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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 09:24

 

 

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 08:57

 

 

L’Easter Rising, aussi appelé l’Insurrection de Pâques (Éirí Amach na Cásca) , occupe une place

importante dans le processus de l’indépendance irlandaise, puisqu’il s’agit d’une vraie tentative de révolte.

 

Le consul de France ne s’y est pas trompé, puisque dès juin 1914, il a envoyé une dépêche diplomatique

à Paris : « Il suffirait d’une étincelle pour provoquer en Irlande une sérieuse guerre civile ». 

 

Le 24 avril 1916, lundi de Pâques, 200 membres de l’Irish Citizen Army et 550 Irish Volunteers,

dont 90 femmes dans les deux groupes, occupent seize points stratégiques de Dublin. Leur nombre

devait être plus important, mais il a été réduit au dernier moment, car le chef d’état major, le lunatique

Eoin MacNeill, dénonce « la folle équipée » et demande à ses hommes de renoncer à participer au

soulèvement. Ces 750 soldats de la République affrontent 2500 britanniques, qui sont rejoint par

de nombreux renforts les jours suivants, dès que l’assaut est lancé. Des barricades sont construites,

les moyens de communication coupés.

                                                                                                        

 Les insurgés s’emparent de plusieurs bâtiments du centre-ville, comme l’Hôtel de Ville, la Poste,

le Palais de justice, les gares. Le drapeau tricolore de l’Irlande est hissé au dessus de la Poste.

La déclaration d’indépendance,signée par Connolly, Pearse, Clarke et quatre autres chefs de file

des insurgés, est affichée dans tout Dublin.

 

 Malheureusement pour les insurgés, le soulèvement n’est pas suivi par les autres villes et les

campagnes, à part quelques exceptions. Les armes attendues d’Allemagne sont saisies par les

britanniques qui pendent en août le dirigeant républicain qui les amenaient par bateau.

Ainsi la bataille est confinée à Dublin. Des Irlandais des régiments britanniques se rangent au coté
des rebelles, ainsi que des badauds.

 

Mais le général Maxwell, chef des forces britanniques, décide de bombarder pendant trois jours

Dublin à l’aide d’une canonnière placée sur la rivière Liffey. Pearse donne alors l’ordre de cesser

les combats. La ville est la proie des flammes et 300 Dublinois ont été tués, mille blessés, dont Connolly. 


« Afin d’empêcher le massacre de civils désarmés et avec l’espoir de sauver la vie de nos

camarades, à présent encerclés et dépassés par le nombre, les membres du Gouvernement provisoire

sont tombés d’accord pour signer un ordre de reddition sans conditions, et les commandants de toutes

les unités des forces républicaines vont ordonner à leurs soldats de déposer les armes. » 


Des milliers d’Irlandais sont faits prisonniers et des exécutions sommaires se multiplient.


   Les républicains sont isolés : seuls les révolutionnaires russes approuvent l’insurrection…

Connolly, Pearse et tous les signataires de la proclamation d’indépendance sont fusillés.

 

La direction républicaine est donc décapitée à la suite de cette semaine de combats, et Connolly

n’a pas laissé derrière lui d’organisation pour continuer la lutte politique.

 

D’un point de vue militaire, l’insurrection de 1916 est un échec.

 

En effet, l’insurrection est restée urbaine alors que les Volunteers sont majoritairement organisés

dans les campagnes. De plus, l’absence de foyers d’insurrection rurale a permis une importante

concentration des forces britanniques autour de Dublin. Ensuite, la jonction du prolétariat espérée,

c’est à dire le soutien des ouvriers des syndicats aux idées révolutionnaires, même britanniques,

ne s’est pas réalisée, tout comme les mutineries attendues dans les régiments anglais à dominante

irlandaise. Enfin, les bombardements ont terrorisé la population. L’insurrection irlandaise est rejetée

par tous, excepté par les révolutionnaires russes.


Trotski comme Lénine prendront la défense de l’insurrection contre, comme le dit Lénine, « les puristes

de la révolution », et les « réformistes ». Il considère que « le malheur des Irlandais, c’est qu’ils se sont

insurgés dans un moment inopportun, alors que l’insurrection du prolétariat n’était pas encore mûre. »


Cependant, le soulèvement sollicite l’ensemble de la population, choquée par la pendaison de Sir Roger

Casement. L’Easter Rising rentre ainsi dans la légende grâce aux écrivains et poètes. William Butler Yeats

exprime ainsi l’esprit d’une Irlande ébranlée par les Pâques sanglantes :

 

« Je l’écris en faisant rimer

Les noms de

Mac Donagh et Mac Bride

Et Connolly et Pearse

Maintenant et dans les jours à venir

Partout où le vert sera arboré

Tout est changé, totalement changé :

Une terrible beauté a vu le jour »

 

                                                                                                                         William Butler Yeats: « Easter, 1916 »

 


Ce qui apparaît comme une défaite (excepté l’élan de sympathie populaire pour les dirigeants

de l’insurrection exécutés par les Anglais) est tout de même ce que Connolly et Pearse ont espéré :

le détonateur d’une gigantesque déflagration sociale et nationale. De plus, le peuple irlandais possède

un atout que Connolly, au cœur de la rébellion, a annoncé : « Vous n’êtes plus les Volunteers ou la Citizen

Army, il n’y a plus qu’une seule armée, l’Irish Republican Army. » 


C’est la naissance de l’IRA. En dépit du fiasco de 1916, la majorité du peuple irlandais soutient maintenant
les républicains…
*
Source: Des élèves de 1ére!
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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 10:26

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Après cinq semaines de grève, les mineurs reprenaient le travail le 5 avril 1963.

*

Ils n'avaient que très partiellement obtenu satisfaction. Mais leur mouvement avait créé une crise politique, tenant en échec un gouvernement dirigé par de Gaulle et mettant, de fait, à l'ordre du jour la grève générale à l'échelle du pays. Mais les directions syndicales firent obstacle à l'élargissement de la lutte. Cela permit au gouvernement, sitôt le travail repris, de repartir à l'offensive.


À l'époque, les Houillères, entreprise nationalisée, étaient en pleine restructuration. Une année auparavant, à Decazeville, dans l'Aveyron, une grève avait duré deux mois contre les licenciements et les conditions de reclassement, suite à la décision du gouvernement de fermer les puits. Cette grève n'avait pas réussi à enrayer le mouvement de fermeture des mines, ce que le gouvernement Pompidou appelait déjà la « rationalisation » du secteur minier face à la concurrence de nouvelles énergies, pétrole et électricité.


Les mineurs réagissent


Au début de l'année 1963, les dix bassins houillers du Nord-Pas-de-Calais, de Lorraine, du Centre-midi étaient touchés par des grèves. Les mineurs, inquiets pour leur avenir, revendiquaient des augmentations de salaire.

