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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 10:22
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1er avril 2010
 

« La Palestine est un pays sans peuple ; les Juifs sont un peuple sans pays » (Israël Zangwill, décembre 1901) [1].

« Mon plan se base sur l’idée selon laquelle la prospérité économique permet de préparer un règlement politique et non l’inverse » (Benyamin Netanyahu, décembre 2008) [2].


Plus de 100 ans séparent ces deux déclarations.

 

La première, énoncée par un dirigeant du mouvement sioniste au début du 20e Siècle, visait à légitimer le projet de colonisation de la Palestine. La seconde, prononcée par l’actuel Premier Ministre israélien, est illustrative d’une rhétorique en vogue aujourd’hui, celle de la « paix économique » entre Israël et les Palestiniens. Malgré les apparences, ces deux sentences ne sont pas si éloignées l’une de l’autre. Elles sont en réalité révélatrices d’une même tendance, à l’œuvre depuis plus d’un siècle : la négation, par le mouvement sioniste puis par l’Etat d’Israël, de l’existence d’un peuple palestinien avec des droits nationaux.

 « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre »

Le mouvement sioniste s’est développé dans la deuxième moitié du 19e Siècle autour de l’idée que la résurgence de l’antisémitisme en Europe était la preuve de l’impossibilité de la coexistence entre les Juifs et les nations européennes. Forts de ce constat, les dirigeants sionistes ont affirmé la nécessité de la constitution d’un Etat juif, seul refuge possible contre les persécutions. Au terme d’âpres discussions, c’est la Palestine qui a été choisie pour être le lieu de l’établissement de l’Etat juif.


En popularisant le mot d’ordre de la « terre sans peuple », les dirigeants sionistes poursuivaient deux objectifs : défendre la légitimité et la possibilité de la construction d’un Etat juif sur une terre qu’aucun peuple ne revendiquerait ; agrémenter le projet de colonisation d’une dimension de « domestication d’un territoire vierge », à l’instar de ce qui avait existé aux Etats-Unis autour de la « Conquête de l’Ouest » et du Mythe de la Frontière.

Le premier objectif entendait répondre à une difficulté majeure : les équilibres démographiques réels.

 

Lorsque le 1er Congrès sioniste se réunit à Bâle en août 1897, 95% des habitants de la Palestine, alors sous domination ottomane, sont des non-Juifs. La création de l’Etat juif implique donc un processus de colonisation systématique qui ne peut attirer les colons potentiels que si sa dimension conflictuelle est écartée : il n’y aura pas de peuple indigène qui revendiquera lui aussi une souveraineté sur la Palestine.


La seconde dimension est souvent sous-estimée. Elle est pourtant l’une des sources de l’enthousiasme suscité par le projet sioniste chez un certain nombre de Juifs européens, avec notamment l’image des « colons fleurissant le désert ». Cette mythologie est aujourd’hui encore bien présente dans l’historiographie israélienne, y compris chez des « nouveaux historiens » comme Tom Segev : « [La Palestine à l’époque ottomane] n’était qu’une province reculée, sans lois ni administration. La vie s’y déroulait au ralenti, dans le carcan de la tradition et au rythme du chameau » [3].


La négation de l’existence d’un peuple arabe palestinien est donc l’un des piliers essentiels du projet sioniste. Mais contrairement à une interprétation courante, la formule de la « terre sans peuple » n’a pas seulement servi à affirmer que la Palestine était une terre vierge. Lorsque chacun a pu constater, dès les années 20 et les premières révoltes des autochtones contre la colonisation, qu’il n’en était rien, il s’est agi de nier que les Palestiniens formeraient à proprement parler un peuple pouvant revendiquer une souveraineté et des droits nationaux.

 Des réfugiés qui n’en sont pas, des territoires qui n’appartiennent à personne

Lorsque l’ONU adopte le plan de partage de la Palestine en novembre 1947, les Juifs représentent alors 1/3 de la population. 55% de la Palestine est attribuée à l’Etat juif, 45% à l’Etat arabe. Même s’ils acceptent formellement le partage, les dirigeants de l’Etat d’Israël n’ont pas renoncé à leur projet de construire un Etat juif sur « toute la Palestine ». Il s’agit donc conquérir du territoire et de se débarrasser des non-Juifs.


Après la guerre de 1948, Israël contrôle 78% de la Palestine. 800 000 Palestiniens ont été contraints à l’exil par une politique de nettoyage ethnique systématique [4], indispensable pour proclamer un Etat juif sur la plus grande superficie possible. Au-delà de la négation, par Israël, de ses responsabilités dans cet exode, c’est le développement d’une certaine rhétorique israélienne qui nous intéresse ici : les ex-habitants de Palestine sont des Arabes « comme les autres », il serait logique qu’ils cherchent à s’intégrer au sein des Etats arabes dans lesquels ils se sont réfugiés plutôt que de vouloir vivre dans un Etat juif.


Après la guerre de juin 1967, l’Etat d’Israël occupe, entre autres, 100% de la Palestine. La Cisjordanie et la Bande de Gaza sont sous occupation israélienne mais Israël conteste que ces territoires soient « occupés », dans la mesure où ils n’appartiennent à personne.

