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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 13:27
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Les résultats des listes Europe Écologie (EÉ) aux régionales ont relancé le débat sur la structuration et l’avenir du mouvement écologiste. Pour de nombreux protagonistes de la discussion, un stade de développement supérieur passe par une profonde mutation des Verts. Voire par leur liquidation…

 

Depuis longtemps, Daniel Cohn-Bendit ne fait pas mystère de sa préférence pour cette option radicale. Il a donc mené son offensive en deux temps  : d’abord, sans même attendre les régionales, en évoquant la possibilité d’une absence de candidat Vert au premier tour de l’élection présidentielle de 2012 en échange d’un accord avec le PS pour les législatives, garantissant une cinquantaine de circonscriptions aux écologistes.

 

Puis, le 22 mars, dès le lendemain des régionales, il a lancé un appel à constituer une «  coopérative politique  ». Concept des plus flous… sauf sur un point  : la fin des Verts  !


D’autres initiatives, complémentaires ou concurrentes, ont vu le jour comme les «  états généraux de l’écologie et de l’emploi  » pilotés par Eva Joly, Marie-Christine Blandin et Pierre Larrouturou ou encore un appel intitulé «  Europe Écologie à l’heure de l’affirmation  » impulsé par les eurodéputés d’Europe Écologie, notamment Jean-Paul Besset (ancien animateur de la fondation Hulot) et Yannick Jadot (ex-responsable des campagnes de Greenpeace).

 

Et, finalement, la riposte des Verts «  canal historique  » est venue sous forme d’une lettre de Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, se prononçant pour une mutation progressive des Verts, articulée à la mise en place d’un réseau informel et réaffirmant sa conviction que «  les Verts n’ont aujourd’hui ni vocation identitaire ni volonté de se dissoudre dans un ailleurs indéfini  ».

 

À l’évidence, c’est là le point litigieux. Pour ceux des animateurs d’Europe Écologie qui ne viennent pas de la tradition des Verts, «  prolonger la cohabitation entre un parti et un réseau reviendrait à se condamner au surplace, voire à la désagrégation  ». En filigrane est posé le problème de l’adhésion directe à Europe Écologie, de la constitution de collectifs de base et des règles à instaurer pour l’organisation des «  assises pour la refondation de l’écologie politique  », prévues pour l’automne. Et pour la désignation des candidats et candidates aux élections à venir, cantonales puis législatives…


On le voit  : après un succès électoral et politique, le débat au sein de la mouvance écologiste s’est essentiellement focalisé sur les questions organisationnelles. Pourtant, les questions d’orientation politique émergent  : bilan pitoyable du Grenelle de l’environnement, cautionné par les écologistes institutionnels  ; rapport de subordination ou d’autonomie par rapport au PS. Sans compter la volonté de «  lier la question environnementale et la question sociale  », affirmée par Duflot… mais qui peine à prendre consistance du fait de l’incapacité des Verts et d’EÉ à rompre même partiellement avec les contraintes du système capitaliste et productiviste.


François Coustal


* Paru dans Hebdo TEAN 53 (29/04/10).

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 09:17

 mediapart270310

Au lendemain de la victoire du PS aux élections régionales, Martine Aubry a déclaré qu'avant de se choisir un candidat pour l'élection présidentielle de 2012, il faudrait que le PS se dote d'un programme. Ce serait bien la moindre des choses !

Aux élections, et plus particulièrement à l'élection présidentielle, il est demandé aux électeurs de choisir un candidat et une politique. Il serait en effet normal que les électeurs puissent connaître les mesures que prendrait le (ou la) candidat(e) choisi(e) et, surtout, au service de quel camp il agirait une fois élu, celui des exploiteurs ou celui des exploités.

 

Or la gauche comme la droite donnent une même réponse à cette question. Ils prétendent être au service « des intérêts du pays et de son économie », ce qui est une manière d'éluder la réponse alors que les intérêts des banquiers, des patrons de tout poil sont contradictoires, foncièrement antagonistes, avec les intérêts des travailleurs.