CGT et FO avaient organisé une grève du rendement tandis que la CFTC (la CFDT, qui est issue de la CFTC, n'existait pas encore) appelait à la grève générale illimitée, ce qui lui valait de la part de l'hebdomadaire de la CGT, la Vie Ouvrière, ce commentaire : « Une petite organisation comme l'est la CFTC dans les mines peut se permettre de lancer des mots d'ordre irresponsables. Il est exclu que la grande organisation des mineurs de la CGT puisse voir les choses de cette façon (...) Chacun comprend qu'au moment où on manque de charbon à Paris jusque dans les asiles ou les hôpitaux, le gouvernement serait trop heureux de saisir l'occasion et de retourner la colère de ces victimes contre les mineurs. » Ce chantage fut utilisé tout au long de la grève, aussi bien par la CGT que par le gouvernement, dans le but de faire pression sur les mineurs. Ainsi, avant même le début de la grève, la CGT avait annoncé la couleur : pas question d'appeler à la grève générale.


Face à la montée générale du mécontentement ouvrier, la CGT avait lancé un mot d'ordre de grève de 48 heures à compter du 1er février, annulé sitôt que le gouvernement proposa des négociations. Elles s'engagèrent le 15 février avec la direction des Charbonnages, qui accorda une augmentation de salaire de 5,77 % pour l'année 1963, rejetée par les organisations syndicales (elles estimaient à 11 % le retard pris par les salaires). La CGT annonçait alors une semaine revendicative à partir du 1er mars, avec un temps fort d'une journée de grève totale, suivie d'une grève du rendement. La réaction du gouvernement fut immédiate. Il accorda dix minutes d'entretien aux trois confédérations, pour leur signifier d'arrêter ça tout de suite, faute de quoi les mineurs seraient réquisitionnés.

 

 La réquisition des mineurs reste lettre morte


Non seulement la journée du vendredi 1er mars fut un succès avec la grève presque totale parmi les mineurs de fond du Nord-Pas-de-Calais et de Lorraine, mais, ce qui n'était pas prévu, la grève toucha également les mines de fer de Lorraine, divers gisements de potasse, de bauxite, d'uranium, des ardoisières, etc. Face à la grève, le gouvernement de Gaulle signa en urgence un décret de réquisition. Il concernait principalement les bassins de Lorraine et du Nord, mais resta sans effet, les mineurs refusant de descendre au fond. La CGT, la CFTC, la FEN, l'UNEF appelaient à une grève générale... de 15 minutes dans tout le pays pour la défense du droit de grève.


Au moment où la combativité des travailleurs exigeait une politique offensive, les directions syndicales faisaient du surplace.

 

Nous écrivions dans Lutte de Classe, du 12 mars 1963 : « Les réactions des travailleurs de toutes les professions, le fait que des grèves de solidarité, de solidarité pure sans aucun objectif revendicatif, aient été suivies partout, est un indice de la combativité de la classe ouvrière. Les centrales syndicales se sont refusées à généraliser la grève (...). Cependant, elles ont dû engager des luttes (qu'elles ont limitées au maximum) telle la grève de deux heures de la SNCF ou la journée d'action de la métallurgie prévue pour jeudi (14 mars). » Le Figaro de son côté reconnaissait « tous les témoins le certifient, aujourd'hui comme hier, la base est plus intransigeante que la tête ».


Les mineurs se battent seuls


Les mineurs tinrent bon en effet, mais les centrales syndicales firent tout pour éviter d'étendre le mouvement à d'autres secteurs, y compris et surtout ceux de l'industrie privée comme l'automobile, qui auraient alors pu exercer une pression puissante pour contraindre le gouvernement à satisfaire les revendications. Pourtant, les débrayages se multipliaient et étaient massivement suivis chez les postiers, les gaziers, à l'EDF, chez les métallos et même chez les étudiants. L'opinion publique restait acquise aux grévistes, malgré les campagnes de dénigrement, et la solidarité s'exprimait financièrement.


Mais si « la grève générale est dans l'air », comme le notait la presse, les directions syndicales, et en particulier la plus puissante, la CGT, lui tournaient le dos.

 

Un accord fut signé le 24 mars alors que la pénurie de charbon commençait à poser des problèmes sérieux au gouvernement. Il cédait une augmentation de salaire de 6,5 % au 1er avril 1963, une quatrième semaine de congés payés, une vague promesse de table ronde pour discuter de l'avenir de la profession. C'était loin du compte. À l'annonce de l'accord signé entre les directions syndicales et les Charbonnages, une vague de colère s'exprima, entre autres à Lens, Liévin et Hénin-Liétard. Les mineurs huèrent le secrétaire général de la Fédération CGT du sous-sol et refusèrent à 56 % à Lens, à 46 % à Hénin, de redescendre dans la mine. La grève se poursuivit et la reprise du travail totale se fit, difficilement, le 5 avril.


Gouvernement et patronat avaient pu mesurer la combativité des mineurs.

 

Dès juillet, à la suite d'une grève de la RATP, de Gaulle et son gouvernement décidaient de mesures antigrèves. Dans les services publics, les grèves surprises seraient interdites. Un préavis de cinq jours francs devrait obligatoirement précéder tout mouvement de grève. Cette mesure est toujours en vigueur... mais cinq ans plus tard, c'était Mai 1968.

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Lucienne Plain

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http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2329&id=50

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 12:58

http://quefaire.lautre.net/local/cache-vignettes/L180xH275/arton286-66fb8.jpg

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par Ross Harold


Dans cet article il ne s’agira pas de revenir sur le déroulement des événements de la Commune mais de se concentrer sur deux questions particulières. Etant donné que la Commune de Paris n’était pas seulement un événement mais aussi une institution issue directement du suffrage universel est-ce que ce ne serait pas un argument pour soutenir la thèse de la « Révolution par les urnes » chère à Jean-Luc Mélenchon avec ses références aux processus au Venezuela ou au référendum ?


Deuxièmement, sur la question de la démocratie « directe » et des organes de pouvoir ou de contrepouvoir, nous avons souvent en tête les conseils ouvriers qui ont surgi lors des révolutions du début du 20e siècle (Russie, Allemagne, Hongrie, Italie, Espagne ou plus tard au Chili, en Iran, etc.) mais quelle forme le pouvoir des travailleurs prenait-il lors de la Commune ? Et du coup, en quoi le retour sur cette question est-il utile pour le débat aujourd’hui sur les formes que ce pouvoir pourrait prendre à l’avenir (conseils d’entreprise, comités de grève, coordinations, AGs ou conseils de quartier, etc.) ?

Révolution par les urnes ?

Revenons donc sur les deux élections marquantes de février et de mars de cette année 1871 et à l’énorme évolution des consciences dans l’espace de 7 semaines. Après la défaite de l’armée de Napoléon III face à la Prusse le 4 septembre 1870, le Second Empire s’effondre, le peuple parisien se soulève et les députés modérés de Paris proclament la République et mettent en place un gouvernement « de défense ». Ce gouvernement continue à mener la guerre, alors que Paris, assiégée, connait la famine, mais il finit par capituler le 28 janvier. Afin que cette capitulation soit validée par un gouvernement légitime la Prusse exige de nouvelles élections en France.


Le 8 février une nouvelle assemblée nationale est élue.