 

C’est ainsi que Golda Meir, Premier Ministre israélien, déclare en mars 1969 : « Comment pourrions-nous rendre ces territoires ? Il n’y a personne à qui les rendre ». La logique est la même qu’avec les réfugiés de 1948 : les Palestiniens n’étant pas un peuple, ils n’ont aucun droit sur la terre de Palestine.


Les dirigeants israéliens ne parleront donc pas de « territoires occupés » mais de « territoires disputés » ; il n’y aura pas de « colonies » en Cisjordanie et à Gaza, seulement des « implantations ». Danny Ayalon, Vice-Ministre israélien des Affaires Etrangères, écrivait récemment encore : « [On n’a] pas compris les droits d’Israël sur un territoire disputé, qu’on appelle improprement « territoire occupé ». En effet, connu sous le nom de Cisjordanie, ce territoire à l’ouest du Jourdain ne peut en aucune manière, être considéré comme occupé, sur le plan de la loi internationale, car il n’a jamais obtenu une souveraineté reconnue avant sa conquête par Israël » [5].

 Une « reconnaissance » imposée et relative

A l’initiative des Etats arabes, et notamment de l’Egypte de Nasser, l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est fondée en 1964. Au départ instrument entre les mains des régimes arabes qui refusent aux Palestiniens toute autonomie institutionnelle, l’OLP passe sous contrôle des organisations palestiniennes en 1968. Durant les 25 années qui suivent, Israël refusera de reconnaître l’OLP et de négocier avec elle. Cette démarche s’inscrit dans la continuité des dynamiques exposées jusqu’ici : reconnaître l’OLP, c’est reconnaître qu’il existe un peuple palestinien en lutte pour la satisfaction de ses droits nationaux.


Le nationalisme palestinien se développe néanmoins, dans les camps de réfugiés de l’extérieur et dans les territoires occupés. A la fin de l’année 1987 se produit un soulèvement massif et prolongé de la population de Cisjordanie et de Gaza : c’est la 1re Intifada. Au tournant des années 90 la question palestinienne est un facteur d’instabilité au Moyen-Orient, zone stratégique sur laquelle les Etats-Unis veulent assurer leur emprise après la chute de l’URSS. L’administration US contraint Israël à négocier avec l’OLP, négociations qui déboucheront sur les Accords d’Oslo (1993-1994).


Yasser Arafat, Président de l’OLP, et Yitzhak Rabin, Premier Ministre israélien, échangent alors des « lettres de reconnaissance mutuelle ». Mais tandis que l’OLP reconnaît « le droit de l’Etat d’Israël à vivre en paix et dans la sécurité (…), accepte les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité de l’ONU (…), renonce à recourir au terrorisme et à tout autre acte de violence (…) » [6] et modifie sa Charte, Israël se contente de faire part de sa décision « de reconnaître l’OLP comme le représentant du peuple palestinien et de commencer des négociations avec l’OLP dans le cadre du processus de paix au Proche-Orient » [7].


Si Israël semble reconnaître l’existence d’un peuple palestinien, il ne s’agit pas pour autant de reconnaître ses droits. En témoignent les déclarations de Rabin devant les députés israéliens au sujet des Accords d’Oslo : « L’Etat d’Israël intégrera la plus grande partie de la Terre d’Israël à l’époque du mandat britannique, avec à ses côtés une entité palestinienne qui sera un foyer pour la majorité des Palestiniens vivant en Cisjordanie et à Gaza. Nous voulons que cette entité soit moins qu’un Etat et qu’elle administre, de manière indépendante, la vie des Palestiniens qui seront sous son autorité. Les frontières de l’Etat d’Israël (…) seront au-delà des lignes qui existaient avant la Guerre des 6 jours. Nous ne reviendrons pas aux lignes du 4 juin 1967 » [8] Il n’est pas question de satisfaire les revendications des Palestiniens mais de créer une entité administrative chargée de les gouverner.

 De la fragmentation à l’unilatéralisme

Les Accords d’Oslo consacrent une division de fait entre les Palestiniens d’Israël (aujourd’hui 1.1 million), les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza (près de 4 millions), les Palestiniens de Jérusalem (250 000) et les Palestiniens exilés (plus de 6 millions). Cette fragmentation en 4 groupes aux statuts divers participe d’une « dénationalisation » de la question palestinienne : les projecteurs sont braqués sur les seuls Palestiniens de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem, dont les droits pourtant internationalement reconnus deviennent un objet de négociations subordonné aux exigences israéliennes, notamment en matière sécuritaire.


Le processus de fragmentation est en réalité double, puisqu’il est également interne aux territoires occupés avec le développement de la colonisation, des routes réservées aux colons et des multiples points de contrôle israélien : Jérusalem est isolée du reste de la Cisjordanie, Gaza est isolée du reste du monde, la Cisjordanie est séparée en diverses « zones autonomes ». La réponse israélienne à la « 2e Intifada » (septembre 2000) est un renforcement de ces politiques, avec notamment la construction du Mur qui, loin de « séparer » Israël et les territoires occupés, enferme les Palestiniens dans des enclaves isolées les unes des autres.


