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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 11:57

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Joëlle Fontaine, De la résistance à la guerre civile en Grèce (1941-1946), Paris, La Fabrique, 2012, 384 pages. 

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Contributrice au Monde diplomatique, professeur d'histoire-géographie, Joëlle Fontaine travaille depuis sa jeunesse sur la Résistance grecque et fréquente la Grèce depuis 1962.

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Partant du constat que demeure méconnu en France aussi bien la résistance grecque au nazisme que la période ayant précédée la guerre civile, l'auteure tente dans cette synthèse détaillée et documentée d'y remédier.


Les douze chapitres développent une thèse claire : en Grèce, le Royaume-Uni et Winston Churchill préférèrent écraser militairement la Résistance locale et collaborer avec les milices d’extrême droite plutôt que de voir le pays échapper à leur domination. Cette période d'une très grande  brutalité déboucha sur une guerre civile, puis sur trente années de violence qui ont forcé à l'exil des centaines de milliers de grecs.

 

Le développement du pays a été freiné par des élites parasitaires, corrompues et profondément asservies à la tutelle américaine (qui succéda à la tutelle britannique). La situation politique actuelle de la Grèce n'est donc en rien inédite et plonge ses racines dans des événements historiques identifiables. Ces années 40 sont donc toujours évoqués aujourd'hui sur les murs d'Athènes et restent une référence constante pour la Gauche grecque1.


L'ouvrage se concentre donc sur cette période décisive qui court des débuts de l'occupation allemande en 1941 à la première liquidation de la Résistance en 1946. Organisé de façon strictement chronologique, il s’appuie sur une bibliographie très large (française, anglo-saxonne, grecque) complétée par des archives, partiellement françaises mais essentiellement grecques, pour certaines ouvertes récemment.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 14:33

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Kevin B. Anderson 20 janvier 2013

 

Le film « Lincoln » met en scène la façon dont la Guerre civile américaine s’est radicalisée à partir du mois de janvier 1865 lorsque l’administration Lincoln s’est alliée aux républicains radicaux pour mettre fin à l’esclavage.

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En même temps, ce récit hollywoodien ignore complètement les dimensions économiques et de classe de ce moment et ne parle pas des échanges entre la Première Internationale de Marx et l’administration Lincoln qui ont eu lieu pendant ces mêmes semaines qui sont le sujet du film.

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Le « Lincoln » de Steven Spielberg présente, pendant un seul et crucial mois de la Guerre civile américaine, un conflit qui aboutira à la deuxième Révolution américaine. Au mois de janvier 1865, plusieurs mois après la victoire de l’Union sur les Confédérés, le Président Abraham Lincoln décide de faire passer le treizième amendement à la Constitution des Etats-Unis : l’abolition inconditionnelle de l’esclavage, sans compensations pour les esclavagistes. C’est un Lincoln très différent de celui qui, candidat en 1860, refusait de faire campagne comme abolitionniste, ou encore du Président qui a retardé la Déclaration d’Emancipation jusqu’à la troisième année de Guerre civile, en 1863. C’est un Lincoln qui a progressé avec son temps, dont les armées comptent 200.000 soldats noirs et dont les discours commencent à suggérer des droits de citoyenneté et de vote pour les anciens esclaves.

L’ Amérique révolutionnaire

Avec un scénario écrit par le célèbre auteur de gauche Tony Kushner (« Angels in America », « Homebody/Kabul »), le film de Spielberg ne met pas seulement en lumière Lincoln lui-même, mais aussi un personnage incontestablement révolutionnaire ; l’abolitionniste radical Thaddeus Stevens, avec lequel Lincoln s’était allié pendant ces journées fatidiques du mois de janvier 1865. Une des scènes les plus dramatiques met en scène les échanges entre Stevens et le congressiste new-yorkais pathologiquement raciste, Fernando Wood, dirigeant de l’aile antiabolitionniste du Congrès.


Dans une autre scène, on voit Stevens présenter à un Lincoln sceptique le programme des Républicains Radicaux pour une occupation militaire prolongée du Sud, pendant laquelle les anciens esclaves obtiendraient l’entièreté de leurs droits civiques, y compris celui d’occuper les plus hauts postes éligibles, et pendant laquelle les propriétés terriennes des anciens esclavagistes seraient confisquées et seraient données en concessions aux anciens esclaves (ce qu’on appelle « 40 acres et une mule »). Tout cela est présenté d’une manière très cinématographique au travers de la superbe interprétation de Daniel Day Lewis (Lincoln) et aussi de Tommie Lee Jones (Stevens), avec également une participation importante de Sally Field (Mary Todd Lincoln).


En même temps, cependant, on y voit le côté sordide de la démocratie américaine, alors même que ces changements révolutionnaires sont en cours d’adoption, à travers la politique du mécénat douteux qui est utilisé pour obtenir les derniers votes et adopter la modification et l’envoyer aux Etats pour la ratification finale.