Les dirigeants du PS se gardent bien de préciser ce qu'ils feraient si l'un d'entre eux accédait à la présidence de la République. Selon leurs dires, ils en sont seulement à élaborer un programme, et il faudrait une année pour que les éléphants et les jeunes loups du PS échangent leurs idées, de colloques en conventions, se choisissent le meilleur positionnement, à la façon des starlettes qui cherchent à se faire photographier sous leur meilleur profil, pour participer à la finale de la compétition électorale...

Le PS se donne jusqu'à la fin de l'année 2010 pour arrêter son programme pour l'élection de 2012. Comme s'il était un parti nouveau-né ! Comme s'il n'avait pas gouverné et viendrait d'ouvrir les yeux pour découvrir la société et son économie, pour s'apercevoir qu'il y a la crise et ses conséquences dramatiques pour le monde du travail !

 

Et ses dirigeants de jouer à s'interroger sur les mesures à prendre, certains se déclarant favorables à la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF), d'autres envisageant, avec une fraction de la droite, la suppression du bouclier fiscal, d'autres encore s'interrogeant sur l'opportunité de reculer à nouveau l'âge de la retraite et tous cherchant la meilleure façon de se placer gagnants.

Et on voudrait faire croire aux électeurs, et aux travailleurs, qu'ils auraient la possibilité de choisir des candidats et des politiques en déposant un bulletin dans une urne, un jour donné ! En fait, on ne saurait mieux démontrer qu'avec ces gens-là les élections ressemblent à une partie de bonneteau pour piéger les électeurs.

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 11:31

La position du NPA c'est de battre la droite, d'accentuer encore la défaite du parti du président. Nous ne précisons pas plus la consigne de vote, mais nous portons à votre connaissance cette communication sans appel au vote :

Bonjour,

Depuis lundi les médias vous donnent des informations parfois contradictoires sur les raisons réelles qui font de la région Bretagne la seule où les forces de gauche du Parti socialiste et d'Europe Écologie (Verts et UDB) n'ont pas pu fusionner.

Au-delà des questions d'application de la règle pour la répartition des places sur une liste de fusion, pourtant choisie ensemble et appliquée partout ailleurs en France mais refusée par Jean-Yves Le Drian, le problème essentiel était bien celui du programme.


Jean-Yves Le Drian s'annonçait disposé à l'union
SEULEMENT A PARTIR DU MOMENT 
où Europe Écologie Bretagne aurait reconnu le programme de la liste socialiste : "ce sera mon programme, rien que mon programme, le premier tour a tranché" nous a-t-il dit dès le début des négociations. Celui qui prétend  "garantir la participation de tous aux débats régionaux : pour une démocratie participative au quotidien", refuse de marier les programmes...

Pourquoi une telle intransigeance et un tel refus de négocier le programme ? Comparez les deux professions de foi du premier tour et vous comprendrez.


Dans celle du PS, aucune remise en question des causes des pollutions de l'eau et de l'air, des algues vertes et des cyanobactéries. Dans la lutte contre le fléau mortel des algues vertes, le Conseil régional aurait pu se porter partie civile contre l'État et contre X ! Pourtant Jean-Yves Le Drian n'a jamais voulu aller au-delà du déclaratif et affronter des lobbies encore puissants.

Pas un mot non plus sur la réunification de la Bretagne et la modification des institutions nécessaire à la mise en œuvre de la conversion écologique de l'économie.


La région Bretagne est le seul cas de triangulaire PS - Europe Écologie - UMP. Et comme par hasard c'est la région où les problèmes liés aux pollutions de l'agriculture intensive sont les plus visibles, et les plus médiatisés devant toute la France (Thalassa, etc.). Jean-Yves Le Drian a-t-il préféré protéger l'agro-industrie et son cortège de méfaits ?

Nous faisons le choix de l'installation de 2000 jeunes par an en agriculture pour une alimentation saine et un environnement respecté, gages de la santé publique.