Cette double fragmentation et cette politique d’enclavement visent notamment à détruire les bases matérielles du sentiment d’appartenance à une nation ayant une situation et des intérêts communs, mais aussi à rendre impossible l’existence d’un leadership national représentatif et revendiquant des droits pour l’ensemble des Palestiniens. Tandis que la population acquière chaque jour davantage de réflexes localistes, les forces politiques palestiniennes sont de plus en plus divisées, tant sur des bases politiques que territoriales : divisions au sein du Mouvement national, mais aussi à l’intérieur des partis.


Cette faiblesse du Mouvement national sera l’un des prétextes invoqué par Ariel Sharon, Premier Ministre israélien entre 2001 et 2006, lorsqu’il affirmera qu’il est impossible de négocier avec les Palestiniens et qu’Israël doit agir seul en adoptant des mesures « unilatérales », comme le retrait-bouclage de Gaza en 2005. Phénomène apparemment paradoxal, les Palestiniens sont de fait exclus du règlement de la question palestinienne. Il s’agit en fait, une fois de plus, de faire disparaître les Palestiniens de la scène en ne les considérant pas comme un peuple avec des droits mais comme de simples résidents à peine tolérés et soumis au bon vouloir d’Israël.

 La « paix économique » contre les droits politiques ?

Lorsque le Hamas remporte les élections législatives de janvier 2006, l’Union Européenne, les Etats-Unis et Israël adoptent une attitude qui équivaut à un refus de reconnaître les résultats du scrutin : boycott diplomatique du nouveau gouvernement, suspension des aides économiques à l’Autorité Palestinienne, soutien à la tentative de renversement du Hamas à Gaza…

 

Cette attitude culmine en 2007 avec le conditionnement du retour des aides internationales à la nomination d’un nouveau gouvernement palestinien sous la direction du « candidat préféré » d’Israël, de l’Europe et des Etats-Unis : Salam Fayyad, dont la liste n’avait pourtant obtenu que 2 députés (sur 132).


La non-reconnaissance de la victoire du Hamas et l’imposition de Salam Fayyad au poste de Premier Ministre s’inscrivent dans les dynamiques décrites jusqu’ici : négation des aspirations réelles de la population palestinienne, volonté de dépolitiser ses revendications. Salam Fayyad n’est pas un dirigeant du Mouvement national mais un ancien haut fonctionnaire de la Banque Mondiale et du FMI. Les négociations qui suivent la nomination de Fayyad ne seront pas consacrées à la satisfaction des droits nationaux des Palestiniens mais à l’amélioration de leurs conditions de vie : levée de quelques barrages, augmentation des aides internationales, projets de développement économique…


La thématique de la « paix économique », particulièrement mise en avant par l’actuel gouvernement israélien, vient donc de loin. L’affirmation de Netanyahu selon laquelle « la prospérité économique permet de préparer un règlement politique » [9] n’est en réalité que le nouveau visage de la rhétorique de la « terre sans peuple » : il ne s’agit pas de considérer les Palestiniens comme un peuple avec des droits collectifs mais comme des individus avec des besoins. Le droit à l’autodétermination, le droit au retour des réfugiés, l’égalité des droits pour les Palestiniens d’Israël… sont totalement absents des discours.


Ceux qui, dans les chancelleries ou ailleurs, pensent que les Palestiniens sont prêts à renoncer à leurs droits en échange de contreparties économiques, se trompent lourdement. La question palestinienne est et demeure une question fondamentalement politique. Depuis plusieurs semaines la remobilisation visible de la population palestinienne devrait sonner comme un avertissement : personne ne pourra acheter la paix [10].




Notes

[1] Israel Zangwill, « The Return to Palestine », New Liberal Review, Décembre 1901, p. 615.

[2] Benyamin Netanyahu, Interview au Figaro, 18 décembre 2008.

[3] Tom Segev, C’était en Palestine au temps des coquelicots, Liana Levi, 2000, p. 7.

[4] On pourra lire à ce sujet, entre autres, les 2 ouvrages de l’historien israélien Ilan Pappe, La guerre de 1948 en Palestine, La Fabrique, 2000, et Le nettoyage ethnique de la Palestine, Fayard, 2008, ainsi que le livre de Dominique Vidal et Sébastien Boussois, Comment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949), Editions de l’Atelier, 2007.

[5] Dany Ayalon, « Israel’s Right in the « Disputed » Territories » (Les droits d’Israël dans les territoires « disputés »), Wall Street Journal, 30 décembre 2009.

[6] Lettres de reconnaissance mutuelle échangées entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, septembre 1993, disponibles sur http://www.monde-diplomatique.fr/ca...

[7] Idem.

[8] Address to the Knesset by Prime Minister Rabin on the Israel-Palestinian Interim Agreement, 5 octobre 1995, disponible (en anglais) sur le site du Ministère des Affaires Etrangères israélien.

[9] Cf note 2.

[10] Voir à ce sujet mon article L’échec programmé du plan « Silence contre Nourriture » (juin 2008), disponible sur http://juliensalingue.over-blog.com...

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 10:15

Un an après Gaza, le pire est devant nous !