Dans l’ensemble, « Lincoln » offre une perspective sur la Guerre civile américaine résolument plus anti-esclavagiste et antiraciste que la plupart des principaux films hollywoodiens sur le sujet. Il évite le portrait hollywoodien classique d’un Sud ayant un code moral équivalent (si pas supérieur) à celui du Nord. Par ailleurs, le film présente le racisme et l’esclavage comme les enjeux principaux de la Guerre civile, en plus de montrer un dirigeant révolutionnaire comme Stevens sous un jour inhabituellement positif. En outre, l’argument spécieux utilisé par le Sud du « droit d’Etat » n’est pas masqué, mettant en lumière le véritable contenu de ce « droit » : celui des Blancs à réduire en esclavage des millions d’autres être humains.

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 12:18

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Par Luc Gérard le Jeudi, 20 Juillet 2000

 

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht sont sommairement abattus par les forces de répression à l'issue de l'écrasement d'une insurrection prolétarienne à Berlin.

 

Cet assassinat ne marque pas la fin de la révolution allemande: elle connaîtra son deuxième temps fort en 1923; mais il privait les révolutionnaires allemands de leurs deux dirigeants les plus prestigieux et - surtout en ce qui concerne Rosa Luxembourg - les plus à mêmes de les mener jusqu'à la victoire, jusqu'au renversement du capitalisme. Par ce biais, cet événement allait avoir des conséquences catastrophiques pour la suite de l'histoire du XXe Siècle. Avant de traiter de ce point, il nous faut comprendre comment cela a pu arriver.


LES DEBUTS DE LA REVOLUTION MONDIALE


Pour Lénine et Trotsky, la Révolution russe d'octobre 1917 n'est que le prélude à la révolution mondiale. L'instauration du socialisme nécessite la victoire de la révolution dans les pays développés. Parmi ces pays, l'Allemagne de 1918 occupe une position de choix: deuxième puissance industrielle du monde - après les Etats-Unis - sa classe ouvrière est la plus nombreuse et la mieux organisée de la planète.


A quelques jours près, l'attente des révolutionnaires russes durera un an. Le 30 octobre 1918, une insurrection à Vienne provoque la chute des Habsbourg, la fin du vieil empire austro-hongrois. Le 3 novembre, - huit jours avant la fin de la Première Guerre Mondiale- les marins de la flotte de guerre allemande, basée à Kiel, hissent le drapeau rouge. Du 5 au 9 novembre, le pays se couvre de conseils d'ouvriers et de soldats. Le Kaiser, Guillaume II, abdique et Friedrich Ebert, le dirigeant du parti social-démocrate, devient chancelier (premier ministre).

Comme la Russie entre février et octobre 1917, l'Allemagne est plongée dans une situation de dualité de pouvoirs: à la base, usines, casernes et villes se sont dotées de conseils qui y exercent le pouvoir; au sommet, les sociaux-démocrates maintiennent, pour l'essentiel, l'appareil d'Etat bourgeois.


LA FORCE DES REFORMISTES, LES FAIBLESSES DES REVOLUTIONNAIRES


A la différence des réformistes russes - que la révolution d'octobre a balayés - les sociaux-démocrates allemands ont acquis une assise puissante et durable au sein de la classe ouvrière. Alors que, dans la Russie tsariste, toutes les forces d'opposition étaient réduites à la clandestinité, le parti social-démocrate allemand a pu, pendant plusieurs décennies, construire son appareil et développer son influence en toute légalité.

Pour garder cette audience, alors qu'en cette fin de 1918 début 1919 les masses sont fortement radicalisées, les sociaux-démocrates usent du mensonge et de l'ambiguïté: ils promettent la nationalisations des mines et de l'industrie; ils parlent de conduire l'Allemagne vers le socialisme. Pour la majorité des travailleurs, le parti social-démocrate reste ainsi le parti de l'espoir socialiste!


En face, les révolutionnaires se rangent principalement en deux groupes: les «délégués révolutionnaires»,  particulièrement bien implantés au sein de la classe ouvrière berlinoise, et les spartakistes, dont les leaders sont Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg. Mais aucun de ces deux groupes n'a déjà l'hégémonie parmi les larges masses: celles-ci n'ont pas encore fait l'expérience des trahisons de la social-démocratie (*).

Cela permet de comprendre qu'au congrès des conseils d'ouvriers et de soldats d'Allemagne, réuni à Berlin le 16 décembre 1918, les sociaux-démocrates disposent d'une majorité écrasante: 80 des délégués; ni Rosa Luxembourg, ni Karl Liebknecht n'ont d'ailleurs été élus! Forts de cette majorité, les sociaux-démocrates font adopter le principe de l'élection d'une assemblée constituante, qui ôtera tout pouvoir tangible aux conseils. Derrière le masque de la démocratie parlementaire, c'est la première grande victoire de la contre-révolution.


Quelques jours plus tard, les spartakistes décident de donner naissance au parti communiste allemand. Rosa Luxembourg y prône un travail de longue haleine en vue d'amener les masses vers la révolution prolétarienne. Karl Liebknecht hé-site quant à la ligne à suivre. Mais ni l'une ni l'autre n'engage la bataille contre la majorité des spartakistes, qui proposent une ligne ultra-gauchiste: il est question de se retirer des syndicats et de renverser le plus vite possible le gouvernement de Ebert; et il est décidé de ne pas se présenter à l'élection de l'assemblée constituante. Avec de telles positions, il est impossible de rallier le groupe des délégués révolutionnaires, qui, lui, est hostile à tout aventurisme. La gauche révolutionnaire demeure dès lors divisée.

