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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 08:35

Le site publie des documents secrets envoyés par des sources qu'il protège avec soin, et a sorti de nombreux scoops.

Deux des responsables de Wikileaks lors de la conférence 26c3 en décembre 2009 (Andygee1/Flickr)


Les médias de qualité reçoivent de nombreux prix, mais seul l'un d'entre eux, WikiLeaks.org, peut se vanter d'avoir reçu celui de « menace pour l'armée américaine », délivré par le Pentagone. Certes, ce dernier, en qualifiant ainsi WikiLeaks, ne souhaitait pas particulièrement le complimenter. Mais ce sont bien les scoops de ce site d'un genre nouveau qui lui valent cette reconnaissance étonnante.

Sélections de scoops Wikilinks

► Un document que Microsoft a fourni à la police, listant les informations que la firme disposait sur ses utilisateurs.

► La liste des membres du parti britannique d'extrême droite le BNP, incluant des policiers.

► Un rapport très gênant pour la firme Trafigura sur le rejet de déchets toxiques -voire mortels- sur les cotes ivoiriennes.

► Les millions de messages SMS interceptés le 11 septembre 2001

► Des documents sur du blanchiment d'argent impliquant la banque Julius Bär

► Des échanges de mails entre des chercheurs du Giec (le « climategate »).

Ce service, lancé fin 2006 par des journalistes et des mathématiciens, est un site à but non lucratif qui propose aux internautes du monde entier de publier des documents intéressants pour leurs concitoyens -« Wiki » est une racine employée dans le jargon du net pour désigner les contenus issus d'un travail collobatif, et « leaks » signifie « fuite ».

Le serveur garantit l'anonymat des sources grâce à un système de cryptage sophistiqué.

Wikileaks a publié des documents du Pentagone

Fidèle à lui même, WikiLeaks a publié ce rapport de 32 pages (en PDF). Il est intitulé « Wikileaks.org- une référence online pour les services de renseignement étrangers, les rebelles, ou les groupes terroristes ? », et est issu du Centre de contre-espionnage de l'Armée.

Ses auteurs s'inquiètent du fait que des employés du Pentagone ou des agents infiltrés peuvent se servir de ce site pour divulguer des documents sensibles ou classifiés.

WikiLeaks a publié à plusieurs reprises des documents internes au département de la Défense américain, et notamment

  • le livre des procédures de Guantanamo, qui détaillait les contraintes subies par les prisonniers
  • des documents sur les équipement et les opérations de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan en avril 2007

En trois ans d'existence, le site a publié de très nombreux documents de première importance. « Il a sorti en trois ans plus de scoops que le Washington Post en trente ans », a pu écrire le journal The National, une formule reprise à l'envi par les fondateurs du site.

Victime de son succès, le site manque d'argent

Plusieurs Etats (Chine, Corée du Nord, Thaïland…) ont tenté de bloquer le site, et de grandes entreprises l'ont poursuivi en justice, sans résultat jusque là.

WikiLeaks est surtout victime de son propre succès, ne parvenant pas à financer son développement.

Le site est financé par les donations d'organisations non-gouvernementales ou de particuliers. Il a besoin de 600 000 dollars par an pour fonctionner, mais ne parvient qu'à lever les deux tiers de cette somme. Il a failli fermer au début de cet année.

Dans une récente interview à la BBC, l'australien Julian Assange, un des cinq responsables de WikiLeaks, un blond d'un calme extrême (à gauche sur la photo ci-dessus), défend le projet :

« Pour la première fois dans l'histoire, nous avons une presse vraiment libre pour ce qui est de la publication de documents importants.

La question intéressante qui est aujourd'hui posée, c'est ce que seront les standards de la presse libre au XXIe siècle, alors que tous les médias basculent vers Internet.

Va-t-on vers un ensemble de bonnes lois, à travers le monde, pour protéger la liberté de la presse et donc la démocratie ? Où va-t-on vers un compromis entre différentes lois, dont celles de la Chine ? »

L'Islande, prochain paradis de la protection des sources ?

WikiLeaks dernier a jusque là réussi à déjouer toutes les attaques, mais avec le Pentagone, il va affronter un adversaire autrement plus sérieux. C'est en Islande que se prépare sa défense.

Sous l'impulsion de Julian Assange, une initiative a été lancée par des députés en vue de doter le pays des lois les plus protectrices possibles pour les journalistes. Le moment est propice : depuis la faillite financière de l'Islande, favorisée par l'opacité des pratiques bancaires, l'opinion est avide de changements radicaux et de transparence accrue.

Si l'initiative des députés aboutit, son impact pourrait être international : l'Islande deviendrait peut-être alors le havre de paix des journalistes d'investigation du monde entier.

Photo : deux des responsables de Wikileaks lors de la conférence 26c3 en décembre 2009 (Andygee1/Flickr)

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 09:57

loppsi-un784.jpg

Avec un entassement de mesures allant des écoutes téléphoniques aux mouchards dans les ordinateurs en passant par la possibilité pour les préfets d’instaurer des couvre-feux pour les mineurs, Loppsi 2 organise le flicage à grande échelle de la société.

Fixant les grandes orientations stratégiques de la politique de sécurité intérieure pour les années 2009-2013, la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite Loppsi 2, qui devait être votée le 16 février, est déjà controversée.


Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle concentre à elle seule toute une série de menaces pour nos libertés. Cette loi a été présentée au grand public comme un rempart pour lutter contre la pédophilie et le terrorisme en donnant davantage de pouvoirs aux forces de l’ordre, en permettant le blocage de certains sites internet sur décision de justice et en facilitant la surveillance des suspects grâce à un temps d’écoute téléphonique prolongé et l’installation de mouchards informatiques sur les ordinateurs des suspects (logiciels permettant de surveiller un ordinateur à distance et en temps réel).


Dangereux ? On imagine aisément comment le filtrage d’internet peut être détourné de ses fins... Mais ce n’est pas tout puisqu’il faut y ajouter toute une série de mesures liberticides ou destinées à contrôler et surveiller.
Loppsi 2 veut contrôler, avec la possibilité pour le préfet d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs de treize ans entre 23 heures et 6 heures, en renforçant le dispositif de contrat de responsabilité parental, en autorisant la police municipale à participer aux contrôles d’identité sous l’autorité d’un officier de police judiciaire.