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Association France-Palestine à tous les sympathisants

de la cause palestinienne


Le vendredi 9 avril 2010 à 18h

 

Rencontre-débat animée par Michel WARSCHAWSKI

fondateur du Centre d’Information Alternative (AIC) à Jérusalem


 Conférence


« Un an après Gaza, le pire est devant nous »

 

par Michel Warschawski


- Projection du film « Marche pour Gaza »


- Témoignage de participants à cette marche


De 18h30 à 21h00 au Centre Culturel Avicenne,

rue du Recteur Paul Henry -35000 Rennes (Villejean) 

Métro / Bus n° 4 : Villejean Université

Organisé par le Centre Culturel Avicenne / Tél. 09 52 95 48 55

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 10:47

 

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 09:51
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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 13:01
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Par Matilde Dugauquier, Ilya Boudraïtskis le Samedi, 03 Avril 2010 PDF Imprimer Envoyer

 

L’attentat qui a eu lieu dans le métro de Moscou ce lundi 29 mars est le premier de cette ampleur depuis les évènements de février 2004 (1). Depuis ces attaques les autorités russes n’avaient cessé de déclarer que la situation dans le Caucase du Nord était stabilisée et la menace terroriste anéantie. Mais la réalité est toute autre.


On peut affirmer que le terrorisme n’est plus la panacée de la seule Tchétchénie; il s'est disséminé dans toute la région et s’est même répandu au-delà (2). Dès lors, il semble que l’objectif des terroristes ait été de démontrer aux autorités et à l’ensemble de la population russes qu’aucun problème n’a été réglé dans le Caucase et que les relations avec le pouvoir central sont toujours aussi chaotiques.


Par cet attentat - ainsi que par l’explosion du train reliant Moscou à Saint-Pétersbourg en novembre dernier – il s’agit pour eux de contredire la rhétorique du pouvoir qui veut que le Caucase soit désormais une zone pacifiée et en pleine reconstruction.


Malgré ces faits avérés et vu l’absence d’alternative politique en Russie, il est évident que la seule réponse aux événements de ce lundi proviendra du pouvoir en place, et que celui-ci tentera de les utiliser pour faire grimper sa quotte de popularité et renforcer le contrôle policier (3).


Cependant il y a de bonnes raisons de penser que cette tactique du gouvernement ne peut plus obtenir les mêmes résultats que par le passé. La rhétorique anti-terroriste n’a plus les mêmes effets sur la population qu’il y a 7 ou 8 ans. Il suffit de jeter un œil sur les ressources internet de la société civile – sondages, blogs… - pour ce rendre compte que les russes jettent plus volontiers la pierre pour ce qui est arrivé aux autorités qu’aux terroristes islamistes du Caucase. C’est toute la politique du gouvernement dans cette région – la plus pauvre du pays – qui est aujourd’hui remise en cause.


Mais pour que les idées d’opposition qui germent en Russie puissent s’exprimer, il est important que la population comprenne qu’elle ne doit pas se contenter de penser, et qu’elle peut aussi agir. En effet, à l’heure actuelle, la société russe n’a aucune conscience de l’incidence que ses actions peuvent avoir sur celle du gouvernement et de la manière dont elle peut changer le cours des choses.


Ainsi, une éventuelle réponse de la gauche ne peut provenir que de l’unité d’action des différents mouvements sociaux et représentants de la société civile, dans le cadre de leur auto-organisation.


A Moscou, Ilya Boudraïtskis (membre du Mouvement socialiste « Vpered », section russe de la IVe Internationale) et Matilde Dugauquier (membre de la LCR belge)


(1) Des explosions dans le métro moscovites avaient alors tués près de 40 personnes et avaient blessé 150 autres.

(2) Les kamikazes qui ont perpétré l’attentat de lundi étaient originaires d’Ingouchie, région voisine de la Tchétchénie. Le terroriste responsable de l’attentat de novembre était pour sa part d’origine bouriate…

(3) On pense notamment à la fameuse loi anti-extrémisme qui favorise la répression des mouvements sociaux à travers tout le pays.

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 14:51


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La réforme de l’assurance maladie d’Obama a finalement été votée par le Congrès malgré la résistance acharnée des républicains. Hypervalorisée par certains comme un « tournant historique », elle est pourtant loin de la promesse faite d’offrir un système de santé de qualité à tous.

Aujourd’hui, 46 millions d’Américains sont dépourvus d’assurance santé. Avec la nouvelle loi, à partir de 2014, l’adhésion à une assurance maladie deviendra obligatoire pour 32 millions de salariés supplémentaires, aidés par une subvention publique. C’est un progrès pour eux mais la réforme est loin des promesses du candidat Obama qui a édulcoré son projet pour essayer, en vain, d’obtenir l’assentiment des conservateurs.
 


Un des aspects majeurs de la réforme a été la bataille contre la prédominance des assurances privées. Le projet initial prévoyait de créer une assurance publique qui aurait concurrencé les assurances privées en les forçant à baisser leurs tarifs. Mais, face aux lobbies de l’industrie de la santé, il y a très vite renoncé. Il n’y aura pas d’assurance publique et les assureurs privés vont pouvoir profiter à plein de l’arrivée de millions de nouveaux assurés aidés par des fonds publics.