Nous mettons ainsi le doigt sur un deuxième handicap de la révolution allemande par rap-port à son homologue russe; le parti de la révolution prolétarienne naît, en Allemagne, dans l'improvisation et la division.


L'ECHEC DE LA REVOLUTION ALLEMANDE


Pour les forces de la réaction, la menace de la révolution socialiste est pourtant bien réelle. Pour y faire face, l'état-major de l'armée organise les «corps francs», ramassis de certains régiments fiables et volontaires  d'extrême-droite, tous prêts à en découdre avec les «rouges», avec les «bolcheviks...... Et,  dans le même temps, entre au gouvernement un homme résolu à frapper fort: Gustav Noske, permanent du parti social-démocrate.


Au début janvier, le gouvernement Ebert, organise une provocation: il révoque le préfet de police révolutionnaire de Berlin, Eichhorn. Un comité révolutionnaire provisoire se constitue alors à Berlin, rassemblant entre autres des spartakistes et des délégués révolutionnaires. A l'instigation de Liebknecht, ce comité décide de renverser le gouvernement Ebert, et il se lance dans l'insurrection. Noske fait appel aux corps francs; du 6 au 12 janvier, ils écrasent les insurgés. Le 15, la troupe arrête Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht; sur ordre des officiers, ils sont tous deux abattus. Ainsi s'achève la première des deux grandes vagues de la révolution allemande.


En 1923, le Parti communiste allemand, sensiblement plus fort et plus influent parmi les masses, sera confronté à une situation plus favorable à la victoire de la révolution prolétarienne. Il laissera pourtant passer l'occasion. Parmi les raisons de cet échec il y a l'absence, à ce moment, de leaders de l'envergure de Luxembourg et Liebknecht.

Avec la fin de la révolution allemande se clôturera la montée révolutionnaire européenne de l'après Première Guerre Mondiale. La Russie révolutionnaire se retrouvera totalement isolée. Et le découragement, la perspective de devoir ébaucher seuls la construction du socialisme dans un pays arriéré et saigné par la guerre civile, allaient constituer un des puissants ferments de la bureaucratisation de l'URSS, de la victoire de Staline sur tous les opposants.


La Gauche n°3, 7 février 1989


(*)  II y avait bien sûr eu l'abandon de l'internationalisme en août 1914: les partis socialistes allemand, français, britannique et belge avaient voté les crédits de guerre; ils avaient donc capitulé chacun devant leur bourgeoisie, au moment où commençait la guerre impérialiste; mais ils n'avaient pas encore eu l'occasion de saboter la révolution.

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http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=672:lassassinat-de-rosa-luxembourg-et-karl-liebknecht&option=com_content&Itemid=53

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 12:11

Sand

Il est possible que les deux ouvrages de l’historien israélien Shlomo Sand – Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), et Comment la terre d’Israël fut inventée (Flammarion, 2012) – remplissent pour les tenants des légendes sionistes le même rôle que les révélations du rapport Khrouchtchev en 1956 ont rempli pour ceux qui plaçaient tous leurs espoirs en Staline et croyaient dur comme fer aux contre-vérités de l’Histoire du parti communiste («bolchevique») de l’URSS concoctée par une commission aux ordres de ce dernier, en 1938. L’intérêt de ces travaux tient cependant peut-être moins à leur contenu, qui ne constitue pas vraiment une nouveauté, qu’à la personnalité de leur auteur, en l’occurrence un citoyen israélien, vivant et travaillant dans ce pays.


Une Histoire occultée


L’inanité des théories raciales avait en effet déjà été relevée par Abraham Léon (curieusement absent des références citées par Shlomo Sand), dans son ouvrage intitulé La conception matérialiste de la question juive [1].  Il y écrivait: «L’examen le plus superficiel de la question nous amène à la conclusion que les Juifs constituent en réalité un mélange de races des plus hétéroclites. C’est évidemment le caractère diasporique du judaïsme qui est la cause essentielle de ce fait. Mais même en Palestine, les Juifs furent loin de constituer une «race pure». [...] il suffit de rappeler les nombreuses races qui s’étaient établies en Palestine: Hittites, Cananéens, Philistins, Egyptiens, Phéniciens, Grecs, Arabes. [...] Le développement du prosélytisme juif durant l’époque grecque et romaine a fortement accentué le caractère mêlé du judaïsme. [...] La conversion forcée d’esclaves au judaïsme, la conversion des Khazars ainsi que d’autres races et peuples au cours de la longue diaspora, ont constitué autant de facteurs qui ont fait du judaïsme un conglomérat caractéristique de races» (p. 158-159).

 

Shlomo Sand approfondit cependant et actualise la question en soulevant des points soigneusement passés sous silence par l’historiographie officielle,

 

pour laquelle il est «nécessaire d’inculquer aux masses l’image mythologique d’un peuple exilé au Ier siècle, alors que, dans le même temps, les élites cultivées savent bien qu’un tel événement n’a pas eu lieu: c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’existe pas un seul ouvrage de recherche consacré à l’expulsion du «peuple juif» (Comment la terre d’Israël fut inventée, p. 24).

