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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 12:11

ogm2009

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Depuis que les transgéniques ont été introduits commercialement aux Etats-Unis en 1996 – en 2012, 10 pays ont 98% de leurs terres cultivables semées avec des transgéniques tandis qu’une majorité ne permet pas leur utilisation – ses promoteurs affirment que les OGM augmentent la production. Mais ses affirmations ne sont pas prouvées et il apparaît tout le temps de nouvelles évidences qui démontrent le contraire.

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Le mécontentement des agriculteurs, qui paient plus cher la semence transgénique et ne voient pas de différence de rendement, est croissant. En outre, pour le malheur des entreprises concernées, à partir de 2015 les brevets de plusieurs transgéniques (comme le soja RR) arrivent à expiration.


Pour toutes ces raisons, les multinationales – avec l’aide de riches mécènes comme Bill Gates et Carlos Slim – sont en train d’élaborer de nouvelles stratégies, non seulement afin de maintenir leurs oligopoles mais aussi pour étendre leurs marchés sous couvert de « philanthropie ».


Un nouvel article publié dans la revue scientifique « Nature Biotechnology » en février 2013 montre que le maïs transgénique a presque toujours une productivité inférieure au maïs traditionnel. Des chercheurs de l’Université du Wisconsin (Guanming Shi, J. Chavas et J. Lauer) ont analysé la productivité du maïs dans cet Etat pendant plusieurs décennies et, malgré leur sympathie évidente pour les transgéniques, ils concluent que seules deux récoltes de maïs génétiquement manipulé ont démontré une légère augmentation de la productivité.


Quand il s’agit de plusieurs caractères transgéniques combinés (par exemple le maïs résistant à l’herbicide combiné avec du maïs Bt insecticide), ils ont constaté qu’il y avait toujours une moindre productivité, ce que les auteurs attribuent à une interaction négative des transgènes, en dépit du fait qu’ils sont supposés additionner leurs caractéristiques. Pour équilibrer les mauvaises nouvelles, ils soulignent que, cependant, les transgéniques démontrent une meilleur stabilité. Autrement dit, ils produisent moins, mais toujours la même quantité. Quel avantage !


Au-delà de l’ironie, cette interaction inattendue démontre que ceux qui élaborent les transgéniques ne connaissent pas réellement le spectre des conséquences de la manipulation génétique, ce que des scientifiques plus responsables ont pourtant souligné de manière répétée. L’ingénierie génétique est une technologie qui compte tellement de facteurs inconnus qu’elle ne devrait pas s’appeler ainsi, ni même être jamais sortie d’un laboratoire.


Mais il n’est pas nécessaire qu’une technologie soit bonne pour qu’elle gagne le marché, avec des entreprises assoiffées de profit disposées à payer ce qu’il faut en marketing, en corruption ou en stratégies pour contrôler les marchés.


Un exemple de cela est que les mêmes multinationales qui contrôlent les transgéniques contrôlent également le marché des semences hybrides traditionnelles ayant une meilleure productivité, mais elles préfèrent vendre des transgéniques parce qu’ils sont protégés par des brevets. Ainsi, la contamination est détectable et cela leur permet à la fois de soumettre l’agriculteur à une plus grande dépendance et de faire un business additionnel en demandant des indemnités à l’agriculteur dont la récolte a été contaminée pour utilisation illégale de transgéniques brevetés.

 

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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:54

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Mercredi 13 mars, le Parlement européen était appelé à se prononcer sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC). C'est la première fois qu'une telle responsabilité incombe aux députés du fait du traité de Lisbonne entré en vigueur en 2009, alors qu'elle était auparavant du ressort du conseil européen réunissant les États membres.


Il s'agit essentiellement de répartir les aides de l'Union européenne aux agriculteurs. Ces aides sont votées pour sept ans et représentent pour la prochaine période, allant de 2014 à 2020, quelque 373 milliards d'euros, soit un peu plus de cinquante milliards par an.


L'essentiel des discussions devrait tourner autour de la transparence des subventions, de leur équité et notamment du plafonnement aux plus grandes exploitations puisqu'aujourd'hui 80 % du montant des aides vont à moins de 20 % des exploitations, les plus grosses.


