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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 10:33

Le 21 janvier, journée de mobilisation dans la Fonction publique, sera le moment pour la FCPE, l’UNL et la FIDL de rappeler une fois de plus leur attachement à des services publics laïques, gratuits et efficaces.

Le gouvernement va droit dans le mur !


La politique dogmatique du gouvernement casse l’ensemble des services publics et en particulier le service public d’éducation. Cette liquidation n’est pas une « réforme » ou une « révision générale » mais un véritable bond en arrière !


Les attaques portées au service public d’éducation en matière de budget sont un danger sans précédent pour l’avenir des jeunes de notre pays. Les 50 000 postes d’enseignants supprimés depuis 2007 ont des conséquences très lourdes : classes de plus en plus chargées, options supprimées, remplacements non assurés, dégradation croissante des conditions de vie et de travail des élèves.


La suppression de la sectorisation, vecteur d’inégalités sociales et scolaires accrues au sein des établissements vient aggraver la situation déjà délicate pour nombre d’établissements scolaires.


La réforme de la formation des enseignants voulue par le gouvernement relève d’un recul sans précédent pour ceux qui aspirent à cette carrière comme pour les élèves des générations futures. En effet, il n’est pas possible d’enseigner sans véritable formation professionnelle, pédagogique et psychologique basée sur des heures d’enseignement, des stages obligatoires et des épreuves au concours.


La FCPE, l’UNL et la FIDL dénoncent les conséquences d’une réforme qui n’atteindra qu’un seul objectif en 2010 : la suppression de 18 000 postes dans l’Education nationale.


Elles tiennent à rappeler au ministre de l’Éducation nationale ainsi qu’au président de la République qu’aucune réforme du Lycée ne peut être applicable et efficace dans un tel contexte.


Une autre politique est nécessaire pour la cohésion de notre modèle de société ! Alors que la crise économique et sociale que nous subissons exige des réponses claires, la politique gouvernementale va à contresens des besoins et des attentes des citoyens.

Croire en l’avenir impose d’investir massivement dans l’éducation afin de donner un véritable droit à l’avenir aux jeunes plutôt que privilégier la réussite de quelques-uns au détriment d’une formation de qualité pour tous les jeunes de notre pays.


C’est pourquoi la FCPE, la FIDL et l’UNL demandent :


- La mise en place d’un plan pluriannuel de recrutement et de formation de personnels enseignants et non enseignants dans les établissements publics.

- La mise en place d’un chantier pour rétablir une cohérence avec une véritable sectorisation et une offre de formation correspondante.

- L’abrogation des décrets dits de masterisation et une augmentation des temps de formation pédagogique et psychologique théorique et pratique pour tous au sein d’une nouvelle réforme de la formation des enseignants.

Afin de défendre l’ensemble des services publics pour une éducation et une formation de qualité, la FCPE, la FIDL et l’UNL appellent tous les lycéens et les parents d’élèves à rejoindre sur cette plateforme les manifestations le 21 janvier 2010 et à organiser des assemblées générales communes au sein des établissements scolaires.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 09:14
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Un rapport émanant d’un groupe de travail UMP et daté d’octobre 2009 repose la question des évaluations dans l’enseignement primaire.

Mises en place en CM2 et en CE1au cours de l’année scolaire 2008/2009, elles ont suscité nombre de réactions aussi bien du côté des enseignants que des parents d’élèves. Les principales critiques évoquées lors du passage de ces évaluations tenaient autant de la forme (manque d’informations préalables, modalités d’organisation, calendrier controversé, exploitation des résultats…) que du fond (niveau d’exigence élevé, système de notation, place de la liberté pédagogique).

Le syndicat SUD éducation 29 a alors soutenu tous les collègues qui ont refusé le dispositif de ces évaluations nationales.

Pourquoi le refus ces évaluations ?

Refuser ces évaluations nationales, c’était s’opposer :

- à la publication des résultats et à la mise en concurrence des élèves, des enseignants et des écoles
- à la stigmatisation des élèves en difficulté
- au mode de notation binaire et au bachotage
- aux stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires, à l’aide personnalisée hors temps scolaire et à la suppression des RASED
- à la remise en cause du travail d’équipe du fait de la prime de 400€. Prime qui par ailleurs, il est important de le noter, est réapparue à la rentrée, mettant en porte-à-faux les directeurs qui ont fait le choix idéologique de ne pas remonter ces résultats, et se trouveraient ainsi éventuellement responsables du non-versement de cette prime à leurs collègues (SUD Education 29 dénonce cette pression, qui fait supporter aux seuls directeurs les conséquences d’un choix d’équipe.)

Un rapport UMP (im)pertinent

Dans la première partie du rapport du groupe de travail UMP les difficultés évoquées ci-dessus sont largement reprises (et souvent de façon fort pertinente), et permettent de tirer quelques enseignements généraux : nécessité d’une concertation approfondie avec l’ensemble des acteurs, clarification des objectifs poursuivis, afin que ces évaluations deviennent un véritable outil de « pilotage » pédagogique.


Sud éducation s’interroge : s’agit-il d’évaluation-diagnostique ou d’évaluation-bilan, et que signifie ce mot « pilotage » ?

Dans une seconde partie arrivent donc les propositions pour améliorer la mise en œuvre de ces évaluations. Et parmi ces propositions, deux d’entre elles retiennent particulièrement notre attention et ne manquent pas de nous inquiéter :

 

- proposition numéro 10 : « Intégrer ces évaluations au projet d’école en revalorisant le rôle du directeur » (remarque : on voit poindre le changement de statut des directeurs/trices d’école)
- proposition numéro 14 : « Mettre en place un système indépendant chargé de l’évaluation du système ». S’agit-il de la conception ou de la passation des ces évaluations ? sachant qu’aucune des deux ne nous agréera…


Question : s’agit-il d’une officine privée ? Les enseignants seront-ils associés à ce travail des plus pédagogiques ?

