Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 09:15
parents-d-eleves.jpg

vendredi 11 décembre 2009

Effet boule de neige. En une journée, les parents de l'école maternelle du Petit-Parc se sont organisés pour s'opposer à la fermeture. Ils ne conçoivent pas que leur petite structure doive disparaître pour remplir de gros groupes scolaires.

L'annonce de la fermeture du Petit-Parc, de Jules-Ferry et des Pommiers, à la rentrée prochaine a déclenché un tollé chez les parents d'élèves, hier. Exemple au Petit-Parc. Houleux.

Reportage Résistance immédiate

« Cette école, c'est l'âme du quartier. Ici, nous formons une famille. Ils s'attaquent à une famille ! » Devant la maternelle du Petit-Parc, à Ergué-Armel, hier, les parents d'élèves ne parlent que de la fermeture de l'école à la rentrée prochaine. Ils ont appris la nouvelle dans un courrier signé du maire et de l'inspecteur d'académie, mercredi (lire OF d'hier).


Réactions ? Ils sont « scan-da-li-sés ». Et se sont vite organisés : pétition à la sortie des classes ; banderoles sur la façade ; rédaction d'un courrier au maire ; constitution d'un « comité d'action » ; blogs sur Internet...


« Comme une lettre de licenciement »


D'abord, ils dénoncent la méthode : « Où est la démocratie ? Il n'y a eu aucun préavis. Ce courrier, c'était comme une lettre de licenciement d'une multinationale », s'insurge Jean-Christophe Bernard. Même discours de Stéphanie Lescop : « Ils parlent de concertation, mais les décisions sont déjà prises. »

 

predieu.jpg


Aucun problème d'effectifs


Ensuite, ils contestent les arguments de la Ville pour justifier cette fermeture : « Le Petit parc n'est pas en baisse d'effectif, au contraire. Chaque année, les enseignants sont obligés d'envoyer une dizaine d'élèves vers les autres écoles, faute de place. »


Une politique de gauche ?


Dans ce quartier où l'on a voté en masse pour l'équipe municipale de gauche lors des dernières élections, les parents s'estiment trahis : « Le maire n'est pas là pour relayer la politique gouvernementale. Il devrait peut-être investir davantage dans les écoles et le bien-être des enfants que dans des complexes et des parkings », lâche Stéphanie Lescop.


Une école idéale ?


Ils défendent le modèle idéal de leur petite école (54 élèves, deux classes), « où tout le monde se connaît », où certains, comme Jessica, sont eux-mêmes passés, petits. Beaucoup se félicitent de pouvoir y venir à pied. Ou expliquent, comme Sonia, avoir acheté une maison dans le quartier « à cause de la proximité de la maternelle ».


Inquiets pour l'avenir


« Alors vouloir nous faire croire que les grosses écoles répondent à nos attentes, c'est vite dit !, lâche Stéphanie Lescop. De plus, on peut douter de l'accueil qui sera offert aux enfants quand on sait que tout est à la baisse dans l'Éducation nationale. »


« Nous, on va parler ! »


À l'intérieur de l'établissement, la directrice, Élisabeth Marzin, écoute les parents avec intention. Elle aussi ne cache pas son amertume. Mais ne peut l'exprimer, « devoir de réserve oblige ». « Nous on va parler ! », la rassurent les parents.

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 09:42
2009_02_06_manif_prof_chercheurs.jpg
















Entre autres idées lumineuses de Luc Chatel, dernier ministre de l'Éducation en date, figure la suppression des cours d'histoire et de géographie dans les classes terminales scientifiques (S) des lycées généraux.

Elle entre dans le cadre de la « réforme des lycées », chantier protéiforme dont l'axe essentiel est, comme pour toutes les autres « réformes » gouvernementales visant l'école, la réduction rapide des budgets par la suppression de milliers de postes d'enseignants et autres adultes encadrant les élèves.

C'est donc maintenant l'enseignement obligatoire de l'histoire et de la géographie pour les lycéens des classes terminales S qui se trouve dans le collimateur du ministre.

Pourquoi ces lycéens-là ? Parce qu'ils constituent plus de la moitié des effectifs d'élèves des classes terminales des lycées généraux, et cela permettrait donc d'importantes économies de postes de professeurs.

 Mais aussi parce que le ministre présuppose un désintérêt relatif des jeunes pour ces matières, par ailleurs affectées d'un faible coefficient au bac, qui disparaîtraient donc des épreuves de fin d'année : autre source d'économies.

 Chatel, sans conviction, se défend de mépriser ces enseignements, arguant que l'horaire des élèves serait renforcé en classe de première, et que les élèves de terminale « spécialement intéressés par l'histoire pourront suivre une option de deux heures ». On comprend immédiatement ce que cette esquive signifie.

Le volet « fin de l'histoire » est certainement lourd de mépris pour les jeunes comme pour les enseignants. Mais il n'est qu'un nouvel épisode des attaques gouvernementales contre le service public d'éducation. Récemment, ce sont les enseignants de sciences économiques et sociales qui protestaient contre l'amaigrissement des horaires de leurs disciplines, visiblement considérées comme secondaires.

 Mais les prétendus « fondamentaux » - français, mathématiques - ne sont pas mieux traités lorsque des matières deviennent optionnelles, surtout lorsque les options elles-mêmes sont réduites.

Dans la « réforme » qui doit être présentée le 10 décembre par le ministre à un Conseil supérieur de l'éducation qui lui est tout dévoué, on retrouve le flou artistique de « l'accompagnement personnalisé des élèves », qui sert de feuille de vigne aux économies de postes.

 La même rengaine a déjà été servie lorsqu'ont été supprimées les deux heures de cours du samedi matin et une bonne partie des enseignants du Rased (Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) qui auparavant « accompagnaient » précisément ceux-ci.