Le problème n'est pas nouveau.

 

Depuis la fondation de la Communauté européenne, la PAC a pour ambition d'assurer « un niveau de vie équitable à la population agricole ». Belle ambition qui est cependant loin de la réalité. En effet, depuis que les États ont pour obligation de publier la liste des bénéficiaires de la PAC, on a pu constater qu'y figuraient en bonne place la reine d'Angleterre et le prince de Monaco, grands propriétaires terriens s'il en est, de même que de très riches industriels de l'agro-alimentaire, comme le patron de LVMH, grand producteur de cognac.

 

Autant de « pauvres » qui encaissent les aides pendant que nombre de petits exploitants en sont à mettre la clé sous la porte. Et on peut parier que, sur ce plan, pas grand-chose ne va changer.


Sophie Gargan

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2328&id=14

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 12:44

 

Esther Vivas

 

La terre est une source de profit pour quelques uns, que ce soit ici ou à l’autre bout de la planète.

 

Dans l’Etat espagnol, le boom immobilier a laissé un héritage d’urbanisations en ruines, d’aéroports pratiquement sans avions, de villages fantômes, de grandes infrastructures en désuétude… Une réalité dont la photographe Julia Schulz-Dornburg a brillamment tiré le portrait dans son livre/inventaire « Ruines modernes, une topographie du profit ». Dans les pays du Sud, la soif du profit avec la terre expulse des paysans, des peuples indigènes et impose la monoculture pour l’exportation, de grandes infrastructures au service du capital ou la spoliation des ressources naturelles.


L’oligarchie au pouvoir en tire profit et négocie dans l’ombre des combines urbanistique, signe des projets d’aménagement du territoire et transforme le sol rustique en sol urbanisable. Les cas de corruption se multiplient. La culture du pot-de-vin est à la mode. Il se développe ainsi un nouveau caciquisme qui réalise de grandes affaires sur le dos et aux dépens des citoyens et du territoire. Sous d’autres latitudes, l’histoire se répète. Les gouvernements corrompus sont les meilleurs alliés des investisseurs qui veulent acquérir rapidement des terres bon marché. D’après un rapport de Intermón Oxfam, on vend à des investisseurs étrangers tous les six jours une superficie équivalente à la taille de la ville de Londres.

 

C’est la fièvre de la terre.


La privatisation et l’accaparement des terres sont à l’ordre du jour. Qu’y a-t-il de plus profitable que ce dont nous avons besoin pour vivre et pour manger ? Comme l’a amplement documenté l’organisation internationale GRAIN, la crise alimentaire et financière qui a éclaté en 2008 a donné lieu à un nouveau cycle d’appropriation des terres à l’échelle globale. Dans l’objectif d’assurer au-delà de leurs frontières la production de nourriture pour leurs populations, des gouvernements, des entreprises de l’agro-industrie et des investisseurs (fonds de pensions, banques), avides d’investissements nouveaux et rentables, achètent depuis lors des terres fertiles dans les pays du Sud. Une dynamique qui menace l’agriculture paysanne et la sécurité alimentaire des pays concernés.


Les peuples indigènes expulsés de leurs territoires constituent le fer de lance du combat contre la privatisation de la terre.

 

Une lutte qui n’est pas nouvelle et dont Chico Mendes, « seringueiro » (ouvrier cueilleur de latex), célèbre pour son combat en défense de l’Amazonie et assassiné en 1988 par des latifundistes brésiliens, fut une des principales figures emblématiques. Chico Mendes impulsa l’Alliance des Peuples de la Forêt, rassemblant des indigènes, des seringueiros, des écologistes et des paysans contre les multinationales du bois et revendiqua une réforme agraire accordant la propriété communautaire de la terre et son exploitation en usufruit par les familles paysannes. Comme il le disait souvent : « Il n’y a pas de défense de la forêt sans défense des peuples de la forêt ».


Sans aller plus loin, ici, dans l’Etat espagnol, le Syndicat des Ouvriers de la Campagne (SOC), qui fait partie duSyndicat Andalou des Travailleurs (SAT), est l’une des principales références quant à la lutte pour la terre et en défense des droits des travailleurs agricoles journaliers. Depuis plus d’un an, ils occupent et exploitent la propriété de Somonte, à Palma del Río (Cordoue), une terre que la Junta de Andalucía se disposait à vendre en dépit du fait que 1.700 personnes sont au chômage dans cette localité.


