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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 14:34

 

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 09:53

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Ensemble contre les politiques d'austérité


Mardi dernier, le 12 février, la grève a été massive dans les écoles du primaire contre la réforme des rythmes scolaires que le gouvernement voudrait mettre en place malgré l'opposition des enseignants et de leurs syndicats. La loi du ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, n’a rien à voir avec l'intérêt des élèves. Elle maintient le cap des politiques menées par la droite : rapprochement Ecole-entreprises, poursuite des embauches de contrats précaires, régionalisation de la formation, et «le livret de compétences» toujours cadré par les exigences du patronat.


C’est avec pour toile de fond un déficit de 77 000 postes que les enseignantEs du primaire ont été informés de l’arnaque aux rythmes scolaires : venir une demi-journée en plus dans la semaine sans diminuer leur temps de présence le reste des autres jours !


Peillon ment comme il respire !


Il paraît que cette réforme vise au bien-être des enfants en leur proposant de passer le même temps à l’école dans la journée plus une demi-journée dans la semaine. Sacrée logique que celle qui consiste à réduire la fatigue des élèves en leur imposant 3 heures en plus sur l’ensemble de la semaine !


Pour les enseignantEs, il n’est ni plus ni moins demandé que d’assurer un temps de présence supplémentaire sur leur lieu de travail et ce sans aucune compensation financière !


Si la question des rythmes scolaires a fait déborder le vase c’est qu’elle accentue d’autres problèmes comme les effectifs en hausse et les lois d’orientation qui se succèdent mais se ressemblent dans leur volonté de sélectionner de plus en plus précocement les élèves par l’accentuation de la pédagogie de l’évaluation.


Les enseignantEs comme les parents sont convaincus de la nécessité de prendre en compte les rythmes, les difficultés de tous les enfants... Mais cela suppose de réduire largement le nombre d'élèves par classe et d’embaucher des milliers d'enseignantEs pour compenser tous les postes perdus depuis des années.


En finir avec les politiques d'austérité


La lutte des enseignantEs sur les rythmes scolaires n'est pas « corporatiste ». C'est une des facettes de la lutte contre les réductions des dépenses publiques, contre les attaques contre les conditions de travail de tous les salariés, contre les fermetures d'usines, contre les licenciements à Goodyear à PSA, Sanofi... C'est toute une politique qui est en cause, celle du gouvernement Hollande-Ayrault, soumise aux exigences du MEDEF.


Ensemble, salariés du public et du privé, nous pouvons y mettre un coup d'arrêt en unifiant nos mobilisations pour construire un rapport de force contre le gouvernement et le patronat et imposer une autre politique qui ose s'attaquer aux intérêts du patronat, des financiers et des riches pour satisfaire les besoin de toute la population.

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 14:02

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L’aiguisement de la crise, en particulier en Europe, les processus révolutionnaires toujours en cours dans la région arabe, les tentatives mais aussi les difficultés d’alternatives anticapitalistes partout dans le monde… C’est une profonde conviction qui nous pousse à maintenir la dynamique internationaliste de nos congrès.


Nous avions donc invité largement les organisations hors de France avec lesquelles nous avons établi des liens dans notre activité pour mener des combats communs. Sont venus assister au congrès les organisations suivantes : Socialist Alliance d’Australie, PCI d’Iran, PCOI irakien, le CGR syrien, le PST d’Algérie, Voie Démocratique du Maroc, le PST-U du Brésil, Igualdad du Chili, ISO et Socialist Action des États-Unis, Bloc de Gauche du Portugal, Izquierda Anticapitalista et POR de l’État espagnol, Gauche Abertzale /Bildu d’Euskadi, GA et MPS de Suisse, Sinistra Critica d’Italie, Syriza-France, DEA / Syriza et NAR/Antarsya de Grèce, et le SP de Suède. Michel Warschawski, infatigable combattant anticolonialiste en Israël est également passé. Des organisations des Philippines, d’Indonésie, du Bangla-Desh, de Sri Lanka, du Maroc, de Martinique, du Pérou et du Chili ont également envoyé des messages.


