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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:37
20080514ManifLycens

Par Nolwenn Weiler (10 novembre 2011)


Les jeunes subissent de plein fouet la crise économique et sociale : c’est ce que met en évidence le rapport annuel du Secours catholique, publié le 8 novembre. Dans certains départements, les 18-25 ans représentent jusqu’à 10 % des bénéficiaires de l’association pour obtenir de l’aide alimentaire, ce qui ne se voyait quasi jamais avant.

 

Malgré leur bon niveau de formation (13,7 % ont fait des études supérieures contre 11,2 % des plus de 25 ans), ces jeunes ont de vraies difficultés à stabiliser leur vie professionnelle. Disposant de peu de ressources (784 euros par mois en moyenne), ils ont la plupart du temps des contrats de travail précaires qui ne leur permettent pas de « boucler » les fins de mois. Un jeune sur trois est sans ressources et habite un logement précaire. 40,2 % sont au chômage.

 

Cette aggravation de la pauvreté des jeunes Français est aussi relevée par le Secours populaire, qui a, en 2010, noté une hausse de 10 % des 18-25 ans parmi les personnes qui viennent à ses permanences. En 2009 déjà, l’Institut national de la statistique (Insee) avait souligné que les jeunes étaient plus pauvres en moyenne que les autres citoyens : le taux de pauvreté des 18 à 24 ans était alors de 22,5 %, contre 13,5 % pour le reste de la population. Le nouveau plan de rigueur annoncé par François Fillon en début de semaine ne risque pas d’améliorer cette dramatique situation.

 

http://www.bastamag.net/article1908.html

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 10:17

Brizemur qui c est-048c1

Les élèves de plusieurs collèges de Seine-Saint-Denis n'ont pas eu leurs manuels scolaires à la rentrée et ne les avaient toujours pas à la veille des vacances de la Toussaint ! Une situation rare par le passé, directement due aux moyens insuffisants dont sont dotés les établissements. Le rectorat, qui est en charge de cette dépense, n'a pas fourni les budgets nécessaires pour commander le nombre de manuels suffisant aux éditeurs. Une situation choquante partout où elle existe, mais plus encore en Seine-Saint-Denis, département où l'accès à la culture pour de nombreux élèves passe uniquement par l'école. Le ministre de l'Éducation peut pérorer sur le fait que l'éducation serait une de ses priorités : en réduisant les crédits, il sacrifie l'enseignement et en premier lieu celui des enfants qui en ont le plus besoin.

Au collège République de Bobigny, où il manquait l'argent nécessaire à l'achat des manuels pour une centaine d'élèves, les enseignants ont dû finalement renoncer à d'autres dépenses pour les acheter. Lorsqu'ils sont allés réclamer l'argent correspondant, ils se sont vu répondre par l'inspecteur : « Mais un livre par élève, est-ce vraiment nécessaire ? Un livre ne peut-il pas être suffisant pour deux élèves ? Et puis, d'ailleurs, les enseignants se servent-ils correctement des livres ? »

Cette économie n'est qu'une parmi bien d'autres, au premier rang desquelles se trouve bien sûr la suppression de postes, et les enseignants sont de plus en plus nombreux à avoir conscience de devoir assurer l'éducation des élèves non pas grâce, mais malgré le ministre et sa politique d'économies.

Stéphane FORT

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2256&id=13

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 10:14

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Mercredi 12 octobre, le ministre de l'Éducation nationale devait proposer aux inspecteurs une évaluation des enfants dès la maternelle, une évaluation refusée en bloc par les syndicats d'enseignants et par les parents d'élèves. Et pour cause.

Cette évaluation aboutirait, entre autres choses, à classer les enfants dans trois catégories dont l'intitulé est en soi édifiant sur les intentions des dirigeants : « RAS », pour rien à signaler, « risque » et « haut risque ». Une proposition qui rappelle celle faite, il y a plus d'un an, par le secrétaire d'État à la Justice, Jean-Marie Bockel, de repérer les troubles du comportement dès trois ans, et bien d'autres propositions du même genre, toutes guidées surtout par le désir de plaire à l'opinion réactionnaire.

L'argument avancé par le ministre de l'Éducation nationale est qu'il faudrait mettre en place un outil précoce contre l'échec scolaire, argument tout à fait cynique quand on sait qu'il défend les milliers de suppressions de postes d'instituteurs et la suppression progressive de la scolarisation des plus petits.

