Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 10:56

NOSOTROS... Octobre 2005

*

2 mars 1974 : il y a trente et un ans, en Espagne, un régime dictatorial finissant exécutait le militant du Mouvement ibérique de libération (MIL) Salvador Puig Antich au moyen du « garrote vil » :

*

il avait 26 ans. Le présent ouvrage, constitué principalement de témoignages, a pour but de rappeler la trajectoire du MIL. Né à la fin des années 1960, de tendance antiléniniste et plutôt conseilliste, influencé par les situationnistes, le mouvement se voulait un groupe spécifique de soutien des luttes et des noyaux appartenant au mouvement ouvrier le plus radical de Barcelone.

*

Avec une double activité : édition de textes théoriques et militants, agitation armée (y compris des hold-ups pour aider économiquement les grèves ouvrières). « Ce faisant, le groupe ne peut échapper au piège d’un activisme révolutionnaire isolé de type “groupusculaire”. L’autodissolution, en août 1973, est décidée d’abord au nom de ce constat. »

*

Un mois après, Puig Antich est arrêté, accusé du meurtre d’un policier au cours de la fusillade qui s’ensuit et condamné à mort au terme d’un procès uniquement à charge prestement expédié. Franco restera inflexible, malgré les protestations indignées et d’importantes manifestations au niveau international, notamment en France. Parmi les membres du MIL, révoltés par cet assassinat légal, un certain Jean-Marc Rouillan allait fonder quelques années plus tard Action directe...

*

Jean-Jacques Gandini
*
Repost 0
27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 13:21

Résistant puis déporté en tant que juif pendant la Seconde Guerre mondiale, le diplomate et militant politique français Stéphane Hessel est l'auteur du best-seller "Indignez-vous !", publié en 2010. © Abode of Chaos (Flickr.com)

Malgré son âge, Stéphane Hessel restera toujours le symbole du combattant contre l’injustice. De la Résistance au nazisme en passant par la solidarité avec le peuple palestinien, il a su incarner aujourd’hui l’indignation des jeunes générations contre un système injuste et immoral. Un jeune combattant de 95 ans vient de nous quitter et nous, comme il l’a demandé, continuerons à nous indigner et à ne rien lâcher.

Repost 0
20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 15:00

3960.jpeg

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Missak_Manouchian

 Hommage au Groupe Manouchian


Rassemblement jeudi 21 février

à 12h devant le 11 rue de Plaisance, 75014 Paris

Jeudi 21 février 2013 à partir de 18h

Rendez-vous devant la fresque au carrefour passage et rue du Surmelin,

cortège vers la plaque,

rue du Groupe Manouchian

Paris 20è

 

 

Ils étaient des nôtres !

RETOUR SUR L'AFFICHE ROUGE

AIMER LA VIE A EN MOURIR

 

Le 21 février 1944, 22 combattants des Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) étaient fusillés. La mémoire de leur participation à la Résistance est restée longtemps enfouie..., notamment dans les archives du Parti communiste français.

Il y a 60 ans, 22 résistants étaient fusillés. Parmi eux, Missak Manouchian. Le plus jeune, Thomas Elek, avait 17 ans. La seule femme, Golda Bancic, fut décapitée en mai. Le colonel-président du « procès » affirmait alors : « La police française a fait preuve d'un grand dévouement. » Il faisait référence, en l’occurrence, à l’une des brigades spéciales des renseignements généraux qui les arrêta après de multiples attaques de convois militaires et de colonnes de troupes, hold-up, sabotages, attentats (entre autres contre le commandant du Grand Paris et le responsable du Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne. Sur les 80 combattants des Francs-tireurs et partisans de la Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) actifs en région parisienne entre juin et novembre 1943 — auxquels appartenait le groupe —, huit seulement n’ont pas été arrêtés ou tués. Il ne restait alors, dans la région, déjà plus beaucoup d’autres FTP, suite à la répression et au départ au maquis des jeunes requis par le STO. Il aura fallu du temps avant que cette épopée ne figure dans les manuels du secondaire ; comme celle de l’affiche des occupants — placardée à 15 000 exemplaires — dénonçant « l’armée du crime’, baptisée bien plus tard « L'Affiche rouge », dans un poème d’Aragon chanté par Léo Ferré.Le « procès » avait été monté pour alimenter la xénophobie et l’antisémitisme du régime de Vichy. La Résistance était ainsi le fait d’une « tourbe internationale » (Le Matin), de « terroristes judéo-communistes » (Paris-soir), « l’activité d'étrangers et de Juifs abusant de l’hospitalité française pour créer le désordre dans le pays qui les a recueillis », et dont « le but est l’avènement du bolchevisme international » (1). Internationalistes effectivement, ces Arméniens, Espagnols, Italiens, Hongrois, Polonais, Roumains, dont les familles avaient été souvent exterminées, combattants antifascistes dans leur pays ou/et dans les Brigades internationales de la Révolution espagnole. Beaucoup étaient communistes, bien sûr. Et nombreux étaient Juifs...