 

Sur 750 députés, 450 sont des monarchistes (sans compter les bonapartistes). La seule exception est Paris où sur 43 députés 33 sont des républicains plus ou moins radicaux et quatre des révolutionnaires. Le 26 mars les Parisiens élisent la Commune de Paris.

On a souvent parlé de ses décrets mais, pour mémoire, citons-en quelques uns des plus frappants :

  • l’armée permanente est supprimée. Paris aura « une milice nationale qui défend les citoyens contre le pouvoir au lieu d’une armée permanente qui défend le pouvoir contre les citoyens ».
  • les expulsions de locataires sont interdites et les dettes depuis octobre annulées
  • les élus sont responsables et révocables à tout moment
  • les élus et fonctionnaires (du plus haut au plus bas de l’échelle) sont payés le même salaire qu’un ouvrier
  • toutes les Eglises sont dissoutes et expropriées dans la mesure où elles constituent des corps possédants et les prêtres sont renvoyés « à la calme retraite de la vie privée »
  • les magistrats et les juges sont élus, responsables et révocables
  • les établissements d’instruction sont ouverts à tout le peuple et gratuits
  • le travail de nuit des boulangers est interdit

Ce changement entre les deux élections s’explique-t-il par un simple débat d’idées, par la force d’une belle campagne électorale ? Bien évidemment que non. Mais comment expliquer alors la transformation d’un Paris républicain en un Paris rouge et révolutionnaire ? D’abord, une partie importante de la population des quartiers riches de Paris, soit fuit la capitale pour rejoindre la réaction à Versailles, soit s’abstient. Si les quartiers populaires votent massivement pour la Commune (le 20e à 76 %) la moyenne est à peine 50 % car dans certains quartiers bourgeois à peine 25 % des inscrits se déplacent. Mais la raison principale se trouve dans l’incroyable intensification de la lutte des classes entre les deux élections.

Thiers attaque

Au lendemain du 8 février le gouvernement Thiers lance une attaque des plus brutales contre le peuple parisien qui, à son tour, résiste avec des formes d’organisation et de représentation très particulières. Avant d’examiner ces formes rappelons-nous quelques éléments de l’offensive du gouvernement.

  • Le 15 février, sous prétexte que la guerre est terminée, l’Assemblée décide d’arrêter la solde des 180 000 gardes nationaux. Pas de solde et pas de travail de remplacement signifie la précipitation dans la misère de dizaines de milliers de familles.
  • Le 6 mars, le général bonapartiste Vinoy, devient gouverneur militaire de Paris et suspend six journaux révolutionnaires et ferme les clubs.
  • Le 10 mars l’Assemblée supprime le moratoire sur les loyers et les effets de commerce. Le résultat de cette provocation calculée est un chômage dans toutes les branches industrielles, 40.000 commerçants en faillite et 300.000 locataires menacés d’expulsion.

Adolphe Thiers est à la tête d’un véritable gouvernement de classe aux ordres des riches mais pour assurer leur victoire définitive ils ont besoin de désarmer le peuple parisien comme le confirme très clairement Thiers dans sa déposition plus tard à l’enquête parlementaire sur la Commune : « Les gens d’affaires allaient répétant partout : vous ne ferez jamais d’opérations financières si vous n’en finissez pas avec ces scélérats et si vous ne leur enlevez pas les canons. Il faut en finir, et alors on pourra traiter d’affaires. » S’ils ne ripostent pas, la victoire de l’ordre est immédiate, dans le cas contraire tout est prêt pour les mater, pour « en finir »

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Le 18 mars il manque l’incident qui doit créer l’état de conflit – la reprise des canons déplacés sur les hauteurs de Montmartre et de Belleville.


Le 18 mars Thiers tente le coup mais grâce à la résistance et la fraternisation entre les soldats et le peuple de Montmartre, le plan échoue. « Depuis le 18 mars, Paris est mené par des inconnus, ce qui n’est pas bon mais par des ignorants, ce qui est pire »Victor Hugo, dans une lettre.

La résistance à cette offensive ne surgit pas de nulle part car depuis des mois ça bouillonne dans tous les quartiers populaires de Paris – l’installation du gouvernement Thiers à Versailles plutôt qu’à Paris à partir du 10 mars est d’ailleurs le signe de la crainte qu’il ressentait. Ceci nous permet d’aborder la deuxième question posée au début puisque la résistance se développe à travers plusieurs types d’organisation, au niveau local – les clubs populaires et les comités de vigilance dans les quartiers et au niveau parisien - le comité des vingt arrondissements et surtout la Garde nationale et son Comité central élu par les différents bataillons parisiens.

Clubs populaires

Comme bien d’autres aspects de la Commune (comme le nom même et la reprise du calendrier révolutionnaire) les clubs trouvent leur inspiration dans ceux de la Révolution de 1789.

Les clubs se réunissaient le soir et souvent dans des églises, les seuls endroits assez grand pour tenir tout le monde. Occupées par le clergé dans la journée ces églises se transformaient le soir. Le compte rendu d’une de leurs réunions, paru dans le Journal officiel , nous donne une idée de cette démocratie directe.

« (à) L’Église St Nicolas-des-Champs, chaque soir (...) le spectacle est saisissant. Citoyennes et citoyens, les premiers le chapeau sur la tête et le cigare aux lèvres, les secondes s’appuyant sur les piliers, achevant leur repas du soir, sont entassés dans un épais désordre.

De la chaire, au lieu du prêtre en surplis blanc, (…),un homme est debout qui, la main sur la garde de son sabre, le képi au front, l’écharpe rouge autour des reins, adresse à la multitude un sermon d’un genre nouveau. (…)

On entre, on sort, on circule, on s’attroupe. Le rire du gamin de Paris interrompt les discussions politiques. Approchez-vous des groupes, écoutez. Tout un peuple s’entretient de choses graves : pour la première fois, on entend les ouvriers échanger leurs appréciations sur des problèmes qu’avaient abordés, jusqu’ici, les seuls philosophes. De surveillants, nulle trace : aucun agent de police n’obstrue la rue et ne gêne les passants. La sécurité est parfaite. »

Ce sont les mêmes scènes qu’on retrouvera dans les descriptions de toutes les grandes révolutions du 20e siècle comme celles de la Révolution russe par John Reed ou de l’Espagne par George Orwell. C’est l’image même de ce « festival des opprimés » : les débats, la libération de la parole, la prise de confiance et de conscience qui caractérisent une révolution.

 

Lire la suite

 

Pour aller plus loin :
  • Le numéro spécial de TEAN la Revue, n°19, mars 2011.
  • Karl Marx, La Guerre civile en France, 1871, La Commune de Paris, Éditions Sociales.
  • C.Talès, La Commune de 1871, Spartacus.
  • Prosper-Olivier Lissagaray, Histoire de la Commune de Paris, La Découverte.
  • Jacques Rougerie, Paris insurgé, La Commune de 1871, Découvertes Gallimard.
  • DVD, La Presse de la Commune de 1871, www.association-radar.org.

