuables, soit par les consommateurs (dans le cas d'EDF). Mais, après tout, est-ce tellement différent de ce qui se passe pour l'ensemble des industries et de la finance ?

André VICTOR
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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 13:52
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L'approche de Noël rappelle la réalité précaire pour la majorité de la population. Ainsi, de nombreuses luttes et grèves sur les salaires se déclenchent dans le pays.

À la veille de Noël, les rues des centres-villes sont illuminées, les guirlandes des pavillons de banlieue scintillent, les magasins débordent de jouets, victuailles et autres tentations multiples. Mais beaucoup de porte-monnaie sont vides.


Alors, curieusement, en cette veille de trêve festive,de nombreux conflits éclatent : après les chauffeurs routiers, les conducteurs du métro, les employés des péages d’autoroutes, les approvisionneurs des distributeurs de billets,les salariés de Sanofi Aventis, de Chanel, de Rhodia à Chalampé, et de bien d’autres entreprises, entrent en lutte.


Le climat social se...réchaufferait-il malgré le sommet de Copenhague?

Il faut dire qu’au moment où les bénéfices des entreprises du CAC 40 restent plus que confortables, avec 21 milliards d'euros au premier semestre, tout le monde ne se sent pas logé à la même enseigne.


Donc de l’argent il y en a, mais les inégalités sont de plus en plus flagrantes: 10% des plus démunis ne perçoivent que 3,7% de la masse totale des revenus, et les 10% les mieux lotis en reçoivent un quart.


Le revenu annuel des 10% les plus modestes s’est élevé de 1 360 euros entre 1997 et 2007, celui des 5% les plus riches de 4 900 euros.


Les bonus versés aux actionnaires et aux traders sont tellement insultants pour le plus grand nombre que les gouvernements britanniques et français envisagent de les taxer.


Ce ne sera pas très douloureux: cette taxation ne concernera que les bonus de plus de 27 500 euros (!) et remplacera en fait le prélèvement précédemment prévu par la loi de finance ordinaire.


Cela devrait rapporter entre 200 et 300 millions d'euros, soit à peine plus que la fiscalisation des indemnités versées aux accidentés du travail: 150 millions pris à ces victimes de la volonté de stigmatisation du gouvernement.


Rien au regard de la défiscalisation des heures supplémentaires qui coûte quatre milliards ou des niches fiscales qui représentent 70 milliards d’euros d’exonérations. Sur les onze milliards d’euros par an de réduction d’impôt décidés par le gouvernement, 70% profitent aux 20% des foyers les plus aisés.


Ceci justifie pleinement de ne pas être timides dans nos revendications salariales. Quand nous revendiquons 1500 euros net minimum pour tous les salaires et revenus, c’est parce que cela constitue le minimum pour vivre correctement aujourd’hui.


Vivre, cela signifie non seulement boire et manger mais aussi se loger, se déplacer, avoir les moyens d’élever des enfants, de se distraire, de se cultiver, de partir en vacances et de faire la fête.


Nous ne voulons pas une vie au rabais pour la majorité d’entre nous pendant que les plus riches ont tous les droits et moyens. Et nous ne trouvons rien à redire aux conducteurs du RER qui touchent 2600 euros en fin de carrière et se battent pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.


Nous pensons que les salaires de la grande majorité des travailleurs sont bien trop bas. Cela fait plusieurs années que des luttes sont engagées pour obtenir une augmentation de 300 euros net pour tous. Ceci est de moins en moins utopique, de plus en plus nécessaire.


Nous nous battons pour des revendications uniformes, non pour écraser la hiérarchie des rémunérations, mais parce que nous favorisons ainsi les bas salaires sans élargir toujours davantage la grille des salaires. Il est d’ailleurs dommage que le récent congrès de la CGT ne se soit pas prononcé pour des augmentations précisément chiffrées.


La bataille pour l’augmentation des salaires (300 euros nets), pour des revenus permettant de vivre correctement, c’est la base de notre combat contre le patronat.


