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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 11:48
Environnement dimanche 23 septembre 2012

Huit Français sur dix s’inquiètent de la présence éventuelle d’OGM dans leur alimentation selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France (*). Une enquête réalisée après la publication d’une étude sur la nocivité présumée de ces organismes génétiquement modifiés.


Les - de 35 ans moins inquiets


Les Français sont 79 % à se dire « très inquiets » ou « plutôt inquiets », soit 11 % de plus que lors du dernier sondage réalisé en décembre 2011 et 6 % de plus que lors de la première mesure effectuée en 2000 par l’institut (73 %).

Les jeunes de moins de 35 ans, bien que majoritairement inquiets (71 %), le sont un peu moins que leurs aînés (83 %). L’Ifop souligne qu’on ne constate pas de différence entre les réponses des femmes et des hommes, « alors que ces derniers sont en général moins sensibilisés et angoissés que les femmes sur les enjeux de santé".


Le chercheur Gilles-Eric Séralini relance le débat


Une étude menée sur un échantillon significatif de 200 rats en France à l’université de Caen suggère que la consommation de maïs OGM de la firme Monsanto provoque des effets dommageables pour la santé, comme des tumeurs mammaires et des troubles organiques des reins et du foie.


Le biologiste Gilles-Eric Séralini et ses collègues ont nourri des rats à l’aide de NK603, une variété de maïs génétiquement modifié et rendu résistant à l’herbicide Roundup, et les ont abreuvés d’eau contenant ce même herbicide à des taux autorisés aux Etats-Unis.


Mais l’étude est contestée


La méthodologie de cette étude a été mise en doute par de nombreux scientifiques, mais le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a dit avoir demandé une vérification rapide de sa validité. « Si les résultats sont concluants, (le ministre de l’Agriculture) Stéphane Le Foll défendra au niveau européen l’interdiction de ces OGM", a-t-il déclaré.


La Commission européenne a chargé l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) d’évaluer ces résultats mais Gilles-Eric Séralini a mis en cause jeudi l’honnêteté de l’EFSA et réclamé une expertise indépendante.

Les OGM sont interdits dans les champs français depuis 2008 mais, importés d’Amérique Latine ou des Etats-Unis, ils représentent une part significative dans l’alimentation de près de 80 % des élevages, selon les professionnels du secteur.


(*) Le sondage a été effectué par téléphone du 21 au 22 septembre auprès d’un échantillon de 953 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Sondage.-Les-OGM-inquietent-de-plus-en-plus-les-Francais_39382-2115462_actu.Htm


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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 09:12

Par Sophie Chapelle (21 septembre 2012)


La contre-attaque de Monsanto à l’étude sur les OGM de Gilles-Eric Séralini et du Criigen ne s’est pas faite attendre.

 

C’est un courriel envoyé par un dirigeant de Monsanto, Jaime Costa, ingénieur agronome et directeur technique de Monsanto en Espagne. Il conseille à ses interlocuteurs d’aller consulter plusieurs réactions de scientifiques critiquant l’étude. Des scientifiques loin d’être indépendants...

 

Le courriel a été révélé par l’Observatoire européen des entreprises (CEO).

 

Le lien préconisé par le cadre de Monsanto renvoie vers le site du Science Media Centre, basé à Londres et présenté comme une source d’informations indépendante. Le centre publie huit réactions de scientifiques. Tous rejettent l’étude du Criigen.


Se présentant comme une entreprise indépendante « qui travaille à promouvoir les opinions de la communauté scientifique au Royaume-Uni pour les médias », le Science Media Center est en réalité financé à 70 % par les grands noms de l’industrie de la biotechnologie. BASF, Bayer, Novartis, CropLife International sont autant de bailleurs de fonds de cette entreprise.


Malgré le conflit d’intérêt évident, l’opération semble bien fonctionner.

 

Trois des huit experts mentionnés sur le Science Media Center ont été repris par l’agence de presse Reuters. C’est le cas de Tom Sanders, directeur du département des sciences nutritionnelles au King’s College de Londres, qui note que « cette race de rat est particulièrement sujette aux tumeurs mammaires lorsque les ingestions de nourriture ne sont pas contrôlées ».


Mais aussi de Mark Tester, professeur à l’université d’Adelaïde en Australie qui s’est étonné que les précédentes études n’aient pas soulevé les mêmes inquiétudes. « Si les effets sont aussi importants que rapporté et que l’étude est vraiment pertinente concernant l’homme, pourquoi les Nord-Américains ne tombent-ils pas comme des mouches ? » interroge t-il. « Les OGM font partie de la chaîne alimentaire depuis une décennie là-bas et la longévité continue de s’accroître inexorablement ».


Le groupe de lobby des biotechnologies Europabio a également publié un communiqué de presse citant ces mêmes experts et énumérant un ensemble d’arguments pour tenter de discréditer la recherche. Pour le CEO, ce n’est « probablement que le début des tentatives de l’industrie des biotechnologies pour miner la crédibilité de cette nouvelle étude ». L’équipe du Criigen répond à ces critiques sur le site du Nouvel Observateur.

Notes

[1] Le CEO précise avoir changé des éléments pour protéger la source.

 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 13:53

Par Ivan du Roy (19 septembre 2012)


C’est la première étude indépendante de cette ampleur : une recherche menée en secret depuis 2008 pour évaluer les éventuels effets nocifs des aliments transgéniques. Les résultats, publiés par le Criigen, sont plus qu’alarmants. Les rats nourris avec un OGM de Monsanto développent des tumeurs et connaissent une mortalité précoce. Cette étude mettra-t-elle fin à l’omerta sur la recherche scientifique concernant les OGM ?

C’est une première mondiale. Une étude pour évaluer la toxicité – ou non – des OGM a été menée depuis 2008 dans le plus grand secret, sous l’égide du professeur de biologie moléculaire Gilles-Eric Séralini et du Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique). Quatre ans de recherche dans un discret laboratoire de l’Ouest de la France. Et un budget de 3,2 millions d’euros, financé par une fondation suisse (la Fondation pour le progrès de l’homme, FPH) et par une association regroupant de grands dirigeants d’entreprise, comme Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan ou Jean-Pierre Blanc, des cafés Malongo. « Un OGM et un pesticide ont été évalués pour leurs impacts sur la santé plus longuement et complètement que les agences sanitaires, les gouvernements, les industriels et d’autres chercheurs ne l’ont jamais fait », précise le Criigen. Les résultats de cette étude, dont on attend une publication détaillée, seraient plus qu’alarmants.


On connaît les problèmes de contaminations d’autres cultures par les OGM, ou les transformations que ces organismes provoquent chez certains nuisibles, devenant plus résistants encore aux pesticides. Et surtout, la dépendance qu’engendrent les OGM vis-à-vis des grandes firmes. Les agriculteurs y recourant se livrant pieds et poings liés à Monsanto, BASF ou Syngenta. Mais leur dangerosité ou leur innocuité sur l’être humain n’avaient jamais encore été clairement évaluées. Une étude menée par Monsanto elle-même sur ses maïs OGM (Mon810, Mon863 et NK603) montrait des effets notoires sur les reins, le foie ou les globules sanguins. Mais les failles constatées dans le protocole d’analyse de Monsanto laissaient ouverte la polémique sur les interprétations statistiques.


Omerta sur la recherche


Des chercheurs ont payé le prix fort pour avoir publié leurs propres résultats. En 1998, le professeur britannique Aprad Pusztai rend publiques les conclusions de son étude menée sur des rats alimentés avec des pommes de terre transgéniques. Les cobayes sont victimes de malformations et de déficiences immunitaires. Arpad Pusztai est démis de ses fonctions au sein de l’Institut de recherche Rowett (Royaume-Uni)… qui était financé par Monsanto. Au début des années 2000, une chercheuse italienne de l’université d’Urbino (Italie), Manuela Malatesta, reproduit une étude toxicologique menée par Monsanto sur des souris nourries au soja transgénique, et révèle de graves conséquences sur les testicules des animaux. Les crédits de recherche lui sont immédiatement coupés.

En 2009, c’est Christian Vélot, docteur en biologie du CNRS, qui se voit remercier de l’Institut de génétique et microbiologie de l’Université Paris Sud (Orsay) où il travaille. Il est jugé trop critique envers les OGM. Ignacio Chapella, de l’université de Berkeley, qui a décelé des contaminations OGM sur le maïs mexicain, ou le biologiste français Robert Bellé, qui a montré le caractère cancérigène de l’herbicide phare de Monsanto, le Round-up, subissent des sorts similaires quelques années plus tôt.


46 OGM autorisés en Europe


Pendant ce temps, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ne cesse de rendre des avis positifs sur la commercialisation de cultures transgéniques. 46 OGM sont actuellement autorisés à la mise sur le marché dans l’Union européenne (26 variétés de maïs, 8 de coton, 7 de soja, 3 de colza, 1 pomme de terre, une betterave), et deux à la mise en culture (maïs et pomme de terre). « Nous estimions collectivement qu’il était impossible de laisser les choses en l’état compte tenu des conséquences potentielles sur la santé humaine de tous les consommateurs d’OGM, et que des études sérieuses devaient impérativement être menées. Puisque nous nous heurtions à un mur, il fallait trouver une solution », explique Corinne Lepage, députée européenne et fondatrice du Criigen.


Décision est donc prise par les membres du Criigen de mener leur propre étude indépendante. Un OGM– le NK 603 – est clandestinement mis en culture selon un cahier des charges très strict. Clandestinement, car « Monsanto interdit en effet à tous les utilisateurs de ses semences de les utiliser eux-mêmes ou de les vendre à des fins de recherche », précise Corinne Lepage, dans son livre « La vérité sur les OGM, c’est notre affaire » (à paraître le 21 septembre, aux Editions Charles Léopold Mayer, fondées par la FPH). Une fois récoltés, le maïs OGM sert à fabriquer des croquettes pour rats. Certaines croquettes ne contiennent aucun OGM, les autres sont dosées à 11%, 22% et 33% de maïs transgénique, pour étudier les effets selon les quantités avalées par les rats. Chaque « cohorte » de rats (10 mâles et 10 femelles) est nourrie avec le même type d’aliments. Il s’agit aussi de bien dissocier les effets sanitaires spécifiques aux OGM de ceux liés au pesticide, Roundup. Chaque semaine pendant deux ans, urine et sang des 200 rats ont été analysés.


Tumeurs et mortalité précoce


« Les trois premiers mois, c’est-à-dire durant la période de test utilisée par Monsanto et validée par tous les organes d’expertise et les décideurs publics, il ne s’est rien passé ou presque rien. Aucun effet apparent ne s’est manifesté », raconte Corinne Lepage. Mais à partir du 4ème puis du 6ème mois, des tumeurs apparaissent chez les rats nourris aux OGM, en particulier les femelles. En plus des tumeurs, de nombreux problèmes se manifestent : nécroses du foie, affections des reins, et mortalité accrue chez les rats nourris aux OGM.

Ces pathologies sont-elles transposables à l’homme ? « Très généralement, oui, mais pas toutes », répond l’équipe de recherche. « Le moindre signe de toxicité chez le rat doit être pris en compte pour l’interdiction d’un produit. (...) Les perturbations hormonales sont en tout cas pertinentes chez la femme pour contribuer aux tumeurs du sein et les effets hépatorénaux ont été retrouvés in vitro sur des cellules humaines. » [1] Les résultats détaillés sont publiés par la revue scientifique états-unienne Food and Chemical Toxicology. L’article (en anglais) présentant l’étude a été mis en ligne sur le site Rue 89. Gilles-Eric Séralini publie également un livre, Tous cobayes ! aux éditions Flammarion.


Principe de précaution


Le gouvernement n’a pas tardé à réagir :« Cette étude semble confirmer l’insuffisance des études toxicologiques exigées par la règlementation communautaire en matière d’autorisation de mise sur le marché de produits transgéniques. Elle valide la position de précaution prise par le Gouvernement français sur le moratoire des cultures OGM », ont conjointement réagi Delphine Batho (Écologie), Marisol Touraine (Santé) et Stéphane Le Foll (Agriculture). Les ministres ont saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) à propos du maïs NK 603, en attente d’autorisation en Europe. La même agence qui, en octobre 2009, avait délivré un avis favorable à cet OGM [2]... « Cette étude montre enfin que nous avons raison et qu’il est urgent de revoir rapidement tous les processus d’évaluation des OGM », commente de son côté José Bové, député européen (EELV). En plus des 46 OGM mis sur le marché, 17 sont en attente d’une autorisation auprès de la Commission européenne.


« Je ne doute pas un instant que la publication de notre étude donne lieu à une charge massive de la part à la fois des producteurs d’OGM et des organes de l’expertise qui depuis des années couvrent l’organisation de l’ignorance scientifique », reconnaît Corinne Lepage. Le protocole de recherche et les résultats détaillés de l’étude seront décortiqués. D’autant qu’elle a été menée par des chercheurs connus pour leur hostilité aux OGM. Mais l’équipe du Criigen n’est pas moins impartiale que celles qui travaillent pour le compte des agro-semenciers afin de constituer leurs dossiers de demande d’autorisation. Les futurs pourfendeurs de cette recherche citoyenne appelleront-ils à leur tour à la réalisation de recherches indépendantes, financées sur fonds publics, afin de se prévenir de tout conflits d’intérêt ? Rien n’est moins sûr.


Ivan du Roy


Voir notre dossier : OGM et pesticides, le retour ?

Notes

[1] Lire les questions techniques sur le site du Criigen.

[2] Voir Inf’OGM.

 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 13:48

Par Nolwenn Weiler (20 septembre 2012)


Interdits de culture en France, les OGM se retrouvent pourtant dans les assiettes des consommateurs via l’alimentation animale, friande de soja transgénique importé.

 

Malgré les pressions du lobby agro-alimentaire, une petite victoire de transparence vient d’être obtenue. La mention « sans OGM » pourra désormais être accolée sur les produits qui en contiennent moins de 0,1%.

 

Interdits de culture en France depuis 2008, les OGM sont présents dans nos assiettes via l’alimentation des animaux que nous mangeons : 80% des 4, 5 millions de tonnes de soja importé chaque année du Brésil pour nourrir les porcs et volailles (non bios) est transgénique !

 

Ce « détail » est rarement connu des consommateurs.

 

Pour s’assurer de ne pas manger d’OGM, dont les risques sanitaires sont pointés du doigt par une toute récente étude, les consommateurs peuvent acheter bio. Des guides régionaux (en Bretagne, Normandie, Pays-de-la-Loire et région Centre) recensent par exemple les points de vente et producteurs commercialisant de la viande, et autres produits issus d’animaux nourris sans OGM. Greenpeace propose également un guide des produits avec ou sans OGM (consultable ici).


Depuis le début de l’été, tous les consommateurs français peuvent bénéficier de cette transparence. Un décret, rédigé en janvier par le précédent gouvernement et publié le 1er juillet dernier, autorise la mention « sans OGM » sur les produits qui n’en contiennent pas. L’Allemagne, l’Autriche et l’Italie pratiquent déjà cet étiquetage spécifique. Des millions de macarons verts « nourri sans OGM » pour les viandes ou « issu d’animaux nourris sans OGM » pour le lait, les œufs, et les produits transformés ornent d’ores et déjà les rayons des magasins de l’hexagone. Une mention « sans OGM dans un rayon de 3 km » est prévue pour les ingrédient issus de l’apiculture.

 

Pourquoi un seuil de 0,1% d’OGM


Le seuil de détection retenu, pour obtenir cette mention est de 0,1% d’OGM, un seuil préconisé par le Comité économique éthique et social du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB). C’est une petite victoire contre le lobby pro-OGM, qui s’est battu pour que le seuil de détection soit plutôt de 0,01%. Ce qui aurait rendu l’étiquetage inopérant. Les OGM étant présents de fait en Europe, une contamination est toujours possible. Peu d’enseignes ou de producteurs auraient alors pris le risque d’un déclassement de leurs produits suite à un contrôle qui aurait repéré des traces d’OGM au-delà de 0,01%.

 

Il n’ y a pas qu’en Europe où l’information des consommateurs effraie les vendeurs d’OGM. Aux États-Unis, les rayons californiens pourraient voir débarquer très prochainement des étiquettes avec la mention « contient des OGM ». Soumise à l’avis des électeurs de Californie en novembre prochain, la décision pourrait faire tâche d’huile. Au sein des multinationales de l’agroalimentaire, c’est la panique ! Mais pourquoi, au fait, puisque les OGM sont tellement inoffensifs ?

 

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 11:22

Par Sophie Chapelle (20 septembre 2012)


Il avait participé au fauchage d’une parcelle de maïs transgénique NK 603 dans la Vienne.

 

Ce même maïs OGM pointé du doigt aujourd’hui pour ses effets toxiques par l’étude de Gilles-Éric Séralini et du Criigen. Une lettre sous scellé est parvenue le 14 septembre au domicile de François Dufour, producteur de lait dans la Manche, militant de la Confédération paysanne et élu régional.

 

L’agriculteur vient de recevoir l’ordre par huissier de verser 41 000 euros à Idémaïs, une petite société qui menait les essais pour le compte de la multinationale Monsanto. « Cette parcelle-là avait été déclarée illégale par le Conseil d’État quelques semaines après le fauchage », souligne François Dufour.

 

Lorsque la Cour d’appel de Poitiers rejuge les faits en février 2012, la Cour européenne de justice de Luxembourg et le Conseil d’État viennent d’invalider le moratoire sur les cultures OGM. 

 

François Dufour, vice-président Vert du conseil régional de Basse-Normandie, est alors condamné à une amende, en compagnie de son collègue José Bové, eurodéputé (EELV). Avec les sept autres faucheurs volontaires, « nous devons plus de 170 000 euros à Monsanto », confirme t-il. Malgré le pourvoi en cassation, les dommages-intérêts ne sont pas suspensifs.

 

La publication de l’étude scientifique indépendante menée par Gilles-Éric Séralini conforte les faucheurs volontaires. « Il est clair que nous avions raison depuis le début de mener ce combat là contre ces plantes à poison, confie t-il à Basta !. Heureusement qu’il y a des scientifiques résistants et honnêtes, au service de la société ». A ses yeux, la simple application du principe constitutionnel de précaution impose une interdiction immédiate des produits incriminés, jusqu’au résultat d’études exhaustives sur le sujet. « En tant que paysan, mon rôle est de nourrir, pas d’empoisonner ! »


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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 11:03
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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 10:36

Par Sophie Chapelle (18 septembre 2012)


Nourrir les êtres humains ou faire rouler les voitures ? Selon un rapport de l’organisation Oxfam, les agrocarburants utilisés dans les voitures européennes auraient pu servir à fournir du blé, du maïs ou du soja à 127 millions de personnes pendant un an. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll vient de décréter une « pause » dans la politique de soutien à la filière agro-industrielle.

 

Les cours du blé, du maïs et du soja ont atteint des niveaux record cet été.

 

Entre mi-juin 2012 et fin juillet, le prix du blé a bondi de 50 %, celui du maïs de 45 %. Quant au soja, il a grimpé de 30 %. La sécheresse n’est pas seule en cause. « Les politiques européennes de soutien aux agrocarburants jouent un rôle central dans la hausse des prix alimentaires », assure Oxfam. L’ONG révèle dans un nouveau rapport [1] que la surface agricole nécessaire pour alimenter les voitures européennes en agrocarburants en 2008 aurait pu permettre de produire assez de blé et de maïs pour nourrir... 127 millions de personnes pendant un an ! « C’est simple : si les gouvernements européens ne renoncent pas à leurs politiques de soutien aux agrocarburants, ils mettent en péril le droit à l’alimentation de millions de personnes », poursuit Oxfam.


Au niveau européen, la Directive énergies renouvelables impose que 10 % de l’énergie utilisée dans les transports soit produite à partir de sources renouvelables d’ici à 2020. Ces énergies renouvelables sont quasi-exclusivement (à 90%) des agrocarburants de première génération, c’est-à-dire produits à partir de matières premières agricoles (soja, colza, tournesol, huile de palme, maïs, blé...), ajoutés aux carburants traditionnels.


L’appétit croissant de l’Europe pour les agrocarburants pourrait continuer de faire grimper les prix de certaines denrées alimentaires de 36 % supplémentaires d’ici à 2020, souligne Oxfam. Une inquiétude que partage plusieurs agences des Nations Unies [2], qui ont lancé le 4 septembre un appel conjoint intitulé : « Affronter les causes profondes de la hausse des prix alimentaires et de la faim dans le monde ».


Vers la fin des agrocarburants ?


Face à ces dramatiques effets pervers, la Commission européenne envisagerait de réviser ses objectifs d’incorporation d’agrocarburants à la baisse, en baissant le seuil de 10 à 5 % d’ici 2020. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a également déclaré vouloir marquer une pause dans le développement des agrocarburants entrant en concurrence avec les cultures à vocation alimentaire. Selon le plan d’action pour l’agriculture présenté le 12 septembre, le taux d’incorporation d’agrocarburants serait limité à 7 %. Rappelons qu’en France, les subventions aux agrocarburants, via des incitations fiscales, se sont élevés, entre 2005 et 2010, à 3 milliards d’euros.

Cette pause dans le soutien aux agrocarburants est une bonne nouvelle a priori. Sauf que dans le cas de la France comme de l’Union européenne, ces limitations ne concernent que les agrocarburants de première génération. L’un comme l’autre désirent encourager les agrocarburants de deuxième génération. Ceux-ci proviennent de matière organique n’entrant pas en apparence en conflit avec l’alimentation : l’éthanol est par exemple produit à partir de lignine et de cellulose, et l’agrodiesel à partir d’algues. Mais le risque demeure d’une concurrence avec la production vivrière pour l’accès aux terres ou à l’eau, déplorent plusieurs organisations environnementales.


Lire aussi :


Quand l’agriculture sert à nourrir les machines aux dépens des humains

Agrocarburants : bienvenue dans l’enfer vert

Notes

[1] Télécharger le rapport « Les semences de la faim »

[2] L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM)

 

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En savoir plus

Voir le site de la campagne : les agrocaburants, ça nourrit pas son monde.

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 12:57

kokopelli

 

Par Sophie Chapelle (17 septembre 2012)


Pour la première fois, les députés européens seront invités à voter la réforme de la Politique agricole commune (PAC) : un budget de 56 milliards d’euros destiné à soutenir l’agriculture européenne.

 

Mais quelle agriculture ? Celle qui crée ou détruit des emplois ? Celle qui évite les pollutions ou les encourage ? Celle qui freine la spéculation ou l’aggrave ? Celle qui rémunère correctement les producteurs ou qui favorise les gaspillages ? Les citoyens ont cette fois aussi leur mot à dire, alors qu’une « Good Food March » arrive à Bruxelles.

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 10:05

 

Nous sommes stupéfiés et offensés par un article co-signé par Jose Graziano da Silva, Directeur Général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), et Suma Chakrabarti, Président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), publié dans le Journal de Wall Street le 6 septembre 20121. Dans cet article, ils appellent les gouvernements et les organisations sociales à adopter le secteur privé comme « moteur principal » de la nécessaire croissance de la production alimentaire globale.


Bien que les propos des deux dirigeants de ces deux influentes agences internationales fassent spécifiquement référence à l'Europe de l'Est ainsi qu'à l'Afrique du Nord, ils appellent également clairement à une augmentation au niveau mondial des investissements dans le secteur privé et dans l'accaparement des terres.

 

Stipulant que le secteur privé est efficace et dynamique, ils appellent les compagnies privées à « doubler leurs investissements dans les terres elles-mêmes, les équipements et les semences ». Du même coup, les auteurs de l'article écartent les paysans ainsi que les quelques politiques qui les protègent, sous prétexte qu'ils constituent des fardeaux empêchant tout développement agricole, c'est pourquoi ils devraient être éliminés. Pour ce faire, ils pressent les gouvernements de faciliter le développement des grandes industries agroalimentaires. Leur article fût publié dans le contexte d'une conférence tenue conjointement par la FAO et la BERD à Istanbul le 13 septembre 2012, événement qu'ils décrivent comme étant la rencontre la plus grande et la plus importante des compagnies et décideurs en matière d'agroalimentaire.

 

Dans leur article, Graziano da Silva et Chakrabarti font un nombre d'allégations biaisées qui occultent la réalité concernant l'agriculture et l'alimentation.

 

Ils présentent la Russie, l'Ukraine et le Kazakhstan comme des exemples où des compagnies agroalimentaires « ont réussi à transformer les terres dévastées des années 1990 (…) pour faire de ces pays les plus grands exportateurs de céréales actuels ». Mais ils ne mentionnent pas que les statistiques officielles de ces trois pays montrent que les petits producteurs et les paysans et paysannes sont plus productifs que les grandes compagnies agroalimentaires.


Les paysans et les petits producteurs, y compris les femmes, sont responsables de plus de la moitié de la production agricole de la Russie, tout en occupant seulement le quart des terres agricoles.

 

En Ukraine, les paysans et petits producteurs et productrices produisent 55% de la production agricole et ce, sur seulement 16% des terres agricoles, alors qu'au Kazakhstan, c'est 73% de la production agricole qui est produite par les paysans et fermiers sur la moitié du territoire du pays. Le fait est que ces pays sont nourris par leurs paysans et paysannes, ce qui est aussi vrai à travers le monde. Partout où les données officielles sont disponibles, comme aux États-Unis, en Colombie et au Brésil, ou dans les études conduites en Asie, en Afrique et en Amérique Latine, l'agriculture paysanne se révèle plus efficace que les larges industries agroalimentaires.


Contrairement à ce que le Directeur Général de la FAO prétend, ceux qui ont réellement la capacité de nourrir le monde sont les paysans et les paysannes du monde entier. L'expansion de l'agroalimentaire n'a fait qu'exacerber la pauvreté, détruire la possibilité de vivre dignement en milieu rural, augmenter la pollution et la destruction environnementales, et ramener le fléau de l'esclavage ainsi que de récents épisodes de crises alimentaires et climatiques.


Pour les mouvements sociaux et les paysans et paysannes du monde entier, il est inacceptable et même incompréhensible qu'un Directeur Général de la FAO promeuve de la sorte la destruction de l'agriculture paysanne ainsi qu'une augmentation de l'accaparement des terres. Ces allégations sont d'autant plus troublantes qu'elles arrivent après trois ans de travail prudent et acharné par La Via Campesina et d'autres organisations en vue de l'élaboration des directives volontaires de la FAO protégeant les communautés contre les accaparement des terres.


L'article arrive aussi après que Graziano da Silva ait, durant sa campagne pour la direction de la FAO, assuré à plusieurs répétitions aux organisations paysannes qu'il s'engageait à promouvoir et valider l'importance de l'agriculture paysanne ainsi que le rôle critique que les petites fermes doivent jouer dans la production alimentaire.

Le langage utilisé par Graziano da Silva et Chakrabarti est choquant. Des phrases comme « fertiliser la planète avec de l’argent » ou « faciliter la vie de tous ceux qui souffrent de la faim » remettent en question la capacité de la FAO de maintenir la rigueur nécessaire ainsi que l'indépendance face aux grandes industries agroalimentaires en vue d'accomplir son travail et remplir le mandat des Nations unies d'éradiquer la faim et d'améliorer les conditions de vie des populations rurales.


Nous nous demandons ce que la FAO veut dire par « Année Internationale de l'agriculture familiale » lorsque son Directeur Général déclare que les obstacles ralentissant l'expansion de la production agricole sont « (le) niveau relativement élevé de protectionnisme, (le) manque d’irrigation correcte, (et les) petites fermes de taille peu économique ». Cette vision ainsi que l'asservissement de la FAO aux demandes et aux intérêts des cupides investisseurs minent tout le travail de conciliation mené durant ces dernières années entre les organisations paysannes et la FAO. Et ceci soulève la question de savoir pourquoi la FAO n'a pas développé une proposition d'action concrète et efficace pour promouvoir l'agriculture paysanne et familiale comme réponse fondamentale à la crise alimentaire globale qui enrichit, une fois de plus, les banques transnationales et les grandes entreprises. Nous nous demandons où iront les familles paysannes si ces plans de transformation de leurs terres en méga-fermes industrielles se réalisent?2