Ainsi, le fichage deviendra de plus en plus important. Il sera désormais impossible d’y échapper... Pire, une fois dans les fichiers, les informations concernant des personnes sans antécédents ou ayant bénéficié de non-lieu ou encore celles susceptibles d’être impliquées dans des affaires de plus petite délinquance pourront être conservées.


Loppsi 2 veut surveiller, d’une part en offrant la possibilité pour les entreprises privées de mettre en place des caméras de surveillance sur la voie publique aux abords de leur immeuble ou en testant l’utilisation des scanneurs corporels à titre expérimental. D’autre part en étendant la visio­conférence aux audiences dans les centres de rétention. Le projet de loi prévoit donc de mettre des caméras partout, et même au cœur du système judiciaire. Entorse aux libertés fondamentales, en systématisant le recours à la visioconférence pour réduire les coûts de transport des détenus, on s’autorise donc désormais à juger sur le lieu même de détention.


Inadmissible !


D’ailleurs, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France ont publié un communiqué commun critiquant violemment ce super projet sarkozyste. Outre le fait que le projet de loi repose sur le rôle du juge d’instruction, poste amené à disparaître, et que le texte ouvre une brèche dans la surveillance du net, les juristes le qualifient comme conciliant « l’inutile et l’inacceptable, au nom d’un projet de société où l’absurde le dispute à la paranoïa » et qui « offre un condensé de l’idéologie primaire et dangereuse qui gouverne depuis plusieurs années le traitement des questions de sécurité ».


Et pour une fois, ce ne sont pas seulement les méchants et dangereux militants d’extrême gauche qui le disent ! Vous l’aurez compris, Loppsi 2 est une bonne occasion pour l’État de s’infiltrer et prendre un peu plus contrôle de nos vies en développant encore davantage un climat de peur et de paranoïa ambiante.


Coralie Wawrzyniak

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 09:50
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CNRBE, 4 février 2010. — Un père de famille de Vezin-le-Coquet près de Rennes a été interpellé à proximité de son domicile, par la Police aux frontières (PAF), le 26 janvier. Cette arrestation a eu lieu cinq jours après l’admission de ses enfants dans Base élèves et alors qu’il n’était dans aucun autre fichier.


La défense, lors de l’audience du 1er février au Tribunal administratif de Rennes, s’est inquiétée que le fichier Base élèves ait pu servir de source de renseignements pour cette arrestation. Le représentant de la Préfecture, devant une salle comble, composée de parents d’élèves, d’enseignants, de membres d’associations et collectifs, ainsi que d’élus, répondait qu’il s’agissait d’une arrestation « fortuite ». Mais nul n’aura jamais la réponse. Là est bien le problème concernant l’utilisation des traitements automatiques de données. Les transmissions de renseignements échappent aux directeurs qui ont renseigné Base élèves. Elles peuvent se faire au niveau académique ou au niveau national.


Le Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE) — qui a montré très clairement, l’an dernier, comment le fichage scolaire pouvait servir à repérer des enfants de migrants — rappelle qu’il demande à ce qu’aucun renseignement nominatif ne sorte des écoles pour éviter toute utilisation abusive de données ou toute suspicion portant sur des inscriptions d’enfants et de leurs proches dans les écoles.


Le CNRBE rappelle aussi que le Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies, dans son rapport du 12 juin 2009 à l’Etat français, se disait préoccupé par « l’utilisation de Base-élèves 1er degré à des fins telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière, ainsi que par l’insuffisance de dispositions légales propres à prévenir son interconnexion avec les bases de données d’autres administrations ». Le comité « recommande en outre à l’État partie de ne saisir dans les bases de données que des renseignements personnels anonymes et de légiférer sur l’utilisation des données collectées en vue de prévenir une utilisation abusive des informations. »


Tous les enfants, sans aucune discrimination, ont droit à l’éducation. Ils doivent donc pouvoir être inscrits à l’école en toute sérénité.

L’école doit défendre le principe de laïcité qui garantit le respect à la vie privée pour chaque enfant afin de respecter son droit à l’éducation.

Pour éviter que des parents n’inscrivent pas leurs enfants à l’école de peur d’être repérés, aucune donnée nominative ne doit sortir des écoles : on ne fiche pas les enfants et leurs proches !


Le CNRBE appelle toutes les associations amies de l’école à le rejoindre dans cette demande conforme au respect des droits des enfants.



→ Lire le résumé des faits dans notre page Ille et Vilaine et dans l’article de la LDH Toulon : « Une coïncidence fortuite… ? »

→ Voir l’interview de l’avocate diffusé le lundi 1er février à 18h30 sur TV Rennes 35 (en fin d’émission).

→ Lire l’article du Mensuel de Rennes : Pour les militants, la base élèves permet d’informer la police ; et celui de Médiapart : La Base élèves, la police et la peste brune.

URL de cette brève

http://www.legrandsoir.info/+Le-fichier-Base-eleves-soupconne-dans-l-arrestation-d-une-personne-sans-papiers+.html
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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 09:39




Communiqué commun du Syndicat des Avocats de France et du Syndicat de la Magistrature

« A force de réfléchir avant de légiférer, on reste immobile. »

Frédéric Lefebvre, humoriste


Le projet de « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure » (dite LOPPSI II, en référence à la « loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure » du 29 août 2002) sera débattu demain à l’Assemblée nationale.

Ce texte - déposé en mai 2009 et sur lequel vient de s’abattre, à l’approche des élections régionales, un déluge d’amendements destinés à le durcir tous azimuts - offre un condensé de l’idéologie primaire et dangereuse qui gouverne depuis plusieurs années le traitement des questions de « sécurité ».


En fait de « performance », ses promoteurs ont renouvelé l’exploit de concilier l’inutile et l’inacceptable, au nom d’un projet de société où l’absurde le dispute à la paranoïa.

Ainsi, dans le Brazil qui se dessine, les caméras envahiront les rues et la justice sera rendue à distance, derrière un écran d’ordinateur.

Le projet de loi prévoit en effet de permettre à toutes les entreprises privées d’implanter « sur la voie publique » des systèmes de vidéosurveillance (« vidéoprotection » dans la novlangue) « aux abords de leurs bâtiments et installations ». De leur côté, les préfets pourront autoriser la mise en place de tels dispositifs en cas de « manifestation ou rassemblement de grande ampleur » présentant un « risque » pour l’ordre public.


