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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 08:54

 

enfant pauvre

latribune.fr | 07/09/2012


L'étude dévoilée vendredi par l'Insee montre une France qui s'appauvrit.

Le revenu médian est en baisse et un enfant sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. Seuls les plus aisés voient leurs revenus augmenter.

L'Insee a publié vendredi son rapport sur les niveaux de vie des Français en 2010. Et le résultat est sans appel. Non seulement le revenu médian en euros constants a diminué de 0,5% par rapport à 2009, mais il a aussi soit baissé, soit stagné pour la quasi totalité des catégories de population.

 

Et la pauvreté continue sa progression. En 2010, elle concernait plus de 8,6 millions de personnes, soit 14,1% de la population, dont le revenu était inférieur à 60% du revenu médian, soit moins de 964 euros par mois.


Près d'un enfant sur cinq est pauvre


Le taux de pauvreté des moins de 18 ans a atteint 19,6%, soit près d'un enfant sur cinq, en augmetation de 1,9 points par rapport à 2009. Ils contribuent pour près des deux tiers à l'augmentation du nombre de personnes pauvres en France. D'après l'Insee, cette hausse s'explique en partie par la non reconduction en 2010 de mesures prises en en 2009 pour limiter les effets de la crise pour les ménages et par le gel des prestations familliales.


Les plus aisés voient leurs revenus augmenter


Seule catégorie à ne pas être touchée par la baisse du niveau de vie, les 5% de la population les plus aisés ont vu leurs revenus augmenter de 1,3% en euros constants. En 2010, le salaire des cadres a augmenté, en particulier dans le secteur de la finance, alors qu'il a baissé pour les ouvriers selon l'Insee.

 

Outre les salaires, les revenus du patrimoine des 10% les plus riches ont participé à la hausse de leur niveau de vie. Cette année là, ils ont représenté en moyenne 26% de leur revenu disponible, contre seulement 7% pour le reste de la population.

 

 

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120906trib000718117/france-pres-d-un-enfant-sur-cinq-vit-en-dessous-du-seuil-de-pauvrete.html


 


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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 09:58

etudiants

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 11:25

 cireur pompes

Le projet de loi sur les emplois dits « d'avenir », promis par le candidat Hollande pour lutter contre le chômage des jeunes, a été adopté en Conseil des ministres.


Ces emplois s'adressent aux jeunes de 16 à 25 ans sans diplôme ou peu qualifiés, et prioritairement à ceux qui résident dans les zones les plus touchées par le chômage. Il s'agit d'emplois en CDI ou en CDD d'un an minimum renouvelable jusqu'à trois ans et dont le projet dit qu'ils seront « pour l'essentiel à temps plein ». Ces emplois devraient être créés essentiellement par les collectivités territoriales et le secteur associatif dans « des activités ayant une activité sociale avérée », et donc l'État versera une aide au salaire des jeunes à hauteur de 75 % du smic.


Il est également prévu 6 000 « emplois d'avenir professeur ». Ceux-là s'adressent à des étudiants boursiers en deuxième année de licence, issus des zones urbaines sensibles et qui se destinent à l'enseignement. Pendant trois années au maximum, ils exerceront un emploi dans les établissements scolaires, d'une durée inférieure à un mi-temps et pour lequel ils percevront -- bourse comprise -- un revenu de 900 euros par mois.


Le gouvernement et le chef de l'État se gargarisent de formules ronflantes sur la « guerre au chômage ». Mais, dans les faits, tous contrats d'avenir confondus, il est proposé d'en signer 100 000 en 2013 puis 50 000 en 2014. Ce n'est pas une guerre, c'est à peine une escarmouche au regard des 700 000 chômeurs de moins de 25 ans à qui ces emplois sont destinés.


Et puis c'est aussi une escroquerie et une duperie qui tendent à faire croire que le chômage pourrait être réglé par des contrats « aidés » -- bien évidemment par l'État et les deniers publics -- tout en laissant de côté la responsabilité du grand patronat, qui détruit des emplois à tour de bras pour maintenir ses revenus et ses richesses. Pour livrer la guerre au chômage, ce sont d'abord les responsables des licenciements qu'il faut combattre.


