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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 10:40

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Deux millions de Britanniques, salariés du secteur public, participent ce 30 novembre à un mouvement de grève d'une ampleur inédite depuis  trente ans. The Guardian défend le combat de ces fonctionnaires contre la réforme des retraites.


30.11.2011 | Seumas Milne | The Guardian


L'assaut fébrile lancé contre les fonctionnaires britanniques et leurs syndicats atteint son paroxysme. David Cameron a déclaré que les grèves du 30 novembre représentaient le "summum de l'irresponsabilité". [Le secrétaire d'Etat et Trésorier payeur général] Francis Maude prétend qu'elles vont infliger des "dommages considérables" à l'économie. Leurs pompoms girls du Sun soutiennent que les arrêts de travail - déclenchés par les travailleurs sociaux, les éboueurs, les pompiers, les enseignants et le personnel soignant - pour défendre leurs "retraites dorées" sont "imprudentes" et "égoïstes". Le Mail dépeint leurs chefs de file comme des "monstres antédiluviens".

Les oligarques des médias, pour lesquels personne n'a voté et qui refusent de reconnaître les syndicats eux-mêmes, ainsi que des ministres mis au pouvoir par moins d'un quart de l'électorat, ont le toupet de remettre en question le droit des salariés du service public à faire la grève sous prétexte qu'un vague vote à la poste aurait donné moins de 50 % de voix favorable à l'action. Dans sa grande majorité, l'opinion publique, à en croire le tout dernier sondage Comres pour la BBC - en particulier les femmes -, ne serait pas de cet avis et approuverait les grèves. Mais ne soyons pas surpris si quelques fonctionnaires, avec leurs "retraites dorées" qui se montent en moyenne à 6 500 livres (7 500 euros) par an et 4 000 livres (environ 4 600 euros) pour les femmes, se sentent intimidés par la virulence de l'hostilité des autorités alors qu'ils souhaitent exercer leur droit démocratique fondamental à se mettre en grève.

Il y a donc cinq raisons pour lesquels les salariés de la fonction publique ont raison de débrayer cette semaine :


1. Il ne reste qu'un moyen de défendre les retraites, l'action sociale.

 

Le gouvernement s'efforce de faire en sorte que la plupart d'entre nous paient plus et travaillent plus longtemps pour moins d'argent. Ce n'est pas pour financer les retraites parce que les gens vivent plus longtemps, mais pour contribuer à rembourser le déficit dû au renflouement des banques et à la crise qu'elles ont provoquée. La hausse de 3,2 % des contributions sociales est un impôt sur la main d'œuvre dont le niveau de vie a été sévèrement étranglé par un gel répété des émoluments. Les retraites, quant à elles, ne sont pas un privilège, mais un paiement différé. Protéger les salaires et les conditions de travail, c'est précisément la mission des syndicats.


 2. Les grèves servent à défendre le service public, pas seulement les fonctionnaires.

 

En abaissant les salaires, les retraites et les conditions de travail dans le secteur public, le gouvernement va également entraîner une baisse de la qualité de ses services. C'est pour cette raison que Sue Foster-Agg - la directrice d'école que David Cameron avait si vivement félicitée de ne pas avoir participé à la grève de l'enseignement en juin - a décidé de manifester ce mercredi. "Ce que je crains, c'est qu'ils n'attirent pas les meilleures personnes vers les métiers de l'enseignement", expliquait-elle le weekend dernier. Au lieu d'aider les retraités du privé dont les pensions sont encore plus réduites ou inexistantes (et où les abattements d'impôts bénéficient aux plus aisés), cette offensive contre les retraites du secteur public ne fera qu'accélérer un mouvement général de nivellement par le bas.