On revient très loin en arrière car, derrière ces propositions gouvernementales, il y a de vieux préjugés prétendant que ce qu'un être humain peut devenir sur le plan humain et intellectuel pourrait déjà être déterminé dès le plus jeune âge. C'est un point de vue profondément réactionnaire, défendu par un gouvernement qui se soucie comme d'une guigne de l'épanouissement et de l'éducation des enfants des classes populaires.

L'absence d'enseignants pour les jeunes, et en particulier les très jeunes, le chômage pour les adolescents : voilà en tout cas ce qui crée le « risque » et le « haut risque ».

Aline RETESSE
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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 09:45
Brizemur qui c est-048c1

INTERVIEWLe projet du ministère de l'Education nationale, qui vise à classer les élèves «à risque» voire «à haut risque» dès cinq ans, passe très mal. La réaction de Sébastien Sihr, du syndicat du primaire Snuipp.


Emoi ce jeudi dans le milieu éducatif. Objet du courroux ? Un projet sorti des cartons du ministère de l'Education nationale, qui vise à mettre en place à partir de novembre une évaluation des enfants «à risque» dès cinq ans en fonction de leurs comportement et capacité d'apprentissage, selon un document qui a fuité hier (à lire ici en PDF). Ce projet, intitulé «Aide à l'évaluation des acquis en fin d'école maternelle», et présenté comme un «outil de repérage des élèves présentant des risques pour les apprentissages à l'usage des enseignants (en) grande section de maternelle», vise à classer les élèves dans trois catégories: «RAS» (rien à signaler), «risque» et «haut risque».

 

 

RECUEILLI PAR CORDÉLIA BONAL


Forcément, du côté des syndicats, on est un peu estomaqué par cette classification qui n'est pas sans rappeler le débat sur l'idenditification dès la maternelle des élèves perturbateurs. La réaction de SébastienSihr, secrétaire général du Snuipp-FSU, le principal syndicat du primaire.

 

Etiez-vous au courant de ce projet de repérage des élèves?

Absolument pas, nous n'avons eu aucune information préalable, ni sur le fond ni sur le calendrier. On est vraiment tombé du placard. D'où notre surprise et notre colère aujourd'hui. 

Colère sur l'idée même, ou sur les modalités?

Le problème n'est pas celui de l'évaluation, les enseignants exercent déjà ce travail au quotidien dans leur classe. Le problème, c'est que ce protocole, s'il devait se confirmer en l'état, introduit une confusion des genres des plus pernicieuses. Certains items portent sur des questions d'ordre médical (vision, audition...), normalement du ressort des médecins scolaires. D'autres sont d'ordre pédagogiques, d'autres encore portent sur le comportement de l'élève.

 

Ce qui nous scandalise, c'est que l'on puisse faire des amalgames entre des troubles du comportement et ce que l'on pourrait appeler des différences de maturité. On risque de marquer des enfants de cinq, six ans du sceau de l'échec scolaire, là où il s'agit surtout de différences de développement, à un âge où cela change très vite. La maternelle n'est pas une école de tri, de compétition. C'est une école où l'on donne aux enfants le temps de se développer.

Un tel projet n'est-il pas aussi vécu par les enseignants comme une reprise en main ? 

C'est l'autre aspect. On assiste depuis un certain temps à une vraie évaluationnite : on demande aux enseignants de cocher des cases à n'en plus finir, au détriment du temps d'apprentissage. Les enseignants n'ont pas besoin de protocoles lourds et inutiles pour savoir observer leurs élèves, repérer leurs difficultés et étayer quand cela est nécessaire. 

Faut-il inscrire ce nouveau protocole dans le débat sur le dépistage des troubles du comportement en maternelle, qui avait déclenché un tollé en 2007 ?


Soit le ministère de l'Education nationale ne se soucie pas du travail des enseignants et fonce tête baissée. Soit il s'agit d'une volonté politique d'étiqueter des enfants. Et là il s'agirait en effet d'une façon de faire revenir par la fenêtre ce débat sur les troubles du comportement — cette idée d'identifier de la graine de délinquance, dans la foulée du rapport de l’Inserm qui préconisait en 2005 un dépistage systématique et précoce des enfants perturbateurs. Si cela devait se confirmer, il faudra une démarche unitaire et citoyenne pour s'y opposer.