Pour le gouvernement, l'objectif est de trouver, pour la rentrée scolaire de 2010, 16 000 postes à supprimer. Cela passe par la fin des enseignants-remplaçants, par les économies de surveillants, d'heures de cours, de dédoublements de classe, d'options possibles, de conseillers d'orientation, d'agents d'entretien...

Des lycéens ont déjà manifesté contre la « réforme » et une nouvelle journée de protestation est organisée le 10 décembre à l'appel de plusieurs syndicats d'enseignants.

En région parisienne, une manifestation, accompagnée d'un préavis de grève aura lieu à 14 h 30, du métro Sèvres-Babylone au ministère. Les attaques contre l'Éducation nationale doivent cesser !
Partager cet article
Repost0
8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 10:27

Huit syndicats de l’Education nationale appellent à une mobilisation contre la réforme du lycée qui prévoit notamment de rendre optionnelle l’histoire-géographie en terminale S.


 

Huit syndicats de l’Education nationale organisent une mobilisation contre la réforme du lycée jeudi, jour où elle doit être entérinée par le Conseil supérieur de l’éducation (CSE).


Le Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, et les organisations Snalc-CSEN, Snep-FSU, Snetap-FSU, SNFOLC, CGT Educ’action, Sud Education, SNCL-FAEN «apportent leur soutien aux initiatives prises par leurs sections dans les académies».


Une manifestation est prévue jeudi en direction du ministère de l’Education nationale au moment de la tenue du CSE, avec dépôt d’un préavis de grève, indiquent-ils.


Ils «appellent les personnels à se réunir dans les établissements (assemblées générales, heures d’information syndicale…), à débattre du projet du ministre, à discuter des suites de l’action, ainsi qu’à rencontrer les parents d’élèves, les lycéens et leurs organisations».


Les syndicats rassemblés dans cette coalition hétéroclite «réaffirment leur opposition résolue à ce projet, à son inscription à l’ordre du jour du CSE et en demandent l’abandon».


Le Snes et le Snalc ne veulent pas que les horaires des disciplines (histoire, sciences physiques, etc.) soient «rognés» pour laisser place à «l’accompagnement personnalisé», deux heures hebdomadaires de travail en petits groupes: apprentissage de méthodes, expression orale, soutien ou approfondissement…

A propos de l'histoire-géo

Réagissant à la signature d’une pétition contre la suppression de l’histoire-géographie en terminale S, signée par des universitaires et responsables politiques, le Snalc a déclaré lundi «que la réforme du lycée constitue une agression sans précédent à l’encontre des matières scolaires».


«Cette évolution fait suite à la généralisation du discours "pédagogiste" qui, au nom de pseudo "compétences", tend à brouiller les contenus disciplinaires et sert, pour la énième fois, de prétexte à l’abandon progressif de la transmission du savoir», a indiqué le Snalc dans un communiqué distinct.


La réforme rendra optionnelle l’histoire-géographie en terminale S, recentrée sur les sciences. En revanche, les lycéens de la filière S auront quatre heures d’histoire en première (contre 2h30 actuellement).

(Source AFP)

Partager cet article
Repost0
8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 08:47
Vent de fronde générale contre la réforme


8 décembre 2009 -Le Télégramme


La fièvre monte dans les IUFM. Une fronde menée de façon inédite par les directeurs eux-mêmes. Ils dénoncent la réforme de la formation des professeurs des écoles menée contre toutes leurs propositions.


«C'est sans doute la première fois que vous voyez un directeur d'IUFM distribuer un tract». Hier, Serge Richard, le directeur de l'Institut universitaire de formation des maîtres, avait du mal à cacher sa profonde irritation. «Je suis d'habitude très réservé et j'applique les consignes, explique-t-il. Mais là, je suis très inquiet sur le contenu de la réforme concernant les professeurs des écoles et c'est un sentiment partagé par l'ensemble des directeurs». En cause, la mastérisation (bac+5) de la formation. Actuellement, les professeurs des écoles suivent le cursus licence, année de préparation, concours et année de formation comme professeur stagiaire. La réforme prévoit l'obtention du master avant le concours et l'année de formation.

«On s'éloigne du métier»

«Nous nous éloignons du métier d'enseignant, souligne Serge Richard. Ce qui se prépare est très dangereux. Les parents d'élèves vont voir arriver des enseignants qui n'auront pas eu la formation au métier. Aujourd'hui, les professeurs des écoles sont formés sur huit champs disciplinaires différents: français, maths, histoire-géo, etc. Après, un titulaire d'un master de biologie pourra réussir le concours sans que l'on n'ait aucune garantie sur le niveau dans les autres disciplines. Enseigner ce n'est pas seulement maîtriser des savoirs, c'est aussi les transmettre et s'adapter à des publics spécifiques, des besoins particuliers».

«Tout était bouclé d'avance»

Le directeur de l'IUFM est d'autant plus remonté que la concertation annoncée par le gouvernement a été faussée. «En juin dernier, la commission nationale de concertation sur cette réforme se réunissait et en juin et juillet des décrets et circulaires étaient publiés. Nous avons été désarçonnés. Nous avons eu la surprise totale de découvrir des propositions à contre sens des réunions de concertation. C'était stupéfiant. Tout était bouclé d'avance. Nous étions d'accord pour accepter l'intégration à l'université, l'idée de la mastérisation mais pas dans ces conditions».