 

Les assurances feront passer des tests aux nouveaux arrivants et ceux présentant des risques (hypertension, cholestérol, diabète, etc.) pourront voir le montant de leur assurance doubler. Les assureurs garderont le contrôle de ce qu’ils garantissent et beaucoup d’assurés, une fois malades, s’apercevront qu’ils ne sont pas couverts pour la maladie qui les touche et continueront de se ruiner pour se faire soigner.


Le nouveau système sera très coûteux pour les contribuables aux revenus moyens (9, 5 % de leurs revenus), leur offrant une couverture restreinte (70 %) et il continuera d’enrichir l’industrie privée de la santé. Pour faire passer la loi, Obama a aussi dû accepter qu’aucun fonds public ne finance l’IVG. 20 millions de personnes ne seront toujours pas assurées, si l’on compte les sans-papiers, ce qui correspond à 23  000 décès évitables par an.


La réforme contient quelques mesures positives comme l’augmentation du financement des centres de santé et du système public Medicaid réservé aux plus pauvres mais celles-ci restent insuffisantes.


Les républicains et l’extrême droite ont mené une offensive virulente pour bloquer la loi, n’hésitant pas à caricaturer Obama comme un « socialiste » (un gros mot aux États-Unis), un ennemi intérieur, un raciste, Hitler, ou même l’Antéchrist annonçant la fin du monde.


Le système de santé américain, entièrement privé et fonctionnant sur la base du seul profit, n’est pourtant pas remis en cause. Comme le disent des médecins progressistes, on a donné de l’aspirine pour traiter un cancer. Les lobbies d’assurances et pharmaceutiques ont été récompensés de leurs efforts avec une loi qui protège leurs intérêts. Obama n’a pas tenu sa promesse de s’attaquer aux intérêts privés alors que son électorat se serait mobilisé s’il l’avait fait.


Les organisations de gauche, comme le syndicat des infirmières ou des associations de médecins, ont fait campagne pour remplacer le système des assurances privées par un système national d’assurance public unique, basé sur l’extension et l’amélioration du système Medicare, actuellement en vigueur pour les personnes âgées. Ils n’ont pas gagné mais ont su se faire entendre. Les sondages montrent que deux tiers des Américains et 59 % des médecins soutiennent cette approche. Un bon point de départ dans la lutte qui continue pour imposer une vraie réforme.


Jacques Radcliff

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 10:32

Soirée autour des luttes du peuple Mapuche (Chili)

pour la Terre et la Liberté


Projection du documentaire "Apaga y Vamonos", réalisé en 2005, sur la lutte qui a opposé le peuple Mapuche à la multinationale espagnole Endesa.


Endesa, première entreprise hydroélectrique d’Espagne et d’Amérique Latine, veut construire la centrale "Ralco" dans la vallée du Ralco, sur le fleuve Bio Bio, fleuve qui démarque la frontière historique du territoire Mapuche (que les conquistadores espagnols n’ont jamais pu coloniser). Pour mener à bien son projet, Endesa doit déloger des dizaines de familles Mapuches qui vivent dans la vallée du Ralco, et ce malgré la Loi Indigène, censée protéger les territoires indigènes, et malgré la constatation de violation des droits de l’Homme, émise par un observateur de l’ONU.


Les Mapuches qui se mobilisent pour lutter contre cette catastrophe sociale et écologique seront systématiquement persécutés, jugés et condamnés d’après une loi antiterroriste, mise en place par le dictateur Pinochet.

La projection sera suivie d’un débat sur la situation actuelle du Peuple Mapuche, animé par un étudiant en sciences politiques qui a travaillé avec les Mapuches à l’Observatoire citoyen de Temuco au Chili.


RDV le jeudi 8 avril à 20h00 au Papier Timbré (39 rue de Dinan, Métro Ste Anne)

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organisé par le groupe anarchiste La Digne Rage

www.anartoka.com/la-digne-rage

Source : http://www.rennes-info.org/Rennes-Soiree-sur-les-luttes

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 10:17


 

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 Non à l'impunité d'hier et d'aujourd'hui ! Silvia Suppo, quand elle avait 17 ans, a été enlevée, torturée et violée dans le commissariat Cuarta de Santa Fe et dans le centre clandestin de détention connu sous le nom de La Casita, près de Santo Tomé. Enceinte suite aux viols, les militaires argentins l'ont fait avorter clandestinement en qualifiant d'"erreur ce qu'ils lui avaient fait subir". Son compagnon de l'époque n'est jamais réapparu. Il fait partie des 30.000 disparus de la dictature de 1976.

 


 Elle a été retrouvée inconsciente sur le sol de son magasin d'artisanat dans la ville de Rafaela le 29 Mars 2010, assassinée de douze coups de couteau, 33 ans après avoir été torturée et violée.


Cet assassinat conclut de manière tragique la semaine de la mémoire qui a été organisée en Argentine et dans le Monde 34 ans après le coup d'Etat des militaires argentins en 1976. 