Sophie GARGAN

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2301&id=3

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 11:33

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Après l'annonce d'une nouvelle hausse du chômage en juin, le ministre du Travail Michel Sapin évoque la création de 100 000 « emplois d'avenir », subventionnés à 75 % par l'État, en 2013.

 

Une consultation des partenaires sociaux doit démarrer en août, et un projet de loi être déposé à l'Assemblée nationale début octobre.


« Il faut s'attaquer à chacune des catégories victimes du chômage »,

 

a expliqué le ministre, citant notamment les chômeurs de longue durée et les jeunes. « 100 000 emplois aidés de plus, c'est 100 000 chômeurs de moins, financés bien entendu par les finances publiques », a-t-il précisé. Dans le même temps le ministre a reconnu que le taux de chômage atteindrait vraisemblablement 10 % en France d'ici à la fin de l'année 2012.


Actuellement il existe deux types de Contrats uniques d'insertion auxquels s'ajouteront les « emplois d'avenir » :

 

le CUI-CAE (contrat d'accompagnement vers l'emploi), ouvert aux employeurs du secteur non marchand, de 22 heures hebdomadaires sur huit mois et demi en moyenne, et financé à 70 % par l'État. Le CUI-CIE, (contrat initiative emploi) lui, est destiné au secteur privé ; il est de 33 heures sur dix mois en moyenne et est financé à 30 % par l'État.


En prévision, il n'y aurait donc pas loin de 500 000 emplois aidés en 2013 : 390 000 contrats « classiques », auxquels s'ajouteront 100 000 nouveaux « contrats d'avenir ». Ces futurs emplois dureraient trois ans et seraient destinés aux jeunes de moins de 26 ans sans qualification des « quartiers en difficulté » ou des « zones rurales extrêmement éloignées », « à ces jeunes totalement exclus du système », a précisé Sapin, qui seraient environ 400 000.


6 000 de ces emplois aidés devraient être affectés au pré-recrutement d'étudiants souhaitant devenir enseignants. Mais l'essentiel de ces contrats sera réservé aux collectivités locales, au secteur associatif et de l'économie sociale et solidaire, mais les mutuelles et les coopératives pourront aussi en bénéficier.


Les premiers contrats devraient être signés en janvier 2013.

 

Une « aide » à la formation de ces jeunes serait apportée aux employeurs, par le biais d'un « chèque formation ». Le coût pour les finances publiques devrait s'élever à 2,5 milliards pour les deux ans à venir, ce qui doublerait le budget actuel destiné aux CUI.


En moyenne, 17 % d'une génération sort du système éducatif sans diplôme ni qualification.

 

Trois ans après, seuls 48 % de ces jeunes travaillent et leur taux de chômage atteint 41 % ! Ce n'est pas près de changer avec ces embauches au rabais qui permettront surtout au gouvernement de ne pas effectuer les véritables embauches qui seraient indispensables dans le secteur public, sans résoudre en quoi que ce soit le problème du chômage des jeunes.


Corentin ANIATH

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2296&id=7

 

Commentaire: la position du NPA:

 

Affiche Etre jeunes aujourd'hui
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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 12:55
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Communiqué du NPA.

Un mouvement social de grande ampleur se développe à l’heure actuelle au Mexique.

 

À un mois de l'élection présidentielle, des milliers de jeunes se soulèvent et sortent dans la rue contre la manipulation médiatique et l’absence de politiques publiques.

 

Ils exigent une information médiatique plus indépendante, des élections transparentes et un programme clair pour la jeunesse pour chacun des candidats. Les jeunes mexicains exigent la démocratie réelle maintenant !