Journée d'action le 15 décembre


L'alerte, sonnée par les formateurs d'enseignants, risque de se propager très vite. Pour les syndicats, ce sont les fondamentaux de l'école qui sont mis à mal. Les enseignants présents hier à l'IUFM ont dénoncé «un mépris affiché insupportable». «C'est la mort annoncée de l'école maternelle». L'irritation a été portée à son comble quand ils ont appris que le projet final serait présenté publiquement le 23décembre prochain, en pleines vacances, le tout étant opérationnel pour la rentrée 2010. Une journée d'action intersyndicale est prévue le 15décembre prochain.

  • Ronan Larvor
Les IUFM en lutte, partout en France (Libération)

La quasi-totalité des 32 Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) étaient mobilisés lundi contre l’actuel projet gouvernemental de réforme de la formation des enseignants.


 

Manifestation de stagiaires et formateurs de l'IUFM d'Aquitaine, le 13 février 2009 à Bordeaux

Manifestation de stagiaires et formateurs de l'IUFM d'Aquitaine, le 13 février 2009 à Bordeaux (AFP Pierre Andrieu)

Les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) étaient mobilisés lundi, à l’initiative de leurs directeurs, contre l’actuel projet gouvernemental de réforme de la formation des enseignants, via l’organisation de tables rondes et de conférences de presse.


La «quasi-totalité» des 32 IUFM et de leurs quelque 130 sites organisaient des actions décentralisées, sous forme de campagnes d’information, notamment auprès de la presse locale.


A Bordeaux, quelque 200 étudiants et personnels de l’IUFM ont défilé contre «la mort de notre système de formation des maîtres». Une délégation a été reçue au conseil général de la Gironde et une autre s’est présentée devant des élus du conseil régional d’Aquitaine.

Les manifestants ont remis symboliquement aux élus une sculpture faite à partir «de morceaux des ouvrages des grands auteurs de la pédagogie française» représentant «la mort de notre formation», a indiqué à l’AFP Pascal Grassétie, un professeur formateur.


A Toulouse, une vingtaine d’enseignants du collectif «Enseigner est un métier qui s’apprend» se sont rassemblés une heure à la mi-journée sur la place du Capitole pour une distribution de tracts.

«La réforme des IUFM, c’est la fin de la formation, remplacée par le recrutement d’enseignants qui prendront leur poste après une préparation académique à l’université, mais sans formation pédagogique, parfois même sans stage en situation scolaire concrète», a déclaré à l’AFP un enseignant en IUFM, Jean-François Grelier.


Cette mobilisation était organisée à l’appel des directeurs d’IUFM eux-mêmes, ce qui constitue «une première» et révèle «une vraie coupure entre les directeurs et les ministères» de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, a-t-on expliqué à la CDIUFM.

C’est «un galop d’essai» avant la journée du 15 décembre pour laquelle «on peut parier sur une grève extrêmement suivie dans les IUFM», selon Jean-François Grelier.

Journée de mobilisation le 15 décembre

La journée du 15 décembre est organisée à l’appel d’une large intersyndicale composée notamment des syndicats lycéens, de l’organisation étudiante Unef et des parents d’élèves de la FCPE. Le Sgen-CFDT a déposé des préavis de grève.


Les groupes de travail technique sur cette réforme, qui se sont réunis jusqu’en novembre et auxquels la CDIUFM a participé, laissaient présager «une issue positive», mais les arbitrages rendus le 13 novembre par les ministres Luc Chatel et Valérie Pécresse ont suscité «la déception et l’incompréhension», d’où l’appel à la journée de lundi, a-t-on expliqué.

La réforme en question prévoit le recrutement des professeurs au niveau master 2 (bac+5), des épreuves plus axées sur les disciplines que sur la pédagogie et de confier la formation aux universités via des masters plutôt généralistes.


Les directeurs d’IUFM souhaitent eux «une formation en alternance de qualité, universitaire et professionnalisante, et des concours qui prennent en compte les aspects pédagogiques et didactiques dès les épreuves d’admissibilité». Ils élaboreront des propositions alternatives dans les jours qui viennent.

Réforme des IUFM : les enjeux du refus (Libération Lyon)
ENSEIGNEMENT - Dans l'indifférence quasi générale, la France s'apprête à abandonner la formation très spécifique qu'elle donnait jusqu'à présent à ses enseignants.

Les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) avaient pris la suite des Ecoles Normales pour former spécifiquement les professeurs d'écoles et de l'enseignement secondaire. A leur place, dès la rentrée prochaine, les formations seront assurées à la fac.

 Elles prépareront les étudiants aux matières à transmettre, beaucoup moins à la transmission elle-même, à la pédagogie. Hostile à cette évolution, le mouvement des enseignants des IUFM ne faiblit guère.

 Mais ne forcit pas non plus, n'emporte pas l'opinion. A cause d'enjeux mal compris, mal expliqués ? Ou d'une formation mal connue depuis la disparition des Ecoles Normales ?

 La conférence des directeurs d'IUFM se mobilise à son tour et une journée était organisée ce lundi partout en France (lire). A Lyon, portes ouvertes en cours. Et sur LibéLyon, petit cours de rattrapage en compagnie d'enseignants de l'IUFM de Lyon, pour ceux qui ne se seraient pas encore intéressés à ce mouvement important pour l'avenir de l'éducation. Ou pour ceux qui n'en comprendraient pas les enjeux...

Quelle formation actuellement ?


Pour l'instant, les professeurs postulants sont recrutés à la sortie de leur licence (bac + 3), puis une première année les prépare au concours. Ils y acquièrent les savoirs disciplinaires généralistes allant de la maternelle au CM2, tout en suivant des stages d'observation, puis de pratique accompagnée.