En octobre 2009, Silvia avait témoigné de manière décisive dans le procès qui conduisit à la condamnation pour crimes contre l’humanité de l’ancien juge fédéral Victor Brusa et de plusieurs tortionnaires de la province de Santa Fe.

Elle devait encore témoigner dans des procès intentés contre ceux qui étaient impliqués dans la disparition de son compagnon Reinaldo Hattemer.

Elle avait reçu des menaces de plus en plus pressantes dans le but de la faire taire. Elle n'avait pas cédé. Elle est morte après trente trois ans de résistance.


Ce crime ne doit pas rester impuni. Il a été commis pour que les génocidaires ne soient plus inquiétés et condamnés. Il intervient après d'autres enlèvements de témoins dans les procès. Julio Lopez, témoin dans le procès Etchecolatz a été enelevé et reste disparu depuis traois ans et demi. Le gouvernement n'a jamais inculpé les auteurs de ce crime.


voir autre billet Non à l'impunité d'hier et d'aujourd'hui

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 11:29

60ceb538d54b18b246745686332c95fa5394c746.jpegLe fameux mufti réfugié en Allemagne qui a fait tant de mal à la cause palestinienne


Interview

Dans «les Arabes et la Shoah», Gilbert Achcar, universitaire libanais, analyse avec rigueur l’histoire de la perception des persécutions juives par le monde arabe, du nazisme à nos jours.


Par CHRISTOPHE AYAD

Intellectuel libanais de 58 ans, Gilbert Achcar est professeur à la School of Oriental and African Studies (Soas) de l’université de Londres. Il vient de publier les Arabes et la Shoah : la guerre israélo-arabe des récits (Sindbad Actes Sud). Cet ouvrage, très complet, étudie les perceptions des persécutions juives par le monde arabe, avant, pendant et après la Shoah. Cette exhaustivité permet de sortir des clichés, à commencer par celui du mufti de Jérusalem, Amin al-Husseini, convié à assister à Berlin au défilé des SS en pleine Seconde Guerre mondiale. D’autres voix sont données à entendre dans cet ouvrage, d’autres positions y sont relatées, expliquées. On apprend notamment que l’Egyptien Anouar al-Sadate et le Palestinien Mahmoud Abbas, présentés comme des chantres de la paix, ont été dans leur jeunesse nettement plus antisémites que Nasser et Arafat, injustement décriés sur ce thème. Achcar, d’une rigueur intellectuelle et morale impeccables, décrit aussi la complexité et l’ambiguïté des relations entre Shoah et nakba, la dépossession des Palestiniens chassés de leurs terres en 1948 (les deux mots, s’ils ne désignent pas la même chose, ont, en français la même traduction : la «catastrophe»).

Par le passé, Gilbert Achcar a déjà publié le Choc des barbaries (2002), l’Orient incandescent (2003), la Guerre des 33 jours (2006) et, avec Noam Chomsky, la Poudrière du Moyen-Orient (2007).

En exergue, vous avez choisi une phrase de l’Evangile selon saint Matthieu : «Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil  ?»

C’est une excellente règle de vie que de reconnaître ses propres défauts avant de chercher ceux des autres. Je me la suis appliquée à moi-même en tant qu’originaire du monde arabe, afin de dire les choses sans concession. Elle devrait aussi s’appliquer à ceux qui font des reproches aux Arabes et qui ne voient pas l’injustice qu’ils font subir aux autres…

Votre livre est-il le premier travail exhaustif sur ce sujet par un universitaire arabe ?

Oui, certainement. Il n’y a pas eu d’ouvrage systématique sur cette question. Il y a des classiques sur les relations entre l’Allemagne nazie et le monde arabe (1), mais ils relèvent plus de l’histoire diplomatique que d’une étude précise de la perception dans le monde arabe du nazisme, des persécutions antijuives et de la Shoah. Il y a aussi un ouvrage récent d’auteurs israéliens (2), que je critique beaucoup parce que c’est un catalogue qui met sur le même plan d’odieux inconnus et des personnalités plus importantes. On y passe totalement sous silence la visite d’Arafat à la maison d’Anne Frank à Amsterdam, qui était un acte symbolique fort destiné à compenser sa visite avortée au mémorial de l’Holocauste à Washington.

Quelles attitudes dominent dans le monde arabe au moment de la Shoah ?

D’abord, les Arabes, ça n’existe pas. Parler d’un discours arabe au singulier est une aberration. Le monde arabe est traversé par une multitude de points de vue. A l’époque, on pouvait distinguer quatre grands courants idéologiques, qui vont de l’occidentalisme libéral à l’intégrisme islamique en passant par le marxisme et le nationalisme. Sur ces quatre courants, deux rejetaient clairement le nazisme : l’occidentalisme libéral et le marxisme, en partie pour des raisons communes (l’héritage des lumières, la dénonciation du nazisme comme racisme), et en partie à cause de leurs affiliations géopolitiques. Le nationalisme arabe est contradictoire sur cette question. Mais si on regarde de près, le nombre de groupes nationalistes qui se sont identifiés à la propagande nazie est finalement très réduit. Il y a un seul clone du nazisme dans le monde arabe, c’est le Parti social nationaliste syrien, fondé par un chrétien libanais, Antoun Saadé. Le mouvement égyptien Jeune Egypte a flirté un temps avec le nazisme, mais c’était un parti girouette. Quant aux accusations selon lesquelles le parti Baas était d’inspiration nazie à sa naissance dans les années 40, elles sont complètement fausses. Je suis loin d’être un admirateur du Baas, surtout du Baas d’aujourd’hui qui est dictatorial, mais Michel Aflak [intellectuel chrétien syrien, fondateur du Baas, ndlr] était de gauche.

