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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 12:41

 

 


 

Plus de 50.000 étudiants, lycéens et professeurs britanniques ont manifesté ce mercredi 10 novembre face au Parlement à Westminster, Londres, pour protester contre le projet de réduire les bourses d'études et de tripler les frais d'inscription aux universités, qui passeraient de 3.290 Livres actuellement (3.785 euros) à 9.000 Livres par an (10.350 euros).

 

Rassemblés à l'appel du Syndicat national des étudiants (NUS), les manifestants, très déterminés, ont été durement réprimés par la police lorsqu'ils ont envahi et occupé le siège du Parti conservateur à Millbank. Les affrontements ont été d'une ampleur jamais vue à Londres depuis 20 ans et ont fait 14 blessés, dont 7 policiers et plusieurs dizaines d'arrestations.


L'occupation du siège des « tories » à Millbank a été le moment fort de cette mobilisation qui a surpris les médias par son ampleur et sa radicalité. À l'intérieur des bureaux occupés, plusieurs permanents du parti conservateur se sont barricadés dans leur bureau, dont la présidente du parti, la baronne Warsi, restée en contact téléphonique avec la police à l'extérieur. Des slogans ont été peints sur les murs et du mobilier jeté par les fenêtres aux cris de « cochons de conservateurs ». La police semble avoir été totalement surprise elle-aussi et un moment débordée et forcée de reculer face à la détermination des étudiants.


Un groupe étudiant a diffusé une déclaration disant; « Nous occupons le siège du parti conservateur en opposition à la marchandisation de l'enseignement approuvée par le gouvernement de coalition et à sa volonté d'aider les riches pour s'attaquer aux pauvres. Nous appelons à l'action directe pour s'opposer à l'austérité. Ceci n'est que le début de la résistance ».


Le président du NUS a condamné les « actions violentes » tout en prévenant les députés libéraux qu'ils seront expulsés du parlement s'ils votent en faveur de l'augmentaiton des frais d'inscription. Pendant la dernière campagne électorale pour les législatives, les libéraux avaient en effet promis qu'ils n'augmenteraient pas les frais d'inscription universitaire, augmentation aujourd'hui envisagée afin de compenser les coupures dans les subsides publics aux universités décidées dans le cadre du plan d'austérité drastique décidé par le gouvernement de coalition libéral-conservateur.


Après la Grèce et la France, cette manifestation du 10 novembre pourrait être le signal du réveil de la jeunesse et de la classe ouvrière anglaise, jusqu'ici relativement passive face à ces mesures d'austérité sans précédent prises par le gouvenrement de James Cameron, qui se targuait il y a peu encore de parvenir à un large « consensus » autour de ses politiques antisociales.


À lire: Tract en PDF diffusé par nos camarades britanniques de Socialist Resistance à la manifestation du 10 novembre.

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 10:18

 

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 10:16

 

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 14:06

Publié dans : Hebdo TEAN 74 (21/10/10)
repression-lyceens-1305.jpg

Avec l’entrée des jeunes dans le mouvement contre la réforme des retraites, le gouvernement renforce sa politique sécuritaire et policière. Toute forme de contestation est chaque jour plus criminalisée.

On a l’habitude. Depuis plusieurs années maintenant, la répression s’abat systématiquement sur les acteurs et les actrices du mouvement social. Avec Sarkozy au pouvoir, on ne peut plus parler de dérive sécuritaire, mais bien d’un climat autoritaire renforcé par des politiques de plus en plus liberticides.
Acculé, discrédité, le gouvernement craint plus que jamais l’irruption de la jeunesse dans le mouvement.

 

À ses yeux, le seul moyen d’empêcher cela est de réprimer et d’envoyer « les forces de l’ordre » face aux lycéens comme face aux salariés. Il s’agit de faire peur, de dissuader par la brutalité policière et par des décisions de justice arbitraires, après des comparutions immédiates, condamnant des manifestants à des peines de prison ferme, comme à Saint-Nazaire, par exemple, il y a trois semaines. Il s’agit de casser toute action des grévistes en envoyant les CRS lever des blocages ou en laissant la Brigade anti-criminalité (BAC) provoquer et matraquer à outrance. Ces derniers utilisent des méthodes de voyous pour piéger les manifestantEs, jeunes ou non.