 

Le paragraphe qui suit est encore plus frappant:

 

«Parallèlement à la diffusion et au maintien de ce mythe historique fondateur, il a fallu:

1°) passer sous silence le dynamisme prosélyte du judaïsme, du IIe siècle avant J.-C. au moins jusqu’au VIIIe siècle; 2°) ignorer la multiplicité des royaumes judaïsés apparus en diverses zones géographiques (en note: Le royaume d’Adiabène en Mésopotamie, le royaume d’Himyar dans la péninsule arabique, le règne de Dahiya al-Kahina en Afrique du Nord, le royaume de Semien dans l’Est africain, le royaume de Kodungallur dans la presqu’île méridionale de l’Inde, et le grand royaume Khazar au sud de la Russie. L’inexistence de la moindre recherche comparative concernant le phénomène captivant que sont ces royaumes judaïsés, ainsi que les destinées de leurs habitants, ne doit rien au hasard);

3°) effacer de la mémoire collective les grandes masses humaines converties au judaïsme sous ces monarchies et qui ont constitué le berceau de la plupart des communautés juives dans le monde;

4°) se faire discret sur les déclarations des dirigeants sionistes, à commencer par David Ben Gourion, le fondateur de l’Etat, bien au fait de l’inanité de la thèse de l’exil massif, et qui de ce fait voyaient dans la majorité des «fellahs» locaux une descendance des anciens Hébreux» (idem, p. 24-25).

 

La nature fondamentalement mythologique et idéologique (et donc propagandiste) des thèmes de l’exil et du retour au pays des ancêtres est on ne peut plus clairement démontrée.

 

Critique et falsifications


Ce retour à l’Histoire réelle s’accompagne d’une critique de la Bible en tant que source historique aveuglément crédible. Voici par exemple ce que Shlomo Sand dit de Salomon: «il n’existe en fait aucun vestige de ce roi légendaire dont la Bible décrit la richesse en des termes qui en font presque l’équivalent des puissants rois de Babylone ou de Perse. [...] Si une entité politique a existé dans la Judée du Xe siècle avant J.-C., cela ne pouvait être qu’une micro-royauté tribale, et Jérusalem n’était pas plus qu’une petite ville fortifiée. Il est possible que se soit développée dans ce petit canton une dynastie appelée la maison de David (une inscription découverte à Tel Dan en 1993 vient à l’appui de cette hypothèse)» (Comment le peuple juif fut inventé, p. 170).

 

Mais il semble de surcroît que le texte biblique, même tel quel, ne remplit qu’imparfaitement les fonctions que les propagandistes sionistes souhaiteraient le voir prendre, car il ne contient pas la notion de terre d’Israël (Eretz Israël) actuellement en vogue:  

 

«Dans la nouvelle traduction en hébreu du premier livre des Maccabées, publiée en 2004 dans une édition de qualité, la «terre d’Israël» figure cent cinquante-six fois dans l’introduction moderne et les notes, alors même que les Hasmonéens ignoraient totalement qu’ils dirigeaient une révolte dans un territoire de ce nom. Un historien de l’université hébraïque de Jérusalem est allé encore au-delà en publiant un ouvrage scientifique intitulé “La terre d’Israël comme concept politique dans la littérature hasmonéenne” alors même que ledit “concept” n’existe pas dans la période considérée. Le mythe géonational était encore si brûlant dans un passé récent que les éditeurs des écrits de Flavius Josèphe ont pris sur eux d’y greffer la “terre d’Israël” au moment de la traduction» (Comment la terre d’Israël fut inventée, p. 41).

 

Cette déconstruction en règle des productions du grand théâtre de la propagande mérite d’autant plus la lecture que l’auteur prend soin de préciser (en mettant entre guillemets les notions qu’il récuse):  

 

«Je ne pouvais pas admettre que les “peuples de la dispersion” bénéficieraient d’un droit prioritaire de propriété nationale sur un territoire qu’ils n’habitaient plus depuis “deux mille ans” alors même que la population qui y réside en permanence depuis plusieurs siècles se verrait dénier ce même droit.

 

Un droit se fonde, comme l’on sait, sur un ensemble de valeurs à partir desquelles sa reconnaissance par autrui est revendiquée: l’acceptation par la population locale pouvait seule conférer vigueur et légitimité morale à un droit historique au “retour des juifs”» (Comment la terre d’Israël fut inventée, p.26).

 

C’est rappeler que seuls les Palestiniens sont en mesure de conférer une légitimité morale aux Israélites venus s’établir en Palestine.

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[1] Abraham Léon, La conception matérialiste de la question juive. Réédition de Paris: EDI, 1980.

Cet article a été publié dans le mensuel Démocratie et socialisme

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http://alencontre.org/societe/livres/livre-le-retour-de-lhistoire.html

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 14:00

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de : Andre Bouny lundi 7 janvier 2013 - 09h14

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Décembre 2012, le documentaire « AGENT ORANGE, Une bombe à retardement » donne la parole à une trentaine de victimes et témoins, scientifiques et historiens, vietnamiens, français et américains (avec notamment la participation de l’auteur de cette chronique, André Bouny, et de Noam Chomsky, entre autres).

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Ce film revient sur le désastre écologique et humain perpétuel causé par l’Agent Orange lors de la Guerre du Viêt Nam.

 

Vietnam : que se cache-t-il vraiment derrière l’exubérance de sa population et la majesté de ses paysages ? Le film “Vietnam : dioxine, une bombe à retardement” ouvre le dossier douloureux d’un drame peu médiatisé qui touche aujourd’hui des millions de Vietnamiens, sur plusieurs générations et dont les effets impactent l’avenir du pays et celui de ses enfants à naître.

 

Après 40 années de guerre ininterrompue contre la France puis les Etats-Unis, le Vietnam sort enfin de la guerre, le 30 avril 1975. Fin des bombes à billes, à fragmentation, qui déchirent les corps. Fin des bombes au phosphore, au napalm qui transforment les humains en torches vivantes. La paix et la reconstruction du pays sont à portée d’espérance. Pourtant, en partant, l’armée américaine laisse un poison aujourd’hui invisible : la dioxine. Cette arme chimique puissante, plus connue sous le nom d’Agent Orange produite par la multinationale Monsanto, a pris possession de la terre, des eaux, de la végétation vietnamienne. En s’infiltrant dans les sols, les rivières, elle touche la chaîne alimentaire.

 

Des millions de Vietnamiens, victimes de la dioxine sont atteints de lourdes malformations et de cancers. Quarante ans après les derniers épandages, la dioxine continue de faire des ravages. Comment qualifier cette catastrophe humaine et écologique que vivent le Vietnam et sa population ? Au-delà du cas vietnamien, quelle est la responsabilité des Etats dans le choix des armes et de leur utilisation en cas de conflit armé ? Quelles sont les réparations possibles envers les victimes et les pays dévastés ?

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Le film “Vietnam : dioxine, une bombe à retardement” aborde ces questions à travers des témoignages et l’analyse donnée par des scientifiques et historiens rencontrés au Vietnam, en France et aux Etats-unis.

Générique

Auteur-Réalisateur : Thuy Tiên Ho, Laurent Lindebrings
Auteur : Hai Quang HO
Image : Laurent Lindebrings
Musique originale : Lionel Poumey

Production / Diffusion : Collectif Orchidées

Organisme(s) détenteur(s) ou dépositaire(s) :
Collectif Orchidées

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http://bellaciao.org/fr/spip.php?article132598


 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 08:54














Pour saluer Georges Guingouin, mort le 27 octobre 2005 et sur lequel tout a déjà été dit clic-clic, la photo de trois de ses hommes du maquis de Haute-Vienne, par l'un d'entre eux, Israëlis Bidermanas, celui-là même qu'on appellera Izis après-guerre. Un autre 27 octobre, dit-on, 1943, les mêmes crapules qui s'acharneront plus tard sur Guingouin faisaient assassiner au maquis de Haute-Loire Abraham Sadek, Maurice Sieglmann, Jean Reboul et Pietro Tresso (Blasco), combattants communistes - mais trotskistes, c'était pire que tout voyez-vous en ces temps déraisonnables.

Le 27 octobre 2005, Georges Guingouin disparaissait. Premier maquisard de France et libérateur de Limoges, il eut également à affronter la répression stalinienne.

 

Guingouin fut un résistant social, qui peut servir d'exemple à tous ceux qui luttent aujourd'hui pour « un juste développement humain ».


Le colonel Guingouin est avant tout connu pour ses hauts faits d'armes. Il sait organiser, entre 1940 et 1944, jusqu'à 20 000 hommes en Limousin et il livre notamment les combats héroïques au mont Gargan contre les unités hitlériennes du général Ottenbacher. Sans son action, qui fixe sur le sol limousin une division blindée entière, le débarquement de Normandie eut certainement été un échec, comme le reconnaîtra lui-même le commandant en chef des forces alliées d'alors, le général américain Dwight Eisenhower. Pour sa contribution à la libération de la France et de l'Europe, Guingouin se voit décerner l'acte de reconnaissance de la nation américaine, et De Gaulle le fait compagnon de la Libération, une distinction rarissime pour un communiste.


Car Guingouin n'est pas qu'un stratège et un patriote, c'est un communiste.

 

Natif de Magnac-Laval, dans la campagne haut-viennoise, il se définit lui-même comme un descendant du mouvement syndical et révolutionnaire du Limousin et de l'Occitanie. Il est fils de ce pays où les bergers lisent Marx, sous l'influence des maçons de la Creuse - des gueux crevant de faim qui, montant à Paris pour survivre, en ont rapporté le socialisme.


« Préfet du maquis »


C'est donc naturellement qu'il s'est tourné vers le Parti communiste (PCF). Il adhère en 1935 au rayon d'Eymoutiers(1), tout près de Saint-Gilles-les-Forêts, où il officie comme instituteur. Et c'est aussi naturellement, comme responsable de son rayon, qu'il prend le maquis, le 18 juin 1940 (sans avoir écouté la radio !), avec quelques-uns de ses camarades. Distributions clandestines de tracts sur le marché d'Eymoutiers, destructions de machines à faire des bottes de foin et sabotages de fabriques travaillant pour l'occupant : on ne compte plus les actions de « Lou Grand »(2) qui se proclame « préfet du maquis ». Cela ne plaît guère à l'occupant. Mais cela ne plaît pas plus au PCF qui, du fait du Pacte germano-soviétique, proscrit tout acte de résistance. Le parti tente de ramener à la raison « le fou qui vit dans les bois », sans succès. Puis, c'est une tentative de liquidation physique. Devant ce nouvel échec, on tente de le mettre au placard en lui proposant une promotion à la direction des Francs-tireurs partisans (FTP) du Puy-de-Dôme. Il refuse.


En juin 1944, alors que le parti estime que toute résistance valable doit être ouvrière et urbaine, et qu'il ordonne aux communistes, par la voix de Léon Mauvais, de prendre les villes, « Lou Grand» ne se soumet pas. Il sait qu'un assaut serait coûteux en vies humaines et que la ville risquerait d'être reprise et soumise à des représailles terribles. Cette nouvelle désobéissance lui est vivement reprochée. À ce moment-là, d'autres villes de la région seront prises par les maquisards, puis perdues, comme Tulle, où 99 otages sont pendus.

 

Encore une fois, les faits ont donné raison à Guingouin contre le parti.

 

Et c'est sans effusion de sang qu'il prends Limoges, au mois d'août, après avoir encerclé la ville et négocié la reddition du général allemand Gleiniger.


À ce moment, Guingouin est au faîte de la gloire et le parti doit se résoudre à le soutenir, au moins publiquement. C'est ainsi que le PCF remporte les élections municipales de 1945 à Limoges, une ville tenue par les socialistes depuis 1912. L'ex-« préfet du maquis » s'installe donc à la mairie et met en pratique ses idées. Il finance de grands travaux (complexe sportif, cités ouvrières, voirie...) dans l'intérêt des classes populaires limougeaudes, et il encourage la vie associative (patronages laïques, « samedis rouges »). Pour faire face aux problèmes du logement, il crée un service municipal, chargé de réquisitionner des habitations privées, et il soutient l'occupation des casernes par les comités locaux, qui comptent y faire des appartements.


L'ancien maire, Léon Betoulle, qui, député, a voté, en 1940, les pleins pouvoirs à Pétain, ne désespère pas cependant de retrouver sa place. Et lorsque, deux ans plus tard, de nouvelles élections sont convoquées, Guingouin est battu, victime d'une union sacrée entre les staliniens et les socialistes. Le vœu du bourgeois attentiste Betoulle est exaucé.

Mais cela ne suffit pas.  

 

Ceux qui l'ont battu politiquement veulent l'abattre, le détruire, casser son prestige.

 

C'est ainsi qu'il sera brisé, au sein du parti, par Duclos et Thorez(3). Comme Marty et Tillon(4), il est écarté des directions, avant d'être exclu, en 1952, comme « titiste»(5) et « ennemi de la pire espèce ». À l'extérieur, les socialistes déclenchent la curée. L'un d'eux, le normalien Jean Le Bail, publie dans Le Populaire du Centre une série d'articles intitulés « Limousin, terre d'épouvante ». Dans ce feuilleton, qui devient quotidien, le dirigeant de la SFIO(6) déterre des affaires classées, et il attribue chaque jour un nouveau crime à la Résistance.


Calomnie


À chaque fois, Guingouin est pointé du doigt. La balle est alors dans le camp de la justice, qui ouvre une instruction et emprisonne le libérateur de Limoges. C'est l'Affaire Guingouin(7) qui commence ! Le héros se retrouve en position d'accusé. On tente même de le « suicider » dans sa cellule de Brive. Il restera plusieurs jours entre la vie et la mort. On tente alors de le faire passer pour fou. Grâce à la détermination de ses proches et de deux jeunes avocats (Roland Dumas et Robert Badinter), il est libéré après quelques semaines. Il mettra tout de même cinq ans à se laver de l'injure et de la calomnie, jusqu'au moment où, en 1959, le procureur du tribunal de Lyon déclare « ne pas comprendre, en son âme et conscience, qu'on ait pu engager des poursuites contre Georges Guingouin ».


Instituteur jusqu'à sa retraite, Georges Guingouin s'est établi près de Troyes. Il revient cependant sur la terre limousine périodiquement, notamment pour assister aux cérémonies du mont Gargan. C'est de là qu'il lance, en 1992, son appel à voter « non » au traité de Maastricht. Dans ses entrevues avec des camarades du cercle Gramsci ou de la LCR de Limoges, il se revendique régulièrement de l'autogestion, se réclamant à la fois de Pierre Leroux qui, en 1845, avait créé la première coopérative en Creuse, de la féministe Pauline Roland ou de Rosa Luxemburg, pour sa critique de la bureaucratie. Analysant la situation actuelle, il s'exprime ainsi, en 2002, après la naissance des mouvements altermondialistes à la suite des rassemblements de Seattle, Gênes et Porto Alegre : « Il y a un foisonnement, c'est certain. Du moment qu'en haut, il y a un échec, à la base, il y a une recherche. Tout le problème, c'est de savoir quand les masses peuvent faire basculer la situation. Mais ça, personne ne le sait. »


Nicolas Vanderlick


1. Un rayon est l'équivalent d'une section du parti à l'échelle régionale.

2. Surnom donné du fait de sa grande taille.

3. Maurice Thorez, alors secrétaire général du PCF, a passé la guerre à Moscou.

4. André Marty, numéro 3 du PCF, et Charles Tillon, chef des FTP ayant organisé le parti dans la clandestinité, sont accusés de « déviationisme ».