Nous comptons sur vous pour affirmer le choix d'une Bretagne sans OGM du port à la fourchette, sans algues vertes et sans pollution ; une Bretagne sans nucléaire et sans centrale thermique qui se donne les moyens d'aller vers l'autonomie énergétique créatrice d'emplois, une Bretagne solidaire qui va vers la souveraineté alimentaire, une Bretagne autonome et ouverte au monde.




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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 11:08
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Dimanche 31 janvier, Martine Aubry réunissait les secrétaires de section socialistes afin de lancer la campagne pour les élections régionales. Cette initiative a illustré difficultés et contradictions. Certes, le terrain est a priori plutôt favorable à l’opposition.


Vengeance judiciaire et coups tordus : l’affrontement entre Villepin et Sarkozy perturbe la majorité. Fillon et les dirigeants UMP peinent à faire ratifier leurs listes de candidats.


Le mécontentement populaire vis-à-vis du président et du gouvernement s’accroît. D’ailleurs, les sondages sont extrêmement favorables au PS et Martine Aubry s’est crue autorisée à fixer très haut la barre : non seulement conserver les vingt régions gérées par le PS, mais aussi conquérir l’Alsace et la Corse. Même le résultat de la compétition avec Europe Écologie ne semble plus vraiment inquiéter. Pourtant, des obstacles demeurent, fragilisant la volonté des dirigeants socialistes de faire des régionales « la première étape de la reconquête ».


D’abord, il y a eu les déclarations de Martine Aubry sur la retraite. Croyant peaufiner son image de femme d’État responsable – et présidentiable… – elle a froidement proposé l’union nationale entre le PS et la droite pour porter l’âge de la retraite à 61 ou 62 ans ! Devant le tollé soulevé, elle a dû faire marche arrière, dans la confusion la plus totale. Les semaines qui viennent permettront d’éclaircir la position du PS, lorsqu’il faudra organiser la mobilisation face aux attaques contre les retraites. Après l’intermède Aubry, le moins que l’on puisse dire est que des doutes existent.


Mais, c’est surtout « l’affaire Frêche » qui est venue gâcher la fête. Ainsi, la direction du PS a – enfin ! – décidé de réagir au énième dérapage verbal et nauséabond du potentat languedocien. Certes, Georges Frêche avait bien été exclu du PS, il y a trois ans, pour des faits similaires. Mais cela n’avait pas empêché la direction d’avaliser le choix des militants languedociens de le désigner comme tête de liste PS aux régionales. Martine Aubry déclarait encore son soutien à Frêche, une semaine avant qu’il ne s’en prenne à Laurent Fabius.


L’actuelle et vertueuse indignation est donc pour le moins tardive : pendant des années, les dirigeants nationaux du PS ont couvert les propos et les agissements de Frêche, personne ne voulant se fâcher avec celui qui, grâce à son système clientéliste, détient un gros paquet de mandats, toujours utiles dans les votes internes au PS. Enfin, chacun voit bien que la campagne régionale du PS est polluée par les arrière-pensées présidentielles.


Ce qui éloigne de la question plus immédiate que chacun devrait se poser avant le vote : depuis six ans, la gestion des régions par le PS – et, dans la plupart des cas, par le PS, le PCF et les Verts – a-t-elle au moins constitué un véritable bouclier social contre la politique de la droite sarkoziste, à défaut d’être une alternative réelle ? Une question à laquelle la campagne du NPA apportera des réponses.

François Coustal

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 09:34

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La politique est un langage. Et les mots y sont bavards, au-delà de ce qu'ils nomment. Ils disent l'idée que l'on s'en fait, la façon dont on la pratique, les idéaux qui l'inspirent. En ce sens, le verbe musclé de Georges Frêche ne se résume pas à des dérapages. Il dit sa vérité, celle que l'on retrouve dans cette confidence, rapportée par L'Express: «Avec Sarkozy, on se ressemble comme deux gouttes d'eau.»