Mais la répression s’est particulièrement déchaînée lorsque les lycéens ont débrayé massivement. De Lyon à Chambéry, en passant par Rennes, Saint-Denis ou Montreuil, il a suffi que les jeunes fassent grève ou bloquent leurs établissements pour que la police intervienne automatiquement et brutalement. Parfois, elle est présente avant même que les élèves arrivent dans leur lycée, comme ce fut le cas vendredi 15 octobre au matin, à la suite d’un ordre donné aux préfets par Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur. Son objectif n’était aucunement d’assurer « la sécurité », comme on a pu l’entendre de la bouche de ces policiers, mais bien d’empêcher toute nouvelle initiative des lycéens grévistes.


Cette présence et cette répression policière ont inévitablement des conséquences dramatiques : le tir de flashball qui a démoli le visage d’un lycéen de Montreuil en est la triste démonstration. Ce grave incident a, à juste titre, ému et indigné la majorité de l’opinion. Même si le préfet de Seine-Saint-Denis et Brice Hortefeux ont demandé de la « retenue » aux policiers, il n’empêche que ces derniers n’hésitent pas à arrêter, à blesser, qui des lycéens, qui des syndicalistes, c’est-à-dire ceux et celles qui osent remettre en question l’ordre établi. Ces attitudes sont en réalité largement encouragées par le ministère de l’Intérieur et par l’exécutif.


Cette répression s’accompagne d’un discours inacceptable sur cette jeunesse à qui on accole un seul qualificatif, dangereuse, à qui on refuse tout droit et surtout celui de réfléchir et d’agir. Pour la droite réactionnaire et autoritaire, un jeune peut être pénalement responsable à 13 ans mais n’a pas le droit d’avoir des idées politiques à 16. Le vieil adage gaulliste « soit jeune et tais-toi » pourrait bien s’appliquer à l’ère sarkozyste.


À l’heure où sont écrites ces lignes, de nombreuses arrestations ont déjà eu lieu. Le NPA exige que les manifestantEs arrêtéEs soient relâchéEs sans poursuite et que les policiers auteurs de violence soient eux sanctionnés.


Myriam Martin

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 13:49

 

Dialogue à bâtons rompus entre lycéens d'Ile-de-France, ou comment la politique, et la mobilisation pour les retraites, vient aux jeunes.

Quatre lycéens devant une poubelle brûlée lors d'une manif, le 18 octobre 2010 à Lyon (Robert Pratta/Reuters).

 

 

Depuis un an, Rue89 rencontre chaque semaine un groupe de première et de terminale STG (sciences et technologies de la gestion). Ils ont entre 17 et 18 ans et vivent à Ivry et Vitry-sur-Seine.

Leur lycée est bloqué depuis dix jours par les opposants à la réforme des retraites. Ce mercredi, l'atelier a été consacré aux retraites. Pendant un peu plus d'une heure, les sept lycéens ont parlé blocus, politique et avenir. Aucun d'entre eux n'est encarté ou issu d'une famille politisée. Les prénoms ont été modifiés.

« Au lycée, ils sont “déter” ! »

Rue89. Comment ça se passe dans votre lycée ?

Inès. Le 12 octobre, il y a eu la grève des profs et depuis mercredi, c'est le blocus. Ils mettent des barrières, des matelas, tout ce qu'ils trouvent à l'entrée du lycée et avec leur mégaphone, ils crient. Le slogan, c'est : « Sarkozy, t'es foutu, la jeunesse est dans la rue. »

Ahmed. Ils distribuent aussi des prospectus pour appeler à manifester. Le matin, on regarde sur Facebook s'il y a blocus ou pas. S'il y a blocus, je me rendors.

Vous les sentez comment vos camarades qui bloquent ?

Mam. C'est pas pour ne pas avoir cours, ils sont vraiment motivés. Ils balaient même le soir.

Fatou. Il y a des cons, mais sinon la plupart, ils se lèvent à 6 heures, ils sont « déter » [« déterminés », ndlr], vraiment.

Inès. A Romain-Rolland, c'est très bien organisé. C'est bien qu'ils défendent leur retraite, s'ils sont convaincus.

