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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 11:25

 

 

Gwagenn TV est allé faire un reportage vidéo à Graces (Guingamp) et a demandé à Gael qui souhaitait se lancer sur le terrain de Ti Laosket, pourquoi 500 personnes étaient venues la soutenir après le refus de la SAFER de lui attribuer ce terrain.
Un terrain attribué a d’autres qui en ont nettement moins besoin.
C’est en breton et sous titré.

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 13:15
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Par Perrine (9 mai 2011)


Certains industriels de la filière laitière ne connaissent pas la crise. Leur fortune personnelle a connu en 2010 une hausse considérable. Des centaines de millions d’euros « volés aux paysans », estime Perrine, agricultrice en Bretagne. Une situation indécente, injuste et irresponsable, alors que les producteurs laitiers doivent encore et toujours se serrer la ceinture.

 

Amis paysans, nos productions sont en crise ! Toute l’économie végète. Le prix du lait s’effondre, la faute aux « méchants Allemands » ! Pourtant, dans cette période calamiteuse, certains dans l’Hexagone semblent mieux s’en sortir. Le site économique Challenges.fr nous liste ces excellents élèves.

Le « meilleur » d’entre eux ? Bernard Arnault, patron de LVMH, qui a vu sa fortune personnelle croître de 56% en 2010, année de disette pour bon nombre d’entre nous ! 56% d’augmentation de sa fortune personnelle, c’est 8,17 milliards d’euros perçus en 2010 ! Incroyable ! Inimaginable ! Impensable !

8,17 milliards d’euros, concrètement, cela représente quoi ?


- 8.176.000 mois de Smic
- 681.333 années de Smic
- 16.222 vies de labeurs (sur 42 années) ! Vous lisez bien : ce monsieur a empoché en une année (de crise), l’équivalent des vies de travail (42 ans) de 16.222 travailleurs payés 1.000 euros par mois !

Incroyable ? Impensable ? Non : Indécent, injuste, irresponsable…

La curiosité me pousse à regarder de plus près la place de nos « alliés » privés de la filière Lait :

- Emmanuel Besnier, groupe Lactalis : +13%, soit 300 millions d’euros.

- Antoine Fiévet et familles Bel, Fromageries BEL : +58,6%, soit 250 millions d’euros.

- Alex Bongrain, groupe Bongrain : + 38%, soit 171 millions d’euros.

- Marc Senoble, groupe Senoble : + 50%, soit 100 millions d’euros.

Soit une augmentation totale de leur patrimoine de 821.000.000 euros pour l’année 2010. Je reprends ma calculette : sachant qu’il y a 78.000 exploitations laitières, ces 4 industriels – qui ne sont pas des distributeurs – se sont gavés (à titre personnel, je n’évoque pas les résultats des entreprises) de 821 millions d’euros en 2010, ce qui représente 10.525 euros par exploitation. De quoi mettre un peu de beurre dans certains épinards...

Et encore, ce calcul est totalement sous-estimé puisqu’il intègre tous les producteurs mais pas tous les industriels (privés et coopératives). Je voudrais donc qu’on discute avec ces messieurs de la contractualisation qu’ils veulent nous imposer. Vous savez, le système qu’ils ont imaginé pour nous dépouiller « légalement » puisque nous aurions donné notre accord !

 

Exigeons notre revenu, celui que l’on nous vole


Il serait juste, plutôt que d’indexer le cours du lait sur un « sous-produit » tel que le lait poudre, qu’il soit indexé sur les « super-produits » qu’eux en tirent ! Étant donné que leurs fortunes personnelles étaient valorisées à 3.280.000.000 euros en 2009, qu’elles ont enflé de 821.000.000 euros en 2010, soit une hausse de 25% sur un an, nous revendiquons une revalorisation de notre produit « Lait » d’autant « a minima » ! Ce qui nous amènerait à 400 euros/1.000 litres. Tiens, tiens, 400 euros... Un vague souvenir… ?!!

 

Exigeons notre revenu, celui qui nous est dû, celui que l’on nous vole, celui de notre travail, de nos investissements, des risques que nous prenons chaque jour pour gaver des parasites !

Et que nos collègues porchers, volaillers, producteurs de viande bovine, légumiers, céréaliers, maraichers, fruitiers ne se bercent pas d’illusions : le mal qui les ronge est le même que le nôtre.

Ces chiffres sont tous exorbitants, édifiants. Ils justifient à eux seuls une grande révolte paysanne.