A ce stade, ils se préparent déjà à leur métier, mais n'ont pas de responsabilité de classe. Puis au terme de cette première année, s'ils réussissent leur concours, ils suivent la deuxième année, en alternance cette fois. Deux tiers du temps à l'IUFM, un tiers en stage, où ils sont suivis, inspectés, conseillés par des collègues, des directeurs d"établissements, des universitaires. Cette deuxième année est payée. Elle comptera pour leur retraite. Ils sont déjà fonctionnaires, achèvent de se former complètement, de se préparer à enseigner, sans avoir à gagner leur vie.


Quelle formation demain ?


A partir de la rentrée, les enseignants, qu'ils se préparent au Capes ou à devenir professeurs des écoles, ne mettront plus les pieds dans des Instituts spécialisés. Ils seront formés à la fac, avec des étudiants qui préparant d'autres métiers liés à l'enseignement. Ils intègreront des filières de master 1 (première année après la licence). Mais ils y accèderont sans filtre, alors que les IUFM observent une sorte de numerus clausus, évitant de former beaucoup plus d'enseignants qu'il n'en faut.


Au début de cette première année année de master, les étudiants passeront, le 15 septembre, les épreuves écrites d'admissibilité à l'année suivante, le master 2. Ils auront ensuite un an, s'ils réussissent le concours, pour préparer leurs oraux, programmés en mai, tout en suivant les mêmes cours d'acquisition des savoirs que leurs camarades de master 1. La dernière année ne leur sera plus payée. "Une forme de sélection sociale", estime Michèle Lusetti, enseignante à l'IUFM de Lyon.


L'enjeu des stages


Pour l'instant, les stages sont obligatoires et très encadrés à l'IUFM. Ils deviendront facultatifs, et payés (3.000 euros pour cent-huit heures). Ce qui pose deux problèmes distincts. "On pourra, dénonce Nicole Orthous, enseignante à l'IUFM de Lyon, terminer son master 2 sans avoir jamais mis les pieds dans une école."


L'un de ses collègues, Michel Driol, ajoute : "Ceux qui n'auront pas de soucis matériels pourront prendre le temps de préparer leurs oraux en master 1 au lieu de faire des stages. Les autres seront en stage, mais ils travailleront réellement, sans avoir le temps d'étudier. Ils seront en responsabilité.


Cela coûtera moins cher mais qui voudrait cela pour ses enfants ?" Verra-t-on dans les collèges des étudiants en master 1 remplacer au pied levé les professeurs malades, sous couvert de stages ? Troisième souci, logistique, les IUFM se chargeaient, avec les rectorats, de placer leurs stagiaires dans les écoles. Qu'en sera-t-il à la fac ? Devront-ils démarcher eux-mêmes les écoles ? Les postes administratifs des IUFM seront-ils transférés aux universités ?


Une identité professionnelle menacée


"Cette réforme, estime Nicole Orthous, signifie la fin de la prise en charge par l'Etat de la formation des enseignants". Une vraie spécificité française disparaitrait. Former des enseignants, comme des infirmières ou des policiers, dans des écoles spécialisées remonte au 18e siècle.


"En transférant à l'université la formation des enseignants, nous nous trouverons avec une diversité de plus en plus grande des publics, pour des formations de plus en plus courtes. Ce qui signifie que cet enseignement sera réservé aux élites, aux étudiants capables de suivre", assure Vincent Massart-Laluc, également enseignant à Lyon. "L'idée qu'il faut retenir, soupire enfin Michel Driol, c'est qu'enseigner n'est plus considéré comme un métier à part entière, qui s'apprend, mais comme une simple transmission de savoir, à un public captif."


Olivier BERTRAND


Le blog du mouvement : http://collectifiufmlyon.blogspot.com/

 

Les IUFM mobilisés contre la réforme de leurs cursus
(Le Monde)

 

La réforme de la formation des enseignants, voulu par la ministre de la recherche, Valérie Pécresse, et par le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel, n'en finit pas de semer le trouble dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). La quasi-totalité des 32 IUFM de France étaient mobilisés contre le projet, lundi 7 décembre, à l'initiative de leurs directeurs.

Ainsi, à midi, l'amphithéâtre de l'IUFM de Paris IV, dans le 16e arrondissement, ne suffisait pas à accueillir tout le monde. Professeurs et élèves y ont débattu des conséquences de la mastérisation du cursus des futurs professeurs. Le principe de la réforme est simple : élever les niveaux des enseignants en les recrutant à bac + 5 contre bac + 3 aujourd'hui. A la sortie, deux sentiments dominent : défiance et inquiétude.


"La mastérisation est d'abord une chance pour les enseignants et les élèves" écrivaient pourtant les deux ministres, le 18 novembre, dans une tribune publiée dans Le Monde. Un discours qui a laissé impassible un corps enseignant échaudé par la politique menée par Xavier Darcos, père spirituel de cette réforme. Ainsi, Thomas, professeur des écoles stagiaire, voit dans ce projet la poursuite de la stratégie du "moins disant économique" : "non-remplacement de professeurs, augmentation du nombre de classes surchargées, suppression du Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased)...  Au vu de la politique générale du gouvernement concernant l'éducation nationale, on peut légitimement s'inquiéter de toute initiative."


"LE BAGAGE QUE L'ON NOUS PROPOSE EST DÉJÀ TRÈS FAIBLE"


La réforme prévoit le recrutement d'enseignants qui prendront leur poste après une préparation académique à l'université, mais sans formation pédagogique dans les IUFM et parfois même sans stage en situation scolaire concrète. Dans le plan gouvernemental, les stages sont seulement "conseillés". Un changement minime pour Gabriela, selon qui la formation pédagogique délivrée par les IUFM est de toute façon "largement insuffisante".