L’objectif est clair : généraliser l’espionnage des espaces publics, au nom d’une « efficacité » d’autant plus hypothétique que le fameux « exemple anglais » s’apparente à un « véritable fiasco » selon l’expression d’un responsable de Scotland Yard…


Évacuant les justiciables des palais de justice, le projet prévoit de systématiser le recours à la « visioconférence », notamment pour réduire le nombre des « extractions » de détenus et d’étrangers en rétention administrative perçues par la police comme des « charges indues ». La Chancellerie avait déjà diffusé une circulaire en ce sens le 5 février 2009, au demeurant illégale. À la demande d’Eric Ciotti, particulièrement sensible aux sirènes de la place Beauvau, c’est donc l’avènement d’une justice virtuelle, délocalisée et déshumanisée qui s’annonce.


L’obsession du fichage policier imprègne également ce projet. Non contente de reconduire les dispositifs actuels - pourtant détournés de leurs objectifs initiaux, truffés d’erreurs, incontrôlables et, de fait, incontrôlés - la majorité UMP s’apprête à les interconnecter et à les étendre. Les données relatives à un suspect innocenté ne seront pas systématiquement effacées : seront donc maintenues dans les fichiers dits « d’antécédents » des personnes qui, en réalité, n’en ont pas !


Dans ce énième fourre-tout législatif, on trouve aussi :

- un couvre-feu pour les mineurs de 13 ans, qui ne manquera pas d’engendrer des contrôles d’identité abusifs ;

- un nouveau « contrat de responsabilité parentale » renforçant la pénalisation des familles en difficulté (amende de 450 euros en cas de violation du couvre-feu et possible suspension des prestations sociales en cas de refus de contracter) ;

- l’inquiétante ébauche d’un traitement administratif des mineurs délinquants par la transmission systématique de toutes les décisions judiciaires les concernant au préfet et au président du conseil général ;

- un filtrage policier des sites internet, aussi inefficace que lourd de menaces ;

- la réintroduction de peines automatiques en matière routière ;

- une augmentation des pouvoirs de la police municipale et la création d’une milice policière baptisée « réserve civile »…

Le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France appellent les parlementaires et tous les citoyens soucieux du respect des équilibres démocratiques à s’opposer fermement à ce nouveau projet liberticide qui poursuit en réalité d’autres objectifs que la lutte contre la délinquance et nous prépare une société du Contrôle.

Il est urgent de sortir du cauchemar sécuritaire qui détruit progressivement notre Etat de droit !

LOPPSI II : le pire est (encore) de retour !
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 09:50

dimanche 7 février 2010 (22h24)

de Paco


Le blog de soutien aux prisonniers d’Action Directe vient de publier le nom des premières personnes et organisations qui demandent la libération immédiate de Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan. A notre goût, trop de noms manquent à l’appel. Coup de gueule…


« Bien qu’ayant accompli leur peine de sûreté depuis février 2005, et après l’élargissement des autres prisonniers d’Action Directe, Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan sont maintenus en prison. Nous demandons des soins appropriés immédiats pour Jean-Marc Rouillan et leur libération dans les plus brefs délais. (…) Il est temps de libérer définitivement les prisonniers d’Action Directe. Nous ne demandons ni sympathie, ni adhésion à ce qu’a été Action Directe, mais simplement que les propres principes d’un État qui se proclame lui-même laïque et démocratique soient appliqués », dit en substance l’appel.


Parmi les premiers signataires, quelques dirigeants du NPA (parti auquel adhère à présent Jean-Marc Rouillan), des responsables du PCF, une poignée d’enseignants, d’artistes, d’écrivains, de journalistes… Bref, le compte n’y est pas.


Certes les faibles moyens des comités de soutien et la censure généralisée ne permettent pas une très large diffusion de l’appel, certes ce serait plus commode si l’on pouvait signer directement la pétition en ligne, certes on pourrait polémiquer des nuits entières sur la place de telle ou telle virgule ou sur l’efficacité d’une énième pétition, certes la campagne électorale qui démarre n’est pas la période la plus propice pour soutenir des militants que bien des gens aimeraient cacher sous le tapis, certes les salauds frappent partout et on ne sait plus où donner de la tête, certes, certes…


Qui sont les grand(e)s absent(e)s du monde politique, associatif, syndical, culturel et artistique ? Nous ne citerons personne, qu’ils/elles soient habitué(e)s des appels plus consensuels et médiatiques ou qu’ils/elles soient les habituel(le)s braillard(e)s « anarcho-révolutionnaires » qui considèrent qu’il vaut mieux être purs et durs seuls que « mal accompagnés ». Toutes et tous se reconnaîtront. Pendant ce temps, deux hommes restent plombés en cabane. Pourtant, que l’on se dise communiste, anarchiste, syndicaliste, internationaliste, ces deux hommes-là sont bien des camarades. Si leur parcours n’attire pas toujours la sympathie ici ou là, leur situation devrait, pour le moins, réveiller quelques réflexes basiques.


Jean-Marc Rouillan, atteint du syndrome de Chester-Erdheim, est au centre national d’observation (CNO) de Fresnes depuis le 31 janvier. Des « experts » sont en train d’observer sa « dangerosité ». La quatrième demande de libération conditionnelle de Georges Cipriani a été examinée le 5 février. La réponse est attendue pour le 24 février. Bref, ce n’est pas le moment de s’endormir. Les groupes, associations, organisations, personnalités politiques, culturelles, syndicales doivent se mobiliser d’urgence. Faites passer le message !


Extrait des premiers signataires :


Elus et responsables associatifs, politiques et syndicaux :


Olivier BESANCENOT (porte-parole NPA), Alain KRIVINE (dirigeant NPA), Edith SOBOUL (secrétaire fédérale d’Alternative libertaire), Nicole BORVO COHEN-SEAT (sénatrice de Paris et présidente du Groupe CRC-SPG), Jean-Jacques CANDELIER (député PCF du Nord), Henri MALBERG (commission justice PCF), Isabelle LORAND (responsable du réseau Droits et Liberté au PCF), Jean-Jacques BOISLAROUSSIE (porte-parole des Alternatifs), Pierre STAMBUL (enseignant, bureau national UJFP)…


Culture, université, justice, médias :