Luttes anti-impérialistes, résistances anticapitalistes


Vendredi soir, le congrès s’est transformé en meeting, pour entendre et applaudir des interventions représentatives de notre préoccupation internationaliste et des luttes de travailleurs. Ainsi, Régis Louail du NPA de Renault-Cléon a présenté les enjeux des luttes actuelles dans l’automobile, avant que notre porte-parole Christine Poupin ne revienne sur les raisons très concrètes de notre opposition à l’intervention menée par la France au Mali, conséquence d’une politique néocoloniale menée depuis soixante ans et non d’une préoccupation humanitaire.


Nous avons ensuite donné la parole à Ghayath Naisse du Courant de la Gauche Révolutionnaire syrien qui s’implique en et hors de la Syrie pour la chute de Bachar Al-Assad, par l’auto-organisation héroïque des masses révoltées et pour une issue socialiste à cette lutte. Enfin, Ricardo Santos Martin d’Izquierda Anticapitalista a illustré par l’exemple de l’État espagnol la brutalité terrible de l’offensive des capitalistes, des institutions européennes et des gouvernements. Après avoir mis en lumière le délitement de l’État par la corruption mais aussi une complexe affirmation de logiques nationales en Catalogne et Euskadi, il a conclu sur les résistances qui se développent dans son pays : depuis le puissant mouvement des « Indignados » et la recherche d’une contre-offensive efficace pour battre les plans de destruction des acquis sociaux et ­démocratiques de la population.


Jacques Babel

De nombreux invités


Outre des organisations venues d'autres pays, ont assisté à notre congrès des représentantEs de nombreuses organisations françaises. Nous remercions donc pour leur présence :Alternative libertaire, les Alternatifs, Convergence et alternative, la FASE, la Gauche anticapitaliste, la Gauche unitaire, Lutte ouvrière, le Parti de gauche, le collectif Saint-Just des sans-papiers de Paris 17e, l'inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe... Le MOC a envoyé un message.

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 13:51

Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 181 (06/02/13)

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« Congrès du NPA en pleine crise de décroissance » titre le premier article de l'Humanité sur notre congrès. Une ironie qui se voudrait mordante mais qui ne reflète pas la tonalité de ce IIe congrès ni son contenu réel et sa signification.

*
Nous ne nions nullement les difficultés que connaît notre parti, notamment à la suite de la scission des camarades de la Gauche anticapitaliste qui ont rejoint le Front de gauche, abdiquant de notre projet. Mais ce congrès représente une nouvelle étape décisive dans le travail de refondation, de reconstruction de notre parti, un travail qui prend appui sur notre campagne présidentielle. Ce travail prend aussi appui sur le besoin qui s'exprime quotidiennement dans ce pays, à travers les luttes et les résistances, d'un parti ancré dans le monde du travail, dans les quartiers populaires, la jeunesse pour défendre leurs exigences sans compromis avec ce gouvernement et sa majorité. C'est bien ce besoin qui légitime et nourrit notre projet.


Retour sur le bilan


Le premier débat a porté sur le bilan du Nouveau Parti anticapitaliste depuis sa fondation en 2009. La crise profonde que nous avons connue renvoie à une dégradation des rapports de forces suite à l'échec du mouvement contre la réforme des retraites et à l'offensive sociale et politique des classes dominantes menées hier par la droite et aujourd'hui par le gouvernement de la gauche libérale. Elle renvoie aussi à la difficulté du mouvement anticapitaliste à développer une politique de parti défendant ses propres perspectives, son propre programme, tout en œuvrant à l'unité nécessaire au développement des luttes pour changer le rapport de forces.


Entre les quatre plateformes qui se sont constituées pour la préparation de ce congrès et d'un débat démocratique et vivant, les appréciations des causes de notre crise sont différentes, mais une très large majorité des 231 déléguéEs se sont rassemblés, par delà les désaccords, pour défendre l'actualité de notre projet.


Quelle orientation ?