« Vous étiez fait pour la lutte armée ? Je ne crois pas, j'étais normal. »

(interview de Raymond, ex-FTP-MOI, par Mosco).


Du côté de la résistance gaulliste, Radio Londres n’y fait allusion que deux mois après : il faut se méfier des fausses nouvelles allemandes, les résistants sont avant tout des fonctionnaires, de simples citoyens, des anciens de Verdun. Le Conseil national de la résistance (CNR) va d’ailleurs s’inquiéter de « l’activité des mouvements étrangers sur le territoire français », qui « doit s’interdire toute attitude susceptible de compromettre l’unité ». Dans l’édition du Larousse en trois volumes de 1966, Missak Manouchian est absent. Et il faudra attendre le 40e anniversaire pour un hommage officiel, enfin, mais limité aux Arméniens. Le ministère des Anciens Combattants appose des croix sur les tombes de combattants juifs tout autant ignorés par les instances communautaires. Pour le PCF, les actes sont plus facilement revendiqués que les personnes, ces résistants cosmopolites font tache dans le tricolore. De même qu’on passera longtemps sous silence le « travail allemand », dont le responsable était Arthur London et qui n’a pas été le monopole de ceux auquel il a valu l’épithète d’« hitléro-trotskystes ». Officiellement, c’était « A chacun son boche ! » (titre de l’Huma en 1944). Tant pis si, sous l’uniforme, il y avait un travailleur, parfois un communiste... L’heure était au Front national (créé par le PCF comme organisation « large » des FTP, bientôt FTPF, avec un « F » comme Français, dont le journal s’appelait France d’abord !). « Il fallait pouvoir chanter La Marseillaise sans accent ! » (2). André Marty, au bureau politique du PCF, parle à la Libération de « chasser tous les “ski” des directions du parti » (3). A la tête de la MOI, il n’y avait plus que des Français. A Claude Lévy, qui écrit un livre sur son bataillon, Aragon, poète et éditeur, demande de « changer les noms. On ne peut tout de même pas laisser croire que la Résistance française a été faite par des étrangers ». Le 1er mars 1944, d’ailleurs, l’Huma avait consacré 15 lignes à l’exécution du groupe, sans citer le nom d’un seul de ses membres. Il faudra attendre 1951 pour qu’un deuxième article, intitulé « Pages de gloire des 23 », sorte et pour que « le poète du BP », Aragon, écrive Manouchian, en ajoutant certes sa touche patriotarde aux derniers mots écrits par Missak à sa compagne, censurés de 1946 à 1965 de leurs allusions aux trahisons. Est-ce un hasard si, cette année-là, un Comité Manouchian, indépendamment du PCF, s’était mis en place et obtiendra une rue dans le XXe ?

INTERNATIONALISTES DONC TROTSKISTES ?

Après la Libération, une partie des survivants sont repartis dans leur pays pour construire ce qu’ils pensaient être le socialisme. Beaucoup, comme les anciens des Brigades internationales ou des maquis, ont connu la répression stalinienne. Certains même ne quitteront un camp que pour un autre. Le spectre d’une résistance dynamique, sociale, anticapitaliste, échappant aux accords de Yalta (imposés par les impérialismes vainqueurs), mais aussi celui du titisme — qui mènera à l’élimination politique du PCF, entre autres, de Guingouin (responsable des maquis du Limousin), puis de Marty et de Tillon (chefs des FTP) — est un angle d'éclairage pour comprendre l’interrogatoire d’Arthur London. Ce dernier, premier responsable des FTP-MOI, interrogé à Prague en 1951 par ses procureurs staliniens, s’entend demander d’avouer que la MOI était une « section de la Quatrième Internationale trotskyste. » Il est vrai que le mécanicien arménien Arben Dav'tian, bolchevik en Géorgie en 1917, garde rouge puis officier commissaire politique dans l’Armée rouge pendant la guerre civile, exclu ensuite puis déporté comme membre de l’Opposition de gauche, qui s’évade en Iran en 1934 sous le nom de Manoukian, rejoint ensuite, sous le pseudonyme de Tarov, le groupe russe qui travaillait à Paris avec le fils de Trotsky, avant d’être recruté pour son groupe, en 1942, par Manouchian qui n’ignore pas son passé. « Il faut penser également à Manoukian qui meurt avec moi », écrit-il à sa belle-soeur, deux heures avant l’exécution. En août 1943, une note de la section des cadres aurait avisé la direction du PCF que Manouchian était de tendance trotskyste. Confusion de noms ? Quoi qu’il en soit, ils étaient « des nôtres ».