Le groupe « Somos 132 », constitué à la suite d’une confrontation ayant opposé 131 étudiants de l’université Iberoamericana au candidat du Parti Institutionnel Révolutionnaire (PRI) Enrique Peña Nieto, a lancé un appel à l’organisation et à la lutte qui a été bien reçu dans les universités et dans une frange importante de la population, notamment grâce à sa diffusion sur Internet et sur les réseaux sociaux.


Dans un contexte où plus de 60 000 personnes sont mortes dans le cadre de la « guerre contre les narcotrafiquants » menée par le gouvernement de Felipe Calderón , où 52 millions de personnes vivent dans la pauvreté, où 8 millions de jeunes ne font pas d’études ou sont au chômage et où l'on assiste à une très forte augmentation de la précarité suite à la mise en place de mesures d’austérité, le mouvement « Somos 132 » est un grand pas en avant pour agir sur la réalité et pour avancer vers plus de démocratie et plus de justice sociale.


Le NPA affirme donc sa solidarité avec ce mouvement et restera attentif à son évolution.

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 10:23

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Les étudiant·e·s québécois·es sont en grève contre la hausse des frais d’inscription de 1600 dollars canadien sur 5 ans.

 

Une histoire militante déjà riche est en train de s’écrire : déjà plus de 100 jours de grève, 30 manifestations nocturnes, des milliers d’heures d’assemblée générale. Une proposition du gouvernement aux portes-paroles étudiants, le 27 avril, a été refusée par 115 associations représentant plus de 300 000 étudiant·e·s.


Depuis la démission de la ministre Line Beauchamp le 14 mai, le gouvernement passe à la répression. La nouvelle loi 78, « loi matraque », votée le vendredi 18 mai, entrave le droit de manifester, interdit les piquets de grève et ferme les campus les plus mobilisés jusqu’à mi-août. Face à cette répression la mobilisation s’étend et, en France, un premier rassemblement en solidarité s’est tenu mardi 22 mai à Paris à l’initiative du collectif SoDé-Québec.


D’autres pays connaissent ou ont connu des luttes similaires récemment : en Espagne et au Mexique cette année, en Angleterre et au Chili en 2011, à New York et en Californie en 2010. En France, l’augmentation des frais se discute au ministère de l’économie depuis plusieurs années et a été étudié par l’INSEE dans une enquête1commanditée par la conférence des présidents d’université (CPU). Au-delà de l’aspect directement économique, la  hausse des frais de scolarité participe d’une politique néolibérale de transformation de l’enseignement supérieur. Tour d’horizon de cette politique, en 3 arguments fallacieux2 et 3 procédés insidieux.

 

Arguments économiques en faveur des frais de scolarité et de leur augmentation

  1. « Il est juste d’augmenter les frais puisque ce sont les riches qui vont à l’université »

C’est le premier argument en faveur de l’augmentation des frais de scolarité, sans doute le plus fort : l’accès gratuit (ou bon marché) à l’université est anti-redistributif puisque les étudiant·e·s sont principalement issus des classes sociales favorisées. Donc faire payer l’université, ce serait faire payer les riches. D’autant plus que cette prédominance de l’origine bourgeoise se renforce dans les filières d’élite, souvent les plus chères pour l’État3.


Oui, l’accès à l’enseignement supérieur est inégalitaire, d’un point de vue social, mais aussi en termes de genre ou de race. Mais il faut lutter contre ces discriminations plutôt que de s’y adapter, et rééquilibrer le financement des différentes filières, voire compenser le déficit en capitaux social et culturel du public universitaire par un surcroit de moyens. Au contraire, augmenter les frais de scolarité renforcerait les inégalités plutôt que de les combattre, en ajoutant une barrière économique à la ségrégation déjà existante.


Surtout, cet argument détourne de l’enjeu réel : la fiscalité. En effet, si le financement de l’enseignement supérieur est anti-redistributif, c’est parce que les bénéficiaires aisé·e·s ne sont pas suffisamment imposé·e·s. Il faut donc augmenter les impôts sur le revenu et sur la fortune plutôt que les frais d’inscription, et relever l’impôt sur les sociétés qui profitent des qualifications de leurs salarié·e·s, acquises très largement au sein du système scolaire public.