Jean MALIFAUD (maître de conférences Université Paris 7), Bernard CAVANNA (compositeur Paris), Olivier NEVEUX (enseignant-chercheur Strasbourg), Fred LOUCKX (sociologue Université Libre de Bruxelles), Djamal BENMERAD (journaliste, écrivain, Bruxelles), Aliette GUIBERT CERTHOUX (directrice des publications de Criticalsecret, Paris), Franca MAÏ (romancière), Méryl MARCHETTI (écrivain, Anglet), Elodie de OLIVEIRA (universitaire, Montreuil), Christian ROUX (écrivain compositeur, Civry-la-Forêt), Nicole CHAMPENOIS (chanteuse chorégraphe, Civry-la-Forêt), Pierre BANZET (graphiste, Saint-Ouen), Marc FORESTIER (Ras-les-Murs, Radio libertaire), Serge RIVRON (auteur), Valérie de SAINT-DO (journaliste, directrice-adjointe de la revue Cassandre, Paris), Maryvonne MENEZ (enseignante-chercheuse-formatrice, Deneuvre), Michèle BAERMANN (technicienne CNRS, Nancy), Julien SCHMID (cinéaste, Beyrouth, Liban), Philippe ENCLOS (maître de conférences en droit privé, Université Lille 2 Droit et santé, syndicaliste), Dimitris SCARPALEZOS (maître de conférence de mathématiques a l’Université Paris 7), Pierre CARLES (réalisateur), Mari OTXANDI (auteur et traductrice, Ituren, Euskal Herria), Ermanno GALLO (écrivain, Turin, Italie), Jean-Pierre BASTID (écrivain, cinéaste), Progreso MARIN, écrivain, Tournefeuille), Serge PEY (poète), Jean-Paul DUBOIS (écrivain), Pascal COLE (journaliste), DUSSOL (journaliste, Auch)…


Signatures collectives :


LES ALTERNATIFS, ALTERNATIVE LIBERTAIRE, OCL (Organisation communiste libertaire), CCIPPP (Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien), NPA (Gers, Bouches du Rhône), CNT du Gers, Comitat Chiapas d’Aude, AGONE éditions (Marseille), VIRUS EDITORIAL (journal de Barcelone), Grupo de Axitación Social (GAS), Vigo (Galiza), Fédération des Etudiants Libertaires-Madrid…


Note: Ce sont des personnes âgées et malades qui devraient être libérées et ne le sont pas. Quand on voit comment étaient traités des anciens "serviteurs de l'état", mais tortionnaires, fascistes genre Papon, on voit bien qu'il y a un double traitement. Pour le reste, dans les années 1930, le vieux Trotsky expliquait notre rejet collectif du "terrorisme individuel", même s'il comprenait qu'un jeune juif veuille tuer un ambassadeur d'Allemagne. Avec Action Directe on était loin des deux.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 10:18
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Depuis sa création en novembre 2008, le Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE) a accompli un travail crucial de veille et d’information, mais a également été à l’origine d’actions concrètes pour s’opposer au fichage des enfants.

Le Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE) a soufflé sa première bougie il y a quelques semaines. En novembre 2008, une première réunion à Paris avait alors permis de regrouper des collectifs locaux, des organisations nationales, des directeurs isolés, des parents offusqués et des citoyens concernés pour organiser la résistance à la mise en place du fichier central de l’enfance scolarisée.


Depuis, le CNRBE a soulevé des montagnes mais la lutte est loin d’être terminée. C’est dans ce contexte que s’est organisée, les 23 et 24 janvier, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), la troisième rencontre nationale du CNRBE qui a réuni une centaine de personnes, venues de toute la France : syndicalistes, responsables d’associations de parents d’élèves, avocats, journalistes et enseignants.


Des directrices et directeurs continuent de refuser de renseigner la Base élèves malgré les sanctions financières, les déplacements et les pressions de toutes sortes.


Le collectif a soulevé un lièvre : l’existence de la Base nationale des identifiants élèves (BNIE) qui, sans aucun encadrement légal, permet de conserver les données des élèves pendant 35 ans.


Près de 2 000 parents ont déposé une plainte au tribunal parce qu’ils étaient dépossédés de leur droit d’opposition à l’immatriculation forcée de leur enfant. Une trentaine de collectifs locaux ont interpellé sans relâche les élus, les responsables syndicaux et associatifs, la presse…


Un dossier a été déposé auprès du Comité des droits de l’enfant des Nations unies. Un recours est en cours d’instruction au Conseil d’État, seul organe habilité pour mettre en cause un règlement gouvernemental.


Le CNRBE appelle à poursuivre l’action contre le fichage généralisé de l’enfance, l’intrusion de systèmes informatiques qui numérisent et enferment les élèves dans un carcan implacable, sans échappatoire, auquel bientôt seront accrochées leurs « performances » et leurs « compétences » dans tous les domaines.


Le collectif organisera le samedi 27 mars une journée d’information dans toutes les régions, pour permettre aux parents, aux enseignants et à l’ensemble des citoyens de rejoindre l’action du comité et de s’opposer à la mise en place des fichiers. Un dépôt de plaintes national sera organisé le mercredi 19 mai.


Véronique Deker


http://retraitbaseeleves.wordpress.com  

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 13:33

DSC032177 SOCIETE - L’éditeur Bernard Fixot et son épouse Valéry-Anne Giscard D’Estaing ont beau avoir aménagé en toute illégalité une bicoque sur la pointe de Becleu, à Pléneuf Val André (Côtes d’Armor), et interdit au passage l’usage public de l’ancien sentier des douaniers, pas sur que les promeneurs pourront un jour à nouveau profiter de ce joli paysage, avec vue imprenable sur mer.