 

Jean-Pierre Debourdeau

1. Cité par le colonel-président du fameux "procès".
2. Comme le note ironiquement Maurice Rajsfus.
3. Lise London.

Rouge n° 2052 du 19 février 2004

(Hebdomadaire de la Ligue communiste révolutionnaire)

 

Nota :  Je n'hésite pas un seul instant à publier ce remarquable article de Jean-Pierre Debourdeau paru dans Rouge du 19 février 2004. Celui-ci a le mérite de nous rappeler comment le PCF a su si bien nourrir le mensonge et alimenter le révisionnisme sur l'histoire de la Résistance. Il fallait absolument que la Résistance fût française, Manouchian, Rajman, Bancic..., autant de noms qui résonnaient mal aux oreilles "patriotardes" des thuriféraires du stalinisme.

Souvenons-nous donc de ce "n'oubliez pas" ; non, n'oubliez pas comment le PCF a avili Guingoin pendant des années jusqu'à ce que Marie-George Buffet lui rende un pathétique hommage lors de ses funérailles, lui présentant des excuses post mortem au nom de son parti.

 

Oui monsieur Aragon, vous le disiez vous-même : "Onze ans déjà que cela passe vite onze ans", onze longues années après lesquelles le PCF organisera pompeusement à grand renfort de commémorations la récupération de l'Affiche rouge. Ceux que l'on ne devait pas nommer deviennent subitement des héros, ils ne dérangent plus, ou plus exactement ils servent aujourd'hui d'alibi politique face à la montée de la xénophobie. Après le reniement et la lâcheté, après les insultes et les crimes qui vous donnaient tant d'aplomb, qualifiant d'"hitléro-trotskistes" ceux qui combattaient pour l'Internationalisme et contre la guerre impérialiste, ceux qui sont morts sans haine pour le peuple allemand, vous continuez à visiter l'histoire avec cette insupportable fourberie, pour rester dans l'euphémisme, reniant aujourd'hui, niant même, ce dont vous êtiez si fiers hier.

 

Patrice Corbin

Repost 0
16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:45

Pourquoi cette militante héroïque, cette théoricienne hors pair, cette oratrice brillante, est-elle aussi devenue un symbole féministe aux cotés de son amie Clara Zetkin, l’initiatrice du 8 mars, journée internationale de lutte des femmes mais également premier jour de la révolution russe de 1917 ?

 

A la veille du centenaire du début de la grande boucherie impérialiste de 1914/1918, il est important de revenir sur la vie et l’œuvre de cette femme hors du commun dont l’héritage nous interpelle encore dans ses erreurs comme dans ses fulgurances.

 

C’est ce que nous ferons avec notre camarade Philippe Pierre-Charles. A NE PAS MANQUER !

 

Mardi 5 mars à l’AMEP ( route de Redoute) à 18h30

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27865

Repost 0
7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 08:58

 

 

Le 30 janvier 1933, Hitler était nommé chancelier par le président de la République, le maréchal Hindenburg.

 

Le prolétariat allemand, dont Trotsky disait qu'il était « le plus puissant d'Europe par son rôle dans la production, son poids et la force de ses organisations », n'avait pas réussi à s'opposer « à l'arrivée de Hitler, ni aux premières attaques violentes contre les organisations ouvrières ». Mais ce n'était ni du fait d'un manque de courage et de détermination, ni parce que l'ensemble de la population allemande aurait été derrière Hitler, comme on l'entend encore. Ce fut en grande partie dû à la politique des directions des partis ouvriers, et du plus important d'entre eux, du Parti social-démocrate.


