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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 10:56
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Par Rédaction (14 mars 2013)


Lors de son déplacement en Grèce en février, François Hollande a appelé les entreprises françaises à investir dans la terre et l’eau.

 

Dans une lettre ouverte, Save Greek Water rappelle que ces biens communs n’appartiennent à personne. « L’eau n’est pas seulement un bien commun, c’est le symbole de la justice et de la liberté », écrit ce mouvement, qui considère que l’Europe se comporte en « oligarchie anti-démocratique ».

 

« Les tyrans ont toujours quelque ombre de vertu. Ils soutiennent les lois avant de les abattre. » Voltaire, Catilina, acte I, scène 5.

 

Français, nos frères !

 

Le 19 février 2013, votre président, François Hollande, s’est rendu dans notre capitale Athènes. « Notre message envers la Grèce est un message d’amitié profonde, de soutien, de confiance et de croissance » : voilà ce qu’a dit votre président. Avant d’appeler les entreprises françaises à investir… dans la terre et l’eau. François Hollande et Antonis Samaras (Premier ministre grec) parlent « d’investissements » dans la gestion des ressources en eau, ressources naturelles protégées par la Constitution grecque, qui n’appartiennent à personne d’entre nous, ni même au Premier ministre qui veut en faire commerce.

 

 

Nous connaissons bien votre combat pour la protection des biens publics et sociaux et votre sensibilisation au sujet de la gestion de l’eau. Après des dizaines d’années de gestion privée de l’eau, et bien que Suez et Veolia, les deux grandes multinationales de l’eau, aient des intérêts français, les villes de Paris, Brest, Varages, Durance-Lubéron, Castres, Cherbourg, Toulouse et d’autres, se sont battues et ont obtenu que la gestion de l’eau redevienne publique. Ces villes ont agi ainsi après avoir vécu les conséquences de la marchandisation de l’eau, la montée vertigineuse des prix, l’accès inégal aux services hydrauliques, la baisse des investissements dans l’entretien du réseau, et les pratiques monopolistiques.

 

Même si en Grèce les citoyens ont oublié les temps lointains de 1925, quand l’eau d’Athènes était aux mains de l’entreprise américaine Ulen, nous les plus jeunes avons étudié et réfléchi à cette question, et nous avons des inquiétudes similaires aux vôtres concernant la privatisation à venir des Compagnies des eaux ΕΥΑΘ et ΕΥΔΑΠ (compagnies de gestion de l’eau à Athènes et à Thessalonique), et de nombreux autres services municipaux selon les bruits qui courent.

 

Notre inquiétude grandit et se transforme en colère quand nous lisons la réponse du commissaire européen Olli Rhen aux organisations de la société civile, qui confirme que la Commission européenne promeut à dessein la privatisation dans tous les pays qui bénéficient de plans de sauvetage. Bien que cela soit totalement contraire à la Directive de neutralité concernant la propriété ou la gestion privée ou publique des services de l’eau [1], mais aussi contraire au Protocole concernant les Services publics du Traité. Dans le même temps, la Commission et le gouvernement grec font semblant d’ignorer que la Commission elle-même effectue une recherche sur les pratiques monopolistiques de Suez, Veolia et Saur.

 

Dans notre pays qui se trouve au bord de la faillite et qui jour après jour perd une partie de sa souveraineté et de son indépendance, où les protestations des citoyens contre le bradage colonialiste de ses ressources naturelles sont noyées sous le dogme de la « tolérance zéro », le gouvernement grec – qui a escamoté le vote des Grecs pour « renégocier » le mémorandum – considère qu’il est urgent de remplir les caisses du pays avec tout ce qui peut se vendre. Il semble qu’il vende non seulement son héritage, mais aussi une partie de son âme. Nous, les citoyens grecs, nous retournons, humiliés, aux temps du protectorat, obligés de privatiser notre eau – ce qui la rend chère et peu sûre.