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 09:02

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A partir du lundi 18 janvier, les élèves de CM2 "plancheront" pour la deuxième année consécutive sur les évaluations nationales. Ces évaluations avaient suscité de nombreuses oppositions l'an passé. Le Secrétaire Général du National Association of Head Teachers (NAHT - syndicat anglais des directeurs d'écoles), Mike Brookes, déplore que les évaluations à l'anglaise aient été importées en France. Il dresse aussi un constat sans appel de 15 années d'évaluations.


C'est après avoir appris le projet de boycott des évaluations nationales anglaises que j'ai pris le parti de contacter les syndicats anglais prônant la désobéissance comme forme d'action collective.

Mikes Brookes m'a donc fait l'aimable plaisir de me répondre en des termes qui, plus que jamais, imposent de rejeter les évaluations nationales telles qu'elles sont conçus actuellement. Nous ferions bien de méditer les résultats cette expérience :

  • une stigmatisation des écoles et plus largement des quartiers où les écoles ont des résultats bas;
  • les programmes ne se réduisent plus qu'aux attendus du test, ce qui conduit au bachotage et, pour les élèves à la peine, à leur décrochage;
  • Les évaluations ne contribuent pas à améliorer les performances dans la durée, notamment pour les élèves en difficulté;
  • et enfin, par endroit, les écoles jouant à cette course de la performance pratiquent la tricherie...

 

**********************************************

Dear Sébastien

I am very interested in your campaign and very concerned that this poor practice which has a devastating effect on learning is being exported from England. I copy a section from an article that I am preparing for an Australian web publication that gives an accurate summary of where we are.

We have demonstrated conclusively that:

The obsession with SAT scores narrows the curriculum and produces a shallow, regurgitative curriculum that succeeds in disenfranchising and disillusioning students at a young age. There is a high correlation between children labelled by the system as ‘failures' at a very young age and those that leave the system after a decade in school with little to show for that experience.

  • It doesn't work. After the initial ‘halo' effect described by Professor Robin Alexander's (Cambridge Review) far reaching report on primary education in England, test scores in England have reached a plateau.
  • The use of this proxy data to produce school performance tables has only succeeded in demoralising schools in the most challenging circumstances and humiliating their communities. The axiom of ‘the beatings will continue until morale improves' has no place in a modern education system.
  • Setting up arbitrary performance targets encourages schools to ‘play the game'. In isolated cases this has manifested itself in ‘cheating' by intervention in the process and administration of the test regime.
  • Reports from around the world suggest that governments are impressed by the tight central control of the system are seeking to impose their own version of the English system.

This is the back-drop to our Assessment Reform Campaign that seeks to replace the current regime with a system that is fairer, has its basis in trust and gives a more balanced view of schools' achievements. We have protested about the system since 1994 and been ignored, which is why (at the time of writing) we are preparing to take action against the SAT tests this May by refusing to administer them. We take this action more in sorrow than anger."

Regards

Mick Brookes

 

NB : S'il y a des Mediamis volontaires pour traduire ce texte, c'est avec joie que je placerai leur texte à cet endroit.

Merci à M.H.

 

On écoutera avec profit  cet extrait de la rumeur du Monde du dimanche 16 janvier (cliquez) dont le sujet était l'Angleterre.

 

La Rumeur du Monde - France Culture© J.M. Colombani

On lira aussi avec grand profit cet extrait ci-dessous de l'Etat Prédateur de James K. Galbraith, paru au SEUIL, en septembre 2009, où l'économiste s'applique à démontrer comment l'idéologie du marché s'est imposée sur tout un ensemble de secteurs de la vie sociale alors que la sacrosainte « efficacité » n'est même pas réalisée. Il démontre alors que l'Etat, sous G.W. Bush, est devenu un outil qui permet à quelques uns de faire de l'argent par simple prédation. Ici, un court extrait autour de l'école sous G.W. Bush qui n'est pas sans rappeler notre situation de part, et s'est confondant, les mots même qui sont utilisés en France sous N. Sarkozy : « laisser le libre choix de l'école aux parents », « ne laisser personne au bord du chemin », « les évaluations nationales sont comme la pierre angulaire de la réforme du primaire qui permettra de faire progresser les écoles»...

 


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 Cliquez ci-dessous pour lire l'extrait

Galbraith et l'école

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:39


rubon16-414x276 COMMUNIQUE SUD EDUCATION
La casse du métier et la disparition de la formation professionnelle

La « masterisation » est un recul historique dans le système éducatif français : disparition des IUFM et masters vidés de tout volet pédagogique ou didactique, allongement des études universitaires (dont aucune étude n’a montré la nécessité) non payées, au détriment des étudiants socialement les moins favorisés. Cette réforme constitue un pas de plus dans la déstructuration de la Fonction Publique d’État et du statut de fonctionnaire. Après la loi de 2005 qui autorise le recrutement de contractuels sur des emplois permanents, elle prépare un vivier important de personnes ayant un haut niveau de diplôme universitaire (master), se destinant à l’enseignement, recalées aux concours de recrutement mais employables comme précaires. Cette réforme n’est pas négociable, nous devons exiger son retrait.
Le lycée à l’heure libérale

Par un accroissement dangereux de l’autonomie des établissements et des prérogatives des chefs d’établissements, le gouvernement veut clairement rentabiliser le travail des enseignants : alourdissement du nombre de classes et des effectifs à prendre en charge, mise au pas de la profession avec la création d’une hiérarchie intermédiaire de professeurs (conseil pédagogique). La multiplication des tâches intégrées au service (aide) ou effectuées en heures sup. (tutorat, orientation) est inacceptable quand le ministère ne cache plus sa volonté d’en finir avec les COP (conseillers d’orientation psychologues) et un service public d’orientation propre à l’Éducation. Dans le même temps la qualité des enseignements est bradée : ponctions horaires globales importantes, suppressions des dédoublements sous couvert d’une aide « fourre-tout » pour les élèves, et d’une globalisation d’une part importante des horaires. Cette mise en concurrence des disciplines conduira à des choix très inégalitaires suivant les établissements et leurs publics. Dans ces conditions on peut même s’interroger sur le maintien du bac comme 1er grade universitaire. Ce projet renforcera le développement d’un lycée à plusieurs vitesses et aggravera la reproduction des inégalités sociales. SUD éducation ne se retrouve en rien dans cette vision d’un lycée pour chacun au détriment du droit à l’éducation pour tous. SUD éducation n’a jamais pris part aux négociations en vue de cette réforme et déplore que certains syndicats la soutiennent au nom d’un progrès « pédagogique » ou d’une « autonomie » imaginaires, tout en se plaignant des suppressions de postes que cette réforme ne va faire qu’aggraver !
L’école en miettes