La suite du débat a porté sur les questions d'orientation. Les éléments d'analyse de la crise dans laquelle la politique des classes dominantes et de leurs États a plongé la société et de la situation française depuis l'arrivée de la gauche libérale au pouvoir, sont largement partagés par une majorité de déléguéEs. La discussion s'est focalisée sur le lien entre notre politique visant à construire les mobilisations pour préparer une contre-offensive et la façon dont nous posons la question de l'alternative politique en lien avec la perspective de la transformation révolutionnaire. Cela s'est notamment cristallisé sur les moyens de construire une opposition politique à la gauche gouvernementale. Une courte majorité a voté l'orientation proposée par la plateforme X.


La discussion sur notre combat féministe a abouti à un large accord ainsi que les discussions sur les questions de fonctionnement qui ont souligné une large aspiration à une vie démocratique du parti associant le droit de tendances à une démocratie ouverte, vivante, dynamique qui vise à l'efficacité de notre combat collectif, une démocratie par en bas qui place les comités au centre. La motion sur notre travail dans les quartiers populaires a elle aussi rencontré un large accord.


Les votes sur les plateformes ont confirmé les votes des assemblées préparatoires. S'il n'a pas été possible d'aboutir à une déclaration permettant de dépasser les clivages entre les plateformes, une motion sur « les perspectives de construction » a recueilli une large majorité. Un Conseil politique national élargi aura à décider avant l'été de notre politique par rapport aux échéances des élections municipales et européennes de 2014. Une réunion nationale des comités se tiendra dans l'année pour faire le point sur le travail de refondation, de reconstruction dont ce congrès a jeté les bases.


En conclusion, un riche et vivant débat démocratique qui n'a certes pas permis de surmonter les divergences mais a ouvert un vaste chantier pour œuvrer au rassemblement des anticapitalistes à travers l'activité militante, pratique et la poursuite de la discussion tant en interne qu'avec l'ensemble du mouvement social.


Yvan Lemaitre

 

Lire l'ensemble des textes

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 13:43
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Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 181 (06/02/13)
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Un nouveau drame vient de se produire à la naissance d’un enfant.

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Il met une nouvelle fois en lumière les conséquences du manque de moyens et du fonctionnement d’entreprise imposé à l’hôpital public. Une mère qui devait accoucher à la maternité de Port-Royal, à Paris, a perdu l’enfant qu’elle attendait. Le service débordé et saturé l’avait renvoyé deux fois chez elle. Quand, inquiète, elle est revenue à la maternité, il était trop tard : le fœtus ne vivait plus.


On ne saurait invoquer la fatalité ou faire porter la responsabilité au personnel débordé, qui chaque jour essaie de faire fonctionner au mieux les services avec des effectifs insuffisants.

 

La saturation de cette maternité est la conséquence voulue et programmée de l’Agence régionale de santé (fermeture de la maternité de Saint-Antoine à Paris, qui assurait 2 500 naissances par an et de celle de Saint-Vincent-de-Paul…). À Port-Royal même, il a fallu fermer une partie des lits, faute de personnel.

 

Pour rationaliser les coûts et faire des économies, les maternités et services hospitaliers sont regroupés sur quelques sites avec une réduction des effectifs.

 

Ils se trouvent complètement débordés. Les maternités de « niveau 3 » censées accueillir les accouchements les plus complexes et comportant le plus de risques (comme Port-Royal) ne sont plus en état de le faire.


Ce qui est en cause une nouvelle fois, c’est le choix politique de l’Hôpital-Entreprise, dans lequel la rentabilité et la productivité du personnel prime sur la qualité et la sécurité des soins.

 

Après les restructurations hospitalières imposées par la loi Bachelot, que ce gouvernement ne remet pas en cause, c’est un nouveau plan de 657 millions d’économies qui est imposé cette année à l’hôpital. Au moment même où se produisait le drame de Port-Royal, l’Agence régional de santé de Basse-Normandie confirmait la fermeture de la maternité de Vire, après celles de Lannemezan, Decize, Marie-Galante et Valréas.


Dans la santé, la politique de maîtrise des dépenses et de lutte contre les prétendus « déficits publics » se termine parfois par des vies perdues ou gâchées. La combattre est une urgence vitale.