Voir aussi:

 

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2012:il-y-a-140-ans-la-commune-de-paris&option=com_content&Itemid=53

 

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_content&view=article&id=2343:la-commune-de-paris-1871&catid=97:D%C3%A9bat&Itemid=53

 

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_content&view=article&id=769:la-commune-letat-et-la-revolution&catid=52:Marxisme&Itemid=53

 

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:13

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Le film-documentaire Công Binh, la longue nuit indochinoise du réalisateur Lam Lê évoque le sort de milliers de travailleurs indochinois exilés de force par l'État français en 1939, puis exploités dans les usines de la métropole et les rizières de Camargue, au travers des témoignages de quelques-uns d'entre eux encore en vie.

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À la veille de la Seconde Guerre mondiale, le ministre des Colonies, Georges Mandel, recruta 20 000 Indochinois, arrachés à leurs villages, pour remplacer les ouvriers français partis sur le front allemand. L'Indochine faisait alors partie de l'empire colonial français et depuis des décennies, les Michelin et autres capitalistes français continuaient à construire leur fortune sur la sueur et le sang du peuple vietnamien.


Ces Công Binh, ouvriers soldats comme on les appelait, une fois en France, furent parqués dans des camps, surexploités, très mal payés et parfois pas payés du tout. Ces travailleurs n'avaient quasiment aucun droit : pas de tenues de travail, très peu de nourriture, des brimades, des punitions, le cachot et les coups. Certains furent aussi exploités dans des conditions très dures dans les rizières en Camargue. Cela dura de 1939 à 1952.


Environ mille d'entre eux sont morts à force de mauvais traitements ou de maladies pendant les années passées à travailler sous le gouvernement de Daladier, qui mit en place ce recrutement de la Main-d'œuvre indigènes, MOI, dès mai 1939, puis sous Pétain.


Ce film, qui donne la parole à des messieurs qui ont aujourd'hui plus de 90 ans et dont quatre sont morts depuis le tournage, lève ainsi le voile sur un des méfaits du colonialisme français qui, comme tout ce qui touche au passé colonial, a été occulté des dizaines d'années durant.


Aline RETESSE


Ce film passe en ce moment au cinéma La Clef à Paris, 34, rue Daubenton dans le 5e arrondissement. Il sera aussi au programme du cinéma à la fête de Lutte ouvrière à Presles les 18,19 et 20 mai prochains

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2328&id=42

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:06

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Staline est mort il y a soixante ans, le 5 mars 1953, mais son esprit ne s'est pas tout à fait éteint, comme en témoigne l'article publié dans L'Humanité du premier week-end de mars. L'auteur en est un historien, Martelli, qui fut membre un temps de la direction du PCF.


Certes, le PCF n'en est plus à présenter Staline comme le firent ses dirigeants Duclos, Thorez ou plus près de nous, Georges Marchais, qui s'inscrivaient dans un délirant culte de la personnalité envers celui qu'ils appelaient « le petit père des peuples », et ne pouvaient prononcer son nom sans y accoler le terme « génial ». Ceci ne serait qu'anecdotique si, dans le même le temps, le PCF, comme tous les partis communistes liés à l'URSS, n'avait pas été complice de la politique stalinienne.

 

Ainsi, pour Martelli, Staline qu'il qualifie d'« intelligent, travailleur, rusé, et déterminé » – ce qui contredit tous les témoignages sérieux sur le personnage – aurait été convaincu que « l'Octobre russe ne sera pas suivi de la révolution mondiale espérée par les communistes russes jusqu'en 1923 ». Staline aurait donc fait preuve de plus de réalisme, même si Martelli lui reproche de « s'être engagé dans une longue phase de volontarisme échevelé ». Très bon sur l'orientation, moins sur la méthode, conclut donc le professeur Martelli.

 

L'histoire réelle est bien éloignée de cette version stalinienne soft et guère sérieuse que nous livre Martelli.

 

Il est faux en effet de laisser croire que Staline et ses partisans auraient été les maîtres d'œuvre de la construction d'une puissante industrie devenue sous son règne la deuxième du monde. Le choix dit du « socialisme dans un seul pays » fait et imposé par les staliniens à l'URSS a eu, au contraire, des conséquences tragiques pour l'URSS née de « l'Octobre 1917 », à la fois pour le peuple soviétique et pour le mouvement communiste international et l'ensemble du mouvement ouvrier.

 

Car Staline et les siens ne se sont pas contentés de se désintéresser de ce qui se passait au-delà des frontières de l'URSS pour mieux construire l'industrie soviétique. Alors que des mouvements révolutionnaires se développaient, ils ont saboté leurs possibilités de vaincre et de donner un élan nouveau au jeune État ouvrier soviétique.

 

Il en a été ainsi, par exemple, vis-à-vis de la Révolution chinoise entre 1922 et 1927.

 

La politique stalinienne s'y traduisit par le soutien ouvert au dirigeant nationaliste, Tchang Kaï-Cshek, jusqu'à ce que ce dernier se retourne et massacre les militants communistes chinois insurgés, en les faisant jeter vivants dans les chaudières des locomotives, à Shangaï. Une volte-face qui était prévisible, prévue et dénoncée par Léon Trotsky.

 

Ce ne fut pas le seul exemple de cette politique consistant à freiner les élans révolutionnaires, à les détourner pour les faire échouer. En Espagne aussi, entre 1936 et 1939, l'appareil stalinien mit tout son poids pour que ce qui était véritablement une révolution se transforme en une simple guerre civile pour la défense d'une République bourgeoise.

Ces exemples – et il en existe de nombreux autres – montrent que le volontarisme que Martelli met au crédit de Staline n'a pas aidé à la construction d'une puissante industrie mais a au contraire multiplié les handicaps et les obstacles. Cette construction s'est faite au prix d'un gâchis économique astronomique dont le bilan humain – des millions de morts, des centaines de millions de déportés dans les camps – a été monstrueux.

 

Car Staline et les siens ont commandé un massacre sans nom, dont les premières victimes furent les communistes eux-mêmes. À commencer par ceux qui, aux côtés de Lénine, œuvrèrent au renversement de la bourgeoisie sur un territoire immense, représentant le sixième du globe.

 

Non, la dictature de Staline n'a pas été la simple déviance d'un individu par ailleurs bien intentionné, comme voudrait nous le faire croire Martelli, mais l'expression d'une réaction sanglante contre la révolution et les révolutionnaires. Le pire à mettre à son bilan est sans doute la façon dont il a profondément discrédité, auprès de millions de travailleurs du monde entier, l'image du communisme et, de ce fait, a donné au monde capitaliste un très long, trop long, sursis.

 

Jean-Pierre VIAL

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http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2328&id=40

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 11:43

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(Photo: L' indispensable livre de Daniel Guérin ) Par Ivan du Roy (11 mars 2013)


Que peut nous enseigner aujourd’hui la Révolution française ?

 

Une crise économique, des privilèges établis, une dette terrible, une aspiration du peuple à l’égalité et au bonheur... La situation de 1789 ferait-elle écho à la nôtre ? Entretien avec Eric Hazan, éditeur et écrivain, qui invite à garder vivante la mémoire de ces moments d’incandescence révolutionnaire, à en préserver l’inspiration, face à ceux qui ne voudraient y voir qu’un « trouble malencontreux venu bouleverser de façon sanglante le mouvement général vers le libéralisme ».