Tirée du portrait qu'a consacré, cette semaine, l'hebdomadaire au président sortant de la région Languedoc-Roussillon, cette phrase a été très peu relevée, encore moins commentée. Politiquement, elle me semble pourtant plus essentielle que cet énième dérapage, dans le même article, sur la «tronche pas catholique» de Laurent Fabius qui a, enfin, sorti le Parti socialiste de sa complaisante torpeur à l'endroit de Georges Frêche.
 
Le sarkozysme en effet – et nous n'avons cessé, à Mediapart, de le démontrer par les faits, jusqu'à notre livre récent – ne se résume pas à une classique politique de droite. Par sa façon de faire et par sa manière de dire, il témoigne d'une nécrose démocratique qui prolonge et approfondit, exacerbe et hystérise, les travers, faiblesses et insuffisances de notre culture politique nationale, ramenée au pouvoir d'un seul, à son caractère et à ses foucades, à ses humeurs et à ses obsessions, à son absolutisme et à son clientélisme. Nous en révélant les dangers et les risques, les imprévoyances et les inconséquences, il nous oblige à relever le défi d'exigences démocratiques trop longtemps contenues sous les précédents pouvoirs, de gauche comme de droite.
 
C'est pourquoi, et mieux vaut tard que jamais, le Parti socialiste comprend soudain que le cas Frêche n'est pas une originalité locale, mais un handicap national. On ne peut prétendre affronter demain Nicolas Sarkozy et tolérer aujourd'hui Georges Frêche. On ne peut affirmer incarner nationalement une alternative, c'est-à-dire une authentique différence sur le fond comme dans la forme, et accepter localement un pouvoir sans partage, aussi démagogue qu'autocrate. Bref, il faut prendre Georges Frêche au mot, et en tirer les conséquences : puisque frêchisme et sarkozysme se ressemblent « comme deux gouttes d'eau », la gauche doit clairement rompre avec le premier si elle veut vraiment battre le second.
 
Ses supporters objecteront que Georges Frêche a été de tous les combats de la gauche depuis ses premiers engagements politiques et que sa politique d'élu local est profondément sociale. S'agissant du premier argument, on répondra qu'il ne suffit pas d'avoir été pour être. Dans les temps de transition, d'incertitude et d'instabilité qui sont les nôtres, les contours de la gauche ne relèvent pas d'un héritage passé mais d'une actualité présente. Après tout, nous avons vu, en 2007, un homme (Eric Besson) et une femme (Fadela Amara) passer sans transition du Parti socialiste à l'UMP de l'identité nationale et du paquet fiscal.
 
Au-delà d'une pratique gestionnaire du pouvoir totalement confiscatoire, non délibérative et très égocentrique, on se demande donc bien en quoi sont de gauche plutôt que de droite le clientélisme communautariste pratiqué de longue date par Georges Frêche, sa vision méprisante de ses propres électeurs qualifiés de «cons» malléables à merci, sa promotion incessante d'un passé antiquaire où le bilan positif de la colonisation a toujours été en bonne place, son alignement sur la vulgate anti-musulmane du choc des civilisations autour de la question proche-orientale avec sa position aveuglément pro-israélienne, sa fascination revendiquée sans aucune nuance pour l'actuel autocratisme dictatorial chinois – etc., etc. ... tant la liste n'est pas exhaustive.
 
Chez Georges Frêche, le pouvoir est la seule constante: s'y maintenir, coûte que coûte. Et, de fait, cela dure depuis bientôt 37 ans, Frêche ayant été élu à Montpellier député pour la première fois en 1973, puis maire de la ville en 1977. Que son étiquette, ses alliances, ses relais soient apparemment de gauche ne définit aucunement son identité politique qui, en vérité, se résume à sa seule personne. S'il en fallait une seule preuve, elle est assénée au centuple par les ruptures, menaces et disgrâces de toutes celles et de tous ceux, dont l'actuelle maire de Montpellier, Hélène Mandroux, qui ont osé se dissocier, se démarquer ou s'éloigner alors même qu'ils appartiennent à la même famille politique. En frêchisme, comme en sarkozysme, on est avec ou on est contre, sans entre deux. Pas de place à la nuance, à la diversité, à la contradiction. Avec moi ou contre moi, tel est le seul vrai programme politique.
 