*
J.C. Delavigne

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 12:55
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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 16:02
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La direction de Goodyear a annoncé aujourd'hui sa décision de fermer l'usine d'Amiens ce qui veut dire 1200 salariés de plus jetés à la rue, sans compter les emplois induits.

 

Ce projet a pour objectif de sauvegarder la compétitivité explique la direction. Une fois encore les travailleurs sont sacrifiés sur l'autel de la rentabilité financière et des profits.


Cette nouvelle menace de fermeture s'ajoute à la longue liste des fermetures et des plans sociaux alors qu'il y a déjà plus de 5 millions de chômeurs. Cela fait 5 ans que les salariés de Goodyear se battent contre cette fermeture, en refusant le chantage des patrons qui vise à brader les conditions de travail au nom de la compétitivité.

 

Ils sont partie prenante des mobilisations visant à la coordination des luttes. Aussi l’enjeu est clair : Il y a urgence à mettre un coup d'arrêt à cette politique de liquidation sociale. Il y a urgence à organiser la convergence des luttes de toutes celles et ceux qui se battent contre la fermeture de leur usine ou les plans de licenciements.


Non à la fermeture de l’usine Goodyear d'Amiens ! Interdiction des licenciements !

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 10:03

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La menace de fermeture  de l’usine Goodyear d’Amiens pourrait être le coup dur de trop, le déclencheur d’une mobilisation contre les licenciements et les suppressions d’emplois.

 

Au même moment les salariéEs de la fonction publique feront la  première journée de grève nationale contre ce gouvernement.

 

Pour une convergence des entreprises en lutte


Depuis des mois, par les manifestations et des rencontres, des équipes syndicales d’entreprises en difficultés cherchent à se coordonner pour créer le rapport de force. Mardi 29 une manifestation réunit des salariéEs de Sanofi, de Virgin, de PSA ou d’Arcelor…, « Les Licenci’elles » -une association d’ex-salariées des 3 Suisses licenciées- devant le Ministère du travail pour rappeler l’urgence et la nécessité de l’interdiction des licenciements.

 

Contre la fermeture de l’usine PSA Aulnay, après 6 mois de manœuvres et de baratins de leurs patrons, une grève déterminée démarre. Dans plusieurs usines Renault des débrayages ont lieu pour refuser le chantage à l’emploi. Toutes les occasions deviennent importantes pour créer et renforcer les liens, se soutenir et aller vers des actions communes.

 

La fonction publique en grève


La semaine dernière, les enseignantEs parisienNEs ont connu une journée historique avec 90% des personnels en grève. Ce gouvernement  se veut le champion de la concertation, mais sa réforme imposée par en haut et sur fond d'économies, a provoquée une première manifestation massive.

 

Jeudi 31, l'ensemble de la fonction publique est appelée à faire grève par la CGT, Solidaires et la FSU. Cette première étape doit être la plus massive possible pour dénoncer l'austérité de gauche qui tape sur des salariéEs de la fonction publique et détruits les services publics, le refus du gouvernement de créer les postes nécessaires et même de défaire la journée de carence que la droite a imposé aux fonctionnaires.

 

Public, privé : même combat !


Licenciements et suppression d’emplois, austérité… toutes ces attaques rendent de plus en plus nécessaire une mobilisation  des salariéEs du public et du privé  toutes et tous ensemble. Les grandes confédérations syndicales n’impulsent aucune action d’envergure nationale et interprofessionnelle.

 

Le dialogue social à froid, les négociations avec les patrons sans rapport de force ne peuvent déboucher que sur la catastrophe comme le montre l’accord sur la compétitivité qui détruit le code du travail et les droits des salariés. Pour changer la donne, nous avons besoin de toutes nos forces pour nous opposer à la politique du gouvernement et du patronat.

 

C'est une question de solidarité, c’est aussi une question d’efficacité. Construire et réussir cette coordination et cette convergence, c’est nécessaire, c'est possible … et c’est maintenant !

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 15:41

 

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 14:42

non 

Suite à cette publication Olivier Besancenot sera l'invité du grand journal sur canal + en clair ce soir 22 janvier.