5. Du nom de Tito, chef d'État yougoslave.

6. Section française de l'Internationale ouvrière.

7. Lire Michel Taubmann, L'Affaire Guingouin, éditions Lucien Souny, 19 euros.

 

http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=1722

Rouge2133, 10/11/2005

 


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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 08:26

  Georges Guingouin © DR

 

Publié le 02/10/2012 à 17H58, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16 Par Linda Belhaoues

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Tourné intégralement en Limousin au mois de mai 2011," Le Grand Georges" de François Marthouret rend hommage à Georges Guingouin, l'une des plus grandes figures de la résistance.
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C'est en tout cas ainsi que le qualifiait le Général De Gaulle. Ecrit par le documentariste, Patrick Rotman, le film sera diffusé en 2013 sur France 3.
*

Sa vie ressemble à celle d'un personnage de roman. Georges Guingouin fut le premier maquisard de France. Premier, parce qu'il prit le maquis dès l’été 40. Premier parce qu’à la Libération, il dirigeait dans le Limousin, le plus grand maquis de France avec pas moins de 20 000 hommes.


Ce film est une occasion unique de rendre hommage à celui qu’on appelait « le préfet du maquis » ou le « Tito du Limousin ». Ce jeune instituteur, militant au parti communiste, n'a pas hésité à prendre une position différente de celle de son parti.

 

Malgré un destin exceptionnel, Georges Guingouin n'aura pas eu tous les honneurs de l'Histoire à l'image d'un Jean Moulin ou d'un Raymond Aubrac. Son éviction du PCF donnera lieu à des interrogations. Son action soulèvera également des controverses (souvent exploitées par des journalistes de droite et d'extrême-droite parmi lesquels Henri Amouroux) en raison de présumées exactions commises sous son autorité durant l'« épuration sauvage » de 1944.


Patrick Rotman, signe le scénario. Déjà connu pour ses films d'une grande richesse historique, le scénariste donne ici une nouvelle version de la vie de Georges Guingouin. Un film comme une réhabilitation. Et pour souligner la véracité des propos, rien n'a été laissé au hasard. L'acteur, Xavier Gallais, qui interprète le rôle du Grand Georges lui ressemble étonnament. 

 


Georges Guingouin © DR

Lire aussi: 

 

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 09:33

Autocollant de trotskistes espagnols, 1978

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C'était il y a trente ans, à l'issue des élections législatives d'octobre 1982, Felipe Gonzalez, le dirigeant du Parti socialiste espagnol, le PSOE, majoritaire à ces élections avec 48 % des voix et 118 députés -- venait d'être nommé président du gouvernement. À sa gauche, le Parti communiste de Santiago Carrillo recueillait 4,02 % des voix, et quatre sièges seulement.


Sept ans plus tôt, le 20 novembre 1975, mourait Franco. Les militaires au pouvoir depuis trente-six ans, responsables d'une répression impitoyable, du manque de libertés et de la misère des classes populaires, n'avaient plus qu'à quitter le devant de la scène en laissant les dirigeants des partis civils mettre en place un régime semblable à celui qui existait dans les autres pays européens : une démocratie bourgeoisie au service des possédants.


La « transition », un risque calculé pour la bourgeoisie...


Dès 1976 une période de transition s'était ouverte, marquée par des réformes institutionnelles. Marquée aussi par le développement d'un formidable espoir dans les classes populaires. La petite bourgeoisie, qui voulait plus de libertés dans tous les domaines de la vie politique, sociale et culturelle, put rapidement trouver son compte et obtenir le droit de s'exprimer librement et de vivre comme bon lui semblait. La société respirait. Les politiciens des partis de droite ralliés au parlementarisme, comme ceux des partis de gauche, voulaient conquérir cet électorat potentiel et se présentaient comme les meilleurs garants des réformes démocratiques.


En revanche, la classe ouvrière, qui avait payé le plus lourd tribut à la dictature, dut se rendre compte que le système qui se mettait en place n'était pas destiné à limiter la soif de profits des capitalistes et des banquiers. Ceux-ci n'acceptaient les réformes « démocratiques » qu'à condition qu'elles leur laissent toute liberté pour exploiter la classe ouvrière.


Pourtant, au cours des dernières années de la dictature, les classes populaires avaient mené des grèves, des manifestations, pour imposer le droit de s'organiser, de s'exprimer et aussi de défendre les salaires, l'emploi, afin d'obtenir des conditions d'existence et de travail plus dignes. Un espoir que les exilés politiques de la période franquiste partageaient en préparant leur retour en Espagne.


Les dirigeants politiques de droite qui avaient vu comment, au Portugal, en 1974, la fin de la dictature avait entraîné une crise sociale et politique, choisirent de s'appuyer sur les partis de gauche en train de se reconstituer (le PCE et le PSOE) pour les intégrer à la « transition ».