 3. La protection des retraites du secteur public est un atout, non un handicap, pour l'économie.

 

Le principal problème de notre économie aujourd'hui est la faiblesse de la demande et de l'investissement. Les projections économiques montrent que le programme de réduction des dépenses du gouvernement ne marche pas et qu'il nous conduit droit à la récession. En augmentant les contributions du secteur public, en réduisant les droits à la retraite et en diminuant les salaires réels, le gouvernement ne peut qu'aggraver la situation. Loin de nuire à notre économie, plus les syndicats du public sauront défendre leurs conditions de travail - et réduire les dépenses -, mieux l'économie se portera.


4. Les ministres ne cèderont pas devant de bonnes raisons mais sous la pression.

Il ne suffit pas d'avancer de bons arguments pour gagner la bataille à propos des retraites et des réductions de dépenses. Jamais nous n'aurions obtenu les concessions que nous avons négociées sur les retraites si plus de deux millions de fonctionnaires n'avaient pas voté la grève. Plus la mobilisation sera massive ce mercredi, plus les ministres devront céder. C'est pour cela que les représentants syndicaux gagnent en moyenne 15 % de plus que les autres salariés. La grève est l'occasion de nous rappeler qui effectue le trravail qui importe le plus dans nos existences [éducation, santé, etc.]. C'est également l'expression de la démocratie au travail.

 5. La grève est un message directement envoyé au 1 % les plus riches.

 

L'attaque du gouvernement contre les retraites a pour objectif de faire payer les salariés du secteur public pour des dégâts commis par des catégories bien plus riches et dont les revenus ne cessent d'augmenter. La faiblesse des syndicats a été un élément crucial dans l'augmentation des inégalités au cours des trente dernières années. Entre 1975 et 2008, la part des revenus des salariés dans le revenu national est passée de 65 % à 53 % alors que les profits des entreprises explosaient. Il suffit de considérer l'évolution du taux de syndicalisation et celle des revenus des 1 % les plus riches pour comprendre que ces deux phénomènes sont étroitement liés. Ce mercredi, le retour de syndicats forts pourrait à nouveau changer la donne.

 

http://www.courrierinternational.com/article/2011/11/30/pourquoi-les-fonctionnaires-ont-bien-raison-de-faire-greve

 

à lire également
strike  Mobilisation historique

Trente syndicats, essentiellement de la fonction publique, ont voté la grève de ce 30 novembre, dont celui des directeurs d'école qui, en 114 ans d'Histoire, appelle pour la première fois à cesser le travail. La réforme des retraites du secteur public prévoit une augmentation des cotisations de 50 % (qui passerait de 6 % de leur salaire à 9 %) ; le montant des pensions serait revu à la

 

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baisse, basé sur la moyenne des salaires plutôt que sur les dernières années ; et l'âge de la retraite, qui s'étale actuellement entre 60 et 65 ans, devrait être augmenté à 65 ans pour tous en 2018, puis 66 ans dès 2020 et progressivement jusqu'à 68 ans d'ici une trentaine d'années, dénoncée par les grévistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 13:25

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30/11/2011par Caroline Venaille

 

Après les étudiants le 9 novembre, ce sont les fonctionnaires britanniques qui manifestent. Un an après l’annonce des coupes budgétaires, la fonction publique s’inquiète du plan de retraite mis en place par le gouvernement. Travailler jusqu’à 67 ans pour gagner moins ? “No way”, répondent les Britanniques. Selon les syndicats et le département de l'Education, 90% des écoles prévoient de fermer leurs portes ce mercredi.

 

Lire la suite ici


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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 11:06

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Par Jean Sébastien Mora (18 novembre 2011)


Sauf surprise, seuls un ou deux députés écologistes devraient siéger au Parlement espagnol à l’issue du scrutin législatif du 20 novembre. Une première, qui peine cependant à masquer le retard qu’a pris l’Espagne en matière de prise de conscience environnementale. Le pays demeure le premier producteur européen d’OGM, est gravement menacé par la désertification, et vient d’autoriser l’exploitation de gaz de schiste. Pourquoi un tel retard sur ses voisins ?

