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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 09:09

François RUFFIN
illustrations : Mathieu Colloghan
Le journal Fakir vient de paraître avec un long dossier intitulé "Mais que font les syndicats ?"

Dedans, des reportages de l’usine Goodyear au procès des Continental, jusqu’à une carte postale apportée à Bernard Thibault. Cet article trace le portrait du méconnu, et néanmoins influent, n°2 de la CGT, Jean-Christophe Le Duigou.

« Bonne nouvelle » se réjouit Valeurs actuelles, « le premier hebdomadaire libéral de droite » : « Le secrétaire confédéral de la CGT, Jean-Christophe Le Duigou vient de rejoindre son corps d’origine, l’administration des impôts, avec une promotion : il sera conservateur des hypothèques. (…) Tout cela montre quand même une formidable capacité de récupération de notre système. »


Rares sont les syndicalistes, luttant dans leur entreprise, à obtenir ainsi une « promotion ». D’autant plus après trente années d’absence comme permanent. A moins que l’Etat ne délivre ici une récompense.


« Confrontations » feutrées


Peu d’hommes, en effet, auront autant œuvré pour l’abandon, à la CGT, du syndicalisme de lutte. Pour l’acceptation, en 2003, de la réforme des retraites – puis des régimes spéciaux en 2007. Pour le « Oui », évidemment, au Traité Constitutionnel Européen. Pour la transformation de l’ « adversaire patronal » en « partenaire social » - et pas seulement à la table des négociations.


Il a ainsi co-fondé, en 1991, le « lobby d’intérêt général » « Confrontations Europe ». Où il côtoie Jean Gandois (ex-n°1 du CNPF, ancêtre du MEDEF), Jean Peyrelevade (ancien PDG du Crédit Lyonnais), Michel Pébereau (PDG de BNP-Paribas), Franck Riboud (PDG de Danone), Francis Mer (ex-PDG d’Usinor, ministre de l’Economie de Raffarin). Nul doute que ce « mouvement civique », financé par l’Union Européenne, contribue à une violente « confrontation » des points de vue…


La preuve : siégeant au Fonds de Réforme des Retraites, Le Duigou a approuvé, sans tiquer, que cet argent public soit placé sur les marchés financiers : « Le choix, dès 2002, a été d’investir dans des entreprises cotées pour soutenir l’économie », explique-t-il. Spéculer en bourse devient « soutenir l’économie » : Christine Lagarde ou Laurence Parisot ne diraient pas mieux. Grâce à ce choix judicieux, le FRR vient de perdre 7 milliards d’euros. Notre avenir est assuré…


Direction intellectuelle


Sa pensée sociale-libérale n’est pas isolée. Elle irrigue tout l’appareil.

« Pourquoi Bernard Thibault n’est pas venu à Goodyear ? »

Je questionne Christophe Saguez, cette fois. Le secrétaire de l’Union Départementale de la Somme.


« On l’a sollicité, mais son emploi du temps ne le permettait pas. Et l’objectif, pour la CGT, c’est d’être dans la proposition, plus que dans la contestation – qui est bien souvent une fausse radicalité. »

Il me tend un quatre pages, «  Défendre et développer l’emploi et l’industrie. »


Ancien salarié de Procter, Christophe est un gars sympa.
Qui ne veut se fâcher ni avec la base ni avec le boss.
Qui n’affirme rien de trop tranché.
Qui prête sa voix à l’appareil.
Je le titille sur ma marotte :
« Qu’est-ce que tu penses du protectionnisme ?

- Les hommes ont toujours tenté de développer le commerce avec d’autres pays, ce qu’il faut c’est un développement harmonieux… Les choses se jouent dans le cadre de la Confédération Européenne des Syndicats, c’est au niveau européen qu’on peut gagner des droits…

- Mais c’est du vent, la CES ! je le brusque.

- Pas du tout : malgré des limites, on trouve là des points d’appuis importants. »

La vulgate, encore.
Tant mieux : preuve que l’organisation fonctionne.
Qu’elle tient un discours, de ses dirigeants à ses permanents.

Mais d’où lui viennent ces idées ? Je lui demande :
« On a plein de littérature syndicale, notre revue d’abord. » Il me montre « Analyses et documents économiques, n°111-112 ». « Tu peux l’emporter. »
Merci.

Je le feuillette.

En page 2, « Analyses et documents économiques est placé sous la direction de Jean-Christophe Le Duigou. »

En page 9, le dossier « Face à la crise, quelle politique de relance ? » offre un papier du même Jean-Christophe Le Duigou : « Cinq priorités pour une politique industrielle » :

1, « Donner la priorité au développement des emplois et des qualifications » ;

2, « Accroître l’effort de recherche et d’innovation » ;

3, « Une politique de l’énergie cohérente » ;

4, « Assurer le financement de la croissance des entreprises » ;

5, « Recréer les conditions d’une démocratie économique en France et en Europe. »


Je survole, maintenant, le quatre pages « Défendre et développer l’emploi et l’industrie », avec ses « Cinq priorités pour une politique industrielle et de développement de l’emploi ».


Les mêmes que dans la revue (« reconnaissance des qualifications », « recherche et innovation », etc.), sauf que la 4 et la 5 sont inversées. Aucune proposition « démagogique », par exemple sur des « taxes douanières contre le libre-échange », ou sur « la confiscation des profits », etc.