Le retour à une conception mécaniste des apprentissages imposé par Darcos a été dénoncé par l’ensemble du monde éducatif, par la majorité des chercheurs. Aujourd’hui la tendance est à l’externalisation de toute difficulté scolaire ou d’apprentissage. L’Etat se désengage de ses missions, déléguant hors de l’école ce qu’elle devrait assurer pour tous. Il en va ainsi de la casse des RASED et leur remplacement par un soutien individualisé en dehors de l’horaire scolaire ou pendant les vacances. Dans le même temps, le marché du "rattrapage scolaire" explose. Ces mesures constituent un handicap supplémentaire pour les élèves des milieux populaires et le gouvernement qui prend ces décisions n’ignore rien de ces conséquences. Ajoutons à cela le pilotage par l’évaluation qui fait peser une menace lourde sur le système éducatif, en instaurant un outil de mesure des résultats qui va permettre une concurrence entre les écoles, et à terme, avec la disparition de la carte scolaire, la transformation de l’école en un vaste marché.
Suppressions de postes pour tous

Le dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite constitue un véritable démantèlement des services publics. Depuis 2007, cette politique a supprimé 100 000 emplois dans la seule fonction publique d’Etat, politique aggravée par la remise en cause des statuts et le blocage des salaires. Cette année encore, 13 500 postes doivent être supprimés dans l’enseignement public. Tous les niveaux et tous les services sont visés. Dans les services administratifs (inspection académique, rectorat, université) la détérioration des conditions de travail est à son comble et de nouvelles suppressions sont prévues. Dans les classes de tous les niveaux les effectifs augmentent, les dédoublements de classes se font toujours plus rares, les possibilités de travail en petit groupe disparaissent. En mettant les personnels en rivalité, les nouvelles évaluations basées sur l’entretien individuel renforcent le pouvoir des petits chefs. La concurrence et la gestion managériale s’attaquent à tous les niveaux : les établissements classés en fonction de leurs performances, les personnels recrutés sur profil, la suppression de la carte scolaire. Face à la politique du gouvernement et aux idées de ceux qui le soutiennent, c’est toute l’école publique et laïque qui est en danger quand dans le même temps l’enseignement privé voit plus que doubler le nombre de postes à ses concours.

A travers les « adaptations » aux budgets de rigueur, ce sont les contours d’une Ecole toujours plus inégalitaire qui se dessinent. Aussi, nous voulons combattre les suppressions de postes parce que nous refusons l’école promue par Sarkozy, Fillon, Darcos, Précresse, Châtel, et leurs amis du Medef.
Contre les suppressions de postes, pour l’augmentation des recrutements aux concours

Pour l’arrêt des recrutements de salariés précaires et la titularisation sans condition de ceux déjà en place. Pour le retrait des décrets sur la formation des enseignants et une véritable formation professionnelle avec recrutement par concours après la licence sous statut de fonctionnaire stagiaire. Pour le maintien et le développement des RASED et la réaffirmation de leurs missions Contre le recours massif aux heures supplémentaires. Contre l’école sécuritaire de la généralisation de la vidéosurveillance et des Equipes Mobiles de Sécurité, pour la suppression de Base-Elèves et des fichiers informatisés et centralisés concernant les élèves et les personnels. Contre les expulsions de jeunes sans-papiers scolarisés. Pour le retrait du texte sur la réforme des lycées. Pour la défense de l’Ecole laïque et l’abrogation de la loi Carle.

SUD EDUCATION APPELLE L’ENSEMBLE DES PERSONNELS [1] À LA GRÈVE, LE JEUDI 21 JANVIER 2010

Cette grève nationale dans l’éducation, et dans toute la fonction publique, appelée en commun avec la FSU et la CGT, doit permettre d’organiser un véritable rapport de force, seul moyen de contraindre le gouvernement à retirer ses réformes. SUD éducation appelle les personnels à tenir des Assemblées Générales le 21 janvier afin d’organiser collectivement la suite du mouvement. Pour Sud Éducation, on ne pourra faire l’économie d’une grève prolongée jusqu’à satisfaction des revendications. Les grèves d’un jour ont montré leur inefficacité. La reconduction de la grève doit être débattue, ainsi que la construction d’un véritable rapport de force au niveau interprofessionnel.
Notes

[1] enseignants et chercheurs, IATOSS et personnels éducatifs, titulaires ou précaires, de droit public ou de droit privé
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 10:54
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Un cadeau pour l'enseignement privé, payé avec l'argent public


Il y a cinquante ans, le 31 décembre 1959, la loi Debré instituait le financement par l'État de l'enseignement privé. Depuis cette date, les crédits versés à l'enseignement privé n'ont cessé de s'amplifier, au détriment des établissements scolaires publics dont la situation se dégrade.

Avant cette date, l'école privée recevait déjà des crédits, notamment au travers des bourses accordées aux élèves dès 1951. Mais la loi Debré généralisa le financement pour les établissements privés passant des contrats avec l'État.

Deux types de contrats étaient prévus : les contrats simples, valables uniquement dans le primaire, où seuls les salaires des enseignants étaient pris en charge par l'État, et les contrats d'association, plus contraignants en matière de pédagogie, où l'État versait en plus un « forfait d'externat », somme pouvant servir à couvrir les achats de matériel ou les salaires des autres catégories de personnel.