Par ailleurs, comment ne pas remarquer que cette controverse arrive à contretemps ? C’est justement après une massification sans précédent de l’accès au supérieur que se pose la question d’en relever les frais. Dans la plupart des pays de l’OCDE, c’est au cours des années 1990 que les classes populaires, les femmes et les racisé-e-s ont pu accéder – de manière moins marginale qu’auparavant – au supérieur : en France, il y a 7 fois plus d’inscrits aujourd’hui que dans les années 1960 et, entre les cohortes nés avant la réforme de 1985 (visant à faire parvenir « 80% d’une classe d’âge au niveau du bac ») et celles nées après, la proportion d’enfants d’ouvriers parvenant dans l’enseignement supérieur est passée de 14,6% à 33,3%4. Finalement, l’argument de l’anti-redistribution n’a jamais été aussi faux.

 

  1. « Augmenter les frais, c’est plus de moyens pour l’éducation »

Les pays de l’OCDE consacrent en moyenne 1,5% de leur PIB à l’enseignement supérieur (dont 1% provenant des dépenses publiques). Aux Etats-Unis, où les frais de scolarité élevés sont largement répandus, cette part est de 2,7% (dont 1% publique) alors qu’en France, où seules les écoles de commerce pratiquent des frais importants, elle est de 1,4% (dont 1,2% publique). Pour autant, la situation est très hétérogène aux Etats-Unis même, où il faut distinguer les universités privées (très chères) et publiques (chères) des collèges universitaires (community colleges) moins élitistes et au recrutement plus populaire.


Par ailleurs, il n’y a pas de lien mécanique entre le niveau de dépenses dans l’enseignement supérieur et la qualité de l’enseignement dispensé. C’est le même phénomène que pour la santé : les dépenses par habitant extraordinairement élevée aux Etats-Unis conduisent à une santé comparable5 à celle des habitants de la république Tchèque, où les dépenses sont 4 fois moins importantes. Cette inefficacité du système de santé américain livré au marché se retrouve à l’université. Ce sont les dépenses para-académiques qui explosent avec les frais de scolarité : publicité, initiatives de prestige, recrutement de chercheurs médiatiques, learning centers et équipements sportifs luxueux. Ces dépenses visent plus à gagner en visibilité et à monter dans les classements internationaux qu’à améliorer la qualité de l’enseignement pour le plus grand nombre :


« Le mécanisme des palmarès de type Shanghai pousse à cette spirale inflationniste : plus l’entreprise universitaire est richement dotée, plus elle est en mesure de s’acheter des « stars » de la recherche qui feront augmenter la cote de l’université, et plus il sera facile d’élever les frais d’inscription »6


Le palmarès a alors un effet performatif, puisqu’il pousse les universités à se conformer aux critères du classement et donc à les actualiser, à les rendre objectifs. La hiérarchie des moyens se conforme au classement, les mieux classés touchant à la fois plus de frais de scolarité et plus de contrat de recherche, ce qui assure en retour la validité du classement, cette fois-ci en termes de puissance économique des institutions, et non plus seulement d’ « excellence ».


A ceci s’ajoute une explosion des dépenses d’encadrement, par l’augmentation tant du nombre de managers que de leurs salaires, calés sur leurs équivalents dans le secteur marchand plutôt que sur les revenus de leurs collègues enseignant·e·s-chercheur·se·s7.


Finalement, ce n’est pas la qualité de l’éducation mais son coût qui explose avec les réformes néolibérales : en coût relatif, l’enseignement supérieur en France coûte 9 fois moins qu’en Angleterre, 18 fois moins qu’aux Etats-Unis, 38 fois moins qu’au Chili8 !