Les origines du litige remonte à décembre 2006, lorsque Bernard Fixot et son épouse signent un bail “emphytéotique” de 50 ans avec le propriétaire d’une parcelle de 4500 m2 surplombant la mer, non loin du port de Dahouët. Bien vu. Le bail permet d’éviter une mise en vente qui aurait laissé au Conservatoire du Littoral la possibilité de préempter les lieux et de les rendre au public comme il l’envisageait. Sur la parcelle plantée de résineux, les époux Fixot souhaitent aménager une maisonnette et un bunker déjà existants et déposent en juin 2007 une déclaration de travaux à la mairie pour “nettoyage de tags et repose de nouvelles baies blanches”. Las! Celle-ci émet un avis négatif. La bicoque en question, n’a non seulement jamais fait l’objet d’un permis de construitre, mais se trouve en outre sur la bande littorale protégée des cent mètres. Qu’à celà ne tienne! Bernard Fixot et son épouse, passant outre l'avis, font procéder à d’importants travaux de réhabilitation du bâtiment avec branchement aux réseaux Edf, eau et téléphone. Dans la foulée, la parcelle est grillagée. Les randonneurs ne pourront plus emprunter le sentier côtier qui longeait la pointe de Becleu mais devront désormais la contourner sur 200 mètres entre deux clôtures. Les associations dénoncent une situation de non-droit, d’autant que l’accès à la grève par la pointe est également devenu prohibé. Mais rien n’y fait. Quelques mois plus tard, les avocats de Bernard Fixot déposent une requête devant le tribunal administratif contre l’avis négatif de la municipalité. La décision du tribunal a été rendue le 30 décembre dernier. La requête a été rejetée. La juridiction administrative souligne que compte tenu des travaux engagés, un permis de construire était bien nécessaire, ce dont il ne pouvait être question en pareil endroit. Les choses vont-elles changer pour autant? Rien n’est moins sur, Bernard Fixot a jusqu’à la fin du mois de février pour se pourvoir en Cassation, ce qui renverrait la conclusion de la procédure à une date lointaine. En attendant, rien ne se passe.
C’est ahurissant, on se retrouve devant une forme de voie de fait, s’insurge Michel Blain, membre de l’association Paysages de France. Théoriquement la mairie devrait ordonner la démolition et la remise en état des lieux”.

A la mairie de Pléneuf Val André, le maire fait savoir qu’il ne s’exprimerait pas sur cette affaire avant que le délai pour un pourvoi soit écoulé. Quant à la préfecture des Côtes d’Armor, alors que les travaux de rénovation n’étaient pas terminés, elle exprimait en juillet 2007, sous la plume de Philippe Rey, le préfet d’alors, une franche détermination: “Il est indéniable que si, par extraordinaire, des travaux se poursuivaient, les procédures correspondantes seraient engagées”.  Depuis, les associations de défense de l’environnement attendent toujours qu’elle se manifeste dans ce dossier.

Pierre-Henri ALLAIN

Commentaires

Merci de nous informer de cette histoire.

Je viens de regarder sur le site de France3 Ouest leur reportage sur cette affaire qui date du 4 janvier 2010, on peut notamment y voir le fameux grillage, impressionnant et clairement dissuasif:

http://ouest.france3.fr/info/bretagne/Des-travaux-ill%C3%A9gaux-%C3%A0-Pl%C3%A9neuf-Val-Andr%C3%A9---59994907.html


euh... et personne ne bouge ?
Elle a déjà eu lieu, la nuit de l'abolition des privilèges ? On fini par en douter...

Brûlez cette paillotte !!!

Les solutions corses pour ce genre de passe-droit devraient parfois être appliquées sur la côte bretonne. Après tout, quoi de plus logique qu'un bunker fasse boum un jour ou l'autre...

 

Note du blog:

Pour ceux qui habitent la région et qui veulent se mobiliser, le même problème de passage existe à Fouesnant. Et là aussi ne pas déranger ces riches privilégiés passe avant les lois de la République.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 11:00
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Le 14 janvier, magistrats, avocats et fonctionnaires de justice se sont rassemblés sur les marches du palais de justice de Paris pour clamer leur refus des réformes de la justice, principalement celle concernant la suppression des juges d’instruction.


C’est en scandant « Assis, debout mais pas couchés » qu’ils se sont dirigés vers la Cour de cassation où un an plus tôt, lors de l’audience de rentrée, Sarkozy avait annoncé sa volonté de supprimer le juge d’instruction.


Les manifestants ont rappelé leur refus d’une justice aux ordres qui ne pourrait plus instruire les affaires politico-financières. L’imbrication du pouvoir avec le monde des affaires est telle que le gouvernement est allé très vite, convaincu qu’il fallait faire disparaître la possibilité pour les victimes de ces affaires de porter plainte directement auprès d’un juge d’instruction.
Le transfert au Parquet, complètement assujetti au ministre de la Justice, de la décision de poursuivre ou non est une attaque supplémentaire au peu d’indépendance qui reste à la justice.


La réforme de la justice des mineurs, annoncée elle aussi cette année, dans une optique unique de répression et d’enfermement, la fermeture massive de tribunaux, la politique du chiffre et le rappel à l’ordre de tous ceux qui ne sont pas aux ordres étaient aussi dénoncés lors de ce rassemblement.


L’arrivée de la manifestation à la Cour de cassation a été houleuse, une délégation reçue quelques minutes est ressortie avec pour seule réponse, la carte de visite d’un conseiller de la ministre. C’est aux cris de « Sarkozy au dépôt » que les manifestants ont été dispersés par les gendarmes.


Rendez-vous le 21 janvier pour la grève de la fonction publique et en mars pour les états généraux de la justice.

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 10:00


09 décembre 2009

Il y a tout juste 20 ans, 191 pays, dont la France, ratifiaient la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. En cette date anniversaire, et non content de vouloir supprimer la Défenseure des enfants, on apprend que la France… ne respecte pas ladite Convention.


Interrogé sur Base Elèves, le fichier des enfants scolarisés, le Comité des doits de l’enfant de l’ONU, chargé de veiller au respect de la Convention, se dit en effet “préoccupé par le fait que cette base de données puisse être utilisée à d’autres fins, telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière”.


Officiellement, “l’application informatique “Base élèves 1er degré” permet la gestion administrative et pédagogique des élèves de la maternelle au CM2 dans les écoles publiques ou privées“.

Expérimentée depuis 2005, utilisée par 40 000 directeurs d’école en avril 2009 et en cours de généralisation dans l’ensemble des écoles publiques depuis la rentrée, elle comporte :

. l’identification et les coordonnées de l’élève et de ses responsables légaux ;
. les informations sur la scolarité : classe, niveau, date d’inscription, d’admission ou de radiation ;
. les activités périscolaires : transport, garderie, cantine et études surveillées dans le seul but de leur gestion.

Le ministère de l’éducation nationale tient par ailleurs à préciser, dans la foulée, que Base élèves ne comporte pas d’informations sur :

. la nationalité et l’origine des élèves et de leurs responsables ;
. la situation familiale et la profession et la catégorie sociale des parents ;
. l’absentéisme ;
. les besoins éducatifs particuliers ;
. la santé des élèves ;
. les notes et les acquis des élèves.