Qu’en est-il des islamistes ?

Le panislamisme intégriste, lui, n’a aucune réserve vis-à-vis du nazisme. Ce choix remonte au tout début des années 30, il a été inspiré par Rachid Rida [intellectuel réformateur musulman égyptien mort en 1935]. Au départ, Rida est plutôt pro juif, par rejet de l’Occident. Par exemple, au moment de l’affaire Dreyfus, il condamne la persécution des Juifs par l’Europe chrétienne. Rida essaye même de prendre langue avec les dirigeants du mouvement sioniste, sans succès. Avec l’exacerbation des tensions en Palestine, il opère un tournant après 1929 et va reprendre et islamiser le discours antisémite européen en appliquant un vernis religieux sur le Protocoles des sages de Sion (3) et la propagande nazie. D’une manière générale, il y a des affinités électives entre islamisme et nazisme : les deux «essentialisent»l’ennemi, l’un sous la forme religieuse, l’autre sous celle, pire encore, d’un racisme biologique. Attention, je parle bien de l’intégrisme islamique et non de l’islam. Au final, deux figures de proue de la mouvance intégriste vont collaborer étroitement avec Berlin : le cheikh Chakib Arslan [une des deux grandes familles féodales druzes libanaises avec les Joumblatt, ndlr] et le moufti de Jérusalem, Amin al-Husseini. Les deux avaient noué des liens étroits avec l’Arabie Saoudite, qui, elle-même, avait approché les nazis. Par prudence et par peur de la Grande-Bretagne, le royaume saoudien va interrompre ces contacts dès qu’ils ont commencé à être connus.

Quelle était la représentativité d’Amin al-Husseini ? Son ralliement a-t-il durablement terni la cause palestinienne ?

Dans l’Encyclopédie de l’Holocauste, l’article consacré à Amin al-Husseini n’est dépassé, en longueur, que par celui sur Hitler : c’est une absurdité totale parce que ce personnage n’a été qu’un petit rouage dans la galaxie nazie et qu’il n’a pas participé à l’exécution du génocide. Je ne veux pas l’exonérer de l’abjection de ses positions, mais c’est démesuré. Quant aux entreprises qu’il a menées pour le compte des nazis, c’est un fiasco absolu. Ses exhortations sont restées sans écho dans le monde arabe. Si on compte le nombre d’Arabo-Berbères ayant combattu aux côtés de l’Axe, il est infime comparé à ceux ayant combattu avec les Alliés, y compris parmi les Palestiniens. D’ailleurs quand Husseini se réfugie à Berlin (en 1942), il est déjà discrédité car il a cumulé les défaites, que ce soit en Palestine avec la Grande Révolte de 1936-39 ou en Irak en 1941. Il faut noter au passage que les mémoires d’Amin al-Husseini sont un antidote contre le négationnisme : il savait que le génocide avait lieu et se vantait d’avoir été parfaitement au courant dès 1943. Pour moi, il est un artisan de la nakba (la défaite de 1948 et le départ de centaines de milliers de Palestiniens chassés de leurs terres), au sens où il porte une responsabilité dans ce qui est arrivé au peuple palestinien.

Au Moyen-Orient, les Palestiniens sont les premiers à avoir subi les conséquences de la Shoah. Sont-ils plus enclins que d’autres à la nier ou, au contraire, à la reconnaître ?

On trouve, parmi les Palestiniens, deux attitudes symétriques. Une partie d’entre eux a compris que les leçons de la Shoah sont universelles et que la nier est non seulement faux, mais contre-productif. Mais sait-on qu’un Palestinien a créé un musée de l’Holocauste ? Sait-on que le village de Nilin (en Cisjordanie), connu pour sa lutte contre le mur de séparation, a organisé une exposition sur la Shoah ? Les médias occidentaux montrent beaucoup moins ce type d’attitudes que le contraire…

A l’inverse, il y a, de manière croissante, une attitude négationniste chez les Palestiniens. Prenez les citoyens arabes d’Israël, qui parlent hébreu et qui, dans le cadre de leur cursus scolaire, ont été surinformés sur la Shoah : on constate chez eux un taux de négationnisme qui est passé de 28 % en 2004 à 40 % en 2007. Ce phénomène montre bien qu’il ne s’agit pas d’un négationnisme réfléchi, comme en Europe, mais d’une forme de défi. C’est une manière - la plus mauvaise possible - d’exprimer son ressentiment par rapport à l’escalade systématique de la violence depuis 2001 et au glissement à droite de la société israélienne. C’est une façon de dire : ils utilisent la Shoah pour justifier ce qu’ils nous font, donc la Shoah est une invention. C’est un raisonnement primaire, combattu par une minorité éclairée. Pour lutter contre cela, il faut prendre conscience que les leçons de la Shoah sont universelles et que tout peuple opprimé peut les mettre en avant, y compris les Palestiniens. Au lieu de nier la Shoah, les Palestiniens ont beaucoup plus intérêt à nier à Israël le droit d’exploiter la Shoah pour justifier ses actes et refuser toute critique. C’est ce que disent aujourd’hui plusieurs auteurs israéliens, dont Avraham Burg [responsable travailliste, ex-président de la Knesset, ndlr].