Pourquoi vous ne vous sentez pas concernés ?

Inès. Je suis pour la réforme, donc je ne vais pas aller bloquer.

Pourquoi tu soutiens la réforme ?

Inès. Je lis ce que propose le PS, mais ce n'est pas une solution, je ne suis pas d'accord.

Mam. Mais c'est tes parents qui le pensent ou c'est toi ?

Inès. Ah non, c'est moi. Je lis des articles et tout.

Mam. T'es à droite ?

Inès. Oui.

(Silence.)

Mam. Mais t'habites où ?

Inès. A Ivry, une ville communiste, mais je suis de droite.

Mam. Waouh… c'est grave.

Inès. D'habiter dans une ville communiste et de vouloir voter à droite ?

Mam. Non, mais je sais pas, c'est chelou.

Pourquoi tu lui poses toutes ces questions ?

Mam. Pour savoir, pour comprendre. (Il s'adresse à Inès.) Si à ton âge, tu veux voter à droite, ça veut dire que t'es contre toutes les personnes du lycée qui font le blocus, alors !

Inès. Ah non ! Je suis contre leurs idées, pas contre les gens. S'ils veulent bloquer pour leurs retraites, c'est leur droit de l'exprimer, mais je suis contre leurs idées politiques, oui.

Je peux être amie avec des gens de gauche. Le seul truc, c'est que t'as le droit de faire la grève, mais n'empêche pas les autres d'aller bosser et d'aller au lycée !

Ahmed. Ça sert à rien de bloquer. Le gouvernement s'il a décidé de faire quelque chose, il va le faire. Les ministres, tout ça, ils s'en fichent des manifestations, ils sont trop haut. Le Premier ministre, il n'a même pas l'air inquiet de la pénurie d'essence.

Inès. Si. Il a dit que c'était intolérable de bloquer les gens.

Fatou. S'il n'y a plus d'essence, c'est la merde, il n'y a plus de transports.

Renée. Les gens peuvent plus bosser, c'est pas possible que ça continue comme ça ! Il y a plus de voitures, plus de trains, plus de métros.

Sophie. Il y a le tramway. (Rires)

Mam. Et c'est quoi le problème ?

Inès. Tu peux pas nuire à autrui.

Mam. Mais justement, c'est leur travail, ils ont le droit de décider de pas fournir d'essence, c'est leur grève.

« J'ai perdu cinq notes dans le trimestre »

(Ils discutent de la pénurie de gazole. Sophie reprend la parole sur le blocus.)

Sophie. Je pense qu'on est en retard sur le programme à cause de ça.

Renée. Je ne suis ni pour ni contre la réforme, mais je ne vais pas aller manifester, alors que je ne travaille pas.

Fatou. On nous fait croire que la retraite des aînés, elle dépend que des gens qui travaillent, mais elle ne dépend pas que de ton salaire à toi. Il n'y a pas que ça. Il y a d'autres choses comme la croissance, le PIB tout ça. Pourquoi ils [les médias, ndlr] font croire que ça dépend que de ceux qui travaillent ?

Inès. Les médias ne montrent que ceux qui manifestent.

Mam. Archifaux ! Tu regardes que d'un point de vue, les télés elles montrent que la casse, elles veulent faire croire que les manifestants, ils sont pas responsables, ils savent pas ce qu'ils font.

Vous en parlez avec vos parents ? Qu'est-ce qu'ils en disent ? Qu'est-ce qu'ils pensent des blocages ?

Sophie. Oh, ils nous voient même pas partir le matin.

(Ils rient.)

Ahmed. Mon père, il dit qu'on est des petits gamins, qu'on n'est pas concernés.

Mam. Les jeunes, c'est l'avenir, ils doivent être concernés.

Pourquoi tu ne manifestes pas alors ?

Mam. Je ne sais pas, il y a des gens qui le font, mais moi, je ne me sens pas capable.

Ahmed. Pourquoi on va bloquer le lycée alors qu'on n'a même pas encore de diplôme et on n'est pas sûrs de bosser ?

Mam. Faut pas que ça dure deux-trois mois quand même ! Là, ça va, ça fait que dix jours.