A l’inverse, il faut relancer l’augmentation des dépenses publiques dans l’enseignement supérieure, interrompue par le tournant néolibéral, pour le mettre en correspondance avec la massification des études longues et pour rétablir les conditions de travail et le revenu des personnel·le·s. En complément, il est urgent de mettre en place une allocation d’autonomie couvrant les besoins des étudiant·e·s9.

 

  1. « Tout le monde peut payer grâce au prêt à remboursement conditionnel (ou contingent, ou proportionnel au revenu) »

Pour rendre acceptable des frais élevés, les gouvernements instaurent des prêts accompagnés de réduction voire d’annulation en cas d’accident sur le marché du travail : le ou la diplômé·e rembourse en fonction de son revenu. En cas de chômage ou de bas revenu, le remboursement est repoussé ou réduit, voire annulé au-delà d’une certaine durée.


Ce mécanisme, censé combattre « l’aversion à l’endettement », c’est-à-dire lever les réticences à contracter un prêt étudiant, est en pratique d’une rare violence : si jamais après avoir perdu son emploi, avoir été expulsé de son logement, vécu dans la précarité, un·e chômeur·se diplômé·e retrouve un revenu décent, il retrouvera automatiquement sa dette étudiante.


Evidemment, les banques privées ne sont pas disposés à prendre ce type de risque, et c’est l’État qui doit l’assurer, tout en laissant les bénéfices aux établissements financiers. Le coût public de cette assurance peut s’avérer colossal, au point d’être comparable aux frais de scolarité eux-mêmes10.


Le principal avantage réel du recours à l’emprunt est d’accroître le nombre de client·e·s – pardon d’étudiant·e·s ! – capables de payer et de réduire la barrière psychologique en présentant les traites mensuelles plutôt que le coût global (comme dans les publicités automobiles : une nouvelle voiture pour 500€… par mois). On étend ainsi la financiarisation de l’économie, après l’immobilier, l’automobile et la consommation, à un nouveau secteur : l’éducation.

 

Financiarisation, marchandisation et employabilité

 

  1. Financiarisation

Le volume total de la dette étudiante aux Etats-Unis dépasse désormais 1 000 milliards de dollars. Et les diplômé·e·s ne sont pas des débiteur·trice·s comme les autres : si le droit étasunien autorise à se déclarer en faillite pour se défaire d’un prêt immobilier, au prix de la saisie de son logement, impossible de rendre son diplôme… Il n’y a pas d’échappatoire au remboursement de la dette étudiante, même en cas de crise comme depuis 2008. Il s’agit même d’une introduction à la vie-à-crédit, puisque cette première dette sert à étalonner le credit score indispensable pour toute demande de carte de crédit, de crédit immobilier, etc. Mais cet endettement initial a également un effet performatif dans la mesure où il pèse sur le comportement de l’étudiant·e· et du ou de la jeune travailleur·se, mais aussi sur l’image qu’il ou elle se forme de lui-même ou d’elle-même.


« Le développement de l’endettement des étudiants […] ne pourra que consolider le rapport strictement marchand que la plupart des individus “normaux” seront conduits à entretenir avec les institutions d’enseignement, devenues elles-mêmes des instruments de contrôle des individus selon le seul motif de l’intérêt pécuniaire. […] Devoir rembourser ses études pendant vingt-cinq ans change le rapport que l’on entretient avec l’acquisition des connaissances »11.


Cette dette a un effet disciplinant puisqu’elle contraint à penser ses études comme un investissement financier et à se penser soi-même dans une perspective d’investisseur, cherchant à maximiser le rendement financier des études, à court et long terme.

 

  1. Marchandisation

Cette vision des études comme investissement financier est renforcé par la transformation du contenu des cours eux-mêmes. En effet, en mettant un prix sur l’éducation, on en change le sens et le contenu, on en fait une marchandise :


« Cette conception purement économique de la connaissance […] vise précisément à faire l’économie de la connaissance, c’est-à-dire à se passer de la “connaissance” quand elle n’a pas de valeur économique sur le marché. […] Cette forme de la valeur connaissance ne naît pas seulement et directement de la vente possible “de produits et de service cognitifs” sur de vrais marchés complets. […] La forme valeur de la connaissance est l’effet de la normalisation qui lui est appliquée par les outils managériaux de sa gestion et de son évaluation »12.