L’objectif des occupants est que cette propriété soit exploitée par des coopératives de journaliers au chômage au lieu de passer dans les mains de banquiers et de grands propriétaires terriens. Somonte est un symbole de la lutte du SOC et du SAT, tout comme l’est également la municipalité de Marinaleda et tant d’autres projets dont ils sont à l’initiative.

En Catalogne, aujourd’hui, un exemple très éclairant de la manière dont les intérêts privés s’imposent au détriment des besoins sociaux et collectifs dans l’utilisation de la terre, est offert par la masía (ferme traditionnelle catalane, NdT) Can Piella, avec ses terres attenantes et qui se situe dans les rares zones rurales qui subsistent dans la région métropolitaine de Barcelone. Abandonnée depuis plus de dix ans, elle a été occupée par un groupe de jeune qui a créé une association qui compte aujourd’hui 2.000 associés. Ils ont restauré la ferme, relancé l’activité agraire avec un potager communautaire, revitalisé son environnement et l’ont ouverte aux villages voisins : La Llagosta, Santa Perpètua de Mogoda et Montcada i Reixac. Actuellement, après trois ans et demi de fonctionnement, un ordre d’expulsion menace le projet. La compagnie immobilière qui, pendant une décennie a abandonné la ferme et qui n’a aucun projet pour elle, la réclame.


Au début du XXe siècle, Emiliano Zapata, paysan et symbole de la Révolution mexicaine, exigeait « La terre à ceux qui la travaillent ». Plus de cent ans ont passé et ce mot d’ordre conserve toute son actualité.


Source :


http://esthervivas.com/2013/03/11/la-tierra-para-quien-la-trabaja/
Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

 

http://www.avanti4.be/actualite/article/la-terre-a-ceux-qui


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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 13:21

 

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 13:37

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L’Union européenne a décidé d'autoriser l'utilisation des farines animales, interdites depuis 1997, pour nourrir les poissons d'élevage. 

 

Les élevages industriels présentent des conditions scandaleuses : surpeuplement des bassins, gavage, utilisation de médicaments, en particulier d'antibiotiques. Les éleveurs industriels prétendaient lutter contre la disparition de certaines espèces de poissons, alors qu'ils ont largement contribué à piller les océans pour alimenter leurs élevages.

 

Ils invoquent à nouveau la protection des ressources maritimes pour remplacer les farines de poisson par des « protéines animales transformées » (PAT), des déchets de porcs et de volailles impropres à la consommation humaine, broyés et transformés qui reviennent moins cher.


L'industrie agroalimentaire gagne sur tous les tableaux : poissons industriels produits à moindre coût et déchets immangeables rentabilisés !

 

À l'occasion du Salon de l'agriculture, François Hollande assure que « la France n'introduira pas ces protéines animales pour ce qui la concerne », mais ne dit rien des poissons importés nourris avec ces mêmes farines !


Et ce n'est qu'un début.

 

Malgré ses dénégations, « pas prévu d'ici 2014 », la Commission européenne envisage bel et bien d'étendre à l'alimentation des porcs et volailles l'autorisation des farines animales. Elle finance depuis 2007 des recherches en ce sens. On imagine bien que les 1, 7 million d'euros qui y avaient déjà été consacrés en août 2012, n'ont pas été dépensés pour la curiosité scientifique !


CorrespondantEs commission nationale écologie du NPA

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 10:41

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Esther Vivas 2 mars 2013

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Si autrefois on vendait du chat pour du lièvre, aujourd’hui on nous vend du cheval pour de la vache.

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Savoir ce que nous mangeons est devenu de plus en plus difficile. Le récent scandale alimentaire déclenché par la découverte de viande de cheval là où devait se trouver de la viande de vache le met clairement en évidence. Cannellonis « La Cocinera » ; hamburgers d’Eroski ; ravioli et tortellini de viande Buitoni, boulettes d’Ikea ne sont que quelques uns des produits qui ont été retirés du marché. Il est clair que nous n’avons aucune idée de ce que nous portons à nos bouches.