Perrine, agricultrice en Bretagne

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 09:07

 

Tract soutien Yveline Helias rectoa

vendredi 15 avril 2011

Ici, sur 5,5 hectares, elle élève vingt brebis, deux vaches, deux cochons. Fait pousser quelques légumes et produit du fromage et du yaourt qu'elle vend sur le marché. Ce serait le bonheur... si ses frères et soeurs ne s'étaient mis en tête de vendre les bâtiments, manifestement pour un projet immobilier. Ils ont intenté diverses actions en justice. Et voilà Yveline menacée d'expulsion.

 

La bergère s'est installée dans la ferme familiale en 1996 pour s'occuper de ses vieux parents. Elle a monté sa petite exploitation avec, assure-t-elle, l'accord de ses frères et soeurs. Une activité à taille humaine lui laissant la possibilité de s'occuper, trois mois par an l'été, d'un troupeau dans les Alpes.

 

Pourtant, pour le tribunal, ce n'est pas assez. Un premier jugement l'année dernière a condamné la MSA qui l'avait affiliée : « La justice a nié mon activité agricole pour la raison qu'elle serait négligeable. Pour eux, mes brebis, mon fromage, c'est farfelu. » Dernièrement, le tribunal des baux ruraux a aussi ordonné son expulsion... en pleine année de cultures ! « Le tribunal m'enlève la possibilité d'avoir un bail sur des terres que j'exploite depuis des années. Si un huissier vient demain, j'ai huit jours pour partir... ce qui ne se fait jamais en agriculture. » D'autant qu'Yveline a fait appel.

 

Incompréhensible pour de nombreuses associations militantes : Minga, la Wouamap, le groupement des agriculteurs bio Gab 29, la Confédération paysanne, le Civam, Terre de liens... Leur pétition de soutien a déjà recueilli 1 600 signatures sur Internet. Dimanche, jour de la journée internationale pour les luttes paysannes, elles organisent aussi une journée de mobilisation chez Yveline.

 

« Il ne s'agit pas de prendre parti sur l'enjeu du procès qui l'oppose à sa famille, mais sur l'enjeu du maintien de ce type d'agriculture dans le Finistère », explique Emmanuel Antoine, président de Mingwa. Pour ces associations, l'histoire d'Yveline illustre parfaitement les difficultés que rencontrent aujourd'hui les paysans. Les zones d'activités et les lotissements dévorent la campagne. « Il y a une pression foncière dingue. Chaque jour, en France, 230 ha disparaissent. En Bretagne, chaque année, 500 jeunes n'arrivent pas à trouver des terres. »

 

Il est urgent de repenser le modèle agricole. « Des exploitations comme celle d'Yveline ne sont pas un modèle folklorique du passé, mais un enjeu d'avenir, martèle Emmanuel Antoine. Non seulement, elles font vivre les campagnes, créent de l'emploi, mais elles approvisionnent le marché local. »

 

Yann-Armel HUET

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Yveline-ne-veut-pas-devenir-paysanne-sans-terre-_40734-1765022------29019-aud_actu.Htm

 

Lire plus:

 

Coat Keroec Tremeoc

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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 15:12

 

Tract soutien Yveline Helias rectoa

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 11:08


La Maison de la Bio du Finistère a le plaisir de vous inviter à la conférence débat qu'elle organise le 12 avril.

Conférence débat avec la participation de :

- Philippe BAQUE, journaliste collaborateur du Monde Diplomatique :
De l'éthique et des fondements de la Bio, aux dérives de la bio industrielle
- Jean Pol KERJEAN, directeur du développement, BIOCOOP SA coopérative :
Démocratiser la Bio, à quel prix ? Présentation de la stratégie de Biocoop et de ses orientations en terme de choix de produits et fournisseurs
- Jean Paul GABILLARD, producteur bio en vente directe, président de la FRAB :
Circuits courts : état des lieux et perspectives.
En quoi contribuent-ils à une ré-orientation « politique » de l'agriculture, de la société ?

Maison de Syndicats - rue de l'Harteloire  BREST à 20h30
La maison de Syndicats se situe à proximité de la FAC de Lettres, un peu plus bas que la Maison Pour Tous de l'Harteloire, trottoir opposé.