 

Après l’impressionnant référendum italien pour l’eau, en 2011, le retour à la gestion publique dans de nombreuses villes françaises, la réglementation aux Pays-Bas en 2004 qui impose une gestion publique des services de l’eau, et la protection de l’eau par la Constitution allemande, nous ne pouvons que nous demander : l’Union européenne nous considère-t-elle encore comme des Européens ? Et nous sommes tristes, justement parce que nous sommes Européens, non seulement pour nous, mais parce que nous allons devenir contre notre volonté le cheval de Troie de la marchandisation de l’eau partout en Europe. Nous savons que le peuple français ne s’enrichira pas de l’activité des multinationales françaises de l’eau, même si elle devait s’étendre jusqu’à la dernière de nos îles. C’est pourquoi nous vous invitons à vous tenir à nos côtés. Nous ne voulons pas de ces « investissements », qui signifient privatisation des gains et socialisation des coûts. Et qui conduiront notre pays à s’endetter jusqu’à la nuit des temps.

 

Nous voulons vous crier du fond de notre âme que la privatisation de l’eau, en Grèce, est une question qui concerne tous les Européens qui depuis des années résistent vigoureusement à toute marchandisation des services de l’eau. C’est un pas en arrière dans notre combat pour les biens publics et pour la vie humaine. Pour nous tous, l’eau est plus qu’un bien commun, c’est le symbole de la justice et de la liberté, un héritage collectif que nous avons le devoir de protéger, pour le transmettre libre et sûr à la génération future.

 

En conclusion, le destin de la Grèce est aussi le destin de l’Europe. Une Europe qui se comporte en oligarchie anti-démocratique, installant une féodalité du XXIe siècle d’un nouveau genre, où la prise de décision est réservée aux lobbies.

 

Français, nos frères, nous les citoyens grecs, nous vous demandons d’être à nos côtés dans le combat que nous menons pour une gestion démocratique de nos ressources en eau, face à une troïka (FMI, Banque mondiale, Commission européenne, ndlr), qui décide et ordonne, et un gouvernement grec qui n’est qu’aliéné, parfois de bon gré, aux directives du mémorandum. L’heure est venue que nous donnions ensemble un nouveau souffle à la devise liberté-égalité-fraternité.

 

Το εναντιούμενον τω δυναστεύοντι δήμος ωνόμασται. « On appelle démos (le peuple), ceux qui s’opposent au tyran. » Thucydide (460-394 av. J.-C.).

 

Save Greek Water


Voir leur site

Notes

[1] Article 345 TFEU et article 171 de la Directive 2006/123/EC, en rapport avec les services de marché intérieur

 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 12:18

Un nouveau cavalier de l'apocalypse: la dette

Par Nathalie Pédestarres (12 mars 2013)


Depuis 2008, plus de 362 000 foyers espagnols ont été victimes de saisies immobilières, entraînant dans plusieurs cas des suicides…

 

Le gouvernement, en connivence avec les banques, refuse de modifier une loi sur les hypothèques obsolète et inhumaine. Celle-ci permet au créancier, les banques, de gagner sur tous les tableaux et de s’enrichir sur la misère. Les mouvements citoyens s’organisent pour freiner les expulsions et changer la loi.

 

Pendant que le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, lisait son discours sur l’état de la Nation, le 20 février dernier, une femme s’immolait par le feu dans une succursale bancaire de Castelló (région de Valence). Brûlée à 50%, elle serait une victime de plus des cas des saisies immobilières qui se multiplient dans le pays : 362 776 saisies depuis 2008, d’après une étude de la Plateforme des victimes de crédits hypothécaires (PAH), une association citoyenne. L’issue est parfois fatale… Depuis l’été dernier, une quinzaine de personnes se sont défenestrées le jour où elles allaient être expulsées de leur domicile.


Pas un mot, pourtant, du chef du gouvernement sur ce sujet dans son discours. Sauf lorsque les députés de la gauche plurielle (minoritaires) ont insisté sur la nécessité de réformer la loi sur les hypothèques, l’une des plus drastiques et obsolètes – elle date de 1909 – d’Europe. En Espagne, toute personne se retrouvant en défaut de rembourser son crédit immobilier, perd non seulement sa maison mais est condamnée à rembourser le reste du prêt concédé par la banque, prêt qui ne fait qu’augmenter avec les taux d’intérêt variables et les pénalités pour retard de paiement.