 Les établissements hors contrat restaient, eux, entièrement financés par des fonds privés. Quand on sait que plus de 95 % des établissements privés étaient (et sont encore) aux mains de l'Église catholique, cela revenait donc à subventionner le clergé de manière détournée.

Une manne sans cesse renouvelée, y compris par des gouvernements de gauche serviles


Au fil des ans, les subsides versés par l'État au privé ont augmenté et se sont diversifiés. En 1975, par la loi Haby, l'État accordait des allocations aux associations de parents d'élèves du privé et prenait en charge les centres de formation pédagogique des établissements catholiques.

 La loi Guermeur de 1977 complétait la loi Debré, en renforçant l'aide de l'État aux établissements confessionnels, en leur garantissant le maintien de leur « caractère propre », c'est-à-dire religieux, et en prenant en charge la formation des enseignants du privé. Ceux-ci sont désormais formés par l'État, en plus d'être rémunérés par lui. En outre, la loi Guermeur obligeait les communes à financer la scolarité des enfants que les parents avaient choisi d'inscrire à l'école privée de leur ville.

Dans les 110 propositions qu'il avait faites avant d'accéder à la présidence de la République en 1981, Mitterrand s'était engagé à faire un « grand service public unifié et laïque de l'Éducation nationale », dont la mise en place serait « négociée sans spoliation ni monopole », en respectant « les contrats d'association d'établissements privés conclus par les municipalités ».

Cette promesse, bien que limitée car elle n'entendait pas supprimer les établissements privés, ni même rogner un peu leurs privilèges, suscita, dès que le gouvernement entreprit de l'appliquer, une véritable levée de boucliers orchestrée par la droite catholique et réactionnaire.

En 1984, celle-ci fit une démonstration de force en multipliant les manifestations, dont une, à Paris le 24 juin, à propos de laquelle on parla de plus d'un million de manifestants. Et l'on n'entendit plus jamais parler de ce « grand service ».

En 1992 furent signés les accords Lang-Cloupet, du nom du ministre socialiste de l'Éducation et du responsable de l'enseignement catholique. Ils entérinaient le versement de 1,8 milliard de francs à l'enseignement catholique (qui en demandait 5 milliards) au titre de retard de paiement de l'aide au fonctionnement.

Ces accords augmentaient les aides et établissaient la parité entre le personnel du privé et celui du public, au nom « du droit et de la reconnaissance de la contribution de l'enseignement privé au système éducatif ». Le gouvernement socialiste eut alors beau jeu de déclarer que sa politique avait calmé la guerre scolaire ! Cela sonnait évidemment mieux que de dire qu'il avait lui-même éteint le feu en s'aplatissant devant les pressions exercées par les mouvements catholiques réactionnaires.

L'année suivante, une loi autorisait les collectivité locales à subventionner les investissements réalisés dans les établissements privés, ce qui allait au-delà de l'aide prévue par la loi Debré. Dans le même temps, le 6 février 1993, France-Soir titrait sur les 540 lycées et collèges qualifiés de « Pailleron », n'offrant aucune résistance à l'incendie, qui existaient encore dans les établissements publics...

Toujours plus pour le privé

Ces dernières années, le financement de l'enseignement privé avec l'argent public s'est accéléré. La loi Debré stipulait que les subventions ne seraient versées que pour rembourser des dépenses engagées. Cette contrainte a été levée en 2008, avec le plan Espoir banlieue de Fadela Amara.

 Ce plan prévoyait la construction de 50 classes dites « d'excellence » ainsi que l'ouverture d'internats dans les banlieues sensibles, et des crédits furent ouverts dans ce but car, à en croire le gouvernement, seul l'enseignement privé serait capable d'offrir un enseignement de qualité et un encadrement suffisant pour les jeunes désireux d'étudier !

Autre source de revenus pour le privé, pris sur les finances publiques : la loi Carle d'octobre 2009 qui, reprenant dans les termes une proposition faite par le socialiste Michel Charasse, oblige les communes à payer pour les enfants de la ville scolarisés dans une école privée d'une autre commune. Une municipalité pauvre peut ainsi être amenée à payer à la place de sa riche voisine, les écoles privées ne fleurissant pas dans les ZEP !

Et début décembre, dans la répartition des crédits issus du « grand emprunt » qu'il va lancer, Sarkozy a annoncé que 66 millions d'euros seront versés aux établissements privés de l'enseignement supérieur, aide attribuée aussi bien aux universités catholiques qu'à des institutions privées qui font pourtant payer des droits d'inscription excessifs.

En même temps que le gouvernement multiplie les aides au privé, l'enseignement public subit des restrictions : des dizaines de milliers de postes ont été supprimés ces dernières années, les programmes sont allégés, certains enseignements bénéficiant de moins d'heures de cours, les classes sont surchargées dans les banlieues populaires, de la maternelle au lycée, etc. Cela s'apparente à un détournement de fonds, qui frappe l'éducation au même titre que les autres services publics.

Marianne LAMIRAL




Jack Lang et l'école privée : dédoublement de la personnalité ?


Dans une interview donnée le 29 décembre au journal Les Échos, Jack Lang déclare, à propos de la loi Debré de 1959, qu'il aurait « préféré qu'elle ne voie pas le jour. Il eût mieux valu, à ce moment-là, qu'on développât l'école publique plutôt que de cristalliser l'école privée. »

Jack Lang a été deux fois ministre de l'Éducation nationale sous des gouvernements socialistes, de 1992 à 1993 et de 2000 à 2002. S'il avait vraiment voulu mettre ses idées en application, il était le mieux placé pour le faire, en proposant de se diriger vers l'abrogation de la loi Debré, pour permettre de développer l'école publique.

 Or jamais on ne l'a entendu défendre une telle politique quand il était en poste. Au contraire, en 1992, il a laissé son nom aux accords signés avec le père Max Cloupet accordant plus d'avantages encore au privé, au nom de l'égalité de traitement entre les deux types d'établissements.

