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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 14:40

Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 182 (14/02/13)

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Quinze ans après, la vache est toujours aussi folle pour les consommateurs.

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Les recettes de certains des plats cuisinés vendus en grandes surfaces sont pleines de mystère : du bœuf avec du cheval, ces derniers piqués aux produits tout aussi mystérieux que dangereux, hormones, antibiotiques…


Ce scandale ne fait que rendre encore plus crédible l’idée populaire que nous ne savons pas ce que nous avons dans nos assiettes. Sous de belles étiquettes « 100 % bœuf » se cache une tout autre réalité : une avalanche de sous-traitants qui se commandent des kilos de bidoche à en faire oublier que cette dernière ne pousse pas sur des arbres.


Ce mode de production dangereux pour notre santé l’est tout autant pour la planète :

 

multiplication des échanges et donc de camions sur les routes, intermédiaires qui se gavent à chaque transaction sur le dos des paysans, actionnaires qui se font du gras sur le dos et au mépris des consommateurs.


Il s’agit donc bien de savoir comment produire et contrôler cette production et donc notre alimentation.

 

Depuis des années, de la vache folle à ce dernier scandale, rien que des mesurettes comme la traçabilité qui n’empêchent pas les grands groupes de l’alimentaire de se fournir n’importe où, et n’importe comment. Il est alors facile de se défausser sur un système qui s'est organisé pour ne pas avoir de responsables, si ce n'est en dernier ressort les organisations mafieuses.

 

Mais ils sont tous responsables, les distributeurs en particulier qui, par la dictature des prix et donc de leur marge, cherchent toujours à baisser les prix des matières premières au détriment de la qualité. Cet agro-business se fait évidemment à l'encontre des petits producteurs et paysans, les premiers à subir ce système.


Une autre société, en rupture avec ce système économique, permettrait à la population de contrôler et de décider comment produire en respectant l’environnement. Une fois de plus, les choix de production – pourquoi, comment et pour qui – sont au cœur de la question. Que ce soit pour notre santé, pour nos conditions de vie, il y a urgence à rompre avec cette logique.


Thibault Blondin

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 13:51

VIANDE (usine) web

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 15/02/2013 à 15h15

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 J’ai travaillé dans une usine de « transformation de viande », et je suis dégoûté définitivement de toutes les viandes hachées surgelées et des plats préparés.

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C’était tellement « fou » pour des gens normaux que ma famille m’a conseillé de l’écrire quelque part, ce que je n’ai jamais eu le courage de faire. Rue89 me donne l’occasion de témoigner, donc voici quelques souvenirs.

 

Dans ces usines, on transforme effectivement des bas morceaux tout à fait corrects en merde. La recette était simple : on recevait des palettes de bas morceaux de marques de boucheries industrielles connues comme Bigard, qu’on décongelait dans des barattes (des sortes de monstrueuses bétonnières de deux mètres de diamètre dans lesquelles on envoie de l’eau bouillante sous pression pour décongeler tout ça en vitesse), et on y ajoutait au cours de trois malaxages successifs entre 30 et 40% du poids en graisse, plèvre, cartilages et autres collagènes. On obtenait des quantités phénoménales de purée de viande qu’on mettait dans des bacs de 10 kg et qu’on tassait à coups de poings, puis qu’on renvoyait au surgélateur par palettes de 70 caisses. Oui, car on l’ignore souvent, mais on peut surgeler de la viande plusieurs fois de suite, au contraire de la congélation classique.

Azote liquide pour agglomérer la viande

Il y avait aussi la ligne des « cubes de viande ». Vous êtes vous déjà demandé comment ils font pour vous servir des cubes de viande si magnifiquement cubiques ? Voilà la recette : en sortie de baratte, les ouvriers au nombre de deux ou trois piochent à la main d’énormes brassées de viande sanguinolente, qui sont transférées dans une sorte d’énorme presse avec de nombreuses « étagères ». On fait descendre les mâchoires qui compressent cette viande, et pour mieux l’agglomérer, on fait circuler entre les plaques (mais, je suppose, pas en contact direct avec la viande, enfin je l’espère) de l’azote liquide. Quand cette machine était en route ça puait tellement la chimie qu’on avait l’impression d’être près des raffineries de l’Etang de Berre... L’azote étant un des composés de l’air, je suppose qu’il s’évaporait au sortir de la presse s’il y avait eu contact avec la viande. Mais quand même...