La maison de la Bio du Finistère souhaite par ce colloque au titre provocateur : « la Bio à la dérive ? », débuter une réflexion avec les professionnels de l’agriculture biologique (agriculteurs, commerçants, artisans) et les consommateurs (particuliers, collectivités) sur le devenir de la filière biologique.
Le marché de l’agriculture biologique, longtemps marginal est devenu porteur (la croissance du marché de la bio est de +10% en 2010) et attire donc désormais les industriels de l’agro-alimentaire ainsi que la grande distribution (qui réalise 45% des ventes).

Même si nous ne pouvons que nous féliciter du développement, de la démocratisation de l’agriculture biologique et de l’accessibilité de ses produits, nous ne pouvons pas pour autant nier les risques de dérives. Déjà, nous avons pu constater ces derniers mois la guerre des prix que se livrent les grandes enseignes de la distribution pour s’approprier le marché du Bio, le recours aux importations est massif, les emballages sont excessifs, la traçabilité pose question…

Qu’adviendra-t-il de la rémunération des paysans et travailleurs, quelles sont les conditions de travail des ouvriers bio, la souveraineté alimentaire est elle prise en compte, est il acceptable qu’un produit bio fasse des milliers de km, le poids des industriels influencera t il à une réglementation bio au rabais ? etc… Les réglementations sur le mode de production bio ne pourront pas faire rempart à tous ces dangers.

Même si les constats sont alarmants et les risques réels, la conférence proposée par la Maison de la Bio nous rappellera que nous avons tous un rôle à jouer pour orienter le développement de la bio ; les consommateurs à travers leurs choix critiques et les professionnels à travers leur capacité à collaborer ensemble pour construire des filières bio, locales et équitables accessibles au grand public.


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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 10:44

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En 2010, le revenu moyen des agriculteurs aurait augmenté de 85 % selon l’Insee et de 66 % selon le service statistique du ministère de l’Agriculture (SSP).

 

Cela s’explique principalement par la baisse du prix des engrais, la réduction du volume de produits phytosanitaires et la flambée du prix des céréales. On soulignera au passage que le gouvernement a choisi exceptionnellement de ne communiquer que le chiffre du SSP et de taire celui de l’Insee.


La direction de l’Insee, censée pourtant être indépendante, a accepté de ne pas faire de publicité de ses chiffres, méprisant ainsi le travail de ses agents. L’opération consiste à faire croire qu’il n’y aurait qu’un seul chiffre incontestable, alors que les estimations divergent fortement selon la méthode utilisée. Et il ne faut pas compter sur les médias capitalistes pour décrypter cette petite cuisine.


Même si ces chiffres sont spectaculaires, ils ne compensent pas la chute des deux dernières années : le revenu moyen reste légèrement inférieur à celui de 2007 et proche de celui des années 1990. Surtout, ces chiffres cachent de grosses inégalités, en évolution et surtout en niveau. La statistique publique ne fournit pas, malheureusement, les revenus selon la taille des exploitations. Mais on peut avoir un aperçu indirect de ces inégalités en regardant les revenus par secteur d’activité.

 

Ainsi, le revenu moyen d’un exploitant en grandes cultures est de près de 3 000 euros par mois alors que celui d’un éleveur de bovin viande n’est que de 1 000 euros.
Tout ceci montre que les agriculteurs ne forment pas une classe sociale. Il y a, d’un côté, des chefs d’entreprise (qui se considèrent comme tels et qui pleurnichent sur leurs faibles revenus… comparés à ceux des patrons !) qui exploitent des salariés agricoles et perçoivent l’essentiel des aides européennes (20 % des agriculteurs touchent 80 % des aides), et, d’un autre côté, des paysans travailleurs qui gagnent autour et souvent moins que le Smic.

 

Les intérêts des premiers sont défendus par la FNSEA, dont le nouveau président est Xavier Beulin, un céréalier de la Beauce, qui cumule les responsabilités dans les conseils d’administration et préside Sofiproteol, un géant de l’agro-industrie. Il prône d’ailleurs un rapprochement avec le patronat de l’agro-industrie et la grande distribution et veut axer son mandat sur la baisse du poids de la fiscalité sur les entrepreneurs.


Nous défendons quant à nous les intérêts des paysans appauvris par le pillage des grands groupes capitalistes. Il faut imposer la redistribution radicale des aides pour permettre à chacun d’avoir un revenu minimum garanti de 1 500 euros net par mois, développer l’auto-organisation pour contrôler les prix agricoles, et ouvrir la perspective d’un gouvernement des travailleurs qui exproprierait les gros exploitants capitalistes et réorganiserait l’agriculture en fonction des besoins humains et de la nécessité de préserver notre environnement.