La bourgeoisie allemande face à une classe ouvrière puissante et entreprenante


La crise mondiale de 1929 avait frappé durement l'économie allemande. D'autant plus durement que l'Allemagne n'avait pas de colonies, et qu'elle était soumise aux contraintes imposées par les vainqueurs de la guerre de 1914-1918. Le chômage toucha la classe ouvrière massivement. Pour imposer ses mesures clairement antiouvrières, la bourgeoisie allemande s'appuya d'abord sur des gouvernements forts, comme celui de l'homme de droite Brüning, au pouvoir en 1930.


Mais cela ne se fit pas sans heurts, sans résistance, sans mobilisation d'une classe ouvrière puissante, organisée dans des syndicats et des partis influents.

 

Dans les années vingt, le Parti social-démocrate allemand comptait un million de membres. Il dirigeait des syndicats de quatre millions et demi de membres, des coopératives, des associations, disposait d'une milice ouvrière. Le Parti communiste allemand, à la tête d'une milice de 100 000 hommes, regroupait des milliers de militants, qui constituaient la fraction la plus combative, la plus décidée du prolétariat allemand.


La classe ouvrière allemande avait une conscience élevée de sa force sociale et politique. En 1918, elle avait renversé la monarchie et menacé la bourgeoisie. Les événements révolutionnaires s'étaient succédé jusqu'en 1923. C'est cette classe ouvrière là que les bourgeois allemands devaient affronter avec la crise.

 

La montée du nazisme


Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le Parti nazi n'était qu'un parti d'extrême droite comme un autre, regroupant des anciens combattants. En 1923, après un putsch qui échoua dans des conditions lamentables, Hitler dut faire quelques mois de prison. Les années de stabilité économique qui suivirent faillirent bien être fatales au Parti nazi. En 1928, il obtint 2,6 % des voix aux élections.


La crise, en jetant brutalement les classes populaires dans la misère, se traduisit sur le plan politique par l'effondrement des partis traditionnels aux élections législatives de septembre 1930, un an seulement après son éclatement. Le Parti nazi obtint 18,6 % des voix, avec 6,4 millions de voix, gagnant 5,8 millions de voix en deux ans. Une bonne partie des classes moyennes désespérées, ruinées, avait perdu toute confiance dans les partis traditionnels de droite et voté de ce fait pour les nazis.


Hitler enrôla les plus enragés de ces petits bourgeois dans des Sections d'assaut (SA) les utilisant contre les organisations ouvrières. Les SA, qui regroupaient 200 000 membres en 1930, 400 000 deux ans plus tard, s'attaquaient aux locaux des syndicats ou des partis ouvriers, s'en prenaient aux militants ouvriers. Pendant la seule campagne électorale de l'été 1930, deux cents militants ouvriers furent ainsi assassinés par les SA.


De son côté, la classe ouvrière se radicalisait elle aussi.

 

Le Parti communiste totalisait aux élections de septembre 1930, 4,6 millions de voix, soit 13,1 % des voix, gagnant 1,3 million de voix. Cette radicalisation ne se traduisait pas seulement sur le plan électoral, mais aussi par une recrudescence des grèves. Ainsi, en 1932, l'annonce d'un énième plan d'austérité provoqua une vague de grèves. Les affrontements, les meetings politiques se multipliaient.


Aux yeux de la bourgeoisie, la situation devenait trop risquée.

 

Aussi se préparait-elle de plus en plus ouvertement à s'appuyer sur le Parti nazi pour écraser les organisations ouvrières. Dès 1930, les principaux dirigeants de l'industrie lourde – Gustav Krupp, président du syndicat patronal, Thyssen, Siemens, ou encore les dirigeants d'AEG, d'IG Farben – décidèrent de financer le mouvement nazi.

*

Lire la suite

Repost 0
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 15:07

C'est quoi l'éco-communisme ?

 

Une pensée vivante, une ouverture sur le monde : une biographie,

plus de 650 articles et contributions, de 1968 à fin 2009, des dossiers, des livres,

du multimédia, une rubrique «Échos» ouverte aux contributeurs…

Philosophe et militant indéfectiblement présent

sur le terrain des luttes, le parcours atypique de Daniel Bensaïd

nous a semblé mériter l’ouverture de ce site et ce travail de longue haleine.

Notre objectif : faire connaître et vivre cette pensée exigeante, toujours en action.