Quant à l'aspect social de sa politique, il n'est pas certain que la réalité lui en donne quitus, et c'est bien pourquoi la fuite en avant démagogique, par l'outrance et la provocation, la force du verbe et l'intimidation des adversaires, lui tient déjà lieu de refrain de campagne. Avec 12,8% de chômeurs, le Languedoc tient socialement la lanterne rouge de l'Hexagone, bon dernier dans la plupart des indicateurs sociaux et gratifié du PIB par habitant le plus faible de France. Mais, surtout, on ne saurait trop inviter les socialistes locaux et leurs soutiens nationaux à relire leurs classiques, voire, dans le cas de Vincent Peillon, philosophe de métier, leurs propres ouvrages (sur Jean Jaurès ou sur Ferdinand Buisson), pour se rappeler qu'on ne peut dissocier la question sociale de la question démocratique.
 
C'est ici qu'il faut en revenir au langage. Longtemps monopole médiatique de Jean-Marie Le Pen, le registre transgressif de Georges Frêche, où le dérapage verbal est immédiatement suivi d'une posture de victimisation dénonçant les élites (forcément parisiennes) et le politiquement correct (évidemment bourgeois), est l'habituelle ruse de tous les manipulateurs d'opinion et de foule les moins soucieux de l'émancipation des masses. En l'espèce, la vulgarité et la grossièreté n'ont rien d'authentiquement populaire, mais traduisent au contraire le mépris et le dédain du peuple chez un intellectuel titré, agrégé et universitaire, professeur de droit romain, qui a choisi ce registre pour s'imposer et dominer. A gauche, ce rôle de composition n'est pas nouveau : il fut souvent celui choisi par ceux, lettrés ou bureaucrates, qui détournèrent à leur profit les causes ouvrière et paysanne. 
 
Nul hasard, par exemple, si ceux qui s'opposèrent au stalinisme, à son imposture communiste et à ses crimes totalitaires, firent de la correction de la langue comme du comportement une question politique centrale. On trouve ainsi chez Léon Trotsky, dans Questions du mode de vie, ouvrage publié en 1923, donc aux premières années de la révolution soviétique, un réquisitoire contre la bureaucratie placé sur le terrain de la politesse et du langage. «Les égards et la politesse comme conditions nécessaires à des relations harmonieuses» est le titre d'un chapitre, suivi d'un autre, ainsi intitulé: «Il faut lutter pour un langage châtié.» Staline, l'homme qui devait ordonner son assassinat en 1940, n'avait pas encore imposé sa dictature, mais la caste qui allait le promouvoir prenait ses marques, avec une grossièreté brutale comme signe distinctif.
 
«La grossièreté du langage est un héritage de l'esclavage, de l'humiliation, du mépris de la dignité humaine, celle d'autrui, et la sienne propre», écrit Trotsky qui ajoute que, «dans la bouche d'un maître», c'est «l'expression d'une supériorité de classe, d'un bon droit esclavagiste, inébranlable». Et de conclure: «La lutte contre la grossièreté fait partie de la lutte pour la pureté, la clarté, la beauté du langage.» Au cas où la référence au fondateur de l'armée rouge troublerait certains lecteurs, quelque peu oublieux de ce que fut l'opposition au stalinisme, j'y ajoute volontiers cet autre opposant déterminé, mais sur le versant socialiste libertaire, George Orwell, dont la common decency, cette décence commune propre aux opprimés, se voulait l'exact contraire de la grossièreté politique imposée au mouvement ouvrier par le communisme stalinien.
 