C’est un levier discret, mais essentiel : la fraction la plus centriste détient, à la CGT, l’outil intellectuel. Qui maintient le débat économique dans les limites convenues. Dont les propositions mesurées sont reprises dans des tracts, sur des affiches. Bref, qui orientent la réflexion des militants.


Représentatif


L’ironie, bien sûr, c’est que Le Duigou a, sur les retraites, accompagné les reculs successifs. Tandis que la sienne, fin 2009, s’annonce dorée : « Sa promotion lui permettra de partir dans de bonnes conditions, relate Le Monde, la pension des fonctionnaires étant calculée sur les six derniers mois de salaire » - qui s’effectuent, pour lui, dans « un des postes les mieux payés de Bercy ».


C’est un indice, à coup sûr, d’une évolution de la CGT : centrale ouvrière désormais guidée par un haut fonctionnaire – qui ne saborde pas sa carrière. La confédération est désormais truffée d’« experts » : depuis 1965, le nombre de permanents au sommet était multiplié par cinq – tandis que les adhérents étaient divisés par trois. Et cette CGT respectable se tourne vers les cadres supérieurs – plus volontiers qu’elle ne cause de « prolétaires »…

François Ruffin


Le journal Fakir est un journal papier, en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu’il est acheté.

http://www.fakirpresse.info/

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Le-visage-du-recentrage-Jean-Christophe-Le-Duigou.html
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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 13:34
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Les politiques de restructuration et de « modernisation » engagées dans les entreprises depuis plusieurs décennies ont pour seuls buts de fragiliser le salariat et détruire les statuts des travailleurs.


Il s’agit aussi d’atomiser les collectifs de travail et d’individualiser les salariés afin qu’ils produisent toujours plus, pour des profits toujours plus importants..

Si vingt-quatre salariés de France Télécom se sont suicidés en un an et demi, ce n’est pas pour suivre une mode, contrairement aux propos scandaleux du PDG Didier Lombard.


Les contraintes de l’organisation du travail génèrent de la souffrance et ont des conséquences très lourdes sur la santé. Le mouvement de flexibilisation, d’individualisation et d’intensification du travail dégrade l’état de santé global des salariés, tant au niveau physique que psychologique, et touche aujourd’hui l’ensemble des catégories et notamment les cadres, soumis à une course aux résultats et à des rythmes de travail qui s’affolent.


On constate, chez France Télécom comme ailleurs, le développement de certaines pathologies (troubles du sommeil, tensions musclulaires, anxiété, irritabilité...) et du recours aux antidépresseurs ou anxiolytiques ou encore l’apparition ou l’accentuation de certains comportements addictifs.


Dans une enquête réalisée début 2009 par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), 41 % des salariès se déclarent stressés et parmi eux, 98 % attribuent au moins en partie l’origine de ce stress à leurs conditions de travail. Selon l’étude, plus l’organisation du travail est complexe, plus elle engendre le stress.


Mais les troubles dont souffrent les salariés ne sont pas que psychologiques et les discours qui prétendent que les conditions de travail tendraient à s’améliorer ne sont que mensonges éhontés. Dans l’industrie, le bâtiment et les transports, le taux d’accidents du travail reste à un niveau très élevé.


En 2008, la Caisse nationale d’assurance maladie a dénombré plus de 700 000 accidents avec arrêt de travail, 44 000 incapacités de travail permanente et 569 décès. Le secteur du BTP représente 8 % du salariat déclaré, mais 18 % des accidents avec arrêts de travail et 29 % des accidents mortels.


Les salariés du bâtiment cumulent des conditions de travail très pénibles (contraintes physiques, organisationnelles) et des contrats très précaires (intérim, travail dissimulé…). Dans l’industrie, les travailleurs sont fréquemment exposés à des agents chimiques, les cancers professionnels sont en constante augmentation et le nombre de salariés déclarés inaptes pour des raisons professionnelles reste extrêmement préoccupant.


Le mal-être au travail peut prendre des formes hétérogènes selon le secteur d’activité et le poste occupé, mais son origine est bien l’organisation capitaliste du travail, fortement destructrice pour la santé et l’équilibre des travailleurs : surcharge et mauvaises conditions de travail combinées à une précarité galopante qui déséquilibre encore plus le rapport de forces entre le patronat et les salariés, hiérarchie omniprésente et méthodes de management brutales et aliénantes.


Ne soyons pas dupes. La classe dirigeante fait mine de se soucier de ce qu’elle appelle pudiquement un malaise social… La multiplication « des observatoires du stress » dans des entreprises du secteur bancaire ou encore chez… France Télécom, qui l’a mis en place depuis juin 2007, pourrait prêter à rire dans d’autres circonstances.


Alors que le numéro 2 de France Télécom a été débarqué pour calmer le jeu, nous ne pourrons compter que sur nous-mêmes, salariés du privé ou du public, pour faire reculer les projets destructeurs pour notre santé et notre avenir. La lutte pour de meilleures conditions de travail n’est pas simplement légitime, c’est une question de survie.

Christel Luce

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 08:59
Tire Lire

 

Alors que le gouvernement annonce un déficit de l’État colossal de 140 milliards d’euros, il faut bien reparler du plan d’aide aux banques. N’en déplaise à certains chroniqueurs de Libération.