Vous êtes les bienvenus, à vous de faire vivredanielbensaid.org

Pour accéder au site cliquez

Repost 0
31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 11:57

Par Vicenç Navarro  |  30 janvier 2013       Vicenç Navarro

À l’occasion de la sortie en salle de Lincoln, le film réalisé par Steven Spielberg, Mémoire des luttes publie un article inédit en France, et dont le propos sera, à n’en pas douter, absent de la plupart des commentaires et des critiques proposés par les grands médias. Qui sait que le seizième président des Etats-Unis fut très proche des idées socialistes et des revendications du mouvement ouvrier ? Et qu’il liait indissociablement la question de l’abolition de l’esclavage à celle de l’émancipation de la classe ouvrière tout entière ? On verra en quoi l’adaptation de Steven Spielberg déforme l’histoire, et les raisons idéologiques et culturelles de ce parti pris.


Cet article est publié en français et dans sa version originale en espagnol (sur le site Publico). Il est accompagné de la lettre de félicitations que reçut Abraham Lincoln le 30 décembre 1864 de la Première Internationale pour sa toute récente réélection. Ce document d’histoire – réelle, elle – fut rédigé par Karl Marx.


Le film Lincoln, produit et dirigé par l’un des réalisateurs les plus connus des Etats-Unis, Steven Spielberg, a provoqué un regain d’intérêt pour la figure d’Abraham Lincoln.

 

Un président qui, comme Franklin D. Roosevelt, a marqué la culture étatsunienne et l’imaginaire collectif. Ce personnage politique fait figure de garant de l’unité du pays après la défaite des Confédérés qui aspiraient à la sécession des Etats du Sud vis-à-vis de l’Etat fédéral. Il s’est également distingué dans l’histoire des Etats-Unis en abolissant l’esclavage et en offrant la liberté et la citoyenneté aux descendants des immigrés d’origine africaine, à savoir à la population noire dite « afro-américaine ».


Lincoln a également été le fondateur du Parti républicain. Un parti qui, à l’origine, n’avait pas grand chose à voir avec la formation actuelle, fortement influencée par un mouvement – le Tea Party – chauvin, raciste et particulièrement réactionnaire, derrière lequel se cachent des intérêts économiques et financiers déterminés à éliminer l’influence du gouvernement fédéral sur la vie économique, sociale et politique du pays.


Le Parti républicain du président Lincoln était au contraire une organisation fédéraliste qui considérait le gouvernement central comme le garant des droits humains. Parmi ces derniers, c’est l’émancipation des esclaves, thème majeur de Lincoln, qui fut le principal cheval de bataille du président. L’abolition de l’esclavage permit aux individus asservis d’acquérir le statut de travailleurs propriétaires de leur propre travail.


Mais Lincoln, avant même de devenir président, considérait d’autres conquêtes sociales comme faisant partie des droits humains. Parmi elles, le droit du monde du travail à contrôler non seulement son travail, mais aussi le produit de son travail. Le droit à l’émancipation des esclaves transforma ces derniers en individus libres salariés, unis – selon lui – par des liens fraternels avec les autres membres de la classe laborieuse, indépendamment de la couleur de leur peau. L’ambition de rendre l’esclave libre et celle de faire du travailleur – qu’il soit blanc ou noir – le maître non seulement de son travail, mais aussi du produit de son travail, étaient aussi révolutionnaires l’une que l’autre.

 

Lire la suite

Repost 0
31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 10:54

Aude Merlin enseigne le russe à l'université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. Elle a travaillé avec Daniel Mermet à la série d'émissions de "Là-bas si j'y suis" (France Inter) consacrée à la bataille de Stalingrad.

*

Deux février 1943 : la victoire des armées soviétiques sur les six armées fascistes à Stalingrad retentit dans toute l'Union soviétique, et dans toute l'Europe. C'est le plus gros revers subi par les armées fascistes (allemande, roumaine, italienne, hongroise) depuis le début de la Seconde Guerre mondiale, la "grande guerre patriotique" pour les Soviétiques. Après 180 jours et 180 nuits de bombardements, de combats de rue acharnés, de prises et reprises successives de points stratégiques comme le "Mamaev Kourgane" (colline surplombant la Volga), après... près de trois millions de morts, Soviétiques et fascistes confondus, enterrés à la hâte dans des fosses communes, le cours de la guerre est inversé et l'Armée rouge délivre une à une les capitales d'Europe centrale, jusqu'à Berlin.