Business et spéculation sur la misère


Petit exemple pratique pour bien comprendre le « jeu de bonneteau » des banques avec les crédits hypothécaires… Une famille souscrit un prêt immobilier pour acheter une maison, mais se retrouve en défaut de paiement quelques années plus tard. Si aucun accord de refinancement de la dette n’est atteint avec la banque, la propriété est saisie et mise en vente par adjudication judiciaire. La loi espagnole autorise les banques à participer à ces enchères et à racheter les propriétés à un minimum de 60% de leur valeur initiale si elles sont les seules à enchérir. Mais elles ont trouvé une parade pour contourner la loi à leur profit : elles ont créé leurs propres sociétés immobilières qui interviennent aussi dans les enchères comme « tiers » et qui peuvent donc racheter les propriétés à un pourcentage encore plus bas de leur valeur initiale. Tout reste donc dans le patrimoine de la banque ! Résumons : dans le « meilleur » des cas, la banque réussit non seulement à se faire rembourser le prêt majoré des pénalités de retard, mais elle dégagera aussi un bénéfice avec la revente de la propriété.

D’où un projet de loi citoyen – une initiative législative populaire (ILP) – lancé par les victimes de crédits hypothécaires, et soutenu par les députés de gauche. Ce projet demande l’arrêt des expulsions des logements principaux, l’instauration de loyers sociaux, et la possibilité pour les personnes endettées de rembourser leur dette sous le principe de la « dation en paiement », un principe qui permet de payer sa dette en l’échangeant contre un autre bien [1]. L’initiative a obtenu 1,4 million de signatures, soit largement de quoi pouvoir la soumettre au débat parlementaire.


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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 12:29
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Publié par Alencontre le 3 - mars - 2013

«La dette d’aujourd’hui est le vol d'hier par la classe dominante».

Par António Simões do Paço, revista Rubra

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«Il est temps pour le gouvernement de s’en aller» et «Qui doit de l’argent ici c’est le banquier», a-t-on crié hier dans les rues de 40 villes au Portugal.

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Les manifestations d’hier, le 2 mars 2013, dans 40 villes du Portugal ont réuni, selon la presse, 1,5 million de personnes contre la troïka (FMI, BCE, UE) et le gouvernement de coalition de droite de Passo Manuel Mamede Passos Coelho du PASD (Parti social-démocrate)  qui sous le couvert du «paiement de la dette», une dette qui n’est pas publique mais privée et «nationalisée» au service des privés qui l’ont contractée, opère une vaste contre-réforme. Son but est de détruire «l’État-providence», de réduire les salaires et les subventions, d’opérer les licenciements massifs et, enfin, de permettre un transfert massif de ressources du Travail vers Capital.


A Lisbonne, le début de la manifestation à la place Marques de Pombal, qui se terminait au Terreiro do Paço, en face du Tage, donc à une distance de 2,6 km, a connu une affluence massive de personnes désireuses de se débarrasser du gouvernement de droite et de la troïka.


Lorsque la tête de la manifestation a commencé à marcher, les 1500 mètres de l’Avenida da Liberdade, qui s’étendait devant elle, étaient déjà comblés par une marée humaine qui criait des slogans tels que: «Il est temps pour le gouvernement de s’en aller» ou «Qui doit de l’argent ici c’est le banquier».


Comme le 25 Avril 1974, début de la Révolution des Œillets, on a crié: «Le peuple uni ne sera jamais vaincu».

 

La dimension internationale des problèmes auxquels les Portugais et les peuples du sud de l’Europe sont confrontés n’a pas été oubliée: «Espagne, Grèce, Irlande, Portugal – notre combat est international», ont scandé les manifestant·e·s. A Porto, la deuxième ville du pays, il y avait 400 000 personnes, la plus grande manifestation jamais vue dans la capitale du Nord, qui ont rempli l’énorme place des Alliés.