"Nous avons un jour de formation pédagogique par semaine, explique l'étudiante, le bagage que l'on nous propose est déjà très faible"."Il y a des insuffisances, c'est vrai, admet Thomas, on nous apprend à transmettre des connaissances, mais on ne nous donne aucune clé pour bien gérer un groupe. Ce n'est pas pour autant qu'il faut faire table rase d'un système qui fonctionne, nuance l'étudiant, au contraire, il faut l'améliorer."


Pour Elsa, le virage que prend l'éducation nationale en modifiant son mode de recrutement la conduit vers un "système à l'anglo-saxonne". "Bientôt, à l'issue du concours nous n'aurons plus de poste assuré. Nous devrons postuler auprès des écoles, collèges ou lycées en fonction des besoins, comme dans une entreprise." Une école publique qui suivrait le modèle de recrutement du privé... "C'est cette dérive que nous pouvons craindre."


Eric Nunès

 

 

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 09:04
10545_image.jpg

La grève du 24 novembre donne un point d’appui à de futures mobilisations contre la réforme de la formation des enseignants.

Tandis que l’ambiance était morose en cette rentrée, une dynamique s’est relancée à l’occasion de la journée du 24 novembre qui a été une réussite. Depuis l’an dernier, les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) se mobilisent contre la « mastérisation ». Les directions syndicales ne s’opposant pas vraiment aux premiers textes, des collectifs de lutte se sont constitués.


La réforme du recrutement et de la formation des enseignants et des conseillers principaux d’éducation a deux objectifs : développer un vivier de précaires formés mais sans statut, qui pourront être recrutés par les académies ou les chefs d’établissements et casser la formation, notamment pour faire des économies.


Jusqu’à présent, les étudiants passaient les concours de l’enseignement et devenaient fonctionnaires stagiaires pendant un an. Avec la réforme, ils devraient obtenir un master (bac+5) pour passer le concours, et la formation post-concours serait réduite à sa plus simple expression. Le 13 novembre, le ministère a publié un texte précisant l’organisation de masters censés dispenser une formation à partir de l’année prochaine.


En première année de master (bac+4), les étudiants feraient des stages dans des classes, en « observation et pratique accompagnée ». Dans le même temps, ils suivraient une formation selon leur discipline.


En deuxième année de master, ils passeraient les écrits du concours à partir du 15 septembre (pour les professeurs des écoles). Ceux qui auraient la chance d’être admissibles iraient en stage sur le terrain, les autres devraient se réorienter. Ceux qui obtiendraient le master sans obtenir le concours (ou le contraire) pourraient être recrutés hors statut de fonctionnaire.


Dans le nouveau texte du ministère, il n’est plus question des IUFM qui devraient disparaître. Le NPA s’oppose à leur destruction car, s’ils ne sont pas parfaits, ils permettent un minimum de formation et de réflexion pédagogique.


Ce texte a d’ailleurs été refusé par les syndicats, la Conférence des présidents d’université (CPU) et les directeurs d’IUFM.
La grève du 24 novembre, attendue depuis la rentrée, a été un point d’appui pour des ripostes nécessaires aux attaques tous azimuts du gouvernement. D’autres échéances se profilent d’ailleurs.


Le 15 décembre, une journée d’action sera organisée par la plupart des organisations syndicales et des discussions s’engagent sur la reconduction de la grève dans plusieurs endroits dès le mois de janvier. Car, pour refuser la destruction du service public, c’est bien d’un mouvement d’ensemble dont on a besoin. 


Lisbeth Sal et Antoine Larrache

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 09:48
TEAN 31-0607 éducation.jpg

Les articles que nous présentons dans cette double page illustrent les diverses attaques contre le service public d’éducation que le gouvernement est en train de mener.


Elles ont en commun la rentabilisation et la réduction des garanties que le service public offre, malgré ses défauts, aux élèves, à leurs parents et aux personnels. Nous évoquons aussi brièvement des pistes pour que l’école change en positif.


Lorsque l’on prend connaissance de l’ampleur des remises en cause, opérées ou en préparation, on s’étonne de constater qu’aucune action significative n’a été menée depuis la rentrée. Ce manque de réaction syndicale est inquiétant.


Dans ce contexte, la grève du 24 novembre peut constituer le point de départ d’un renouveau de l’action. À condition qu’elle débouche sur un plan de mobilisation impliquant une reconduction rapide. Au contraire de l’an dernier, où il a fallu attendre deux mois après une mobilisation réussie pour repartir à l’action.


Pour le moment, cette grève rassemble la FSU – qui en est à l’initiative–, Sud-Éducation et la CGT. Le même jour aura lieu la grève intersyndicale pour la défense du service public de la poste, occasion de la convergence espérée.


En effet, face à la détermination des gouvernants, il faut une réaction combative, comme celle des lycéens qui firent reculer Sarkozy-Darcos sur la réforme des lycées l’an dernier et unitaire comme lors de la mobilisation pour la poste début octobre.


Tous ensemble de la maternelle à l’université : grève nationale dans l’Éducation mardi 24 novembre !

L’école dont nous ne voulons pas

L’enfant est sommé de «réussir», d’être le meilleur. Le système impose à l’enfant de faire mieux que son voisin, comme si l’éducation se résumait à un entraînement sportif. L’idée même que l’école du quartier forge une culture commune et une éducation à vivre ensemble s’efface dans ce système, qui s’attaque à l’idée d’un progrès qui permet à tous d’avancer, mais pas d’un même pas.


La télé sort chaque jour des exemples pour matraquer cela: trois jeunes de Montfermeil vont à Sciences Po? Mais en même temps, il faut maintenant avoir Bac + 5 pour devenir instit. Il y a 50 ans, avec le brevet, on se faisait payer trois ans d’études pour être instit, ce qui a aidé des milliers de jeunes d’origine populaire.