Bataille charnière


Dans cette "grande guerre patriotique", la bataille de Stalingrad, une des plus grandes boucheries de toute l'histoire de l'humanité, reste une charnière temporelle pour tous les témoins survivant et pour nombre d'historiens. Pour les vétérans, l'historiographie occidentale usurpe l'ampleur de cette bataille, insistant plus volontiers sur l'importance des débarquements alliés anglo-américano-canadiens de juin et août 1944. Le premier coup vraiment porté aux armées nazies l'a bien été par les Soviétiques, sur le front de l'Est. Et (mais) à quel prix !


C'est là qu'un autre pan de cette histoire se dévoile peu à peu, encore largement empreint cependant de tabous d'autant que tous les symboles activés par Vladimir Poutine Poutine pour rassembler la société russe s'articulent, précisément, sur un patriotisme héritier du soviétisme...

 

En témoignent, par exemple, la reprise de la mélodie de l'hymne soviétique pour forger le nouvel hymne russe ; la glorification de l'armée russe, après les humiliations subies en Afghanistan, puis en Tchéchénie en 1996 : le 23 février est actuellement jour férié, fête de l'armée russe, comme il était fête de l'Armée rouge à l'époque soviétique. A partir de 2003, le 2 février, jour de la victoire de Stalingrad, est également férié. Pour le plus grand bonheur des vétérans et des autorités de Volgograd, bastion d'un soviétisme trempé, où l'on voit régulièrement ressurgir la tentative de rebaptiser la ville "Stalingrad". Argument des uns et des autres : "Il y a bien, à Paris, une place Stalingrad" ; "Sans Staline, l'Europe vivrait à l'heure nazie ! C'est lui et son génie militaire qui ont permis la victoire sur le fascisme"...

 

Génie militaire qui, entre autres, coûta la vie de 40 000 officiers de l'Armée rouge, "purgés" quelques mois avant l'entrée des troupes hitlériennes sur le territoire soviétique. La victoire ayant supplanté le reste, le changement de nom, en 1961, lors de la déstalinisation enclenchée par Khrouchtchev, est pour eux un déni historique... A l'écoute, sur place, de récits réellement héroïques de vétérans (femmes pansant jour et nuit des soldats en sang prêts à repartir au front, combats au corps à corps dans un silo à grain en feu...), on s'interroge : cette résistance populaire fut-elle le fait d'un réel patriotisme, aux confins d'un mysticisme que certains historiens attribuent à la convergence entre les racines du collectivisme russe incarné par le Mir - structure agricole de production collective -, par les fondements religieux de l'orthodoxie, et par le patriotisme version soviétique ? Ou la dimension répressive joua-t-elle un rôle décisif dans l'"élan populaire" ?


La face cachée


Difficile, bien entendu, de grever les "leçons de courage" que donnent les vétérans aux jeunes dans les écoles, rappelant qu'il faut être "prêt à défendre sa patrie" : ainsi, peu d'allusions à l'oukaze 227 signé par Staline en août 1942, qui interdisait à tout soldat soviétique de faire un pas en arrière. Oukaze qui coûta la vie à 13 500 soldats soviétiques, uniquement à Stalingrad, et qui décréta la formation de "bataillons disciplinaires", envoyés en première ligne de front et surveillés à l'arrière par des sections du NKVD exécutant les ordres de fusillade avec zèle.

 

Difficile de rappeler la colère d'un père reniant son fils, Iakov Djougachvili, parce qu'"il n'y pas de prisonniers, il n'y a que des traîtres". Les centaines de milliers d'"ennemis du peuple" ne méritant alors plus que d'être exécutés, ou envoyés purger leur peine dans les camps du Goulag dès la (leur) libération... Difficile d'évoquer les 50 000 "Hiwis" (Hilfswillige), auxiliaires volontaires venus se battre côté allemand, de même que les "Vlassovtsy", du nom du général Vlassov, passé, dès 1941, avec armes et bagages du côté hitlérien, dans l'espoir de libérer la Russie du bolchevisme. Difficile encore d'évoquer les Cosaques, dont une partie, encore traumatisée par la "décosaquisation" des années 1930, n'hésita pas longtemps entre les deux camps en 1941-1942.