Abandonner ses positions et donner satisfaction à ses adversaires, c'est ce dont il se vante aujourd'hui, en disant avoir « calmé le jeu ».

M. L.
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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 10:23

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 Grève contre la suppression de la formation


Jusqu'à présent, les étudiants reçus aux concours d'enseignement ne devenaient titulaires d'une classe à temps complet que lors de leur seconde année d'exercice. Que ce soit dans l'enseignement primaire, secondaire ou technique, ils étaient donc payés pendant un an pour apprendre leur métier dans les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). Cette formation est des plus nécessaires, d'autant que le métier d'enseignant devient de plus en plus difficile.

Que des enseignants puissent être payés pour apprendre, voilà qui n'est plus supportable pour le gouvernement. Cherchant à rogner partout où il peut, il a trouvé là un moyen de diminuer un peu plus encore le nombre des fonctionnaires, en supprimant purement et simplement le statut d'enseignants stagiaires.

Quand on pense qu'il fut un temps où, dans les écoles normales, les futurs instituteurs étaient payés trois ans pour apprendre leur métier, on peut conclure que la dernière réforme gouvernementale est une régression majeure.

Les syndicats d'enseignants ont mis beaucoup de temps à prendre position. Il faut dire qu'à l'époque le ministre Darcos habillait sa prétendue réforme d'une pseudo-revalorisation du métier, à laquelle les directions syndicales avaient bien voulu croire. Aujourd'hui elles s'aperçoivent qu'elles ont été bernées, ce qui était couru d'avance.

La quasi-totalité des syndicats ont donc signé un texte demandant le retrait des décrets d'application et ont appelé à une « journée de mobilisation pouvant aller jusqu'à la grève » pour le mardi 15 décembre. Dans les écoles, les collèges et les lycées, cet appel n'a pas été repris. En revanche dans les IUFM, qui étaient les premiers concernés, l'appel a été entendu et la mobilisation est passée le plus souvent par la grève.

Si cette réforme passe, il y aura de la souffrance, car on ne s'improvise pas enseignant ; il y aura des échecs scolaires en plus grand nombre. Mais cela ne se mesurera vraiment que dans cinq, dix ans. Il sera alors trop tard.
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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 08:50

16 décembre 2009 - Le Télégramme


De jaune vêtus, «pour être vus», casseroles à la main, «pour être entendus», ils étaient une bonne centaine d'élèves enseignants, hier, à Brest (29), à manifester contre le projet de réforme de la formation des maîtres, aussi appelée «mastérisation».


 

Que préconise la réforme, tant décriée sur le terrain et voulue, conjointement, par Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale, et Valérie Pécresse, son alter ego à la Recherche et à l'Enseignement supérieur ? Elle consisterait à élever le niveau des enseignants en les recrutant à bac + 5 (master 2) contre bac + 3 aujourd'hui, et à confier la formation aux universités, plus aux IUFM.

Pas de formation pédagogique

Cette «mastérisation» constituerait «une chance pour les enseignants et les élèves», selon le gouvernement. «Faux», a rétorqué Sud-Éducation, représenté, hier, au sein du cortège des manifestants brestois. «Il s'agit de supprimer l'année de stage de formation professionnelle effectuée en alternance entre établissement et IUFM, et de la transformer en cinquième année d'études supérieures. Ce projet est strictement le même que celui qui avait été présenté par Xavier Darcos». Aujourd'hui, la formation des professeurs des écoles prévoit 14 semaines de stage en classe.

Stages en classe seulement «conseillés»


«Une formation complète, avec des savoirs théoriques, de la pédagogie et une polyvalence dans l'apprentissage des matières (dix, sur neuf niveaux de classe). Cette réforme prévoit un dégraissage du volume des stages en classe à hauteur de 65 %. Stages qui ne seront plus obligatoires, pour le gouvernement. Seulement conseillés. La formation, elle, serait centrée sur les savoirs théoriques.


Nolwen, 22 ans, et Mélanie, 23 ans, tambourin à la main, toutes deux élèves en PE1, à l'IUFM, ont bruyamment dénoncé le principe de la réforme. «On nous propose une formation théorique sur une seule, voire deux disciplines. La partie pédagogique est supprimée. Comment gérer les difficultés que peuvent rencontrer les élèves si nous ne sommes pas formés pour ? Ça fait peur.


Et le master s'annonce très difficile à obtenir. Faudra-t-il poursuivre dans la voie dans laquelle nous aurons obtenu notre licence ? En psycho, pour Nolwenn par exemple ? Ou devra-t-on piocher dans les UE (unités d'enseignement) des autres enseignements, comme les maths et le français, principalement ? Nous ne serions plus polyvalents. Bivalents, au mieux. Le master n'est pas encore très clair...». Il faudra aussi avoir les moyens de payer cinq ans d'études au lieu de trois.


C'est tout ça, et plus encore, que le cortège, fort d'une centaine d'unités à l'initiale, grossi de quelques enseignants solidaires, à l'heure du déjeuner, a claironné devant les locaux de l'inspection d'académie. Puis, sous les fenêtres de la fac Segalen, où ils ont invité les étudiants à les rejoindre "sans succès, car en partiels", place de la Liberté et jusque devant les grilles de la sous-préfecture. Symboliquement, les futurs professeurs des écoles y ont déposé un bonhomme, mal fagoté, appelé Luc...

  • Karine Joncqueur

Quimper (29). 150 manifestants contre la réforme de l'IUFM

15 décembre 2009 à 12h54 - Le Télégramme


150 personnes ont manifesté à midi à Quimper contre la réforme de la formation des enseignants et la masterisation. Le mouvement de grève nationale a été fortement suivi à l'IUFM de Quimper avec un taux de participation de l'ordre de 90%.


Lors de la manifestation devant la préfecture, les participants se sont livrés au procès de "Sieur Den Masteric". Promenée sur une charette, la statue en carton a été bannie de la ville.