Pour reprendre la définition qu'en a donné Jean-Claude Michéa, spécialiste d'Orwell habitant justement Montpellier, le frêchisme est à l'opposé de ce « sentiment intuitif des choses qui ne doivent pas se faire, non seulement si l'on veut rester digne de sa propre humanité, mais surtout si l'on cherche à maintenir les conditions d'un existence quotidienne véritablement commune». A cette aune, les provocations de Georges Frêche sont bavardes tant, loin de cet idéal partagé, elles opposent et divisent, compartimentent et segmentent. Des noirs aux harkis, en passant par les femmes musulmanes voilées ou l'implicite antisémite de ce Fabius à la «tronche pas catholique», ses cibles ne sont jamais anodines, convoquant toutes un imaginaire de l'étrange étranger, de l'immigré envahissant; bref, de l'autre pas comme nous, jamais comme nous, dont la différence est, au bout du compte, de trop.
 
Il y a certes bien longtemps que le Parti socialiste aurait dû s'en émouvoir. Et ses alliés nationaux, opposés localement à Georges Frêche, sont légitimes à le lui rappeler. Mais on ne saurait aujourd'hui faire reproche de ce coûteux retard maintenant qu'il se transforme en une évidente ponctualité politique. «Le socialisme est une morale», écrivait en 1894 un jeune député dont les viticulteurs du Languedoc honorent la mémoire. Il se nommait Jean Jaurès, et il serait peut-être temps que les socialistes s'efforcent enfin de lui donner raison.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:37

Communiqué du NPA:

A quelques semaines des élections régionales, Daniel Cohn-Bendit acte l'échec des listes d'Europe Ecologie à dépasser le PS et plonge dans les pires combinaisons politiciennes.

L'acte de vente est le suivant : pas de candidat Vert à la présidentielle en 2012 contre 50 députés négociés avec la direction du PS.


Des tractations bien éloignées des préoccupations de la population en pleine urgence sociale et climatique. Ces tractations en disent long sur l'indépendance réelle des listes d'Europe Ecologie vis- à-vis du parti dominant à gauche !

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:34
Communiqué du NPA
Une nouvelle fois Georges Frêche franchit toutes les bornes du supportable. Ses propos vis-à-vis de Laurent Fabius sont proprement inadmissibles.

Jusqu'à présent le parti socialiste a toujours absous les propos racistes de son potentat régional. Il semble qu'aujourd'hui la direction de ce parti semble se décider enfin, à se désolidariser de son représentant local, bien que Martine Aubry ait, il y a à peine une semaine, appelé à voter Frêche dans les colonnes du "Midi Libre".

Plus que jamais le NPA soutient la liste "A gauche Vraiment" qui est la seule à offrir une alternative politique globale dans cette région en indépendance totale vis-à-vis du PS.

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 10:19
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Passer devant le Parti socialiste… au moins dans deux ou trois régions - par exemple en Île-de-France - lors des élections régionales en mars prochain : tel est bien l’objectif des listes Europe Écologie, la coalition dont les Verts constituent la charpente.

Pour Europe Écologie, l’espoir est de rééditer le score des Européennes de juin dernier où, avec 16,28 % des voix, ils avaient talonné la liste socialiste (16,48 %).


Lors du meeting de lancement de la campagne nationale, ce week-end à Montreuil (Seine-Saint-Denis), il y avait d’ailleurs comme un parfum de défi vis-à-vis du PS. Un parfum de revanche aussi, si l’on en croit les déclarations des principaux dirigeants Verts.


Ainsi, après avoir égratigné un PS qui « en est au programme des écologistes… il y a dix ans », il annonce l’ambition de la coalition : « être, de manière définitive, la troisième force politique nationale » avec, comme perspective, d’avoir en 2012 « entre 50 et 100 députés écologistes à l’Assemblée nationale ».


Quant à Dominique Voynet – pensant sûrement aux années passées au ministère de l’Écologie sous le gouvernement de Lionel Jospin – elle s’est lâchée : « Nous ne voulons plus jouer les seconds rôles, les forces d’appoint, les camarades compréhensifs qu’on câline dans l’entre deux tours pour les négliger voire les humilier pendant tout le reste du mandat » !


De fait, le développement du vote en faveur de la coalition écologiste se nourrit du brouillage d’image et des difficultés du Parti socialiste, beaucoup plus que du caractère offensif de leurs propositions…


En effet, jusqu’à présent, Europe Écologie n’a nullement réussi à surmonter la contradiction originelle qui a toujours fragilisé les Verts : la dénonciation souvent juste des catastrophes écologiques présentes et à venir – ce qui appellerait donc des solutions radicales – débouche sur des propositions extrêmement modestes, ne s’attaquant pas aux causes, le tout dans une perspective de cogestion institutionnelle avec des partenaires fort peu préoccupés d’écologie.


Pourtant, chacun peut constater que la montagne du « Grenelle de l’environnement », salué en son temps par les Verts, a accouché d’une souris. Et la faillite du sommet de Copenhague est récemment venue rappeler que l’on ne peut s’attaquer au problème du réchauffement climatique sans remettre en cause le système économique et productif – le capitalisme – qui en est la cause.


Ainsi, pour les régionales en Île-de-France, il semble que l’idée phare d’Europe Écologie soit la proposition d’une zone unique de tarification pour les transports en commun. Pourquoi pas ? Mais pourquoi, tout simplement, ne pas oser la gratuité comme le propose le NPA ?


Reste que, sur fond de crise généralisée de la gauche et du mouvement social, la composition même des listes d’Europe Écologie constitue un premier succès pour ses initiateurs.


La présence sur ces listes, aux Européennes et aux Régionales, d’Eva Joly ou de Laurence Vichnievsky, de José Bové ou de Marie… Bové, d’Augustin Legrand – animateur des Enfants de Don Quichotte – ou d’Emmanuelle Cosse – ancienne porte-parole d’Act-Up - montrent la capacité de la coalition à attirer des personnalités représentatives de prises de positions radicales et de combats légitimes ainsi que de secteurs militants.


À cela s’ajoutent le ralliement de « politiques » venus des sensibilités écologistes du PS ou des opposants du PCF, tels Stéphane Gatignon et Jacques Perreux.


Autant de raisons d’approfondir notre profil écosocialiste et de faire, en pratique, la démonstration que l’écologie politique institutionnelle et néo­libérale ne peut ni résoudre les questions qu’elle pose ni répondre aux aspirations des acteurs du mouvement social.


François Coustal

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 10:41


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En acceptant le report de l'âge légal de départ en retraite de 60 à 61 ou 62 ans, Martine Aubry vient de donner un sacré coup de main à N. Sarkozy, juste avant le rendez-vous du 15 février avec les « partenaires sociaux » pour fixer l'agenda social de 2010, agenda qui doit intégrer de nouvelles attaques contre le droit à la retraite.

Il n'est un secret pour personne que l'allongement de la durée de cotisations à 41, 42 ans est déjà programmé et que le Medef pousse fortement pour repousser l'âge légal de départ en retraite.

Les conditions mises sur la prise ne compte de la pénibilité du travail, de l'emploi des seniors ne sont là que pour masquer le ralliement de la première secrétaire du Parti socialiste à une réforme libérale des retraites.

Lorsque la direction du PS s'intéresse aux questions sociales c'est pour avaler les couleuvres des réformes libérales : un vrai coup de poignard dans le dos des salariés et de la population.

Pour le NPA, il n'est pas question de laisser passer une nouvelle dégradation du système de retraite par le biais de l'allongement de la durée de cotisations dont l'engrenage infernal débouche sur des pensions de plus en plus riquiqui pour les retraités.

Dans les mobilisations pour la défense des retraites, le NPA se mobilisera pour le maintien du système de répartition, des 60 ans comme âge de départ légal, et à 55 ans pour les métiers pénibles, avec une pension à hauteur de 75% du meilleur salaire, pour 37,5 annuités.

Par NPA du pays d Morlaix
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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 11:27
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 La dernière séance ?


Depuis quelques jours, Lionel Jospin fait le tour des médias pour présenter un livre et un film en deux parties de 90 minutes réalisé avec Patrick Rotman, et dont la diffusion est prévue sur France 2 les 14 et 21 janvier.