«Voleurs», «pourris», «pillards» sont d’autres termes qui sont apparus sur les affiches qui ont été confectionnées et portées par les gens. «On ferait mieux de voter pour Ali Baba, au moins nous savons qu’ils sont seulement 40 voleurs», déclarait une affiche.


Les manifestations ont été convoquées par le collectif "Que se Lixe a Troika", une constellation de groupes de militants, et non par les partis de gauche et les syndicats. BE (Bloque de gauche) et PCP (Parti communiste portugais) ont annoncé, toutefois, leur adhésion et certains dirigeants et députés du BE, du PCP et du PS (Parti socialiste) étaient présents.

 

Pour la première fois, la plus grande centrale syndicale, la CGTP (Confédération générale des travailleurs portugais), dirigée par le Parti communiste, a publiquement adhéré à une initiative qui n’était pas promue par elle-même.

 

Cependant, António José Seguro, secrétaire général du PS, le principal parti (quantitativement) d’opposition, a choisi d’être absent dans une petite ville de l’Alentejo où il n’y a pas eu de manifestation. Il s’est exprimé de manière ambiguë en se référant à la nécessité de changer de politique, mais pas de gouvernement. Un indicateur de crise: presque 24 heures après, ni le président, Antonio Cavaco Silva, ni le gouvernement n’ont encore parlé de ces manifestations.


Un autre signe de l’association des manifestations d’hier à la révolution de 25 Avril 1974 a été le chant de «Grândola, ville brune». Cette chanson de José Afonso a servi de signal pour que des militaires se soulèvent pour renverser la dictature salazariste déclinante (dirigée, après la mort de Salazar en 1968, par Marcelo Caetano). Ainsi des dizaines de milliers de bouches du nord au sud du pays – et même à l’étranger, comme à Paris, où une centaine de manifestants se sont concentrés devant le Consulat du Portugal – ont entonné cet hymne renvoyant à la Révolution des Œillets.

«Le 25 Avril que mon père a fait, je dois le refaire moi», a dit une femme de 46 ans, Isabel Mora, qui défilait à côté de sa fille de 16 ans.

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http://alencontre.org/divers/portugal-15-million-contre-la-troika-et-le-gouvernement-de-droite.html

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 09:42

 

“Mais de um milhão e meio de pessoas em todo o país com uma mensagem clara: demissão”
Segundo a organização da manifestação “Que se lixe a troika! Queremos as nossas vidas!” mais de um milhão e meio de pessoas em todo o país exigiu a demissão do governo do PSD/CDS-PP. A adesão superou a da anterior manifestação de 15 de setembro. No Porto, 400 mil pessoas encheram as ruas. No final da manifestação de Lisboa foi lida uma moção de censura popular perante um "Terreiro do Povo" repleto de manifestantes.
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Commentaire: Le Bloco de Esquerda est notre parti frère au Portugal
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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 14:19
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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 184 (28/02/13)

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Plus de 200 organisations – associations, syndicats, partis politiques antilibéraux et anticapitalistes – appelaient à manifester samedi 23 février dans 80 villes de l’État espagnol contre la politique d’austérité du gouvernement de droite de Mariano Rajoy et la corruption.

 

La date du 23 février avait été choisie en référence au 23 février 1981, date de la tentative de coup d’État tenté par des officiers nostalgiques du franquisme. Les manifestants voulaient ainsi dénoncer le nouveau coup d’État « mené par les marchés financiers » et la corruption politique, qui est son arme préférée dans une société pourrie par la cupidité, la course effrénée aux profits et à la spéculation.


Cette journée visait à faire converger « les marées citoyennes » qui mobilisent la population autour de la défense de l'éducation, la marée verte, ou contre la privatisation du système de santé, marée blanche, pour le respect des droits des femmes, contre la privatisation de la gestion de l’eau…

 

Se retrouvaient aussi les mineurs en grève contre la fermeture des mines, les collectifs des « Indignés » aux cris de « ce n’est pas une crise, c’est une arnaque »… À travers toute l’Espagne, les luttes, les révoltes ont convergé dans un profond mouvement combinant les revendications sociales et politiques.