 

Difficile de rappeler que cette victoire n'appartient pas qu'aux Russes, mais que des bataillons entiers de Kirghizes, de Kazakhs, des Tadjiks, maîtrisant encore très mal le russe, étaient envoyés stopper l'ennemi nazi sur le front de Stalingrad ; tout comme des Caucasiens, (Ingouches, Karatchaïs, Tchétchènes, Balkars) qui furent à leur retour "récompensés" par la déportation. Difficile, enfin, de marteler une autre phrase du généralissime : "nos soldats ne défendent pas une ville vide", sans penser aux familles vivant sous des tapis de bombes, dans l'interdiction d'être évacuées.


Au hasard des rencontres et des mises en confiance, des bribes de mémoires émergent de la face cachée des mythes...

 

Cette femme douce et souriante, qui, égrenant ses mots, finit par réaliser que son envoi au STO en Allemagne nazie, pour fabriquer des bombes qui tomberaient sur ses frères, était, pour elle, l'occasion d'être évacuée de cette ville en feu. Deux de ses amies, expliquant qu'à leur retour en Union soviétique, les suspicions portées sur ces "ennemies du peuple" leur valaient des obstacles au travail... certaines d'entre elles allant jusqu'à ne jamais dévoiler à leur mari qu'elles avaient dans leur trajectoire ces trois années de stigmate... Tabous encore trop lourds, opacité des mémoires. Faces cachées des guerres, impropres à perpétuer les mythes car les ciselant trop vite, mais banalités du quotidien des guerres et de la survie individuelle...


2 février 2003 : Vladimir Poutine dépose une gerbe à la gloire des soldats tombés au champ d'honneur soixante ans avant ; puis il passe devant le moulin Gilgard, laissé en l'état après la bataille, carcasse bombardée. Survient alors l'image d'un autre chaudron, chaudron d'aujourd'hui, un peu plus au sud, où l'on tue et massacre. Une femme dit : "Stalingrad bombardée en 1942, c'est Grozny aujourd'hui."

Aude Merlin

- L'émission "Là-bas si j'y suis" de Daniel Mermet, consacrée à Stalingrad, diffusée début mars, peut être réécoutée sur le site de France Inter, http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/emissions/labas/, pendant une semaine après sa diffusion.
- Nous vous conseillons l'ouvrage d'A. Beevor, "Stalingrad", Ed. de Fallois, Paris, 1998.

*

 

http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=4185

Repost 0
31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 09:56

 

dimanche 20 janvier 2013

John Brown était un de ces rudes travailleurs américains que leur éducation dans une société libre rend propres aux occupations les plus diverses.

Élevé comme trappeur dans les forêts de l’Ouest, il se fit successivement tanneur, berger, marchand de laines, fermier ; souvent aussi il changea de résidence, habitant tour à tour le Connecticut, l’Ohio, l’État de New-York, la Pennsylvanie et dans ses voyages de commerce, il traversa même l’Atlantique pour visiter l’Angleterre, la France et l’Allemagne. Revenu d’Europe en 1849, il s’établit près du village de North-Elba (New-York), dans un froid vallon des montagnes d’Adirondack, et là, aidé de sa vaillante femme et de ses dix enfants, il se mit à défricher le sol et à soigner le bétail.

Mais ce paysan était en même temps un citoyen.

Plein du sentiment de ses devoirs envers la société, il voulait, avant toutes choses, travailler au bonheur de ses compatriotes, contribuer pour sa part à la grande œuvre de l’amélioration du genre humain. La haine de l’injustice le pénétrait, et, dans ses conversations, il ne cessait de rappeler les souffrances des faibles et des opprimés. Il élevait ses enfants à la mission de redresseurs de torts, il avait fait du dévouement héroïque à la cause des malheureux, l’âme même de la famille, le génie du foyer domestique.

Et cependant, autour de lui, dans les libres communes des États du Nord, il ne voyait guère que des indices de prospérité. Les cultivateurs, ses voisins, gagnaient honnêtement leur subsistance, et jouissaient de la liberté la plus complète, des écoles étaient ouvertes dans tous les villages environnants ; la paix existait sur tout le territoire fédéral, la misère y était presque inconnue, les progrès matériels de la nation étaient sans exemples dans le monde. La plupart des Américains, égoïstement fiers de leurs libertés, pensaient que tout allait pour le mieux dans la meilleure des républiques.

Il est vrai, la nation blanche des États du Nord, était plus heureuse que ne l’avait encore été aucune nation de la terre, mais les noirs qui passaient comme des ombres à côté des citoyens, n’étaient que des parias méprisés, et dans les États du Sud, c’est par millions que se comptaient les esclaves Africains.