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L’Irlande et la Grande-Bretagne ont été les premiers à détecter le mois dernier de l’ADN de cheval dans des hamburgers étiquetés, théoriquement, comme contenant de la viande bovine. Des supermarchés comme Tesco, Lidl et Aldi, et même le roi des hamburgers Burger King, se sont vu obligés de retirer ces produits de leurs établissements, tandis que chez nous (dans l’Etat espagnol, NDLR), le gouvernement niait l’existence du moindre cas similaire. Pourtant, quelques semaines plus tard, l’Organisation des Consommateurs et des Usagers (OCU) découvrait de la viande de cheval dans les hamburgers d’Eroski et AhorraMas.

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Telle est la conséquence de la globalisation alimentaire, de la délocalisation de l’agriculture et des aliments baladeurs.

 

Tôt ou tard, les conséquences de ces scandales arrivent aussi chez nous. Le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et de l’Environnement a dû finalement reconnaître l’existence de viande chevaline dans des produits vendus comme viande de veau. Et des multinationales comme Nestlé, parmi d’autres, ont procédé au retrait des produits concernés.


En dépit du fait que la substitution d’une viande par une autre ne porte pas préjudice à notre santé, ces cas ont fait retentir les sonnettes d’alarme sur ce que nous mangeons et sur qui tirent les ficelles du système alimentaire. Une fois de plus, il est démontré comment les intérêts économiques d’une poignée d’entreprises de l’agro-industrie s’imposent au détriment des besoins alimentaires des personnes. Ainsi, si produire de la viande cheval revient meilleur marché pour eux, alors vous aurez du cheval dans votre assiette.


En outre, découvrir où à commencé cette fraude devient une mission impossible dans une chaîne agro-alimentaire dans laquelle, selon un rapport des Amis de la Terre, les produits alimentaires parcourent 5.000 Km en moyenne avant d’atterrir dans notre assiette. Un hamburger peut avoir été fait avec de la viande de dix mille vaches et passer par cinq pays différent avant d’arriver au supermarché.

 

Où et quand s’est glissé le cheval ?

 

L’Irlande a tout d’abord accusé l’Etat espagnol et ensuite la Pologne. Quand le cas a éclaté en France, la coupable était une entreprise du Luxembourg qui a, à son tour, signalé que la viande provenait de Roumanie. Et cette dernière a déclaré que la marchandise lui arrivait d’Hollande et Chypre. Impossible de connaître la réponse.


L’histoire de répète. Et à chaque fois que surgit un nouveau scandale nous assistons au même chassé-croisé d’accusations, d’alerte sociale, d’impossibilité de savoir l’origine et à des tonnes de nourriture jetée aux ordures. Ce fut le cas avec l’E. Coli et les concombres et bien avant avec les poulets à la dioxine, avec la vache folle, la peste porcine, et un long « etc... ». Et cela va se reproduire à nouveau. Car il s’agit de l’autre face d’un système alimentaire qu’on nous vend comme le meilleur possible mais qui, en réalité, ne fonctionne pas et est incapable de nous alimenter d’une manière saine, d’être transparent et d’en finir avec la faim dans le monde.


Ces scandales alimentaires sont le résultat d’un modèle productif délocalisé, kilométrique, pétro-dépendant, sans paysans, intensif et accro aux pesticides qui, fondamentalement, cherche à faire du profit avec une chose aussi indispensable que la nourriture. Même la grippe porcine et la grippe aviaire ont leur origine dans des fermes d’élevage intensif à grande échelle où les animaux sont entassés les uns sur les autres, supportent un traitement abusif et cruel, sont élevés avec de fortes doses d’antibiotiques et sont traités comme des marchandises.

Aujourd’hui, la chaîne alimentaire, qui place à un extrême le paysan/producteur et à l’autre le consommateur, s’est à tel point allongée qu’aucun des deux ne peut influer sur elle. Notre alimentation est dans les mains d’entreprises qui monopolisent chacune des maillons de la production, de la transformation et de la distribution des produits alimentaires, des semences jusqu’aux supermarchés, et qui imposent leurs règles du jeu. Et si notre droit à nous alimenter est dans les mains d’entreprises comme Cargill, Dupont, Syngenta, Monsanto, Kraft, Nestlé, Procter & Gamble, Mercadona, Alcampo, El Corte Inglés, Carrefour… il est clair que ce droit, comme le démontre la réalité, n’est pas garanti.


Nous n’avons qu’une alternative : nous réapproprier les politiques agricoles et alimentaires.

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En finir aussi avec la dictature des marchés dans la production alimentaire. Exiger ce que l’on nous nie trop souvent en tant que personnes et en tant que peuple : le droit de décider, la souveraineté, et dans ce cas-ci la souveraineté alimentaire. Et redevenir à nouveau maîtres de notre agriculture et de notre alimentation.

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Source :

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Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera

http://blogs.publico.es/otrasmiradas/592/sabemos-que-comemos/
www.esthervivas.com

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Lire aussi:

*

• Occuper le système agricole et alimentaire

• Accros à la malbouffe

• Quand acheter bon marché nous revient cher

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http://www.avanti4.be/actualite/article/savons-nous-ce-que

 

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 13:22

Par Sophie Chapelle (28 février 2013)


Un nouveau règlement européen censé renforcer les évaluations sanitaires des plantes génétiquement modifiées (PGM) vient d’être voté, le 25 février.

 

Il a été adopté à la majorité qualifiée par les représentants des 27 gouvernements de l’Union européenne, réunis au sein du Comité permanent de la chaîne alimentaire. Ce règlement « comporte une part d’amélioration », reconnait l’association Inf’Ogm. Les demandeurs d’autorisations commerciales devront désormais fournir des analyses de toxicologie (jusque-là non obligatoires), et conduire des analyses basées sur des statistiques suffisantes. Les études de toxicité devront également être menées sur 90 jours, contre 17 auparavant.


Ce nouveau règlement devrait rassurer le consommateur. Mais dans un communiqué commun, plusieurs organisations syndicales et écologistes [1] s’insurgent contre ce qu’elles nomment une « supercherie » : ces « améliorations » s’appliqueront seulement aux demandes d’autorisations déposées six mois après l’adoption de ce règlement. Quid des 93 dossiers en attente, dont 27 demandes d’autorisation de culture de PGM sur le sol européen  [2] ? « Ces OGM seront "évalués" suivant les protocoles les plus laxistes qui ont permis l’autorisation systématique de l’écrasante majorité des OGM examinés jusqu’à ce jour par les comités d’experts européens », écrivent les organisations.


La Commission européenne et l’Autorité européenne de sécurité des aliments avaient reconnu que « l’évaluation des risques telle que conduite jusqu’à maintenant [était] insuffisante », souligne Inf’Ogm. C’est pourtant sur la base de ces anciens critères d’évaluation que pourraient être autorisées plusieurs plantes génétiquement modifiées en Europe. Les organisations signataires du communiqué dénoncent un « recul scandaleux qui va contre l’intérêt général ». Elles attendent du gouvernement français qu’il indique comment il compte s’opposer à cette dérive. Et insistent sur le fait que 27 nouveaux OGM pourraient bientôt envahir les champs.

Notes

[1] Amis de la terre, FNAB, Confédération paysanne, FNE, Greenpeace, UNAF

[2] Les autres dossiers concernent des importations de PGM produites à l’étranger.


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En savoir plus

Pour illustrer les limites de l’évaluation sanitaire actuelle : OGM : comment une étude bidonnée par Monsanto a été validée par les autorités sanitaires

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 13:58

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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 183 (21/02/13)

 

Europe libérale égale cheval étiqueté bœuf, désinfection des carcasses à l'acide lactique, reprise de l'alimentation des animaux par des farines animales, égale consommateur en danger…


Depuis quelques jours on ne parle que de ça : le scandale de la viande de cheval substituée à du bœuf. Et outre-Manche, où ils ont levé le lièvre, le cheval c’est tabou. Ce nouvel avatar des conséquences de la mainmise des industriels de l’agroalimentaire sur nos assiettes illustre parfaitement la logique du capitalisme. Pour faire des profits, il faut produire, n’importe quoi et n’importe comment, et ensuite vendre, et donc créer le besoin (des plats cuisinés) de façon artificielle à coups de pub (moins de travail, d’effort, gain de temps, recettes élaborées par des experts…). Et comme la honte ne tue pas, on nous rebat les oreilles avec la traçabilité et la sécurité alimentaire.


Trafic de « minerai »…


Pour atteindre leurs fins, les industriels ont deux leviers : fabriquer au moins cher et vendre au plus cher. Le seul critère d’achat de la matière première (que dans le cas de la viande hachée ils osent appeler du « minerai de bœuf », mettant donc sur le même plan le fer et les vaches) est le prix, sans se soucier de la qualité ou de la provenance.

 

À ce petit jeu, tous les coups bas sont permis,

 

et la multiplication des intermédiaires dans les endroits les plus improbables permet de cacher l’origine et la nature de la viande. Le bal des faux culs peut commencer. Tous se rejettent la faute. Personne n’était au courant. C’est la faute au cheval qui a perdu sa roulotte et s’est trouvé dans un abattoir roumain au mauvais moment ! Cette matière première est transformée dans la même usine qui semble fournir tous les surgelés européens. Le produit est ensuite marketé sous différentes marques et emballages. La même m… sera vendue comme du haut de gamme ou du bas de gamme.


Exploitation(s)


Quelles sont les réactions ? « ll faut mieux contrôler et réguler, mieux étiqueter, le système européen est le meilleur au monde mais il y a des fraudeurs, on va faire des tests ADN sur la viande, il faut rétablir la confiance, c’est la croissance et des milliers d’emplois qui sont en jeu, etc. » L’industrie agroalimentaire concentre tous les méfaits du capitalisme et les crises sanitaires se suivent et se ressemblent, comme les crises financières. Elle exploite évidemment la nature et les animaux. Leur transformation en objet de marchandisation ne fait que précéder celle des travailleurEs dont elle a systématisé l’exploitation (les chaînes de montage de voitures ont été inspirées à Ford par les chaînes d’abattage de Chicago).  Les salariéEs des élevages et des abattoirs industriels sont extrêmement mal payés, et ont des conditions de travail déplorables. Les taux de maladies et d’accidents du travail y sont encore plus élevés que dans le bâtiment. S’y ajoute une souffrance psychique due à la confrontation à la souffrance animale.


Mettre fin à l'aliénation


Cette industrie méprise et aliène les consommateurs. Les conséquences sanitaires de la malbouffe sont bien connues : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires et squelettiques. L'agroalimentaire a deux sœurs jumelles : l’agriculture industrielle et ses ravages sur l’environnement et notre santé, et la grande distribution qui exploite ses salariéEs et trompe ses clients. À elles trois, elles sont responsables d’une aliénation culturelle.

 

En quelques dizaines d’années, notre perception de ce qu’était une bonne alimentation a été formatée et déformée :

 

la publicité dicte à quoi ressemble un bon fruit ou le goût du hachis parmentier. Cela nous éloigne de la nature, et par là même nous rend moins sensibles à la dégradation de notre environnement.


Pour revenir à une agriculture respectueuse de l’environnement, il faut exproprier les grands groupes de l'agroalimentaire afin de leur ôter le pouvoir, puis relocaliser les productions et les décider démocratiquement avec les travailleurEs et la population en fonction de nos vrais besoins.

 

Nous voulons travailler moins pour avoir le temps de reprendre en main notre alimentation.

 

Jardiner et cuisiner des produits frais sont des activités enrichissantes… à condition d'avoir le temps. Ce sont des activités gratuites qui contribuent aux liens sociaux et aux échanges intergénérationnels, elles sont à l'opposé du capitalisme.


CorrespondantEs Commission nationale écologie

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 13:28

Lieven De Cauter 20 février 2013

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Suite à la condamnation extrêmement sévère de Barbara Van Dyck, Lieven De Cauter appelle à protester.

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Dans cette Carte blanche postée sur le site DeWereldMorgen.be, De Cauter défend à nouveau l’activisme comme contribution à la démocratie. « Une action est toujours un procédé qui constitue, quelque part, une infraction, dit-il. Chaque fois, elle frôle les frontières de ce qui est autorisé, quand elle prend la forme de la désobéissance civile ou de la résistance ». C’est une honte. Je vous le dis : c’est vraiment une honte ! La bio- ingénieure Barbara Van Dyck est condamnée à six mois de pri- son ferme pour avoir défendu dans les médias l’action « Pommes de terre » à Wetteren.