 

http://www.liberation.fr/societe/01012365518-la-maternelle-n-est-pas-une-ecole-de-tri

 

 

Maternelle : une évaluation pas très classe

Où l'on apprend que le ministère de l'Education compte mettre en place une évaluation des enfants «à risque» dès cinq ans en fonction de leurs comportement et capacité d'apprentissage.

Par V.S.


Le ministère de l’Education nationale fait des petites cachotteries. Dans un document qui a filtré hier (à lire ici en PDF, publié par l'Agence éducation formation) et qui a aussitôt provoqué un tollé, on apprend ainsi qu’il a mis au point «un outil de repérage» des élèves de grande section de maternelle «présentant des risques pour les apprentissages».

 

Les enfants vont être évalués au premier et au troisième trimestre sur quatre «habiletés» - le comportement en classe, le langage, la motricité et «la conscience phonologique» (des sons). A l’issue d’une phase de «repérage» entre novembre et décembre sur «le comportement à l’école, le langage, la motricité et la conscience phonologique» des élèves, les enseignants devront classer les élèves dans trois catégories: «RAS» (rien à signaler), «risque» et «haut risque».

 

Objectif affiché : «Repérer les besoins de chaque élève en prévision du CP.» «Pas encore 6 ans mais déjà marqués comme à risque, voire à haut risque», proteste le syndicat SE-Unsa, qui ajoute que «les enseignant(e)s de maternelle savent très bien identifier, dans le cadre habituel des activités en classe, les enfants qui ont besoin d'accompagnement particulier. C'est leur métier. Ils n'ont nul besoin d'un dispositif inadapté et pernicieux». Le syndicat a mis en ligne une pétition.

 

«La maternelle n’est pas une école de la compétition et du tri», déclare le syndicat du primaire Snuipp, qui appelle dans un communiqué les enseignants à boycotter «ce dispositif de marquage des élèves». La fédération de parents FCPE demande, elle, «le retrait immédiat de ce projet honteux».

 

http://www.liberation.fr/societe/01012365450-maternelle-une-evaluation-pas-tres-classe

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 13:45

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Suite au tollé soulevé par la décision du maire UMP de Thonon-les-Bains de refuser l'accès à la cantine des enfants de parents au chômage, différents journaux rappelaient que plus de 70 communes, et ce depuis plus de dix ans, ont déjà pris des mesures semblables, dont des grandes villes comme Lyon, Bordeaux, Meaux, Troyes, Nice...

La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) a lancé un appel pour que cessent ces pratiques et que la cantine devienne un service public de droit pour tous, comme l'est la scolarisation. Pour justifier leur choix, les municipalités qui gèrent les cantines des écoles, tout comme les autres collectivités locales en charge des établissements du secondaire, avancent les difficultés financières auxquelles elles sont confrontées et l'augmentation des demandes du fait de la poussée démographique. Certes ! Mais ces municipalités qui décident de restreindre l'accès à la cantine aux plus démunis font justement un choix, et surtout le choix le plus facile. Comme l'explique la FCPE : « L'argument consistant à dire que les demandeurs d'emploi ont le temps de venir récupérer leurs enfants à la pause de midi en cache d'autres, moins avouables. Fragilisés, ces gens ont tendance à moins protester. Et puis, ce sont eux qui bénéficient, lorsqu'il en existe, des tarifs sociaux. Mieux vaut donc, du point de vue des finances municipales, privilégier les familles qui paient plein pot .» Il est effectivement plus économique d'ouvrir la cantine à ceux qui peuvent payer, et qui payent même le tarif le plus élevé ! Et on peut ajouter que la décision d'exclure les enfants de chômeurs peut être l'occasion de flatter la partie réactionnaire de l'opinion, encline à considérer les chômeurs comme des assistés.

Parfois, il n'y a malheureusement même pas besoin d'interdiction : un nombre croissant de parents se retrouvent dans une situation tellement précaire qu'ils ne peuvent pas payer les repas à la cantine scolaire, même avec les aides dont ils peuvent bénéficier.

L'appauvrissement des classes populaires du fait de la crise devrait au contraire conduire aussi bien l'État que les collectivités locales à tout faire pour que les cantines scolaires, comme tous les services publics, restent accessibles à tous.