L'exigence d'une « démocratie réelle maintenant » prend force.

 

Elle exprime la prise de conscience qu'il n'y a pas de réponse aux politiques d'austérité qui entretiennent et aggravent la crise sans un bouleversement social et politique qui rompt avec un système et des institutions dominés par les intérêts du capital.


En Grèce la veille des manifestations en Espagne, au Portugal la semaine précédente, dans toute l'Europe, la vague monte contre des politiques soumises au parasitisme de la finance.

 

Elle appelle un programme politique capable de rassembler les travailleurs, toutes les victimes de la crise, pour en finir avec l'austérité, annuler la dette, mettre les financiers comme les hommes politiques qu'ils achètent hors d'état de nuire, et construire une autre Europe, celles des travailleurs et des peuples.


Par-delà les frontières, ce combat est le nôtre.


Yvan Lemaitre

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 12:10
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PREZIOSO Stéfanie 26 février 2013

Une fois de plus l’Italie semble être à l’avant-garde de changements d’une certaine ampleur de la donne politique.

 

Véritable laboratoire de l’Europe, elle va servir de test. Alors que toute la presse internationale et nationale donnait Pier Luigi Bersani et son Parti démocrate vainqueur de cette élection, c’est bel et bien le MoVimento 5 Stelle (M5S) du comique gênois Beppe Grillo qui est en tête au Parlement et au Sénat. Réaction à chaud…


A 17h00, ce 26 février, c’est un Pier Luigi Bersani défait qui sort de son mutisme : « Qui ne peut garantir la gouvernabilité de son pays ne peut pas dire avoir remporté les élections et donc, nous n’avons pas gagné même si nous sommes arrivés les premiers » (les Démocrates seuls ne sont pas devant le M5S, mais leur coalition oui). Un ton dramatique pour un discours finalement peu substantiel où, visiblement très fatigué, le leader du centre gauche ne peut que proposer (mais à qui ?), une « réforme des institutions, de la politique, de la moralité publique et de la défense de ceux et celles qui sont le plus exposés à la crise économique ».

 

Un discours vide qui semble prendre acte confusément de la fin d’une période;

 

un sentiment largement partagé. Andrea Martini, dans un commentaire paru sur le site de Sinistra Critica, n’indiquait-il pas que ce vote avait « porté un coup décisif » à la « seconde république », à la mise en place de laquelle avaient œuvré, chacun à son tour, le regroupement de Silvio Berlusconi et le soi-disant centre gauche. Obscurément, il semble qu’il s’agisse de plus encore que cela, même s’il est encore bien difficile de se faire une idée précise de l’impact de ce vote sur la structure politique du pays. Beppe Grillo annonçait d’ailleurs triomphalement le 26 février que « le système s’était effondré ».


Un pays divisé


La coalition autour de Pier Luigi Bersani et du PD remporte 29,54% des voix à la Chambre des députés et 31,63% au Sénat, contre 29,18% pour la coalition de Silvio Berlusconi à la Chambre et 30,71% au Sénat. Le mouvement de Beppe Grillo est le premier parti du pays avec 25,55% des voix à la Chambre et 23,79% au Sénat. Le pays est donc bien « coupé en trois » comme l’annonce Il Fatto quotidiano de Marco Travaglio, le 26 février.


On peut évidemment pointer du doigt la loi électorale italienne, la question des prérogatives du Sénat, les réformes nécessaires pour l’expression d’un vote véritablement démocratique, l’abstention massive (25% de la population n’est pas allée voter, soit 5% de plus qu’en 2008). Mais en définitive, la question centrale n’est pas là, loin s’en faut. A l’heure où nous bouclons (26 février), toutes les options semblent ouvertes, même celles d’une grande coalition gouvernementale basée sur un accord entre le PD de Bersani et le Popolo della libertà (PdL) de Berlusconi. Un nouveau gouvernement technique, au vu du très faible résultat de Mario Monti (10,56% à la Chambre, et 9,13% au Sénat), semble logiquement exclu… mais nul ne sait. La décision appartient au président Giorgio Napolitano, seul habilité aujourd’hui à prendre des options.