Face à la promotion constante de l’ambition personnelle, il faut restaurer la coopération, le bien-être des enfants, l’entraide, le refus de l’orientation avant 18 ans, l’ouverture d’une école commune refusant le tri social et la sélection actuels.

Nous devons porter le projet d’une école émancipatrice, qui pourrait nous guider vers d’autres pratiques, afin de permettre aux enfants d’apprendre sans se soumettre et sans concurrence entre eux.

Haro sur la laïcité

Sarkozy a défini sa conception d’une «laïcité» ouverte dans ses discours : «la catholicité au-dessus des autres religions …, le curé au-dessus de l’instituteur, l’enseignement privé au-dessus du public…»


Fin septembre 2009, une proposition de loi dite Carle « tendant à garantir la parité entre les écoles publiques et privées sous contrat d’association lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisés hors de leur commune de résidence » a été votée par l’Assemblée nationale.


Le principe de «parité» entre école publique ou privée, inscrit dans la loi pour la première fois, n’a aucun fondement juridique et participe de fait au démantèlement du service public. Cette nouvelle concession faite au privé institue une obligation de financement sans accord préalable de la commune de résidence.


Pour le public, un accord préalable de ladite commune doit répondre à des critères dérogatoires définis. Pour le privé, on oblige, sans autorisation préalable, les mêmes communes de résidence à prendre en charge les exigences des parents, qui refusent le service public et scolarisent leurs enfants dans le privé hors commune.


Par ailleurs, le projet de budget 2010 prévoit la suppression de 1400 emplois (au lieu de 2800 en proportion) dans le privé et 14000 dans le public.

Pour la défense du service public d’éducation, nous devons exiger «une seule école, l’école publique laïque et gratuite!»

Une école de genre

Les médias répétant à l’envie, avec raison, que les filles réussissent mieux que les garçons à l’école, on peut se demander alors pourquoi les rôles s’inversent dans la vie courante… Les inégalités flagrantes d’orientation et de socialisation l’expliquent.


Les statistiques notent une division sexuée des filières, parfois criantes. En classe de première, les filles représentent 97% des effectifs de la filière sanitaire et sociale et ne sont que 6% à suivre l’option Informatique et systèmes de production.


Le même problème existe en filière professionnelle, où la répartition filles-garçons est pourtant presque équitable : les filières du service sont constituées à 70% de filles, contre 13% pour les filières de production.


Ainsi, le cliché essentialiste visant à accorder aux filles les qualités nécessaires pour travailler dans le secteur tertiaire est alimenté par l’orientation sexuée des élèves.


De manière générale, et ce depuis la maternelle, l’école reproduit les genres comme elle reproduit les inégalités sociales: certains manuels scolaires véhiculent encore l’image de la femme au foyer, et même les programmes incitent à ne parler que des «grands Hommes de l’Histoire».

Quelle est notre part de responsabilité en tant que parent-e-s, enseignant-e-s, militant-e-s?

Surveiller et punir

La question de la sécurité revient faire l’actualité avec la mise en place des «équipes mobiles de sécurité» dans les établissements scolaires.


La polémique masque pourtant une réalité déjà bien en place avec la multiplication des caméras dans les établissements, le retour à l’ordre et un contrôle social de plus en plus étroit, sur le plan idéologique, avec le formatage des esprits, et sur le plan juridique, avec la répression et la criminalisation des jeunes.


Les affaires Tristan Sadeghi (menace de refus de réinscription) et Lou Jatteau (traîné devant les tribunaux par sa proviseure) sont là pour en témoigner. Avec le retour de l’autorité non pas des savoirs mais du maître, cette mise au pas de la jeunesse se poursuit au sein même des classes. Le fichage des élèves dès le plus jeune âge (Base élève, livret de compétence) ainsi que la traque aux sans-papiers participent de cette nouvelle mission de contrôle dévolue à l’école.


Alors que l’on supprime des milliers de postes dans l’éducation, le tout sécuritaire ne peut répondre à l’urgence sociale et remet en cause la mission même de l’école. Ni «sanctuaire», ni prison: celle-ci doit au contraire s’ouvrir au monde et aux autres et refuser la logique de la peur.

Les statuts ? Aux oubliettes !

L’objectif du gouvernement est de privatiser tout ce qui peut l’être, de profiter des départs en retraite pour engager une réduction drastique du nombre de fonctionnaires, de transformer les établissements en structures autonomes et concurrentielles (demain maîtresses de leurs «ressources humaines» – vocable qui indique bien que les salariés ne sont qu’une marchandise sur le marché du travail –), de faire exploser la précarité (payer moins pour faire travailler plus). Pourquoi donc s’encombrer de ce satané statut de la Fonction publique?


En 2003, les agents ont été priés (sans ménagement) d’aller voir du côté de la territoriale. Les enseignants n’auront pas trop de temps pour attendre. Au banc d’essai (et au ban de Pécresse), l’enseignement supérieur. La loi LRU permet aux universités, désormais simples entreprises, de «manager» à leur guise.


La fameuse «mastérisation» de la formation des enseignants des premier et second degrés sera d’abord une fabrique de précaires, permettra ensuite de se passer tout simplement du recrutement par concours… Et ciguë de l’été sur le gâteau: la loi de mobilité instaure le fonctionnaire jetable!

Après le passage d’Attila Sarkozy, l’emploi public ne repousse pas… Il est temps d’arrêter les barbares!

Orientation et sélection

Dans le système scolaire français, les trois voies de formations (enseignement général, technologique et professionnel) ne sont pas considérées également. L’orientation est d'autant plus souvent synonyme d’échec qu'elle intervient plus tôt!