Aline RETESSE

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2250&id=9

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 13:17
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L’OCDE vient de publier des chiffres plus qu’inquiétant sur l’éducation en France. Ainsi le taux de jeunes de 15 à 19 ans scolarisés a baissé de 5 % ces quinze dernières années.

C’est clairement le résultat des restrictions budgétaires et humaines qui touchent ce secteur décisif. Et les 16 000 suppressions de postes d’enseignants à cette rentrée, qui s’ajoutent à des dizaines de milliers d’autres amputations, ne feront qu’empirer une situation qui n’est pas réjouissante.

L’argent public, au lieu d’être dilapidé pour sauver la mise à des banques et des capitalistes, serait mille fois mieux employé à améliorer la formation de la jeunesse.

 

http://www.lutte-ouvriere.org/notre-actualite/breves-43/article/la-jeunesse-en-voie-de

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 10:07
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Anti-avortement, le chanteur de « dancehall » ? Non, jure-t-il. Mais les jeunes mordent (un peu) à sa leçon de vertu.

« Aurélie n'a que 16 ans et elle attend un enfant
Ses amies et ses parents lui conseillent l'avortement
Elle n'est pas d'accord, elle voit les choses autrement
Elle dit qu'elle se sent prête pour qu'on l'appelle “maman”… »

Aurélie est l'héroïne éponyme d'une chanson du Français Colonel Reyel – Rémy Ranguin – sortie en avril, sur le label de Krys, Step Out Productions. Le single est matraqué par Skyrock, NRJ12 et son clip compte 8 millions de vues sur YouTube (20 millions pour celui avec les paroles). Il est téléchargé en masse par des adolescentes. L'album « Au rapport », dont il est extrait, s'est lui vendu à 150 000 exemplaires en quatre mois.

« Elle se dit bingo, ils sont seuls dans la Twingo
 »

Dans la chanson, Aurélie « est en seconde dans un lycée de banlieue ». Elle est vierge. Son copain « depuis peu », « un mec de son quartier », est « comme elle aime c'est-à-dire un peu plus vieux ».

« Elle se dit bingo, ils sont seuls dans la Twingo

Donc ça va swinguer, elle enlève son tanga

Il réussit le ace comme Tsonga. »

Elle tombe enceinte, « il n'assume pas et se sauve comme un bâtard ». La chanson glorifie le courage de la jeune fille, qui décide de garder l'enfant malgré les galères que cela implique, et un entourage qui lui tourne le dos.

Moralité : le clip s'achève sur une image du chanteur, les mains jointes, le regard vers le ciel :

« Mettre un enfant au monde ne devrait pas être puni
C'est la plus belle chose qui soit… »


En soi, le morceau est anecdotique, mais son succès auprès des ados interroge.

Cet hommage à « toutes les Aurélie, mères à tout prix » a fait le tour de la blogosphère pro-vie, qui considère Colonel Reyel comme un des leurs.

Colonel Reyel ? « La capacité d'analyse d'un bulot »

Depuis, l'artiste se justifie à longueur d'interviews :

« Je ne suis pas contre l'avortement. Ce que j'essaie d'évoquer dans l'histoire, c'est que ça reste avant tout un choix personnel. C'est à la jeune fille de juger si elle est apte à donner la vie ou pas, tout simplement. Et dans le cas d'Aurélie, elle se sent prête, il faut donc la soutenir plutôt que de la brimer. »

L'argument ne convainc pas Vincent Baguian. Sur son blog, le parolier occasionnel de Zazie, co-auteur de « Mozart Opéra Rock » et de « Sol en cirque », estime qu'« on ne s'attaque pas à des sujets aussi graves que l'avortement ou la maternité à 16 ans quand on la capacité d'analyse d'un bulot ».

Des différences entre la chanson et son clip

Dans la classe de Lucie, en troisième dans un collège de Cergy-Pontoise (Val d'Oise), « toutes les filles aiment bien ».

« Il suffit d'avoir entendu la chanson trois fois et hop, on la connaît par cœur. »

Les filles ont cependant remarqué que le clip et la chanson n'ont pas tout à fait le même discours. Lucie :

« En fonction des couplets, elle voulait cet enfant ou c'est un accident.