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Oui, vous lisez bien. Elle n’a donc pas posé d’actes, n’a pas déterré de pommes de terre, encore moins commis d’agissements violents. Elle a simplement émis une opinion : elle a défendu l’action et a annoncé de nouvelles actions. Six mois fermes ? Pour une opinion. Cela n’est simplement pas possible. Jouer le porte-parole d’un réseau d’organisations qui défend le bien-être et l’intérêt général, n’est pas un crime. Et sûrement pas quelque chose qui mérite six mois fermes. Vit-on encore dans un Etat de droit ?

Moi aussi

Eh bien, je défends moi aussi cette action et énergiquement, et aussi dans les médias (de manière répétée), donc la juge doit accepter ma candidature de « comparant volontaire » et celle de la philosophe réputée Isabelle Stengers et de nonante autres. J’exige le droit de défendre cette action. Et oui, pour cela je veux bien un casier judiciaire. « Bienheureux ceux qui sont poursuivis du fait de la justice… » (comme je l’ai déjà écrit dans ma Petite théologie du militantisme suite à son licenciement de la KULeuven). Car il s’agit bien de justice : pour la précaution écologique et les droits sociaux.

 

C’était une action contre la privatisation des semences par des entreprises internationales, une action qui avait pour but d’éveiller l’opinion publique, de l’alarmer sur la sous-estimation des risques pour le milieu.

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Maintenant la bonne nouvelle : l’action a déjà eu de l’effet.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 13:01
Sophie Caillat | Journaliste Rue89
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En 2009, dans son livre « Bidoche » (éditions Les liens qui libèrent), le journaliste Fabrice Nicolino s’était penché sur les ravages de l’industrialisation de la viande. Aujourd’hui qu’éclate le « Findusgate », ou le « horsegate », comme on préfère, son analyse radicale prend toute sa saveur.

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Le mal semble plus profond que cette histoire de fraude ne veut bien le faire penser : c’est tout notre rapport à la viande qui est à repenser. Pas seulement parce que l’excès de consommation de « produits carnés », comme on dit, nuit à l’environnement et à la santé, mais parce qu’on a perdu le contrôle du système. Cette affaire en est la preuve et devrait logiquement déclencher une prise de conscience des consommateurs : qui peut se satisfaire de manger du minerai de viande, dont « avant, on n’osait pas faire de la bouffe pour chat » ?

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Rue89. Qu’est-ce qui vous frappe dans la crise actuelle ?

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Fabrice Nicolino. La crise n’est pas celle qu’on croit. Arrivant après tant d’autres, elle montre que le système de la viande industrielle est en bout de course. Plus personne n’a confiance, mais aucune autorité n’a et ni n’aura le courage de reconnaître enfin que le roi est nu. La première chose qui m’a frappé, c’est d’entendre Stéphane Le Foll dire à la radio qu’il découvrait « la complexité des circuits et de ce système de jeux de trading entre grossistes à l’échelle européenne ». Mais quelle hypocrisie ! Ce ministre de l’Agriculture, petit-fils de paysan, titulaire d’un BTS d’agriculture, connaît très bien cet univers pour avoir notamment copiné avec Xavier Beulin, le patron de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)... alors quand il feint de découvrir la lune, il se moque du monde. Il sait très bien comment ça se passe.

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Pourquoi fait-il cela ?

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Parce que comme tous les acteurs de l’industrie agroalimentaire, il a une trouille bleue de se retrouver face à une crise de l’ampleur de celle de la vache folle. Il a pris des cours de communication de crise, dans le but de calmer le jeu. Et la communication de crise, en cette circonstance, passe par deux trucs vieux comme le monde :

  • désigner un coupable ;
  • et annoncer qu’on va multiplier d’implacables contrôles.