Vannes (56). 150 futurs enseignants défendent leur formation

15 décembre 2009 à 15h50 - Le Télégramme


Les étudiants et les stagiaires qui se préparent au métier d'enseignant étaient environ 150 ce midi à filtrer la circulation en face de l'IUFM pour protester contre le nouveau cursus qu'on leur annonce. "On va demander à des gens de faire un métier qu'ils n'ont pas appris", indique Myriam Homman, représentante des enseignants stagiaires.


Elle explique qu'actuellement, en tant que stagiaire, elle est une fois par semaine dans une classe de cycle 2 (57 jours) et que, par ailleurs, elle va faire trois semaines de stage dans les deux autres cycles, de manière à découvrir l'ensemble des cycles avant d'être titularisée. Or dans le futur cursus, il n'est prévu qu'un seul stage de 3 ou 4 semaines et il sera facultatif. "Il sera, en plus, à faire l'année où l'étudiant aura à valider son master 2 et à préparer son admission dans l'Education nationale", souligne la stagiaire.

Le site vannetais menacé


"Nous ne sommes pas contre la masterisation, mais il faut qu'il y ait une professionnalisation. C'est très important pour les élèves : on n'imagine pas aller chez un médecin qui n'a jamais vu un malade ou monter dans un avion avec un pilote qui n'a jamais décollé", explique Benoît Momboisse, directeur du site de Vannes de l'IUFM de Bretagne.


Localement, les changements dans la formation des enseignants posent aussi la question de l'avenir de l'IUFM à Vannes. Le personnel et les formateurs s'inquiètent car les étudiants sont amenés à suivre leur cours à l'université et non plus dans des locaux dédiés.

Les étudiants professeurs veulent des stages(OF)
mercredi 16 décembre 2009

« Enseignant, ça s'apprend ! », scandent les étudiants professeurs devant l'Inspection académique ou à la sous-préfecture.

« Enseignant, ça s'apprend ! » Hier, ils étaient 140 à manifester contre la réforme, dont une centaine d'étudiants de l'IUFM.
« 65 % de stage en moins »

Moins de formation sur le terrain, de pédagogie... C'est ce que craignent les étudiants de l'IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) avec la réforme du ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel. Hier, ils étaient 140 manifestants à Brest, 150 à Quimper. « On a 14 semaines de stage en classe par an. Ils seront diminués de 65 % et seront facultatifs, dénoncent Marine, 21 ans, licenciée en droit, et Manon, 21 ans, licenciée en histoire, qui veulent devenir professeures des écoles. L'expérience professionnelle est la base. »


Directement devant élèves


L'an prochain, sur les 16 000 suppressions de postes dans l'Éducation, 14 000 concernent des enseignants stagiaires. « D'habitude, quand on réussit le concours, nous sommes affectés en IUFM comme enseignants stagiaires. Durant un an, on alterne entre les cours qu'on fait dans une classe, huit heures par semaine, et la théorie, expliquent Elodie, 25 ans, et Karine, 22 ans, licenciées en anglais. Mais, si on réussit le concours en mars prochain, on va se retrouver directement en classe en septembre ! Sans formation ! »

 

Une réforme encore floue


La formation des futurs enseignants sera confiée aux universités et non plus aux IUFM (qui s'interrogent sur leur pérennité). Les étudiants devront avoir un bac +5 pour passer les concours. Mais suivront-ils un master « d'anglais » ou « professeur d'anglais » ? « On ne sait toujours pas si les masters seront spécifiques à l'enseignement ou pas,La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, devrait le préciser le 21 décembre. » Indique Claire Doquet-Lacoste, directrice de l'IUFM de Brest.

 

Grogne dans les IUFM : 150 étudiants dans la rue(Quimper)
mercredi 16 décembre 2009


C'est une manifestation de qualité, pour réclamer un enseignement de qualité qui s'est déroulée hier à midi, emmenée par les étudiants de l'IUFM qui refusent « la masterisation »
Ce sont environ 150 personnes, étudiants, formateurs, parents d'élèves et même enfants qui ont participé à la manifestation « anti-master » des étudiants de l'IUFM, de la rue de Rosmadec.

 « Comment ne pas voir que cette masterisation va créer un vivier de reçus au master, collés au concours, vivier dans lequel le ministère puiserait ensuite à volonté pour mettre devant les élèves des contractuels sans statut ».

Pire encore : la formation professionnelle des étudiants au métier d'enseignant serait réduite à la portion congrue. De quoi amener les étudiants de l'IUFM à s'interroger sur leur avenir et la qualité de l'enseignement pour les générations futures.

C'est ce qu'ils ont tenté d'expliquer hier à la population quimpéroise, lors d'une manifestation bon enfant, mais résolue, durant laquelle ils ont promené dans toute la ville l'effigie de « Den Masteric », l'homologue diaboliquement pédagogique, du Den Paolig douarneniste qui est livré aux flammes purificatrices après le déchaînement des Gras.

Un produit faisandé


Pas de déchaînement dans cette manifestation quimpéroise, pas de flammes purificatrices non plus, mais une condamnation prononcée en tête de cortège lors d'un long arrêt devant la préfecture, de ce Den Masteric « qui s'est compromis en de basses manoeuvres en usant de faux témoignages et de publicité mensongère pour avoir tenté de vendre comme remède miracle à l'asphyxie rampante de la mission éducative de l'Etat, un produit faisandé et présenté sous le nom générique de « masterisation »


Une réforme bidon


Avant leur arrivée devant la préfecture, de nombreux slogans avaient été scandés au rythme des sourdes résonances de jerricans frappés en cadence et accompagnés de sifflets et de tambourins « non à la réforme bidon, IUFM en danger, Chatel tu mets l'école à la poubelle ».