Et puis, si on écoute seulement la chanson, son copain la laisse tomber. Mais dans le clip, on le voir revenir à la fin. Pareil pour ses parents alors que dans la chanson, elle n'a plus personne. »

L'Aurélie du Colonel, la Brenda de Tupac… pas le même destin

La chanson du rappeur américain Tupac, « Brenda's gotta Baby
 », a peut-être inspiré Colonel Reyel :

« She's 12 years old and she's having a baby. » (« Brenda a 12 ans et elle attend un enfant »)

Brenda tombe enceinte pour n'avoir pas su résister à la tentation. Comme chez Colonel, l'annonce à la famille se passe mal. Dans les deux clips, la scène de dispute familiale est assez similaire. Mais alors que Brenda se débarrasse de l'enfant dans une benne à ordures et tourne mal (drogue, prostitution, mort), Aurélie garde son enfant et s'en sort.

Elle incarne une figure de mère courage qui force l'admiration de Colonel Reyel, tandis que la Brenda de Tupac incarne le chaos et la tragédie.


Les paroles de Colonel Reyel jouent sur un imaginaire adolescent romantique et renvoient à une figure de la mater dolorosa, très courante dans le rap, avec une jeune fille qui élève seule son enfant. Pour Bruno Lafortestrie, directeur de la radio Générations, on trouve cette figure un peu partout, et notamment chez Diam's – « Le public de Colonel Reyel est d'ailleurs dans cette lignée, avec une même cible ado 11-18 ans. »

« Mon sentiment, c'est surtout que sur ce genre de sujets, il y a un décalage entre les paroles que tu défends en public et la réalité du privé. »

 

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« Colonel Reyel, c'est pas la vraie vie. Le planning familial, oui. »

Fatou et ses deux copines, collégiennes « d'après la porte de Clignancourt », admirent Aurélie « pour son courage ».

« Si ça m'arrivait, je me ferais virer de chez moi. »

A la sortie du lycée technique Diderot, dans le XIXe arrondissement de Paris, tous les adolescents connaissent le tube :

« Du rap de fillette, mais toutes les filles adorent. »

Mais tout le monde s'accorde sur un point :

« Colonel Reyel, c'est pas la vraie vie. »

« Si tu peux pas élever un enfant, t'as pas les moyens, tu ramènes pas une bouche de plus à nourrir à la maison. Tes parents font des sacrifices pour que t'aies une meilleure vie qu'eux », estime un grand échalas de 17 ans. Son pote ricane :

« Le planning familial, c'est ça la vraie vie. »

Anthony, qui se targue d'être d'origine antillaise comme Colonel Reyel, avoue :

« C'est arrivé à ma meuf et elle a avorté. »

Les parents ne l'ont jamais su.

« Tu veux que je crève ? Tu veux qu'elle crève ? »

« Chacun fait ce qu'il veut, résume un autre. Mais de là à faire une ode aux filles de 16 ans qui ont un enfant, c'est pas un exemple à donner ».

« Il est contre l'avortement, Colonel, c'est tout », conclut Anthony.

« T'ain, elle s'est quand même donnée dans une Twingo »

Un lycéen lâche, dégoûté :

« T'ain, elle s'est quand même donnée dans une Twingo. »

« Ouais, c'est marrant », remarque un autre.

« Les filles oublient toujours le paragraphe où elle se fait sauter dans la Twingo. Elles préfèrent celui où elle assume son enfant. » (Ecouter le son)

 

« Aurélie, c'était pas la maternité qui l'intéressait, c'est la Twingo », répond un autre, plus gravement. Sans secousse, on en arrive à se demander si Aurélie est vraiment « une fille bien ».

« Moi j'dis, tu couches à 16 ans, la première fois dans un Twingo avec un lascar, ben t'es une pute », tranche l'un d'eux. Approbation générale.

Une maman : « Ça n'est pas une louange de la liberté de choix »

 

Du côté des mères, on retient donc de la chanson l'ambiguïté pro-vie : « La mienne aime bien le morceau, elle l'a dans son iPod, mais elle dit que la chanson est contre l'avortement », explique Anthony. Idem du côté de Cergy-Pontoise. La mère de Lucie trouve le message « nauséabond » :

« Ça n'est pas une louange de la liberté de choix, mais une louange de ce choix-là. »

Fatou, ses copines, et la petite bande de Diderot centrent plutôt le débat sur des enjeux de vertu et de réputation. Très vite, le discours se polarise entre ce qu'est « une fille bien » versus « une pute », entre ce qu'est « un bonhomme » versus « un lascar ».