Des petites quantités de viande dans la boucle depuis plusieurs mois

Après ce traitement, qui je suppose servait à « saisir » la viande pour l’agglomérer, les plaques allaient au congélateur. Le lendemain, ces plaques étaient sorties et on les passait dans un énorme emporte-pièce hydraulique qui découpait les plaques congelées en cubes de 3 cm de côté. Ces cubes se déversaient alors sur un tapis roulant, et 2 ou 3 ouvriers dont je faisais partie éliminaient tous les ratés, les formes bizarres, les morceaux trop petits ou trop gros. Ça demandait une grosse concentration, et la cadence était très soutenue. Les cubes passaient dans un autre surgélateur à l’azote, avant de se déverser dans des sacs d’environ 20 kg. Les « non conformes » étaient conservés, passaient dans la baratte suivante, puis sur les plaques suivantes, etc. Virtuellement, il est tout à fait possible que des petites quantités de viande faisaient la boucle baratte - plaque - surgélation - cubes - non conforme - baratte - plaque, etc. depuis des mois... Vous pouvez vous en douter, les cadences étaient très dures à suivre, les heures supplémentaires fréquentes et le travail éreintant. Les conditions « humaines » me semblaient particulièrement inhumaines, justement.

Cette viande a été mélangée à de la viande saine

Les conditions d’hygiène n’étaient guère meilleures. Je passe sur l’odeur de viande écœurante. Le matin quand on arrivait, c’était propre ; mais très rapidement, vu nos activités, on pataugeait dans une boue grasse et sanglante qui recouvrait le sol. Celle-ci était particulièrement glissante, donc très dangereuse. Pour ne pas avoir à la nettoyer, et donc ralentir la cadence, on aspergeait régulièrement le sol de sel, ce qui augmentait la quantité de boue au fil des heures. Malgré ce sel, je suis tombé plusieurs fois. Lorsqu’on mettait la viande destinée aux cubes de viande sur les plaques, on avait très rapidement du sang sur tout le haut du corps et jusqu’aux épaules, malgré nos gants qui remontaient jusqu’aux coudes. Ambiance, ambiance... Enfin, il y a eu cette fois, lors un arrivage manifestement avarié (la viande était violette, verte, jaune, et puait, bien que surgelée), où le patron nous a imposé de trier et d’en garder impérativement 40%. Qu’on se débrouille ! Cette viande a été mélangée à de la viande saine. Et hop ! Ni vu, ni connu, je t’embrouille.

Une main dans le hachoir

Nous manions des feuilles de boucher sans avoir été formés, nous étions en contact permanent avec des hachoirs, des machines rotatives... Stress, fatigue, objets dangereux ; avec ce cocktail, vous devinez sans doute où je veux en venir. J’ai assisté à plusieurs accidents du travail, plus ou moins graves. Lors du dernier en date, et celui qui m’a décidé à partir, un de mes collègues (en CDI, moi j’étais intérimaire) a passé la main dans un des monstrueux hachoirs à viande hachée. Il poussait régulièrement la viande à la main quand elle se bloquait. Bien sûr, à chaque remarque, il objectait qu’il « faisait gaffe ». Cette fois ci, c’était celle de trop. Doigts tout juste reliés à la main par des restes de peau, tendons arrachés et j’en passe. Une catastrophe et des promesses de handicap à vie... Alors qu’il montait dans le fourgon des pompiers, le patron est venu le voir, et lui a dit « qu’il aurait dû lui dire s’il voulait des congés, c’était pas la peine de faire ça ». Quel connard ! J’en ai encore la gorge nouée à y repenser. C’était un des ouvriers les plus productifs de l’usine, et il avait la trentaine, donc encore bien trente ans de boulot devant lui...