Zapo

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 10:03

7 décembre 2010 - Le Télégramme

 

protestations contre la baisse du crédit d'impôt

Le sénateur Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Jacques Muller proteste contre la division par deux du crédit d'impôt pour l'agriculture biologique dans le projet de budget pour 2011. «Le traitement de l'agriculture biologique laisse pantois: le crédit d'impôt passe de 4.000 à 2.000 euros sur une année», s'indigne-t-il dans un communiqué.

 

Les crédits consacrés au bio dans la mission «agriculture» du Projet de Loi de Finances pour 2011 votée vendredi au Sénat s'élèvent à 17 millions d'euros. «C'est 11 fois moins que pour les agro-carburants subventionnés à hauteur de 196 millions d'euros, On croit rêver», ajoute M. Muller pour qui «l'agriculture biologique est «sacrifiée sur l'autel des agro-carburants».

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 10:31
Les éleveurs de porc de la Conf' occupent la DRAAF de Bretagne le 23 novembre pour demander "Maitrise et Désendettement"

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Désendettement et Maîtrise: pour un avenir des producteurs de porcs

Communiqué de presse - 24 nov 2010

Depuis 20 ans, les résultats techniques en élevage porcin n’ont cessé de s’améliorer. Cependant, les gains de productivité ont été intégralement captés par les autres maillons de la filière porcine. L’économie porcine n’est pourtant pas sinistrée, les marchés à l’export sont florissants et certains secteurs de la filière vivent très bien tandis que 50% des éleveurs sont menacés.


Un an et demi après l’action de la Confédération paysanne à l’Assemblée Générale du CRP (1) et de l’ARIP (2) (09 juin 2009) où nous avions demandé un état des lieux et des propositions pour la production porcine française, les éleveurs sont venus demander aujourd’hui au DRAAF de Bretagne ce qu’il avait fait depuis.

Les éleveurs de la Confédération paysanne ont pu constater que leur demande est au point mort et ils ont appris que le plan de cessation, annoncé lors de la dernière cellule de crise porcine (26 octobre 2010 à Rennes), ne sera pas financé. Aujourd’hui, les éleveurs exigent de l’Etat, non pas un plan de cessation d’activité, mais un plan de désendettement des éleveurs, financé par l’Etat et les autres acteurs de la filière, et le lancement d’une réflexion sur les outils à mettre en place pour maîtriser la production, seule capable de faire remonter les cours durablement.
 

(1) Comité Régional Porcin
(2) Association Régionale Interprofessionnelle Porcine
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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 15:07



Un agriculteur moissonne son champ à Hirson, dans le nord de la France, en août 2009 (Pascal Rossignol/Reuters).

En partenariat avec Agents d'entretiens

Les bulldozers venus abattre les 13 hectares de poiriers de Pierre Priolet ont mis en lumière tout le dysfonctionnement du système agricole hexagonal. Cet arboriculteur du Vaucluse avait, grâce à son site Consommer-juste.fr, tenté d'apporter des réponses à l'hémorragie rurale.

Mais dans un monde de consommation de masse contrôlé par les grandes surfaces et où l'on privilégie le visuel au goût, les moulins à vent ont eu raison de la pugnacité de notre Don Quichotte paysan.

Face à un Etat léthargique qui laisse mourir les hommes de la terre, l'utopie de Pierre Priolet est un rayon de soleil sur le sol tari d'une agriculture moribonde. Notre homme de courage n'a heureusement pas dit son dernier mot et compte bien repartir au combat. Qu'on se le dise ! (Voir le reportage de France 2 sur Pierre Priolet)


Agents d'entretiens : Les bulldozers à l'assaut de votre verger, plus que ces arbres abattus, est-ce pour vous le symbole d'une petite mort de l'agriculture hexagonale et de son système de fonctionnement ?


Pierre Priolet : Lorsque les engins sont arrivés, j'ai eu le sentiment de me trouver ouvrier dans une usine qu'on venait délocaliser. On tente aujourd'hui de délocaliser l'agriculture, victime de cette course au travail moins cher. Je pense que la société a perdu ses repères essentiels de vie.


Pensez-vous que le problème majeur de l'agriculture aujourd'hui est d'avoir abandonné aux industriels et à la grande distribution la commercialisation de ses productions ?