 

Monsieur Hollande, lors d’un point presse, le 15 janvier dernier, vous avez déclaré : « Qu’allons nous faire des terroristes ? Les détruire ! ».

 

Déclaration choc, violente, et guerrière, qui rappellerait presque les intonations de Vladimir Poutine. Déclaration également quelque peu imprudente par son côté péremptoire. Car, au jeu de l’escalade verbale, les faits, eux, suivent un engrenage où, hélas, fréquemment les otages s’additionnent aux otages. La tragique prise d’otages qui s’est déroulé sur le site gazier de Tigantourine, en Algérie, qui nous révolte tous, en a donné, durant son dénouement, la dramatique illustration.


Alors qu’avez vous voulu prouver en utilisant ces mots ?

 

Que vous étiez aussi chef des armées, chef de guerre. Et surtout, que vous assumiez entièrement la guerre au Mali. Comme c’est attristant de constater que le rare domaine où vous ne vous autorisez pas d’hésitations, soit celui de la guerre. Dans la plus grande tradition, vous emboîtez joyeusement le pas de vos prédécesseurs. Qu’on se le dise, vous aussi, postulez à la stature de président de la Françafrique (France « A fric » pour reprendre l’expression de l’association Survie). Comme c’est consternant de se retrancher, comme à l’accoutumée, derrière des raisons humanitaires - qui ne se rappellent à vous que selon les circonstances - pour masquer à l’opinion les vrais intérêts colonialistes que la France défend dans ce conflit. Alors, oui, Monsieur Hollande, dans le nord du Mali, des fanatiques religieux cherchent à imposer un régime odieux à la population malienne. Et oui, il y a des raisons de s’en émouvoir et de se sentir solidaires du peuple malien.

 

La seule question qui vaille alors est de savoir si votre intervention militaire, menée en solo, risque d’améliorer ou d’aggraver la situation.

 

Poser cette seule question dérange. Et pour cause. Les premiers applaudissements, rituel des débuts de guerre, qui ont salué votre initiative, s’estompent rapidement et le murmure des premiers doutes s’installe déjà. Aurions-nous, sur ce sujet aussi, perdu la mémoire de notre histoire récente ? Les différentes interventions militaires étrangères de ce type, qui se sont succédées ces 20 dernières années, en Irak, Afghanistan, Somalie, Libye, ont débouché sur une situation politique ingérable, chaotique, et le plus souvent sur une guerre civile doublée d’une catastrophe humanitaire. Car le décompte lugubre des milliers de morts ne s’arrête pas au cessez-le feu décrété par les puissances occidentales ; Il déroule inlassablement son lot de nouvelles victimes, énoncé en quelques secondes seulement durant nos journaux télévisés du soir. Au final, ces guerres qui prétendaient stopper, voire « détruire » le terrorisme, n’ont fait que renforcer bien souvent la position des plus déterminés, des plus extrémistes, et des plus radicaux d’entre eux. Quant à la défense du droit des femmes, qui oserait dire qu’elle s’est améliorée ? Et où ? En Irak, Afghanistan, Somalie, Libye ?


Monsieur Hollande, le monde politique vous tresse maintenant des lauriers.

 

De quoi se sentir porté par cet élan d’union nationale probablement recherché. Au point d’en perdre un peu le sens des proportions. Vous êtes vous seulement rendu compte du ridicule de la situation lorsque, sans rire, vous êtes arrivé paré de votre nouvel accoutrement de chevalier universel de la démocratie, arborant fièrement vos belles valeurs - les droits de l’homme, des femmes, la lutte implacable contre l’obscurantisme religieux - pour faire le point sur cette guerre, durant une conférence de presse tenue… aux Emirats arabes unis ? Là-bas, la législation s’applique selon la « charia », et fait encourir la lapidation pour adultère, blasphème ou homosexualité. Mais, qu’importe. La délégation du CAC 40 est sortie repue, gavée de juteux contrats. Et nous voulons tous croire que le sommet sur la défense de l’environnement, sponsorisé par Total et Exon a du tenir des propos percutants et plein de bon sens. Malheureusement, un sujet a cependant empoisonné vos entretiens : s’entendre enfin sur un prix avec la présidence des Emirats afin de vendre 6O avions Rafale. Le groupe Dassault le sait bien : faire la guerre, c’est un métier.