C’est le principe de la rubrique « Intox/désintox », dans Libération : prendre en faute des dirigeants politiques sur ce qu’ils ont dit publiquement et de montrer qu’ils chercheraient à embrouiller l’opinion. C’est ainsi que le journaliste Cédric Mathiot a mis en cause une interview accordée par France Inter le 21 septembre à Olivier Besancenot pour parler de la lutte contre la privatisation de La Poste.

 

Olivier y opposait les raisons que le gouvernement avance pour justifier l’ouverture du capital de La Poste – un prétendu besoin de financements – au refus catégorique de l’État de ne serait-ce que rembourser ce qu’il doit à La Poste au nom de l’aménagement du territoire. Et tout naturellement, Olivier a opposé cette intransigeance aux 360 milliards d’euros que le gouvernement était prêt à offrir aux banques l’an dernier, et aux 105,7 milliards d’euros qu’il leur a versés à ce jour, d’après la Cour des comptes elle-même.


Le journaliste épingle Olivier sur le fait qu’il a affirmé que cet argent était donné, pas prêté. L’argent en question, affirme Cédric Mathiot, est prêté. Plus exactement la SFEF (« Société de financement de l’économie française », créée par le gouvernement en octobre 2008, après l’éclatement de la crise) a emprunté sur les marchés financiers avec la garantie de l’État pour prêter ensuite aux banques afin de pallier la paralysie du crédit interbancaire. Soit.


Disons que le gouvernement avait ouvert une ligne de crédit de 360 milliards en faveur des banques, dont il a déjà débloqué près d’un tiers à ce jour. Sous forme de prêt certes, dont Cédric Mathiot affirme avec assurance que les banques commenceront à rembourser dès 2010.


Fin septembre, BNP Paribas a même fait savoir qu’elle s’engageait à commencer à rembourser, dès ce mois-ci, les 5,1 milliards d’euros que l’État lui avait versés. Avec des intérêts même, ce qui faisait dire à Sarkozy il y a peu que la population y gagnerait !


Mais quel artisan ou paysan, quelle petite entreprise pourrait rêver se voir allouer une ligne de crédit aussi somptueuse, au prix d’un taux d’intérêt même de 8%, alors qu’ils sont quasiment en faillite ? Et en sachant de toute façon que, si leurs affaires ne s’amélioraient pas, ils n’auraient pas à rembourser ?


Ensuite, affirme Cédric Mathiot, « les sommes levées par la SFEF s’élevaient à 63 milliards au moment du rapport [de la Cour des Comptes]. Elles ont depuis grimpé à quelque 77 milliards.


Cette somme n’est pas comptabilisée comme de la dette publique, la SFEF étant considérée comme un acteur privé. Sauf catastrophe et défaillance d’une banque – auquel cas la garantie de l’État pourrait être appelée –, l’opération ne pèsera pas sur le budget de la nation. »


Alors que les autorités de l’Union européenne considéraient que les sommes levées par la SFEF devaient être comptabilisées dans la dette publique, le gouvernement français, qui avait un temps envisagé de privatiser la société pour contourner l’obstacle, a finalement obtenu gain de cause au mois de juillet dernier.


Formellement, ces milliards ne sont pas comptabilisée dans la dette publique.


Il n’en reste pas moins que le déficit de l’État a presque triplé en un an, de 56,2 milliards d’euros à 141 ! Et ce ne sont ni les services publics, santé, éducation, réduits à la portion congrue, qui en sont responsables, ni les fonctionnaires dont les salaires sont quasiment bloqués et les postes de ceux qui partent à la retraite non remplacés. Pas plus que les centaines de milliers de salariés jetés à la rue depuis le début de la crise.


On nous répète aussi que c’est la diminution des recettes, de l’impôt sur les bénéfices des sociétés, qui expliquerait ce déficit record. C’est vrai, mais pour une partie tout à fait minime seulement ! Cette manipulation des chiffres que ne relève malheureusement pas Cédric Mathiot est destinée à accréditer cet énorme mensonge selon lequel toute la population aurait intérêt à ce que les grosses entreprises engrangent encore plus de profits. Encore plus que les 25,5 milliards d’euros qu’elles ont réalisés pour le seul premier semestre 2009 malgré la crise, grâce à des centaines de milliers de licenciements et à l’intensification de l’exploitation.


Cédric Mathiot met décidément sa plume au service d’une bien mauvaise cause : masquer un gigantesque hold-up sur les finances publiques au profit des banques et des multinationales.

Galia Trépère

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 09:27
de Karl Marx de Carlo Cafiero. Le Chien Rouge. 2008.

Comme mon prof d’économie était un bolchevique barbu avec des lunettes sous lesquelles perçaient un regard stalinien, j’ai été assujetti à ses leçons marxistes. Et je m’en suis remis.


La lecture du Capital n’est pas aisée, vous le savez, surtout si vous l’avez acheté dans la version de poche car comme vous êtes un prolétaire, vous n’avez pas le quibus nécessaire pour vous offrir la Pléiade en allemand.

Rien ne sert de lire Le Capital hors de la langue teutonne si riche en « schaftnichtaberichvolldirsaber» qui fait toute la sapidité du premier tome de cette trilogie inachevée que devait être l’oeuvre de Marx.