« Bref, ça fait vendre, d'avoir à argumenter », soupçonne Anthony.

« C'est un malin, Colonel. »

Pourquoi pas Fatoumata ?

Soudain, l'ado s'interroge :

« Pourquoi elle s'appelle Aurélie, d'ailleurs ? »

Dans son dos, son pote reprend immédiatement, sur l'air de Colonel Reyel :

« Fatoumata a 16 ans. Elle attend un enfant. C'est le huitième. »

L'humour de potache fonctionne. La bande de Diderot est pliée de rire.

Dans les faits, une étude de l'Ined confirme que les femmes d'origine maghrébine sont sur-représentées au sein des femmes accouchant sous X en France. Leur sur-représentation est plus flagrante chez les plus jeunes. A Paris, 53% sont étrangères ou issues de l'immigration et vivent dans les quartiers les plus pauvres. Quatre sur dix vivent encore chez leurs parents.

« Dans les quartiers, pour les Marocaines, Algériennes, Tunisiennes et pour les Africaines, il faut avorter », lâche Fatou.

« Une copine a accouché sous X, ça s'est su. Elle a humilié sa famille. »

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 12:03
Bon, chacun sa drogue hein!
16 juin 2011

Depuis des années, différents gouvernements entendent mener une guerre totale à la drogue. Mais que ce soit en termes de consommation ou de santé publique, elle a fait la preuve de sa totale inefficacité. En France, seuls le NPA et Europe Écologie-les Verts se prononcent pour la légalisation.

 

Le 18 juin, comme chaque année, à l’appel du Centre d’information et de recherche cannabique (Circ), des rassemblements vont avoir lieu en France, dénonçant la politique de répression, demandant l’abrogation des lois anti­drogues de 1970 et la légalisation du cannabis. La critique de la politique internationale de criminalisation et de «  guerre à la drogue  » est également venue ces derniers jours de l’intérieur même du système capitaliste. La Global Commission on Drug Policy, qui ne regroupe pas des adeptes de Bob Marley ou du sweat à capuche, mais des personnalités comme les anciens présidents brésilien Cardoso, colombien Gaviria, mexicain Zedillo, l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, vient de reconnaître «  l’échec  » de la politique internationale actuelle. Elle déclare ainsi que « 50 ans après la signature de la Convention de l’ONU sur les drogues et 40 ans après que le président Nixon eut lancé la guerre anti­drogue du gouvernement nord-américain, il est urgent de réformer les politiques nationales et mondiales de contrôle des drogues » et constate que «  les initiatives de décriminalisation n’aboutissent pas à une augmentation significative de la consommation de drogues », recommandant même de « mettre fin à la criminalisation, la marginalisation et la stigmatisation des personnes consommant des drogues mais qui ne causent pas de dommage aux autres ».

 

Bien évidemment, le ministre de l’Intérieur Guéant, dans sa surenchère raciste et sécuritaire permanente, s’est empressé d’y répondre  : «  j’y suis absolument opposé. La drogue, c’est quelque chose qui est dangereux sur le plan de la santé  » et d’en profiter pour stigmatiser une fois de plus les jeunes de banlieue  : «   Par rapport à la délinquance et au phénomène de bandes, il a été observé partout où le cannabis a été dépénalisé que les bandes s’emparaient du trafic d’autres substances.  » Il aurait été mieux inspiré de lire le rapport de cette commission qui reprend le constat fait par toutes les analyses sérieuses  : la politique de prohibition n’est efficace ni en termes de santé (c’est même le contraire), ni en termes de contrôle du trafic. En 2008, on estime que 42 % des jeunes de 17 ans en France ont fumé du cannabis (taux le plus élevé en Europe) alors que les lois de 1970 sont les plus répressives. Au Portugal, depuis 2001, la consommation de toutes les drogues a été dépénalisée sans que l’usage augmente et les Hollandais consomment moins de drogue que les Français.

 

Une guerre sociale...