* 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 11:08
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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 09:40

Pensées singulières.

Le PCF célèbre actuellement le trentième anniversaire de la mort de Louis Aragon (1897-1982), écrivain prolifique et auteur de poèmes dont certains ont été mis en musique par Léo Ferré ou par Jean Ferrat.

 

Il n'est pas très étonnant que les mensonges politiques issus de la plume de l'écrivain soient occultés, car signaler la servilité d'Aragon reviendrait à suivre les errements de la politique du PCF depuis les années trente du siècle passé.

 

Dans sa jeunesse, Aragon se retrouva dans le mouvement surréaliste avec d'autres artistes, parmi lesquels André Breton.

 

Le souvenir de la Première Guerre mondiale ainsi que la guerre du Rif en 1925 leur avaient inspiré un juste dégoût du patriotisme et du colonialisme. « Je conchie l'armée française », disait alors Aragon, qui cependant n'alla pas, à cette époque, jusqu'à s'intéresser à l'espoir d'un monde nouveau qui s'était levé en Russie. En 1924, il avait même choqué ses proches en parlant de « Moscou-la-gâteuse », témoignant du « peu de goût » qu'il avait alors « du gouvernement bolchevique, et avec lui de tout le communisme [...]. La Révolution russe, vous ne m'empêcherez pas de hausser les épaules. »


L'engouement d'Aragon pour l'URSS ne se manifesta que plus tard,

 

une fois les révolutionnaires écartés au profit des représentants d'une bureaucratie ayant Staline à sa tête. Adhérent au PC (qui ne se qualifiait pas encore de français) en 1927, Aragon se rendit trois ans après en URSS, à un congrès international des écrivains où, contre toute attente, il signa une lettre dénonçant à la fois Trotsky et les thèses surréalistes, trahissant ainsi ses amis, avec lesquels ce fut la rupture.


Enthousiaste des procès staliniens


En 1936, Aragon reprit les plus grossières et sinistres calomnies staliniennes. Il étala sa satisfaction devant les exécutions prononcées lors de parodies de procès organisées à Moscou contre les révolutionnaires les plus connus, tandis que beaucoup d'autres disparaissaient dans les caves des prisons et dans les camps. Dans la revue Commune, Aragon dénonça, non pas les auteurs des procès, mais ceux qui en furent victimes : « C'est un effroyable déballage d'ignominie, ce procès que domine leur maître à tous, Trotsky, allié à la Gestapo. (...) La Cour suprême se prononce : la mort aux seize coupables. Le pays n'eût pas compris un autre verdict. »


Le talent servile d'Aragon, auteur également d'un poème à la gloire de la police politique qui exécutait les basses œuvres, le Guépéou, fut repéré par les dirigeants du Parti communiste, en particulier Maurice Thorez, qui le fit accéder en 1937 à la direction d'un des quotidiens du Parti, Ce Soir. Aragon n'hésita pas à exclure de la rédaction un écrivain, Louis Guilloux, quand celui-ci refusa d'écrire un article pour condamner la parution en librairie du récit, honnête, d'André Gide à propos d'un voyage en URSS auquel il avait lui-même participé.


Un « communiste » patriote


Après l'entrée en guerre de l'URSS en 1941, Aragon suivit le nouveau tournant du PC, défendant l'union nationale, qui se traduisit par la constitution d'un front avec un général nationaliste et réactionnaire, de Gaulle. C'en était fini du temps où il avait salué « L'Internationale contre la Marseillaise ». Il se fit patriote, pire, cocardier. « Mon Parti m'a rendu les couleurs de la France », écrira-t-il en 1944, alors que le PCF était devenu un parti de gouvernement.

 

Staline-statue-cassee.jpg


Quand Staline mourut, en 1953, Aragon salua « le plus grand philosophe de tous les temps » et il se tut en 1956 quand les tanks russes écrasèrent la révolution des ouvriers hongrois. Tous ces mensonges, ces flagorneries et ces trahisons, Aragon les a commis en connaissance de cause, d'autant plus qu'il était lié personnellement à la famille d'intellectuels soviétiques de Lili Brik -- sœur de sa compagne, Elsa Triolet -- qui eut comme compagnons successifs le poète Maïakovski, qui s'est suicidé en 1930, et un général fusillé par Staline en juin 1937.


Par sa servilité, Aragon a construit sa carrière, mais le pire c'est qu'il a servi de caution à la politique du PCF en travestissant l'URSS stalinienne en pays communiste. Et tout cela, L'Humanité ne peut évidemment pas le dire.

*

Jean SANDAY

*

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2317&id=36

 

Commentaire:

 

A notre modeste niveau, cet article "fait le buzz": 120 visites en 1 semaine. Ce n'est pas une prise de position, il est emprunté à LO. Il donne une autre approche d'Aragon, au moment de la communion obligatoire, de l'adhésion  à une '"unité nationale",  pour la langue et la littérature  française. Ce n'est pas notre genre. 

Sectaires comme des trotskistes de toujours, nous nous contentons de  reposer la question: qu'est-ce qu'il y avait de si génial dans ce "communisme" pour que MAINTENANT toute utopie (socialisme ou communisme) soit suspecte aux yeux de nos contemporains?

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