Beppe Grillo : un vote contre l’austérité ?


Il faudra analyse plus finement ce qui s’est produit dans les urnes italiennes les 24 et 25 février, et avant cela, sur les places des villes italiennes, où des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées à l’appel du comique gênois, et avant cela encore, sur les vingt années qui ont précédé ce tremblement de terre électoral, marqué par « l’idéologie éclectique du berlusconisme ». Il faudra mieux cerner les contours de ce vote « protestataire » qui a fait du M5S, le premier parti du pays. Beppe Grillo ne se laisse d’ailleurs pas cerner aisément.


Au-delà des commentaires complaisants qu’on a pu lire ici et là dans la presse internationale (notamment « Beppe Grillo, empêcheur de voter en rond », Mediapart, 21 février 2013), le résultat qui est sorti massivement des urnes ne marque pas seulement un rejet de l’austérité. Il incarne aussi la fin d’un cycle politique qui pourrait concerner aussi d’autres pays. Après tout, l’Italie a goûté la première aux fruits amers de la politique d’un parti démocrate à l’américaine ; elle a élu avant la France son Sarkozy, de surcroît coalisé à l’extrême droite. Elle a enfin perçu et l’a exprimé fortement dans les urnes, en votant pour le comique gênois ce weekend, qu’il s’agissait là de voies sans issue. Beppe Grillo représente-t-il aujourd’hui une variante de ce « sovversivismo » dont parlait Antonio Gramsci comme d’une spécificité italienne, qui pouvait aller à droite ou à gauche mais qui en temps de crise allait inévitablement à droite ? Le temps sans doute nous le dira. Il représente néanmoins les nouvelles modalités d’une protestation populaire qui inquiète fortement les cercles dirigeants de la bourgeoisie européenne.

*

* A paraître en Suisse dans le prochain numéro de « solidaritéS »

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http://www.solidarites.ch/journal

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http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27964

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 11:24

 

 

Par Flavia D'Angeli le Mardi, 26 Février 2013

 

La crise italienne explose avec les élections du 25 février.

 

Le favori des élections, le Parti Démocrate et le centre gauche, n’atteint pas les 30%, et obtient 120 mille voix de plus que Berlusconi qui démontre qu’il sait résister. Grace à la loi électorale qui attribue la majorité des voix à celui qui obtient ne serait-ce qu’un vote de plus que l’adversaire, le centre gauche aura 340 sièges (sur 630) à la Chambre des députés.

 

Au Sénat, par contre, la situation est totalement ingouvernable :

 

120 sièges au Parti Démocrate, 117 à Berlusconi, 18 à Monti et 56 à Beppe Grillo. Mario Monti, avec sa liste libérale et « du centre » ne dépasse pas les 10% et représente l’autre défaite, avec le PD, de ces élections. La rage anti-crise et contre les « castes » politiciennes se concentre sur  le mouvement de Beppe Grillo, qui a fait une grande campagne électorale, remplissant toutes les places où il se présentait dont la dernière à Rome avec plus de cent millepersonnes.Il représente le 1er parti à la Chambre des Députés avec 25.6% des voix, dépassant, de peu, le Pd qui arrive à 25.4. Et de fait, malgré tous les pronostics, aucune hypothèse de gouvernement crédible ne sort des votes ; le besoin d’une alternative  aux politiques de rigueur et d’austérité  fait de plus en plus son chemin, et prend sa forme aujourd’hui dans le mouvement des 5 Stelle.

 

Donc le gouvernement de Monti a été désavoué, et avec lui le parti qui l’a fidèlement soutenu, le PD.  Les politiques de rigueur n’ont pas convaincu et n’ont pas rassemblé. Celui qui s’en est détaché à temps (Berlusconi) a sauvé sa peau (même si le centre droit a perdu environ 16% par rapport à 2008). Ceux qui se sont  immolés sur l’autel de la BCE ont été battus, en particulier Bersani (Vendola) et Monti, soit les mêmes que le Financial Times présentait comme les seuls artisans possibles d’un gouvernement après les élections, un gouvernement qui aurait la confiance de l’Union Européenne, du FMI et des USA.