La fin du collège dit «unique» a de ce point de vue renforcé cette orientation par l’échec. Ainsi, on envoie vers l'enseignement professionnel celles et ceux qui «ne peuvent pas suivre» et qui ne sont pas «faits» pour l’école (l’école est-elle faite pour eux?).

L'orientation se fait aussi par défaut.


De nombreux jeunes sont orientés vers des filières qu’ils n'ont pas choisies, simplement parce qu’il y avait des places libres ou parce qu’elles offriraient des «débouchés» (mais en cette période de crise, l’argument devient difficilement vendable), sans tenir compte des goûts des élèves ni de leurs motivations.


Ce n’est bien sûr pas le personnel chargé de l’orientation qui est en cause, mais bien la conception même du système éducatif et son organisation. Ce n’est d'ailleurs pas un hasard si, dans le projet de réforme des lycées, le service public d’orientation est remis en cause au profit de la généralisation de plateformes numériques qui, elles, ne risquent pas de discuter avec les jeunes!


Et l’orientation en cours de cursus, sous prétexte du «droit à l’erreur» et à la «réorientation», risque de conduire à l’éviction vers la voie professionnelle des élèves les plus fragiles et de renforcer le tri social.

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 09:05


Un rapport de la Cour des comptes analysant les liens entre la politique de la Ville et celle de l'Éducation nationale dans les quartiers sensibles a confirmé ce qu'on savait déjà : l'assouplissement de la carte scolaire, c'est-à-dire la liberté accrue pour les parents de choisir l'école de leur enfant, a augmenté les inégalités entre les établissements, en particulier au niveau des collèges.

Dans les quartiers défavorisés, à partir de 2005, le gouvernement a fait grand bruit autour d'un programme dit « de réussite éducative » en dotant certains collèges d'un peu plus de moyens que les autres pour, selon lui, remédier à l'échec scolaire.

 Les établissements classés en zone prioritaire sont en effet ceux où les élèves cumulent les difficultés sociales et scolaires : en fin de collège, 50 % d'entre eux maîtrisent les compétences de base en français au lieu de 81 % pour des élèves hors éducation prioritaire et, en ce qui concerne les mathématiques, les taux sont respectivement de 69 % contre 90 %.

 Or, depuis l'assouplissement de la carte scolaire décidée en 2007, une grande partie de ces établissements se sont vidés : sur 254 collèges « ambition réussite », 186 ont perdu des élèves, et généralement ceux qui étaient le moins en difficulté.

Cette fuite vers les « bons » établissements a toujours été pratiquée mais l'obligation de rester sur son secteur géographique en limitait les effets. Xavier Darcos, ministre de l'Éducation en 2007, déclarait que la carte scolaire n'assurait plus « l'égalité des chances ». Il fallait agir pour renforcer la « mixité sociale » !

Le gouvernement a fait beaucoup de bruit autour des 3 % de boursiers supplémentaires venus des quartiers défavorisés pour étudier dans des lycées « d'élite » comme Henri-IV à Paris.

 Mais le résultat le plus clair a été la constitution progressive de « ghettos scolaires », selon le terme même du rapport de la Cour des comptes : certains collèges ont perdu jusqu'à 10 % de leurs effectifs tandis que d'autres en gagnaient jusqu'à 23 % ; et un responsable du syndicat du Secondaire, le Snes, parle même de 40 % de perte d'effectifs dans certains collèges.

Parler d'égalité des chances dans une société fondamentalement inégalitaire relève de la démagogie, et ceux qui nous gouvernent la pratiquent sans complexe.

 L'école n'échappe pas aux inégalités sociales. Dans les quartiers défavorisés les travailleurs n'ont ni les moyens financiers ni les moyens culturels de choisir où ils veulent vivre et scolariser leurs enfants.

 Remédier à cette situation supposerait qu'on consacre d'énormes moyens à la scolarisation dès le plus jeune âge pour compenser un peu les inégalités sociales.

 En réduisant le nombre de classes, en supprimant des milliers de postes d'enseignants, en travaillant à la disparition des maternelles, le gouvernement fait tout ce qu'il faut pour accroître les inégalités.
Partager cet article
Repost0
20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 08:58


Contre les suppressions de postes

Le 24 novembre, les syndicats enseignants, et en particulier le plus important d'entre eux la FSU, appellent à la grève. Des lycéens ont manifesté dès le 17 novembre contre la réforme des lycées.

Le gouvernement envisage en effet encore et toujours de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Pour l'Éducation nationale, cela signifie 16 000 suppressions d'emplois pour la rentrée 2010. Celles-ci s'ajoutent aux 13 500 suppressions d'emplois de 2009, et aux 11 200 de 2008. Depuis 2003, 45 000 postes ont ainsi été supprimés dans les seuls collèges et lycées.

Ces suppressions d'emplois entraînent bien évidemment une aggravation des conditions dans lesquelles les jeunes sont accueillis et éduqués. Les plus jeunes enfants, ceux âgés de deux et trois ans par exemple, ne sont plus accueillis dans des classes de maternelle avec des instituteurs qualifiés qui leur permettent de développer leur langage, leur socialisation.

Ces classes de maternelle sont de plus en plus remplacées par des jardins d'éveil, qui ne sont, de toute façon, pas en nombre suffisant pour accueillir tous les enfants. Et surtout ils n'ont pas du tout le même rôle éducatif.

Dans les classes des écoles primaires, puis au collège et au lycée, les jeunes doivent apprendre dans des classes surchargées, à 35, 37 voire 40 élèves !

Pour ceux qui ne parviennent pas à suivre, ce ne sont pas les quelques heures d'aide individualisée, grande marotte du gouvernement, qui compensent les nombreuses heures par semaine passées à s'embourber dans les difficultés, perdus au fond d'une classe.

