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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 12:09

Par Izquierda Anticapitalista le Vendredi, 10 Décembre 2010


 

 

Les 3 et 4 décembre, les contrôleurs aériens espagnols ont déclenché une grève « sauvage » contre l'augmentation de leurs horaires de travail et la privatisation de leur entreprise publique (AENA) décidées par le gouvernement « socialiste » de Zapatero.

 

L'été dernier, les contrôleurs aériens avaient été forcés de retirer un préavis de grève devant la menace du gouvernement de faire appel à l'armée. Cette fois ci, ils ont donc décidé de mener leur action sans préavis, en se déclarant tous en incapacité « physico-psychologique » de travailler. La riposte du gouvernement, s'inspirant du président états-unien Ronald Reagan dans les années '80, a été brutale: l'espace aérien a été immédiatement militarisé, les tours de contrôle occupées par l'armée, le premier niveau de l'Etat d'urgence décrété et les grévistes réquisitionnés en tant que « personnel militaire », risquant ainsi, en cas de « désobeissance », d'êtres jugés par des cours martiales! Cette grève s'est produite dans un contexte où, après s'être réuni avec 37 grands patrons, le gouvernement Zapatero a annoncé un nouveau train de mesures d'austérité: réductions et suppressions d'indemnités de chômage, privatisations de plusieurs entreprises publiques... et réductions des impôts pour les sociétés capitalistes. Nous publions ci dessous la déclaration de nos camarades d' Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapialiste) dans l'Etat espagnol sur ces événements (LCR-Web)

Le gouvernement et le PP criminalisent les contrôleurs aériens pour masquer leur attaque brutale contre nos droits. C'est le peuple de gauche qui doit se déclarer en Etat d'urgence!


Provocation gouvernementale, intoxication de l'opinion publique, lynchage médiatique et judiciaire de salariés-es et, sous le dangereux précédent d'une militarisation du trafic aérien, une lourde menace contre l'ensemble du mouvement ouvrier, ses libertés, ses revendications. S'il y a bien quelqu'un qui doit sonner l'alarme aujourd'hui, ce sont les organisations syndicales.

Il serait oiseux de spéculer afin de savoir jusqu'à quel point le gouvernement avait prévu ce qui vient de se passer. Ce qui est certain, en tous les cas, c'est que le projet de décret instaurant « l'Etat d'alarme » (premier niveau de l'Etat d'urgence, NdT) était déjà sur la table du Conseil des Ministres une semaine avant la grève. Ce même Conseil des Ministres qui a décidé, également par voie de décret, de modifier les conditions de travail des contrôleurs aériens. Le même Conseil des Ministres qui a pris une série de décisions de très grande portée, qui ont toutes été occultées par les informations concernant la grève des contrôleurs, les annulations de vols et le chaos dans les aéroports: la suppression des 426 euros d'aides aux chômeurs en fin de droit, la réduction des impôts des sociétés... et la privatisation de l'AENA.


Dès que les contrôleurs aériens ont quitté leur poste de travail, c'est le Ministre de l'Intérieur, Rubalcaba, qui a pris en charge la situation. Le Ministre des affaires sociales passait au second plan et Zapatero était aux abonnés absents. Immédiatement, à travers les journaux et la télévision, c'est une formidable machine propagandiste qui s'est mise en branle en se focalisant uniquement sur les drames humains, les familles séparées, les espérances des gens simples... Les contrôleurs aériens étaient l'incarnation du mal. Un mal absolu; le secteur du tourisme, les compagnies aériennes et y compris les terribles « marchés » ont affiché leur nervosité. Le peuple réclamait justice contre ces privilégiés sans coeur, l'intérêt supérieur du pays exigeait une intervention énergique de la part de l'Etat. Au pas de course, l'armée et la Garde Civile ont occupé les tours de contrôle et ont forcé les rebelles à se remettre au travail.


De son côté, après un moment d'hésitation, les dirigeants du PP (Parti Populaire, NdT) se sont rendus compte où étaient les intérêts de classe de ceux qu'ils servent et ils ont également hurlé avec les loups et apporté leur soutien au décret de militarisation. Si ces gens reviennent au pouvoir, ce ne sera certainement pas pour leur brillante intelligence, mais bien à cause de la servilité de la gauche officielle face aux capitalistes. Les 37 grands patrons et banquiers qui, quelques jours auparavent, ont dicté à Zapatero les nouvelles attaques antisociales, immédiatement adoptées par le gouvernement du PSOE, lui ont également donné une consigne explicite: faire le sale boulot de la droite afin de lui ouvrir le chemin du pouvoir.


Et ce mandat est exécuté à la lettre. Que le ministre de la police se retrouve à la tête d'un cabinet de crise constitue tout un programme. Qu'un conflit social soit résolu avec l'intervention de l'armée constitue un sinistre présage. Le mouvement ouvrier doit sérieusement soupeser la menace. Qui peut affirmer que, demain, face à un nouveau conflit, déclaré ou imminent, les transports publics, les communications ou les raffineries – comme l'a fait Sarkozy pendant le récent mouvement de grèves en France – ne seront pas mis par décret sous juridiction militaire? Il ne s'agit plus d'un scénario hypothétique: Zapatero a clairement annoncé qu'il pouvait demander au Parlement la prolongation de l'Etat d'alarme au delà des 15 jours prévus par le décret royal. Les syndicats CCOO, UGT, USO et FSP avaient prévus, pour les fêtes de Noël, des mobilisations de protestation du personnel terrestre des aéroports contre la privatisation de 49% du capital d'AENA et les menaces pour l'emploi et les conditions de travail dans ce secteur qu'elle représente. Que se passera-t-il alors? Es-ce que le refus de décharger la cargaison d'un avion sera finalement assimilé à un acte séditieux?


Pour leur propre intérêt et celui de l'immense majorité de la population, les syndicats doivent riposter à la hauteur de l'attaque et de la démagogie du gouvernement. Le discours politique et idéologique généré par le gouvernement et par les médias doit être résolument combattu car il contient le germe d'un tournant profondément réactionnaire et peut aboutir à l'écrasement de n'importe quelle lutte contre la crise.


La campagne lancée contre les contrôleurs aériens s'inscrit également dans la volonté de livrer la partie la plus rentable d'AENA aux intérêts privés - en premier lieu les aéroports de Madrid et Barcelone. Du point devue de l'intérêt collectif, cela suppose de privatiser les bénéfices et de laisser les aéroports déficitaires à la charge de l'Etat, fragilisant ainsi un service dont le caractère public constitue la meilleure garantie de sécurité. Du point de vue des salariés-es du secteur, cela signifie fragmenter leurs équipes de travail et une dégradation importante de leurs conditions de travail et statutaire. Souvent perçus parmi les autres travailleurs-euses comme une caste « privilégiée » du fait de leurs revenus et de leurs syndicats corporatistes, l'attaque contre les contrôleurs aériens vise en réalité à affaiblir n'importe quelle lutte et résistance contre les privatisations. Les futurs opérateurs privés veulent des techniciens et des employés bon marché et précaires. Les intérêts en jeu sont énormes: AENA est responsable de 75% des mouvements aériens destinés au tourisme, un secteur qui pèse entre 8 et 12% du PIB.


Voilà ce que les syndicats doivent avoir avant tout à l'esprit. Avant les vacances, le gouvernement avait réduit de 40% les salaires des contrôleurs aériens. Mais les taxes payées par les usagers n'ont pas diminué d'autant. Et la mauvaise situation financière d'AENA ne s'est pas améliorée non plus car elle a bien plus à voir avec des projets et dépenses pharaoniques pour le réseau aéroportuaire qu'avec les niveaux de salaires d'un secteur professionnel hautement qualifié. La question principale, aujourd'hui, n'est donc pas de savoir combien gagne un contrôleur. Ni, non plus, si leur syndicat, l'USCA, a bien géré ou non le conflit, ni ses relations avec les autres syndicats, tout cela doit se discuter à un autre moment.


Ce qui est clair, par contre, c'est que la stratégie des contrôleurs aériens est affaiblie par le corporatisme de leur organisation syndicale et cela doit mener à une série de conclusions. Tout syndicaliste de combat sait que c'est dans l'unité et dans la politique d'alliances que réside la possibilité de vaincre à moyen terme. Cependant, les contrôleurs n'ont pas suivis cette voie et, dans leur action, ils ont oublié deux éléments clés de l'équation: les usagers et le reste des travailleurs-euses d'AENA. Ils se sont retrouvés isolés au moment décisif, constituant ainsi une cible parfaite pour le lynchage médiatique et la répression.


Il ne s'agit évidement pas du fait d'avoir organisé la grève de manière « légale » ou non. La législation du travail est souvent un chiffon de papier et le produit des reculs du mouvement ouvrier. Le droit de grève est une farce. Des millions de travailleurs-euses sont empêchés de faire grève à cause de la répression patronale. Ceux qui utilisent ce genre d'arguments ne sont jamais dans les conflits sociaux, ni dans l'organisation de luttes qui apportent des victoires et l'auto-organisation des travailleurs-euses. Nous savons qu'il faut combiner l'utilisation de méthodes diverses, et qu'avec une législation du travail actuelle qui protège si peu, les actions légales et illégales auront de plus en plus d'importance dans un contexte d'attaques croissantes contre l'enemble des travailleurs-euses.


La question clé est plutôt celle-ci: le lien et l'unité avec les usagers et le reste des salariés-es d'AENA (12.000 selon le syndicat CGT), la nécessité de forger une politique d'alliances. Les travailleurs-euses d'AENA sont les premiers intéressés à ce que la lutte des contrôleurs aériens soit victorieuse, tout comme le reste de la classe ouvrière car dans un contexte comme le nôtre, il est nécessaire de faire plier ce gouvernement dont la politique est entièrement orientée vers la destruction des conditions de vie des travailleurs-euses et de leurs résistances. L'exemple d'une résistance réussie, dans n'importe quel secteur, peut devenir un exemple contagieux. Cela, les syndicats de classe et alternatifs, engagés dans la défense des secteurs les plus précaires, comme la CGT ou CoBas, le savent parfaitement bien et ils ont immédiatement démontré leur solidarité contre la répression qui a frappé les travailleurs-euses d'AENA. Le syndicalisme corporatiste, lui, nous pousse au contraire vers la défaite pour tous et toutes. Il s'agit au contraire d'impulser la solidarité et les alliances entre les différents secteurs de la classe ouvrière.


Le fait ne pas avoir eu non plus aucune orientation pédagogique préventive vers les usagers, y compris en préparant le conflit dans les médias, a facilité l'isolement des grévistes et la perte de la bataille dans l'opinion publique. Or, il s'agit d'une question clé de la lutte syndicale dans les services tels que les transports.


Mais, dans l'immédiat, l'urgence n'est pas au débat sur la tactique utilisée par les contrôleurs. Il y a aujourd'hui une autre urgence: la riposte face aux nouvelles mesures décidées par le Conseil des Ministres et aux méthodes utilisées par le gouvernement pour briser la grève. Les principales organisations syndicales, CCOO et UGT devraient se mettre sur le pied de guerre en fixant immédiatement une date pour une nouvelle grève générale. Le 28 janvier, date à laquelle le gouvernement veut approuver la contre-réforme des pensions? Pourquoi pas! Mais il faut le savoir sans tarder et ne pas l'organiser au-delà de cette date. Ce n'est qu'en fixant l'attention sur un tel objectif, celui de paralyser effectivement le pays, qu'on pourra faire comprendre le caractère gravissime et menaçant de l'attaque gouvernementale contre les contrôleurs. Que personne ne se laisse tromper par les discours sur leurs « privilèges »! Demain, ce seront les conducteurs de bus qui seront désignés comme des aristocrates, ou les enseignants, ou les chômeurs. Décréter l'Etat d'alarme? Oui, il faut le faire pour les dizaines de milliers de familles qui sont sur le point d'êtres expulsées de leur logement; pour les centaines de milliers de sans emploi dépourvus de ressources... es-ce que l'armée ira leur apporter des rations?


Il est temps d'être fermes et déterminés. La gauche sociale et le syndicalisme ne doivent ni se taire, ni hésiter. La CGT et d'autres syndicats plus petits ont déjà pris position. Mais cette clameur doit s'étendre. On ne peut accepter la moindre sanction, licenciement ni inculpation pour désobéissance à l'autorité militaire. Le gouvernement est le seul responsable de la situation qu'il a lui même provoqué.


Dehors l'Etat d'alarme!

Préparer dès maintenant une autre grève générale!

Ils sont 37, nous sommes des millions!


Izquierda Anticapitalista, 7 décembre 2010 www.anticapitalistas.org

Traduction française pour le site www.lcr-lagauche.be

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 13:16

zapatero_franco.jpg

Vendredi 3 décembre après-midi, l'espace aérien était fermé sur l'ensemble de l'Espagne suite à un arrêt de travail de la quasi-totalité des contrôleurs aériens. Fait sans précédent depuis la mort de Franco, le gouvernement du socialiste Zapatero a décidé immédiatement de confier la gestion du trafic aérien à l'armée, décrétant l'état d'alarme, ce qui permet la réquisition des contrôleurs qui, s'ils ne s'exécutent pas, sont déclarés coupables de sédition, délit passible de prison.

Dans tous les médias, ce fut un déchaînement d'attaques voire d'insultes contre les contrôleurs aériens, propos qui faisaient écho aux déclarations gouvernementales : les contrôleurs étaient présentés comme des privilégiés défendant leurs privilèges. Il est certain que les salaires des contrôleurs aériens sont élevés, en Espagne comme ailleurs, et sont de l'ordre de 250 000 euros annuels. Mais, précisément, leur protestation ne concernait pas les salaires mais l'allongement de l'horaire de travail, lié à la politique de privatisation d'AENA, qui est l'organisme de gestion des principaux aéroports espagnols.

Ce mouvement des contrôleurs aériens s'est déclenché une semaine après l'approbation, au Conseil des ministres, de la privatisation partielle d'AENA, et de la privatisation totale des aéroports de Barcelone et Madrid. Mais il a éclaté aussi quelques heures seulement après l'adoption d'un décret qui modifie à la hausse les heures de travail des contrôleurs aériens, dont le nombre n'a guère augmenté alors que le trafic a augmenté de moitié depuis dix ans. C'est cette dernière mesure qui a provoqué leur colère.

En novembre déjà, à Saint-Jacques-de-Compostelle par exemple, des contrôleurs avaient refusé d'aller au-delà des 1 670 heures annuelles légales et ont même porté l'affaire devant les tribunaux. Mais vendredi 5 novembre le nouveau décret concernant les horaires tranchait donc largement en faveur d'AENA, puisqu'il obligeait les contrôleurs à aller au-delà de ces 1 670 heures annuelles légales. Certains refusèrent de travailler une heure de plus et les plus nombreux, invoquant le stress grandissant dénoncé depuis des mois, se mirent en maladie pour éviter les risques de sanctions immédiates qu'entraînait un arrêt de travail déclenché sans préavis et sans respect des réglementations concernant le service minimum.

La réponse du gouvernement a été immédiate. Le conflit a duré seize heures. L'armée a été omniprésente dans les aéroports et les contrôleurs ont été sommés d'obéir. 442 d'entre eux sont sous le coup de procédures disciplinaires. Ce n'est sans doute pas un hasard si le gouvernement a choisi de promulguer le décret visant exclusivement les contrôleurs le vendredi même d'un très long pont, durant jusqu'au jeudi 9 décembre. Il espérait peut-être que les contrôleurs du ciel dans l'immédiat n'oseraient pas enfreindre les réglementations du préavis. Mais il savait bien que sa réforme est rejetée par le personnel de l'aviation. En effet, pour la fin du mois, étaient déjà annoncées des grèves de tous les personnels des aéroports, contrôleurs mais aussi pilotes, contre la privatisation et ses conséquences.

Dans ce conflit, le gouvernement s'est montré prêt à aller jusqu'à la militarisation des aéroports et au service obligatoire sous peine de réquisition. Mais le message vaut aussi pour tous les travailleurs qui décideraient la grève sans préavis ou contesteraient le service minimum. En juin dernier, les travailleurs du métro de Madrid s'étaient mis en grève pour refuser la baisse de 5 % des salaires décrétée pour tous les fonctionnaires. Le gouvernement avait imposé alors un service « minimum » à sa convenance, qui enlevait tout effet à la grève.

Aujourd'hui, au travers de diverses privatisations, le gouvernement compte récupérer des milliards d'euros, afin de réduire ses besoins de financements en 2011. Pour payer la dette, c'est-à-dire donner de l'argent aux banquiers, Zapatero n'a aucun état d'âme ni vis-à-vis des contrôleurs (qui ne sont pas les plus mal lotis), ni pour aucune catégorie de travailleurs, même les plus appauvris par la crise. Ainsi les chômeurs en fin de droits ne toucheront plus l'allocation de 426 euros qu'ils touchaient jusqu'à présent. Car c'est bien sur leur dos à tous que Zapatero entend récupérer des milliards qui n'assainiront même pas les finances du pays, mais permettront aux capitalistes d'engranger encore plus de profits.

Hélène GRILLET

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 08:15
1306171


S i l’Europe a des difficultés pour se construire aux niveaux politique et économique, en revanche, sa politique sécuritaire est efficace.

 

Institué en 2002 sous la pression du gouvernement Aznar, le mandat d’arrêt européen (MAE) porte atteinte aux droits de la défense et aux libertés individuelles. Il est dénoncé par les organisations de défense des droits de l’homme qui y voient un moyen de « museler les opposants politiques en instrumentalisant la justice » au nom de la lutte antiterroriste.


Le Pays basque a le triste privilège d’être un laboratoire pour l’application du MAE. Il a déjà été appliqué à des militants originaires du Pays basque Sud (Espagne). Pour la première fois, la cour d’appel de Pau a osé élargir son application en validant le MAE délivré par un juge espagnol à l’encontre d’Aurore Martin, de nationalité française, membre de Batasuna, qui réside au Pays basque Nord (France). La Cour de cassation, saisie, devrait se prononcer avant la fin de l’année. Aurore Martin est poursuivie pour avoir participé à une réunion, un meeting et une conférence de presse de l’autre côté des Pyrénées où Batasuna est une organisation interdite, mais autorisée en France.


Mesurons bien les faits pour lesquels elle risque douze ans dans les geôles espagnoles ; ils entrent dans le domaine des libertés élémentaires que sont les droits de réunion, d’expression, d’opinion. Comprenons bien, également, qu’il s’agit là d’un précédent qui ouvre la voie à l’application du MAE à toutE militantE de Batasuna qu’il ou qu’elle soit originaire d’Espagne, de France ou d’ailleurs. C’est très grave et inacceptable. Aujourd’hui les militantEs basques sont en danger, demain toutE militantE politique, syndical, associatif serait menacéE partout en Europe par l’extension du MAE, si son application était banalisée. Toutes celles et tous ceux attachéEs à la défense des libertés démocratiques sont concernéEs et doivent réagir, dans l’immédiat. Se taire, c’est laisser faire et serait lourd de conséquences possibles : la frontière entre le sécuritaire et le totalitaire est perméable, surtout en période de crise, l’histoire nous l’a montré.


Et ne nous y trompons pas. Aurore Martin est condamnée pour son engagement politique. C’est une décision très politique qu’a prise la cour d’appel de Pau, une décision intervenant dans un contexte précis : la répression des États espagnol et français s’accentue et c’est une véritable provocation alors que la gauche radicale s’exprime et agit en faveur d’une résolution politique, démocratique et pacifique du conflit au Pays basque. Au fond, ce que refusent les États espagnol et français, c’est le droit à l’autodétermination du peuple basque. Et ce qu’ils répriment, ce sont les expressions politiques actives en faveur de ce droit que soutient le NPA. Nous ne pouvons accepter la répression envers des miltantEs qui défendent un droit démocratique. Cela aussi nous concerne toutes et tous, quelle que soit notre position à l’égard du droit à l’autodétermination du peuple basque.


Le NPA exprime sa plus entière solidarité avec Aurore Martin, lui apporte son soutien total. Il exige l’arrêt de la procédure à son encontre et la suppression du mandat d’arrêt européen. Il appelle à la mobilisation la plus large et la plus massive pour empêcher l’extradition d’Aurore Martin.

 

Soyons très nombreux-ses à la manifestation de Bayonne, samedi 4 décembre.


Claude Larrieu

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 11:03

Par Jef Vanderelst le Mardi, 30 Novembre 2010


 

* La FGTB est la grande centrale syndicale socialiste belge, "l'équivalent" (au moins pour les patrons) de la CGT chez nous.

 

 

 

Nous avons déjà commenté sur ce site la campagne FGTB pour la solidarité et contre le nationalisme. (*) Certaines personnes n’apprécient vraiment pas cette campagne. Au Service Public Fédéral Finances l’autorité a même fait arracher les affiches de la campagne des panneaux syndicaux, et cela en infraction avec la législation. Une censure pure et simple donc, mais aussi une attaque en règle contre la liberté d’expression et contre la statut syndical dans la fonction publique.


Dans les services publics, la façon dont les syndicats peuvent agir est fixé par la Loi régissant le Statut Syndical du 19 décembre 1974. Une des dispositions de cette loi et de ces arrêtés d’application du 28 septembre 1984 règle l‘affichage. Un syndicat ne peut pas afficher partout, sans plus. Les affiches peuvent uniquement apparaître sur les panneaux syndicaux prévus à cette fin. Avant qu’un syndicat ne puisse apposer une affiche, celle-ci doit en outre recevoir un visa. Ce visa n’implique évidemment pas que l’autorité est d’accord avec le contenu de l’affiche. Il faut uniquement constater que l’affiche en question ne blesse personne ou qu’elle ne contient pas de propos discriminatoires, par exemple sexistes ou racistes. Si ce n’est pas le cas, le visa doit être attribué sans délai.


Ce fut le cas pour cette affiche de la FGTB. Elle reçut le visa 2010/9 le 25 octobre et a été mise immédiatement aux panneaux syndicaux du SPF Finances. Le parlementaire Francken de la NVA a alors posé des questions lors de la réunion de la Commission Finances de la Chambre à propos de la « propagande rouge anti -NVA dans les bâtiments du SPF Finances ». Il voulait surtout savoir “s’il doit être possible que de la propagande explicitement politique soit affichée dans un service public soi-disant neutre ?” Il exigeait des excuses ainsi qu’un droit de réponse pour la NVA !


Le secrétaire d’Etat Clerfayt a répondu au nom du gouvernement “que les affiches avaient déjà été enlevées par l’administration”. Ajoutant que, bien qu’il respecte la liberté d’opinion, il trouve déplacé que des documents dénonçant explicitement un parti politique soit exposés dans les bâtiments de la fonction publique. Et fièrement il conclut « Nous avons réagi immédiatement ! » Francken n’a pas été impressionné pour autant. Il a demandé une circulaire de Vervotte pour imposer que toutes ces affiches soient retirées dans tous les services publics dans le but mettre fin à ce qu’il appelle une « campagne de dénigrement ». Et les parlementaires socialistes et écolos des deux régions, n’ont pas trouvé nécessaire d’intervenir dans la discussion !


Il ne s’agit pourtant pas d’un fait-divers, mais bien d’une attaque en règle contre la liberté d’expression, garantie par la Constitution. L’autorité s’en prend aussi au statut syndical.

La CGSP a dès lors réagi immédiatement. Une nouvelle affiche a été imprimée pour protester contre cette censure. Pour cette affiche, un nouveau visa a été demandé, conformément à la règle. Le visa n’avait pas encore été octroyé au moment d’écrire cet article alors que la loi dit que cela doit se faire sans délai. L’affiche a alors été distribuée... avec un impact plus important. La CGSP a aussi déposé plainte auprès du Conseil d’Etat, pour y obtenir un jugement de principe garantissant la liberté d’expression et l’application intégrale du statut syndical.


Il est significatif que cette censure pure et simple, un symptôme clair de la dégradation des rapports de forces, puisse avoir lieu aujourd’hui sans qu’elle ne provoque une réaction ferme de ceux qui se disent « les amis politiques » du mouvement ouvrier...

(*) Voir l'article de Paul Van Pelt

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 10:04

 



 

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Les camarades anticapitalistes catalans ont formé une coalition (Des de Baix, Par en bas) qu'est allée soutenir Olivier Besancenot.

Note du blog  :

Pour tenter d'expliquer le triomphe de la droite nationaliste de Convergencia i Unio:

Il faut lire Le Monde ce week end (non disponible sur le web) qui explique que comme en Italie, les provinces du Nord laborieuses en ont marre de payer pour le Sud "fainéant". Le message indépendantiste radical, porté par une minorité d'extrême gauche est dorénavant assumé par la haute bourgeoisie autrefois "catalaniste" ou "nationaliste" mais qui avait besoin du marché espagnol. Actuellement, avec l'Europe, la Catalogne n'a plus besoin de Madrid et "10% de son PIB va à Madrid pour "aider" les "andalous" (immigrés qui ont aussi trimé dans les usines catalanes).
On voit se développer un racisme populaire et des partis xénophobes.
La gauche traditionnelle qui dirigeait (PS, PC, Verts) a fait la démonstration de l'impasse des solutions néo-libérales, social-libérale,  et fait la meilleure propagande à l'aspiration nationale.

Ci-dessous un article du JDD en 2009 :
La Catalogne rêve d’indépendance (2009)

Un "référendum" – sans valeur juridique – veut démontrer l’ampleur de la tentation séparatiste dans la région catalane.


catalogne Paru dans leJDD

Un référendum est organisé pour prouver l'envie d'indépendance de la Catalogne. (Reuters)

Samedi, sur la place du marché de la petite ville de Ripoll, située au pied des Pyrénées, un seul thème occupe les conversations: le "référendum" sur l’indépendance de la Catalogne. Il a lieu dimanche dans cette bourgade de 11 000 habitants, mais aussi dans 160 villes de la région, représentant un peu moins de 10% des 7,5 millions de Catalans. Ils devront dire s’ils sont "favorables à ce que la Catalogne soit un Etat souverain, social et démocratique, intégré dans l’Union européenne". Ce scrutin, organisé par des collectifs de villageois, est certes dépourvu de valeur juridique, mais il n’en prend pas moins une forte valeur symbolique dans une région farouchement attachée à ses particularismes.


"L’objectif du vote est de provoquer la classe politique pour qu’elle prenne en compte le sentiment de la population", assure la maire de Ripoll, Teresa Jorda, du parti indépendantiste Esquerra Republicana. Ici comme dans la grande majorité des villes organisatrices du référendum, le "oui" a de fortes chances de l’emporter. Pour les indépendantistes, le succès du référendum dépendra du taux de participation. Mais, à Ripoll, la plupart des habitants a bien l’intention d’aller voter. "Vous êtes ici dans le berceau de la Catalogne, alors les gens vont se mobiliser", lance la maire, en désignant le tombeau du supposé premier roi catalan, fondateur de la nation catalane.


Dans la petite ville, il n’est pas question d’être identifié au royaume d’Espagne. Et l’un des moyens les plus efficaces pour affirmer cette différence est l’usage de la langue catalane. Dans les rues de Ripoll, le castillan est quasiment inexistant: enseignes des boutiques, menus dans les restaurants, panneaux indicateurs, tout est en catalan. "Nous nous sommes battus durant des siècles pour maintenir notre culture et préserver notre langue. Durant la dictature, on devait pratiquer le catalan dans la clandestinité pour qu’il ne se perde pas", argumente la maire. Ces derniers mois, les Catalans ont l’impression d’être à nouveau menacés par le pouvoir central. Ils sont suspendus à la décision de la justice espagnole qui pourrait revenir sur des articles clés de leur statut d’autonomie, notamment celui concernant le caractère obligatoire de la langue catalane. Une perspective jugée ici "inacceptable".

"Le catalan est une langue en danger"

Au lycée Santa Maria de Ripoll, élèves et professeurs sont sur le pied de guerre pour défendre leur identité catalane. "Le catalan est une langue en danger, car il y a une forte influence du castillan dans la vie de tous les jours à travers les médias, mais aussi à cause d’une législation trop molle", commente le professeur de lettres catalanes, Maria Rose Fernandez. Et pourtant, l’espagnol n’est enseigné que deux heures par semaine, moins que l’anglais. Jordi, 18 ans, exprime dans un castillan hésitant son refus d’appartenir à l’Espagne: "Je suis né ici, ma langue c’est le catalan et je demande la liberté pour ma nation…"


Pour le politologue Josep Ramoneda, cette réaction de la société catalane était prévisible: "Les Catalans ont l’impression d’être la vache à lait de l’Espagne depuis trente ans sans jamais rien obtenir en échange." La question économique exacerbe en effet les relations entre Madrid et Barcelone. La Catalogne, prospère région d’Espagne, ne cesse de réclamer plus de compétences administratives au gouvernement central, alors qu’elle bénéficie déjà d’une ample autonomie (gouvernement, éducation, police). Avec la tenue du référendum, les partis politiques vont pouvoir évaluer l’ampleur du phénomène indépendantiste en prévision des élections régionales de l’automne prochain.

 

Enfin, pour montrer la puissance du sentiment national:

 

 

Résultats: 
Nos camarades ne n'ont pas eu 1% et ne sont pas dans ce tableau.
CIU représente les classes moyennes et supérieures nationalistes.
Le PP est le parti la droite centraliste.
Le PSC est partagé entre son catalanisme et son allégeance social-libérale au PS à Madrid.
Les indépendantistes de gauche "ERC" sont le courant historique "bourgeois" de la Generalitat pendant la guerre civile, alors allié au PC (Psuc) contre la CNT et le Poum. Actuellement il a rajeunit son discours, mais a perdu la moitié de ses sièges. On lui reproche, côté nationaliste, d'avoir soutenu un président socialiste "andalou". Le niveau! C'est eux "le vote utile" nationaliste de gauche".
ICV-EUiA est issu des diverses recompositions du PSUC, le défunt grand PC catalan.
Elections 2006
Parti Voix  % +/- Sièges +/-
CiU 935 756 31,52% +1,58 48 +2
PSC 796 173 26,82% -4,34 37 -5
ERC 416 355 14,03% -2,31 21 -2
PPC 316 222 10,65% -1,24 14 -1
ICV/EUiA 282 693 9,62% +2,44 12 +3
C's 89 840 3,03% +3,03% 3 +3
Autres 71 251 2,40% - - -
Total (participation 56,04%) 2 908 290 100% n/a 135 n/a

 

    Escaños %Votos
2010
CiU (droite nationaliste)
62 38.47
PSC-PSOE 28 18.32
P.P.(droite espagnole)
18 12.33
ICV-EUiA (Pc-Verts) 10 7.39
ERC/ESQUERRA (gauche indépendantiste)
10 7.00
C's 3 3.40
SI
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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 08:54

 

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 12:02

 

 

Défendez les pensions ( Publicité interdite à la télé irlandaise)

 

 

Vidéo de la manif de 40 000 étudiants irlandais

 

 

Belfast

 

levy_demo2009.jpg

 

Dublin, 2009 (une précédente manif)

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 12:27
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24 novembre 2010

 

Après la Grèce, l’Irlande est à son tour le bouc émissaire des spéculateurs et des gouvernements libéraux.


Mardi 16 novembre, Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, a suscité la stupeur en déclarant  : «  Nous sommes dans une crise pour la survie  » de la zone euro. Deux jours plus tard, il s’est efforcé de faire croire que ses propos concernaient en fait la phase précédente de la crise européenne, lorsque le taux d’intérêt des titres de la dette publique grecque s’envolait. Les confusions temporelles de M. Van Rompuy témoignent au moins de l’incroyable instabilité de la situation. À présent, ce sont les obligations irlandaises qui sont l’objet de la défiance et des attaques des spéculateurs. Pris de panique, de nombreux épargnants irlandais ont assailli les guichets des banques. Le gouvernement a réaffirmé l’extension de la garantie des dépôts jusqu’à fin 2011. Et après avoir fait mine de tergiverser, il a accueilli à bras ouverts les experts du FMI et de l’Union européenne (UE) venus accorder un prêt contre davantage de rigueur antisociale. Simple répétition du scénario grec de l’hiver dernier  ? Pas exactement.


Dans un système de financement de l’endettement public par le marché (sous forme de titres négociables), les doutes sur l’ampleur des pertes du secteur bancaire irlandais et l’annonce d’un fort déficit public ont certes augmenté la «  prime de risque  » exigée par les spéculateurs. Les taux d’intérêt ont ainsi atteint des niveaux prohibitifs. Mais la situation économique était connue depuis longtemps. D’où vient-elle  ? Comme les États-Unis ou l’Espagne, l’Irlande a connu ces dernières années une surproduction immobilière et un fort développement de l’endettement. Les prix immobiliers ont été multipliés par 2,5 entre 1997 et 2006. Les banques ont accordé des prêts qui ne seront jamais remboursés. Le gouvernement a sauvé les banques en «  nationalisant  » Anglo Irish Bank et en recapitalisant massivement les autres établissements en difficulté. Facture totale  : plus de 60 milliards d’euros.


Parallèlement, les recettes fiscales diminuaient car, sous l’effet de la crise, le PIB irlandais s’est effondré ( -7,1 % en 2009). Le déficit public s’est donc creusé. Il représentait 11,7 % du PIB en 2009. Les deux plans d’austérité qui ont alors été mis en place n’ont fait qu’aggraver la situation. La suppression de 33 000 emplois publics, la baisse des salaires des fonctionnaires de 10 à 15 %, la réduction des budgets sociaux (éducation, santé) et la diminution des allocations chômage ont plongé la population et l’économie dans une spirale déflationniste. Le déficit public est passé maintenant à 32 % du PIB et la dette publique à 100 % du PIB.

La «  phase irlandaise  »

Tout cela était connu depuis plusieurs mois. Si la «  phase irlandaise  » de la crise s’accélère maintenant, c’est en raison des précisions apportées par le dernier Conseil européen au sujet des règles applicables aux plans de sauvetage. Durant la «  phase grecque  », les dirigeants avaient fini par s’accorder pour attribuer collectivement un prêt à un État en difficulté afin de sauver les banques et d’éviter l’effet domino. Le dernier Conseil européen a validé le mécanisme mis en place mais il a aussi indiqué que les dettes des États aidés devraient être restructurées. Il s’agit en clair d’imposer aux créanciers un report, voire une diminution, des remboursements qu’ils percevront.


Cette décision répond en partie à des inquiétudes sur la viabilité économique de la zone euro. De fait, la restructuration des dettes publiques de la périphérie européenne est désormais ouvertement abordée par les grands créanciers eux-mêmes. Ils ne sont pourtant pas devenus philanthropes. Mais ils ne peuvent se désengager sans de lourdes pertes, parce qu’ils détiennent d’impressionnantes quantités de titres d’État. Et il vaut mieux pour eux renégocier les échéances et les montants des emprunts plutôt que de prendre le risque de perdre davantage par la suite. Mais cette décision répond aussi à des motivations politiques nationales. Pour tenter de faire passer de nouvelles mesures impopulaires, les dirigeants ont besoin de montrer aux électeurs qu’ils ne sont pas tout à fait les seuls à payer. C’était le sens des déclarations d’Angela Merkel  : «  une partie du coût des plans de sauvetage devrait être absorbée par les détenteurs d’obligations  ».


En Europe, deux styles coexistent au sein de la classe dominante. Pour M. Rasmussen, président du Parti socialiste européen, «  Angela Merkel doit apprendre que les dirigeants politiques doivent parfois la fermer  ». De même, la presse économique française estime que Herman Van Rompuy «  aurait mieux fait de tenir sa langue  ». Mais au-delà du style et de la communication, tous s’accordent pour faire payer l’essentiel de la crise aux travailleurs. En Grèce, en Irlande, et bientôt dans d’autres pays, cette politique mène à des attaques d’une violence inouïe. D’où la gratitude de M. Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen, soulignant «   les efforts et le courage du gouvernement Papandréou pour réformer drastiquement le pays et remettre son économie sur les rails  ».


L’annonce de la restructuration vise à faire croire à un effort partagé. «  Les chiffres sont horribles mais nous pourront les gérer sur une période de dix ans  » a déclaré le ministre irlandais des Finances. Horribles pour qui  ? Une partie du prêt contracté auprès de l’UE et du FMI servira directement à renflouer les cinq banques irlandaises qui se sont brûlé les ailes dans la spéculation. Le reste servira à rembourser les créanciers de l’État (d’autres banques  !). À l’heure où nous écrivons ces lignes, on évoque respectivement 20 et 60 milliards d’euros. Mais la population ne verra pas la couleur de ces 80 milliards et on voudrait qu’elle se serre encore la ceinture. En Irlande, le taux de chômage est officiellement de 14,1 %. La protection sociale est très faible, les saisies se multiplient.


En revanche, les entreprises sont imposées à seulement 12,5 %. Le pays s’est spécialisé dans le dumping fiscal et certains se verraient bien continuer ainsi  : «  L’Irlande n’a pas besoin d’un soutien immédiat. Ceci lui fournit une arme de négociation avec l’Europe pour conserver son taux d’impôt sur les sociétés  » a déclaré le directeur général du patronat irlandais. De Microsoft à Merill Lynch en passant par HP, Intel et Bank of America, toutes les multinationales font du chantage à la délocalisation. Elles se réjouissent pourtant de la baisse du salaire minimum que le gouvernement s’apprête à annoncer. Celui-ci est discrédité au point de devoir convoquer des élections anticipées en janvier. Car la colère monte. 40 000 étudiants défilaient il y a trois semaines. Une grande manifestation est prévue samedi 27 novembre contre les mesures d’austérité. Face à l’internationale du capital et aux fausses solutions nationalistes, les travailleurs doivent s’organiser et se serrer les coudes.


Philippe Légé



* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 79 (25/11/10).

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 11:41
Ne payons pas leur crise!
Communiqué du NPA.

La première grève générale depuis 1988 au Portugal, à l'appel de la CGTP et de l'UGT, est massivement suivie et paralyse de nombreux secteurs de la vie économique, qu'il s'agisse des transports, de l'éducation, de la santé ou de l'automobile.


Le NPA apporte son chaleureux soutien aux travailleurs portugais qui se dressent contre les plans d'austérité élaborés par le gouvernement socialiste de José Socrates, avec la complicité des partis de droite.


Comme dans d'autres pays de l'Union européenne, ce sont les salariés, la population qui doivent faire les frais de la crise du système capitaliste. Comme en Grèce ou en Irlande, le plan d'austérité est particulièrement violent.


Le gouvernement portugais cède aux exigences des marchés financiers, des agences de notation internationale. L'addition est salée : baisse des salaires des fonctionnnaires et des prestations sociales, gel de pensions, augmentation de la TVA de 2 points, à 23%, ainsi que des impôts.


Le gouvernement de J. Socrates veut faire payer la crise aux salariés, c'est évident.

Le chômage et la précarité, qui explosent, frappent déjà durement la population.

 

Ce plan d'austérité ne pourra que jeter un peu plus les travailleurs et leurs familles dans la misère.


La grève du 24 novembre n'est pas la première mobilisation au Portugal.

 

Il faut qu' à l'échelle de toute l'Europe, les résistances se coordonnent face aux politiques libérales mortifères qui veulent faire payer la crise aux salariés et ramener leurs droits sociaux plusieurs dizaines d'années en arrière.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 08:54
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