 

Basta ! : Castes privilégiées, classes laborieuses paupérisées, crise économique, caisses du royaume quasi vides, dépenses inconsidérées de la Cour… Autant d’éléments qui font étrangement écho à la situation économique actuelle. La crise a-t-elle été le principal déclencheur de la Révolution ?


Eric Hazan [1] : Si l’on se met dans la peau d’un sujet de Louis XVI, un minimum conscient de la situation en mars 1789, avant la tenue des états généraux : il sait qu’il y a une dette terrible, que le Trésor est en faillite. Les intérêts de la dette mangent la moitié des recettes du royaume ! Il sait aussi que sous Louis XV, la France a déjà fait faillite, et ne remboursait plus la dette tout en augmentant les impôts. Un scénario « à la grecque », dirait-on aujourd’hui.

 

La situation économique n’a cependant pas été le principal déclencheur de la Révolution. Dette ou pas, le trône de Clovis, de Saint-Louis ou de Louis XIV paraissait installé pour l’éternité. Comme l’économie de marché aujourd’hui : c’est comme ça et puis c’est tout. Le Roi de droit divin, on n’y touche pas ! Trois ans plus tard, la royauté était par terre. C’est le principal enseignement de la Révolution : avoir eu lieu. Cela nous montre que les évènements qui semblent les plus improbables, voire impossibles, peuvent survenir. En cela, c’est un événement très encourageant pour aujourd’hui.

 

Distinguez-vous des similitudes entre ceux qui appartenaient aux ordres privilégiés – noblesses, hobereaux de province, ecclésiastiques – et ce qu’on appelle aujourd’hui l’oligarchie ou « les 1% » dénoncés par le mouvement Occupy Wall Street ?


On ne peut pas pousser la comparaison trop loin. On estime le nombre de nobles et de « têtes ecclésiastiques » entre 120 000 et 350 000, ce qui représente environ 1,6% de la population française de l’époque. Les 4 000 familles de la noblesse de Cour profitent de nombreuses largesses : pensions, soldes des officiers, charges de la maison du roi et des princes. L’Eglise perçoit la dîme, payée en nature sur toutes les terres, et liée principalement à la récolte du blé. Mais les privilégiés du temps de Louis XVI ne travaillaient pas. C’est bien ce qui distingue la noblesse à Versailles ou les petits hobereaux de province de tous les autres. Le travail était quelque chose de complètement dévalorisant. Aujourd’hui, à leur façon, les privilégiés travaillent.

 

Les ordres privilégiés de l’époque s’appuient sur les droits féodaux : dîme, droits seigneuriaux, impôts en tout genre. N’a-t-on pas basculé dans une économie similaire, basée sur le versement d’une rente à de puissants acteurs économiques : rente du logement, de l’eau, de l’énergie, du transport ?


Le principal impôt royal est la taille. S’y ajoutent d’énormes impôts indirects, comme la gabelle, la taxe sur le sel, collectée par la ferme générale. Les droits seigneuriaux, c’est particulier. Il y a d’abord le pognon : les paysans, qu’ils soient propriétaires ou non, donnent en argent ou en nature une partie de leur production aux seigneurs. Ils sont aussi soumis à une série énorme de dispositions très humiliantes et vexatoires, énumérées par Tocqueville : droit d’assise sur les animaux servant au labourage, droit des bacs seigneuriaux pour passer les rivières, droit de creuser des fontaines, droit de pêche, droit de chasse…

 

« Ainsi, sur toute force naturelle, sur tout ce qui végète, se meut, respire, le droit féodal a étendu ses prises », écrit Jean Jaurès [2]. Et bien sûr, le droit de corvée. Rien ne ressemble aujourd’hui à la corvée, à part peut-être le salariat ? La nuit du 4 août 1789, une partie de ces dispositions humiliantes sont supprimées : toutes les corvées, tout ce qui ne se paye pas. Ainsi que la dîme, versée à l’Eglise, soit 10% de tout ce qu’on récoltait. Les nobles continuent cependant de percevoir l’argent. Il faut attendre l’été 1793 pour que l’on puisse affirmer que tous les privilèges sont terminés.

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 15:36

Bdapest 1956

( Photo: Budapest 1956)

 

Staline est mort le 5 mars 1953. Voici comment tout à commencé:

I : La réaction thermidorienne

Une réaction politique suivit le prodigieux effort de la révolution et de la guerre civile. [Elle différait essentiellement des phénomènes sociaux qui se développèrent parallèlement dans, les contrées non soviétiques.] C'était une réaction contre la guerre impérialiste et contre ceux qui l'avaient conduite. En Angleterre, elle était dirigée contre Lloyd George et l'isola politiquement jusqu'à la fin de sa vie. Clemenceau, en France, eut un sort semblable.

 

Les prodigieux changements qu'on constatait dans les sentiments des masses après une guerre impérialiste et une guerre civile étaient bien explicables. En Russie, les ouvriers et les paysans étaient profondément convaincus que c'étaient leurs propres intérêts qui étaient en jeu et que la guerre qui leur était imposée était vraiment la leur. Après la victoire remportée sur les Blancs et sur l'Entente, la satisfaction fut immense, et grande la popularité de ceux qui avaient aidé à l'obtenir.

 

Mais les trois années de guerre civile laissèrent une empreinte indélébile sur le gouvernement soviétique lui-même en vertu du fait qu'un très grand nombre de nouveaux administrateurs s'étaient habitués à commander et à exiger une soumission absolue à leurs ordres. Les théoriciens qui essaient de prouver que le présent régime totalitaire de l'U.R.S.S. n'est pas dû à des conditions historiques données, mais à la nature même du bolchévisme oublient que la guerre civile ne découla pas de la nature du bolchévisme mais bien des efforts de la bourgeoisie russe et de la bourgeoisie internationale pour renverser le régime soviétique.

 

Il n'est pas douteux que Staline, comme beaucoup d'autres, ait été modelé par le milieu et les circonstances de la guerre civile, de même que le groupe tout entier qui devait l'aider plus tard à établir sa dictature personnelle - Ordjonikidzé, Vorochilov, Kaganovitch, - et toute une couche d'ouvriers et de paysans hissés à la condition de commandants et d'administrateurs.

 

De plus, dans les cinq années qui suivirent la Révolution d'Octobre plus de 97% de l'effectif du Parti consistaient en membres qui avaient adhéré après la victoire de la Révolution. Cinq années plus tard encore, et l'immense majorité du million de membres du Parti n'avaient qu'une vague conception de ce que le Parti avait été dans la première période de la Révolution, sans parler de la clandestinité pré-révolutionnaire.

 

Il suffira de dire qu'alors les trois quarts au moins du Parti se composaient de membres qui l'avaient rejoint seulement après 1923. Le nombre des membres du Parti adhérents d'avant la Révolution - c'est-à-dire les révolutionnaires de la période illégale - était inférieur à un pour cent. En 1923, le Parti avait été envahi par des masses jeunes et inexpérimentées [rapidement modelées et formées] pour jouer le rôle de figurants pétulants sous l'aiguillon des professionnels de l'appareil. Cette extrême réduction du noyau révolutionnaire du Parti était une nécessité préalable pour les victoires de l'appareil sur le « trotskisme ».