Hausse des frais de scolarité et nouvelle gestion des personnel·le·s sont donc liées. La marchandisation de la connaissance n’est possible qu’avec une transformation du travail des producteur·trice·s de cette marchandise, les travailleur·se·s des universités. Cette transformation violente de leur travail leur est imposée à l’aide de nouvelles pratiques managériales : par le benchmarking13, pratique d’évaluation et de mise en concurrence des établissements, des départements, des personnel·le·s ; mais aussi par la mise en mise en place de processus qualité et de référentiels d’équivalence, qui visent à « rationaliser » le travail, c’est-à-dire de le mettre en conformité avec des objectifs de rentabilité économique. Les conditions de travail s’en trouvent dégradées, les revenus et les effectifs réduits. Pour renforcer l’autorité du management, comme dans tout service marchand, on fait appel aux consommateur·trice·s : la pratique des questionnaires de satisfaction des étudiant·e·s est généralisée, non pour faire évoluer les cours et les programmes mais pour servir d’alibi aux procédures managériales imposées aux enseignant·e·s14.

 

  1. Employabilité

Les étudiant·e·s souhaitent obtenir un emploi après leurs études, c’est légitime, et pourquoi pas un emploi de qualité (stable, bien rémunéré, etc). Mais en présence de frais de scolarité élevés, le salaire se présente comme la seule finalité des études, finalité impérative puisqu’il faut rembourser le prêt étudiant. Si les études deviennent un investissement financier, essentiellement à crédit, il faut assurer un retour sur cet investissement. Il ne s’agit plus de suivre des cours mais d’accumuler des connaissances et des compétences immédiatement valorisables sur le marché de l’emploi à la sortie de l’enseignement supérieur : du capital humain15. Un capital largement fictif, puisqu’il s’agit d’une promesse de salaire supérieur. Plus encore que dans le cas de la bulle immobilière, ce sont les victimes qui seront tenues pour responsable en cas d’éclatement de la bulle.


On exige donc des diplômé·e·s de faire fructifier ce capital humain, c’est-à-dire se vendre sur le marché du travail, en étant plus employables que les autres. « Ce qu’on cherche à obtenir, ce n’est pas une société soumise à l’effet-marchandise, c’est une société soumise à la dynamique concurrentielle. […] Pas l’homme consommateur, c’est l’homme de l’entreprise et de la production »16. Il s’agit désormais pour chaque salarié·e, non de s’éduquer pour gagner des marges de liberté vis-à-vis de l’exploitation, mais de valoriser au mieux son capital humain ou plutôt d’ajuster ses aspirations à l’obtention et à la valorisation du capital humain auquel il ou elle est invité·e à se réduire. Se vivre comme des auto-entrepreneurs de leur propre capital humain, voilà ce que doivent incorporer les jeunes étudiant·e·s sous le capitalisme néolibéral. Une logique entretenue au cours de la vie professionnelle grâce à la « formation tout au long de la vie ». Quoi de plus simple ensuite que de renvoyer la situation des chômeur·se·s, des précaires et des classes populaires en général à un échec à endosser ce rôle d’entrepreneurs d’eux·elles-mêmes et de leurs carrières.