Inès. Deux semaines ! J'ai perdu cinq contrôles, c'est cinq notes dans un trimestre.

Mam. Mais tu te rends compte ! C'est quoi cinq contrôles dans une vie ?

Inès. C'est rien dans une vie mais dans un trimestre, c'est ce qu'ils regardent à l'entrée des écoles.

Mam. Mais il y a des gens qui travaillent, ils se demandent comment ils font avec leur corps tellement ils sont crevés !

Inès. C'est quoi le rapport avec le blocus ?

Mam. Mais c'est ça la réforme ! C'est travailler plus longtemps.

Inès. Mais non parce que tu commences plus tard. Nos grands-parents, ils commençaient jeunes mais là, on commence à 25 ans. C'est logique.

Mam. La réforme, elle met une limite. Pourtant les gens qui rentrent, y compris jeunes, ils finissent tard ! Ils vont finir comment ?

Vous connaissez des gens de votre âge qui travaillent ?

Tous. Oui !

Ils font quoi ?

Tous. Mécanicien, aide-soignante, hôtesse d'accueil, sur les chantiers, dans une boulangerie…

« Sarko, il va pas gagner en 2012 ! »

Revenons-en au blocage. Quelles sont les autres revendications ?

Mam. C'est pas bien de dire que les lycéens le font pour pas aller en cours.

Inès. Ils veulent vraiment que ça change mais attends, le slogan « Sarko t'es foutu », quand tu parles du président de la République, tu parles pas comme ça. C'est dégueulasse. Que t'aimes pas un personnage, d'accord, mais il y a un respect…

Mam. Mais t'es trop Sarko, toi ! Mais comment tu peux respecter un mec qui a traité tes grands frères, le Kärcher ?

Ahmed. Par rapport aux jeunes, il faut pas dépasser les bornes, Sarkozy a raison.

Mam. Oh, mais vous regardez tout d'un seul côté. Et celui qui a perdu son œil à Montreuil ?

Inès. Et c'est quoi le rapport avec Sarko ? Tout est prétexte pour être contre lui, comme pour les grèves.

Mam. Et quand il était ministre de l'Intérieur ? Il avait la police. Il fait n'importe quoi.

Ahmed. Mais non, il fait des choses bien et des choses pas bien.

Mam. Sarko, il va pas gagner en 2012 parce que la nouvelle génération, elle votera pas pour lui.

(Ils parlent des qualités et des défauts de Nicolas Sarkozy avant d'en revenir aux blocages.)

Comment vous expliquez que dans votre lycée, les blocages se passent dans le calme ?

Mam. Dans les autres endroits, c'est à cause de la police.

Inès. Mais pourquoi c'est toujours la faute de la police ? Quand ils cassent une vitrine, c'est la police…

Renée. Chez nous, les lycées sont très bien organisés, ils savent ce qu'ils font. Dans un lycée à côté de chez moi, ils font n'importe quoi, ils prennent les poubelles n'importe où, ils bloquent la rue…

Inès. Quand on sait de quoi on parle, il n'y a pas de problème mais quand même, ils pourraient nous laisser aller en cours.

Mam. Ecoute, si tu vas en cours avec ta copine, les autres ils vont être notés absents. C'est pour ça qu'ils bloquent.

A votre avis, pourquoi des gens de votre âge sont si déterminés ?

Inès. Le chômage, il augmente, alors ils ont peur, ils veulent faire quelque chose.

Fatou. Il y a l'environnement familial qui compte. Quand les parents font grève, les enfants, ils suivent.

Ahmed. Il y a des gens ils sont contre Sarkozy donc ils en profitent pour s'exprimer.

Renée. C'est pas la retraite, mais ils se demandent comment ce sera plus tard, ils ne savent pas ce qui se passera.

Mam. Les filières générales, ils manifestent plus parce qu'ils ne savent pas vers quoi ils se dirigent. Ils pensent pas encore à leurs métiers, ils sont dans le flou.

Inès. Parfois il suffit d'une ou deux personnes et les autres suivent. Je me souviens l'année dernière, un prof était en retard, au bout de cinq minutes, quelqu'un a dit « on se casse » et tout le monde est allé en perm'.