Histoire de montrer que jusqu'à présent ces étudiants de l'IUFM étaient formés au chant choral, ces 150 manifestants ont aussi chanté devant la préfecture une variante de la chanson d'Hugues Auffay : « Adieu Messieurs les professeurs/formés vous n'serez plus jamais/juste un p'tit stage de 108 heures pour apprendre à tenir la craie ». Ils ont ensuite été reçus en délégation à la préfecture


Cette manifestation quimpéroise, chaleureuse et pleine d'humour a été reprise un peu partout en France, dont à Brest où 140 manifestants se sont également retrouvés place de la Liberté, avec le soutien massif de tous les syndicats (18 en tout).

 

 

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 08:27

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Premier acte : la casse de la formation des profs


Depuis l'année dernière, les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) se mobilisent contre la la «mastérisation ». Cette « réforme » du recrutement et de la formation des enseignants a deux objectifs : développer un vivier de précaires formés mais sans statut, qui pourront être recrutés par les académies ou les chefs d'établissements ; et casser la formation, notamment pour faire des économies.


De plus dans le nouveau texte du ministère, il n'est plus question des IUFM qui devraient disparaître. Le NPA s'oppose à leur destruction car, s'ils ne sont pas parfaits, ils permettent un minimum de formation et de réflexion pédagogique. Ce texte a d'ailleurs été refusé par les syndicats, la Conférence des présidents d'université (CPU) et les directeurs d'IUFM. 


Deuxième acte : « réforme des lycées »


Les lycéens ne s'y sont pas trompés. Ces dernières semaines, la grogne et les grèves dans les lycées ont permis de mettre en évidence les dangers du projet du ministre de l'Education Nationale.


C'est la suppression de l'histoire géographie dans les classes scientifiques qui a provoqué la colère des élèves mais aussi de professeurs, d'historiens et d'universitaires. Mais, au-delà de cette mesure, c'est l'ensemble de la loi Chatel et ses orientations qu'il faut rejeter.


Les disciplines comme le français, l'économie sont particulièrement attaquées et dénaturées. Au fond, ce n'est pas une surprise : le gouvernement n'a de cesse de réduire des enseignements étroitement liés à l'ouverture sur le monde, à la culture générale et à la construction de la réflexion personnelle des lycéens. C'est une véritable offensive idéologique du pouvoir qu'il faut combattre.


Enfin la philosophie de la loi a pour objectif en réalité d'orienter de manière rigide les élèves, et de favoriser la « méritocratie ». L'accompagnement « personnalisé » des élèves, indiqué dans le projet de loi, devra s'effectuer, de fait, avec moins de moyens et donc avec une dégradation supplémentaire des conditions de travail tant pour les lycéens que pour leurs profs.


Mais surtout, ne nous y trompons pas, toutes les mesures (comme la diminution des heures d'enseignements dans globalement l'ensemble des disciplines de la seconde et la terminale) accompagne en fait les 16 000 suppressions de postes programmés pour la rentrée 2010.  


Troisième acte : la riposte nécessaire!


La journée du 24 novembre, les mouvements de grève dans les lycées doivent servir à amplifier la lutte. L'heure est grave, nous n'en sommes plus à une attaque de plus contre l'Education Nationale. Le pouvoir veut en finir avec l'idée même de service public.


Nous n'avons plus le droit de laisser faire : lycéens, parents d'élèves, personnels d'Education, nous devons nous saisir de toutes les initiatives pour riposter aux «casseurs » du gouvernement, afin de poursuivre les mobilisations de décembre dès le début de janvier 2010.


Lundi 14 décembre 2009 
 
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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 09:30

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14 décembre 2009 Le Télégramme


La réforme de la formation des professeurs sera demain au coeur de la journée de mobilisation d'une partie de la communauté scolaire et universitaire.


Des étudiants de l'Unef aux fédérations FSU, Unsa-Education et Sgen-CFDT en passant par les lycéens de l'UNL et les parents de la FCPE, 16 organisations ont appelé demain à une «journée nationale de mobilisation» prévoyant dans le pays manifestations, rassemblements, assemblées générales et parfois des grèves.


Les Instituts universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) devraient être particulièrement mobilisés. L'intersyndicale critique un projet «régressif» et demande une «vraie formation professionnelle». En cause les derniers arbitrages gouvernementaux sur une réforme qui prévoit de recruter les professeurs des écoles au niveau master 2 (bac plus cinq) et de confier la formation aux universités via des masters.


Les ministres Luc Chatel (Education nationale) et Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) ont choisi de placer les concours pendant l'année de master 2 (M2), des épreuves de concours plus axées sur les disciplines que sur la pédagogie et des masters plutôt généralistes. Les opposants jugent ces choix trop axés sur les savoirs disciplinaires et pas assez sur la pédagogie (tenue de classe, psychologie de l'enfant).

Des présidents d'universités opposés

Des choix perçus aussi comme opposés à ceux de la réforme du lycée, majoritairement approuvée jeudi dernier par le monde éducatif grâce aux nouveautés pédagogiques qu'elle contient (accompagnement personnalisé, réorientations).


Au ministère de l'Enseignement supérieur, on assure que les étudiants auront une formation pédagogique progressive, avec divers stages en classe. Reste que les présidents d'universités eux-mêmes sont opposés aux choix gouvernementaux.


Jeudi, ils comptent proposer «des solutions alternatives pour certaines formations». La réforme avait déjà été au coeur de la contestation universitaire de l'hiver dernier et de ce fait repoussée d'un an.

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 09:19

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Éducation
jeudi 10 décembre 2009 Ouest france

La mairie de Quimper a annoncé mercredi aux parents d'élèves la fermeture de trois écoles (Pommiers, Petit-Parc et Jules-Ferry). La réaction de la Fédération syndicale unitaire ne s'est pas fait attendre.


Les syndicalistes ne décolèrent pas d’avoir appris ces fermetures d’écoles par la bande alors que les conseils d’école se sont tenus le mois dernier: « On a appris mardi soir qu’il se tramait quelque chose quand les personnels ont été convoqués à une réunion d’information le mercredi matin, retrace Guy Barré (Snu-ipp, syndicat du premier degré).