Au-delà de l'enjeu de la FAO abandonnant sa mission, nous exprimons également une profonde préoccupation concernant le rôle actif que joue la BERD dans la promotion, et les bénéfices qu'elle retire, d'investissements dans les accaparements de terres et la prise en charge de l'agriculture par les grandes compagnies agroalimentaires. La position de la BERD est encore plus dangereuse maintenant qu'elle a élargit sa zone d'opération en Afrique du Nord.

Ce qui est aujourd'hui nécessaire pour l'agriculture et la planète est tout à l'opposé de ce que proposent Chakrabarti et Graziano da Silva. L'humanité et ceux souffrant de la faim ont besoin que des zones rurales et agricoles, où vit la moitié de la population mondiale, soient protégées et promues—parce que l'agriculture paysanne est plus efficace et productive, parce qu'elle produit au moins la moitié de la production alimentaire globale ainsi que la majorité des emplois en zones rurales, et finalement parce qu'elle refroidit la planète.


Les moyens de subsistance des paysans, paysannes et peuples indigènes, ainsi que leurs systèmes de production alimentaire, ne peuvent pas être détruits pour créer une nouvelle source de profits gigantesques pour un groupe restreint d'élites. Nous avons besoin de réformes agraires complètes et efficaces qui remettent les terres et territoires aux mains des populations rurales. La marchandisation et l'accaparement des terres doivent être arrêtés et renversés. Nous n'avons pas besoin d'industries agroalimentaires; nous avons besoin d'un plus grand nombre de communautés de familles paysannes et autochtones vivant en pleine dignité et dans le respect.


Les paysans et les paysannes nourrissent le monde
Les industries agroalimentaires se l'accaparent


2 Voir, par exemple, James Cusick, "We'll make a killing out of food crisis, Glencore trading boss Chris Mahoney boasts", The Independent, Londres, 23 août 2012, http://www.independent.co.uk/news/world/politics/well-make-a-killing-out-of-food-crisis-glencore-trading-boss-chris-mahoney-boasts-8073806.html; Tom Bawden, "Barclays makes £500m betting on food crisis", The Independent, Londres, 1 septembre 2012, http://www.independent.co.uk/news/business/news/barclays-makes-500m-betting-on-food-crisis-8100011.html; et Peter Greste, "Rising food prices hit Nairobi slums", Al Jazeera, Doha, 6 septembre 2012, http://www.aljazeera.com/video/africa/2012/09/201296195748591887.html

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 13:16

Par Nolwenn Weiler (14 septembre 2012)


Signé il y a un an par Bruno Lemaire, alors ministre de l’Agriculture, le « décret nitrates » permet d’augmenter la quantité de lisiers et d’engrais azotés épandue sur les champs.

 

Ceux-ci regorgent de nitrates qui, trop présents dans les sols, polluent ensuite rivières et nappes phréatiques. Les agriculteurs peuvent désormais déverser fumiers et lisiers non plus sur la surface potentiellement épandable (SPE) mais sur la totalité de la surface agricole utile (SAU). Résultat : une augmentation de 20 % des quantités d’azote épandues sur les sols. Et une multiplication des masses d’algues vertes qui jonchent les côtes bretonnes en saison estivale.

 

Alors président de la Région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, avait demandé au gouvernement « de retirer sans délai » le décret : « On ne peut pas dire, d’un côté, que l’on veut résoudre le problème des marées vertes et, de l’autre, assouplir les conditions d’épandage. Avec de tels signaux, le gouvernement prend le risque de relancer le contentieux avec les autorités européennes » avait-il affirmé.

 

A-t-il osé répéter cette demande à son collègue Stéphane Le Foll, nouveau ministre de l’Agriculture, et comme lui soutien de la première heure de François Hollande ? Stéphane Le Foll vient en effet d’annoncer qu’il n’était pas question d’annuler le « décret nitrates ». Pour le changement de modèle agricole, on repassera...

 

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