La crise est le dernier prétexte pour justifier le blocage des revenus. Nous n’avons pas à payer leur crise. Ils ne nous invitent pas à partager leurs bénéfices, leurs profits, leur gâteau en temps de prospérité; ils ne nous laissent que les miettes. Et pourtant, toutes les richesses produites, c’est bien nous qui les produisons.


Robert Pelletier

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 13:50
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Annonce de mesures symboliques contre les bonus des banquiers d’un côté, dizaines de milliards distribués d’un autre aux plus grosses entreprises dont on apprend qu’elles paient trois fois moins d’impôts que les PME: l’État est au service exclusif des plus riches.

Les banquiers crient au scandale. Sarkozy, dans les pas de Gordon Brown, le Premier ministre anglais, projette de taxer les bonus mirobolants que les banques versent à leurs traders pour attirer les «meilleurs».


Encore il y a peu, réduits par la crise à quémander auprès de l’État des liquidités ou des garanties pour lever des fonds sur les marchés, voilà maintenant que les banquiers protestent face à l’annonce de mesures dont même la presse patronale indique qu’elles ne seront que symboliques.


Mais n’est-ce pas l’essentiel pour Gordon Brown, à quelques mois d’élections législatives, et pour Sarkozy avant les régionales? Celui-ci avait été le premier à dénoncer ces «bonus gigantesques» en septembre… 2008, à New York. Quinze mois plus tard, il annonce vouloir passer aux actes.


Et très opportunément, ces mesures seraient discutées lors de l’examen de la loi de finances rectificative… début 2010, avec, on peut l’imaginer, force publicité.


Mais cette mise en scène est bien incapable de donner le change alors que l’État ne cesse de subventionner, par tous les biais possibles, le patronat des plus grosses entreprises. Ainsi, le Grand emprunt sur lequel Sarkozy et son gouvernement viennent de rendre les derniers arbitrages. Il y aurait, nous dit-on, 11 milliards d’euros pour les universités et 8 milliards pour la recherche.


Mais, loin d’être destinée à tous les étudiants, cette manne ne servira qu’à une dizaine de campus dans le cadre d’une privatisation de l’enseignement supérieur dont l’objectif est de fournir aux grandes entreprises des dirigeants et des cadres supérieurs formés à leurs besoins. Même chose pour la recherche qui est un de leurs postes budgétaires les plus coûteux.


C’est ces jours-ci également que les grands groupes du secteur bâtiments et travaux publics présentent leurs offres pour obtenir la construction des lignes à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux et Le Mans-Rennes.


Bouygues, Eiffage et Vinci sont sur les rangs pour décrocher ces marchés qui représentent 10 milliards d’euros et dont l’État a promis d’assurer la moitié du financement. Un pactole qui s’ajoute à celui que représente la construction de la grande boucle de métro reliant Roissy à Orly, prévue dans la loi sur le Grand Paris (20 milliards d’euros).


Un rapport officiel publié la semaine dernière a révélé que les sociétés du CAC40 paient trois fois moins d’impôts sur les bénéfices que les PME. Plus les entreprises sont riches et puissantes, moins elles paient d’impôts, confirme cette étude, grâce à tous les procédés légaux par lesquels l’État leur permet d’échapper à la taxation (niches fiscales, paradis fiscaux, transferts de bénéfices dans d’autres pays, etc.).


Tout cela n’a pas empêché Sarkozy, lorsqu’il a présenté le Grand emprunt, de déclarer: «Il faut dépenser moins et dépenser mieux», et de confirmer la tenue en janvier d'une «conférence sur le déficit de la France», au cours de laquelle ce sont les dépenses utiles à toute la population qui seront dénoncées.


En réalité, les dépenses dont il est urgent d’imposer l’interdiction, ce sont les subventions à fonds perdus aux banques et aux multinationales qui, dans le même temps, font un profit supplémentaire en prêtant contre intérêt à ce même État dont elles creusent la dette.