Sur le fond, la mairie dit que ce sont des écoles en perte de vitesse. Ce n’est pas vrai pour l’école du Petit-Parc qui refuse des élèves chaque année. Si elle ne le faisait pas, on serait conduits à demander l’ouverture d’une 3e classe en février prochain.


À l’école Jules-Ferry, on attend plus d’élèves l’an prochain. Sur la forme, les instances n’ont pas été consultées alors que le Conseil départemental de l’Éducation nationale s’est tenu il y a huit jours. Ça nous ulcère ! La règle c’est que le Comité technique paritaire puis le CDEN sont saisis des ouvertures et des fermetures de classes. Cela devrait être pareil pour les écoles.»


Guy Barré estime en effet que ces mesures se traduiront par des pertes de classes: «deux classes plus deux classes égalent trois classes dans les regroupements. L’Éducation nationale va récupérer des postes, la mairie va récupérer des locaux, des postes d’Atsem (agents spécialisés). Ceux qui sont en attente de titularisation seront victimes de cette mesure. Il n’y aura qu’une cantine au lieu de deux. Idem pour la garderie…»


La situation des parents d’élèves sans voiture préoccupe le syndicat. Il estime que la disparition des écoles du centre va profiter à l’école Saint-Corentin et que celle du Petit-Parc amènera des familles vers l’école Sainte-Thérèse: « Bernard Poignant, maire de gauche, fait un cadeau à l’enseignement privé. »


Thierry Le Goff (Snu-ipp) parle de «déficit de citoyenneté de la part de la mairie et de marque de mépris de la part de l’Inspection d’académie». Il prend le pari que sur six classes dans les trois écoles fermées, «on va perdra la moitié des classes.»


Alors que le nombre d’enfants diminue dans le centre-ville, il estime qu’on peut faire «une politique de ville qui revitalise le centre-ville» et ne pas fermer des établissements qui sont «les écoles historiques de Quimper».

En conséquence, le Snu-ipp appelle à une réaction.

 

CARTE SNUIPP 09 1-1-13d11

 

Écoles. «Déficit de citoyenneté et mépris»

11 décembre 2009 - Le Télégramme


Branle-bas de combat syndical, au lendemain de l'annonce de la fermeture des écoles des Pommiers, Jules-Ferry et Petit Parc . Le Snuipp et le Snes déplorent la méthode, et contestent l'argumentaire.


«Il existe un calendrier, et des instances. Il y a huit jours, un conseil départemental de l'Éducation nationale avait lieu. On nous a parlé de démocratie. Mais pas un seul instant n'a été évoquée la fermeture des écoles quimpéroises!», réagit Thierry Le Goff, du Snuipp.


Avec Guy Barré et Jean-MarcCléry, il rappelle volontiers que les fermetures de classe sont rituellement précédées de visites des inspecteurs de l'Éducation nationale dans les classes. «Ça se passe en décembre. Ils préparent le terrain sur la perte possible d'un poste. Puis, en janvier, un comité technique paritaire se tient, qui arrête une liste d'ouverture et de fermeture de classes. Enfin, le comité départemental de l'Éducation nationale arrête grosso modo la carte scolaire au mois de mars».

«Ils ont travaillé dans le dos des parents»


Fi de cette procédure! À la place, «une annonce précipitée. Pourtant, au niveau des Pommiers et de Jules-Ferry, les collègues avaient des propositions. Les enseignants et les parents ne sont pas obtus. Il aurait été simple de se mettre autour d'une table pour discuter de l'amélioration du système scolaire en centre-ville. Or, l'inspectrice et le maire ont travaillé dans le dos des parents. C'est un déficit de citoyenneté pour la mairie et une marque de mépris de la part de l'inspection académique. Prendre ses responsabilités, ce n'est pas se couper de la population, des parents d'élèves et des enseignants».


toc-toc
«Bernard Poignant fait le jeu de l'école privée!»

S'ils concèdent la baisse d'effectifs aux Pommiers et à Jules-Ferry, ils la réfutent pour le Petit Parc, «qui a deux classes bien chargées. À telle enseigne que la directrice orientait les parents vers les autres écoles du secteur, sans quoi en février prochain, elle en aurait été à demander l'ouverture d'une troisième classe!».


Ils raillent enfin «l'optimisation du réseau scolaire» annoncée par la mairie et l'inspection académique: «Avec eux, 2+2=3. L'inspection va récupérer un poste, voire plus. Et la mairie va récupérer les locaux, des Atsem et des personnels de cantine qu'elle va redéployer. D'autres personnels, qui attendaient d'être titularisés en seront victimes». Pour les deux syndicats, les grands perdants sont les familles.


«Un certain nombre n'a pas de voiture. Et dans le centre-ville, entre Stang ar C'Hoat et leur lieu de résidence, il y a une autre école: Saint-Corentin. On peut prendre les paris: elle va bénéficier de cette fermeture. Idem pour Sainte-Thérèse, située non loin du Petit Parc.


Bernard Poignant, maire de gauche, fait le jeu de l'école privée! En outre, nous sommes désespérés qu'un maire qui se dit progressiste en soit au constat plutôt qu'à la revitalisation du centre-ville. Quant à Ergué-Armel, le quartier commençait à perdre des commerces. On le sinistre un peu plus».


À noter Les parents d'élèves des Pommiers et de Jules-Ferry sont invités à une réunion d'information, mercredi, à 20h, salle des réceptions de la mairie. Pour le Petit Parc, la réunion est programmée jeudi, à 20h également, à la mairie de Ergué-Armel.

  • Thierry Charpentier

 


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Commentaire: Et comment que çà profite toujours à l'enseignement privé. Ainsi à Brest, les mêmes socialistes ont fermé des écoles exigeant ainsi des parents des déplacements (vachement écolo!) et ceux-ci sont bien sûr allés dans l'école la plus proche ...  privée. Et toujours avec cette assurence: de toute façon ils votent pour nous! Merci qui?

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