  • 1. « La répartition des dépenses publiques de l’enseignement supérieur et des aides associées », 8 décembre 2011, Direction des Statistiques Démographiques et Sociales, INSEE.
  • 2. Pour une argumentation plus développée (et plus technique), voir Flacher, Harari-Kermadec et Moulin, Faut-il (vraiment) augmenter les frais d’inscription à l’université ?
  • 3. Les coûts de fonctionnement de l'enseignement supérieur sont sensiblement différents selon les filières : en 2007 ils variaient de 8970 euros à l'université contre 13 880 euros en CPGE. Source : MEN-MESR-DEPP (depuis 2007-2008 et la LOLF, les dépenses des IUT sont intégrées à celles des universités, ce qui a pour effet de les gonfler artificiellement.
  • 4. Voir M. Duru-Bellat et A. Kieffer, « Du baccalauréat à l’enseignement supérieur en France : déplacement et recomposition des inégalités », Population, 63 (1), 2006.
  • 5. ECO-Santé OCDE 2010. Les dépenses totales pour la santé aux Etats-Unis atteignent 7600$ PPA (parité de pouvoir d’achat) 1 900 $ PPA en République Tchèque, pour une espérance de vie équivalente.
  • 6. Laval Ch., Vergne F., Clément P., Dreux G. (2011). La nouvelle école capitaliste, Ed. La découverte , p. 156.
  • 7. Mayol, A. (2011) « vox populi, vox dei », p. 56.
  • 8. Harris, Malcolm. “Bad Education.” n+1 (2011). http://nplusonemag.com/bad-education.
  • 9. Voir Flacher, Harari-Kermadec et Moulin, Financement des études supérieures : capitalisation ou répartition ? Pour une proposition détaillée dans le cas français.
  • 10. Vinokur (2007), p. 221 et Vinokur (2009), p.446-447, pour des références à l’appui de cette affirmation concernant les États-Unis. Voir Thompson et Bekhradnia (2010) pour l’Angleterre.
  • 11. Laval Ch., Vergne F., Clément P., Dreux G. (2011). La nouvelle école capitaliste. Ed. La découverte, p. 172.
  • 12. Ibid., p. 12-13 et Marx, K., Le Capital Livre I, « Quadrige », PUF, Paris, p. 209.
  • 13. Bruno I., Clément P. et Laval Ch., (2010). La grande mutation, néolibéralisme et éducation en Europe, Ed. Syllepse.
  • 14. Detourbe, M.-A., “The Quality of the Student's Learning Experience: A strategic dimension of American and British higher education systems in the early 21st century”. Colloque Higher Education in the UK and the USA since Margaret Thatcher and Ronald Reagan: Converging Models? Université Paris III, Mars 2012.
  • 15. Becker, G. (1964). Human Capital, A Theoretical and Empirical Analysis, with Special Reference to Education, NBER-Columbia University Press.
  • 16. Foucault, M. (2004). Naissance de la biopolitique. Cours au collège de France. 1978-1979, p. 151.
date: 
05/06/2012 - 12:09
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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 15:01

 

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 12:48

lycees

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 13:30
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La justice des mineurs s’est rapprochée de façon irrémédiable de la justice des majeurs, avec le vote en juillet de la loi Mercier.

- Création d’un tribunal correctionnel pour les mineurs de seize ans en état de récidive légale. Ce tribunal sera composé de trois juges dont un juge des enfants et deux juges non spécialisés ainsi que de deux juges citoyens non formés.

- Généralisation des procédures de comparution rapide aux fins de jugement dans la logique des comparutions immédiates des majeurs.

- Marginalisation de la place du juge des enfants au profit de celle du parquet qui pourra traduire des mineurs directement devant la juridiction de jugement.

- Extension des placements sous contrôle judiciaire à des mineurs de moins de seize ans, sans antécédents judiciaires, en vue de leur placement en centres d’éducation fermés (CEF).

- Assignations à résidence avec surveillance électronique rendues possibles pour des mineurs de moins de 16 ans.

- Stigmatisation accrue des parents par la possibilité de les contraindre par la force publique à se rendre devant le tribunal où est jugé leur enfant et de les rendre passibles d’une amende.

Comme conséquence, les possibilités de placement des mineurs, déjà bien appauvries, seront de plus en plus réduites aux CEF qui deviendraient ainsi la réponse uniforme à des situations pourtant diverses et singulières. Depuis 2002, 55 foyers ont été fermés et cela va continuer puisque le budget 2012 prévoit la transformation de 20 foyers en CEF, s’ajoutant au 43 existant actuellement.