« Je serai trop fatigué à 67 ans »

(Conversation sur le système des absences au lycée. On décide de faire un tour de table façon Beatles.)

A 67 ans, vous vous voyez comment ?

Sophie. Je ne me vois pas.

Et dans quelques années ?

Sophie. Justement, je sais pas.

Emilie. Moi, je vais travailler dans le commerce et aller dans d'autres pays. A 67 ans, je serai partie ailleurs pour me reposer.

Fatou. Dans quelques années, je me vois trop trop bien, avec un milliardaire. A 67 ans, je me vois dans mon pays d'origine. Au Sénégal ou Gambie, je sais pas encore.

Avec du soleil et ton milliardaire ?

Fatou. Oui.

Mam. Dans quelques années… Je me vois dans une entreprise en train de recruter plein de jeunes de banlieues. J'aimerais bien faire une politique d'aide aux jeunes.

Renée. Pourquoi que les jeunes de banlieue ?

Mam. Pour montrer que tout le monde peut réussir. Sinon, à 67 ans, c'est sûr je serais déjà à la retraite depuis longtemps …

Inès. Mais c'est pas possible, sinon on va devoir faire comme au Etats-Unis et chacun mettra de côté pour sa retraite !

Mam. (Il hausse les épaules) A 67 ans donc, je serai dans le sud de la France pour profiter de mes derniers instants.

Ahmed. Je serai contrôleur de gestion dans une grande banque et à 67 ans, je me vois dans mon pays d'origine, je travaillerai encore mais comme directeur.

Renée. Je veux travailler dans la communication et à 67 ans, si la règle elle passe, je rentre travailler dans mon pays, au Congo. Je veux continuer après 67 ans…

Mam. Je serai trop fatigué moi à 67 ans ! Le travail, même si c'est pas physique, après 60 ans t'es fatigué mentalement.

Inès. Moi à la télé, j'ai vu une femme de 65 ans, elle a travaillé toute sa vie et elle était pas fatiguée. Moi après ma classe prépa, je veux faire une école de commerce. J'ai calculé, à 27 ans, je chercherai mon premier travail. Je travaillerai 40 ans comme c'est demandé et après j'irai à la retraite dans le studio de mes parents dans le sud.

Mam. Mais pourquoi tu as toujours ce besoin de respecter les règles ?

Inès. Mais parce que c'est les règles.

Vous parlez tous de travail. Je ne vous ai pas demandé dans quel métier vous vous voyez pourtant.

Fatou. J'ai dit que j'allais trouver un milliardaire.

(Ils rient.)

Vous pensez beaucoup au travail…

Renée. C'est pour ça qu'on est à l'école

Inès. On ne peut pas être heureux sans un bon travail.

Mam. Je suis d'accord, je peux pas être heureux.

Inès : Ce qui m'inquiète, c'est la famille et les enfants. Faut pas en faire trop pour les sous…

(Les autres ont l'air d'accord.)

Ahmed. Nos parents sont venus en France pour que leurs enfants aient une meilleure vie qu'eux, pour qu'on fasse des études, qu'on trouve un bon poste. Le travail, c'est notre objectif. C'est grâce au travail qu'on est considérés dans notre société. Quelqu'un qui a un bon travail, qui gagne beaucoup d'argent, qui roule dans une grosse voiture, il est mieux valorisé que celui qui fait un métier manuel.

Inès. On vit dans un monde matériel, il n'y a que les apparences qui comptent. Le monde il est comme ça, on ne va pas le changer.

Ahmed. Et nos parents qui ont pas de diplômes qui sont venus en France, on veut leur rendre ce qu'ils nous ont donné quand ils seront vieux et à la retraite. C'est pour ça que le métier c'est important.

Mam. Je veux faire de l'oseille. Franchement, pour parler sérieusement, l'école, c'est un moteur. L'année dernière, j'ai compris que c'est le seul moyen pour réussir. Réussir, je me pose toujours la question, c'est être paisible dans sa tête, surtout financièrement, avec ses enfants, sa femme. Mettre ses proches à l'abri du besoin.

Inès. Pouvoir ne pas avoir à se dire « putain, à la fin du mois comment je fais ? ».

Ahmed. Tout ce qu'on a pas eu petits, on le donne à nos enfants.