Lire la suite

 

Qui était Elysée Reclus, géographe et anarchiste? 

Repost 0
31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 09:38

HD 4USCinfantryDetail.preview
*

« Toute personne esclave dans un État ou une partie déterminée d'un État dont les citoyens sont actuellement en rébellion contre les États-Unis, est dès maintenant, et pour toujours, déclarée libre.

*

(...) Et, si elle est en bonne condition, elle sera acceptée au sein de l'armée des États-Unis ». C'est ainsi que, le 1er janvier 1863, Abraham Lincoln, seizième président des États-Unis, annonça, en pleine guerre de Sécession, la fin de l'esclavage aux États-Unis.


Les motifs de la sécession Nord-Sud


Quand la guerre civile entre le Nord et le Sud des États-Unis avait commencé en avril 1861, à l'initiative des sudistes, peu après l'intronisation de Lincoln à la présidence, ce dernier avait fixé pour seul objectif le maintien de l'Union. En dépit des pressions des milieux abolitionnistes, radicaux ou présents dans son parti, le Parti républicain, et de sa répugnance personnelle vis-à-vis de l'esclavage, Lincoln n'avait pas mis en avant cet objectif. Mais la question de l'esclavage, de son maintien ou de sa disparition, empoisonnait depuis toujours les relations entre le Nord du pays, plutôt industriel, et un Sud qui avait bâti sa prospérité sur le dos des esclaves noirs.


Depuis 1820, la vie politique avait été marquée par une série de compromis passés entre le Nord et le Sud, dont ce dernier était le principal bénéficiaire. Le Parti républicain de Lincoln, né en 1854, regroupait des politiciens venus de différents horizons qui voulaient en finir avec la politique du Parti démocrate lié aux planteurs esclavagistes. Les États-Unis regroupaient deux réalités bien différentes.

 

Le Nord était un État industriel, doté de riches régions agricoles, où New York dominait les circuits financiers.

 

Le Sud, peu industrialisé, s'appuyait sur une économie de plantation reposant sur l'esclavage. Il produisait notamment du coton destiné aux filatures anglaises et aussi françaises. 350 000 planteurs y régnaient sur quatre millions d'esclaves. Tandis que la bourgeoisie industrielle du Nord avait besoin de tout le marché américain pour se développer, le Sud esclavagiste cherchait à étendre son système à d'autres États américains, au fur et à mesure que ceux-ci entraient dans l'Union.


La sécession sudiste cherchait l'alliance avec la Grande-Bretagne, son principal client. Elle était tentée de redevenir une semi-colonie de celle-ci, à rebours de la guerre d'Indépendance de 1776 qui avait donné naissance aux États-Unis.

*

Lire la suite

Repost 0

Contactez le NPA du Finistère

 

faou

 

UNE-190.JPG

 

cgt-gg.jpg

 

affiche_Peillon_Fioraso_BAT_0_0.preview.jpg

 

encart npa taille normale

 

 

nukleel-nam-bo-ket.jpg

accueil
*

Brest

06 42 22 96 37

brest.npa@gmail.com

 

Quimper

06 59 71 42 21

quimper.npa@gmail.com
 

Le blog sur les

questions maritimes

L'autre grenelle de la mer

 

Le blog de solidarité avec

les camarades arabes

Revolution arabe 

 

fermoez-fesse.jpg

Recherche

Actions !

Pour plus de détails voir les liens: 

 

diapo prisonnier palestine

Soirée prisonniers palestiniens

AFPS Brest

mardi 16 avril

20H30

Maison des syndicats

 

sortir-copie-1.jpg


manifestants-hopital-SUD-copie-1


Quimper Gourmelen

Rassemblement

vendredi 19 avril

8 h 45


foto2-205-ebf3f

 

Fermez Cofrents

(pays Valencian)

 

 

laniion.jpg

  Concert à Lannion

 

no nuk

 

Dimanche 28 avril

Brennilis

anti-r-1-r-copie-1.jpg

 


robertbelle5mai13DZ

 

 

Mardi 7 mai

 Yves-Marie Le Lay,

Président de

Sauvegarde du Trégor

  Douarnenez

Librairie l'Ivraie à 20h00

 

nddk.jpg

 

yy.jpg

 

st nnonon

 

grece.jpg