Nous sommes dans une situation à la grecque avec Grillo à la place de Syriza.


Grillo est la seule réponse qui a convaincu la masse. Une réponse, vague mais radicale, contre la crise, l’austérité et la politique de continuité de ces vingt dernières années due à « la caste ». Il faudra du temps pour mieux évaluer Grillo,  mais il représente sans aucun doute  l’unique proposition de transition dans ces temps (qui sont évidemment des temps difficiles), dans laquelle se mélangent des demandes contradictoires. Elle se nourrit non seulement de la perte de confiance dans le PDL et dans la Ligue, mais elle pêche aussi à pleine main dans le Pd et dans la gauche plus radicale, balayée, peut-être définitivement. Une réponse multiple, qui associe la petite bourgeoisie emprisonnée, des jeunes en état de précarité, et des secteurs de l’intelligentsia (le Prix Nobel Dario Fo est venu à Milan soutenir Grillo). Un regroupement parfaitement anormal  au point de vue européen, qui propose d’abolir la dette,  les taxes foncières mais aussi le projet de soutien à la petite et moyenne entreprise.


Pour le moment il y a impossibilité totale de gouverner...

 

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 12:17

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Les eurodéputés français qui ont voté en faveur (d'une résolution pas d'une loi, note du blog) de la réintroduction des farines animales? Six d'entre eux ( avec*) auraient fait part de leur volonté de changer leur vote par la suite... ce qui n'aurait finalement rien changé à l'issue du vote, tout compte fait.

 

Pour aller plus loin:

 

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/02/jean-luc-m%C3%A9lenchon-les-farines-animales-et-twitter.html

 

http://www.liberation.fr/economie/2013/02/15/farines-animales-c-est-du-lard-ou-du-poisson_882235

 


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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 11:37
joder

"Putain" dit Mariano Rajoy entouré de "chorizos" (voleurs)

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Social dimanche 24 février 2013
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Criant « démission », contre l’austérité et la corruption, une « marée citoyenne » de dizaines de milliers de personnes a envahi Madrid, ce samedi 23 février.


L’Espagne, minée par un cocktail explosif de chômage et de récession, s’interroge sur ses institutions ébranlées par des scandales en série. Une fois le rassemblement dispersé, quelques incidents ont éclaté à Madrid dans les quartiers alentour entre la police antiémeute et de petits groupes de jeunes, qui se sont éparpillés en mettant le feu à des poubelles. Douze personnes ont été interpellées, selon la police.


Comme à Madrid, des « marées citoyennes » ont été organisées dans de nombreuses villes d’Espagne, rassemblant notamment des milliers de personnes à Barcelone, Valence, La Corogne, Séville ou Bilbao.


Chômage de 26 %


Cible de la colère des manifestants : la politique d’austérité menée depuis un an par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, visant à récupérer 150 milliards d’euros d’ici 2014. Alors que tous les clignotants sociaux sont au rouge, que le pays en récession affiche un chômage de 26 %, la grogne est accentuée par l’aide européenne de plus de 41 milliards d’euros accordée aux banques, une injustice pour beaucoup d’Espagnols.


Corruption


Les affaires de corruption qui éclaboussent les grandes institutions du pays renforcent encore le malaise. Samedi, des drapeaux républicains, rouge, jaune et violet, flottaient dans la foule. Car la monarchie, jusque-là réputée intouchable, se retrouve prise dans la tourmente d’un scandale sans précédent : le gendre du roi Juan Carlos, Iñaki Urdangarin, était interrogé samedi par un juge des Baléares dans une enquête sur le détournement de millions d’euros d’argent public. Au point que la Maison royale a dû, vendredi, publier un démenti face à des rumeurs sur une éventuelle abdication du roi, âgé de 75 ans.