Le spectre de la chasse aux enfants sans-papiers

Il eut été plus louable et honnête de préciser que c’est suite aux protestations de parents d’élèves et d’enseignants que Xavier Darcos a finalement accepté, à l’été 2008, de retirer les informations polémiques comme la nationalité, l’année d’arrivée en France, l’enseignement de la langue et la culture d’origine… et donc empêcher que Base Elèves ne puissent aussi servir à surveiller les sans papiers, ou être utilisée pour supprimer les allocations familiales en cas d’absentéisme.


En 2004, l’Inspection d’académie des Pyrénées-Orientales avait ainsi reconnu que Base Elèves était «la plus grande source d’information sur l’immigration».

Saisie par le Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE), le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, a depuis rédigé un rapport sinon accablant, tout du moins quelque peu gênant révélant que le problème reste, sinon entier, tout du moins très préoccupant :

Le Comité prend note avec préoccupation de la multiplication des bases de données servant à la collecte, à la conservation et à l’utilisation à long terme de données personnelles sur les enfants, qui pourrait aller à l’encontre du droit de l’enfant et de sa famille à la protection de leur vie privée.


En ce qui concerne la Base élèves 1er degré, le Comité note avec satisfaction que l’État partie en a retiré les données sensibles qui y figuraient à l’origine.


Toutefois, les objectifs de cette base de données et son utilité pour le système éducatif n’étant pas clairement définis, le Comité est préoccupé par le fait que cette base de données puisse être utilisée à d’autres fins, telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière, et par l’insuffisance des dispositions légales propres à prévenir son interconnexion avec les bases de données d’autres administrations.

Il note en outre avec préoccupation que les parents ne peuvent pas s’opposer à l’enregistrement de leurs enfants dans cette base de données, n’en sont souvent pas informés, et pourraient avoir des réticences à scolariser leurs enfants.

Ficher les enfants, un “sale boulot”…

A ce jour, 210 directeurs d’école, signataires d’un Appel à la résistance citoyenne contre le fichage des enfants, refusent d’entrer dans le dispositif (et avaient à ce titre été récompensés par les Big Brother Awards).

Plusieurs ont d’ailleurs été (ou risquent d’être) sanctionnés; d’autres, souligne le CNRBE, “harcelés, menacés, cèdent finalement aux pressions et renseignent Base élèves souvent contre l’avis d’une partie ou de la totalité des parents concernés“.


Parallèlement, des centaines de parents d’élèves ont d’ores et déjà déposé quelques 1048 plaintes “pour s’opposer au fichage arbitraire de leurs enfants dans 12 départements. Et ce mercredi 9 décembre 2009, plus de 400 autres plaintes contre X seront déposées dans 22 départements. Les parents contestent, entre autres, le fait que :

. La sécurisation des données ne respecte pas les dispositions légales.
. La mise en place de Base élèves ne respecte pas les formalités préalables prévues par la loi.
. La collecte des données de “Base élèves 1er degré” s’effectue en l’absence d’informations données aux familles sur l’usage qui en sera fait.
. Les données collectées dans Base Elèves alimentent le traitement Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE) avec conservation de l’état civil de l’élève et son parcours scolaire pendant 35 ans contrairement à ce qui a été déclaré à la Cnil lors de la création de Base élèves.

Base Elèves permet en effet “d’attribuer à chaque enfant un Identifiant National Elève, véritable matricule qui le suivra pendant 35 ans, souligne le collectif dans son communiqué, ce qui ouvrirait la voie à “toutes sortes d’interconnexions avec d’autres fichiers” :

Mis en place à marche forcée par le Ministère de l’Éducation Nationale, sans information aux parents et sans leur consentement, et imposés aux équipes enseignantes et aux directeurs d’école sous la menace et les pressions, ce système d’immatriculation et de traçage des enfants n’est pas nécessaire à la gestion des écoles, il est mis en place dans le cadre d’une politique générale de fichage dont les méfaits sont régulièrement dénoncés.

Un identifiant unique des enfants… jusqu’à leurs 35 ans

Les lecteurs les plus attentifs auront noté la mention d’un autre fichier, la Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE), dénoncée par le collectif comme étant la partie immergée du fichage des enfants :

L’école est chargée d’un sale boulot : constituer un fichier national de la jeunesse.

L’Education Nationale met en place un répertoire national (BNIE : « base nationale des identifiants élèves ») des identifiants INE (« identifiant national élève » établi pour 35 ans) qui couvrira l’ensemble du système éducatif de la maternelle à l’enseignement supérieur ainsi que la formation continue, et permettra l’interconnexion avec des fichiers constitués par d’autres administrations.

Plutôt que de ne relayer que la parole des enseignants et des parents, veuillez trouver ci-après la “Lettre ouverte aux enfants” qu’a récemment mis en ligne un statisticien, et qui explique, de façon claire et accablante, ce pour quoi il est dangereux de vouloir ainsi ficher les enfants.

Pourquoi donner la parole à un statisticien ? Parce qu’il rappelle opportunément que toute statistique individuelle doit être faite dans le cadre d’un besoin statistique, dans le cadre du secret professionnel et ne servir que la statistique (cf les principes fondamentaux de la statistique officielle), et que si le sujet est complexe, je n’avais encore jamais rien lu d’aussi éclairant, tout simplement…:

Les enfants, je vous adresse cette lettre car le sujet ci-dessous vous concerne. Peut-être vous intéressera-t- il?

Voici les faits :

Le ministère de l’éducation nationale stocke depuis plusieurs mois des informations vous concernant sur un système informatique situé en région parisienne. Ces informations, ce sont vos noms, prénoms, adresse, date de naissance, et votre cursus scolaire complet, de l’école maternelle à l’université.

Il est prévu de conserver ces informations pendant 35 ans (jusqu’à vos 37 ou 38 ans au moins).

Ce système informatique s’appelle la Base Nationale des Identifiants Élèves, ou de son petit nom (acronyme) BNIE.

C’est la première fois depuis très longtemps en France que l’état recense dans un même endroit l’ensemble de la population d’une tranche d’âge avec les noms et prénoms.

Vous avez peut-être entendu parler du recensement de la population, des bases de la sécurité sociale, du fichier de recensement de la police… Tous ces fichiers sont soit anonymes (population), soit ne recensent pas toutes les personnes et sûrement pas pendant 35 ans.

Pourquoi cette BNIE ?

Je n’en sais rien.

C’est pourquoi je vous adresse cette lettre… Pour que vous demandiez autour de vous, à vos parents, à vos professeurs, à vos proviseurs, à vos élus, à vos proches…. Pourquoi ?