Sept ans et demi après sa seconde défaite à l'élection présidentielle, Jospin étale son autosatisfaction. Il aimerait que son « récit personnel » soit « utile à tous ceux qui, à gauche, veulent retrouver le chemin du pouvoir ». C'est pourtant bien lui qui l'a perdu en 2002, mais il continue à attribuer les raisons de cet échec à une « sous-estimation de son adversaire Chirac » et au fait que « la gauche était divisée » au premier tour.

Et il estime toujours que son bilan de Premier ministre entre 1997 et 2002 était bon. Dans Le Monde du 8 janvier, il déclare « défier quiconque de trouver une mesure de mon gouvernement contraire à l'intérêt des milieux populaires ou simplement qui leur ait nui ». S'il n'ignore pas que « les partis de gauche percevaient une certaine déception dans ces milieux », il se refuse à en chercher la cause.

Tous ceux qui ont pu l'interviewer ces jours-ci se sont bien gardés de lui demander comment il expliquait qu'avec un bilan si formidable, son gouvernement ait pu perdre 4,1 millions de voix populaires par rapport à 1997. Il faut croire que, pour les classes populaires, le bilan n'était pas si bon.

Comme bien d'autres, depuis le krach de 2008, Jospin se présente comme un partisan d'une « réduction et d'une mise sous contrôle de la sphère financière et de la spéculation, d'une régulation raisonnable de la vie économique, d'une intervention raisonnée des États (...) dans la sphère économique », oubliant apparemment que, quand il était Premier ministre, il fut l'architecte d'une vague de privatisations supérieure à ce que la droite avait pu mener avant lui.

Il fut aussi celui qui expliqua aux travailleurs de Renault Vilvorde, de Michelin et à bien d'autres que « l'État ne peut pas tout », en clair : qu'ils se débrouillent avec leur patron, sans compter sur la gauche au gouvernement. Et s'il continue de défendre la loi des 35 heures, qu'il présente comme ayant créé des emplois, Jospin oublie de rappeler que, loin d'y perdre, le patronat y gagna une plus grande flexibilité des salariés, bien souvent des accords de modération salariale, et toujours une diminution des cotisations sociales.

Non, du point de vue des classes populaires, le bilan n'était pas bon et c'est ce qui explique cette hémorragie de voix, qu'aucun dirigeant socialiste n'a anticipée, et qui a conduit à la réélection de Chirac en 2002.

Jospin reste aussi bien silencieux sur ce vote Chirac auquel la gauche a appelé au deuxième tour contre Le Pen. À l'époque, il n'avait pas été pressé d'ajouter son nom à celui des dirigeants socialistes qui, pour masquer la défaite et surtout éviter qu'on s'interroge sur ses causes, avaient appelé l'électorat de gauche à voter Chirac, alors que les seules voix de la droite suffisaient largement pour battre Le Pen. Mais il l'avait fait quand même.

En apprenant ainsi aux électeurs de gauche à voter pour un homme de droite, le Parti Socialiste a cautionné Chirac et pris la responsabilité de faire qu'une partie de ses électeurs ne voient plus de différence entre voter pour la droite et voter pour la gauche. Il l'a payé par le fait qu'une partie des électeurs du PS ont pu voter pour Bayrou à la présidentielle de 2007, oblitérant ainsi les chances de ce parti d'écarter Sarkozy.

Quant à ce que le Jospin d'aujourd'hui, si d'aventure il revenait aux affaires, aurait à offrir aux classes populaires, c'est peu de chose : un « partage des revenus moins défavorable aux salariés ». C'est tout au plus une formule de politesse en direction de ceux qui constituent le cœur de l'électorat du Parti Socialiste, ceux-là mêmes dont il a piétiné les intérêts quand il était aux affaires.

Après tout, n'est-ce pas Pierre Mauroy, ex-Premier ministre socialiste et ex-maire socialiste de Lille, qui avait remarqué pendant le premier tour de 2002 que Jospin n'avait rien à dire à la classe ouvrière... C'est toujours le cas.
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