Quant à la réforme des lycées contre laquelle des lycéens manifestaient le 17 novembre, le ministre de l'Éducation tente de la faire passer pour un condensé d'innovations pédagogiques, alors qu'elle sert de paravent à des économies budgétaires.

Il est question par exemple de faire disparaître certaines options, langues anciennes, enseignements artistiques, deuxième ou troisième langue vivante, au profit « d'heures d'enseignement d'exploration » dont le contenu est volontairement complètement flou et qui auraient l'immense avantage de pouvoir être assurées par n'importe quel enseignant. Voilà qui permettrait donc de supprimer de nombreux postes dans certaines spécialités.

De même, des « heures d'accompagnement des élèves » seraient inscrites dans l'emploi du temps en lieu et place d'heures d'enseignement d'histoire, de mathématiques ou d'autres matières. Finalement, la devise du gouvernement pourrait se résumer ainsi : si les élèves ont des difficultés dans certaines matières, supprimons-celles-ci !

Dans les lycées professionnels, le brevet d'études professionnelles, le BEP, est supprimé, remplacé par le seul baccalauréat professionnel qui se prépare en trois ans au lieu de quatre ans auparavant.

L'école devrait pourtant permettre au plus grand nombre de jeunes d'acquérir une culture, une ouverture sur le monde. Et si les jeunes de milieu privilégié peuvent trouver ailleurs cette ouverture, ce n'est pas le cas des jeunes des classes populaires.

Les enseignants, les lycéens, comme les parents, ont raison de protester contre cette politique et méritent le soutien de tous.
Partager cet article
Repost0
13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 09:32

Mardi 24 novembre 2009 Toutes et tous en grève !


Le gouvernement persiste dans son choix de réduire massivement l’emploi public, notamment en ne remplaçant pas un départ à la retraite sur deux : les prévisions du budget 2010 le confirment. Tout laisse à présager une catastrophe, un état d’asphyxie pour l’Education Nationale :

  • la suppression 16 000 emplois est programmée pour la rentrée 2010 [s’ajoutant aux 45 000 déjà supprimés depuis 2003] alors que le nombre d’élèves va augmenter dans le 1er degré comme dans le 2nd degré !
  • Les crédits alloués aux « enseignements scolaires » (hors pension) sont de nouveau en diminution en Euros constants après trois années de forte baisse.

Ces suppressions s’accompagnent de multiples annonces de transformations radicales du système éducatif, dans le droit fil de la stratégie de Lisbonne qui a inspiré la loi Fillon de 2005. Nous disons ça suffit !

  • Non aux suppressions de postes et leurs corollaires : recours aux heures supplémentaires ; classes surchargées ; dégradations des conditions de travail pour les personnels et d’étude pour les élèves ; attaque contre l’accueil en maternelle ; menace sur les RASED ; ….
  • Oui à un autre budget
  • Pour des recrutements massifs aux concours et un plan de titularisation pour les précaires.
  • Pour la revalorisation de nos salaires et de nos métiers.
  • Pour une véritable réforme de la formation des enseignants
  • Pour l’amélioration des conditions de travail et d’étude
  • Pour le respect de nos statuts
  • Pour d’autres réformes à tous les niveaux de l’école La FSU 29, la CGT Educ’action 29 et SUD Education 29 appellent les personnels

• à faire grève massivement le mardi 24 novembre

 

• à manifester nombreux à Brest [11 h – Maison du Peuple]

 

et à Quimper [11 h – Place de la résistance]

 

• à participer aux réunions des personnels

[ Brest : 9 h – Maison du Peuple /

Quimper : 9 h – Halles St François]

 

pour débattre des suites à donner à l’action.

 

La CGT Educ’action 29, SUD Education 29 et la FSU 29 souhaitent faire des manifestations des moments vivants et originaux sur le thème « l’asphyxie de l’école », « l’école malade » : l’imagination et la créativité de chacun est donc sollicitée.

Partager cet article
Repost0
12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 11:20




Nos gouvernants et les différents ministres de l’Education Nationale ne cessent de se présenter comme des réformateurs d’une école qui aurait besoin de se « moderniser », dénonçant l’immobilisme de tous ceux qui s’y opposeraient.

 

Mais toute réforme est-elle par principe positive ? Ce n’est pas l’avis que nous portons sur celles engagées (voie professionnelle, lycée, orientation, programmes de l’école élémentaire,..). Pour autant notre syndicalisme, qui est porteur d’une vision de l’école et de la société, ne doit-il pas avoir des projets pour l’école si l’on veut assurer la réussite de tous ?

La FSU et la CGT Educ’action organisent un forum sur cette question


VENDREDI 13 NOVEMBRE à 20 h 30

 



fac Victor Ségalen à Brest.

 

Forum animé par

 

, Samuel JOHSUA, Annick MADEC et Denis PAGET.

Samuel Johsua : professeur en Sciences de l’Éducation à l’Université de Provence. Membre du conseil scientifique d’ATTAC. Auteur de « L’École pour tous » (éd. La Dispute, 2000) ; « Une autre école est possible » (éd. Textuel, 2003).

 

Annick MADEC : sociologue. Maître de conférences à l’UBO. Auteur de « Citoyenneté et politiques sociales » (avec Numa Murard, éd. Flammarion, 1995) ; « Chronique familiale en quartier impopulaire » (éd. La Découverte, 2002).

 

Denis PAGET : professeur de lettres. Chercheur à l’Institut de recherche de la FSU. Auteur d’« Aventure commune et savoirs partagés » (éd. Syllepse, 2006) ; « L’invention du Second degré, Petite histoire des collèges et des lycées » (éd. du Temps, 2008).

Partager cet article
Repost0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg