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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 12:30

tunisie

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 11:48
tunisie-copie-2
11 août 2012 à 10:37

Une réforme de la Constitution attribue à la femme un rôle «complémentaire» à celui de l'homme.

Les Tunisiennes sont appelées à manifester lundi à Tunis pour dénoncer une islamisation rampante menaçant leurs droits et exiger le retrait d’un projet d’article de la Constitution qui revient, selon des syndicats et ONG, sur le principe de l'égalité des sexes.

 

«L’Etat est sur le point de voter un article de la Constitution qui limite les droits de citoyenneté de la femme sous le principe de complémentarité à l’homme et non sous le principe d'égalité», affirment les signataires d’une pétition adressée à l’Assemblée nationale constituante (ANC). Le texte, qui a recueilli plus de 8.000 signatures sur internet, souligne que la femme est «citoyenne au même titre que l’homme et ne doit pas être définie en fonction de l’homme».

«Egalité devient complémentarité»

Adopté le 1er août par une commission de l’Assemblée mais devant encore être approuvé lors d’une séance plénière, l’article 27 stipule que «l’Etat assure la protection des droits de la femme, de ses acquis, sous le principe de complémentarité avec l’homme au sein de la famille et en tant qu’associée de l’homme dans le développement de la patrie»«Egalité devient complémentarité, mais en fait c’est tout le cadre juridique des relations entre les hommes et les femmes qui change», s’alarme Meherzia, une enseignante.

 

La Ligue des droits de l’Homme, des ONG féministes et la puissante centrale syndicale (UGTT) se sont donné rendez-vous lundi soir pour un défilé de protestation à l’occasion de l’anniversaire de la promulgation du Code de statut personnel (CSP) le 13 août 1956. Le ministère de l’Intérieur a autorisé cette marche sur l’artère Mohamed V au centre de Tunis mais pas sur l’avenue principale Habib Bourguiba. En France, un collectif d’ONG et d’expatriés a aussi appelé à un rassemblement lundi à Paris «pour la sauvegarde» des droits des Tunisiennes.

Une tradition progressiste en danger

«Les risques de régression ne concernent pas uniquement les droits de la femme puisqu’il s’agit d’une remise en cause de tout un modèle de société», estime le juriste Sadok Belaid, lors d’un débat autour du CSP au Centre de recherche sur la femme (Crédif). Le CSP consiste en une série de lois édictées cinq mois après l’indépendance par le premier président Habib Bourguiba pour instaurer l'égalité juridique entre l’homme et la femme dans plusieurs domaines. Sans équivalent dans le monde arabe, ces lois interdisent la polygamie et la répudiation, autorise le divorce judiciaire et le mariage civil. Ce dispositif est enraciné dans la société en Tunisie, où les femmes sont présentes dans tous les domaines d’activités.

 

Face à ces critiques, le parti islamiste Ennahda, aux commandes du gouvernement de coalition formé après les élections post-révolution, ne cesse d’affirmer son attachement aux droits des Tunisiennes et au CSP. Et son chef Rached Ghannouchi a tenté de minimiser la controverse. «Certains députés ont vu dans cette formulation (complémentarité au lieu d'égalité, ndlr) un recul sur les principes fondamentaux comme celui de l'égalité, mais ce principe fait l’objet d’un accord entre Ennahda et ses partenaires», a-t-il assuré, en référence à ses alliés de gauche, Ettakatol et le Congrès pour la République (CPR) du président Moncef Marzouki.

 

«Nous demandons le retrait pur et simple de l’article qui constitue une violation des acquis des femmes et de leur humanité», a dit à l’AFP Ahlem Belhaj, présidente de l’Association des femmes démocrates. Loin d'être anecdotique, cette polémique intervient alors que de nombreuses femmes dénoncent des pressions islamistes croissantes. Ainsi, un débat a fait rage sur internet entre islamistes et laïcs sur le short de l’athlète Habiba Ghribi, médaillée tunisienne aux jeux Olympiques de Londres, des radicaux réclamant notamment le retrait de sa nationalité.

 

http://www.liberation.fr/monde/2012/08/11/les-tunisiennes-appelees-a-defendre-leurs-droits-face-aux-islamistes_839227

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 10:12

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 14:14

 

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Le documentaire "Femme de la rue" de Sofie Peeters - sur les agressions sexistes dont les femmes sont victimes - a été qualifié d'"utile mais problématique" par les féministes de l'association "Garance".

 

"Utile" parce que ce "coup de gueule" met en lumière "des situations qui pourrissent la vie de bien des femmes".

 

"Problématique" parce que, indépendamment des intentions de l'auteure, le film pointe du doigt une catégorie de la population mâle: les hommes d'origine maghrébine. Du coup s'ouvre dans les médias un "débat" biaisé et malodorant, bien dans l'air du temps...

 

L'agression sexiste serait un phénomène "nouveau", lié à "une certaine culture" qui, en alimentant la "frustration sexuelle", menacerait les droits des femmes et les placerait devant ce choix: "s'adapter ou partir" de certains quartiers.


Au seuil d'une campagne électorale communale dans laquelle les thèmes amalgamés de "l'insécurité" et de "l'immigration" joueront un rôle central, les politiques ne pouvaient que sauter sur l'occasion.

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 11:12
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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 12:46

 

FEM Visue Flyer

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Les 45 associations féministes du collectif des « Féministes en mouvements » organisent la seconde édition de leurs rencontres d’été :

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les 7 et 8 juillet 2012 à Evry

En 2011, 600 participantes et participants étaient présent-e-s à la première édition !

*


Au programme :

 

débats, projections, rencontres, échanges, ateliers, village associatif, librairie féministe, soirée festive, etc.

Cette 2e édition des rencontres d’été des « Féministes en Mouvements » a vocation à continuer sur la même trajectoire que l’an dernier : nous rassembler, échanger, produire des analyses et des propositions pour les élus et les pouvoirs publics, travailler ensemble à faire en sorte que les droits des femmes et l’égalité avancent dans la société.


Dans un contexte particulier de création d’un ministère des droits des femmes, il s’agit aussi pour nous de définir ensemble les priorités d’action à porter devant la Ministre et les moyens que nous nous donnons pour cela ! C’est pourquoi le thème de ces rencontres est « L’égalité femmes-hommes en chantier ! »


Retrouvez le programme et les informations pratiques et inscrivez-vous sur:

 

le site des Féministes en mouvements !

 

http://www.osezlefeminisme.fr/article/deuxiemes-rencontres-dete-des-feministes-en-mouvements

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 13:09

 

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17/08/2011 à 16h44 Marie Kostrz | Journaliste Rue89

 

(De Lille) A 9 heures, près de Lille, la bibliothèque de Lézennes est encore déserte.

 

Jusqu’à ce que deux femmes franchissent les portes de l’établissement les bras chargés d’une grosse caisse remplie de livres pour enfants. Certains sont truffés de préjugés sur la place de l’homme et de la femme dans la société. D’autres non.


Depuis juillet 2010, Véronique Cochard et Brigitte Kaiser mènent un projet qui a encore peu de doublons en France. Avec leurs organisations respectives, le Collectif régional pour l’information et la formation des femmes (Corif) et l’Institut lillois pour l’éducation permanente (Ilep), elles luttent contre les stéréotypes de genre qui sont véhiculés dans les livres pour enfants

 

Au premier étage de la bibliothèque, douze femmes – pas un seul homme n’est présent – bavardent joyeusement. Elles travaillent toutes dans le secteur de la petite enfance et suivent l’atelier créé par les deux collègues.

Après avoir travaillé sur l’égalité homme-femme dans le monde professionnel, puis avec les lycéens et collégiens, Véronique Cochard s’est rendu compte que la sensibilisation devait commencer encore plus tôt. Pour éviter que le sexisme ne soit intégré par les enfants dès leur plus jeune âge, rien de mieux selon elle que d’agir auprès des adultes qui prennent soin d’eux au quotidien.

« Le masculin, toujours mieux à même de représenter l’universel »

Ce projet, financé par l’Union européenne, est également mené en Italie, en Belgique et en Suède.

Le livre est pour les deux femmes un support intéressant : l’enfant le tient entre ses mains dès l’aube de sa vie et les stéréotypes sont encore nombreux à se glisser entre ses pages.


La mise en cause de la littérature jeunesse comme médium de transmission des rôles des femmes et des hommes dans la société n’est pas nouvelle. En 1949, Simone de Beauvoir avait déjà fait ce constat dans « Le Deuxième Sexe “.

Plus de cinquante ans après, les inégalités perdurent dans la littérature jeunesse. Contactée par Rue89, Sylvie Cromer, sociologue spécialiste des questions de genre et maîtresse de conférence à l’université Lille-II, précise :

‘Il n’y a plus beaucoup d’ouvrages où la maman fait la vaisselle pendant que le papa lit son journal dans le fauteuil. Mais malgré tout, les stéréotypes perdurent car le masculin est toujours mis en avant, il est toujours mieux à même de représenter l’universel.’

Elle précise que les hommes sont toujours dominants dans les histoires, particulièrement lorsqu’il s’agit d’adultes : ils représentent 60% des personnages. Les clichés sont nettement plus marqués dans les ouvrages destinés aux plus petits.

‘Une fille aura toujours une jupe ou une robe et des bijoux’

Dans les magazines adressés aux 0-6 ans, les garçons entretiennent des relations plus diversifiées que les filles, qui restent plus facilement cantonnées à la famille.

Brigitte Kaiser confirme que les stéréotypes sont particulièrement visibles pour les très jeunes :

‘Pour la formation, nous avons cherché des ouvrages non-sexistes pour les tout-petits, nous avons eu énormément de mal à en trouver.’

De manière générale, les personnages masculins sont également moins ‘marqués’ :

‘Un garçon n’aura pas forcément une barbe ou des lunettes alors qu’une fille aura toujours une jupe ou une robe et des bijoux.’

En espérant que le soir, ‘ça discute en famille’

A Lézennes, c’est la troisième et dernière fois que les douze femmes se retrouvent pour parler sexisme. Assises autour d’une grande table et avant de s’atteler au décryptage de la série de livres Martine, elles partagent leurs impressions sur la veillée de contes organisée quelques jours auparavant à la bibliothèque.

Un à un, Brigitte Kaiser et Véronique Cochard sortent des ouvrages de leur caisse. Tous ceux qui ont été lus aux enfants étaient entièrement non-sexistes.


A l’évocation du livre ‘A quoi tu joues ?’ qui démonte les stéréotypes tels que ‘les garçons, ça ne joue pas à la poupée’, Isabelle Renard, responsable d’une halte-garderie, pense que ‘le soir, ça a dû discuter en famille’.

Elle suppose qu’à l’avenir, les parents penseront que leur garçon deviendra un bon papa plutôt que de dire qu’il risque de devenir une fille.

 

Depuis la première séance, le discours des participantes a sensiblement évolué. Selon Véronique Cochard, elles sont à présent capables de sensibiliser les enfants comme les parents. Florence Bernard, qui encadre les enfants à la garderie, a apprécié la formation :

‘Je ne m’étais jamais posé ces questions sur les stéréotypes. Cet atelier permet d’avoir un autre regard sur les livres que nous lisons aux enfants et de mieux les choisir.’

C’est aussi la première fois qu’Anne-Lise Hainant, toute jeune bibliothécaire, suit une formation sur la littérature non-sexiste. La jeune femme assure que l’influence de la formation dépasse sa propre personne : lors des réunions avec ses collègues des autres établissements, elle ne manque pas de ‘les sensibiliser’.

‘Je ne mets plus forcément un bavoir rose à une petite fille’

Parti du livre, l’atelier permet néanmoins de faire évoluer le regard des professionnels sur l’univers dans lequel les enfants évoluent. C’est notamment le cas avec les jouets, qui reproduisent sensiblement les divisions entre hommes et femmes. Florence Bernard reconnaît :

‘Avant, on avait le réflexe de ne sortir que la caisse des jouets de garçons si aucune fille n’était à la garderie. Ce sont des habitudes dont on cherche à se débarrasser.’

Isabelle Renard, responsable d’une halte-garderie, a conscience que la distinction entre filles et garçons est reproduite par les adultes :

‘Quand les enfants sont très petits, ils n’ont aucun préjugés sur les jeux, les garçons vont vers le coin poupées d’eux-mêmes. Les petites filles sont aussi contentes de jouer aux petites voitures.’

L’atelier l’incite à être plus attentive à certains gestes du quotidien, répétés de manière inconsciente :

‘Je ne mets plus forcément un bavoir rose à une petite fille.’

Pour les garçons, la peur constante de l’homosexualité

Ce qui n’est pas toujours évident, la société accusant un retard dans le domaine :

‘Nous avons refait le coin poupées, avec la volonté de ne pas acheter de meubles roses. Nous avons eu énormément de mal à en trouver d’une autre couleur !’

Malgré le succès évident de l’atelier, certains préjugés ont la vie dure. Brigitte Kaiser regrette que si les filles s’aventurent assez facilement dans le domaine réservé habituellement aux garçons, le contraire est beaucoup moins fréquent :

‘Pour une fille, se comporter comme un garçon’ est valorisant, alors que le contraire est encore honteux. Chez les parents des petits garçons, il y a toujours la peur de l’homosexualité.”

Pendant l’atelier, une des éducatrices lance :

“Hors de question que mon fils fasse de la danse, sauf si c’est du hip-hop !”

Sylvie Cromer, sociologue, a aussi remarqué que cet obstacle est difficile à franchir :

“Il y a une croyance très vivace que l’égalité des sexes va apporter une confusion entre les sexes.”

Un déterminisme fabriqué qui bloque les enfants

Face à cette crainte, les enfants intériorisent certains comportements. Les professionnels de la petite enfance évoquent souvent le cas de petits garçons “honteux de dire qu’ils aiment jouer à la poupée”.

Sylvie Cromer poursuit :

“L’assignation des sexes n’est pas naturelle. Il faut qu’on arrive à faire comprendre que le sexe ne doit pas être un déterminisme car cela bloque le potentiel des enfants.”

La sociologue n’est pourtant pas pessimiste : dans les livres, les personnages d’enfants sont de moins en moins clivés, contrairement à ceux des adultes. Les rôles des filles et des garçons sont beaucoup plus interchangeables qu’auparavant. Les enfants sont également plus réceptifs au discours antisexiste. Elle affirme :

“Dans les livres comme dans la société, les rapports entre les sexes bougent.”

Mis à jour le 17/08/2011 à 17h20 : Sylvie Cromer est maîtresse de conférence et non professeur.

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 12:53
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20 juin par Lucile Daumas

 

A Rio, les femmes donnent de la voix contre le capitalisme vert.


Belle manifestation des femmes, ce lundi 18 juin, dans le cadre du Sommet des peuples à Rio de Janeiro. Elle a fait la une de certains titres de la presse brésilienne. L’objectif qui était de faire entendre la voix des femmes contre cette économie verte que les gouvernements réunis à Rio+20 sont en train de nous imposer est donc atteint.


Parties vers 7 heures du matin du campement que les femmes de la Marche mondiale des femmes (MMF) partagent avec les militants de la Vía campesina, près de 2000 femmes sont arrivé(e)s sur le site du Sommet des peuples, à quelques kilomètres de là où s’inaugurait la tente “Territoire global des femmes”.


Elles ont alors été rejointes par un nombre important de femmes et d’hommes et c’est un cortège de plus de 10 000 personnes qui s’est ébranlé pour porter leurs voix dans les rues du Centre de Rio.


Cette marche, organisée à l’initiative de la MMF, de Vía Campesina, de l’Articulaçao da mulheres brasileiras et de plus de 30 autres organisations, proclamait sur la banderole de tête: “Femmes em lutte contre la marchandisation de nos corps, de nos vies et de la nature”.

 

Le cortège, animé par plusieurs groupes de percussions, dont la batucada de la MMF, agitant au vent des banderoles de toutes couleurs, a circulé pendant plus de 4 heures dans les rues de la ville pour affirmer leur engagement contre l’économie verte, cette fausse solution à la crise écologique qui veut transformer la nature en prestataire de service et en un nouveau marché pour les capitaux spéculatifs.


“Le monde n’est pas une marchandise, les femmes non plus !”

“Pour les féministes, le capitalisme vert ne fait pas recette !”

“Femmes contre le terrorisme néolibéral !”

“L’argent du BNDES* est l’argent du peuple !”


Voilà quelques uns des slogans que l’on pouvait entendre ou lire sur les banderoles, à côté des revendications plus classiques, contre la violence, pour le droit à l’avortement, etc.


Dans le cortège, des femmes de tous les continents, de tous les pays, avec une forte majorité de femmes brésiliennes évidemment, mais aussi de la “matrie” latinoaméricaine.


Des paysannes, des femmes mineurs, des ramasseuses d’ordure, des indigènes, des syndicalistes et des militantes politiques.


Et cet appel : “María, ven con nosotros”.... “Femmes, rejoignez-nous !”


Lucile Daumas, Attac Maroc, Rio de janeiro, 19 juin 2012

 

http://www.cadtm.org/A-Rio-les-femmes-donnent-de-la

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 13:38
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Par Nolwenn Weiler (8 juin 2012)


Les premiers actes posés par François Hollande et son gouvernement augurent d’une politique plus volontariste que son prédécesseur en matière d’égalité femmes-hommes. Mais pour défendre les droits des 33 millions de Françaises, notamment en matière de lutte contre les violences et contre la précarité, le Parti de gauche, Europe Écologie-Les Verts et le Nouveau Parti anticapitaliste proposent des programmes plus ambitieux.

« Les droits des femmes passent par la gauche », affirmait, le 25 avril dernier, une tribune publiée dans le quotidien Libération, signée par 150 personnalités, femmes et hommes [1]. « La gauche est une alliée intrinsèque de la lutte des femmes pour leur libération parce qu’elle a pour but l’émancipation de chaque individu », disait aussi ce texte, qui appelait à voter pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle.


Quelques semaine plus tôt, seuls des candidats de gauche avaient répondu présents à l’invitation lancée le 7 mars par 45 associations féministes qui souhaitaient, lors d’un débat public, « tester leur potentiel féministe et découvrir leurs propositions » [2]. Eva Joly, Philippe Poutou, Jean-Luc Mélenchon et François Hollande avaient fait le déplacement. Le nouveau président de la République avait alors affirmé : « Je ne suis pas né féministe. Je le suis devenu. » Et il avait promis, en cas de victoire, de nommer un gouvernement paritaire.


10 % de femmes dans les cabinets ministériels


Promesse tenue. Le gouvernement formé par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, compte 17 ministres femmes et 17 ministres hommes. Une décision qualifiée « d’historique » par de nombreuses associations. À la direction des cabinets, le bilan est moins brillant. Puisqu’on ne compte que 10% de femmes… Mais la haute fonction publique est de toute façon très résistante. À tel point qu’un décret a été publié le 2 mai dernier pour imposer des quotas de femmes dans cette chasse gardée masculine.


Autre signal fort donné par le tandem Hollande-Ayrault : la réinstauration d’un ministère des Droits des femmes. Créé en 1981, avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand, il avait été supprimé en 1986, à la suite de la défaite de la gauche aux élections législatives. Dirigée par Najat Vallaud-Belkacem, ce ministère est considéré par le mouvement social comme capital pour analyser, décrypter, combattre et prévenir le sexisme, les inégalités et les violences faites aux femmes.


Il permettra sans doute aussi d’assurer des financements pérennes aux associations. Qui, à l’image de l’historique Planning familial, ont vu leurs budgets réduits comme peaux de chagrin ces cinq dernières années [3].


Les salaires des femmes 20% inférieurs


« La création d’un ministère est importante, cela offre un guichet. Mais cela ne doit pas empêcher un vaste mouvement social », avertissait Yvette Roudy, ancienne ministre française aux Droits des femmes, le 14 mars dernier lors des « causeries présidentielles » proposées par le Centre Hubertine-Auclair (espace d’information francilien sur l’égalité entre femmes et hommes) [Voir leur site]. C’est aussi le point de vue de Jean-Luc Mélenchon, qui estime que « l’institutionnalisation de la lutte ne doit pas effacer la lutte », rappelant que, dans les textes, l’obligation de l’égalité salariale existe bel et bien, sans que cela ne se traduise dans la réalité. En 2008, les écarts salariaux moyens entre hommes et femmes sont de 23,6 % dans le secteur privé et de 17 % dans la fonction publique d’État.


Les femmes occupent la plupart des emplois à temps partiel (81,5 %) et des emplois dits non qualifiés (62 %), pour percevoir des retraites inférieures de 40 % à celles des hommes. Pour sortir de cette précarité, le Front de gauche propose d’abord le Smic à 1 700 euros (tout comme le NPA). « Cela prend cinq minutes, cela aide beaucoup de femmes, qui sont plus nombreuses que les hommes à être payées au salaire minimum, et cela fait aussitôt grimper les autres salaires », assure Jean-Luc Mélenchon. Qui promet aussi le retour à la retraite à 60 ans avec la prise en compte des périodes d’éducation des enfants et la fin des temps partiels subis.


Pour Osez le féminisme (OLF), qui a décortiqué les programmes des partis politiques sur cette question, le projet d’EELV est aussi « prometteur ». L’association voit d’un très bon œil « la suppression de l’exonération sur les heures supplémentaires, le conditionnement des exonérations de cotisations sociales pour les bas salaires à un travail décent, l’augmentation du salaire horaire pour les temps partiels inférieurs au mi-temps, le soutien et l’amélioration des emplois de service ».


Pas de parité, pas de subventions


Concernant le cumul des mandats, qui freine le renouvellement du personnel politique et l’engagement des femmes, une collaboration avec EELV et le FG au sein d’une assemblée nationale plurielle permettrait quelques avancées remarquables sur le sujet. EELV propose une législation interdisant le cumul des mandats, y compris dans le temps. Le parti écolo souhaite aussi la suppression des subventions aux partis ne respectant pas la parité, afin d’éviter que les grands partis puissent acheter un « droit » au sexisme. Pour le Front de gauche : « La parité sera garantie par la loi, le cumul des mandats strictement limité en nombre et dans le temps. »


Selon Réjane Sénac, chargée de recherche au CNRS, c’est quand la loi est contraignante (comme pour les scrutins de listes aux élections locales et régionales), qu’elle est efficace : « Quand elle n’est qu’incitative, comme pour les législatives, là où le pouvoir est le plus aigu, on a un contournement de l’esprit de la loi. Les suppléants sont des suppléantes. Et elles sont candidates dans des circonscriptions où elles ont peu de chance de gagner. » [4]


Une loi pour combattre les violences sexistes ?


Les combats des féministes « ne sont pas une "affaire de femmes", mais nos combats, ceux de toutes les citoyennes et tous les citoyens », assure François Hollande le 10 avril dernier dans une réponse à l’Association européenne contre les violences faites aux femmes (AVFT). La rapidité avec laquelle Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira se sont emparées du dossier de la définition du délit de harcèlement sexuel tendrait à prouver que le gouvernement socialiste prend la question des violences sexuelles et sexistes au sérieux.


Mais, selon Osez le féminisme, « le Front de gauche est le seul parti qui aborde de manière complète les diverses discriminations et violences subies par les femmes ». Parmi les propositions : le vote d’une loi de lutte contre le sexisme, se donnant les moyens de sanctionner les insultes à caractère sexiste, la banalisation et l’omniprésence de la pornographie et l’instrumentalisation des corps à des fins marchandes.


Le Front de gauche promet également d’agir pour le droit à l’avortement au niveau européen, d’activer le logement prioritaire pour les femmes en danger et la possibilité d’obtenir des titres de séjour pour les femmes étrangères victimes de violences. Sur ces divers points, le programme du NPA est similaire. Autres propositions du Front de gauche qui séduisent les féministes : la création d’un statut de réfugiée pour les demandeuses d’asile, l’abrogation du délit de racolage passif, la création d’un observatoire national des violences.


Pas une fois le mot « femme » dans le programme de l’UMP


Dans son analyse, Osez le féminisme souligne aussi que « le projet écologiste est très ambitieux concernant les violences faites aux femmes ». Au programme : des campagnes de sensibilisation, l’augmentation du nombre de places en hébergement d’urgence, la formation des professionnels. Le Nouveau Parti anticapitaliste, seul parti à citer l’expression de « harcèlement sexuel » dans son programme, est plus elliptique sur les mesures concrètes à mettre en place.

À droite, le sujet ne semble pas prioritaire. Dans le programme présidentiel de l’UMP, il n’y avait pas même une fois le mot femme ! Quant au FN, qui aime à se faire le défenseur des victimes, et se veut impitoyable envers les délinquants, il ne propose… rien pour lutter contre les violences faites aux femmes. Sur ce volet, estiment les féministes de l’AVFT, les partis politiques, et notamment le PS, gagneraient par ailleurs à clarifier leur position quant à leurs membres qui sont condamnés pour violences sexuelles. Il serait aussi bien vu, sur ce dossier, que le PS se prononce un jour sur l’éventuelle éviction d’un certain DSK...

Nolwenn Weiler

Une : source

Photo : source

Notes

[1] Voir la tribune.

[2] Source.

[3] Lire l’article de Rue 89.

[4] Voir son intervention.

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 11:33
Louis Lepron | Journaliste

Une salle d’audience d’un tribunal du Caire en 2008. Premier procès, en Egypte, pour harcèlement sexuel. La plaignante, Noha Rushdi, se fait moquer par l’avocat de la défense.

Mohamed Diab était présent :

« C’est à ce moment là que j’ai décidé de réaliser “Les Femmes du bus 678”. Pour que cet avocat comprenne ce que vivent les femmes. »

Elles seront trois à incarner « les » femmes d’Egypte :

  • Fayza des quartiers populaires,
  • Seba la bourgeoise ;
  • Nelly, tête brûlée.

Toutes les trois victimes d’une agression sexuelle.

Bande-Annonce « Les femmes du bus 678 »

Film réalisé par Mohamed Diab

Un cercle vicieux

En Egypte, les harcèlements sexuels concernent 83% des Egyptiennes, et 98% des femmes étrangères de passage.

Le scénariste égyptien s’est inspiré des groupes thérapeutiques qui réunissent des femmes ayant été attaquées.

« Même si cela m’a pris des années pour récupérer des informations, les femmes avec qui j’ai parlé se sont ouvertes progressivement. “

Selon lui, un cercle vicieux caractérise la société égyptienne :

  • les hommes n’ont pas conscience de la gravité de leurs actes ;
  • honteuses, les femmes n’iront jamais avouer avoir été agressées ou violées ;
  • les frères ou maris, s’ils apprenaient une telle chose, se sentiraient comme des ‘sous-hommes’.

Il précise :

‘Dans Les Femmes du bus 678’, chaque mot, chaque phrase, a déjà été prononcé.”

Extrait de “Les femmes du bus 678”

Film réalisé par Mohamed Biad

Place Tahrir, l’agression d’une journaliste

A sa sortie dans les salles égyptiennes, “Les Femmes du bus 678” fait beaucoup parler de lui. Les femmes savent que le film dépeint une vérité ; les hommes, pour la plupart, n’y voient qu’une fiction de plus.

Un mois plus tard éclate la révolution égyptienne. Mohamed Diab, alors en promotion pour son film, sera l’une des premières personnalités à soutenir le mouvement.

Mais il perçoit une confrontation abstraite entre deux Egypte :

“Les Egyptiens présents lors des dix-huit premiers jours étaient les plus braves car ils pensaient que la police allait les tuer. Avec le courage d’affronter la mort, ils ont fait ressortir le meilleur d’eux-mêmes. Aucune femme, alors qu’on était serrés comme des sardines, n’a été abusée.”

Le réalisateur parle de la “nouvelle Egypte”. La “vielle”, elle, arrive place Tahrir le 11 février, quelques heures après le départ de Hosni Moubarak : des femmes se font violer, notamment une journaliste d’ABC, une histoire reprise dans le monde entier.

Extrait de “Les femmes du bus 678”

Film réalisé par Mohamed Diab

 

“Un fondement culturel, propre à l’Egypte”

Mohamed Diab en est conscient : le procès auquel il a assisté en 2008, comme son film, ne sont que des étapes vers un changement en profondeur des mentalités.

“Des femmes m’ont affirmé qu’elles ne se laisseraient plus faire ; des hommes m’ont affirmé qu’ils avaient pris conscience.”

Mohamed Diab a confiance dans la nature humaine : pour lui, les hommes ne sont pas mauvais, ils ont simplement, en tête, “de mauvaises images, des clichés”.

Mais il en veut aux médias occidentaux qui font le lien entre les agressions sexuelles et la religion musulmane :

“Ce phénomène arrive aussi en Inde et au Mexique, des pays non-musulmans. Cela s’explique par exemple par la pauvreté ou la densité de population, très forte au Caire. Ce n’est pas un fondement religieux mais un fondement culturel, propre à l’Egypte.”

 

http://www.rue89.com/rue89-culture/2012/05/30/les-femmes-du-bus-678-contre-les-cliches-des-egyptiens-232208

 


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diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

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Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


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Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

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  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

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Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

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st nnonon

 

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