Je ne mange que la viande du boucher

Inutile d’en rajouter je crois, j’ai déjà fait bien assez long. Inutile aussi de vous dire que je suis dégoûté à vie de la viande hachée industrielle. Le seul hachis que je mange, c’est celui que le boucher du coin de la rue sort de sa machine devant mes yeux. J’ai toujours évité les plats préparés et préféré la bonne cuisine et le partage. Cette expérience n’a fait que me conforter dans mes opinions. Je n’ai jamais su qui étaient les clients de « notre » viande, et sous quelle marque elle était commercialisée. Les conditionnements sous lesquels elle sortait (10, 20 kg ou plus) me font penser qu’elle était destinée à l’industrie agro-alimentaire (plats préparés), et certainement pas aux commerces ou supermarchés. Je ne suis pas resté suffisamment longtemps pour en savoir plus non plus. Dès que j’ai pu, j’ai sauté sur la première mission d’intérim qui me permettait de sortir de là, en me promettant de ne jamais y retourner.

 

http://www.rue89.com/2013/02/15/il-fallait-garder-40-de-la-viande-avariee-239652

 

Lire ausi:


Minerai de viande : « Avant on n’osait pas en faire de la bouffe pour chat »,

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 12:42

http://4.bp.blogspot.com/-zEVNKESGKU8/UAfoyyhPAvI/AAAAAAAAJKM/19b30JAiRN8/s1600/mortautrousse.jpg

 


Le GRS est partie prenante de la grande manifestation contre toute nouvelle « dérogation exceptionnelle » à l’interdiction de l’épandage aérien des insecticides sur les bananeraies.

 

Comment ne pas se mobiliser quand on constate que l’interdiction est européenne alors que les dérogations sont « martiniquaises » ?


Jusqu’à présent ils en sont encore à des études commandées pour prouver la malfaisance du chlordécone alors que nous subissons durement les conséquences depuis des décennies !

 

Les profiteurs considèrent que le profit prime tout mais la population dit : nos vies valent mieux que leurs profits.

 

Et malgré les dégâts leur volonté c’est continuer. Pour nous, c’est NON ! Les ouvrier-e-s et agriculteur/trices soulignent que l’épandage au sol ne serait pas moins nocifs, ni pour les humains ni pour l’environnement. Nous réclamons donc des méthodes alternatives, positives pour l’emploi comme pour la santé et plus généralement nous proposons que les masses et leurs organisations se mettent autour d’une table pour définir, sans les exploiteurs, un plan de développement agricole conforme à nos besoins.


SAMEDI 23 FEVRIER Maison des syndicats à 9h

 

 

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27865

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 13:47

Le scandale autour de la viande dans les plats cuisinés ne se situe pas essentiellement autour du débat viande de cheval - viande de bœuf.

 

Il révèle les conditions de fabrication des plats et plus généralement de la production agricole dans un système économique qui ne garantit que le profit. On assiste à une cascade de sous-traitants répartis sur toute l’Europe, pour assurer le profit maximum en jouant sur les écarts de prix, pour échapper aux réglementations, ce qui permet à tous de se défausser et à personne d’être responsable.


Le NPA dénonce cette logique de rentabilité qui touche tout le monde, et ce jusque dans nos assiettes.

 

Il est temps que la production agricole soit rendue aux paysans qui doivent pouvoir vivre de leur travail, avec des circuits courts, supprimant les intermédiaires qui s’engraissent sur le dos des producteurs et des consommateurs tout en polluant la planète par des échanges qui n’ont pas lieu d’être.

 

Il est aussi plus que temps que les consommateurs exercent le contrôle sur la nourriture produite, par le renforcement du rôle des associations, alors que l’on voit que tout est fait pour les tromper.


Cette logique mène non seulement à la malbouffe mais à la baisse des revenus des petits producteurs, au réchauffement climatique et aux escroqueries dont l’affaire Spanghero n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 10:49
NRC Handelsblad Amsterdam

Si Findus et Tesco n’ont pas une chaîne alimentaire sûre pour leurs produits, nous sommes confrontés à un gigantesque problème dans ce secteur”, a dit Alan Reilly vendredi.

 

Selon les autorités britanniques et irlandaises chargées de la sécurité alimentaire, il incombe aux supermarchés et aux producteurs de contrôler la viande. Vendredi prochain, les résultats d’enquêtes menées sur d’autres plats cuisinés surgelés seront annoncés. Le ministre britannique Owen Paterson a déjà déclaré qu’il s’attendait encore à de “mauvaises nouvelles”.


Mais le vrai problème est le suivant : comment se fait-il qu’il y ait eu de la viande de cheval dans des burgers de bœuf ?” demande Elizabeth Dowler, professeur de diététique à l’Université de Warwick. Elle répond elle-même à la question : “parce qu’il faut qu’ils restent le moins cher possible”. Les burgers en question coûtent chez Tesco et Iceland 13 pence (15 centimes d’euros) l’unité, les lasagnes surgelées de Findus sont vendues généralement 1,60 livre sterling (1,35 euro) les 350 grammes. Les prix de l’alimentation ont augmenté de 26 % au Royaume-Uni ces cinq dernières années. En Irlande, la hausse est certes moins prononcée, mais la crise a fait baisser le pouvoir d’achat dans le pays.

Le problème est lié à la pauvreté

Le prix du steak a aussi augmenté. Ce matin, au marché de la viande de Smithfield à Londres, un kilo valait au maximum 770 pence (7,70 livres sterling, soit 9 euros). En février 2007, il était à 560 pence. “Pour faire baisser le prix de la viande, on la complète, et pas toujours par de bonnes protéines”, dit le professeur Elizabeth Dowler. Et le prix de la viande de cheval est inférieur d’un cinquième à celui de la viande de bœuf. Elle doute sérieusement que l’on utilise une “viande de qualité”.


Les gens qui sont touchés sont ceux qui ont peu d’argent et beaucoup d’enfants. Ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un burger de meilleure qualité ou d’aller chez un boucher et de faire eux-mêmes leur viande hachée, et qui réagissent aux offres du type 3 pour le prix de 2”, dit-elle. “C’est un problème de pauvreté”.


Elle pense que le consommateur a conscience de ce qu’il achète. “Il ressort de mon enquête sur les familles à faibles revenus que les gens savent que ce qui est bon marché ne vaut rien, et c’était déjà le cas avant la crise. Mais ils n’ont souvent pas le choix”. Elle doute en revanche que les consommateurs sachent vraiment comment on fabrique des produits alimentaires. “L’histoire de l’enfant qui pense que le lait sort d’un carton de lait est trop facile. Mais a-t-on vraiment idée du fonctionnement de l’industrie laitière ?


Martin McAdam, fournisseur de viande qui représente le maillon entre les abattoirs et les fabricants de burgers, a révélé sur la chaîne de télévision irlandaise RTÉ ses méthodes de travail. La demande de viande toujours moins chère l’a contraint de rechercher de la viande en dehors de l’Irlande. Il s’est tourné vers la Pologne, la Belgique et les Pays-Bas, a-t-il raconté – alors que l’Irlande est le premier exportateur de viande de bœuf d’Europe. La différence était “de cinq à dix mille euros par camion”. Il a déclaré ignorer que la viande était d’origine chevaline.


La National Union of Farmers, le syndicat britannique des agriculteurs, accuse l’industrie de transformation de la viande et les fabricants de plats cuisinés, qui veulent obtenir de la viande meilleur marché. Depuis la crise de la vache folle et de la fièvre aphteuse au Royaume-Uni (et le scandale des dioxines en Irlande en 2008 qui a contraint à exterminer des centaines de milliers de porcs), la qualité de la viande britannique s’est améliorée, estime Peter Kendall, président  du syndicat. Cela se traduit par une hausse des prix. “C’est un défi pour les commerçants. Ils ne peuvent pas continuer à casser les prix sans tailler dans le vif.

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 12:21

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Par Daniel Tanuro le Mardi, 12 Février 2013

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Un jugement d’une exceptionnelle sévérité a été rendu ce mardi 12 février dans le procès des onze destructeurs de pommes de terre génétiquement modifiées qui se tenait à Termonde, en Flandre.

 

Deux prévenus ont écopé de huit mois de prison ferme, trois autres de six mois ferme et les six autres de six mois avec sursis. De plus, les membres du Field Liberation Movement devront verser 25.000 Euros de dommages et intérêts aux plaignants (l'Institut pour la recherche en agriculture et pêche, l'Institut flamand pour la biotechnologie, l'Université de Gand et la Haute-Ecole de Gand).

 

Le champ expérimental de pommes de terre OGM avait été détruit en mai 2011 à Wetteren par plusieurs centaines de personnes qui entendaient ainsi dénoncer le fait accompli de la culture d’OGM en plein champ et l’absence de tout débat contradictoire à ce sujet. Les parties civiles réclamaient 200.000 de dédommagement, ce qui fait cher la patate. Les militants étaient poursuivis pour « vandalisme, destruction de biens, association de malfaiteurs, coups et blessures ». L’avocat des parties civiles s’est déclaré « satisfait » du prononcé.


En plus des onze prévenus, 91 personnes avaient demandé volontairement à comparaître, par solidarité.

 

Le tribunal a refusé de les entendre, refusé d’entendre des experts et décidé de ne pas visionner les vidéos de l’action, ce qui a amené les prévenus à quitter la précédente audience. Comme ils ne se sont pas présentés non plus cette fois-ci, pour la même raison, une nouvelle audience devra avoir lieu. La messe n’est donc pas dite, mais le juge a montré clairement son intention de sévir en faisant totalement abstraction du contexte.

 

Or,  trois des experts du Conseil de biosécurité avaient formulé un avis négatif envers cet essai de culture en plein champ, insistant sur son absence de valeur scientifique et sur les risques environnementaux.

 

Plus fort : le Tribunal de Gand, en août 2012, avait estimé que l’autorisation donnée de procéder à cet essai était illégale, parce que les ministres compétents n’avaient pas motivé leur non-prise en compte des oppositions publiques ainsi que des avis des experts du conseil de biosécurité. C’est face à cette obstination aveugle que le Field Liberation Movement avait lancé son action de désobéissance civile, et il a eu raison.


De telles actions sont  justifiées car il est totalement inacceptable qu’une technologie telle que les plantes génétiquement modifiées soit imposée à la société sans que celle-ci ait eu la possibilité de s’exprimer à ce sujet.

 

Le tribunal a repris l’argument de la défense, selon laquelle on ne peut pas s’en prendre ainsi à une « expérience scientifique ». On oublie de préciser que les équipes universitaires dépendent de plus en plus des contrats de recherche passés avec le privé et que les multinationales du secteur des biotech disposent de moyens énormes, de sorte qu’au final « la science » sert de paravent commode à un véritable coup de force mené par des groupes capitalistes qui n’ont d’autre but que leur profit.

 

Car c’est là réside le grand scandale : les plantes génétiquement modifiées ont pour seule, pour unique utilité de grossir les bénéfices de ces entreprises dans leur stratégie de prise de contrôle de l’agriculture mondiale. Pour le reste, personne n'a jamais prouvé qu’elles servaient à quoique ce soit de positif du point de vue de la société dans son ensemble. Par contre, de nombreuses études ont mis en évidence leur danger, en particulier pour la biodiversité.


C’est de tout cela, de toute cette violence légale exercée par Monsanto, Bayer, Syngenta et Cie, que le tribunal de Termonde a décidé de ne tenir aucun compte. En ce sens, son jugement est un pur exemple de justice de classe visant à briser les résistances sociales à la dictature du capital.

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http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2781:la-justice-de-classe-se-dechaine-contre-les-militants-anti-ogm&option=com_content&Itemid=53

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 12:15

Par Nolwenn Weiler (6 février 2013)


L’équivalent d’un département de terres agricoles disparaît tous les sept ans en France. Principalement au profit de nouveaux lotissements, mais aussi de routes, de centres commerciaux ou d’aéroports, comme à Notre-Dame-des-Landes. André Torre, économiste et directeur de recherche à l’Inra, étudie les nombreux conflits qui en découlent. Loin du cliché des guerres de clochers, ces conflits sont synonymes d’une démocratie locale revigorée. Entretien.

Basta ! : Comment êtes-vous venu à travailler sur le thème des conflits en milieu rural ?


André Torre [1] : Au début de ma carrière d’économiste, j’ai travaillé sur les processus de coopération et de confiance. Je me situais alors un peu à l’opposé de ce qui se pratique sur les marchés, où l’on doit toujours faire concurrence à quelqu’un. Être le meilleur contre les autres. Et puis, au fil du temps, ce thème de la coopération s’est imposé comme une obligation, dans le monde du travail, et de l’entreprise, dans l’économie en général. Il faut parler, discuter, mettre les gens ensemble, pour qu’ils soient tous d’accord et qu’ils ne s’opposent sur rien. Tout cela était couvert de beaucoup de miel et devenait très consensuel. Avec cette façon de voir, on évacue totalement les conflits et les possibilités d’opposition. J’ai donc décidé de m’y intéresser. Pour nos recherches, nous avons recours à plusieurs outils : l’activité des tribunaux, les analyses de la presse quotidienne régionale, les enquêtes à dires d’experts et d’acteurs notamment.


A l’heure où l’on vante les mérites de la concertation et de la conciliation, à quoi servent les conflits ?

 

 

Les oppositions à tel aménagement foncier sont très souvent perçues comme des éléments dérangeants. Les opposants sont considérés comme des empêcheurs d’avancer. Comme des égoïstes qui ne veulent pas développer leur territoire. Au fil de nos enquêtes, nous avons, a contrario, souvent constaté une vraie légitimité du conflit, avec des raisons sociales objectives. Les opposants ne sont pas de simples et joyeux hurluberlus qui s’opposent à l’intérêt général, ni des agitateurs, ni des adeptes de la judiciarisation à l’américaine. Le conflit est une manière de faire entendre sa voix. Le conflit est un moment de démocratie locale et participative. Comme la négociation. Ce sont les deux facettes d’une même pièce et d’un même processus démocratique. Les seuls endroits où il n’y a jamais de conflits, ce sont les dictatures. On peut bien sûr s’exprimer de manières très variées : organiser des manifestations, recourir à la justice, faire appel aux médias, user de violence. Tout dépend aussi de la réaction de l’autre partie. L’interpellation est-elle acceptée ? Ou bien rejetée en bloc ? L’organisation de négociations est-elle prévue ?


L’étalement urbain est-il source de tensions ?


On entendait beaucoup dire, avant que nous ne commencions ce travail sur les conflits, que ce qui provoquait des tensions dans le monde rural, c’était les périodes de labours, le chant du coq, les odeurs d’élevage... En fait, très peu. Ces sujets sont anecdotiques. Et sont de l’ordre du ressenti plus que du conflit. La bétonisation des sols au détriment des terres, agricoles pour la plupart, voilà ce qui fait vraiment l’objet de conflits. Ce problème de l’étalement urbain est la première cause de conflits, loin devant les autres. Le modèle plébiscité en France, c’est le pavillon avec un petit jardin. C’est très consommateur d’espaces et de routes. On prend en plus d’excellentes terres agricoles puisque, logiquement, les villes se sont installées à des endroits entourés d’excellentes terres pour pouvoir nourrir les habitants. On consomme actuellement un département tous les 7 ans ! Mais attention, tous les conflits ne sont pas le fait d’opposants à l’artificialisation des terres. Dans la région Ile-de-France, par exemple, il y a deux types de conflits : des gens qui s’opposent à cette artificialisation et des gens qui s’opposent au fait que des terres ne deviennent pas constructibles. Les deux se retrouvent dans des proportions équivalentes.


Les écologistes sont-ils les principaux acteurs de ces conflits ?


Les associations, surtout environnementales, ont une activité très forte. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’argument environnemental est très bien reçu lorsqu’il y a des actions en justice. Pourvu qu’il s’appuie sur des expertises techniques et scientifiques. Les collectivités territoriales, l’État, les municipalités jouent des rôles divers selon les cas. Les municipalités ont une activité intense en matière de permis de construire par exemple. Elles sont parfois attaquées par l’État pour délivrances abusives. Sur le littoral sud notamment. L’État devient alors un opposant qui lutte contre la bétonisation des côtes, due aux particuliers en lotisseurs. Au Nord, on a plutôt à faire à un État bâtisseur, avec des ports, ou des aéroports comme à Notre-Dame-des-Landes. Parfois, il est main dans la main avec les collectivités. Cela dépend des contextes.


Les enquêtes d’utilités publiques permettent-elles, en général, d’apaiser les tensions ?


Un paradigme de la négociation s’est développé depuis les années 80. Avec lui, toute une série d’éléments de négociation ont été introduits, comme les enquêtes et déclaration d’utilités publiques (DUP). Ces outils sont énormément productifs de conflits : plus il y a d’outils, plus il y a d’opportunités d’expression. C’est plutôt bon signe pour la démocratie. Un étudiant qui vient de terminer une thèse sur un conflit lié à un barrage au Pakistan fait part d’une toute autre réalité. Là-bas, les autorités sont arrivées dans un endroit où 90% de la population est analphabète. Ils ont dit, en caricaturant un peu : « Vous allez voir, on va faire un super barrage, vous allez être très heureux, ça va être génial. » Dans ce genre de situation, les conflits arrivent en général après la réalisation du projet, quand les gens prennent conscience de ce qu’il représente pour eux, et ils sont souvent très violents. En Inde, il y a beaucoup de suicides de paysans suite à des grands projets imposés. En France, les populations sont très averties, elles ont un degré élevé d’instruction, des réseaux importants, et une culture de la négociation. Les conflits ont lieu en amont, et en général dès que la DUP apparaît. Là où le marché propose des compensations, le citoyen essaie d’empêcher la survenance du problème. À Notre-Dame-des-Landes, on n’attend pas que les avions passent pour s’opposer, on essaie d’empêcher que cela arrive.


Que pensez-vous du conflit de Notre-Dame-des-Landes ?


C’est une opposition récurrente entre deux groupes importants. D’un côté l’État et les collectivités, de l’autre des alternatifs, des élus, des agriculteurs. Ce sont deux forces bien constituées et bien organisées. On a aussi une médiatisation importante, c’est un élément crucial. La commission du dialogue nommée par le Premier ministre a un problème de légitimité. Elle a été nommée sans grande concertation. Or, ce choix des négociateurs est un point fondamental. « Qui a négocié ? », demandent souvent les parties prenantes, qui ne se sentent pas représentées par les négociateurs. Nommer une commission dans la précipitation n’est pas une garantie de grande démocratie. On ne sait pas non plus quel est son objet. Elle semble être surtout informative. Il ne s’agit pas de rediscuter de la décision mais de mieux l’expliquer. Prendra-t-elle en compte certains éléments réclamés par les opposants ? Entendra-t-elle leurs avis ?


Propos recueillis par Nolwenn Weiler

Notes

[1] Économiste, directeur de recherche à l’Inra, Agroparistech. Auteur de plusieurs ouvrages liés à ses recherches sur les questions de conflits et de proximité. Dernier livre publié : Proximités territoriales, aux éditions Economica. Avec Jean-Eudes Beuret.

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http://www.bastamag.net/article2865.html

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 12:31

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On a occupé des places, des banques, des logements, des auditoriums universitaires, des hôpitaux et même des supermarchés.

 

On a désobéi aux lois et aux pratiques injustes. Nous avons revendiqué dans la rue, dans les institutions, dans les banques, pour plus de démocratie… Une marée indignée a remis en question et en difficulté l’actuel système économique, financier et politique. Mais il est nécessaire de porter cette indignation plus loin. Et l’une des questions à résoudre, parmi de nombreuses autres, c’est d’occuper quelque chose d’aussi élémentaire que le système agricole et alimentaire.


Nous devons tous manger. Nous alimenter est fondamental pour survivre mais, bien qu’il semble que ce soit le contraire, nous n’avons pas le droit de décider de ce que nous consommons.

 

Aujourd’hui, une poignée de multinationales de l’industrie agro-alimentaire décide de ce qui est produit, comment, où et à quel prix on achète ce que nous mangeons. Des entreprises qui placent leurs propres intérêts au dessus des besoins alimentaires des personnes et qui font business avec une chose aussi indispensable que la nourriture.


C’est pour cela que, dans un monde où l’ont produit plus d’aliments qu’à aucune période de l’histoire, 870 millions de personnes souffrent de la faim. Si vous n’avez pas d’argent pour payer le prix, chaque jour plus cher, des aliments ni n’avez accès aux ressources naturelles comme la terre, l’eau, les semences, alors vous ne mangez pas.

 

Ainsi, selon la FAO, 75% de la diversité agricole aurait disparue au cours de ces cent dernières années.

 

On produit en fonction des intérêts du marché, en optant pour des variétés résistantes au transport de longue distance et qui ont un aspect optimal, en laissant de côté d’autres critères non marchands. L’appauvrissement de la paysannerie est une autre des conséquences du système agro-industriel actuel. On met le paquet en faveur d’un modèle agraire qui piétine les savoirs paysans, qui subventionne l’agro-industrie et où l’agriculture familiale et à petite échelle n’a aucune place.

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 10:53
Agriculture samedi 19 janvier 2013
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Lundi soir, au Ciné-Breizh de Rostrenen, la Confédération paysanne projette « Mille et une traites », un documentaire qui met en scène Raymond Robic, éleveur laitier à Locorvé en Glomel.