Aux Emirats arabes unis, comme au Mali, vous suivez inexorablement votre mission : assurer le bon commerce de la France.

 

Nous découvrons donc que le Sahel n’est pas qu’un désert mais qu’il est le confluent géostratégique de nombreux échanges, licites comme illicites. Il est aussi la clé d’entrée frontalière fragile qui donne accès à des zones que la France tient à sécuriser, en premier lieu les mines d’uranium qu’exploite au Niger Areva, fleuron français de l’industrie nucléaire. Vous n’êtes pas un héros désintéressé dans cette guerre. Ni un pompier volontaire qui serait venu éteindre un feu qui, rappelons-le, a été entretenu sciemment ces dernières années par tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis le début des années 1980. En effet, les politiques libérales, les plans d’ajustements structurels, liés à la dette malienne, dont le remboursement intéresse particulièrement la France, ont désagrégé la société, la privant de ses services publics, de ses industries, et de ses entreprises de services... L’état s’est délité, au point de quasiment disparaître dans le nord du Mali. En outre, les récents évènements sont directement liés à la guerre en Libye. Or, l’intervention militaire française en Libye n’a pas consisté à livrer gracieusement des armes à la révolution légitime du peuple libyen.

 

La France est intervenue militairement en tant que puissance extérieure pour rappeler au futur pouvoir toute sa dépendance, et espérer autant de gestes en retour, notamment sur le marché pétrolier. Il a dépossédé par là même la révolution libyenne de la possibilité de s’approprier politiquement le contrôle des régions prises militairement. Ainsi, la région du Sahel a été brutalement déstabilisée et a libéré un afflux de combattants surarmés dans leur pays d’origine, notamment au Mali. Enfin, vous êtes bien placé pour savoir que l’Etat français n’a pas vu d’un bon œil la destitution en mars 2012 du régime corrompu d’Amadou Toumani Touré, par une mutinerie militaire qui s’est transformé en coup d’état. Dès lors, la France n’a eu de cesse de priver l’armée malienne de ses propres appuis logistiques. La Cédéao, dirigée par Alassane Ouattara, qui doit beaucoup à la France pour son accession au pouvoir en Côte-d’Ivoire en 2011, a ainsi décidé d’un embargo, l’été dernier, sur des armes pourtant destinées aux militaires maliens, en bloquant des blindés, des munitions, des armes lourdes dans les ports de Dakar au Sénégal, et de Conakry en Guinée. Se défendre seul devient nécessairement plus compliqué.


Monsieur Hollande, le destin des maliens appartient aux maliens.

 

Et si une guerre est à mener, ce n’est sûrement pas à la France de s'autoproclamer sauveur au Mali. Le paternalisme français en Afrique n’a que trop duré. En France, l’Etat s’intéressait jusqu’alors aux Maliens surtout pour les expulser. Cette France-là serait soudainement touchée par les plus sincères sentiments humanitaires ? Cette France qui n’arrive même pas à reconnaître sa responsabilité dans le génocide Tutsi qui s’est déroulé au Rwanda en 1994. Ne privons pas le peuple malien d’une solution politique que des voix réclament là bas avec insistance : le député Oumar Mariko de l’organisation Sadi (Solidarités, Afrique, démocratie, indépendance), par exemple, ou l’ancienne ministre Aminata Traoré, qui a lancé, il y a plusieurs mois, un manifeste contre cette guerre au nom du droit des femmes. Car la société civile, syndicale et politique est une réalité incontournable au Mali. En France, l’union nationale, au-delà des doutes exprimés sur le mandat français ou le peu de débat parlementaire, semble avoir contaminé quasiment tous les partis. A de trop rares exceptions près. Le meilleur moyen d’aider le peuple malien à mener son combat contre l’obscurantisme religieux, Monsieur Hollande, c’est que l'État français cesse de parler au nom des autres.


Le 18 janvier 2013

Christine Poupin, Olivier Besancenot, Philippe Poutou

Membres de la direction du NPA

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