Peut-être aurez-vous une réponse qui soit une très bonne raison et qui respecte nos principes français de « Liberté, égalité, fraternité »…

Pourquoi s’adresser à vous les enfants ?

Parce que je ne sais pas vers qui me tourner.

J’ai pensé aux statisticiens

La statistique, cela revient à savoir combien sans se préoccuper de qui. C’est même une règle absolue des statisticiens afin de ne pas se laisser perturber par un nom, un prénom, une personne parmi d’autres. Ce qui intéresse le statisticien, c’est de comparer, d’analyser, pas de pointer une personne du doigt. Au contraire, les statistiques permettent de comprendre là où il faut mettre de l’argent, des moyens, des routes et des écoles…. Je suis un statisticien formé à l’école de l’Insee (Institut national des statistiques et des études économiques) et j’ai appris durant toute ma scolarité qu’il ne fallait JAMAIS réaliser une base comme la BNIE et qu’il y avait bien d’autres chemins pour obtenir les mêmes résultats statistiques.

Or, la BNIE sert aux statisticiens comme le prouve un bulletin officiel de l’éducation nationale; elle a été réalisée par d’anciens collègues statisticiens issus de mon ancienne école.

Peut-être les autres statisticiens ne sont-ils pas encore au courant et quand ils vont découvrir l’existence de la BNIE, ils vont dire et crier que ce n’est pas possible…

J’ai pensé aux informaticiens.

Sans eux et les ordinateurs, il est quasiment impossible de conserver autant de données sur plus de 45 millions d’élèves… 45 Millions, c’est beaucoup pour 60 Millions de français… En fait, vous êtes un peu plus de 13 millions d’élèves en ce moment mais les données étant conservées pendant 35 ans, on parle bien en permanence dans la BNIE de plus 45 millions d’élèves ou anciens élèves.

Or, chez les informaticiens (c’est aujourd’hui mon métier), l’information est au cœur de leur métier ainsi que l’argent, le pouvoir ou la gloire que donne cette information.

Je connais beaucoup d’informaticiens qui, quand une prouesse technique est possible, s’efforce de la faire sans se poser la question de « est-ce que c’est bien de le faire ?».

Pour la comparaison, il est techniquement possible de détruire un pays entier simplement en appuyant sur un bouton… Faut-il appuyer sur le bouton ? Quelqu’un a-t-il appuyé sur le bouton ?

Tous les jours, je rencontre des informaticiens qui se glorifient de pouvoir faire et qui font…

D’autres parlent beaucoup de liberté, de programmes partagés entre tous, ouverts et libres… mais que doit-on faire des données personnelles de chacun, des photos, des travaux…. qu’en est-il des droits de chacun à ne pas être filmé, enregistré, fiché…

J’ai pensé à vos parents

Beaucoup sont déjà au courant de l’existence d’une base élève nationale. Certains se battent courageusement depuis plusieurs années. D’autres disent qu’ils n’ont rien à cacher…

Je ne vous parle pas de se cacher mais de ne pas être fiché. Ce n’est pas la même chose, non ?

Cela me rappelle une triste histoire d’un peuple pendant la seconde guerre mondiale qui a été fiché et qui a du se cacher ou mourir… mais c’est une autre histoire… de fichage.

Beaucoup des parents pensent que c’est le progrès et que si cela peut permettre de faire des économies, alors tant mieux pour notre pays.

Mais on peut faire autrement pour étudier les cursus des élèves en France, pour trouver les doublons, pour gérer au mieux les dotations financières dans les écoles. Il y a bien d’autres moyens tout aussi efficaces et bien connus des statisticiens et des informaticiens. D’autres ministères ont déjà mis en place de telles méthodes et, quand je travaillais pour le ministère de l’éducation nationale, ce sont des méthodes respectueuses de chacun des enfants qui étaient mises en place.

Qu’est-ce qui a changé en 10 ans ? Je ne sais pas.

J’ai bien pensé à parler à vos parents de l’idée de constituer un fichier similaire avec TOUS les adultes et leur cursus professionnel (ça n’existe pas bien entendu) pour leur faire comprendre ce qui était construit pour leurs enfants.

J’ai pensé à vos professeurs

Ils se battent déjà, surtout certains directeurs d’école maternelle et primaires qui risquent leur salaire et leur poste chaque mois en s’opposant à ce système et ce fichage.

Pourtant, certains s’essoufflent car ils se battent depuis longtemps et ne se sentent pas aidés, compris.

Normal… cela leur fait du boulot en plus, alors on peut dire qu’ils ne veulent pas du système car ils ne veulent pas du boulot…

Au collège et au lycée, ce ne sont pas les professeurs qui sont concernés par ce fichage mais les proviseurs et secrétariat… donc ils sont moins présents dans ce combat car ils ne voient pas le problème.

De plus, on leur a dit que c’était sécurisé et qu’en primaire, c’était le même système que celui qui avait été mis en place au collège et lycée (ce système s’appelle scolarité).

Or la BNIE concerne TOUS les élèves et étend donc l’ancien système scolarité.

Ils sont donc concernés mais ne sont peut-être pas au courant.

J’ai pensé à l’agence de défense de la liberté dans l’informatique, la CNIL (commission nationale informatique et liberté)

Cette commission, c’est elle qui défend nos libertés à être ou ne pas être fichés dans des systèmes informatiques.

Malheureusement, la CNIL a publié sur son site un mode d’emploi sur la base élève du premier degré (maternelle et primaire) qui affirme que la BNIE n’existe pas, en jouant sur l’appellation de cette base et donc la confusion.

Exprès ou non, je n’en sais rien….

Quoiqu’il en soit, cette commission met beaucoup de mots, de temps et de personnes pour affirmer que le fichier national du premier degré est anonyme, et ils ne parlent pas de la BNIE…

Par contre, aucun document des déclarations obligatoires n’est publié sur leur site.

Sont-ils débordés ? N’ont-ils pas vus ? N’ont-ils pas compris ?

Comment faire quand ceux qui garantissent nos libertés sont peut-être aveugles et semble refuser le débat ?

J’ai pensé à nos politiques

Le problème, c’est que le système initial a été mis en place par la candidate au deuxième tour de la dernière élection présidentielle. Le système est aujourd’hui conforté par notre président de la république, l’autre candidat de cette dernière élection.

Les deux adorent les sondages, les chiffres et semblent confondre la gestion locale (qui ?) avec la statistique nationale (combien ?).