La «  guerre à la drogue  » est avant tout une guerre sociale et sert des objectifs politiques. Aujourd’hui, on stigmatise le trafic à Sevran (Seine-Saint-Denis) car cela permet de viser les jeunes, les immigrés, les pauvres. Les problèmes sont bien réels dans les banlieues mais la drogue n’en est pas la cause. La situation actuelle est la conséquence du chômage de masse, de la misère économique. Plusieurs milliers de jeunes sont incarcérés chaque année pour consommation et trafic de cannabis, principalement issus de milieux populaires, alors que tout le monde sait que la drogue circule partout. Jean-Luc Delarue qui a avoué consommer 10 000 euros de cocaïne par mois dans le 6e arrondissement de Paris, n’a pas fait un seul jour de prison. Il est évident que la police et la justice mènent sur la question des drogues une politique antijeunes, au faciès, afin de maintenir un contrôle sécuritaire et économique en banlieue.

 

...et inefficace


Cette politique ne peut mener qu’à une impasse, comme le montre la situation au Mexique. Depuis 2006, le gouvernement a déclaré la guerre «  totale  » aux cartels de la drogue en envoyant 50 000 militaires (ce que demande de manière totalement absurde Gatignon, le maire EÉ-LV de Sevran…) en plus de la police. Résultat  : 30 000 morts et un trafic qui n’a jamais été aussi élevé. Tout ceci se faisant aux portes des USA qui mènent parallèlement une politique anti-immigrés très répressive sur cette frontière. Les premières victimes de cette situation sont les centaines de femmes pauvres assassinées à Ciudad Juarez. Cela n’a pas empêché le trafic de cocaïne de progresser. L’ONU constate même qu’au niveau planétaire la consommation d’opiacés à augmenté de 35, 5 % entre 1998 et 2008 (la guerre en Afghanistan n’y est pas pour rien), celle de cocaïne de 27 % et celle de cannabis de 8, 5 %. Il y a donc urgence à cesser au niveau international la politique répressive actuelle.

 

La légalisation est la seule mesure sérieuse en termes de santé publique. Il faut apprendre à vivre avec les drogues, les gérer au mieux. N’oublions pas que les deux drogues les plus dangereuses en France sont légales  : le tabac (60 000 morts par an) et l’alcool (35 000 morts par an). Le seul moyen pour faire réellement de la prévention et de l’aide à la diminution des risques (utilisation de seringues stériles pour prévenir les infections par exemple) passe par la dépénalisation des drogues. Ne plus faire du consommateur un délinquant est le préalable à toute politique de santé qui vise à réellement aider les gens dans l’usage de drogues qui peut devenir ingérable pour certains.

 

Pour l’instant, les réponses de la gauche sont faibles. Act-up, Aides… essaient de faire entendre leur voix et leurs préoccupations face à la dégradation de la situation. À part le NPA et EÉ-LV, aucun parti ne prend clairement position en faveur de la dépénalisation de la consommation des drogues et de la légalisation du cannabis, qui sont pourtant des mesures simples et facilement applicables, même dans le cadre du système actuel. Le PS partage fondamentalement le discours de l’UMP sur la question. Hollande et Royal se sont opposés à la légalisation du cannabis  : «  On ne peut pas relâcher la répression sur le trafic  », estimant que le trafic se reporterait alors «  sur d’autres drogues  ». Seul Vaillant, ancien ministre de l’Intérieur socialiste, a pris position pour, plutôt par simple pragmatisme policier. Il y a pourtant nécessité et urgence à s’opposer à la droite qui prétend rétablir l’ordre moral. La loi de 1970 permet au gouvernement de maintenir une sorte d’état d’exception dans les banlieues. La lutte antidrogue sert de prétexte à de nombreuses dérives sécuritaires  : au niveau légal, le trafic de drogue est soumis aux mêmes mesures que le terrorisme. Refusons cela. Avant, pendant et après 2012, une seule solution  : légalisation  !

 


BOULANGE Antoine

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 107 (16/06/11).

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 12:48
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Social jeudi 26 mai 2011

38% des étudiants touchés par la déprime au cours des 12 derniers mois

Selon une enquête de la LMDE (La Mutuelle Des Etudiants) conduite par l'Ifop auprès de 8 500 étudiants et publiée ce jeudi, un quart des étudiants déclarent rencontrer des difficultés pour «joindre les deux bouts».

26% se déclarent en difficulté

 

L'enquête revient ainsi sur le fait de société que constitue la précarité sociale des étudiants. La période des études n'est plus plus «une sorte de sas d'insouciance dorée entre l'adolescence et l'entrée dans la vie active», souligne Gabriel Szeftel, président de La Mutuelle des étudiants.