Comme il fallait trouver un bouc émissaire, on a cherché d’abord du côté de la Roumanie, puis de la Hollande, et enfin en France avec Spanghero, au pays basque. Un truand a trahi la confiance, on lui retire l’agrément, et comme on est responsables et efficaces, ça ne se reproduira pas. Tout cela n’a qu’un seul but : calmer l’opinion pour éviter un scandale majeur, qui remettrait en cause des intérêts économiques et financiers gigantesques.


Ce n’est pas une erreur du système mais le cœur du système qui dysfonctionne ?

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Bien sûr car on est passé d’une situation où la viande était issue d’un élevage plus ou moins artisanal, où il y avait un contrôle social étroit sur la manière dont les animaux étaient élevés, à une industrie de la viande, avec des abattoirs modernes, des traders, des Bourses, des régions comme la Bretagne devenues ateliers de viande et de lait...

Aujourd’hui, on peut dire que la viande a atteint la perfection industrielle, c’est une industrie mondialisée, qui appartient souvent à des fonds de pension ou des organismes financiers et qui pose les mêmes problèmes que l’économie financiarisée : la nécessité de dégager des taux de rentabilité de 8 à 10%... Peut-être que Spanghero a été pris à la gorge par ce système. Se plaindre de cela c’est remettre en cause l’ensemble du système industriel.


On va en savoir plus sur cette viande grâce à des tests ADN.

*

Mais ce n’est pas le problème de savoir si c’est du bœuf ou du cheval ! Cette question-là est psychologique et non sanitaire. Le vrai scandale est de savoir ce que contient réellement la viande, d’où qu’elle provienne. Faire un test ADN est très facile, mais ce qui changerait tout, ce serait de faire des analyses chimiques complètes, et donc très coûteuses. On se rendrait compte alors que dans l’univers mondialisé, la viande contient quantité de molécules chimiques toxiques, potentiellement dangereuses pour la santé humaine. Tout simplement parce qu’il faut « produire » de la viande le plus vite qu’il est possible, et que les techniques pour y parvenir sont connues : anabolisants, hormones de croissance, antibiotiques qui, dans certains cas, peuvent également doper la croissance des muscles.

Mais on ne fera pas ces analyses, car on serait sûr de trouver des résultats affolants. On produit de la viande comme on fabrique des bagnoles : il faut aller vite, à la chaîne, en réduisant les coûts intermédiaires.


Comment protéger le consommateur européen ?

*

On ne peut pas. On a créé une créature digne de Frankenstein, un système qui a échappé au contrôle social et moral des humains. Les crédits pour le contrôle ne cessent de régresser, les services vétérinaires sont insuffisants. Et puis on ne peut pas contrôler la viande qui circule dans le monde entier. C’est comme pour les billets de banque, on est obligés de faire confiance, or la confiance n’est plus là. Je trouve très éclairant l’exemple du MRSA, le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM en français), qui prolifère de manière extraordinaire dans les élevages porcins. Des études aux Etats-Unis montrent que cette bactérie mutante est présente dans la moitié des porcheries.


Une enquête menée aux Pays-Bas prouve sa présence dans 57% des porcheries industrielles et chez 29% des salariés des porcheries. Un article du New York Times, basé sur des chiffres officiels, dit qu’elle a tué 19 000 personnes en 2005 aux Etats-Unis, soit plus que le sida ! C’est une bombe sanitaire autrement angoissante que la viande de cheval roumaine ! Or, on ne cherche pas sa présence de manière active en France aujourd’hui. Pourquoi ? A cause du système verrouillé de cogestion de l’agriculture industrielle, qui mêle depuis cinquante ans ministère de l’Agriculture, FNSEA et industriels ?


Il est nécessaire de sortir de l’élevage industriel, mais je ne connais pas un responsable capable de dire ça. Si Le Foll disait la vérité sur ce système, il sauterait demain matin, bien entendu. Mais je n’oublie pas que les consommateurs réclament un prix extrêmement bas pour leur alimentation (rappelons que la part de l’alimentation dans le budget des familles n’a cessé de baisser depuis un siècle). Les gens préfèrent avoir trois téléphones portables plutôt que de payer le juste prix pour une nourriture qui les maintiendrait pourtant en bonne santé.

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http://www.rue89.com/rue89-planete/2013/02/16/produit-de-la-viande-comme-fabrique-des-bagnoles-239697

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