Galia Trépère

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 09:02

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La Cour des comptes vient de signaler que si les petites entreprises de moins de 10 salariés payent en moyenne 30 % d’impôts sur leurs bénéfices, par contre les grandes entreprises du CAC 40, qui font énormément plus de profits, n’en payent qu’à hauteur de 8 %.


Ces multinationales utilisent les nombreuses filiales qu’elles possèdent dans les paradis fiscaux pour masquer leurs bénéfices réels aux yeux de l’État, qui regarde opportunément ailleurs. Par contre, quand le gouvernement veut distribuer des milliards aux banques et industriels, il sait très bien à qui les donner.

 


« Optimisation fiscale » : les sociétés du CAC40 payent moins d'impôts que les PME

Les quarante plus grosses entreprises françaises payent 2,3 fois moins d'impôts sur leurs bénéfices que les PME ou même les entreprises moyennes. Quand un patron de petite ou moyenne entreprise verse 100, un groupe du CAC 40 ne verse que 43, à bénéfice égal. C'est ce qu'a mis en lumière, début octobre, un rapport officiel du Conseil des prélèvements obligatoires.

Les allégements nouveaux - 11,8 milliards d'euros en 2007 et 40 milliards en 2008 - ont bien sûr surtout profité aux plus gros. Les membres du club du CAC40 ont bénéficié au total d'un taux implicite d'imposition - l'impôt effectivement payé par rapport au bénéfice net - de 8 %, tandis que les entreprises moyennes de moins de 500 salariés ont dû verser 20 % et les PME de moins de neuf salariés 30 % de leurs bénéfices nets.

C'est que, pour échapper à l'impôt, il faut savoir naviguer dans la complexité des exonérations et exemptions possibles. Il faut user des techniques de sous-capitalisation, qui permettent de faire financer des acquisitions par des filiales peu imposables. Il faut débusquer la moindre niche fiscale, et il en est de toutes sortes, comme le crédit impôt recherche qui coûtera en 2010 quatre milliards à l'État et, selon le rapport, bénéficie massivement aux grandes entreprises.


Il faut enfin savoir se réfugier dans les paradis fiscaux, hypocritement dénoncés au sommet du G20, mais où les entreprises du CAC40 posséderaient environ 1 500 filiales sises au Luxembourg ou en Suisse, à Malte, aux Bermudes ou à Hong Kong : la seule BNP compterait dans ces paradis pour capitalistes 189 antennes.

Sans même avoir besoin de recourir réellement à la fraude, les groupes du CAC40 ont à leur service des nuées d'experts, fiscalistes et juristes, voire des cabinets spécialisés dans ce que, dans le jargon financier, on nomme l'optimisation fiscale ou l'art d'échapper à l'impôt.


Ces services, par définition, fait remarquer le rapport, ne sont à la portée que des grands groupes capitalistes, « qui ont la capacité de tirer profit de cette complexité en minorant leurs charges », les plus petits ayant à se contenter de cabinets fiscaux spécialisés sur Internet, ou même de simples experts-comptables.

Et 8,5 milliards d'euros de manque à gagner soustraits aux impôts par les quarante groupes en 2008, c'est l'équivalent de 150 000 emplois supprimés dans les services publics indispensables à la population !

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 13:51

C'est le maximum  que je peux faire pour toi!


Après cette hausse de 25 euros, le premier ministre socialiste portugais a aussitôt annoncé la baisse d'un point des impôts des entreprises. Le ministère du travail reconnaît que 7,4% des employés portugais ne touchent pas plus que cela. Mais selon les syndicats, c'est plus, car les femmes sont les plus victimes de ces bas salaires.


En Espagne, le salaire minimum a été fixé à 624 euros pour 2010. Selon l'Union européenne, c'est le Luxembourg qui est en tête avec 1 610 euros, suivi de l'Irlande avec 1 462, les Pays bas 1 357, la Belgique 1 336 et la France 1 321. Les plus bas sont en Roumanie 137 et Bulgarie 112 euros.


En Allemagne, Italie, Autriche, Danemark, Suède, Finlande et Chypre, les salaires minimum ne sont pas fixé par la loi.

 

Source: Vieiros

 

 

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