L'agriculture telle qu'elle est aujourd'hui connaît trois malheurs. Tout d'abord, la division des agriculteurs face à leurs problèmes. Ensuite le fait que l'on produise des biens périssables, donc que l'on est obligé de vendre à un instant T. Et enfin, que la grande distribution profite de nos faiblesses en se transformant en prédateur parfait. Ces grandes surfaces abreuvent les consommateurs de prix cassés, de leader du prix bas. Mais le moins cher par rapport à quoi ? Personne ne répond à cette question et on a le sentiment d'un véritable abus de langage.


Aujourd'hui, on achète les fruits et légumes sur les étals en fonction de leur apparence et non de leur qualité gustative. Pourquoi ?


Pendant vingt ans, on nous a vendu du consumérisme comme si le « manger beau » était essentiel. Mais la nature ne produit pas que du beau et il suffit pour cela de regarder le genre humain. Si on vit tous ensemble avec nos différences, c'est que cette différence est essentielle.


Croire que les fruits doivent être beaux pour être bons est du domaine de l'utopie. On privilégie l'apparence à la qualité gustative de la nourriture, ce qui est pure folie. Il ne faut pas oublier que les agriculteurs sont des nourriciers et pas hommes du marketing. Notre but est de vendre un produit, pas son emballage !


Aujourd'hui, on massacre les agriculteurs qui ne peuvent vivre de leur terre sur les prix et on massacre les consommateurs sur les prix d'achat des produits. Résultat : le monde rural se meurt et de plus en plus de personnes ne peuvent manger à leur faim. Pour moi, le droit à la nourriture est un droit inaliénable qui est aujourd'hui bafoué. La société doit se reprendre et donner à chacun une dignité par le travail.


Mais comment expliquer, alors que les consommateurs se plaignent d'acheter des produits sans goût, que vous soyez obligés de détruire un verger qui engendre de si bons fruits ?


La grande distribution veut vendre des produits qui ne bougent pas pendant quinze jours, alors ils achètent des produits immatures. Le commerce moderne fait tout pour dégoûter les gens de manger des fruits et légumes frais qui ont du goût pour les tourner vers les seuls produits industriels que ces grandes surfaces souhaitent mettre en avant dans leurs rayons.

La grande distribution a fait son travail jusque dans les années 90, mais la dérive financière à pris le pas et, pour compenser les pertes, on tue peu à peu les producteurs simplement en ne les payant pas.


L'eau, l'air, la terre ne sont pas un marché comme les autres. Ce sont des éléments indispensables à la vie et il est insupportable d'entendre parler de « marché » les concernant.


Actuellement, l'agriculteur vend sa production à perte, alors que la vente à perte est interdite. Comment l'expliquer ?


C'est la logique économique actuelle. Seule la seconde mise en marché a une interdiction de vente à perte. On est tellement habitué à la spoliation que cela paraît naturel. Cette situation est de surcroît cautionnée par l'Etat qui se désengage de tout.


Comment expliquer que vos poires, payées 0,17 euro le kilo alors qu'elles reviennent à 0,35 euro à la production, soient revendues dans l'hypermarché entre 2,80 et 3 euros le kilo ? On se moquerait de nous ?


Tout le monde croit qu'il y a 1 million d'intermédiaires, c'est faux ! Il y a moi (soit un prix de 35 centimes à la production), le groupement de producteurs ou les expéditeurs (25 et 65 centimes pour l'emballage et l'étiquette) puis la grande distribution. On passe donc de moins de 1 euro à 3 euros en prix de vente en grande surface pour le consommateur.


>Ensuite, ces enseignes nous parlent de prix bas, de prix cassés. C'est une hérésie. Il n'y a hélas aucune réglementation pour combattre cet état de fait. Les grandes surfaces se permettent une marge conséquente alors qu'au départ, il suffirait qu'elles achètent 20 centimes de plus nos produits pour sauver les agriculteurs de la misère.

 

Aujourd'hui, un agriculteur peut-il vivre sans la grande distribution ?

 

85% de la production française passe par la grande distribution, donc difficile de vivre sans ! Si rien n'est fait, il n'y aura plus, à terme, que des produits venus de l'étranger dans les grandes surfaces. Toute la société est basée sur la vente à perte et c'est insupportable, car c'est là qu'est la cause de la déperdition du monde rural.

On ne peut bien sûr pas dire qu'il y a une entente sur les prix au sein des enseignes de la grande distribution, mais on peut constater qu'ils pratiquent tous le même prix. Ensuite, aux consommateurs de se faire leur propre point de vue sur la question.


Vous souhaitez permettre à chacun, dans tous ses actes d'achat, de pouvoir connaître objectivement les conséquences de son geste. Il est vrai que peu de gens savent par exemple qu'en achetant des produits contenant de l'huile de palme, ils contribuent à la déforestation en Asie et donc à la disparition d'espèces animales !


C'est aussi pour cela que j'ai créé mon site Consommer-juste.fr. Consommer juste, cela veut dire que lorsque j'achète un produit, je prends connaissance des conséquences de mon acte. C'est plus puissant qu'un bulletin de vote de contrôler de la sorte ses achats quotidiens. C'est agir directement sur l'économie, donc l'argent, soit le nerf de la guerre.

Ce n'est pas moi en produisant mais vous en achetant qui allez faire bouger les choses. Il faut dire aux consommateurs qu'ils ont le pouvoir et que nous, agriculteurs, nous travaillons pour eux.

Le juste prix n'est pas que pour le producteur, mais doit suivre la chaîne jusqu'au consommateur que l'on vole aujourd'hui et qui ne peut nourrir sa famille. Prendre des impôts au consommateur pour donner des aides aux agriculteurs, c'est le voler deux fois. Les agriculteurs ne demandent qu'une chose : qu'on leur paye leurs produits sans les spolier.


Vous dites que l'Etat n'a aucun moyen susceptible de vous aider et que c'est à vous d'imaginer des solutions et de faire en sorte d'œuvrer pour le bien de tous. Mais alors, à quoi sert l'Etat aujourd'hui pour le monde agricole ?


Pierre Priolet (Nicolas Cottong)C'est à l'Etat de se poser des questions. Je suis un simple citoyen, j'essaye de réveiller les consciences. A partir du moment où il y a une situation injuste, on se doit de la montrer.

Il faut obliger l'Etat à assumer son rôle vis-à-vis du citoyen. Il y a de plus en plus de pauvres dans notre pays simplement parce que l'Etat ne fait pas son travail. Il nous faut entrer en résistance face à cela.


Parlez-nous de votre projet qui consiste à donner à toutes les exploitations agricoles intéressées la possibilité de vendre 1 000 m2 de leurs terres agricoles en terrains constructibles…


L'idée est de dire que l'Etat est ruiné et ne peut -ou ne veut- pas nous aider. Nous, agriculteurs, avons des terrains. On peut faire cadeau au pays de 1 000 m2. Ce prix du terrain irait à 40% dans la trésorerie de l'agriculteur et à 60% à un fond capable de créer des magasins. Cela représente des milliards pour l'Etat. Mais visiblement, on préfère voir des terres en friche.

60% iraient donc à un fonds agricole d'utilité publique. Ce fonds ferait l'acquisition de magasins qui seraient dirigés par un chômeur de plus de 53 ans ayant les compétences requises et emploieraient trois ou quatre jeunes de 18 à 25 ans sans qualification avec un vrai CDI.


C'est l'idée, mais visiblement, l'Etat se fout de mes idées. 3% d'agriculteurs ne représentent rien. Les hommes politiques parlent de Kärcher dans une cité. Là, ils engrangent des voix !

Dans un monde agricole basé sur la production venue de la terre, on a besoin de temps alors que dans notre société, tout est à l'immédiat. Le président de la République est élu pour cinq ans, deux ans pour bosser et trois ans pour travailler à sa réélection. La donne est injouable et engendre un écart entre les politiques et les citoyens. Il ne faut pas perdre de vue que les campagnes qui meurent, c'est toute la vie du pays qui va mourir.


Sur le papier, votre projet paraît merveilleux pour dynamiser le secteur agricole et lutter contre le chômage. Pourquoi ne se concrétise-t-il pas ?


L'Etat s'en fout royalement. Personne ne m'a appelé pour me dire que mon concept était intéressant ou même utopique. Moi, je n'ai pas fait l'ENA et mes idées ne les intéressent pas.

Je ne parle pas en mon nom mais pour des jeunes agriculteurs en train de mourir. Devenir agriculteur dans les conditions actuelles est un acte plus que suicidaire, alors qu'en réalité, nourrir ses concitoyens est l'acte le plus noble que l'on puisse faire. Il est dommage de décourager les jeunes d'exercer un aussi beau métier.