 

L’Espagne demeure un pays de mission pour les écologistes. Exemple ? La Communauté automne basque vient d’autoriser l’exploitation des gaz de schiste dans la province d’Alava, un des corridors naturels préservés entre les Pyrénées et la cordillère Cantabrique, qui longe le golfe de Gascogne. Et ce, en dépit de l’intense polémique que suscite mondialement l’extraction de gaz par fracturation de couches géologiques. Quatorze puits d’exploration auraient déjà détecté une quantité importante de gaz de schiste. En parallèle, le groupe pétrolier Repsol a annoncé fin septembre sa volonté de réaliser des forages de prospection dans le golfe de Gascogne, malgré tous les risques que suppose une exploitation pétrolière en eaux profondes…

 

Au pays des OGM, de la désertification et du bétonnage des côtes…


En Espagne, l’indifférence de l’opinion publique et l’absence de débat au sein de la classe politique s’accompagne d’un retard manifeste en matière de législation environnementale. En effet, les OGM sont commercialisés depuis 2002, faisant du royaume ibérique le seul pays de l’Union européenne où les cultures transgéniques sont vraiment significatives, avec 100 000 hectares (contre 5 500 ha de maïs OGM en France).

 

Dans un pays menacé par la désertification, la question de l’eau est chaque jour plus préoccupante, mais les normes en matière de produits phytosanitaires se contentent toujours du minimum imposé par Bruxelles. Enfin, et surtout, Madrid est actuellement le principal opposant à la réforme de la Politique commune de pêche de l’UE, réforme visant à retarder l’épuisement des ressources halieutiques.

 

Divisées jusqu’à la caricature, une multitude de formations écologistes se présentaient jusqu’alors aux élections, sans jamais siéger au Parlement. Pour les élections législatives anticipées du 20 novembre, une trentaine d’entre elles se sont réunies sous la bannière d’Equo, une coalition menée par une figure de Greenpeace Espagne, Juantxo Uralde. Ce militant originaire de San Sebastian s’est notamment rendu célèbre le 18 décembre 2009, pour s’être infiltré au dîner de gala des chefs d’État durant le sommet de Copenhague. Selon les sondages les plus optimistes, Equo obtiendrait deux députés, un à Madrid et un autre dans la communauté de Valence.

 

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Une « agressivité » envers l’environnement


Une première de l’autre coté des Pyrénées, même si le groupe écologiste resterait – sauf énorme surprise – ultraminoritaire au milieu des 350 parlementaires. Le code électoral a toujours desservi les formations politiques minoritaires. Sa réforme du 29 janvier 2011, promue conjointement par le Parti populaire (PP) et le Parti socialiste (PSOE), a même aggravé le manque de représentativité des petits partis.

 

Equo démarre avec un handicap certain : la coalition n’est pas parvenue à obtenir suffisamment de signatures pour se présenter dans toutes les circonscriptions.

 

« Il ne faut pas en permanence réduire l’activisme écologiste à sa représentation politique », prévient Inaki Barcena, cofondateur d’Écologistes en action, un mouvement actif dans tout le pays. Reste que, selon l’étude menée par le sociologue Juan Diez Nicolas en 2004, seulement un Espagnol sur dix adopte au quotidien des gestes qui vont dans le sens de la préservation de l’environnement. Plus grave, la moitié de la population se comporte de manière « très agressive », selon les termes de l’étude, vis-à-vis de l’environnement : abandon de batteries et de piles usagées dans le milieu naturel, usage immodéré des systèmes de climatisation, recours systématique à la voiture constituent des pratiques courantes. Pourquoi les Espagnols se distinguent-ils ainsi de leurs voisins, où la préoccupation écologique grandit, et pas seulement dans le nord de l’Europe ?

 

Un franquisme sociologique


En Espagne, la marginalité des pratiques écologiques s’inscrit évidemment dans un contexte historique, celui de quarante années de dictature. Le pays n’a pas connu les mouvements sociaux et les révoltes des années 1970, période durant laquelle apparaît en Europe et aux États-Unis la remise en cause de la société de consommation et la prise de conscience environnementale.

 

« Promu à l’origine par Franco, le tourisme comme modèle économique n’a rien arrangé. Les Espagnols ont été convaincus de la légitimité de bétonner toute la côte méditerranéenne, de développer des réseaux routiers et des installations de loisirs énergivores », confie Alba, une militante d’Equo. En 2009, avec 21 milliards d’euros, la construction d’infrastructures devançait l’Éducation et la Santé dans le budget de l’État. Une logique du tout-transport en pleine dérive : l’Espagne présente le réseau ferroviaire de lignes « grande vitesse » le plus dense d’Europe, mais le bilan environnemental et énergétique est catastrophique. Toutes les lignes sont déficitaires, car la plupart des usagers préfèrent prendre le bus, plus économique. En 2010, la ligne Madrid-Valladolid qui a coûté 4 milliards d’euros, n’a été occupée qu’à 25 % de ses capacités.

 

Le virage en matière d’environnement n’est pas pour demain : Mariano Rajoy, président du Parti populaire, devance de très loin dans les sondages le candidat du PSOE, Alfredo Perez Rubalcaba (lire aussi notre précédent article). Mariano Rajoy continue à considérer la question des transports comme prioritaire et a annoncé qu’il fera tout pour relancer un projet très controversé, celui de l’aéroport de Ciudad Real, inauguré en 2008 pour un coût de 500 millions d’euros, et qui vient de fermer ses portes, trois ans plus tard, après que la dernière compagnie aérienne qui y opérait a plié bagage.

 

Jean Sébastien Mora

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 08:25

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Nos camarades d'Izquierda Anticapitalistes répondent en catalan :

On continuera à désobéir!

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 09:47

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En faisant entrer dans la coalition le Laos, un parti qui défend la mémoire de la junte militaire, le nouveau Premier ministre grec a fait une grave erreur.


18.11.2011 | Lori Keza | To Vima

 

La crise sert de purgatoire. Des défenseurs de la junte des colonels sont devenus membres du nouveau gouvernement, sans qu'il n'y ait eu aucune, mais vraiment aucune, protestation.

N'ayons pas la mémoire courte. Giorgos Karatzaferis, le leader de l'Alerte populaire orthodoxe (Laos), a demandé une amnistie pour les acteurs de la junte militaire. Il faut comprendre le sens profond de sa demande : il a demandé que l'on oublie, que l'on raye de nos mémoires, ceux qui ont renversé la république.

Et ce n'est pas une demande ancienne, qui date de l'an dernier, ni même un "détail", mais une réalité très récente. Le Laos est entré au gouvernement sans aucune justification idéologique ou pratique. Pourtant, ce n'est même pas un "simple parti d'extrême droite", comme dans le reste de l'Europe. Bien entendu, la base idéologique de ce parti ressemble aux autres : xénophobe, usant de la crise, chrétien au possible et ennemi de la mondialisation. Mais la différence est qu'ici, le parti est directement lié à la dictature des colonels (de 1967 à 1974).

Ce n'est ni une calomnie, ni une rumeur, mais un fait. Makis Voridis, l'actuel ministre des Transports, était le secrétaire général de la jeunesse de la junte militaire, donc un homme de la junte avec un pedigree connu, gravé à vie. Son ajustement politique vers le nationalisme patriotique a conduit le Laos à se présenter sur des listes électorales avec les candidats de Chryssi Avghi, une autre formation d'extrême droite extraparlementaire dont les militants s'en prennent régulièrement aux immigrés en particulier dans le centre-ville d'Athènes.

 


Le nouveau gouvernement bénéficie d'un bon accueil, mais il a fait sa première sérieuse erreur. M. Papademos n'avait pas besoin de l'extrême droite, ni politiquement ni stratégiquement. Il en a pourtant décidé ainsi. Les vieux souvenirs de l'époque des colonels, les plaies du passé sont donc de nouveau ouvertes et pourront briser son image de rassembleur.

 

http://www.courrierinternational.com/article/2011/11/18/lucas-papademos-n-avait-pas-besoin-de-l-extreme-droite

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 09:39

A-dog-barks-at-a-formatio-007-1.jpg

À l’heure où ces lignes sont écrites, Loukas Papadémos vient de former le nouveau gouvernement dit « d’entente nationale » appelé à succéder à celui du démissionnaire Georges Papandréou. Il a fallu plusieurs jours de tergiversations et d’âpres négociations entre le PASOK (socialiste), toujours majoritaire au Parlement, et la Nouvelle Démocratie (ND, opposition de droite), sans oublier le rôle particulièrement actif de l’extrême droite du LAOS, pour arriver à ce résultat.


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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 09:51
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 11:08
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Plus de 600 morts et 2 000 blessés, tel est le bilan du violent tremblement de terre qui a eu lieu le dimanche 23 octobre à l'est de la Turquie, dans la région de Van, atteignant une intensité de 7,2 sur l'échelle de Richter. Dans cette région dont la population est à majorité kurde et où vivent plus d'un million de personnes, presque la moitié des immeubles sont maintenant détruits ou inhabitables.

L'arrivée de l'hiver et de la neige dans cette zone de montagnes rendra rapidement la situation de la population dramatique.

Le fait que le tremblement de terre se soit produit un dimanche après-midi a sans doute évité un nombre encore plus important de morts, car beaucoup d'habitants à cette heure-là ne se trouvaient pas chez eux. Mais le gouvernement et l'État, qui savent trouver des moyens importants pour effectuer leurs opérations militaires contre la guérilla kurde, n'ont quasiment pas agi durant les premières 24 heures, pourtant cruciales en pareil cas. Puis des dizaines de milliers de familles ont dû dormir dehors par des températures atteignant zéro degré la nuit, sans que des tentes aient été acheminées en nombre suffisant. Environ 48 milliards de livres turques (soit quelque vingt milliards d'euros) de taxes ont été collectés depuis 2003, en principe pour financer les travaux nécessaires à la prévention des conséquences des tremblements de terre qui menacent tout le territoire de la Turquie. Mais il s'avère que ces sommes ont été utilisées pour autre chose !

Devant l'indignation de l'opinion, le Premier ministre Erdogan a dû se livrer à une petite autocritique, mais il s'en est surtout pris aux nationalistes kurdes, déclarant avec aplomb que « quand il s'agit de créer des troubles ou d'attaquer les forces de l'ordre ils se mobilisent, mais quand il s'agit d'aider les victimes du tremblement de terre on ne les voit pas ».

Une partie de la presse a quand même rappelé que le grand tremblement de terre de 1999 dans la région d'Istanbul, qui avait fait plus de 19 000 morts, avait déjà mis en évidence les problèmes liés à la corruption, grâce à laquelle les promoteurs pouvaient construire en dépit des règles de construction antisismiques. Plus de la moitié des immeubles avaient même pu être édifiés sans permis de construire. Devant l'indignation, déjà à l'époque des lois avaient été votées pour que pareille chose ne se répète plus. Mais visiblement il ne suffit pas de voter des lois.

Le tremblement de terre de Van a mis encore une fois en évidence cette corruption généralisée et le fait que les promoteurs économisent sur toutes les dépenses, sur le ciment, le fer, les fondations, etc., et continuent à construire sans même les autorisations nécessaires. Le quotidien Milliyet a publié le 27 octobre une photo montrant un immeuble construit en 1952 et resté debout et intact, à côté d'un autre immeuble construit en 1998 mais qui, lui, s'est complètement effondré.

Depuis le 23 octobre la presse parle de nouveau des risques que la population encourt, surtout dans la région d'Istanbul où vivent plus de 13 millions de personnes et où on estime que près de la moitié des immeubles sont dangereux ou sans permis de construire, et ne résisteraient pas à un séisme important. Or un tel séisme est de nouveau prévu dans la région d'Istanbul dans les années ou les décennies qui viennent. Si l'incurie actuelle continue, le bilan risquerait alors de se chiffrer, non en milliers, mais en dizaines, voire en centaines de milliers de morts.

Julien SILVA
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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 12:14
eta
27 septembre 2011

L’ETA vient d’annoncer qu’elle cessait toute action armée. Il appartient dorénavant aux gouvernements français et espagnol d’arrêter la répression à l’encontre des militants basques.

Bien qu’attendue, l’annonce par l’ETA, le 20 octobre, de «  l’arrêt définitif de son activité armée  » a été caractérisée par la plupart des médias et des commentateurs comme une décision historique.


Elle fait suite à une conférence internationale qui a eu lieu le 17 octobre à Donostia (Saint-Sébastien), au Pays basque, dans l’État espagnol. Étaient présents des personnalités politiques comme Jonathan Powell (ancien chef de cabinet de Tony Blair, il participa au processus en Irlande du Nord), Koffi Annan (ancien secrétaire général de l’ONU), Pierre Joxe (PS, ancien ministre de l’Intérieur, de la Défense et de l’Industrie), de nombreux membres d’organisations politiques et syndicales du Pays basque Sud et du Pays basque Nord (du PS à l’UMP en passant par le Modem, en plus des différents courants abertzale).

 

La journée s’est conclue par une déclaration invitant en particulier«  l’ETA à déclarer publiquement l’arrêt définitif de toute action armée et à solliciter le dialogue avec les gouvernements d’Espagne et de France…  », encourageant «  vivement les gouvernements d’Espagne et de France à bien l’accueillir et à consentir à l’ouverture d’un dialogue traitant exclusivement des conséquences du conflit  » et suggérant que «  les représentants politiques et acteurs non violents se rencontrent pour discuter des questions politiques et, en consultation avec la population, de tout autre sujet qui pourrait contribuer à créer une nouvelle ère pacifique  ».


Cette conférence est politiquement très importante car elle donne un cadre pour un règlement du conflit, tout en portant la question sur la scène publique internationale. Sa première demande envers l’ETA est aujourd’hui satisfaite. La balle est maintenant dans le camp des gouvernements espagnol et français.


Nouvelle période


Une nouvelle période s’ouvre en Pays basque, préparée en fait par l’évolution politique de la gauche indépendantiste. C’est en effet dès le 14 novembre 2009 qu’elle s’est engagée publiquement (déclaration d’Altsasu) à utiliser exclusivement «  des voies pacifiques, politiques et démocratiques  ». L’accord de Guernica/Gernika, signé par nombre de partis, syndicats, associations du Pays basque, le 25 septembre 2010, a suivi  : il demande à l’ETA et aux gouvernements «  de prendre les décisions et les initiatives qui permettront la mise en place d’un processus non violent avec des garanties et la normalisation politique progressive  »  ; le collectif des prisonniers politiques basques a lui-même récemment signé cet accord. De son côté, l’ETA a annoncé le 10 janvier 2011 «  un cessez-le-feu permanent, général et vérifiable par la communauté internationale  ».


La répression continue


Mais ces prises de position et décisions en faveur d’une solution négociée du conflit restent unilatérales. À ce jour, les gouvernements espagnol et français n’ont pas donné l’ombre d’un signe indiquant leur volonté d’aller dans le sens de la discussion et de la négociation. Pire, ils maintiennent voire accentuent la répression. Au Pays basque Sud, les arrestations de militantEs basques se poursuivent et la torture reste pratiquée par la police  ; Sortu, la nouvelle organisation de la gauche indépendantiste, n’est toujours pas légalisée. Au Pays basque Nord, l’État français renvoie à Madrid les militantEs basques du Sud réfugiéEs en France en validant les mandats d’arrêt européens émis par l’Audiencia Nacional  ; la police française peut arrêter Aurore Martin, victime de nationalité française du mandat d’arrêt européen, à n’importe quel moment et la remettre aux autorités espagnoles. Plus de 700 militantEs basques sont emprisonnéEs (dont 139 en France), souvent dans des conditions très dures.


Alors, plus que jamais, l’heure est à la mobilisation pour obliger les États espagnol et français à faire immédiatement des gestes significatifs et aller vers la résolution politique du conflit. Le rapprochement immédiat des prisonniers basques, demandé par les familles et les organisations, est un premier pas vers l’amnistie qui doit être générale et sans condition. Il faut en terminer avec les juridictions d’exception, avec les illégalisations, comme avec le mandat d’arrêt européen, sinon… comment discuter d’une solution politique  ?


La question de fond au Pays basque est celle de l’autodétermination, c’est-à-dire du droit du peuple basque à décider de son destin  ; le débat politique et démocratique mettra vraisemblablement sur la table différentes options (le statu quo, plus – ou moins – d’autonomie, l’indépendance etc.). C’est la consultation de la population qui permettra de trancher. Ce ne sera ni simple ni rapide mais c’est la seule voie qu’impose la démocratie.


Rappelons que la trêve de l’ETA en 1998 avait libéré le mouvement social et que s’étaient multipliées grèves et manifestations, en particulier sur les salaires et la réduction du temps de travail. Aujourd’hui, au Pays basque comme ailleurs, le monde du travail supporte la crise du système capitaliste et les mesures d’austérité, particulièrement dures dans l’État espagnol. Si le contexte nouveau qui s’ouvre en Pays basque facilite les luttes et les résistances sociales, ce ne sera pas la moindre de ses conséquences positives  !


Claude Larrieu


* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 121 (27/10/11).

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 14:47

2011-presidential-election.png cartes: http://irishpoliticalmaps.blogspot.com/

 

Sur cette carte, qui ampute violemment l'irlande de sa partie "britannique", on voit bien le rapport de force gauche droite avec le Donegal pour Sinn Fein. 26 comtés (moins les 6 du Nord) , les urbains à gauche, 7 ruraux à droite.

 

Un pays avec un panorama politique original

 

Tous les partis sont issus de l'RA ! Aussi bien de l'IRA Pro traité avec les anglais amputant l'Irlande du Nord en 1921, c'est à dire le parti Fine Gail, que de l'IRA Anti Traité, le Fianna Fail de De Valera. Le Labour lui aussi à quelque chose à voir avec l'IRA, car il se réclame de James Connolly, dont l'Irish Citizen's Army  a participé à la création. Le Sinn Fein, lui maintient le flambeau de la réunification des "anti traités", abandonné par les autres. 

 

Le Fianna Fail a été le parti de la majorité (classe ouvrière et petits paysans) pendant un siècle. Il était lié à De Gaulle et à son héritier le RPR au parlement européen.  L'alternance se faisait avec le Fine Gael (droite, parti des riches paysans et des pro-british). Le FG recevait le soutien du Labour pour avoir une majorité.

 

Le Labour, n'est pas un parti de gauche avec une base ouvrière comme notre PS. Les pauvres votent FF qui est officiellement "anti-brit". C'est plus un parti "libéral"  pour classes moyennes avec des bastions ouvriers. La question nationale, bien qu'estompée est toujours présente, dans le vote FF des exploités. Le Labour est toujours allié au FG et donc au parti le plus à droite.

 

Pas de PC et pas "républicains" grâce à l'église,  une droite à 70% et une "gauche" à moins de 30%, des syndicats puissants, capables de mobiliser, dernier refuge de la gauche, c'étaient les rapports de force politiques de l'Irlande jusqu'aux "troubles". Maintenant on peut constater qu'ils ont eu une inffluence déterminante... sur la société au Sud.

 

Peu à peu la crise a pénétré toutes les classes de la société. Crise morale avec les "affaires" du clergé. La religion a fait une énorme bond en arrière. Souvenons nous qu'il y a 20 ans on y votait l'interdiction du divorce et qu'on gravait dans le marbre l'interdiction de l'avortement. Militer à l'IRA valait l'excommunication, et aujourd'hui son ancien chef recueille 13,5% des voix à la présidentielle. L'homosexualité a été légalisée! Sartre n'est plus interdit!

 

La droite n'a pas résisté à la crise de la dette. De "tigre celtique" l'Irlande est devenue un pays en crise où les riches et les politiciens s'en sont mis plein les poches au vu et au su de tout le monde. Résultat, les irlandais ont voulu les virer. La gauche a progressé, y compris l'extrême gauche. Sinn Fein est passé de 1% à 10%. Un des partis de gauche en particulier, le Socialist Party, se développe. Il a des élus locaux, mais aussi nationaux et un député européen. Et il est question de faire une alliance de gauche pour disputer le leadership au Labour. 

 

Progressivement l'Irlande s'aligne avec le reste de l'Europe avec une division gauche-droite , "sociale" plutôt que "nationale" car FF  à la suite de Labour et FG a abandonné l'objectif de la réunification. Il ne reste que Sinn Fein sur ce terrain.

 

Le président élu est quelqu'un de respectable, en dehors de la politique néo-libéale que sont parti représente (et qui est réservée au gouvernement FG/ Labour ). Dans les années où la question démocratique se posait, avec les séquelles des mesures datant de la guerre civile de annnées 1922/23, comme la chasse des militants républicains, les raids chez eux, de l'interdiction dans les médias, Michael D Higgins a fait abroger la "section 31" qui légitimait les excès de la "Garda" et de sa "Special branch".

 

Les votes pour Michael D. Higgins et du Sinn Fein, à droite les circonscriptions de Dublin.

 

 

 

 

 

Election présidentielle en Irlande:


A cette occasion se déroulait aussi une élection partielle (à un tour) à Dublin. Le Parti Travailliste gagne avec 24,3%, suivi par Finna Fail (droite) avec 21,7% et nos camarades du Socialist Party (membres du CIO, pour les branchés) 21,1%. Si l'on ajoute Sinn Fein avec 8,9% et une partie des Verts (pas très à gauche) avec 5% , cela fait une bonne majorité d'électeurs de gauche. 

 

 

Commentaire en direct du Nord de l'irlande:

 

Ajouter le vote Labour et SF afin de trouver un pourcentage de gauche, je ne sais pas. Labour et Fine Gael forment un bloc historiquement  anti Fianna Fail et Sinn fein.
 
Le Parti Socialiste, mené par Joe Higgins est assez fort dans certaines circonscriptions de Dublin.
 
Sinn Fein est en effet le parti  le plus fort de l'opposition, Fianna Fail soutient les remboursements au "private non-guaranteed bond holders". Le pourcentage gagné par Gallagher, (FF) est tres inquiétant à mon avis et j'esperais que McGuinness ferait entre 15 et 20%.
 
Ce fut une campagne électorale très sale et McGuinness y a été la cible d'attaques hystériques dans les médias:  des familles de victimes de l'IRA racontant leurs histoires, accusations ridicules contre McGuinness de Fintan O'Toole et d'un ancien ministre de justice, McDowell...
 
C'est McGuinness qui a mis fin à la campagne de Gallagher, qui allait gagner la semaine dernière, dévoilant qu'il rapportait du fric pour FF en échange d'une "audience" avec le Taoiseach (1er ministre). Gallagher disait avant que son rôle à FF était sans importance. Il a quand même réussi à gagner presque 30%, deux fois le vote de McGuinness.
 
Je préfere Higgins, et président c'est une charge symbolique. C'est lui qui a aboli la "SECTION 31 of the Broadcasting Act" qui interdisait les interviews avec les republicains. Comme beaucoup de membres du Labour, il soutient les causes justes partout dans le monde mais pas trop dans le Nord de l'Irlande.
 
Slán Vincent
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