 

En 1923, la situation commença à se stabiliser.

 

La guerre civile, de même que la guerre avec la Pologne, était définitivement close. Les conséquences les plus horribles de la famine avaient été dominées, la Nep avait donné un élan impétueux au réveil de l'économie nationale. Le constant transfert de communistes d'un poste à un autre, d'une sphère d'activité à une autre, devint bientôt l'exception plutôt que la règle, les communistes commencèrent à s'installer dans des situation permanentes, et à diriger d'une manière méthodique les régions ou districts de la vie économique et politique confiés à leur discrétion administrative. La nomination aux emplois fut de plus en plus liée aux problèmes de la vie personnelle, de la vie de famille du fonctionnaire, de sa carrière.

 

C'est alors que Staline apparut avec une prééminence croissante comme l'organisateur, le répartiteur des tâches, le dispensateur d'emplois, l'éducateur et le maître de la bureaucratie. Il choisit ses hommes d'après leur hostilité ou leur indifférence à l'égard de ses adversaires personnels, et particulièrement à l'égard de celui qu'il considérait comme son adversaire principal, le plus grand obstacle sur la voie de son ascension vers le pouvoir absolu. Staline généralisa et classifia sa propre expérience administrative, avant tout l'expérience des manœuvres conduites avec persévérance dans la coulisse, et la mit à la portée de ceux qui lui étaient le plus étroitement associés. Il leur apprit à organiser leurs appareils politiques locaux sur le modèle de son propre appareil : comment recruter les collaborateurs, comment utiliser leurs défaillances, comment dresser des camarades les uns contre les autres, comment faire tourner la machine.

 

 

A mesure que la vie de la bureaucratie croissait en stabilité, elle suscitait un besoin grandissant de confort. Staline prit la tête de ce mouvement spontané, le guidant, l'équipant selon ses propres desseins. Il récompensait ceux dont il était sûr en leur donnant des situations agréables et avantageuses. Il choisit les membres de la Commission de contrôle, développant en eux le besoin de persécuter impitoyablement tous ceux qui s'écarteraient de la ligne politique officielle. En même temps, il les invitait à tourner leurs regards vers le mode de vie exceptionnel, extravagant, de ceux des fonctionnaires qui lui étaient fidèles. Car Staline rapportait chaque situation, chaque circonstance politique, chaque utilisation des individus à lui-même, à sa lutte pour le pouvoir, à son besoin immodéré de dominer les autres.

 

Toute autre considération lui était totalement étrangère. Il excitait l'un contre l'autre ses concurrents les plus dangereux, de son talent à utiliser les antagonismes personnels et de groupes, il fit un art, un art inimitable parce qu'il n'avait fait que développer son instinct presque infaillible pour ce genre d'opérations. Dans toute situation nouvelle, ce qu'il voyait d'abord, et avant tout c'était comment il pourrait en profiter personnellement. Chaque fois que l'intérêt du pays soviétique entrait en conflit avec son intérêt personnel, il n'hésitait jamais à le sacrifier. Dans toutes les occasions et, quel qu'en pût être le résultat, il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour créer des difficultés à ceux qui, croyait-il, menaçaient sa toute-puissance. Avec la même constance, il s'efforçait de récompenser chaque acte de loyauté personnelle. Secrètement d'abord, puis plus ouvertement, il se dressa en défenseur de l'inégalité, en défenseur de privilèges spéciaux pour les sommets de la bureaucratie.

 

Dans cette démoralisation délibérée, Staline ne se souciait jamais de perspectives lointaines. Il n'approfondissait pas non plus la signification sociale du processus dans lequel il jouait le rôle principal. Il agissait alors, de même que maintenant, comme l'empirique qu'il fut toujours. Il choisit ceux qui lui sont loyaux et les récompense, il les aide à s'assurer des situations privilégiées, il exige d'eux la répudiation de buts politiques personnels. Il leur enseigne à créer à leur propre usage l'appareil nécessaire pour influencer les masses et les soumettre. Il ne pense pas un seul instant que cette politique va directement à l'encontre de la lutte à laquelle Lénine s'était le plus intéressé durant la dernière année de sa vie - la lutte contre la bureaucratie. Occasionnellement, il parle lui-même de bureaucratie, mais toujours dans les termes les plus abstraits et dénués de réalité. Il ne songe qu'aux petites choses : manque d'attention, formalisme, bureaux mal tenus, etc., mais il est sourd et aveugle à la formation de toute une caste de privilégiés soudés entre eux par un serment d'honneur, comme les voleurs, par leur commun intérêt et par leur éloignement sans cesse croissant du peuple travailleur. Sans s'en douter, Staline organise non seulement une nouvelle machine politique, mais une nouvelle caste.

 

Il n'envisage les questions que du point de vue du choix des cadres, d'améliorer l'appareil, d'assurer sur lui son contrôle personnel, de son propre pouvoir. Il lui apparaît sans aucun doute, pour autant qu'il se soucie de questions d'ordre général, que son appareil donnera au gouvernement plus de force et de stabilité, et garantira ainsi les nouveaux développements du « socialisme dans le pays ». Dans le domaine des généralisations, il ne s'aventure pas plus loin. Que la cristallisation d'une nouvelle couche dirigeante de fonctionnaires installés dans une situation privilégiée, camouflée aux yeux des masses par l'idée du socialisme - que la formation de cette nouvelle couche dirigeante archi-privilégiée et archi-puissante change la structure sociale de l'Etat et dans une mesure sans cesse plus considérable, la décomposition sociale de la nouvelle société - c'est une considération qu'il se refuse à envisager, et toutes les fois qu'elle lui est suggérée, il l'écarte - avec son bras ou avec son revolver.

Ainsi, Staline, l'empirique, sans rompre formellement avec la tradition révolutionnaire, sans répudier le le bolchévisme, devient le destructeur le plus efficace de l'une et de l'autre, en les trahissant tous les deux.

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 11:22

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La grève de la faim de mai 1981, dix morts pour l'Irlande (Mireille Terrin)

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Il y a 32 ans, le 5 mai 1981, mourait Bobby Sands, le premier des dix grévistes de la faim dont la lente agonie marqua un tournant décisif dans l'histoire du mouvement républicain et de l'Irlande du Nord.

Bobby Sands, Francis Hughes, Ray McCreesh, Patsy O'Hara, Joe McDonnell, Martin Hurson, Kevin Lynch, Kieran Doherty, Tom McElwee et Mickey Devine mourront entre le 5 mai et le 20 août. Leurs revendications, les "5 demandes", étaient le droit de porter des vêtements civils, de refuser le travail carcéral, le droit de visite, d'association, le droit aux remises de peine et visaient à rétablir un statut dont bénéficiaient leurs camarades condamnés avant 1977.