Mam. Toutes les fois qu'on s'est dit quand on était petits « ça j'aimerais bien m'acheter, ça, mais je peux pas me l'acheter », arrivera un jour où si je veux je me l'achèterais.

Inès. Sans se préoccuper de ce qu'il y a sur son compte.

Mam : Si je veux, je vais voir un clochard, je lui achète ça, ça et ça parce que je sais ce que c'est de pas avoir.

Inès. Si tu donnes ton manteau au clochard, tu sais que tu peux, tu te préoccupes pas combien tu l'as payé et tu calcules pas tout le temps.

Renée. Parce que toi tu l'as vécu, t'as voulu trop vivre, tu sais ce que ça veut dire et tu veux pas que les autres ils le vivent. Mais il faut pas avoir la grosse tête.

Mam. Faut garder les pieds sur terre et savoir d'où on vient.

Sophie. Moi, je sais pas trop quoi faire comme métier…

Renée. Faut décider vite, déjà que t'es en STG.

On parle beaucoup travail, retraites… Vous vous amusez un peu quand même ?

Inès. Le lycée, il est bloqué donc on peut faire autre chose. (Rires.)

Fatou. On avance aussi dans les exercices. On a des livres. Le matin, on étudie.

Mam. Tu fais pas la grasse matinée plutôt, le matin ?

Pour quelle raison êtes vous prêts à sortir dans la rue ?

Inès. Si on menace nos vies ou nos emplois. S'ils font n'importe quoi et que ça menace l'avenir. Là, c'est le Parti socialiste qui dit ça mais si tout le monde se rend compte de quelque chose qui ne va pas, il faut descendre dans la rue. Sinon, pourquoi on ferait pas une contre-manifestation de droite ?

Mam. Alors toi… Les gens de droite, ils ont toujours des idées chelous.

Renée. S'ils doivent supprimer une filière, je vais dans la rue.

Ahmed. S'il faut payer plus d'impôts, là je manifeste.

Inès. C'est ce que veut faire le PS.

Mam. Moi, si quelque chose de raciste se passe au lycée, je pourrais bloquer le lycée.

Les autres. Oui, si on punit, il n'y a pas de problème mais s'il y a pas de sanctions, oui. Comme pour Guerlain.

Mam. Sinon, je manifeste pas trop, c'est comme quand ils disent de recycler, ça sert à rien.

Inès. Chez moi, il n'y a pas les poubelles de recyclage.

Mam. Mon cousin à Créteil, il a plein de poubelles différentes, là d'accord. Mais chez moi, il n'y a pas de tri, je vais pas le faire tout seul.

Fatou. Moi, j'irais pas dehors comme ça moi, sinon c'est le chaos. Sauf si une loi interdit d'épouser des milliardaires par exemple.

Photo : quatre lycéens devant une poubelle brûlée lors d'une manif pour les retraites, le 18 octobre 2010 à Lyon (Robert Pratta/Reuters).

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 13:43

 




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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 13:12

 

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 13:02

Congres

L'UNL et la Fidl, les deux principales organisations lycéennes, et l'Unef, premier syndicat étudiant, ont annoncé mardi une nouvelle journée nationale d'actions jeudi pour « amplifier la mobilisation » contre la réforme des retraites « de manière pacifique ».


A Paris, le rassemblement est prévu jeudi à 14h 00 à Jussieu, a précisé le porte-parole de la Fidl, Tristan Rouquier.


L'UNL et l'Unef, première organisation étudiante, appellent par ailleurs à un rassemblement mercredi à 11h 00 devant le Sénat, à Paris.


Selon l'Unef, 29 universités étaient mobilisées dont 10 bloquées mardi et 190.000 jeunes dans la rue. «Les étudiants sont désormais entrés de plein pied dans la mobilisation», estime le syndicat étudiant qui «se félicite de la réussite exceptionnelle» de la journée de mardi.


Source : http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-L-UNL-la-Fidl-et-l-Unef-appellent-a-une-journee-nationale-d-actions-jeudi-_6346-1556272-fils-tous-Une_filDMA.Htm

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 14:29

 

 

 

L'armée française n'a rien d'autre à faire ?

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 12:53
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