Marx, cet hégélien de gauche, publie la première partie de son travail en 1867, et dix plus tard Carlo Cafiero, un gars bien pratique se dit qu’il faut résumer tout cela car c’est proprement indigeste pour un forgeron exploité quatorze heures par jour et qui n’a même pas la chance d’avoir Bernard Thibaut pour lui donner une journée de mobilisation, tous les trois mois.


Encore plus difficile pour des tisseuses de Wiltshire qui en novembre 1863 font la grève, en dépit du pragmatisme de François Chéréque, car leur patron leur fait des retenues quand elles arrivent en retard. On notera combien est souligné les dangers du progrès, tant dans la disparition de certains métiers, hier les passementiers, aujourd’hui les producteurs de lait, soit qu’une innovation technique surprime la fonction, soit une réorganisation de la production sur un mode où la qualité est affaiblie : on pensera au lait.


Au XVIIe siècle toute l’Europe connut des révoltes d’ouvriers à cause de l’arrivée d’une machine. C’est fou comme l’homme ne supporte pas qu’on se passe de son labeur. « L’ouvrier a tout fait ; et l’ouvrier peut tout détruire parce qu’il peut tout refaire, » peut-on lire sans qu’on puisse oublier les bonbonnes de gaz de l’été.


Pour toutes ses raisons, lisez plutôt cet abrégé tout spécialement réédité, pour les pauvres, et non comprenants économiques.

Christophe Goby.

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 13:50


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L’affichage par certains pays comme la France d’une croissance économique positive permet au gouvernement de parler de reprise. Il n’en est rien.


Le chômage est toujours à la hausse et le pouvoir d’achat à la baisse.

Tout d’abord  les chiffres faiblement positifs n’ont pas grande signification. Ils sont en grande partie dus à la résorption de stocks considérables accumulés par les entreprises au cours des mois précédents en raison du fort ralentissement de leur activité.


De plus, les mécanismes mêmes qui se mettent en place en réaction à la crise ne font que préparer son aggravation future. Ainsi, l’augmentation importante de l’épargne de ménages aux Etats-Unis va plomber la demande intérieure, alors même que leur consommation, jusqu’alors fondée sur le surendettement, compte pour 70% dans la croissance.


Par ailleurs, une grande partie du petit sursaut conjoncturel est le résultat direct des dépenses des Etats dans le cadre des plans de relance. Fondés sur l’emprunt public sans augmentation des impôts, ils risquent d’avoir deux conséquences à court terme : la constitution d’une nouvelle bulle spéculative autour des titres de la dette publique – pour le plus grand bénéfice des rentiers – et la mise en place par les gouvernements de mesures d’austérité destinés à faire payer à la majorité de la population les déficits publics qui se sont creusés.


L’industrie automobile, épicentre de la crise dans l’industrie, ne tient le coup pour le moment que grâce à la prime à la casse, sans que sa crise structurelle soit résolue.


En Europe, les principales économies, en premier lieu l’Allemagne, comptent avant tout sur la course à l’exportation pour assurer la reprise ce qui implique de nouvelles pressions à la baisse sur les salaires et une recherche de nouveaux débouchés dans les pays dits « émergents » qui ressemble à une fuite en avant. En effet, si l’économie chinoise connaît une certaine reprise, celle-ci est surtout due à son gigantesque plan de relance et il est peu probable qu’au stade actuel elle puisse jouer le rôle de débouché de substitution et de locomotive de la croissance mondiale.


Dans ces conditions il n’est pas étonnant que les derniers chiffres annoncés pour la France par l’Insee soient venus doucher les enthousiasmes : les patrons ont revu à la baisse leurs prévisions d'investissements pour l'année en cours. Après avoir stagné en 2008, l’investissement manufacturier devrait enregistrer une chute record de 23 %, avec à la clef une perte nette de près de 55 000 emplois, surtout dans les secteurs des biens intermédiaires et d'équipement.


La principale manifestation de la crise aux yeux de millions de personnes, à savoir le chômage et le sous-emploi, ne va évidemment certainement pas reculer. Même en tenant compte de la reprise qu’il anticipe, le FMI prévoit une poursuite de la montée du chômage dans le monde au moins jusqu’en 2010 et 2011. De plus, il ne s’agit que de statistiques officielles qui laissent largement dans l’ombre une grande partie du sous-emploi réel. Avec l’emploi, la sécurité sociale, les retraites et le temps de travail, le salaire fait partie des attaques que les classes dominantes poursuivent pour tenter d’assurer leur sortie de la crise.


Bref, il n’y a guère que la Bourse qui connaisse une vraie reprise… 

Stéphanie Treillet

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 08:46


jeudi 3 septembre 2009

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Crédit Photo: Photothèque Rouge/JR

Le gouvernement prévoit de faire payer aux couches populaires le déficit de l’Etat, rendu colossal par sa politique de renflouement des banques et de soutien aux trusts.


Alors qu’on parle de « reprise » dans tous les médias, le gouvernement affiche son autosatisfaction. Comme Sarkozy fin juin, le ministre chargé du plan de relance, Patrick Devedjian, a vanté, le 26 août, le bilan de ce plan, conforté par les éloges du FMI et de son directeur général, Dominique Strauss-Kahn. Ils prétendent avoir sauvé des dizaines de milliers d’emplois en passant sous silence la catastrophe sociale des plans de licenciements.


Même intox en ce qui concerne le déficit de l’Etat. Début juillet, l’Insee indiquait qu’il avait augmenté de 86,6 milliards d’euros sur les trois premiers mois de l’année, soit de près d’un milliard par jour. Cela n’a pas empêché le gouvernement de se montrer satisfait. Il ne prend d’ailleurs pas en compte dans ce déficit les 33,7 milliards que l’Etat, par le biais de la Société de financement de l’économie française (Sfef), a prêtés aux banques.


Mi-août, le ministre du Budget, Eric Woerth, indiquait que le déficit de l’Etat pourrait atteindre 130 milliards d’euros à la fin 2009, voire 150. Il distingue un déficit « hors crise » qu’il estime à 40 milliards d’euros en 2009 et un déficit « directement imputable à la crise » qui atteindrait 85 milliards d’euros. Ces 85 milliards représentent l’argent versé par l’Etat aux banques et aux trusts, de l’automobile en particulier.


Les autorités européennes et la Cour des comptes s’alarment de ce triplement du déficit habituel, évoquant même un « risque pour la signature de l’Etat », c’est-à-dire la difficulté, voire l’impossibilité pour l’Etat d’emprunter sur les marchés financiers à des taux très élevés. Un risque, autrement dit, de faillite de l’Etat. Il s’agit d’inciter le gouvernement à prendre des mesures d’austérité beaucoup plus lourdes que celles qu’il envisage de prendre jusqu’aux élections régionales, en priant le ciel que la crise ne connaisse pas un nouvel approfondissement.


C’est aux couches populaires que Sarkozy et ses ministres veulent faire payer ce déficit. Par les suppressions de postes dans la Fonction publique et par la taxe carbone, même si celle-ci, envisagée au départ à 32 euros par tonne de CO2 dans le rapport de Michel Rocard, tournerait maintenant autour des 15 euros.


Il n’est plus question, comme cela avait été envisagé timidement par deux députés de l’UMP, de toucher aux niches fiscales, qui représentent 70 milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat. Le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, a poussé le cynisme jusqu’à organiser une cérémonie de commémoration des deux ans de la loi Tepa. Son « paquet fiscal » a permis à près de 19 000 personnes parmi les plus fortunées du pays de recevoir en moyenne du fisc 30 593 euros. Les 1 000 plus riches ont reçu en moyenne plus de 337 000 euros. Les cent plus riches, 154 millions d’euros. 

Galia Trépère

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 09:10


Le gouvernement voudrait profiter de la prochaine loi sur le financement de la Sécurité sociale pour réviser à la baisse les droits accordés aux mères de famille en matière de retraite, au nom de « l'égalité de traitement hommes-femmes en matière de prestations sociales ».

Jusqu'à présent, les femmes salariées du privé peuvent bénéficier d'une majoration de leur durée de cotisation. Cette mesure, qui leur permet de gagner jusqu'à deux annuités par enfant, est une petite compensation du fait que de nombreuses femmes qui se sont arrêtées de travailler pour élever leurs enfants ont des trous dans leur carrière professionnelle et n'ont, à 60 ans, pas le nombre requis d'annuités pour bénéficier d'une retraite à taux plein.

Si l'on ajoute à cela qu'elles sont plus souvent touchées par le travail à temps partiel, qu'elles gagnent en moyenne 27 % de moins qu'un homme, elles se retrouvent avec des pensions qui sont en moyenne de 40 % inférieures à celles des hommes, déjà pas bien élevées.

La logique voudrait que le gouvernement s'attache à réduire ces inégalités. Et bien, c'est tout le contraire qu'il prépare, en remettant en cause le système de bonification dont bénéficient les femmes. Et il a le culot de prétexter qu'un certain nombre de pères ont intenté des actions en justice pour discrimination, puisque la Sécurité sociale leur refuse les mêmes droits.

Les trimestres supplémentaires pour la retraite dont bénéficient les femmes ayant élevé des enfants ne sont pas un « privilège », mais une infime compensation permettant de rattraper un minimum de l'inégalité qu'elles subissent au travail, et donc pour leur retraite. Revenir là-dessus ne pourrait avoir qu'un effet : aggraver encore les conditions de retraite faites aux femmes, alors qu'elles sont déjà fortement pénalisées.
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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 09:40


samedi 15 août 2009

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Crédit Photo: Photothèque Rouge/Babar

Certains médias appuient la thèse d'une embellie économique. Où en est on ? Nous livrons ici le point de vue de l'économiste marxiste Isaac Johsua...


1) Des économies portées par les béquilles du soutien public 

Le PIB américain s’est contracté de – 1% au deuxième trimestre 2009, alors que le rythme de la chute avait été de – 5,4% pour le quatrième trimestre 2008 et de – 6,4% pour le premier trimestre de 2009 (à chaque fois par rapport au trimestre précédent et en rythme annuel). En ce deuxième trimestre 2009, les PIB français et allemand se sont même accrus de 0,3% (par rapport au trimestre précédent). Il n’y a pas de doutes : pour le moment, ça va moins mal.


La première explication – de loin la plus importante - est que nous sommes en présence d’économies massivement portées par les béquilles du soutien public. Ce soutien est d’une ampleur extraordinaire, jamais connue auparavant, sans précédent. 


Rappelons seulement pour mémoire l’agressivité de la politique monétaire : le principal taux directeur de la Fed est fixé depuis des mois entre 0% et 0,25% (du jamais vu), le taux de la BCE est à 1% (du jamais vu également), sans compter le Japon, la Suisse, etc. Pour mémoire, car l’impact de cette politique a été faible (voire très faible) comparativement à celui de la politique budgétaire.


C’est de cette dernière qu’est venu le changement. Première forme de cette politique : on a volontairement laissé filer les déficits, car la récession entraîne automatiquement une baisse des recettes fiscales et une hausse des dépenses publiques. Aux Etats-Unis, le déficit budgétaire de cette année fiscale (qui se termine le 30 septembre) devrait atteindre (voire dépasser) les 11% du PIB (de 2008). Montant inouï, jamais vu en temps de paix. Cela fait pour l’économie américaine 11 points de PIB supplémentaires qui ont été injectés. Rappelons que l’UE n’autorise le déficit budgétaire que jusqu’à concurrence de 3% du PIB. En un an, aux Etats-Unis, en juillet 2009 (par rapport à juillet 2008) les dépenses publiques ont augmenté de 21% alors que les recettes diminuaient de 17%. Phénomène universel : en Grande-Bretagne, un déficit budgétaire de 12,4% du PIB est prévu pour l’exercice fiscal en cours, démarrant en avril 2009. En France, le déficit budgétaire s’élève à 86,6 milliards d’euros fin juin 2009 : soit 4,4% du PIB de 2008, et à fin juin il reste encore la moitié de l’année à courir.  

 

Des sommes colossales ont ainsi été déversées sur les économies. Elles soutiennent l’activité, quelquefois de façon globale, mais d’autres fois avec un ciblage précis : tel est le cas de la « prime à la casse », introduite un peu partout, même aux Etats-Unis, une mesure qui a eu un grand succès et a beaucoup aidé au redressement récent, en particulier en France. Succès fulgurant aussi aux Etats-Unis depuis sa mise en place fin juillet (le gouvernement donne une prime qui va jusqu’à 4 500$ pour la vieille guimbarde)


Deuxième forme du soutien public : les plans de relance. Celui des Etats-Unis atteint 787 milliards $ (soit 5,5% du PIB de 2008), celui de la Chine était prévu à 585 milliards de dollars, celui de l’Allemagne représente 3,2% de son PIB et la Banque des Règlements Internationaux estime leur montant total à 5% du PIB mondial, ce qui est énorme.

 

Déficits abyssaux et plans de relance étant mis en œuvre simultanément en diverses régions du monde (mais essentiellement aux Etats-Unis, en Europe et en Asie), l’activité peut être soutenue dans un pays donné, non seulement par les mesures internes mais également par les exportations, c’est-à-dire par le regain d’activité dans d’autres régions du monde. Ainsi, le rôle des exportations a été essentiel pour le résultat positif du deuxième trimestre 2009 en France et en Allemagne.

 

Soutien budgétaire, « prime à la casse », exportations : on a là à peu près l’ensemble des éléments qui, dans les pays développés, expliquent les meilleurs résultats du deuxième trimestre 2009, et ils se ramènent tous, directement ou indirectement, à la dépense publique.


Aux Etats-Unis, l’intervention publique s’est manifestée surtout par le biais d’un soutien au revenu des ménages. Qu’il s’agisse du premier ou du deuxième trimestre de 2009, le schéma est à peu près le même : la masse salariale distribuée diminue, mais le revenu des ménages ne diminue pas dans la même proportion ou augmente (grâce aux transferts publics, allocations, etc.,qui gonflent rapidement) ; ensuite, le revenu disponible des ménages diminue dans une proportion encore moindre ou augmente, grâce aux baisses d’impôts massives. Du coup, la consommation (qui joue un rôle essentiel aux Etats-Unis) reste étale ou ne diminue que faiblement, alors qu’elle devrait s’effondrer car les ménages américains, effrayés, sont en train de reconstituer une épargne de précaution à toute allure, et ce, aux dépens de la consommation : le taux d’épargne des ménages était de 2,2% au troisième trimestre 2008, il est passé à 5,2% au deuxième trimestre 2009. Sans le caractère massif de l’intervention publique, le PIB serait au trente-sixième dessous. 


En ce qui concerne la France, les éléments qui contribuaient à la dégradation de l’activité sont toujours au rendez-vous, quelquefois de façon atténuée : le déstockage se poursuit, l’investissement se contracte toujours (quoique de façon moins marquée). Les points qui font la différence sont : primo, un rebond des exportations (« forte contribution des échanges extérieurs ce trimestre », note l’INSEE) ; secundo, une légère accélération de la consommation des ménages, notamment en achats d’autos (cf. prime à la casse) d’où, rebond de la production manufacturière.

En ce qui concerne le résultat de l’Allemagne, les commentateurs mettent l’accent sur « des impulsions positives venant des dépenses privées et publiques, ainsi que du bâtiment » sur fond de plans de relance. Ils notent aussi que les importations ont reculé plus fortement que les exportations (d’où, apport positif du commerce extérieur pour une économie qui en dépend très largement).


2) Le rôle secondaire des seuils de résistance 

Toute crise met en œuvre des forces dans des sens opposés : d’une part, la spirale descendante de la crise (les agents coupent dans leurs dépenses et ainsi propagent la crise) et, d’autre part, des seuils de résistance (qui peuvent être autant de points d’inversion de la conjoncture).


L’exemple type est celui des stocks des entreprises : quand celles-ci prennent conscience de la gravité de la crise, elles ont peur de voir les stocks de produits finis s’accumuler ; elles coupent donc brutalement leurs commandes de matières premières ou de produits semi-finis, ce qui étend la crise. Mais, arrivées à un certain seuil, elles sont au bord de la rupture de stocks ; elles se remettent alors tout aussi brutalement à passer commande : c’est le restockage, qui va au contraire jouer un rôle positif.


On n’a pas encore vu ce phénomène à l’œuvre en France ou aux Etats-Unis mais, de l’avis des spécialistes, il ne devrait pas tarder à se manifester. Par contre, un autre seuil de résistance a déjà joué un rôle dans le ralentissement de la chute américaine : c’est l’investissement des entreprises. En termes réels et en rythme annuel, celui-ci a chuté de 6% au troisième trimestre 2008, de 19,5% au quatrième trimestre 2008, de 39,2% au premier trimestre 2009. Une accélération fantastique donc, et on comprend que, les projets d’investissements les plus incertains étant supprimés les premiers, il y a de moins en moins de chances qu’on supprime les projets suivants au fur et à mesure qu’on a sabré dans la masse de projets existants. D’où, une chute aux Etats-Unis de l’investissement des entreprises de 9% seulement pour le deuxième trimestre 2009, ce qui contribue à expliquer le résultat (moins mauvais) de ce trimestre. 


Ceci étant dit, on voit tout de suite que les seuils de résistance ont joué un rôle secondaire par rapport à l’élément largement dominant : les dépenses publiques. On voit également qu’il ne s’agit de rien d’autre que de seuils de résistance : ils peuvent constituer un point d’appui pour repartir de l’avant, mais ils peuvent être rapidement dépassés si le contexte général n’est pas favorable. La spirale à la baisse reprend alors, et on se dirige vers de nouveaux seuils de résistance, etc...


3) De deux choses l’une  ( l’autre, c’est le soleil) 

C’est clair : le soutien public ne peut pas durer indéfiniment, surtout s’il est massif. Aux Etats-Unis, les marges de manœuvre d’Obama sur ce point sont de plus en plus réduites. En France, la dette publique atteint 73% du PIB et elle devrait avoisiner les 80% en 2010- 2011. Déjà, les agences de notation ont dégradé les notes de dette publique de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal ; le Royaume-Uni lui-même est menacé. 


Pour prendre la mesure du problème, citons Laurence Boone, chef économiste France de Barclay’s Capital : « Pour ramener sa dette à 60% du PIB dans 20 ans, la France devra consentir, chaque année, un effort de 40 à 50 milliards d’euros, soit l’équivalent des recettes d’impôts sur les revenus » (Figaro, 10/08/09). Autrement dit : pour revenir à un niveau maîtrisable de la dette publique, il faudrait y consacrer pendant 20 ans d’affilée l’intégralité des recettes de l’impôt sur le revenu ! 


Le soutien public devra donc s’arrêter ou ralentir significativement, et ce dans des délais qui ne sont pas extensibles à l’infini C’est alors que sonnera l’heure de vérité.


A ce moment, de deux choses l’une. Soit le privé (consommation des ménages, investissement des entreprises, etc.) n’embraye pas sur le public, ne prend pas la relève. La spirale descendante l’a emporté, et les remèdes envisageables ont pratiquement tous été utilisés. Nous sommes passés d’une récession à une profonde dépression, nous entrons dans un monde nouveau.

 

Soit le privé embraye sur le soutien public. Difficile d’apprécier la probabilité d’un tel événement, mais il faut dire que tel n’est pas le cas aujourd’hui : il n’y a pas actuellement dans les pays développés de dynamique autonome du privé, d’un privé qui marcherait sans les béquilles publiques.

Ainsi, aux Etats-Unis, la consommation des ménages ne peut se soutenir toute seule, l’investissement des entreprises continue à chuter, même si c’est plus lentement, le déstockage se poursuit. Dès lors, une rechute est possible à tout moment, car la crise est toujours là.


En effet, le chômage explose, menaçant les dépenses des particuliers, consommation mais aussi achats de logements. Le marché immobilier ralentit sa chute, mais il coulera de l’eau sous les ponts avant qu’il puisse aider à une solide reprise. Quant aux banques, des résultats récents ne doivent pas faire illusion : la présentation comptable est plus laxiste, des ventes exceptionnelles d’éléments d’actifs font flamber les bilans, et l’essentiel des profits sont fournis par les entrées engrangées par les opérations d’une Bourse requinquée.


De nouveaux défauts de paiement se rajoutent aux anciens et les actifs toxiques sont toujours là : le seul pays qui ait prévu une « structure de défaisance » en bonne et due forme, c’est l’Allemagne. Aux Etats-Unis, le plan mis en place a accouché d’une souris, le Trésor public s’impliquant pour le montant ridicule de 30 milliards de dollars. Autant dire que la fin des restrictions de crédit (et de leur effet désastreux sur l’économie) n’est pas pour demain.