Pour comprendre la grève de la faim, il faut remonter à la fin des années soixante, quand le mouvement pour les droits civiques réclamait l'égalité des droits pour la population nationaliste vivant dans le petit Etat artificiel créé au Nord de l'Irlande par les Britanniques. Des revendications élémentaires: droit de vote pour tous aux élections municipales, droit à l'emploi et au logement. La répression brutale des manifestations pacifiques et la chasse aux "papistes" menée par les unionistes et leurs milices en 1969 avaient eu deux conséquences: la fuite au Sud de centaines de familles terrorisées et la renaissance de l'IRA, marginalisée depuis l'échec des campagnes des années cinquante. Après l'arrivée des troupes britanniques censées protéger la population nationaliste, les illusions s'écroulent. Aux exactions des loyalistes s'ajoute la répression policière et militaire. L'IRA est la seule protection des quartiers catholiques, et les jeunes s'engagent en masse dans ses rangs.


A partir de 1972, les cours de justice expéditive créées après la promulgation des "pouvoirs spéciaux" envoient des centaines de jeunes gens condamnés à de très lourdes peines dans les quartiers de la prison de Long Kesh, près de Belfast. Après une grève de la faim de 35 jours, ils obtiennent un statut très proche de celui des prisonniers de guerre.

Criminalisation

C'est un gouvernement travailliste qui décide de retirer ce statut à tous les prisonniers condamnés après le 1er mars 1976. Le gouvernement britannique a rompu la trêve, il s'emploie à convaincre l'opinion internationale et les journalistes étrangers (basés à Londres et régulièrement "briefés") du caractère mafieux et terroriste de la lutte de libération nationale. Il lui faut donc en finir avec ce statut de prisonnier politique qui contredit sa thèse. On construit de nouveaux baraquements à Long Kesh, les fameux "Blocs H", pour enfermer ceux qui n'auront pas le même statut que leurs camarades. Ils seront traités comme des criminels, ce qui est inacceptable pour les militants républicains. Le 14 septembre 1976, Kieran Nugent est le premier volontaire de l'IRA condamné sous le nouveau régime. Il refuse de revêtir l'uniforme des prisonniers de droit commun et sera ramené nu dans sa cellule.


C'est le début d'une lutte extrêmement éprouvante, pendant laquelle les volontaires de l'IRA et de l'INLA vont vivre nus sous une mince couverture dans des cellules glacées, affamés, privés de droit de promenade et pratiquement coupés du monde, frappés et humiliés par les gardiens. L'interdiction de porter la couverture en dehors de la cellule obligeait les prisonniers à sortir nus pour aller aux douches ou à la cantine, les agressions physiques s'ajoutant à l'humiliation. Ce qui entraîna leur refus de sortir et la grève de l'hygiène, rejoints par leurs camarades femmes de la prison d'Armagh. A partir de 1978, les prisonniers restent enfermés dans des cellules puantes. Malgré les inépuisables astuces imaginées pour communiquer avec les autres cellules et l'extérieur, la situation deviendra intolérable. Le 27 octobre 1980, Sinn Féin annonce le début d'une grève de la faim. Elle cessera sur la foi de promesses jamais tenues.

Bobby Sands est élu

Bobby Sands se met en grève de la faim le 1er mars, sur la base des 5 demandes et la grève de l'hygiène se termine. Tout le monde savait que Bobby Sands irait jusqu'au bout. C'est Margaret Thatcher qui sévit à Londres et le bras de fer commence. Le 10 avril, il est élu député dans une élection partielle du Fermanagh-South Tyrone. Les prisonniers ne peuvent se contenir et malgré les consignes de silence, pour cacher aux gardiens la présence de radios, la prison résonne de leurs cris de joie. Tous pensent que le soutien de la population nationaliste, déjà évident dans les immenses manifestations, confirmé par le vote, malgré la candidature du SDLP modéré sur la même circonscription, va sauver Bobby.


Un élu à Westminster! C'était une décision douloureuse pour le mouvement républicain, abstentionniste depuis 1922, puisqu'il ne reconnaissait pas la légitimité du mini-Etat du Nord, pas plus que celle de la République amputée d'une partie de son territoire. Mais Thatcher se fiche de l'opinion internationale. Bobby Sands, élu ou pas, s'affronte à l'empire britannique. Il a eu le culot de prouver que le mouvement républicain n'est pas une bande de criminels isolés. La Commission européenne des droits de l'Homme intervient, beaucoup trop tard, et tente de rendre visite à Bobby Sands le 24 avril, mais est incapable d'imposer à Londres la présence de Gerry Adams et de Danny Morrison, comme l'exigeait Sands.

Il meurt le 5 mai. Les quatre mois qui suivent sont horribles, avec la succession des manifestations, les grévistes qui meurent les uns après les autres, Francis Hughes le 12 mai, Ray McCreesh le 21, Patsy O'Hara (INLA) le 22. Le mois de juin offre un répit, mais Joe McDonnell meurt le 8 juillet, Martin Hurson le 13, Kevin Lynch (INLA) le 1er août. Kieran Doherty, bien qu'il ait été élu député le 11 juin dans les 26 comtés, meurt à son tour le 2 août. Une chape de plomb, faite de désespoir et de rage impuissante, s'empare des ghettos nationalistes. Tom McElwee meurt le 8 août et Mickey Devine (INLA) le 20. Les familles des autres grévistes, à bout de nerfs, sous la pression de l'église catholique et des autorités britanniques donnent une par une l'autorisation de nourrir artificiellement les volontaires qui tombent dans le coma. La grève de la faim n'a plus de sens, elle se termine.

D'immenses conséquences

Mais ses conséquences seront immenses. Elle a soudé la population nationaliste et suscité un mouvement de solidarité dans le monde entier. Elle a détruit des années de propagande et fait échouer la "criminalisation": c'est le gouvernement britannique qui, après avoir assassiné de sang-froid dix jeunes gens, aura du mal à affronter la condamnation internationale. A l'intérieur du mouvement républicain, elle va aussi changer la donne. La jeune génération a prouvé son dévouement total et ses capacités politiques. En 1986, elle prendra le pouvoir dans le mouvement sur la base du programme "Armalite* et bulletin de vote". Sans renoncer à la lutte armée, elle rompra définitivement avec la politique abstentionniste. Seule une petite minorité autour de Ruairi O'Bradeigh, l'ancien président, campant sur la position de la lutte armée comme seul moyen de libération, scissionnera pour former "Republican Sinn Fein". En 1987, Gerry Adams sera élu député de Belfast-Ouest. En août 2000, la prison de Long Kesh ferme ses portes après la libération des derniers prisonniers.


La grève de la faim a bouleversé la stratégie du mouvement républicain et son impact, tant politique qu'émotionnel, en a fait l'événement majeur de l'histoire du conflit (loin d'être terminé) au Nord de l'Irlande.

Mireille Terrin

* Fusil d'assaut.

http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=4922

Rouge1924, 24/05/2001

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 11:09

 

Le film de Steve McQueen, « Hunger », met à l’écran les événements tragiques de la prison de Long Kesh, à Belfast, en 1981. La lutte pour les droits politiques des prisonniers de l’IRA, couplée à la participation aux élections, provoque un tournant dans la lutte irlandaise.