En janvier, c’est le nom de Mariano Rajoy qui était apparu dans une liste, publiée par le quotidien El Pais, de bénéficiaires présumés de paiements occultes.

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http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Espagne.-Une-maree-citoyenne-contre-l-austerite-a-Madrid_55257-2167141_actu.Htm

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 11:04

 

RODRIGUEZ Jesus Izquierda Anticapitlaista 14 février 2013

Les infos sur des politiciens corrompus envahissent la vie quotidienne de l’État espagnol, en même temps que les effets dévastateurs des politiques néolibérales augmentent le chômage, la dette, la pression à la baisse sur les salaires, l’émigration des jeunes…


Les révélations médiatiques se multiplient après la découverte de comptes suisses millionnaires appartenant à l’ex-trésorier du PP (droite), Luis Bárcenas, accusé de délits contre le fisc et de subornation. Bárcenas avait déjà été au centre de plusieurs scandales de corruption liés à de hauts dirigeants du PP. Ont été aussi dévoilés des salaires additionnels non déclarés au fisc par des dirigeants de ce parti, dont l’actuel Président du gouvernement Mariano Rajoy. L’indignation est grande.


Mais, plus encore, la réduction des services publics s’est accompagné de privilèges accordés à des entreprises privées liées à des hommes du PP qui profitent des privatisations. Il en est de même dans des zones dirigées par le PSOE, où des entreprises liées à des personnalités de ce parti gèrent la sous-traitance de services octroyés par l’administration publique. En plus, les énormes sommes versées aux banques pour les sauver se sont combinées avec les exonérations fiscales pour les hauts revenus. La corruption est un élément de ce puzzle de privilèges, où fusionnent des fractions de la bourgeoisie financière et industrielle avec la caste politique.


Un système parasitaire


L’accumulation par dépossession, alimentée par l’expropriation constante des classes laborieuses telle qu’évoquée par David Harvey, montrent quelques traits particuliers dans l’État espagnol. Entre autres, celle d’un modèle urbain spéculateur et prédateur de l’environnement. Ce modèle a encensé l’enrichissement individuel et la vente du patrimoine naturel et a constitué une source d’enrichissement pour des mairies et des réseaux de l’immobilier, de promoteurs, de banques et partis politiques. Cet «  enrichissez-vous  » a entraîné une corruption politique légalisée.

Il ne suffit donc pas de dénoncer l’immoralité de quelques dirigeants politiques ni de demander leur démission et de nouvelles élections. Il faut dénoncer toute la logique parasitaire des politiques néolibérales et leur matrice culturelle, le pillage de ce qui est public pour le profit privé. Il faut dire aussi que, autant en ce qui concerne la corruption institutionnelle que la gestion de la dette, les licenciements ou les services publics, la question est «  qui décide  ?  ». Il faut une gauche qui mette au centre la question de la rupture.


Renverser le consensus institutionnel


Face à l’offensive néolibérale, le sentiment défensif du monde du travail est très fort et le développement de la conscience politique est très limité. Cela profite à des courants populistes, comme UPyD, et à la gauche réformiste (Izquierda Unida, coalition autour du PCE) qui participent maintenant à de nombreux gouvernements municipaux et autonomistes (en Catalogne il y a quelques années et maintenant en Andalousie) en alliance avec le PSOE, où ils appliquent des politiques d’austérité.


Mais le bipartisme du PSOE-PP, artisan de l’architecture économique de la bulle spéculative, s’use. Les consensus institutionnels se fissurent, ainsi que la légitimité de toutes les institutions issues de la réforme du système franquiste et de la Constitution de 1978, de la magistrature à la Couronne. Cette crise s’accélère avec la question nationale en Euskadi et en Catalogne, où les attaques contre les services publics accélèrent les tensions dans le modèle territorial.

Il s’agit de partir des luttes pour tisser des alliances avec des secteurs capables de développer une alternative politique mettant en avant le renversement de toute l’architecture institutionnelle au service de l’oligarchie politique et économique.

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* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 182 (14/02/13).

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http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27894

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