 

Selon le document, 26% se déclarent en difficulté lorsqu'il s'agit de faire face aux dépenses courantes : alimentation, loyer et factures d'électricité. D'autant que 73% des étudiants dépendent de leur famille qui «constitue la principale source de revenus loin devant les aides sociales» dont bénéficient «seulement 38% des étudiants» (bourses sur critères sociaux, aide au logement, allocations familiales).

 

Le problème des soins


«L'enquête aborde également leur difficulté d'accès aux soins » en recul « ainsi qu'un » niveau de protection sociale «insuffisant». Un étudiant sur cinq renonce à se soigner tandis que seuls 32% déclarent avoir bénéficié d'une visite médicale obligatoire, chiffre en baisse puisqu'ils étaient 59% en 2008.

 

Un constat qui concerne également leur psychologie. Un tiers des étudiants montre des «signes de mal-être». Et 38% des étudiants ont ressenti un sentiment de tristesse ou de déprime dans les 12 derniers mois. Enfin, près des trois quarts des étudiants ont «le sentiment d'être une génération sacrifiée».

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Un-quart-des-etudiants-touche-par-la-precarite_47487-1810553_actu.Htm

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 09:22

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Les étudiants poursuivent leur lutte contre l’augmentation des frais d’inscription. Leur mobilisation auto-organisée secoue l’apathie des directions syndicales.

Samedi 29 janvier, des milliers d’étudiants et d’enseignants, rejoints par d’autres syndicats, ont manifesté à Manchester et Londres contre les réductions budgétaires dans l’Éducation, les suppressions de postes et l’inacceptable augmentation des frais d’inscription qui doivent monter à 9 000 livres par an (10 500 euros). Ces manifestations étaient appelées par le Réseau militant de l’Éducation, la Campagne nationale contre l’augmentation des frais de scolarité, les syndicats UCU (enseignement supérieur) et PCS (fonctionnaires).


Le mois dernier à Londres, des manifestations massives ont ébranlé le gouvernement libéral-conservateur. Celui-ci a cependant réussi à forcer un vote au Parlement sur l’augmentation des frais d’études mais au prix de quelques concessions. Ce mouvement a montré que le gouvernement était vulnérable. Les libéraux-démocrates, qui siègent au gouvernement alors qu’ils ont été élus sur la base d’une opposition à l’augmentation des frais de scolarité, voient leur cote de popularité dans les sondages tomber à 7 %, alors que le Parti travailliste dépasse maintenant les conservateurs.


Les détails des restrictions dans l’Éducation et les conseils municipaux ainsi que ceux sur la privatisation du Service national de santé (NHS) sont divulgués au moment où le scandale des bonus des banquiers fait de nouveau la une des médias. Un projet de loi présenté au Parlement prévoit la privatisation de pratiquement tout le NHS dont un million d’emplois qui seront transférés du public vers le privé.


La banque nationalisée RBS a réservé 1, 3 milliard d’euros de bonus pour ses hauts dirigeants et Bob Diamond, directeur de la banque Barclay, a déclaré que le « temps des remords et des excuses » était terminé.


Confrontés au Syndicat national des étudiants (NUS) qui patauge péniblement dans la mobilisation, les étudiants ont commencé à construire leur propre mouvement. Les assemblées d’étudiants ont impulsé la campagne malgré les tergiversations de la direction du NUS. Elles pourraient devenir le noyau d’un nouveau mouvement étudiant, indépendant, auto-organisé et responsable. La campagne va se focaliser sur le refus de la mise en œuvre des mesures gouvernementales en demandant aux universités de ne pas appliquer l’augmentation des frais d’inscription ni les réductions de personnel et de services.


Le mouvement étudiant a forcé les dirigeants nationaux des syndicats à commencer à se mobiliser en défense des services publics et des emplois. Toute l’énergie de la gauche et des militants syndicaux est maintenant consacrée à la réussite de la manifestation appelée par la confédération syndicale (TUC) le 26 mars. Mais cette manifestation ne doit être qu’un lever de rideau d’une lutte longue et difficile pour défendre l’acquis le plus important du mouvement ouvrier depuis 1945, c’est-à-dire « l’État providence » avec en particulier le Service national de santé.


Fred Leplat
Traduction Jacques Radcliff

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