De toutes façons, même si la croissance est de retour, il s’agira d’une croissance molle, chaotique, et ce pour plusieurs années. En effet, on ne pourra pas à nouveau exploiter à fond les mêmes filons : baisse de l’épargne des ménages, surendettement, etc. et rien de neuf ne semble sortir de la crise, malgré son ampleur et sa violence.


Les capitalistes s’accrochent farouchement au même modèle qui vient de faire faillite. Cependant, une croissance n’est pas exclue pour les deux ou trois trimestres à venir. D’une part, le soutien public va, dans l’immédiat, se poursuivre. D’autre part, un effet de rattrapage peut temporairement se manifester : les plans de dépense des agents économiques, reportés du fait de la crise, peuvent commencer à être appliqués. Les ménages peuvent procéder à des achats qu’ils avaient envisagés avant la récession, les entreprises réaliser des investissements devenus indispensables, etc...

Le tout évidemment sous la contrainte d’une crise qui se poursuit, avec le chômage (qui sape les bases de la consommation), la crise bancaire (qui restreint les crédits), etc.

Isaac Johsua, le 15 août 2009.

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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 11:01


jeudi 6 août 2009


Il y a quelques semaines, la révélation que la banque nord-américaine Goldman Sachs allait verser des faramineux bonus à ses «traders» avait fait scandale.


Certains mauvais esprits n'avaient d'ailleurs pas manqué de faire remarquer que cette banque n'hésitait pas à consacrer à ses professionnels de la spéculation une somme équivalente à ce que l'ensemble des pays du G20 s'étaient résignés à consacrer à la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde...


En France, les dirigeants politiques – à commencer par C. Lagarde, ministre de l'Economie – avaient alors rivalisé de déclarations vertueuses, indignées... et parfaitement hypocrites !


Car cette semaine, c'est BNP Paribas qui est prise la main dans le sac. Et là, les premières déclarations gouvernementales sont pour le moins évasives !

Le scénario à l'œuvre est pourtant lumineux.


Acte 1 : portée à son paroxysme par le système des bonus, la spéculation boursière – comme les autres banques, BNP Paribas y participe allégrement - déclenche une crise économique mondiale sans précédent.


Acte 2 : les Etats volent au secours des principaux banquiers, en garantissant leurs activités et en injectant des sommes considérables d'argent public. Sans aucune contrepartie. BNP bénéficie ainsi de 5 milliards d'euros.

Acte 3 : dirigeants et traders de BNP Paribas - mais ceux des autres banques devraient suivre - se sucrent grâce à un nouveau plan de bonus à hauteur d'un milliard d'euros. Aux frais des contribuables, donc...


Le cynisme et l'arrogance des banquiers illustrent une nouvelle fois le caractère grotesque des déclarations sur la «régulation» ou la «moralisation» du capitalisme.


Le NPA rappelle qu'une issue à la crise favorable au monde du travail et aux couches populaires passe par la nationalisation sans indemnisation des banques privées et la constitution d'un service public assurant le monopole de la distribution du crédit.

Montreuil, le 6 août 2009

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 18:38


lundi 3 août 2009

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Crédit Photo:  Photothèque Rouge/DR

En cette fin du mois de juillet, les Bourses du monde entier sont à la fête : le cours des actions connaît une hausse exceptionnelle.


Depuis le 10 du mois précisément, date à laquelle ont commencé les publications par les entreprises de leurs résultats pour le premier semestre de l'année.

Car ces derniers sont bien meilleurs qu'attendus, avec la plupart du temps des bénéfices. La seule explication à ces profits alors que le chiffre d'affaires est en diminution tient à la réduction des coûts, aux fermetures d'usines et aux plans de licenciements, au chômage partiel massif.


Cela n'empêche pas les gouvernements de claironner une « sortie de crise » prochaine. A l'appui de cette fable, le gouvernement, en France, s'est même payé le luxe d'annoncer une baisse de 0,7% du nombre de chômeurs à la fin juin, par rapport au mois précédent. Au prix d'une manipulation cynique, en ne prenant en compte qu'une catégorie des demandeurs d'emplois, ceux n'ayant exercé aucune activité.

Le maintien, voire la hausse des profits sur fond de récession, de chômage massif et de dégradation continue des conditions d'existence, voilà au mieux la « sortie de crise » que nous préparent les trusts, les banques et les gouvernements.


Et c'est sans compter les nouveaux effondrements financiers que prépare leur politique. La réduction des coûts diminue d'autant les capacités de consommation. Les bénéfices qu'elle permet de dégager gonflent la masse des capitaux qui seront investis dans de nouvelles bulles spéculatives.

Le prix que les classes dirigeantes font payer à la population pour le maintien de leur domination et d'un système qui assure à une poignée de privilégiés une richesse insolente est une régression sociale sans précédent.

L'union de toutes les énergies pour leur imposer une autre sortie de crise est plus que jamais nécessaire. Pour garantir l'emploi, interdire les licenciements et partager le travail entre tous, soustraire les bénéfices à la spéculation en augmentant les salaires.

Galia Trépère

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