Dans les années 1970, les prisonniers des H-blocks de Long Kesh1 – des milliers de jeunes hommes –, à Belfast, et leurs jeunes compatriotes à la prison de femmes, à Armagh, représentent la nouvelle population de jeunes de l’Irlande du Nord. Après le mouvement pour les droits civiques de 1969, ils se sont engagés dans une lutte active et armée contre l’occupation britannique de l’Irlande du Nord et contre la discrimination dont ils étaient victimes de la part du gouvernement sectaire des unionistes (protestants attachés à la Grande-Bretagne).

 

La politique d’internement (emprisonnement sans aucune forme de procès) du gouvernement britannique multiplie le nombre de jeunes détenus à Long Kesh.

 

En 1972, le « statut de catégorie spéciale » donne la qualité de prisonnier de guerre aux détenus reconnus coupables d’actes liés à la situation particulière du pays. Les nationalistes subissent ainsi un traitement distinct des prisonniers de droit commun. Mais, le 1er mars 1976, dans le cadre de la politique dite de « criminalisation », ce statut est retiré, ce qui engendre un vaste mouvement de protestation, qui durera jusqu’en septembre 1981.

 

En septembre 1976, l’adolescent Kieran Nugent refuse ainsi de porter l’uniforme de prisonnier.

 

À partir de 1978, les blanket men (qui n’ont qu’une couverture pour seul vêtement) refusent également de quitter leurs cellules pour aller aux WC, en raison des mauvais traitements de la part de gardiens, qui les frappent et ne les laissent pas se couvrir pour aller aux toilettes.

 

Les prisonniers ont cinq revendications :

 

le droit de ne pas porter l’uniforme des prisonniers ;

le droit de refuser le travail carcéral ;

le droit de s’associer librement parmi les prisonniers républicains et d’organiser leurs propres activités de formation et de loisirs ;

le droit de recevoir une lettre, un colis et une visite par semaine ;

et la conservation de la remise de leur peine, en cas de participation au mouvement de protestation.

 

Tactique électorale

 

Dès que l’action de Kieran Nugent devient connue à l’extérieur, la campagne de solidarité se développe. La formation des Relatives Action Committees permet de l’élargir et de ne pas la restreindre au seul Sinn Féin. Bernadette Mc Aliskey, figure très connue du mouvement nationaliste non liée au Sinn Féin, avec l’organisation People’s Democracy (IVe Internationale), joue un rôle important dans la formation de ce mouvement, en convoquant une rencontre nationale des comités dans sa ville de Coalisland, en 1978.

 

En 1979, elle fait campagne, lors des élections européennes, sur une plateforme de solidarité avec les prisonniers, et elle obtient 5,9 %, malgré l’appel à l’abstention du Sinn Féin. Peu de temps après, elle devient la principale porte-parole du Comité national H-block/Armagh. La présentation aux élections comme tactique pour populariser la solidarité avec les prisonniers et faire avancer la lutte pour les droits sociaux et démocratiques en Irlande fait l’objet de débat au sein du mouvement, notamment avec le Sinn Féin, qui prône le boycott des élections, en raison de l’illégitimité de l’État nord-irlandais. En 1981, lors des élections municipales, plusieurs candidats « H-block » – dont deux membres de People’s Democracy – sont élus à Belfast.

 

Malgré l’activité des comités de solidarité, les prisonniers sentent toutefois que leur lutte n’avance pas.

 

Le 1er mars 1981, cinq ans jour pour jour après la fin du « statut de catégorie spéciale », Bobby Sands, officier commandant de l’IRA au sein de la prison, se lance dans une grève de la faim. D’autres lui emboîtent le pas. Après des débats, pour attirer l’attention des médias au niveau international et consolider le mouvement de sympathie, le Sinn Féin présente Bobby Sands à la législative partielle de Fermanagh et Tyrone du Sud, demandant à tout autre candidat nationaliste de ne pas se présenter. Après une campagne très intense, mais sans sa participation, Bobby Sands est élu, le 9 avril, membre du Parlement britannique. Mais le gouvernement britannique ne bouge pas, et Bobby Sands meurt le 5 mai 1981, après 66 jours de jeûne.

 

Ce fort soutien aux prisonniers, exprimé de nouveau lors des élections législatives en République d’Irlande, lorsque deux prisonniers sont élus, est toujours nié par le gouvernement britannique et les médias. Après l’élection de Sands, le tabloïd The Sun titre « Élu, le député de la violence ». Les 30 492 électeurs ayant voté Bobby Sands sont traités de « terroristes ». Ces succès électoraux aident à résoudre le débat au sein de Sinn Féin et décident l’organisation à utiliser la tactique des élections. Le parti élabore sa stratégie : « Un bulletin dans une main, un Armalite [fusil d’assaut] dans l’autre. » Ceux qui ont défendu la tactique électorale voient leur espace occupé par le Sinn Féin, qui est aujourd’hui le parti nationaliste ayant le plus d’élus dans l’Assemblée d’Irlande du Nord.

 

Les grèves de la faim ont eu des conséquences très importantes pour l’Irlande du Nord. Elles marquent un tournant de la période des « Troubles ». Le mouvement nationaliste en général, et le Sinn Féin/IRA en particulier, ont emporté une énorme victoire de propagande contre le gouvernement britannique, ainsi qu’une large sympathie au niveau international. La mort de Bobby Sands en particulier, mais aussi celle des neuf autres grévistes de la faim qui lui ont succédé, ont provoqué des manifestations militantes de solidarité à l’étranger et des déclarations de la part de certains gouvernements et d’institutions critiques à l’égard de la politique britannique.

 

Cessez-le-feu


Le soutien, actif et passif, à l’IRA est devenu plus fort dans les quartiers nationalistes. Le Sinn Féin a ainsi émergé comme une force significative sur l’échiquier politique institutionnel en Irlande du Nord. En novembre 1985, « l’accord anglo-irlandais », entre Royaume-Uni et Irlande, est signé. Établissant une collaboration entre les deux gouvernements sur certaines questions concernant l’Irlande du Nord, il est refusé, côté unioniste, parce qu’il donne un rôle, dans les affaires nord irlandaises, au gouvernement irlandais « étranger » et, côté nationaliste (notamment par le Sinn Féin), parce qu’il confirme la division du pays, la revendication de base des nationalistes étant la réunification.

 

Néanmoins, en 1994, l’IRA proclame son premier cessez-le-feu et, en 1997, l’accord du Vendredi saint lance le processus de paix. La notion de paix est relative, la violence, le sectarisme, la discrimination n’ont pas été éradiqués. Mais tous les prisonniers ont été relâchés, et la prison de Long Kesh sera détruite pour construire un stade. La mort de dix jeunes hommes – le plus âgé n’avait que 30 ans – a malheureusement été un élément crucial dans le déclenchement de ce processus. 


Penny Duggan

 

1. La prison de Long Kesh, construite de bâtiments formant des « H » (ce qui a donné le nom de « H-blocks »), était également surnommée « the maze » (« le labyrinthe »).

 

http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=9064

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Rouge2280, 25/12/2008

 

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