Les provocations de Mahmoud Ahmadinejad sur la Shoah sont-elles révélatrices d’une tendance générale ?

La bêtise est une chose, l’abjection une autre. Malheureusement, ce genre d’obscénités s’est multiplié dans le monde arabe, ce qui fait la joie de sites spécialisés pro israéliens qui les collectionnent. Quant à Ahmadinejad, qui n’est pas arabe mais qui fait partie du paysage régional, son discours est pétri de contradictions. D’une part, il dit : la Shoah est un mensonge, un mythe. De l’autre, il explique que c’est le problème des Allemands et des Autrichiens, qui n’ont qu’à faire un Etat juif chez eux.

Où le discours antisémite est-il le plus répandu dans le monde arabe ?

En Arabie Saoudite, où le wahhabisme - une forme d’intégrisme ultra-archaïque - est une idéologie d’Etat. Sous la pression américaine, le pouvoir saoudien a tempéré son attitude, mais au niveau de l’institution religieuse wahhabite, il demeure un fort sentiment antijuif. Sinon, il n’y a pas un pays en particulier où se cristallise l’antisémitisme. On en trouve surtout là où prospèrent les intégristes : les Frères musulmans égyptiens, le Hamas palestinien, le Hezbollah libanais, même si Hassan Nasrallah n’utilise plus ce discours depuis trois ans. Certains nationalistes, comme ceux qui considèrent Saddam Hussein comme un héros, véhiculent aussi ce genre d’idées.

Le panarabisme, qui a dominé le monde arabe idéologiquement dans les années 50-60, était-il moins antijuif que le panislamisme ?

Que ce soit Nasser ou le Baas des origines, il n’y a pas d’antijudaïsme. Le panarabisme de gauche met en avant le fait national culturel contre l’appartenance religieuse. C’est allé jusqu’à considérer les Juifs comme des Arabes culturels, dans la mesure où ils n’agissaient pas contre la nation arabe.

Une des campagnes les plus violemment antijuives de cette époque a été le fait d’un Irakien pro britannique, Nouri Saïd, alors que les juifs irakiens étaient plus qu’enracinés dans le pays.

Plusieurs historiens israéliens ont revisité leur histoire à la lumière de la nakba. Les historiens palestiniens prennent-ils en compte la Shoah dans leurs analyses ?

Si l’on parle de l’histoire du mouvement sioniste, beaucoup de Palestiniens et d’Arabes l’ont fait et le font, même si l’accès aux archives n’est pas toujours facile. Mais si vous parlez de l’histoire de la Shoah elle-même, ils ne se sentent pas concernés. Le rapport d’Israël à la nakba, ce n’est pas le rapport des Palestiniens à la Shoah. L’attitude dominante dans le monde arabe, ce n’est pas tant de dire «ça n’a pas existé», mais plutôt : «Le nazisme c’est abject, mais il ne faut pas répondre à une injustice par une autre injustice en développant la colonisation de la Palestine. Pourquoi devrions nous payer le prix de ce qu’ont fait les Allemands ?»


(1) «The Third Reich And The Arab East», Lucas Hirszowicz (1966).

(2) «From Empathy To Denial : Arab Responses To The Holocaust», Meir Litvak et Esther Webman (2009).

(3) Ce faux document a été produit par la police tsariste à la fin du XIXe siècle. Il prétendait mettre à jour l’entreprise de domination du monde par les Juifs et la franc-maçonnerie.

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 10:24

charpalisr

   mardi 30 mars 2010

Quatre militants du comité ornais de l’Association France Palestine solidarité ont été convoqués, ce mardi après-midi, à l’hôtel de police d’Alençon où quarante personnes étaient venues les soutenir.

 

Ils ont été entendus à la suite d’une opération de boycott qui avait eu lieu dans une moyenne surface de la ville le 13 février. Ils avaient appelé les clients à ne pas acheter les produits importés d’Israël : des jus d’orange, lingettes, avocats ou produits cosmétiques « cultivés ou fabriqués à 70 % dans les territoires occupés et sur des terres volées aux Palestiniens ».

 

Le parquet d’Alençon a, depuis, ouvert une enquête pour « provocation publique à la discrimination ».

 

Note: Admirons encore une fois l'habileté de l'intoxication! Nous nous informons de la provenance de certains produits israëliens, produits sur des terres volées aux palestiniens  (à qui l'armée interdit de ramasser leurs olives à la bonne époque et qui doivent donc être remplacés par des volontaires internationaux qui eux risquent moins leur vie) . Par la voix de notre ministre de l'économie, il s'agit de produit destiné à la communauté juive et donc une discrimination caractérisée! Bravo l'artiste!

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