Certains autres politiques se bougent un tout petit peu, mais ils sont un peu gênés par le courant commun de pensée initié par nos deux leaders.

Savoir qui, c’est aussi très pratique pour un politique qui veut être élu….

J’ai pensé au conseil d’état

Le conseil d’état comprend des sages qui peuvent défaire ce qui a été fait par nos politiques, s’ils pensent que c’est contraire aux principes de l’état français. On a l’habitude de dire que c’est la plus haute juridiction de l’état. Ils peuvent donc dire au ministère de l’éducation nationale d’arrêter tout.

Bon, il se sont saisis du problème il y a quelques mois et sont sur une voie assez respectueuse de vos droits.

N’empêche qu’ils ne semblent pas être au courant de la BNIE ou qu’ils considèrent que cela ne fait pas partie de la base élève premier degré, alors même que la BNIE a été conçue pour permettre le dédoublonnage des élèves de « base élève » et « scolarité ».

Bref, s’ils loupent le coche, il devront peut-être de nouveau se saisir sur la BNIE et recommencer une nouvelle procédure dès le début, donc longue et attendre encore de long mois avant de se prononcer.

J’ai pensé aux journalistes

Là, je me suis très très très vite arrêtés car les journalistes ont des clients dont leurs lecteurs, leurs auditeurs… Et, vous, les enfants, lisez-vous souvent les grands journaux nationaux en dehors de la classe, regardez-vous les journalistes à la télé…. Bref, vous n’êtes pas leurs clients.

De plus, le sujet demande beaucoup de travail d’investigation pour comprendre…

Peut-être y-en-a-t-il un ou une qui travaille en ce moment sur le sujet et qui va sortir un scoop dans quelques temps ?

J’ai pensé aux fonctionnaires utilisateurs de la BNIE

Ils sont près de 400 à pouvoir faire des requêtes sur cette base, des exports, au sein du ministère de l’éducation nationale, mais aussi, semble-t-il, au sein d’autres administrations, le ministère de l’agriculture, le ministère de la défense (il y a des écoles qui dépendent de ces ministères).

Pour eux, c’est très pratique ce fichier, car cela permet d’aller plus vite qu’avant sur les recherches d’enfants, de doublons, un certain nombre de procédures administratives concernant des enfants du voyage, scolarisés au CNED, handicapés, malades à l’hôpital, en écoles spécialisées…

Bref, il n’ont aucun intérêt dans leur travail quotidien à changer ce nouveau système.

Certains ne savent pas que l’on peut faire tout aussi simple et efficace sans les défauts du système. D’autres ne croient pas que cela soit possible. Enfin, il y en a qui adorent regarder si l’enfant du voisin à bien redoublé sa classe ou non, si le fils de tel acteur connu est bien en échec scolaire….

C’est pratique de centraliser l’information à un même endroit pour savoir.

Puis, j’ai pensé à vous, les enfants

Beaucoup parlent de la planète que l’on laissera à nos enfants. Sur cette planète, il y a aussi des systèmes d’organisation des sociétés, dont la BNIE fait partie.

Aussi, après avoir pensé à beaucoup de personnes, je me suis dit que le plus simple était de m’adresser à vous et de vous poser la question : avez-vous envie que votre nom, votre prénom et votre cursus soit fiché pendant 35 ans ?

Ne me croyez pas sur parole (sur écrit devrais-je dire)… Vérifiez, questionnez, commentez, faites valoir vos droits dont on fête les 20 ans.

Faites-vous entendre et décidez pour vous même et -pourquoi pas- ensemble si ce système vous convient ou non…

Il vous concerne plus que moi (qui resterai anonyme car le pourquoi est plus important que le qui).

France, 11 novembre 2009

Contenu librement diffusable, recopiable, imprimable et utilisable à l’infini…
lâchez-vous ;-)

 

Comme d'habitude, les réactions sont éclairantes:

 

JB: ( Qui n'habite pas la France) "Comment gérer la scolarité ,cantines etc ,si les enfants des sans papiers profitent du système ."

Jb si vous êtes bien dans votre pays de résidence restez-y, vous ne nous manquerez pas. Vote commentaire fait froid dans le dos. D’humain, vous n’avez plus que l’espèce.

Vous avez raison Jb, salopards d’enfants de sans papier, faisons tout pour les empêcher de profiter du système.
Par contre, votre cantine, n’y servez plus de nourriture. Votre école, n’y faites plus le ménage. Vous ne pouvez pas. Vous ne profitez pas des sans papiers, vous, n’est-ce pas ? Le système non plus, ben voyons.

Qui profite de qui, franchement ? Mais j’oubliais, les sans-papiers, les clandestins, ils profitent de “tout” pendant qu’on a rien. C’est pas moi qui le dit c’est Jean-Marie.
Bon sang, si c’est si génial d’être sans papier, qu’attendez-vous pour rendre votre carte d’identité ? A vous les vacances permanentes. Finis les impôts ! C’est pas la définition du bonheur ça ?

A défaut de devenir sans papier, redevez un peu un enfant. Ça vous aurait fait quoi, franchement, de ne pas être scolarisé parce que vos parents étaient différents, parce qu’il n’avait pas de papiers ?

En attendant, si pour vous le but avoué du fichage des gosses et de repérer les sans-papiers, je me demande à quoi vous rêviez en cours d’Histoire. Vichy, ça vous a visiblement échappé.

 


 


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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 08:39

8 décembre 2009 à 08h23 - Le Télégramme


Le collectif finistérien de résistance à «Base élèves» déposera demain, à 9h, comme dans une vingtaine de départements français, une plainte contre X devant le tribunal de grande instance de Quimper concernant la mise en place du fichier «Baseélèves».


Utilisé depuis 2007, il s'agit d'une application d'aide à l'inscription des élèves et à la gestion pour les directeurs d'école et les mairies de France.


Depuis son instauration, beaucoup craignent un fichage des enfants et des familles. À l'été 2008, le ministre de l'Éducationnationale Xavier Darcos avait d'ailleurs pris la décision de retirer les informations à polémique comme la nationalité, l'année d'arrivée en France, l'enseignement de la langue et la culture d'origine.


Le collectif juge cette collecte illégale et appelle les parents à porter plainte au motif qu'elle nécessite une autorisation de la commission nationale de l'informatique et des libertés, que les familles sont peu informées de son existence et que la sécurisation des données est inexistante.


«Il est désormais impossible de refuser le fichage dans Base élèves», précise le collectif.

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