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Raymond Robic a installé un jeune sur sa ferme et vient de prendre sa retraite après 35 années dans son exploitation. Le réalisateur Jean-Jacques Rault l’a suivi, pendant des semaines dans son travail quotidien, afin de tourner « Mille et une traites », un documentaire sur la nécessité d’installer des jeunes paysans.

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Réalisateur et agriculteur seront tous deux présents lors que la projection et de la rencontre-débat qui le prolongera.

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Lundi 21 janvier, au Ciné-Breiz de Rostrenen, à 20 h 30.

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http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Rostrenen.-Au-Cine-Breiz-Les-mille-et-une-traites-de-Raymond-Robic_40771-2155135-pere-bre_filDMA.Htm

 

« Mille et Une Traites », documentaire de Jean-Jacques Rault, part à la rencontre de Raymond, un agriculteur qui recherche par tous les moyens un jeune désireux de s’installer sur son exploitation agricole. À voir...
 
Raymond est agriculteur depuis 35 ans en Centre Bretagne. Bientôt à la retraite, il se lance le défi de trouver son jeune successeur pour le mettre à la tête de son exploitation et à la hauteur de ses engagements personnels. Un combat semé d’obstacles qui passionne, face à la détermination à toute épreuve de ce paysan...


« Mille et Une Traites », ce documentaire de 55 minutes, est l’œuvre de Jean-Jacques Rault, ancien salarié agricole puis paysan pendant treize ans. Il a travaillé notamment aux côtés de Manuela Frésil, réalisatrice du documentaire « Entrée du personnel » qui raconte le parcours des ouvriers de la viande dans les grands abattoirs industriels. Dans son film, Jean-Jacques Rault poursuit son étude sur le monde agricole. Il interroge surtout sur la nécessité d’installer des jeunes et de maintenir de la vie dans les communes.

 

http://alimentation.gouv.fr/mille-et-une-traites

 



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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 12:05

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Que peut-il t’arriver si pendant un mois tu ne manges que des Big Macs, des Cheese Burgers, des milkshakes à la fraise et des McNuggets ?

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Réponse : onze kilos de plus, un foie hypertrophié, des maux de tête, une dépression et une explosion du taux de cholestérol. Telle est l’expérience personnellement vécue par le réalisateur Morgan Spurlock et qu’il raconte dans son film « Super Size Me » (2004). Dans ce dernier, il relate les conséquences d’un régime particulier où il prend quotidiennement son petit-déjeuner, son dîner et son souper chez McDonald’s. Mais le problème du fast-food n’est pas seulement qu’il nous rend malade : il nous rend également accro à ce type de nourriture.

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« L’important ce n’est pas que tu viennes, c’est que tu reviennes »

 

énonce le dernier slogan publicitaire de McDonalds. On ne peut mieux le dire. La malbouffe devient indispensable pour ceux qui fréquentent ses établissements. Ainsi le constate une recherche menée à bien par « The Scripps Research Institute » des Etats-Unis et publiée en 2010 dans la revue « Nature Neuroscience ».

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Ses conclusions ne laissent planer aucun doute :

 

l’ingestion de malbouffe développe dans le cerveau les mêmes mécanismes moléculaires que ceux provoqués par l’addiction aux drogues. En conséquence, consommer de la malbouffe nous rend en dépendants. Nous devrions peut être suggérer aux autorités sanitaires qu’elles alertent les consommateurs sur le fait que manger chez McDonalds, Kentucky Fried Chicken, Pizza Hut, Burger King, Dunkin’ Donuts... « nuis gravement à la santé ».

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Mais il n’est pas nécessaire d’entrer dans un établissement de restauration rapide pour consommer des aliments de basse qualité. La majeure partie de la nourriture que nous achetons est élaborée avec de fortes doses d’additifs chimiques de synthèse tels que des colorants, des conservateurs, des antioxydants, des épaississants, des stabilisateurs, des exhausteurs de goût, des régulateurs d’acidité, des amidons modifiés, etc. qui altèrent l’aliment en fonction des intérêts de l’industrie. On parvient ainsi à donner au produit une couleur plus attirante, une apparence de fraîcheur ou une saveur intense. L’objectif : en vendre le plus possible.

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Quelles sont les conséquences pour notre santé ?

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