Comment imaginez-vous le monde rural dans dix ou vingt ans si rien n'est fait pour lui venir en aide ?


Mal, très mal. Peut-être mort si rien n'est fait. J'écris actuellement un livre qui sortira chez Robert Laffont en février. C'est le témoignage de quarante ans de vie dans le monde agricole et j'espère qu'il permettra aux gens d'y voir plus clair.


Je suis sûr que ça va bouger car les personnes qui n'arrivent plus à s'en sortir financièrement en ont marre et vont forcément réagir. Moi en tout cas, je m'engage à faire en sorte que les choses bougent, et j'irai jusqu'au bout.


Photod : un agriculteur moissonne son champ à Hirson, dans le nord de la France, en août 2009 (Pascal Rossignol/Reuters) ; Pierre Priolet (Nicolas Cottong)


En partenariat avec Agents d'entretiens

En partenariat avec Agents d'entretiens

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 10:24

17 novembre 2010 - Le Télégramme


QUIMPERLÉ . La Confédération paysanne appelait à un rassemblement, hier, devant le siège de l'entreprise Bigard, à Quimperlé, pour dénoncer l'accord sur le prix de la viande bovine conclu mercredi dernier. Environ 80 exploitants agricoles du Finistère, des Deux-Sèvres ou encore de Loire-Atlantique, ont empêché les poids lourds d'entrer ou de sortir du site. Éleveurs de bovins ou non, tous entendaient dénoncer l'accord de mercredi qui prévoit notamment une hausse des prix de la viande de 2 à 5 centimes d'euros le kilo.

 

Une augmentation bien loin des revendications des éleveurs qui réclamaient une hausse de 60 centimes. «Ce que l'on veut aujourd'hui, c'est une augmentation de 10 centimes par semaine pendant six semaines», assène Pierre Messager, porte-parole de la Confédération paysanne des Pays de la Loire. Les syndicalistes ont rencontré des membres de la direction du groupe, hier. Une rencontre jugée «positive» par Pierre Messager, même s'il n'en est rien ressorti de concret.

Plusieurs réunions

Quelques manifestants sont restés sur place toute la nuit. Ils devraient lever le camp ce midi. Une nouvelle réunion est prévue aujourd'hui en fin de matinée, à Angers, entre la Confédération et le médiateur. Une autre s'est tenue, hier soir, à Paris, entre l'interprofession et le médiateur.

 

Viande bovine : manifestation à Quimperlé
mercredi 17 novembre 2010 Ouest France

À la veille de la réunion avec le médiateur, à Angers, des éleveurs ont fait le siège de l'abattoir Bigard.

Près de 80 éleveurs de bovins ont manifesté, hier, à Quimperlé (Finistère), devant le siège du groupe Bigard, numéro 1 de l'abattage en France avec près de 42 % de part de marché. Les éleveurs, rassemblés par la Confédération paysanne, critiquent l'accord récemment signé qui augmente de 5 centimes d'euros le kilo de carcasse vendu aux abattoirs.


« Nous demandons une augmentation plus importante. Ce qui a été négocié n'est pas suffisant. Cela correspond juste à l'augmentation annuelle habituelle de 20 € pour 400 kg de carcasse », expliquent Pierre Messager et Christian Drouin, respectivement porte-parole de la Confédération pays de Loire et responsable viande. Les éleveurs sont venus de Mayenne, du Maine-et-Loire, de Vendée, du Finistère, de Loire-Atlantique pour établir un barrage filtrant aux entrées du site quimperlois.


Vers 15 h, une délégation a été reçue par la direction du site, en l'absence du PDG, Jean-Paul Bigard. L'entrevue d'une heure trente n'a pas apporté d'avancées.


Les éleveurs de bovins estiment qu'il leur est « impossible de créer un rapport de force avec des groupes aussi gros que Bigard. C'est lui qui fixe les prix. » Ils font un calcul rapide. « Cette année, un éleveur perd près de 8 000 €.

 

Comparée à 2008, la perte est de 12 000 €. Nous sommes là pour faire pression. » Une pression qu'ils entendent maintenir à Quimperlé toute la nuit jusqu'à ce matin. Quand s'ouvrira, en préfecture d'Angers, la rencontre entre le médiateur et les producteurs.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Viande-bovine-manifestation-a-Quimperle-_3640-1589032_actu.Htm

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