Avec ces dispositions, seul l’acte sera pris en compte au détriment à la fois du contexte familial et social et de l’évolution de l’adolescent. L’idée qu’un jeune, qu’un enfant ou un adolescent n’est pas éducable a gagné du terrain.


Anne Leclerc

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 11:12

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Le Bleu est une couleur chaude

Un texte poignant pour un récit efficace et militant, le premier roman graphique de Julie Maroh questionne la place des homosexuels dans la société.


Le bleu est une couleur chaude, c’est une histoire d’amour entre deux jeunes filles.  Tout commence par une rencontre, un regard échangé dans la rue qui dure quelques secondes seulement et pourtant, Clémentine est perturbée par cette fille aux cheveux bleus. Incapable de mettre des mots sur cette obsession, elle se met à faire des rêves, érotiques, où l’amant est… une femme. Auto-censure, honte, déni, voilà la jeune lycéenne en proie aux doutes. Chaque point bleu qui l’entoure est comme une oriflamme à la mémoire de cette rencontre.

« je suis une fille et une fille ça sort avec des garçons »

Le récit se fait à travers le journal intime de Clémentine, les dessins à travers son regard. Afin d’éloigner ses idées qui la surprennent, elle va se jeter dans les bras d’un garçon car après tout, « je suis une fille et une fille ça sort avec des garçons » répète t-elle. L’idylle ne dure pas, et tout bascule un soir, où elle recroise la fille aux cheveux bleus, Emma.  Étudiante aux Beaux-arts, plus âgée, plus affirmée aussi, elle considère son orientation sexuelle comme un acte politique, une source d’identification dans un courant artistique.

 

Clémentine refuse d’admettre qu’elle est « lesbienne » même si elle doute. « J’ai l’impression que tout ce que je fais est contre nature, contre ma nature ». Entre les réflexions homophobes de ses parents, ses amis qui lui tournent le dos, elle réalise que son histoire d’amour ne peut être qu’intime, mais s’inscrit dans un contexte social, où il faut sans cesse s’assumer, revendiquer son droit à une sexualité différente… Parfois elle se laisse gagner par le doute, « Pour Emma, sa sexualité est un lien vers les autres. Un lien social et politique.. Pour moi, c’est la chose la plus intime qui soit. » Peu à peu, Clémentine va se laisser apprivoiser par Emma, l’amitié va se transformer en tendresse, puis en amour, malgré la pression qui l’entoure.

Représenter une réalité qui n’existe pas dans la littérature

L’histoire est une succession de flash-back rondement menés par Julie Maroh : le temps du souvenir est en sépia teinté de bleu parfois, le présent est lui tout en couleur. Tout au long du récit, l’auteur nous suggère des regards, des visages qui souffrent, qui s’interrogent, des mains qui se frôlent, qui s’accrochent. Le couple se cherche, lutte contre l’attirance réciproque puis la partage, enfin. Les scènes d’amour, se situent entre érotisme et poésie et nous ramènent à une réalité : est-ce à ce point tabou pour qu’on en retrouve si peu en bande dessinée ?

 

Lauréate du prix du public à Angoulême en 2011, l’auteur a déclaré au magazine Têtu (un mensuel gay et lesbien) qu’elle était heureuse « d’avoir reçu, plus particulièrement, le prix du public (…) Je trouve ça bien qu’une thématique lesbienne ait réussi à toucher le public dans son ensemble. Les lecteurs ont reçu cette histoire entre deux femmes comme une histoire d’amour comme toutes les autres. » Dans une autre interview, l’auteur,  homosexuelle, a expliqué son envie, son besoin de représenter une réalité qui n’existe pas dans la littérature, une réalité qui est la sienne.

 

- Julie Maroh, Le Bleu est une couleur chaude, Glénat, 15€

 

http://soouest.aasagroup.net/2011/12/12/cest-lhistoire-dune-fille-qui-aime-une-autre-fille/

 


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